Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Un chapitre assez court cette semaine, mais que voulez-vous c'est la reprise ! En revanche, ne vous inquiétez pas, il finit comme d'habitude en beauté puisque vous allez enfin découvrir la signification de cette mystérieuse lettre H ! Depuis le temps que vous réfléchissez dessus ! J'ai reçu de nombreuses théories de votre part au fil des mois et pas une seule ne s'approchait de la vérité (dommage, il y avait un voyage en Floride à gagner… non je déconne).
Pour les fans des petits nouveaux de Poudlard, ils reviendront dès le prochain chapitre, ainsi que Théochou. Mais les fans du couple Aria/Ben vont être servis ! Bonne lecture à tous !
Merci à tous mes nouveaux followers (MEworcester, unhappened1, Celhya, Eleonore et Sarah, RoseViolet19570, KateSHW, hopefullo, Chiaki02, BewitchingWords, Kylian12345, Eliane Gil, PlumeDeSerpent, LuxuriaDiem, Katna, Anabetha, Marween, Marie Clearwatter, ScarlettAshes, Omiya, cybilim), ainsi qu'à Eliane Gil, Lily Ford, Erza Robin, Petitestef, Mrs Lyly Black, Loulou, Mikasa, jujupititetortue, Marion, Val, cycy, miss damdam, sarahblue1, laloudu77, Gouline971, faerycyn, SabrinaMalefoy, Babar, Hardcoredrugs, Audrey917000, Acide'nette, PouleauPotter, MademOiselle235463, alizeta, MissDraymione, magdelaine, Loufoca-Granger, Passion Fugace, Nalyuci, Ronald Stinks, Voldynouchette pour leurs reviews et à ceux qui m'ont contactée sur Facebook !
RAR :
Loulou : Ne t'inquiète pas, Hermione va avoir tout le temps de parler avec Rogue plus tard, mais pour l'instant c'est la rentrée, il y a mieux à faire ^^ La pauvre Bella n'est effectivement pas sortie de l'auberge… Ne t'inquiète pas, je nous réserve un instant Dramione dans un des chapitres à venir qui me fera pardonner le manque de scènes avant ça. Ahah. Surprise… Gros bisous et merci pour ta review !
Mikasa : Le H ne veut effectivement pas dire Hermione (mais ne t'inquiète pas, tout le monde s'est laissé prendre au début ! hihi). Concernant Théo, il faut comprendre qu'il a fait un énorme travail sur lui-même pour se dominer. On a quitté il y a onze ans un ado capable de tuer et de violer avec le sourire et on retrouve un homme froid, totalement sous contrôle et dont chaque geste est réfléchi pour dissimuler sa vraie nature. Il ne peut plus s'approprier Hermione par la violence, ça mettrait sa réputation, son poste de PDG et sa relation avec son fils en danger. Donc il se « soulage » de ses pulsions comme il peut. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira et je te remercie pour ta review !
Jujupititetortue : ahah bien vu l'analogie entre Gordon Labs et Joseph Gordon-Levitt XD Tu es la première à me le faire remarquer, je ne sais pas si les autres l'ont vu… ! Les histoires d'amour sont toujours ambiguës avec moi, parce que je ne vois pas l'intérêt d'écrire sur des gens pour qui tout va bien. J'aime quand on se débat, quand l'amour se mérite et n'est pas tenu pour acquis. ^^ C'est ce que j'ai bien aimé dans 50 nuances plus claires : avec son enfance et sa mère droguée, Christian avait le profil parfait du sociopathe mais en trouvant sa « voie » dans le sexe déviant il a su se contrôler et évoluer. Contrairement au patron d'Ana qui avait le même passé mais qui lui, est devenu un vrai sociopathe ! En ce qui concerne « A Celui… », je n'ai pour l'instant pas la motivation pour la reprendre car mon style a tellement évolué depuis 2005 que je me sentirais obligée de la réécrire entièrement. Donc un jour peut-être mais pas avant la fin d'Ennemi(s) Intime(s), c'est certain ! Merci à toi, gros bisous et bonne année !
Marion : il ne faut pas oublier que Ben est un flic. Alors certes, il rentre dans les maisons sans commission rogatoire mais quand son supérieur et le procureur disent « on arrête », il arrête. Dans ce milieu, continuer une enquête dont on est dessaisi, c'est grave. Surtout quand une autre police (ici les Aurors) la reprend. Rogue n'est pas myope ! ahahah Mais il a 50 ans et à cet âge-là, la presbytie s'installe. N'as-tu jamais remarqué que plus nos parents/grands-parents vieillissent, ils tendent de plus en plus le bras pour lire le journal/les SMS. C'est parce que la vision de lecture (de près) se dégrade ! Tu observeras, c'est très drôle, on a presque envie de leur offrir une perche à selfie pour les aider à lire. XD Bisous et merci pour ta review !
Val : N'est-ce pas que le potentiel comique de Rogue est immense ? Ce gros nounours colérique et bougon, c'est le genre de prof que j'adore. Mon prof d'histoire-géo de 1L et TL était comme ça et on adorait tellement se vanner tous les deux (ou vanner les autres élèves) que parfois il suffisait qu'on se regarde pour savoir la vanne que l'autre pensait dans sa tête et se marrer. Mes camarades de classe trouvaient ça « trop flippant » mais pour moi c'était énorme… Pour répondre à ta question sur Théo, je pense que prendre une prostituée sorcière qui se transforme en une figure connue (héroïne de guerre) ce n'est pas idéal pour l'anonymat du client ! La fille pourrait répéter partout que Théo lui demande de se transformer en Hermione Granger… Bref, trop risqué. Bises et merci pour ta review !
Cycy : il vaut mieux que Théo se « défoule » sur une prostituée déguisée au lieu de violer Hermione, non ? (*aaah forcément, vu comme ça !*) lol. Le Ministre de la Magie n'a pas arrêté l'enquête ! Il s'est arrangé pour que les moldus soient dessaisis. C'est différent. Il veut traiter l'affaire en interne avec des sorciers pour éviter le scandale auprès du monde moldu. Mais ce sera expliqué bientôt ! Bisous et merci à toi !
Nalyuci : Merci pour ta review ! Ahah désolée, il y a eu un OS à Noël mais pas de nouveau chapitre ! ^^ J'espère que la suite te plaira ! Je ne répondrai pas à tes questions car ça gâcherait le suspense, huhu. Bonne lecture !
La dernière partie a été écrite avec une chanson en particulier. Si vous voulez vous plonger dans la même ambiance que moi lors de l'écriture, je vous recommande de l'écouter à partir du moment où le titre et le nom de l'artiste apparaîtront entre parenthèses en début de passage )
Chapitre 11 : Montre-moi le chemin
Lorsqu'Hermione rentra chez elle après sa première journée de cours, elle fut surprise d'entendre plusieurs voix familières lui parvenir du salon. Celles de Ron et Harry, notamment. Ravie à l'idée de voir ses amis passer à l'improviste, sa joie s'atténua cependant lorsque les voix se turent brutalement dès qu'elle fit claquer la porte d'entrée. Comme si son arrivée interrompait une conversation dont elle ne devait pas avoir connaissance. Troublée, elle s'avança dans la pièce de vie et constata que le petit groupe était réuni au grand complet.
Harry, Ron, Blaise et Ginny étaient assis en compagnie de Draco dans le salon et la regardèrent d'un air gêné, tels des gamins pris la main dans la bonbonnière. Leurs mines étaient sombres, suggérant que l'échange qu'ils venaient d'avoir n'était pas des plus joyeux.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? », demanda Hermione, tendue.
« Viens t'asseoir, Hermione, il faut qu'on te parle », fit Ron en lui faisant signe d'approcher des canapés. Blaise quitta sa place près de Draco pour la lui laisser et s'installa sur une chaise de la salle à manger qu'il approcha du groupe.
Hermione obéit et s'assit à côté du blond, qui prit aussitôt l'une des mains de la jeune femme dans la sienne.
« Parlez, vous me faites peur… », reprit Hermione en dévisageant ses amis tour à tour.
Harry et Ron échangèrent un regard et le rouquin se pencha en avant, posant les coudes sur ses cuisses. « Tu te rappelles le meurtre de cette petite fille sur les quais de la Tamise, fin août ? », demanda-t-il tandis qu'Hermione hochait la tête, les sourcils froncés. « Eh bien figure-toi que ce n'est pas la seule enfant qui a été assassinée. D'après ce que je sais, il y en aurait plusieurs dizaines… »
« T'es sérieux ? », fit Hermione, sidérée, tandis qu'Harry hochait lentement la tête. « Comment le sais-tu ? »
« Les Aurors ont récupéré l'affaire… », répondit Ron. « Accroche-toi, le meilleur est à venir. Apparemment, ces enfants auraient été tués par des proches ou des personnes qui ont toutes avalé une même drogue de couleur verte. Sauf que les moldus n'ont pas réussi à trouver certains des ingrédients, probablement sorciers. Ils l'ont surnommée 'petite fée verte'. »
Hermione cligna des yeux plusieurs fois. « Quoi, t'es en train de me dire que des sorciers se sont lancés dans le trafic de drogue ? », demanda-t-elle, abasourdie. « S'ils ne trouvent pas les ingrédients, pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas demandé à un sorcier spécialiste en la matière de-… » Hermione se tut. Bien sûr que si, ils avaient demandé. C'était cela qu'Aria Stone était sûrement venue déposer à Rogue, le jour de la réunion de pré-rentrée.
« On suppose qu'ils l'ont fait », répondit Ron en haussant les épaules, « mais il n'y a aucune trace officielle d'une éventuelle collaboration avec un spécialiste sorcier dans leurs rapports. »
« Je crois que c'est Rogue, le spécialiste », l'informa Hermione. « J'ai vu Aria Stone lui apporter une enveloppe de la Brigade des Stupéfiants il y a quelques jours, c'était sûrement un échantillon à analyser. »
Ron nota l'information dans un coin de sa mémoire. Son supérieur avait piqué une crise un peu plus tôt dans la journée car il ne savait pas si les moldus avaient bien fait appel à quelqu'un ou non. Il serait sûrement content de savoir de qui il s'agissait.
« Super, Hermione, rien ne t'échappe comme d'habitude », la remercia-t-il en souriant. « Mais ce n'est pas fini. La raison pour laquelle il était absolument nécessaire de t'en parler, la voici. Nott est mêlé à cette histoire. »
Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour dans ses veines. Le cœur battant à tout rompre, elle dévisagea ses amis avec un sentiment d'affolement croissant. « Ce n'est pas lui qui produit cette drogue, si ? Oh mon Dieu, ça lui ressemblerait tellement… Les pauvres enfants, ils- »
« Du calme », fit Ron d'une voix apaisante. « Même si connaissant l'énergumène ça ne serait pas étonnant qu'il se soit converti au meurtre de masse, ce n'est pas lui l'instigateur de ces crimes. En fait, il en serait plutôt la victime. Indirecte. »
Un mélange d'émotions s'empara d'Hermione. Etrangement, elle se sentait soulagée. Ses dernières confrontations avec Théodore avaient fait naître en elle une impression étrange : il lui avait semblé différent d'autrefois, plus calme, plus maîtrisé… moins dangereux ? Non, sûrement pas. Enfin, peut-être un peu ? En tous cas, pas suffisamment pour se lancer dans des crimes de cette envergure. Et cela n'était d'ailleurs pas son style : il aimait regarder. Observer la souffrance. Se délecter de la violence, comme lorsqu'il avait forcé Blaise à tuer sa propre sœur en public. Tuer à distance n'avait certainement aucun intérêt pour lui.
« Comment ça, la victime indirecte ? », balbutia Hermione, qui tentait de retrouver ses esprits.
« D'après mon supérieur, car je n'ai pas encore eu accès au dossier de la police de Londres, tous les enfants assassinés sont des modifications génétiques issues de son laboratoire… », acheva Ron en guettant sa réaction. « Tous sans exception. »
Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent légèrement et son cerveau se mit à tourner à toute vitesse. « Tu veux dire que… des gens s'en prennent aux enfants génétiquement modifiés ? Pourquoi ? » Parce qu'ils les considèrent comme… Impurs ? Inférieurs ? Des hybrides ? Des… Sangs-de-Bourbe ?, pensa-t-elle, nerveuse.
« Vous ne pensez pas que ce seraient les quelques Mangemorts toujours en fuite qui auraient décidé de s'en prendre à eux ? », demanda Ginny, formulant tout haut ce que chacun pensait tout bas.
« Pour moi, c'est une hypothèse probable », acquiesça Harry en se mordillant l'ongle du pouce, les sourcils froncés.
« Ouais et bien sûr, ça tombe pile poil au moment où ma chère tante Bellatrix sort de prison… », grommela Draco avec une moue méprisante. « Tante dont on n'a jamais retrouvé le mari depuis la Bataille de Poudlard, soit dit en passant. »
« Tu crois que Rodolphus aurait quelque chose à voir là-dedans ? », demanda Hermione en se tournant vers lui.
« J'en mets mes deux mains à couper », répondit Draco. « Et les pieds, tant qu'à faire. »
« Ton opinion n'est pas objective », commenta Blaise en croisant les bras.
« Mon opinion est fondée sur le fait que je connais ces deux cinglés depuis ma naissance et que je sais ce dont ils sont capables », rétorqua le blond, tandis que Blaise inclinait la tête sur le côté et haussait les sourcils, reconnaissant qu'il marquait un point.
« Tu n'imagines pas combien ça me ferait plaisir que les Lestrange soient mêlés à tout ça », fit Harry en secouant la tête. « Rien que pour avoir le bonheur de les voir condamnés à perpétuité. Mais pour l'instant, il n'y a pas de preuves alors tenons-nous en aux faits. »
« Bien dit, Harry », reprit Ron. « Tout de même, je soulèverais l'idée au boulot. On ne sait jamais. »
« Tu devrais parler de tout ça avec Rogue », fit Ginny en se tournant vers Hermione. « Il y a sûrement des enfants génétiquement modifiés à Poudlard et si les assassins le décident, ils pourraient s'attaquer à eux. »
Hermione hocha la tête mais ne dit rien. Elle connaissait au moins un de ces enfants. Mais qu'il soit de près ou de loin apparenté à elle, cela ne changeait rien : il fallait tous les protéger et pas seulement Elias. Ginny avait donc raison, Rogue devait savoir.
~o~
Severus Rogue posa ses lunettes sur le plan de travail et frotta ses yeux secs et douloureux. Après des heures d'essais infructueux, de formules de détection et d'analyses, il était enfin parvenu à établir la liste complète des ingrédients de la drogue présente dans l'échantillon. Il avait d'abord fallu isoler les composants des matières organiques qui constituaient la bile, puis identifier les molécules de méphédrone et de méthylènedioxypyrovalone détectées par les techniciens moldus. Le premier ingrédient manquant lui avait donné du fil à retordre. Il avait fini par reconnaître une poudre de feuilles d'alihotsy séchées, qui devait donc être mélangée à l'intérieur de la gélule. Connues pour entrer dans la composition de la goutte désopilante, l'ingestion des feuilles d'alihotsy provoquait l'hystérie. Mais réduite en poudre et concentrée comme elle l'était, la dose pouvait littéralement rendre n'importe qui complètement fou.
Le second ingrédient n'en était pas moins remarquable, tant par son prix exorbitant sur le marché que par sa rareté. Rogue lui-même n'en possédait qu'une seule et unique fiole dans son inventaire, fiole qu'il avait payée à prix d'or chez l'apothicaire du chemin de Traverse. C'était d'ailleurs le seul endroit en Angleterre à fournir de la poudre de cornes du dragon Cornelongue. Précisément ce qui se trouvait dans cette drogue. Contrairement à la plupart des plantes et ingrédients de potions, la corne de dragon Cornelongue avait la particularité d'agir sur le comportement humain. Associée aux bons ingrédients ainsi qu'à certains sortilèges lancés pendant sa préparation et avant de la réduire en poudre, la corne permettait la manipulation mentale, qui se déclenchait quelques instants après l'ingestion et pour une durée à court terme. Autrement dit, l'ingrédient pouvait servir à peu près à n'importe quoi. Faire chanter le God save the Queen en sautant à cloche-pied, par exemple. Ou assassiner des enfants. Une méthode bien plus lente et complexe qu'un simple Imperium à la différence que la corne de dragon Cornelongue, elle, était complètement légale.
Mais il manquait manifestement quelque chose. Tous ces ingrédients n'avaient pas pour particularité de colorer un mélange en vert. Rogue avait réfléchi à plusieurs éventualités, avant de tomber sur la plus évidente. Celle qu'un enfant de seconde année aurait pu trouver tout seul. Le mucus de Véracrasse. Les gélules avaient dû être plongées dedans avant d'être séchées. Outre le fait d'être absolument répugnante, la sécrétion de cet animal peu ragoûtant et raffolant de laitue, était d'un vert vif et criard. C'était également terriblement salissant, du fait que le pigment était presque impossible à effacer une fois qu'il s'était répandu sur une surface. Pourquoi les dealers avaient-ils utilisé ce pigment ? Mystère. Pour donner un aspect plus festif à la drogue, peut-être ? Pour ses propriétés fixatrices, afin de solidifier plus rapidement la gélule ? Ou parce que le vert restait une couleur qui leur rappelait l'Avada Kedavra et donc éventuellement un grand Mage Noir aujourd'hui disparu… Mieux valait que seules les deux premières hypothèses soient bonnes, sinon le monde magique allait avoir un gros problème sur les bras.
Reposant sa plume sur la paillasse, Rogue relut rapidement ses notes et les emporta avec lui. Dans quelques minutes, il appellerait cette agaçante avocate et elle lui ficherait enfin la paix. Du moins, elle avait intérêt. Parce que si elle me cherche, elle va me trouver. Je ne suis pas un vulgaire laborantin… non mais, grommela intérieurement Rogue en remontant les escaliers.
Il croisa Rusard qui faisait ses rondes et salua le concierge d'un hochement de tête.
« Ah, Monsieur le Directeur ! », grinça Rusard tandis que son horrible chatte venait se frotter contre ses jambes. « Figurez-vous que j'ai trouvé l'identité d'un des élèves possédant cette satanée sonnerie de portable… Mike Codwell, septième année. Dois-je lui réserver une punition particulière ? Corporelle, peut-être ? », tenta Rusard avec un sourire atrocement avide.
Dans tes rêves, Argus, pensa Rogue en levant mentalement les yeux au ciel. S'il y en avait un qui devait regretter la présence de Voldemort à Poudlard, c'était bien ce veux sadique. Il adressa un rictus carnassier au vieil homme et répondit : « Non, mieux que ça. Faites-lui nettoyer les toilettes des garçons au rez-de-chaussée. Mais avant ça, prévenez Peeves qu'il a enfin le droit d'y étaler sur les murs les excréments coincés dans la cuvette de la cabine du fond. Je suis sûr qu'il va a-do-rer. »
Rusard éclata d'un rire ravi. « Ce sera fait, Monsieur le Directeur, ce sera fait ! », répondit-il avant de s'éloigner.
Rogue poussa un soupir et un sourire goguenard vint flotter sur ses traits. Finalement, cette journée se terminait bien mieux qu'elle n'avait commencé.
~o~
Silencieuse comme un chat, Aria ramassa les boîtes en plastique, vestiges de leur déjeuner japonais, éparpillées sur la table basse de Benjamin. Alors que la jeune femme s'efforçait de remonter le moral de l'inspecteur fraîchement mis au repos forcé, elle avait envoyé un sms à sa secrétaire pour lui demander de reprogrammer tous ses rendez-vous éventuels de l'après-midi. Ben déprimait et elle refusait de le laisser seul tant qu'il n'aurait pas repris du poil de la bête. Avachis dans le canapé, ils avaient donc dévoré leurs sushis en discutant de choses et d'autres, de l'affaire notamment et des découvertes qu'ils avaient faites, lui et Stuart, dans la maison de Wesley Morgan. Sur les coups de quatorze heures, Ben avait fermé les yeux et s'était endormi, la tête posée sur les cuisses d'Aria, qui caressait ses cheveux bruns d'un geste mécanique et lent. N'osant pas bouger pour ne pas le réveiller, elle avait végété devant la télévision jusqu'à en avoir des fourmis dans les jambes.
Le pauvre Ben devait être exténué par les derniers jours d'enquête intensive. Dehors, le soleil déclinait déjà et il n'avait toujours pas rouvert les yeux. Aria souleva la tête du dormeur avec précaution et sortit ses jambes pour se lever et faire un peu de ménage. Depuis qu'elle avait pris ses affaires et quitté les lieux deux ans plus tôt, l'endroit n'avait pas vraiment changé. Si ce n'était l'absence de photos d'eux ensemble et de touches féminines dans la décoration. Aria se demanda ce qu'il en avait fait tout en jetant les emballages de nourriture à la poubelle. Les avait-il jetées ? Rangées dans un carton au fond d'un placard ?
Toujours dans le plus grand silence, elle s'empara d'une éponge savonneuse et frotta les baguettes japonaises vernies qu'ils avaient retrouvées dans les placards de Ben. Celui-ci lui avait avoué à demi-mots qu'il n'avait plus mangé de sushis depuis leur séparation et Aria avait ressenti un petit pincement au cœur. Comme si elle devinait que ce n'était pas le seul petit plaisir de la vie dont il s'était privé depuis leur rupture.
Elle sursauta lorsque son téléphone portable se mit à vrombir furieusement sur la table du salon, réveillant aussitôt Benjamin, qui se redressa comme s'il était monté sur ressorts. Aria se précipita sur le petit appareil en bredouillant quelques excuses et décrocha, tandis que Ben grognait et frottait son visage engourdi par le sommeil. Mais il se sentit bientôt tout à fait réveillé lorsqu'il vit Aria chercher frénétiquement une feuille de papier et un crayon dans son sac.
« Poudre d'Alio-quoi ? », demanda-t-elle en coinçant son téléphone entre son oreille et son épaule. Elle appuya sur le haut de son stylo pour en faire sortir la mine et posa la pointe sur le papier. « Pas si vite, vous pouvez m'épeler ça ? » D'un geste furtif, elle couvrit le micro du téléphone du bout des doigts et murmura à l'attention de Ben : « C'est mon expert ! » (Puis s'adressant de nouveau à Rogue) « A-L-I-H-O-T-S-Y. Provoque l'hystérie, tout un programme… ensuite ? »
Ben sauta sur ses pieds et vint se poster au plus près de son ex-compagne, pour tenter de saisir des bribes de la conversation. Aria ouvrit des yeux ronds.
« De la corne de dragon ? », s'écria-t-elle tout en notant néanmoins ce que lui dictait le Directeur de Poudlard. « Ils se prennent pour des Targaryens, ou quoi ?… Non, des Targaryens… ! » Elle leva les yeux au ciel. « Vous ne lisez pas Le Trône de F- ? … Non, laissez tomber. »
A l'autre bout du fil, Rogue parla un long moment et Aria continua de prendre des notes en fronçant les sourcils. Ben lut par-dessus son épaule.
Poudre d'alihotsy, provoque l'hystérie.
Corne de dragon Cornelongue, sortilège poussant au meurtre ?
Mucus de Véracrasse (colorant vert).
Aria vit que Ben lisait ses notes et reprit son stylo pour griffonner un message à son attention, tandis que Rogue parlait toujours dans le combiné.
Corne de dragon vendue dans un seul magasin en Angleterre : apothicaire du chemin de Traverse !
Elle souligna ensuite trois fois le mot « apothicaire » pour bien lui faire comprendre qu'ils devaient commencer leurs recherches par là. Silencieusement, Ben hocha la tête pour montrer qu'il avait compris.
« Merci beaucoup, votre aide nous a été précieuse », fit Aria en posant son stylo. Après les politesses d'usage, elle raccrocha, un sourire illuminant son visage. Triomphante, elle souleva sa feuille de notes et l'agita sous le nez de Ben. « Regarde ça ! Non seulement j'ai les ingrédients manquants, mais j'ai également une adresse et un éventuel témoin à visiter, si c'est pas de l'efficacité signé Stone… », s'esclaffa-t-elle, tandis que Ben lui rendait son sourire, quelque peu rasséréné par ces bonnes nouvelles. « J'irai rendre une petite visite à cet apothicaire dans la semaine, je suis sûre qu'il aura plein de choses à nous raconter. »
« Je viendrai avec toi », déclara Benjamin, vite interrompu par un « tt-tt-tt » négatif de la jeune avocate.
« Pas question, tu as été dessaisi », lui rappela-t-elle tandis qu'il grognait de dépit. « On ne peut pas courir le risque de te faire remarquer. Mais tu pourras toujours conduire la voiture ? », proposa-t-elle en guise de consolation.
« Génial, j'adore jouer les taxis… », maugréa le flic en croisant les bras d'un air buté.
Aria pinça les lèvres. Il avait l'air d'un gamin à qui on vient de confisquer son jouet préféré. Absolument craquant. Avec un sourire réconfortant, elle s'approcha de lui et saisit le col de chemise de l'inspecteur entre ses doigts pour le rajuster. « Ecoute, pour l'instant, il vaut mieux que tu joues profil bas… Tel que je connais Ogden, il ne te lâchera pas si tu fais le moindre faux pas. Laisse-moi gérer ça. Pour le moment. »
Leurs regards se croisèrent et une tension inconfortable s'installa entre eux. Le sourire d'Aria retomba légèrement et elle se racla la gorge avec nervosité, tout en lâchant le col de Ben. « Bon, je… je ferais mieux d'y aller. » Tournant les talons, elle se penchait pour ramasser son sac à mains lorsque le bras ferme de Ben la retint et la fit pivoter de nouveau vers lui. D'un geste impérieux, il la serra brusquement contre son torse et l'embrassa avec fougue. Après une ou deux secondes de surprise, Aria ferma les yeux et se laissa emporter dans son étreinte. Les baisers de Ben étaient aussi sensuels et puissants que dans ses souvenirs. Plus, même. Elle entreprit donc d'y répondre avec une égale ferveur et bientôt, ce fut comme si les deux dernières années de séparation n'avaient jamais eu lieu. Leurs lèvres brûlantes luttaient l'une contre l'autre, démontrant avec passion tout ce qu'ils n'avaient pas su se dire au cours de ces longs mois sans contact. Après de longues minutes, Ben consentit enfin à détacher sa bouche de celle d'Aria et plaqua son front contre le sien.
« Reste », souffla-t-il tandis qu'elle rouvrait les yeux et lui jetait un regard à la fois désemparé et plein d'espoir.
« D'accord », répondit-elle sur le même ton tout en esquissant un sourire gêné. L'instant d'après, Ben reprenait possession de ses lèvres.
~o~
Le Ministre de la Magie Tibélius Ogden avait un mauvais pressentiment. Sacrément mauvais, même. Ça l'avait pris aux tripes le jour où le jeune Nott (plus si jeune que ça du haut de ses 28 ans presque révolus) avait remis les pieds en Angleterre. Ça avait continué lorsque celui-ci avait prétexté vouloir à tout prix que son fils Elias soit scolarisé à Poudlard, une excuse que Tibélius avait eu autant de mal à avaler qu'un nid de serpents. Cela faisait plus d'une décennie qu'il connaissait le jeune homme et bien que celui-ci soit passé maître dans l'art de dissimuler ses pensées, le Ministre avait immédiatement su qu'il lui mentait. Il n'était pas revenu pour des raisons de scolarité. Le motif de son retour était bien plus profond que ça, il le sentait. Mais Théodore avait refusé d'en parler.
Si c'est encore pour essayer de s'approprier cette espèce de petite gourde de Granger, je vais devoir prendre des mesures et la faire disparaître…, pensa le Ministre en signant mécaniquement une liasse de paperasse envoyée par sa secrétaire. Cette fille est son point faible. Il se met à déconner dès qu'elle est dans les parages. Et je ne le laisserai pas refaire les mêmes erreurs qu'il y a onze ans.
Reposant sa plume sur son bureau, il tria les papiers et les posa dans un coin avant de tirer une autre pile de paperasse. Bon Sang, je n'ai jamais compris son obsession pour cette fille. Comment peut-on être prêt à tout perdre pour une femelle aussi insignifiante ? A croire, qu'il serait capable de sentiments finalement… Ogden secoua la tête. Ridicule.
Trois coups assenés à la porte de son bureau du Ministère lui firent lever le nez et froncer les sourcils. « Oui ? », cria-t-il à travers le panneau de bois. Celui-ci s'ouvrit et sa secrétaire fit quelques pas à l'intérieur.
« Monsieur le Ministre, votre chargé de la sécurité vous demande au Département des Mystères, salle 3F », récita la secrétaire en croisant les mains derrière le dos.
« Qu'est-ce qu'il me veut encore, celui-là… », marmonna Tibélius, plus pour lui-même que pour elle. Mais elle lui répondit néanmoins.
« Apparemment, un employé de Gordon Laboratories voudrait porter plainte contre son P-DG… », ajouta-t-elle avec une moue désapprobatrice.
Qu'est-ce que je disais ?, ironisa intérieurement Ogden. Des conneries, toujours des conneries…
Poussant un soupir agacé, il réunit les papiers déjà signés et se leva de son bureau. Il tendit la liasse à la secrétaire et quitta les lieux pour rejoindre la salle 3F du Département des Mystères. Trois de ses agents, ainsi que son chargé de la sécurité, entouraient un homme en costume bon marché, une expression qu'il voulait féroce plaquée sur ses traits. Mais son allure frêle d'employé de bureau ne parvenait au mieux qu'à lui donner un air de yorkshire grognon. Au mieux.
« Que puis-je bien faire pour vous, Monsieur… ? », demanda Ogden en tendant la main au nouveau-venu. Celui-ci, malgré ses airs bravaches, n'en menait pas large et ne cessait de jeter des regards anxieux en direction des quatre armoires à glace qui formaient la garde personnelle du Ministre de la Magie.
« Fischer. James Fischer », se présenta-t-il. « Infor- euh ex-informaticien chez Gordon Laboratories », corrigea Fischer avec une expression contrariée. « Monsieur Nott m'a congédié il y a deux jours. »
« Vous m'en voyez désolé, mais en quoi cela me concerne-t-il ? », reprit Ogden en haussant un sourcil dédaigneux.
Fischer pinça les lèvres et sembla vexé par la remarque. « Je sais que Gordon Labs appartient à votre groupe, au même titre que Magicboards, Inc. et de nombreuses autres firmes implantées en Angleterre et à l'international… », récita Fischer, comme pour montrer qu'il avait bien appris sa leçon. « Vous êtes en quelque sorte son supérieur hiérarchique. Je trouve donc normal que vous sachiez comment votre subordonné traite ses employés. »
Ogden ferma brièvement les yeux. « Monsieur Nott vous aurait-il offensé d'une quelconque manière que ce soit ? », demanda-t-il, conscient de déjà connaître la réponse. Qui ne se fit pas attendre.
« Offensé ? », s'exclama l'informaticien, outré. « Si ce n'était que ça ! Il m'a effrayé, menacé de mort, puis démis de mes fonctions sans passer par la procédure officielle. J'ai été proprement mis dehors sans même un seul préavis de licenciement ! C'est illégal et je suis bien décidé à engager des poursuites ! »
Le Ministre réfléchit quelques secondes et considéra avec amusement l'homme qui s'énervait tout seul en face de lui. « Je vois, c'est vous le babouin qui avez omis de signaler une recrudescence des décès chez les enfants modifiés ? »
La bouche de Fischer s'ouvrit en un « o » parfait et il sembla scandalisé. Il se plaint d'avoir été maltraité par mon protégé ? Eh bien, il va bientôt découvrir où Théodore a appris tout ce qu'il sait…
« Figurez-vous que Théodore m'a en effet parlé de vous mon cher Filch… », railla Ogden en le dévisageant, les yeux plissés.
« Fischer », corrigea l'autre avec véhémence.
« Peu importe… », tiqua le Ministre en levant les yeux au ciel. « Vous avez commis une faute grave et croyez-le ou non mais j'aurais très certainement réagi de la même manière que votre patron si j'avais été à sa place. » Ogden esquissa un sourire et fourra les mains dans ses poches. « Malheureusement pour vous, ma place est ici… en face de vous… aujourd'hui. »
Fischer fronça les sourcils. Les choses ne devraient absolument pas se passer ainsi. Le comportement de Nott avait été intolérable et normalement, la logique voudrait qu'il soit puni par la loi, au minimum à verser des dommages et intérêts. Mais quelque chose lui disait qu'Ogden ne semblait pas décidé à recadrer son subordonné…
« Maintenant, écoutez-moi bien », reprit Ogden en se rapprochant dangereusement de Fischer. « Vous n'allez pas porter plainte. »
« Mais bien sûr que si ! », protesta l'informaticien en se redressant pour paraître plus imposant. Echec.
« Non… », rétorqua Ogden en secouant lentement la tête. « Vous allez vous contenter de la fermer, d'oublier toute cette histoire et d'aller pointer à l'agence pour l'emploi dès demain matin, comme le gentil petit prolétaire docile que vous êtes. Et vous me remercierez d'avoir été aussi clément. »
« Vous délirez ! », s'écria Fischer en reculant d'un pas. « J'exige de récupérer mon poste ! Ou au moins toucher des dommages et intérêts pour le préjudice commis par votre Théodore Nott. Et je ne parle même pas des menaces et de l'agression physique dont j'ai été victime ! L'histoire ne s'arrêtera pas là ! »
« Dernière chance pour vous de quitter ce bureau la tête haute, Fischer », gronda Ogden tandis que les quatre gorilles encerclaient lentement l'informaticien à la manière de requins autour d'un phoque esseulé.
« Je ne cèderai pas et si vos services refusent d'accéder à ma requête, j'irai voir la police de Londres ! Non, Scotland Yard, s'il le faut ! », menaça Fischer en pointant son index sous le nez d'Ogden.
Le Ministre soupira. « Vous l'aurez voulu. » Il cligna des paupières à l'attention de son chargé de la sécurité et hocha la tête presque imperceptiblement. Avant que Fischer ait eu le temps de réaliser ce qu'il se passait, le mastodonte avait assené un grand coup de poing derrière sa nuque et il tombait au sol, inconscient. Un deuxième agent sortit un sac en toile noire de sa poche et en recouvrit la tête du malheureux.
« Qu'est-ce qu'on en fait, Monsieur le Ministre ? Azkaban ? », proposa l'agent en faisant léviter le corps inerte de Fischer d'un coup de baguette.
Ogden secoua la tête. « Non, Azkaban est devenu bien trop gentillet depuis que Stone et les foutus Droits de l'Homme y ont fait imposer leurs lois stupides… », marmonna-t-il dans sa barbe. « Faites-le disparaître. »
« Bien, Monsieur », fit l'agent avec un sourire ravi. Le Ministre les regarda s'éloigner, le corps masqué flottant à côté d'eux, puis disparaître dans les tréfonds du Département des Mystères. Soupirant avec agacement, il consulta sa montre. Et voilà, encore une journée d'achevée où on n'avait cessé de lui faire perdre son temps. Et dire qu'il avait encore des montagnes de papelards à ratifier…
D'un pas rapide, il reprit le chemin de l'ascenseur, grommelant dans sa barbe au sujet des imbéciles incapables de gérer seuls un simple employé mécontent. A croire qu'il était le seul type efficace dans ce fichu Ministère…
~o~
(Fever Ray – The Wolf)
Les talons claquant sur l'asphalte, la jeune femme resserra sa cape autour d'elle et ajusta de nouveau son capuchon sur ses cheveux. D'un pas rapide, elle remonta Old Brompton Road plongée dans l'obscurité. C'était une nuit sans lune, une nuit sombre, idéale pour ceux dont les intentions n'avaient rien d'orthodoxe. Un sourire s'étira sur ses lèvres lorsque le portail entra dans son champ de vision. Inconsciemment, la jeune femme accéléra le pas, rabattant une énième fois ses longs cheveux noirs sous sa capuche. Lorsqu'elle s'arrêta devant le H, elle le caressa de ses doigts comme une mère frôlerait la joue de son enfant. Avec amour. Amour et respect.
Après s'être assurée qu'elle était seule, elle sortit sa baguette de sa manche et en posa l'extrémité contre la barre centrale du H.
« Semitam Revelio », murmura-t-elle tandis que de la lettre noire s'échappait soudain une lueur vive et brillante, semblable à celle de mille lunes. Semitam revelio. Montre-moi le chemin…
Quelques secondes plus tard, Old Brompton Road était de nouveau plongée dans le noir. Et la jeune femme avait disparu.
Dans l'entrepôt où se terrait Rodolphus Lestrange, le grand H plaqué au mur s'illumina pour la quarantième fois de la soirée au moins. Toutes les têtes se tournèrent dans sa direction, attendant de découvrir celui ou celle qui apparaîtrait par le portail. En vérité, tous savaient plus ou moins qui allait surgir dans la lumière aveuglante, puisque comme d'habitude elle arrivait la dernière avec systématiquement douze minutes de retard. Pas onze. Pas treize. Mais douze. Pourquoi ? Personne n'aurait su le dire. Mais bien mal leur en aurait pris de faire la moindre réflexion à Lestrange à ce sujet. Personne ne critiquait Pansy Parkinson en présence de leur leader. Elle avait toujours été sa préférée. La prunelle de ses yeux.
La lumière émise par le H disparut d'un seul coup, laissant apparaître une silhouette sombre et masquée. Une main fine vint rabattre le capuchon et le visage ravageur de la descendante des Parkinson se présenta aux yeux de tous. Consciente que tous les regards convergeaient sur elle, la jeune femme rejeta avec élégance sa crinière noire dans son dos et s'avança en direction de son dirigeant, qui tendait déjà les bras dans sa direction.
« Pansy, ma Pansy ! », s'écria Rodolphus en prenant le visage de la jeune femme entre ses mains. « Te voilà enfin. Tes entrées sont toujours fracassantes mais ça je suis sûr que tu le sais déjà… »
Parkinson le gratifia d'un sourire entendu. « Une entrée à la hauteur de mon hôte », répondit-elle tandis que dans la foule des autres visiteurs, quelques-uns levaient les yeux au ciel ou se poussaient du coude. Mais discrètement. Gare à eux s'ils se faisaient prendre.
« J'espère que tu as de bonnes nouvelles à m'apporter », acheva Rodolphus en tapotant énergiquement les joues de la jeune femme. Puis il se détourna et vint se poster sur une petite estrade, afin que tous puissent bien le voir et l'entendre. « Mes amis ! », les apostropha-t-il pour attirer leur attention, une précaution inutile puisque tous les regards étaient déjà rivés sur lui. « Mes frères... Maintenant que nous sommes tous réunis, cette assemblée peut enfin commencer. Marcus, où en est la surveillance de notre ami Malfoy ? »
La foule s'écarta quelque peu pour permettre à Marcus Flint de s'avancer. « Tout se passe bien », assura Flint en dévoilant sa dentition inégale. « Les Malfoys sont tellement occupés à se regarder le nombril qu'ils ne nous ont même pas remarqués. Lucius est une loque, mais ça vous le savez déjà… »
Quelques rires narquois s'élevèrent et Rodolphus lui-même se fendit d'un rictus moqueur.
« Oui, cela fait une décennie que ce fait est établi », fit-il remarquer tandis que les rires redoublaient. « Mais même si cela semble difficile à croire, sa présence parmi nous serait très utile, de par ses fréquentations notamment… »
« C'est pourquoi je suis ravi de vous annoncer qu'il est sur une pente très alcoolisée », reprit Marcus avec un air suffisant. « Encore quelques jours à se lamenter dans l'éthanol et il sera aussi influençable et malléable qu'un enfant de deux ans. Nous pourrons bientôt tenter une approche. »
« Parfait… », fit Rodolphus ravi tandis que quelques applaudissements s'élevaient dans le groupe. « Autre chose au sujet des Malfoys ? »
Flint hocha la tête. « Narcissa Malfoy a trouvé un appartement moldu pour sa sœur… votre femme », ajouta-t-il. Rodolphus fronça les sourcils et hocha la tête pour l'inciter à continuer. « Celle-ci n'a toujours pas pratiqué une once de magie depuis sa libération et son caractère a quelque peu changé. La vie dans un environnement moldu fait partie des conditions de sa liberté conditionnelle donc jusque-là rien d'anormal. Toutefois… l'appartement en question compte deux chambres », indiqua Marcus en formant un V avec son index et son majeur. « Je commence à croire que Madame Malfoy veut quitter le nid. Rien d'étonnant, à sa place je serais également vexée de me savoir cocufiée par une Moldue… »
Nouveaux rires. Manifestement, les déboires et le déshonneur de Lucius Malfoy étaient un sujet humoristique qui faisait mouche à chaque fois. Rodolphus secoua la tête, avec une moue désapprobatrice. Lucius était décidément tombé bien bas. Mais l'information rapportée par Flint était un miracle envoyé par les dieux. Sans sa femme, Lucius serait complètement isolé. L'enrôler allait devenir un jeu d'enfants.
« Selwyn, comment s'est passée l'arrivée de nos jeunes confrères à Poudlard ? », demanda ensuite Rodolphus alors que Marcus reculait et que le dénommé Selwyn avançait vers l'estrade.
« Admirablement bien », répondit l'homme d'une soixantaine d'années avec un sourire satisfait. « Ils attendent nos ordres pour commencer à repérer ceux qui seraient susceptibles de vouloir nous rejoindre. Et ceux qui seraient susceptibles d'être des Infâmies parmi les premières années. »
Lestrange approuva d'un hochement de tête. « Est-ce vrai que le fils de ce traître de Nott vient d'y entamer sa scolarité ? », demanda-t-il en haussant un sourcil.
Selwyn opina du chef. « C'est vrai », répondit-il tandis que Rodolphus faisait claquer sa langue contre son palais avec un air désapprobateur. « Notre jeune frère Samuel Parker, Préfet de Gryffondor, m'a averti que l'enfant avait rejoint sa maison lors de la répartition. »
« Qu'il le surveille de près », gronda Rodolphus. « Je veux être celui qui tranchera la gorge de ce gosse, lorsque le moment sera venu. Je ferai payer à son père d'avoir trahi notre Maître regretté. »
« Notre Maître regretté ! », scandèrent tous les visiteurs en posant leurs mains droites sur leurs poitrines en parfaite synchronisation.
Selwyn recula de nouveau à sa place et Rodolphus se tourna alors, tout sourire, vers sa chère et douce Pansy Parkinson. « Pansy, ma Pansy ! », s'écria-t-il sur un ton théâtral. Il s'adressait toujours à elle ainsi et l'interpellée ne pouvait s'empêcher de sourire largement. « Et de ton côté ? Du nouveau ? »
La tête droite et le menton relevé, Pansy s'avança jusqu'aux pieds de Rodolphus et sourit légèrement, tout en plissant les yeux. Pansy Parkinson avait gagné à vieillir. Son expression mutine qui lui avait donné pendant toute son adolescence l'air d'une fille superficielle et un peu tarte s'était changée en un masque calculateur et séducteur, dont elle appuyait les traits d'une couleur rouge sang sur les lèvres et de noir autour des yeux. A bientôt 29 ans, la fille unique d'Elegius et de Perpetua Parkinson, avait tout d'une femme fatale. Au sens propre et au sens figuré.
« L'avocate a reçu un appel du traître Severus Rogue », dit-elle en perdant quelque peu le sourire. « Ils ont trouvé les ingrédients qui composent notre drogue et Rogue lui a même dit où se trouvait notre fournisseur de corne de dragon. Elle compte s'y rendre dans la semaine, mais n'a pas précisé quand. Doit-on s'occuper de l'apothicaire pour éviter qu'il parle ? », demanda-t-elle avec froideur.
Rodolphus fronça les sourcils et se frotta le menton machinalement. Puis sa main retomba mollement et lentement, un sourire se forma sur ses lèvres. « Continuez de l'espionner pour savoir quand elle ira visiter notre cher collègue du chemin de Traverse… », marmonna-t-il en plissant les yeux. « Nous ferons alors d'une pierre deux coups… »
Les lèvres de Pansy s'étirèrent de nouveau, à l'instar de celles d'un bon nombre de partisans. « Avec plaisir, Monsieur… », répondit-elle en s'inclinant légèrement.
Une clameur lancée par un partisan au fond de la salle s'éleva alors dans le hangar. Leur cri de ralliement. Une référence à leur lutte d'antan, à Leur Maître Regretté. Une phrase, simple et courte, mais dont le phrasé légèrement modifié rappelait à tous qui ils étaient. Ce qu'ils faisaient là.
« Ennemis des Héritiers prenez garde ! »
Ils étaient ses enfants, son héritage. Quoi qu'ils fassent, où qu'ils aillent, ils resteraient les disciples fervents de Voldemort et de son combat contre une magie souillée, autrefois par les Sangs-de-Bourbe, et aujourd'hui par la Science. Pansy releva la tête vers Rodolphus et portant son poing droit contre son cœur, scanda en même temps que tous les autres.
« ENNEMIS DES HÉRITIERS, PRENEZ GARDE ! »
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ALORS ? Qu'est-ce que ça vous fait de savoir enfin ce que veut dire le H ? Surpris ? Pas surpris ? Je voulais absolument faire un parallèle avec le tome 2 d'HP, puisqu'il s'agit d'une nouvelle génération de méchants (dirigée par ceux qui étaient autrefois eux-mêmes disciples). Cette notion d'héritage était assez importante pour moi, donc j'espère que vous avez trouvé ça cohérent et surprenant à la fois !
J'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé de ce chapitre ! Je m'excuse encore mille fois de cette loooongue interruption, mais la nouvelle année est enfin là et la vie va pouvoir reprendre son cours normal.
A lundi prochain et gros bisous à vous tous !
Xérès
