Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Hello ! Voici un chapitre riche en rebondissements, qui va un peu remettre les pendules à l'heure parce que tout n'est pas tout rose dans la vie et que jusqu'à présent, nos héros avaient un peu (trop) la paix à mon goût. Amusez-vous bien et n'oubliez pas les reviews !
Merci à tous mes nouveaux followers (EllanaHolmes, AnneLise10, Sunnyblind, Arcalius, jchalou), ainsi qu'à Eliane Gil, faerycyn, Audrey917000, Djianara, Piitchoun, PouleauPotter, Acide'Nette, Erza Robin, MademOiselle235463, Marion, Gouline971, Babar, cycy, miss damdam, sarahblue1, PetitMilou, Gratt'papier, Alaska66, Lyly Ford, katprim, Mrs Lyly Black, Loufoca-Granger, Zezely pour leurs reviews et à ceux qui m'ont laissé un message sur Facebook/Twitter.
RAR :
Marion : J'ai relativement hâte de faire démarrer l'année scolaire car j'ai plein de scènes en tête avec les élèves et j'ai très envie de les écrire ^^ Non mais t'inquiète, j'étais pareille devant la liste des professeurs quand j'ai vu Bathsheda Babbling. Je me suis dit, hein mais elle sort d'où celle-là ? Et puis… ah oui, étude des runes. La matière dont tout le monde se fout complètement (à part Hermione). Hihi Merci pour ta review et gros bisous !
Cycy : Oui oui, le type à la capuche c'est le même qui a tracé le H devant Lucius, celui que Bella a vu et celui qui a bousculé Aria, et aussi celui qui récupère la liste. IL EST PARTOUUUUUT. Mdr. Effectivement, Théo revient dans ce chapitre et je dirais même qu'il va mettre un sacré bazar. Ahah. Bonne lecture et merci pour ta review !
Anonyme du 11 nov. : Non, Hermione ne va pas beaucoup souffrir dans cette fic, c'est juré. Elle en a assez bavé dans Rise, je trouve. Draco en revanche … mouah ahah. Enfin, tu verras. Merci pour ta review !
Katprim : Merci pour ta review ! Je suis contente que cette fiction te plaise. Xavier Samuel pour Théo ? Hmmmoui pourquoi pas… mais je ne le trouve pas assez sombre pour jouer ce rôle. De toute façon, je ne suis pas objective car dans ma tête c'est Joseph Gordon-Levitt qui lui prête ses traits, avec ses yeux/cheveux noir corbeau et ses yeux perçants. Aussi parce j'aime la manière de cet acteur de jouer des rôles violents (ex. : Sin City 2, Inception, Looper). Les deux premiers étant ceux qui reflètent le mieux la façon dont je me l'imagine, hihi. Bref, je raconte ma vie, mais merci beaucoup de m'avoir laissé ce petit message et j'espère que ce chapitre te plaira ! (Normalement oui, vu que Théo est dedans….)
Chapitre 7 : Le Sourire de ma Mère
NdA : Pour celles et ceux qui se demanderont comment prononcer le nom du personnage éphémère en fin de chapitre (Llywelyn Doyle, prénom irlandais), sachez que cela se dit grossièrement « louwellinn ». Voilà c'était l'instant culture.
Une dernière chose. Je dédicace ce chapitre à Steiil. Sachez ma chèèère que j'ai relevé votre défi de placer LES mots dans ce chapitre. J'espère que tu es fière de toi. hihi
Hermione leva le nez de ses cours en entendant la porte d'entrée s'ouvrir et esquissa un sourire lorsque Draco pénétra dans la salle à manger. Le jeune homme posa son attaché-case sur la table et ôta sa veste avant de déposer un baiser sur le haut du crâne de la jeune femme.
« Comment va ton front ? », demanda-t-elle avec un sourire en coin.
Draco, qui se dirigeait vers le frigo pour y prendre du thé glacé, se retourna brièvement vers elle en désignant son visage du doigt. « Comme tu vois. Il n'y a plus rien », fit-il avec un sourire rassurant.
Hermione hocha la tête et gloussa. « Et en vrai, sous le maquillage ? »
Draco se figea et lui jeta un regard embarrassé. « Je croyais que tu ne t'en apercevrais pas… », marmonna-t-il en se servant un verre de thé avant de remettre la bouteille au frais.
« Et ça aurait pu être le cas… si je n'avais pas remarqué que tu laissais l'empreinte de ton visage sur l'oreiller depuis deux jours », acheva-t-elle, hilare. Puis sur le ton de la confidence, elle ajouta : « Le fond de teint, ça s'enlève, tu sais. »
« Oui et bien, je ne suis pas un expert, en attendant mes clients n'ont pas eu affaire à une gueule cassée cette semaine », bougonna-t-il en venant s'asseoir près d'elle.
« Si tu veux demain, je pourrai t'apprendre à te mettre du rouge à lèvres », renchérit-elle avant d'éclater de rire devant l'air mortifié de son compagnon.
« Très drôle, Granger », grinça-t-il, utilisant son nom comme à l'époque où leur seule relation se résumait à faire de la vie de l'autre un enfer.
Pour toute réponse, elle pivota sur sa chaise et se pencha en arrière pour blottir son dos contre lui. Puis levant le nez pour que leurs regards se croisent, elle reprit. « Tu rentres tard. Je veux dire pour un samedi… »
Draco passa ses bras autour de sa taille et la serra un peu plus contre lui. « Pas mal de boulot en ce moment… », marmonna-t-il, laconique. Hermione plissa les yeux.
« Ah tiens, c'est marrant… J'ai eu Ginny au téléphone et Harry lui aurait apparemment dit que vous deviez vous retrouver pour parler d'un truc important », lâcha-t-elle avec un demi-sourire. Draco ferma les yeux. Heureusement qu'il avait bien précisé dans son message : INCOGNITO. Hermione observa sa réaction et son sourire s'élargit. « Ne dis rien, tu les as réunis en cellule de crise pour leur parler du retour du grand méchant loup, je me trompe ? »
Draco rouvrit les yeux, une expression coupable qu'Hermione trouva absolument adorable sur ses traits. « Je me suis dit que c'était mieux comme ça. La dernière fois, on n'a pas été assez vigilants et tu as disparu. Il est hors de question que ça se reproduise », assura-t-il avec véhémence. « Toutefois… je les ai convaincus de ne pas faire de scandale. Du moins, pas tant que tu ne nous donneras pas le feu vert. » Comme Hermione le regardait fixement sans répondre, il ajouta un ton plus bas : « Tu es fâchée ? »
Le visage d'Hermione s'illumina alors et elle secoua la tête. « Non. Merci de leur avoir parlé. Je ne suis jamais très à l'aise de parler de Nott avec vous tous, tu le sais… Alors merci de m'avoir épargné cette peine. »
Draco sourit. « J'aime quand tu approuves mes décisions, femme », s'esclaffa-t-il tandis qu'Hermione roulait des yeux. « C'est ce qu'on attend d'une épouse Malfoy. »
« Oh pitié… », marmonna-t-elle tandis que Draco riait de plus belle. « On croirait entendre ton père. »
Draco prit aussitôt une voix pompeuse d'aristocrate et un air méprisant. « Enfin, voyons, Miss Granger, si j'étais mon père, ce n'est pas mon épouse que vous deviendriez mais mon esclave. Et vous passeriez vos journées à astiquer ma longue et magnifique canne… »
Hermione lui jeta un regard dégoûté et Draco se figea, grimaçant à son tour. « Ouh là », fit-il en fronçant les sourcils, « ça semblait beaucoup moins pervers avant que je formule cette phrase à voix haute… »
Hermione éclatait à nouveau de rire au moment où la sonnette retentit. Pouffant toujours, elle se leva et se dirigea vers la porte d'entrée, tandis qu'un deuxième coup de sonnette était donné, suivi de coups martelés contre la porte.
« Ça va, ça va, j'arrive ! », protesta Hermione en accélérant le pas. Tournant la poignée, elle ouvrit le battant, se retrouvant face à trois hommes du Ministère. D'après leurs plaques épinglées sur leurs poitrines, ils appartenaient tous trois à la garde personnelle du Ministre et de ses représentants. Hermione fronça les sourcils, soudain inquiète. « Euh… bonsoir ? »
« Bonsoir Madame. Nous voudrions parler à M. Draco Lucius Malfoy, est-il ici ? », demanda d'une voix dure l'un des agents.
Derrière Hermione, Draco apparut dans l'encadrement et décocha un regard peu amène en direction des intrus. « Je suis ici », répondit-il sèchement. Les trois autres se regardèrent, puis l'un d'eux poussa sans ménagement Hermione hors de son chemin et saisit Draco par l'avant-bras.
« Draco Lucius Malfoy, vous êtes en état d'arrestation pour violences volontaires, coups et blessures sur la personne de Théodore Nott, Président Directeur Général de Gordon Laboratories. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous. »
Les yeux d'Hermione semblaient sur le point de sortir de leurs orbites. Elle tenta de repousser l'un des hommes qui s'interposait entre elle et Draco mais en vain. Dans un réflexe malheureux, elle sortit sa baguette de sa poche mais les deux hommes restants (ceux qui ne tenaient pas Draco) la mirent aussitôt en joue avec leurs propres baguettes en hurlant. « Madame, posez immédiatement votre baguette sinon on vous embarque également pour violence à l'encontre des forces de l'ordre et obstruction à la justice. »
« Mais, mais… », gémit Hermione que la panique submergeait totalement. Elle vit Draco se tordre le cou pour la regarder tandis que le troisième agent le menottait, mains derrière le dos.
« Hermione, fais ce qu'il dit ! », ordonna-t-il d'une voix forte. « J'ai besoin de toi dehors pour m'aider ! S'ils t'emmènent, tu ne pourras rien faire. »
La jeune femme écarta les doigts et la baguette tomba mollement sur la moquette, tandis que les trois hommes reculaient et emmenaient Draco devant la maison. Au dernier instant, l'un d'eux se retourna vers Hermione et avec un regard méprisant, aboya : « Votre conjoint demeurera sous bonne garde au Département des Mystères, Ministère de la Magie, jusqu'à la fin de son interrogatoire. Vous savez comment vous y rendre ? »
Complètement sous le choc, Hermione ne put que hocher la tête, sans émettre le moindre son.
« Bien », reprit l'homme. « Si vous avez un avocat, il serait peut-être temps de le contacter. »
Et sans autre forme de procès, les trois hommes transplanèrent, emmenant le blond avec eux. Seule et la porte toujours grande ouverte sur le soleil couchant, Hermione se laissa tomber contre le mur le plus proche et glissa jusqu'au sol, la respiration haletante. Tout avait été si rapide, si brutal… Ils étaient tranquillement en train de rire aux éclats dans leur salon et quelques minutes plus tard, le ciel leur tombait sur la tête. Une énorme boule se forma dans sa gorge et Hermione s'aperçut qu'elle respirait de plus en plus mal. Fermant les yeux, elle fit son possible pour se calmer et ne vit d'autre moyen pour relâcher la tension que de pousser un hurlement de rage, le front collé contre ses genoux repliés. Il fallait qu'elle se calme, qu'elle fasse le point. Elle détestait cette idée, mais elle allait certainement devoir se rendre au Manoir et demander de l'aide. Malgré tout le dédain qu'il avait pour sa personne, Lucius Malfoy ne laisserait pas son fils dans le pétrin et après tout, il connaissait aussi la meilleure avocate du moment, même si sa clientèle habituelle ne pratiquait pas la magie. Séchant une larme de colère qui avait roulé sur sa joue, Hermione se hissa difficilement sur ses jambes et prit son courage à deux mains.
D'un pas encore un peu chancelant, elle récupéra son sac sur le dossier de sa chaise, ainsi que la veste de Draco et ses papiers d'identité (il en aurait sûrement besoin). Puis après avoir ramassé sa baguette abandonnée sur le tapis, elle verrouilla la porte de la maison et transplana.
Lorsqu'elle sentit enfin de nouveau le sol sous ses pieds, Hermione leva le nez en direction du Manoir et malgré la douceur de la soirée, ne put s'empêcher de frissonner. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas remis les pieds ici et à chaque fois, le bâtiment lui évoquait un mélange étrange de peur et de joie. Peur, parce qu'elle y avait vécu ses pires cauchemars. Joie, car elle y avait aussi appris à connaître celui qui la rendait maintenant heureuse et l'avait sauvée de l'horreur. Toutefois, sans Draco à ses côtés ce soir, c'était plutôt la peur qui prédominait. J'espère que Narcissa sera là. Affronter Lucius seule, surtout en ce moment…
Hermione poussa la grille qui s'ouvrit en grinçant. D'un pas rapide, elle remonta jusqu'au porche et après avoir pris une longue inspiration, saisit le serpent en argent faisant office de heurtoir et frappa trois fois.
La porte s'ouvrit presque immédiatement sur un minuscule elfe de maison vêtu d'une petite veste de groom. Comme à chaque fois qu'elle pénétrait dans le Manoir ces onze dernières années, Hermione se retint de grimacer. Même si Narcissa et Lucius avaient été forcés de se plier à une nouvelle loi interdisant l'esclavage, ils n'avaient pas cessé d'employer toute une batterie d'elfes pour tenir le Manoir. Au moins maintenant, ils étaient payés et Narcissa s'était chargée de les habiller. Avec plus ou moins d'humour, cependant.
Les yeux jaunes et ronds de l'elfe s'illuminèrent en voyant Hermione et il esquissa un large sourire. « Oh, Miss Granger ! Mischa est tellement heureux de vous voir ! Cela faisait tellement longtemps que Mischa n'avait pas vu Miss Granger ! Tellement, tellement long-
« Mischa, c'est important, il faut que je voie M. et Mrs Malfoy, s'il te plaît », l'interrompit Hermione d'une voix douce.
Le sourire de Mischa faiblit quelque peu et il tourna sa tête ovale et surmontée d'une petite calotte rouge et or en direction des portes qui menaient au salon. « Eh bien, c'est-à-dire que… Mischa est embêté, Miss… »
A cet instant, des éclats de voix en provenance du salon firent sursauter le petit elfe, qui lança aussitôt un regard apeuré en direction d'Hermione. Puis regardant autour de lui, comme s'il craignait d'être entendu, il tendit la main et tira sur le chemisier d'Hermione pour qu'elle se baisse à sa hauteur. Ne voulant pas se laisser étrangler par son col, elle s'exécuta et Mischa se pencha vers son oreille.
« Elle est revenue, Miss Granger ! », chuchota l'elfe d'une voix paniquée. « L'horrible femme qui nous traitait comme des moins que rien… Elle semble différente aujourd'hui mais Mischa et les autres elfes n'ont pas oublié, Miss. Ils n'ont pas oublié ! »
Hermione fronça les sourcils et se redressa lentement. Mischa desserra les doigts qui retenaient sa chemise et la regarda de nouveau de son air suppliant. Les yeux noisette d'Hermione se tournèrent vers le salon et son regard se durcit. Il n'y avait qu'une seule figure féminine qui avait pu à ce point marquer la mémoire des elfes. Elle traversa le hall d'entrée à grandes enjambées et fit irruption sans prévenir dans le salon. Le visage stupéfait de Narcissa se tourna dans sa direction mais elle l'ignora. Tout ce qu'elle voyait à cet instant précis, c'était le faciès de Bellatrix Lestrange, la Mangemorte qui l'avait prise en otage lors de la Bataille de Poudlard, menaçant de la tuer si Harry et les autres ne se rendaient pas. Sans hésiter une seule seconde, Hermione brandit sa baguette et lui jeta un maléfice d'Entrave. Mais celui-ci n'atteignit pas sa cible, qui avait prestement plongé derrière l'un des canapés en cuir. Sans même se demander pourquoi l'ex-bras droit de Voldemort se terrait sur le tapis au lieu de riposter vicieusement comme elle en avait l'habitude, Hermione tenta de contourner l'obstacle pour avoir de nouveau sa cible en vue. Mais Narcissa s'interposa et lui saisit les poignets.
« Hermione, chérie, non ! », ordonna-t-elle d'une voix douce mais ferme, tandis qu'Hermione s'efforçait de se dégager et de maudire à nouveau la Mangemorte. « Bellatrix est en liberté conditionnelle, elle n'a plus de baguette ! »
« Ne l'écoutez pas, Miss Granger », fit la voix avinée et rauque de Lucius quelque part dans le dos d'Hermione. « Si vous tuez cette vieille carne, je vous promets de vous mener moi-même jusqu'à l'autel, le jour de votre mariage… »
Narcissa poussa un soupir agacé face à la remarque de son époux et Hermione cessa de se débattre pour tourner un regard inquisiteur en direction de son beau-père. Ce-dernier était vautré dans un fauteuil près d'une fenêtre, un verre de whisky on the rocks à la main et un sourire narquois très alcoolisé plaqué sur le visage. Merlin, il part complètement en sucette, le vieux…, pensa Hermione en fronçant les sourcils. Un mouvement et un bruit de tissu froissé attirèrent de nouveau l'attention d'Hermione vers le canapé et la jeune femme vit le haut du crâne et les cheveux noirs indomptables de Bellatrix, ainsi que ses yeux inquisiteurs dépasser du dossier. La jeune professeur plissa les yeux et fusilla du regard l'ex-Mangemorte qui se relevait prudemment, en lissant nerveusement son tailleur bon marché. Un bon demi-million de remarques acerbes se bousculèrent à ses lèvres mais elle se reprit : elle n'était pas là pour ça, bien que l'idée de décharger sa frustration et sa colère sur Bellatrix soit franchement tentante. Mais si un juge dégénéré du cerveau avait eu la fausse bonne idée de libérer cette dingue, elle ne pouvait pas contester cette décision. Et puis, elle avait d'autres chats à fouetter.
« Ma sœur a été libérée ce matin », reprit Narcissa en faisant prudemment reculer Hermione en direction de Lucius, comme si c'était préférable. « Elle va rester ici avec nous le temps de trouver ses marques à l'extérieur et de dénicher un petit appartement en ville. Je comptais vous l'annoncer à toi et à Draco mais… » Narcissa se tut et jeta un œil en direction de la porte du salon et du hall d'entrée. « Mais d'ailleurs où est-il, tu es venue seule ? »
Hermione ferma brièvement les yeux et prit une grande inspiration. « C'est justement pour ça que je suis ici », souffla-t-elle en essayant de ne pas laisser la panique reprendre le dessus. « Draco a été arrêté par des agents du Ministère, il y a quelques minutes. »
Narcissa porta une main à sa poitrine, tandis qu'un « Quoi ? » furieux émanait du fauteuil où Lucius Malfoy était installé. Hermione lui adressa un bref regard.
« Arrêté ? Mais pourquoi ? », s'écria Narcissa, horrifiée. « Qu'a-t-il fait de mal ? »
Hermione se mordit la lèvre et détourna le regard. « Coups et blessures… », marmonna-t-elle piteusement.
« Sottises ! », s'écria Lucius en se levant pour la dévisager. « Vous n'avez absolument aucune marque… »
Hermione leva les yeux au ciel. « Pas sur moi, imbécile ! », ne put-elle s'empêcher de cracher avant d'écarquiller les yeux devant la mine furieuse du blond.
« Espèce de sale petite-
« LUCIUS, LA FERME ! », s'égosilla Narcissa tandis que son époux et sa belle-fille sursautaient et lui jetaient des regards abasourdis. « Laisse-la s'exprimer », ajouta-t-elle plus doucement. Puis tournant de nouveau la tête vers Hermione, elle lui demanda : « Qui a-t-il frappé ? »
De nouveau, Hermione se sentit très mal à l'aise, avec les regards des deux époux rivés sur elle. Les Malfoy n'étaient absolument pas au courant du retour de Théodore et leur apprendre qu'il était de nouveau en Angleterre et qu'il s'était en prime battu avec Draco, allait sûrement leur faire un choc. « Théodore Nott… ? », répondit-elle en guettant anxieusement leur réaction. Celle-ci ne se fit pas attendre.
Lucius se dirigea à grandes enjambées vers la porte du salon et tendit l'index en direction de la sortie. « Bellatrix, dehors. »
L'idée de protester traversa furtivement le cerveau de Bellatrix, mais seulement furtivement. Sans se faire prier, elle trotta jusque dans le hall d'entrée et disparut. Mais Lucius ne semblait pas encore satisfait. Il se dirigea cette fois vers Narcissa, qu'il empoigna par l'avant-bras et l'envoya rejoindre sa sœur dans le hall, malgré ses cris de colère et diverses menaces. Puis il claqua la porte, la verrouilla d'un sortilège et se retourna, toujours ivre mais cette fois de colère. Il planta son regard d'acier dans celui, très inquiet, d'Hermione et siffla : « Maintenant, expliquez-vous. »
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De l'autre côté de la double porte, Bellatrix observait calmement sa petite sœur frapper de toute la force de ses poings le panneau en bois, hurlant des insanités à l'attention de son époux. Voyant que cela n'avait aucun effet, elle finit par s'adosser au mur, haletante et rouge de colère. Puis le regard de Bellatrix croisa le sien et elle vit son aînée esquisser un sourire narquois.
« En tous cas, on ne s'ennuie pas par ici… », railla-t-elle en haussant un sourcil.
Narcissa fronça son petit nez pointu mais ne répondit pas. Tendant l'oreille, elle guettait le moindre bruit suspect provenant de l'intérieur du salon, le moindre cri pouvant indiquer que Lucius maltraitait Hermione d'une quelconque manière. Mais elle n'entendait rien. Rien de rien de rien de rien. Et ça la rendait folle. Après une attente interminable (qui n'avait duré en fait que deux minutes), la porte se rouvrit et Lucius, passablement énervé sortit de la pièce suivi d'une Hermione saine et sauve, au grand soulagement de Narcissa.
« Je vais sortir Draco de là », maugréa-t-il en passant devant sa femme.
« Excusez-moi, beau-père, mais nous allons sortir Draco de là », aboya Hermione en trottinant derrière lui jusqu'à la porte d'entrée.
Ils étaient déjà sous le porche lorsque Narcissa sortit à son tour. « Mais il est hors de question que vous y alliez sans moi ! », s'égosilla-t-elle en les prenant en chasse.
La porte d'entrée se referma en claquant sur Bellatrix, toujours plantée au milieu du hall d'entrée, les lèvres pincées en une moue désapprobatrice. Au loin, les bruits de pas et les voix des deux Malfoy et de leur belle-fille s'évanouirent et Bellatrix soupira.
« Ne t'en fais pas, Bella, on sera vite rentrés ! », marmonna-t-elle d'une voix aiguë. Puis prenant une voix plus grave : « Mais pas de souci, prenez votre temps, j'ai un tas de choses à faire de toute façon. Compter les moutons, tourner en rond, tuer le temps… » Nouveau soupir. Dépitée, Bellatrix regarda à gauche, à droite, à la recherche de n'importe quoi susceptible de l'occuper en l'absence de sa famille. Ses yeux noirs se posèrent sur l'elfe habillé en groom, blotti derrière une autre porte. Celui-ci poussa un petit couinement terrorisé lorsqu'il sentit les prunelles de la Mangemorte dirigées vers sa petite personne.
« Eh toi, Machin », l'interpella Bellatrix.
L'elfe se mit aussitôt à trembler comme une feuille. « M-Mischa, Madame… »
« J'ai faim. »
« B-bien, Madame… », fit Mischa en détalant aussitôt en direction des cuisines.
Bellatrix le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse puis expira de nouveau bruyamment. Bon retour chez toi, Bella…
~o~
« Alors, comme ça il croit qu'il est au-dessus des lois, le blondinet ? Il croit qu'il peut s'attaquer impunément à des membres honorables de notre société sans devoir en assumer les conséquences ? », beugla pour la énième fois l'agent chargé de l'interroger. Draco grimaça. Le type lui vociférait depuis déjà une heure à quelques centimètres des tympans et un sifflement persistant avait commencé à retentir dans son oreille gauche.
« Ce type est un meurtrier, un violeur et un malade mental », gronda le blond en tirant sur les menottes qui le maintenaient sur sa chaise. « Combien de fois il faudra que je vous le répète ? »
Les trois agents présents dans la pièce éclatèrent d'un rire franc.
« Monsieur Nott, assassin, violeur et… quoi, malade mental ? », s'esclaffa l'un d'eux avec un rire gras. « Bon, pour le meurtre et le viol, on te laisse le bénéfice du doute… Mais malade ? On parle du type à qui notre bienaimé Ministre a confié le programme d'intégration des sorciers. C'est un petit génie… » L'agent s'accroupit pour se mettre à sa hauteur et prit la tête du flic compréhensif. « Allez, assez perdu de temps, on va bosser ta nouvelle version des faits. Répète après moi : tu l'as attaqué par jalousie. Tu ne supportais pas que ta petite copine soit attirée par un type plus riche, plus doué et plus beau que toi, et ça t'as mis en rogne. Alors quand tu l'as vu débarquer dans ce restaurant… t'as perdu le contrôle. Tu t'es jeté sur lui… »
« Espèce d'enfoiré… », siffla Draco en le fusillant du regard.
Le type accroupi se redressa aussitôt, l'air faussement scandalisé, et se tourna vers ses collègues. « Il m'a traité d'enfoiré, là ? »
« Ah ouais, Kinch, je l'ai entendu, il t'a traité d'enfoiré », approuva un second, le sourire aux lèvres.
« J'ai entendu aussi. C'est qu'il n'arrange pas son cas, le jeune », ricana le troisième en secouant la tête. « On va pouvoir ajouter outrage à magistrat à la longue liste de ses méfaits… »
Les trois agents éclatèrent de rire, tandis que Draco se démenait de plus belle sur sa chaise. « Mais ECOUTEZ-MOI, PUTAIN ! »
Le dénommé Kinch revint vers lui et écarta les bras. « Ah mais on est tout ouïe, mon gars. Tiens, tu sais quoi ? On va jouer à un jeu. » Le type ôta avec délectation sa veste, qu'il plia soigneusement et posa sur le dossier d'une chaise dans un coin de la pièce. « Ça s'appelle 'dis de la merde et je te cogne'. Bon, je te l'accorde, il faut que je bosse sur un nom plus accrocheur mais il a au moins le mérite d'être explicite. Allez, on t'écoute, c'est à toi. »
Draco lui jeta un regard abasourdi, puis tourna la tête vers les deux autres sbires. L'agent bluffait, il ne pouvait tout de même pas brutaliser un homme innocent jusqu'à preuve du contraire lors d'un interrogatoire. Il cherchait seulement à lui mettre les jetons, voilà tout. Convaincu que c'était le cas, Draco entama une nouvelle phrase.
« Il y a un peu plus de onze ans, Théodore Nott a violé ma fiancée-
Il avait à peine achevé le mot « fiancée » qu'un énorme poing serré l'atteignait en pleine poitrine. Tout l'air que contenaient les poumons du jeune homme fut violemment expulsé et toute tentative d'inspirer à nouveau se solda par un échec cuisant. Le souffle coupé, le blond s'étouffa bruyamment tandis que l'agent James Kinchlowe massait doucement ses phalanges.
« T'as dit de la merde… j'ai cogné », lâcha-t-il benoîtement tandis que les deux autres hurlaient de rire. « Allez, réessaie. »
La respiration sifflante, Draco releva la tête vers Kinchlowe et plissa les yeux. « Il a tué ses parents et une fille qui s'appelait Laura Mad-
Un premier uppercut le cueillit au menton et lui fit violemment basculer la tête en arrière. A peine s'était-il remis de ce premier coup qu'un deuxième l'atteignit à la joue et avec un craquement sinistre de ses cervicales, il sentit sa boîte crânienne pivoter cette fois vers la droite.
« Hé Kinch, je crois qu'il n'a pas bien compris le but du jeu… », ricana l'un des deux sbires oisifs dans un coin de la pièce.
Kinchlowe s'accroupit de nouveau et saisit Draco par les cheveux pour lui relever le visage. Celui-ci prenait lentement une couleur violacée aux niveaux des impacts reçus et sa lèvre inférieure saignait abondamment. Mais les yeux d'acier du jeune homme brillaient toujours de colère et Kinchlowe commença à penser que le gamin allait leur donner plus de fil à retordre que prévu. Pile le soir où Manchester United affrontait l'Arsenal. Il n'avait vraiment pas de temps à perdre avec cet avorton de gosse de riche.
« Bon, écoute-moi… je sais qu'on ne se connaît pas et qu'à première vue comme ça on pourrait penser que je suis un… comment tu dis, un gros enfoiré ? », demanda Kinch en interrogeant Draco du regard. Le blond ne répondit pas. « Bon, en fait je suis quelqu'un de sympa. Tu sais, le genre de mec qui organise des barbecues entre voisins le dimanche, qui accompagne ses gamins aux tournois de Quidditch… tu me suis ? Alors comme je suis sympa, je vais te rencarder sur un truc. Le but de mon jeu, contrairement à ce que tu dois penser en ce moment, ce n'est pas de te frapper, encore et encore, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Moi, ce que j'aimerais, c'est que tu me donnes une version des faits qui me plaise… du genre de celle qu'on t'a proposé tout à l'heure : la jalousie, le pétage de câble, la totale… et on pourra tous rentrer chez nous ce soir à temps pour regarder le match. Ou alors… »
Kinchlowe tira un peu plus fort sur les cheveux de Draco, qui grimaça de douleur.
« Ou alors, tu continues à jouer au con et à dire des trucs que personne ne veut entendre… et je serai obligé de te cogner, encore, encore et encore… in-las-sa-ble-ment, jusqu'à ce que la seule évocation du nom de Théodore Nott te donne envie de te pisser au froc. »
Kinch se redressa et serra à nouveau les poings, prêt à frapper. « Bien, on reprend. »
Draco rouvrit la bouche, bien décidé à révéler un autre des nombreux crimes de Théodore mais la porte de la salle s'ouvrit. Il tourna la tête, dans l'espoir que quelqu'un vienne enfin le sortir de cet enfer mais cet espoir fut bref. Ogden… Le Ministre de la Magie se tenait dans l'encadrement de la porte et lui jeta un regard méprisant.
« Dehors », siffla-t-il à l'attention de ses agents. Les trois hommes obéirent aussitôt, Kinch presque à regrets, et quittèrent la pièce pour laisser le Ministre et leur prisonnier seuls. Draco profita de cet instant de répit pour reprendre son souffle et calmer son rythme cardiaque, tandis qu'Ogden avançait d'un pas lent et mesuré jusqu'à la chaise où il était attaché.
« Moi qui croyais que votre petite bande de héros à la manque s'était calmée ces dernières années… », commença-t-il sur un ton léger. « Manifestement, j'avais tort… Malgré toute la bonté dont nous avons fait preuve envers vous en vous laissant prospérer librement. »
« Vous savez tout ce qu'il a fait… Vous le savez et vous vous en foutez », siffla Draco en le fusillant du regard par-dessous sa frange trempée de sueur et de sang.
« Ce n'est pas exactement la vérité », le corrigea le Ministre d'un ton badin. « Je le sais, mais je ne m'en fous pas. Votre ami Théodore m'a causé beaucoup de soucis dans ses jeunes années, voyez ? Toute cette fougue de la jeunesse, conjuguée à son caractère si… particulier. Il a fallu du temps et de la patience pour canaliser tout cela et en faire le jeune homme si distingué et sous contrôle qu'il est aujourd'hui. »
Draco éclata d'un rire amer. « Si vous pensez le domestiquer comme un gentil toutou, vous vous fourrez le doigt dans l'œil. Il est incontrôlable. »
« Je n'ai pas dit que je le contrôlais », reprit Ogden en levant les yeux au ciel. « Il le fait très bien tout seul, je vous assure. Vous devriez lui laisser une chance, il a beaucoup changé… », ironisa-t-il tandis que Draco secouait la tête de dépit. « Peu importe, nous ne sommes pas là pour parler de lui… mais de vous. Et de votre bande de fauteurs de trouble. »
Les deux hommes s'affrontèrent un instant du regard, puis le Ministre plissa les yeux, agitant son index sous le nez de Draco.
« Je vous conseille de laisser tomber vos griefs contre nous, M. Malfoy. Le monde a changé, et vous et vos amis ne bénéficiez plus de la même notoriété qu'il y a dix ans. Au mieux aujourd'hui, vous passerez pour une bande de fous, d'opposants au système, d'anarchistes… Au pire, je vous ferai disparaître dans une cellule de la prison la plus miteuse de cette partie du globe et non, je ne parle pas d'Azkaban. »
Draco déglutit et suivit des yeux le Ministre qui le contourna pour se placer dans son dos.
« Ceci était le premier avertissement, M. Malfoy », susurra Ogden en défaisant les menottes de Draco d'un coup de baguette. « Il n'y en aura pas d'autre. Attaquez-vous encore une seule fois à l'un de mes représentants ou à l'une des entreprises de mon groupe et vous ne verrez plus jamais la lumière du jour, est-ce que c'est clair ? »
Draco fit passer ses mains devant lui, grimaçant lorsque ses épaules protestèrent douloureusement contre ce mouvement. Puis massant ses poignets, il se leva et tituba pour se placer face au Ministre. Mais comme le blond se refusait à dire le moindre mot, Ogden le fusilla une dernière fois du regard et quitta la pièce sans se retourner, laissant la porte ouverte.
~o~
« Par Merlin, ça fait une heure qu'on attend ! », s'écria Hermione en faisant pour la centième fois le tour de la pièce où on leur avait demandé de patienter. « Qu'est-ce qu'elle fait, bon sang ? Elle a dit que ça ne lui prendrait que quelques minutes ! »
Lucius Malfoy lui jeta un regard agacé et continua de faire nerveusement tourner sa canne entre ses doigts. Il aurait sérieusement préféré que Narcissa ne vienne pas avec eux. Il avait ramené Aria en Transplanant au Ministère de la Magie, après l'avoir presque suppliée à genoux de l'aider, et le moment aurait été moins gênant si sa femme n'avait pas été présente. Certes, il s'était attendu à ce que la jeune avocate soit mal à l'aise en présence de sa femme, mais absolument pas à ce que Narcissa le soit également en présence de sa rivale. Etrange.
Dans le doute, il avait ostensiblement évité le regard de son épouse légitime depuis qu'on leur avait ordonné de patienter en salle d'attente. Mais les ondes de fureur qu'elle dégageait dans sa direction étaient palpables. Et la gamine échevelée qui tournait en rond en vociférant sous leurs yeux n'arrangeait rien.
« Pas de panique, Hermione », décréta Narcissa d'une voix lourde d'ironie et de fiel. « Maître Stone est une valeur sûre. Recommandée par ton beau-père en personne. »
« Oui, parce que c'est une excellente avocate », maugréa Lucius en fixant ses pieds.
« Oh, je suis certaine que tu es très au courant de ses talents… même les plus insoupçonnés », railla Narcissa en croisant les bras sur sa poitrine.
Bon, cette fois, elle avait gagné. Lucius tourna la tête vers elle et lui fit les gros yeux.
« Je peux savoir de quoi est-ce que tu parles, Narcissa ? », siffla son époux avec une évidente mauvaise foi, sans remarquer qu'Hermione avait subitement cessé de tourner en rond pour les regarder.
« Tu sais très bien de quoi je veux parler, Lucius », gronda Mrs Malfoy en se tournant vers lui, menaçante.
« Oh vraiment ? »
« Lucius, arrête de faire l'imbécile, je sais que TU COUCHES AVEC ELLE ! »
Un silence de mort retomba dans la pièce. Lucius regardait Narcissa, Narcissa regardait Lucius et Hermione regardait ses beaux-parents se déchirer tout en cherchant un moyen discret et subtil de disparaître dans un trou de souris. Malheureusement pour Hermione et son sens de la pudeur, Narcissa Malfoy ne semblait pas décidée à s'arrêter là.
« Mais je m'en voudrais de te laisser culpabiliser seul dans ton coin pour avoir anéanti notre mariage, mon cher époux. Sache que pendant que tu faisais frotti-frotta avec une femme qui pourrait être ta fille, moi j'ai couché avec Séverus », acheva-t-elle, en levant le menton bien haut. « Lui au moins, il sait prendre soin de moi. Avec respect. »
La tête que fit Lucius à cet instant fut impayable. En d'autres circonstances, Hermione aurait certainement ri. Les deux époux Malfoy se dévisagèrent, aussi médusés l'un que l'autre par ce qu'il venait de se passer, puis détournèrent simultanément les yeux pour regarder droit devant eux. C'est-à-dire, vers Hermione, dont les oreilles (presque) chastes en avaient entendu plus qu'assez sur la sexualité de sa belle-famille. L'expression scandalisée des Malfoys lui indiqua qu'ils avaient tous deux oublié jusqu'à son existence, tant ils s'étaient laissés emporter par leur dispute. Lentement, Hermione leva son index et désigna la porte de la salle.
« Euh… bon… moi, je sors… », balbutia-t-elle, morte de honte, tandis que deux paires d'yeux écarquillés la fixaient sans ciller.
Comme aucun des Malfoys ne répondait, elle tourna prestement les talons et courut vers la porte qu'elle referma aussitôt derrière elle. Fermant les yeux, elle prit une longue inspiration et se passa une main sur le front. Aria Stone… et Lucius ? Narcissa et Séverus ? Eurk, eurk, eurk. Prise d'un frisson de dégoût, elle secoua la tête pour chasser les images terribles qui se formaient dans son cerveau. Trop d'informations. De plus, ils avaient un problème autrement plus important sur les bras. Cependant, lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle constata à quel point elle avait tort. Elle n'avait pas un, mais trois problèmes plus importants dans l'immédiat. A quelques mètres plus loin dans le couloir, Théodore, accompagné d'Elias, la dévisageait avec un sourire narquois.
Elle le fixa, interdite, consciente qu'elle se trouvait à nouveau face à la cause de tous ses maux. « Espèce d'enf-, commença-t-elle avant de se raviser. Elle jeta un regard hésitant en direction d'Elias. Le sourire en biais de Théodore s'accentua, faisant monter sa colère d'un cran. Elle se précipita sur lui, montrant les crocs. « Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? », cracha-t-elle en le poussant au niveau du torse. « Tu peux me faire ce que tu veux, ça j'ai l'habitude, mais ne touche pas à Draco ! »
« Je n'ai fait que ce que n'importe quel citoyen aurait fait, Hermione », répondit platement Théodore en lui jetant un regard glacial. « On m'agresse, je porte plainte. Mais sois tranquille, ton petit ami va s'en tirer avec un simple avertissement. Je m'en suis assuré. »
« Mam- Hermione, pourquoi est-ce qu'ils se sont battus ? Papa refuse de me le dire… », les interrompit Elias.
Hermione nota mentalement qu'il s'était corrigé avant de dire « maman » et baissa les yeux sur lui. Le pauvre gosse semblait ne rien comprendre à ce qu'il se passait. Pas étonnant, si Théo ne lui avait pas dit un mot sur les « différends » qui les opposaient, elle, son père et son rival.
« Elias, je te l'ai déjà dit, ce sont des affaires d'adultes », lui répondit Théo doucement.
Des affaires d'adultes ?, grinça intérieurement Hermione. Il plaisante ? Les sourcils froncés, elle releva la tête vers le brun et le considéra avec dédain. « Tu es gonflé de lui dire ça. Si ma mémoire est bonne, tu étais encore un adolescent quand tu m'as-
Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase. D'un geste vif, Théodore la saisit par le bras et l'entraîna à sa suite dans une pièce voisine. La relâchant, il claqua violemment la porte, laissant Elias seul dans le couloir. Hermione massa son bras endolori et s'apprêtait à lui faire une remarque acerbe lorsqu'il la saisit par le cou et la plaqua contre le mur le plus proche. La main d'Hermione tâtonna aussitôt en direction de sa baguette, enfoncée dans la poche arrière de son jean, mais il attrapa sa main et la bloqua entre ses doigts avant de la plaquer sur la cloison. La panique de la jeune femme monta d'un cran, la proximité de Théo l'empêchant de se concentrer suffisamment pour mobiliser sa magie sans l'aide de sa baguette.
« Très bien, tu veux la jouer comme ça, Hermione ? », siffla Théodore, la rage faisant trembler sa voix. « Je ne m'étais pas encore énervé après toi, mais là… tu pousses le bouchon un peu loin. »
Le souffle d'Hermione s'accéléra et elle lui jeta un regard qu'elle espéra insolent. Mais au mieux, il parut suppliant. Au mieux.
« Tu ne peux pas lui mentir toute ta vie, Théo », haleta-t-elle, la gorge comprimée par la main droite du jeune homme. « Il va forcément apprendre des choses. Surtout ici, en Angleterre. »
« Tu crois que je ne le sais pas ? », murmura-t-il en plongeant son regard dans le sien. « J'ai envisagé toutes les solutions possibles avant de quitter New-York et il n'y en a aucune qui puisse éviter qu'il en sache trop sur moi. »
Hermione fronça les sourcils. Elle sentait la pression sur sa gorge diminuer lentement et elle vit qu'il fermait les yeux. Comme pour essayer de se calmer. « Alors dans ce cas, pourquoi es-tu revenu ? », demanda-t-elle. « Je ne comprends pas… »
Théodore rouvrit les yeux et Hermione constata que l'étincelle de rage avait presque disparu de ses prunelles d'ébène. Il esquissa un sourire et relâcha complètement sa prise sur son cou pour replacer une mèche de cheveux bouclés derrière l'oreille de la jeune femme. Complètement lunatique, comme toujours. « Tu m'as tellement manqué, Hermione… », murmura-t-il contre ses lèvres. « J'ai cru devenir fou… »
Tremblante, elle vit la bouche de Théo se rapprocher de la sienne et sentit son souffle chaud chatouiller son menton. Mais il était hors de question qu'il la touche à nouveau ainsi. Fermant les yeux et mue par la force du désespoir, Hermione réunit toutes ses forces pour créer un sortilège de protection sans baguette aussi puissant que possible. La pression du corps de Théodore s'envola soudain et elle rouvrit les paupières. Le brun avait reculé d'au moins quatre mètres, repoussé par le champ de force, et l'observait avec un mélange d'étonnement et de déception. Sans demander son reste, Hermione courut vers la porte, l'ouvrit et ressortit dans le couloir. Bloquant la poignée avec sa main, elle espéra dissuader Théo de la poursuivre mais elle ne sentit aucune pression indiquant qu'il tentait de sortir à son tour. Elias lui jeta un regard rempli d'espoir auquel elle répondit par un sourire gêné, mais son attention fut bientôt monopolisée par autre chose. Là, au bout du couloir, Draco approchait, chancelant, accompagné d'une Aria Stone vociférant que « cette histoire ne s'arrêterait pas là », même si elle savait pertinemment que si, ça s'arrêterait là. Ou Ogden les jetterait direct aux oubliettes.
Hermione remonta le couloir en courant et se jeta au cou de Draco pour le serrer contre elle. Trop heureux de la retrouver, le blond ne pensa pas une seule seconde à protester, bien que les baisers de sa fiancée appuient douloureusement sur ses nouvelles blessures.
« Je suis là », souffla-t-il dans son oreille, tandis qu'elle hochait la tête contre son épaule, luttant pour ravaler ses larmes.
« Oh mon Dieu, mais… QU'EST-CE QUE VOUS LUI AVEZ FAIT ? », hurla la jeune femme à l'attention des agents postés au fond du couloir. « COMMENT OSEZ-VOUS TRAITER LES GENS DE CETTE MANIERE ? »
Aria la saisit aussitôt par l'épaule et l'attira contre elle. Hermione remarqua que malgré ses airs bravaches, on distinguait de la terreur dans son regard. « Miss Granger, par pitié, taisez-vous et tirons-nous avant qu'ils ne nous abandonnent tous sur un iceberg au fin fond de l'Atlantique Nord », siffla-t-elle avant d'ajouter plus bas pour elle-même. « Bon sang, qu'est-ce que je hais cet endroit… », marmonna-t-elle en fusillant du regard le couloir de carrelage noir caractéristique du Département des Mystères.
Hermione fronça les sourcils et reporta son attention sur Draco, qu'elle étreignit derechef. « Je suis désolée, tout est de ma faute… », gémit-elle en glissant ses mains dans les fins cheveux blonds. Elle le serrait avec empressement, alternant caresses et baisers, excuses et déclarations d'amour, comme si elle l'avait perdu de vue depuis des mois.
« Ne dis pas de bêtises, Hermione », murmura-t-il avec un sourire tuméfié. « Allez sortons d'ici avant que je ne commette un meurtre, cette fois. »
Hermione hocha la tête, perdue quelque part entre le désarroi et les larmes, et passa le bras de Draco par-dessus ses épaules pour l'aider à avancer. Lucius et Narcissa, étrangement froids l'un envers l'autre, sortirent à cet instant de la salle d'attente et Narcissa se précipita vers son fils.
« Oh par Merlin, Draco ! », glapit-elle en se ruant dans sa direction.
« Ça va, ça va », bougonna le blond, bien qu'il ressemble à un rescapé de crash d'avion.
Hermione tourna la tête et saisit le regard inquiet d'Elias. Le pauvre gamin devait être complètement déboussolé. Dans ce pays inconnu, entouré de gens qui ne leur voulaient pas forcément du bien, et maintenant ça… Narcissa ayant pris l'autre bras de Draco, Hermione se baissa légèrement pour se dégager et se dirigea vers Elias. Draco la regarda partir, les sourcils froncés et remarqua alors l'enfant, immobile dans le couloir. C'est lui…, pensa-t-il en dévisageant le garçonnet. D'une manière générale, il ressemblait à une version miniature de Théodore. Même cheveux noir corbeau, même visage fin, même yeux en amande. L'un d'eux était identique à ceux de Théodore, d'un noir de jais profond. Mais l'autre… était d'une teinte noisette aux reflets dorés dont la provenance ne faisait aucun doute. Draco déglutit. Cet œil le rendait atrocement mal à l'aise. Comme s'il symbolisait à lui tout seul ce que Théodore avait fait subir à Hermione.
Celle-ci se planta devant Elias et se baissa pour se mettre à sa hauteur. Les sourcils froncés, elle cherchait une manière plus ou moins adaptée pour s'adresser à lui mais en vain.
« C'est pour lui que tu as quitté papa ? », demanda Elias avant qu'elle n'ait pu décider d'une phrase correcte.
Hermione lui jeta un regard étonné puis un éclair de tristesse passa dans ses yeux. Forcément… pour lui, Draco n'était sûrement que le type qui avait brisé le couple de ses parents. C'était tout à fait le style de Théo de lui raconter un truc pareil.
« Ecoute, Elias… », fit-elle, hésitante. « Je pense qu'il vaudra mieux qu'on parle de tout ça plus tard… » Du coin de l'œil, elle vit la porte de la pièce où Théodore l'avait entraînée s'ouvrir et le visage du brun apparut dans l'embrasure. Il se raidit en voyant Hermione penchée sur Elias et la jeune femme réalisa qu'elle ferait mieux de partir vite avant que les choses ne se corsent. Draco n'avait toujours pas remarqué Théo, déjà hors de son champ de vision, on pouvait donc encore éviter le pire. « A Poudlard, on parlera tous les deux, je te le promets », reprit précipitamment Hermione en esquissant un sourire forcé.
Le visage d'Elias s'éclaira et il serra le poing, tendant son auriculaire en direction d'Hermione. « Promis ? »
Hermione baissa les yeux sur le petit doigt du garçonnet et hocha la tête avant d'entrelacer maladroitement son propre auriculaire avec le sien. « Promis. » Il le faut…, ajouta-t-elle intérieurement. Elle se redressa, consciente que tous les regards, y compris ceux des trois Malfoys, étaient rivés sur elle et se racla nerveusement la gorge. Reprenant sa place auprès de Draco, elle vit que Lucius Malfoy la fixait avec une expression soupçonneuse.
« Oh vous, pas maintenant », maugréa Hermione en entraînant Draco vers la sortie.
~o~
Les bras croisés sur son bureau, Ben posa son front dessus et ferma les yeux en soupirant. Il n'avait pas dormi depuis près de quarante-cinq heures et ses yeux commençaient à douloureusement sécher derrière ses paupières. Il les ferma de toutes ses forces, espérant générer quelques larmes et les hydrater mais en vain. Aria avait peut-être raison : on était samedi soir, il ne pourrait rien tirer du côté de Gordon Labs d'ici lundi matin, autant s'offrir une bonne nuit de sommeil. Relevant la tête, il s'étira, classa quelques feuillets dans les différents dossiers éparpillés devant lui et s'apprêtait à se lever lorsqu'on frappa à la porte de son bureau. Son partenaire. Quoi, encore ?
« Ben… le voisin de Mary Mansfield est à l'accueil, tu sais celui qui était en voyage et qu'on n'a pas pu rencontrer… », annonça Stuart en désignant le couloir du pouce.
« Qu'est-ce qu'il fait là ? », s'étonna l'inspecteur en se levant de son siège.
« Il a vu notre message signalant notre passage dans sa boîte aux lettres et demandant de nous recontacter si jamais il savait quoi que ce soit… », expliqua Stuart en secouant la tête. « Apparemment, il en sait assez pour avoir pris la peine de rappliquer ici dans la seconde. » Stuart se tut et lui lança un regard interrogateur. « J'espère que t'avais pas prévu de rentrer chez toi, parce que ça me semble compromis… »
Benjamin grommela quelque chose dans sa barbe et sortit dans le couloir qui menait au standard du commissariat. Assis sur l'une des chaises, un petit homme légèrement bedonnant et au crâne dégarni patientait, faisant tourner entre ses doigts un petit chapeau melon râpé jusqu'à la corde. Benjamin s'approcha de lui et le petit homme se leva aussitôt, tendant une main que Ben serra.
« Bonjour, vous êtes le policier qui voulait des informations sur Mary et Juliet ? », demanda-t-il tandis que Ben acquiesçait.
« Inspecteur Benjamin Hodgkin, Monsieur… Doyle, je crois ? », se souvint Ben, tandis que le petit homme opinait du chef, étonné de voir qu'on se souvenait de lui d'une quelconque manière. Ben en déduisit que cela ne devait pas arriver souvent : l'homme était l'archétype même du voisin invisible et anonyme.
« Llywelyn Doyle, oui, c'est bien ça », confirma l'homme avec empressement. « J'étais en visite chez ma sœur en Irlande cette semaine, ce qui explique pourquoi je n'étais pas là lors de votre passage. »
« Et donc, vous aviez quelque chose à partager concernant le suicide de Mary Mansfield et de sa fille ? », le pressa un peu Ben, qui commençait à s'impatienter et surtout à se dire que ce type ne serait sûrement qu'une perte de temps.
Le petit homme arbora une expression mal à l'aise et le chapeau entre ses doigts se mit à tourner de plus en plus vite. « Oui, en fait… j'étais avec Mary ce jour-là. Juste avant le drame… »
Benjamin fronça les sourcils. Peut-être pas une si grande perte que ça, après tout…, pensa-t-il tandis que Llywelyn Doyle se lançait dans son récit.
« Je me souviens qu'il pleuvait beaucoup ce jour-là… », commença Doyle en fixant un point droit devant lui, comme pour mieux se concentrer sur ses souvenirs. « Je le sais car j'ai trouvé Mary en bas de l'immeuble, trempée comme une soupe. Elle était assise sur les marches du perron, son pantalon était couvert de boue et elle tremblait comme une feuille. Je me suis approché et quand elle a levé les yeux vers moi… »
Doyle s'arrêta, de plus en plus mal à l'aise.
« Quoi ? », demanda Benjamin pour l'inciter à continuer.
L'homme se rapprocha un peu plus de l'inspecteur et se mit à chuchoter, comme s'il s'apprêtait à révéler un secret d'Etat. « Elle… elle avait pris de la drogue, encore. Oh, je sais ce que vous allez dire. Quels voisins irresponsables, laisser une enfant sous la garde de cette junkie… Mais vous savez inspecteur, Mary était une gentille fille, droite et honnête. Ce n'est pas juste tout ce qu'il lui est arrivé. »
« Comment savez-vous qu'elle était sous influence de stupéfiants ? », demanda Ben afin de s'assurer que l'homme savait de quoi il parlait.
« Eh bien, il y avait d'abord ses pupilles, qui étaient tellement dilatées qu'on distinguait à peine l'iris tout autour… », indiqua Llywelyn avec une grimace.
Toujours bon à savoir si elle a pris la même merde que les autres, pensa Ben en croisant les bras sur sa poitrine.
« Et puis, elle avait un peu vomi à côté d'elle », reprit le voisin dont la grimace s'était accentuée. « On y distinguait une substance verdâtre. »
Bingo. Cette fois, Ben eut toutes les peines du monde à ne pas sauter de joie. Enfin, ils avaient la confirmation que le dernier assassin avait également avalé une pilule verte. La boucle était bouclée. Ne restait plus qu'à espérer que l'expert d'Aria bouge un peu ses miches.
« Je lui ai proposé de l'aider à monter les escaliers », continua Doyle en reprenant son air peiné. « Elle tenait à peine debout et quand on est arrivés devant sa porte…. Ça a été pire. Sur la porte était scotché un ordre d'expulsion. Cela faisait des mois qu'elle ne payait plus son loyer, vous savez ? Pourtant, je lui ai parfois prêté un peu d'argent et je sais que les Rosenberg du 14C aussi, lui donnaient parfois de quoi subsister. Mais elle n'a jamais réussi à redresser la barre. Alors l'expulsion, ça a été la goutte d'eau. Elle s'est mise à hurler des horreurs, elle est rentrée dans l'appartement et a pris Juliet à partie. Elle disait à la pauvre petite : pourquoi est-ce que tu ne règles pas nos problèmes d'argent ? Tu es pourtant censée être une sorcière, non ? Ça ne devrait pas être trop difficile pour toi de nous sortir de là ! »
« Et vous n'êtes pas intervenu ? », demanda sèchement Ben, tandis que le petit homme se recroquevillait sur lui-même.
« Oh vous savez… elle lui criait dessus tout le temps à la petite. Mais elle n'a jamais levé la main sur elle, pas une seule fois ! Sinon, je les aurais séparées ! » s'écria-t-il avec véhémence. « Juliet avait l'habitude, elle attendait simplement que ça passe. Alors je suis rentré chez moi. Mary a crié encore quelques minutes et puis la porte a claqué. Je me souviens que j'étais en train de faire la vaisselle et je l'ai vue quitter l'immeuble en traînant la petite derrière elle, sous la pluie. Elle tenait quelque chose à la main mais c'était difficile de savoir quoi… J'ai su plus tard que c'était une corde. J'ai éteint le robinet et je les ai suivies des yeux. Je m'attendais à ce qu'elles aillent en direction du village mais elles ont bifurqué à gauche… »
La voix de Doyle tremblait à présent, il semblait totalement pris de panique à l'idée de raconter la suite, de revivre cette journée à nouveau. Et Ben commençait à imaginer pourquoi.
« Qu'est-ce qu'il y avait à gauche ? », demanda-t-il pour que le petit homme reprenne son récit.
« La voie ferrée », répondit Llywelyn d'une voix étranglée. « J'ai tout de suite senti que quelque chose clochait alors j'ai remis mes chaussures, mon manteau et je suis sorti à mon tour. Il pleuvait de plus en plus et le brouillard commençait à tomber, je suis parti sur leurs traces mais j'ai mis du temps avant de les apercevoir enfin… Beaucoup trop de temps… » Doyle renifla. « Quand j'ai finalement aperçu Mary, elle se tenait à environ quatre cent mètres de moi. Elle était debout sur les rails. C'est alors que j'ai vu la petite. Sa mère l'avait attachée à la voie ferrée et elle se débattait comme un beau diable pour se libérer. Je me suis mis à courir et à crier en même temps, mais la pluie faisait un vacarme assourdissant et très vite, j'ai aperçu le phare du train qui arrivait vers nous. J'ai tenté de faire des signes, j'ai couru pour essayer d'arriver le plus vite possible… Mais il était trop tard. Juste avant que le train ne les percute, j'ai vu que Juliet avait réussi à dénouer ses mains et elle se redressait pour s'occuper de ses chevilles au moment de l'impact. Quant à Mary… »
Cette fois, le petit homme sanglotait carrément et Ben ne put s'empêcher d'avoir pitié de lui. Même s'il avait merdé, il avait essayé alors qu'une bonne centaine d'autres voisins étaient restés bien au chaud devant leurs postes de télévision.
« Mary me regardait. Elle était debout et elle me regardait. Je crois sincèrement qu'elle était devenue folle ce jour-là, inspecteur… », fit le pauvre homme en sortant un mouchoir en tissu de sa poche pour se moucher bruyamment.
« Je pense plutôt qu'elle était victime d'une machination, Monsieur Doyle », le rassura Ben en lui tapotant l'épaule. « C'est pour cela que nous menons cette enquête. Pour trouver les responsables. »
Mais Doyle secoua la tête. « Vous ne comprenez pas, inspecteur », protesta-t-il doucement. « Je l'ai vue. Juste avant que le train ne les frappe, elle et sa petite fille… je l'ai vue. Elle souriait. »
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Et voilààà pour aujourd'huiii ! J'espère que ce chapitre vous aura plu et n'empêchera pas de dormir les plus impressionnables d'entre vous, hin hin. En tous cas j'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé, notamment le grand retour (éclair) de Théodore, la façon dont on traite les opposants au régime dans les sous-sols du Ministère de la Magie, la dispute de Cissy et Lucius, bref DITES MOI TOUT !
En attendant le prochain chapitre, je vous fais plein de bisous et à lundi prochain !
