Ennemi(s) Intime(s)

Les blas-blas de Xérès : Hello les petits, voici un nouveau chapitre de cette fiction ! Par contre je ne garantis pas de pouvoir publier lundi prochain, car je me noie dans le boulot… donc si vous ne voyez rien arriver lundi, patience : la suite sera dans 15 jours. Et sinon je dédicace ce chapitre à Naoem (elle saura pourquoi, huhu). Bonne lecture à tous !

Merci à tous mes nouveaux followers (AlexaneVS, Allen-Blue, meladrei, Judee D., shivamoon, Mia1912), à MissDraymione, Temi-Chou, Acide'nette, Naoem, PouleauPotter, louPsvelvet, Wizzette, Marion, PlumeDeSerpent, Lyly Ford, DreamLoveRead, Gouline971, laloudu77, TiteTyLee, Jujupititetortue, Babar, luli123, aussidagility, faerycyn, Zezely, Voldynouchette, Judee D., Erza Robin, Loulou, Lydie, cycy, Eliane Gil, Mikasa, Passion Fugace, Mrs Lyly Black pour les reviews et à tous ceux qui m'ont contactée sur Facebook !

RAR :

Naoem : alors tu sais quoi, une fois n'est pas coutume mais j'ai décidé de faire du fan service et de céder à ta demande de « moment-tu-vois-de-quel-genre-je-parle » entre Lulu et Aria. Parce que déjà j'ai trouvé que c'était une super idée et en plus qu'elle ne bouleverserait pas trop ma trame étant donné ce que j'avais prévu à la base. Donc oui, tu vas avoir ton « flash-back ». J'hésite à savoir quel nom donner à ce pairing Lucius/Aria : Arius ou Luria ? XD ça fait un peu nom de constellation. Ou de Pokémon. Bref, enjoy, c'est dans ce chapitre que ça se passe. Merci pour ta review !

Marion : à la fin de Rise, Théo disait au revoir à distance à Hermione et brisait volontairement le lien entre eux, mais tout laissait croire qu'il pouvait donc le « réactiver » s'il le voulait. Pour l'instant ce n'est pas le cas mais ça reste une possibilité. Je ne peux pas te dire pourquoi il ne recommence pas sinon je gâcherais le suspense ^^ Mais tu auras des explications à ce sujet plus tard, puisque cela fait partie des intrigues principales. Gros bisous et merci pour ta review !

DreamLoveRead : huhu j'aime quand les gens me disent que j'illumine leurs lundis car c'est précisément la raison pour laquelle je poste ce jour-là ! ^^ Si ça peut te rassurer, je ne suis pas une adepte des histoires de couches et de maternité donc même si on en parle maintenant, il n'y aura aucun débordement de mièvrerie sur les bébés car l'intrigue n'est pas là. Cette fic est avant tout une enquête, un polar, et ce genre de détails n'est abordé que pour donner de la profondeur à l'histoire et suivre une logique réaliste pour les personnages :) Merci beaucoup pour cette première review et pour tous ces compliments ! Bonne lecture !

Jujupititetortue : ahah cette annonce de potentielle grossesse t'as mise dans tous tes états ! mdr. Théo reviendra dans le prochain chapitre. Pour ce qui est de la relation Lucius/Aria, je ne compte pas les faire finir ensemble MAIS un passage de ce chapitre devrait me faire pardonner si tu aimes bien ce couple, huhuhu. Bonne lectuuuuure et merci pour ta review. (PS : quand tu me demandes de faire virer Narcissa lesbienne, tu veux dire avec Bellatrix ? mdr noooooon !)

Aussidagility : Merci pour ta review ! C'est vrai qu'Hermione va commencer à vraiment se détacher de son passé à partir de maintenant. Ou du moins, elle va essayer ) Bonne lecture !

Loulou : Ne t'en fais pas pour le retard de review ! Tu n'es pas la seule à être débordée avec les exams et le reste, les études avant tout ! En effet tu vas avoir droit à la réaction d'Harry et à l'engueulade en direct (juste un peu plus bas, là maintenant tout de suite, hihi) Merci pour ta review et à bientôt !

Cycy : ahah mais pourquoi tout le monde est persuadé que ce sera FORCEMENT un garçon ? XD Merci pour ta review et gros bisous !

Mikasa (es tu casa) : pardon pour la blague mais j'ai envie de la faire depuis la première fois où tu m'as écrit une review. XD Merci pour ta review en tous cas et j'espère que ce nouveau chapitre va te plaire. Il ne s'y passe pas énormément de choses vu que j'ai dû couper en deux mais j'ai quand même trouvé le moyen d'y mettre un peu de suspense à la fin… :p Merci à toi et gros bisous !

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Chapitre 15 : Des Enfants et des Hommes

« C'était une mauvaise idée… Une très, très, très, très mauvaise idée ! », glapit Hermione en vérifiant pour la vingtième fois que son cheesecake à la vanille jaunissait légèrement dans le four sans brunir.

Draco, accoudé au comptoir de la cuisine, leva discrètement les yeux au ciel et esquissa un sourire narquois.

« Mais non, ton cheesecake est toujours délicieux… »

Hermione se retourna et le fusilla du regard. « Je ne parlais pas du cheesecake ! », aboya-t-elle.

Le blond haussa un sourcil innocent. « Ah bon ? », fit-il sur un ton faussement surpris. Bien évidemment qu'elle ne parlait pas de sa pâtisserie. Depuis qu'elle s'était réveillée ce matin, elle s'était mis en tête que l'idée d'inviter le fils de Nott n'était peut-être pas si bonne que ça. Et elle paniquait à mort.

« Je n'aurais jamais dû proposer cette journée à Elias, c'était stupide », maugréa-t-elle en reportant son attention sur le gâteau qui dorait dans le four.

« A quelle heure tu dois passer le chercher ? », demanda Draco en regardant sa montre.

« Onze heures », répondit Hermione sombrement.

« Oh tout va bien, tu n'as que vingt minutes de retard… », lâcha le blond en haussant les épaules.

Un « Quoi ?! » strident le fit grimacer, mais il retrouva le sourire en voyant Hermione se précipiter sur sa montre posée sur la table, constater qu'il n'était que dix heures quarante-cinq, fusiller son fiancé du regard et retourner à sa surveillance culinaire. Le blond étouffa un rire et baissa de nouveau les yeux sur son exemplaire de la Gazette du Sorcier, tout frais du matin. Les nouvelles n'étaient pas des plus réjouissantes. Personne ne semblait encore réellement savoir si Lucius était oui ou non impliqué dans cet attentat, mais ça n'empêchait pas les journalistes de le condamner sans vergogne. Mangemort un jour, Mangemort toujours, lisait-on dans la tribune d'un chroniqueur. Ils sont toujours parmi nous !, tablait l'article d'un autre, opposant notoire au gouvernement. Mais rien n'était plus accablant que le cliché volé qui s'étalait en première page. Tiré d'une vidéo enregistrée sur un portable, on y voyait Lucius Malfoy, le bras et la baguette en pleine extension, entouré de Mangemorts et de passants qui tentaient de riposter face aux nuées de maléfices jetés par les hommes masqués. En arrière-plan, la silhouette floue d'Aria Stone plaquée contre une devanture semblait observer la scène, tétanisée. Impossible de savoir ce que visait son père avec sa baguette. Cela aurait très bien pu être un Mangemort comme un innocent. Draco avait observé sans relâche l'image, cherchant le moindre indice prouvant qu'il n'avait rien à voir avec ses anciens collègues, qu'il les combattait… Frustré, il replia le journal et le jeta un peu plus loin sur le comptoir avec un air lugubre.

« Tu vas user le papier à force de le fusiller du regard », fit Hermione avec douceur. Elle avait cessé de scruter son cheesecake à travers la vitre du four et lui adressait à présent une expression peinée.

« J'essaye simplement de comprendre… », soupira Draco en secouant la tête. « Qu'est-ce qui a bien pu lui passer par la tête ? »

Hermione ne répondit pas et vint glisser ses bras autour du torse du blond. Celui-ci l'étreignit avec force, comme s'il ne voulait plus la laisser partir et posa son menton dans les cheveux broussailleux de la brune. « Tu devrais y aller, sinon tu vas finir par être en retard… », marmonna-t-il en humant la senteur fruitée du shampooing d'Hermione, toujours pressée contre lui.

« Oui mais le gâteau… »

« Je le sortirai du four », la coupa Draco, tandis qu'elle s'écartait pour lui jeter un regard dubitatif. « Quoi ? », demanda-t-il en voyant son expression peu convaincue.

« Tu le surveilleras ? », demanda-t-elle, les sourcils froncés.

« Comme le lait sur le feu », assura le blond en hochant la tête.

Hermione fit la moue. « Tu as dit ça aussi la dernière fois, mais ça n'a pas empêché Whisky de venir mettre son museau dedans avant que tu n'aies pu le mettre au frigo… »

« Cette fois-ci, je ne me laisserai pas avoir », grogna-t-il en se remémorant cet épisode malheureux.

Hermione esquissa un sourire et soupira. « Bon, comme tu voudras. Je reviens vite », souffla-t-elle en l'embrassant aux coins des lèvres. Quelques instants plus tard, la porte de la maison claquait et Hermione disparaissait. Draco soupira et se posta devant le four, regardant patiemment les dernières minutes s'écouler sur l'écran d'affichage. Quelques instants avant la sonnerie fatidique, un mouvement attira son attention. Là, près du sol, une petite boule de poils tentait vaillamment d'approcher de la cuisine sans se faire remarquer.

« Si tu crois que je ne te vois pas… », le prévint Draco tandis que le Chartier lui adressait un regard insolent. L'animal savait pertinemment qu'Hermione refusait qu'il mette les pattes dans la cuisine. Mais quand la lionne n'est pas là, les furets dansent. Le bip bip caractéristique de la minuterie retentit. La tête du blond et celle de son animal se tournèrent simultanément en direction du four, avant de revenir l'une vers l'autre. Whisky défia son maître du regard et Draco comprit aussitôt qu'il avait tout intérêt à prier pour qu'Hermione rentre très vite à la maison.

~o~

A plusieurs centaines de mètres de Pré-au-Lard, Hermione s'apprêtait à pénétrer dans le hall d'entrée de Poudlard où elle avait demandé à Elias de l'attendre. L'enfant était déjà là et trépignait visiblement d'impatience. Lorsqu'il la vit arriver, son visage s'éclaira et il courut à sa rencontre. Derrière lui, Hermione vit Rogue tourner les talons et repartir vaquer à ses occupations. Il a dû le surveiller jusqu'à ce que j'arrive afin de s'assurer qu'il ne parte pas tout seul à l'aventure… C'est tellement mignon !, railla intérieurement Hermione. Il n'y avait plus de doute possible depuis hier et la clémence dont il avait fait preuve envers les cinq jeunes indisciplinés : Rogue se ramollissait en vieillissant. Non pas qu'Hermione y trouve à se plaindre…

« Bonjour Maman ! » laissa échapper l'enfant d'une voix forte. Hermione jeta discrètement un regard alentours mais heureusement, les quelques élèves qui passaient ne leur accordèrent aucune attention. A l'exception d'un seul, mais ni Hermione ni Elias ne le remarquèrent.

« Bonjour », fit Hermione d'une voix légèrement étranglée. « Tu es prêt ? » Une question idiote : il était manifestement plus que prêt.

Elias hocha la tête, un large sourire fendant son visage de part en part. Ils sortirent du périmètre de protection du château, parlant de tout et de rien. Ou plutôt Elias racontait sa vie et Hermione se contentait d'émettre des sons quelconques entre ses dents. La panique la prenait à la gorge. Un peu de courage bon Dieu, se morigéna-t-elle. Tu t'es battue contre une armée de Mangemorts à dix-sept ans mais tu trembles devant un gamin à vingt-huit ? C'est d'une logique…

Une fois hors des limites de Poudlard, Hermione tendit le bras en direction d'Elias et se racla la gorge. « Tu as déjà transplané avec un adulte ? », demanda-t-elle, inquiète. Elle était bien décidée à rejoindre au plus vite le cocon réconfortant de sa propre maison, où elle se sentirait plus en confiance. C'est donc à son grand soulagement qu'Elias hocha la tête avec vigueur.

« Oui, tout le temps avec Papa », ajouta le garçonnet en souriant. « Il est toujours pressé, il n'aime pas perdre du temps à voyager en balai ou avec des moyens moldus. »

Etrangement, Hermione ne put s'empêcher d'esquisser un rictus narquois. L'impatience. Cela ressemblait tellement à Théodore. Si seulement cela avait été son unique défaut…

Sans attendre, la petite main d'Elias empoigna de toutes ses forces le bras d'Hermione et s'y cramponna comme si sa vie en dépendait. Dans un craquement sonore, ils se volatilisèrent… pour réapparaître quelques centaines de mètres plus loin devant la maison. Hermione prit une longue inspiration et fit signe à Elias de la suivre à l'intérieur. Elle poussa la porte et… tous deux se figèrent.

A quelques mètres devant eux, Draco se tenait penché sur un cheesecake encore fumant, deux longs couteaux de cuisine dans chaque main et le regard féroce. Hermione écarquilla les yeux, sidérée, tandis qu'Elias reculait d'un pas, persuadé qu'il serait débité en tranches fines s'il approchait de ce dingue aux cheveux blonds.

« Je… je peux savoir ce que tu fais, chéri ? », fit Hermione d'une voix aiguë et absolument pas naturelle.

« Chut ! », fit Draco en tendant l'oreille. « Je l'entends, il essaie de m'avoir. Mais je l'attends, moi, je l'attends. Il n'aura pas ce gâteau. »

Elias leva un regard un poil paniqué en direction d'Hermione et haussa les sourcils. Quand soudain… l'une des mains bardées de lames de Draco se tendit en direction du sol, juste derrière le frigo.

« Là ! », beugla-t-il en protégeant le cheesecake de l'autre bras. « Tu le vois ? Il me nargue ! Il tente de détourner mon attention ! »

Elias tourna la tête dans la direction indiquée mais ne vit absolument rien. Hermione, qui avait compris de quoi il retournait, se contenta de lever les yeux au ciel et tendit la main en direction de son compagnon.

« Elias, je te présente Draco, mon fiancé tout juste sorti de l'asile… », fit-elle sur le ton adéquat aux présentations officielles. « Elias-Draco, Draco-Elias… » Puis elle fronça les sourcils et fixa un point sur la chemise de Draco. Celle-ci était déchirée au niveau du coude et quelques gouttes de sang perlaient autour de l'accroc. « Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? »

« C'est Whisky ! », protesta Draco, sans cesser de guetter toute trace du rongeur à proximité de la précieuse pâtisserie. « Il est vieux, mais il a encore de sacrées canines si tu veux savoir. Saloperie, va… »

La brune éclata d'un petit rire nerveux. « Bon, il est temps de mettre fin à cette mascarade. Whisky, ici ! »

En une seconde, le Chartier déboula de sous le plan de travail et vint se présenter aux pieds d'Hermione, la queue basse et ses petites oreilles triangulaires rabattues en arrière. Elias poussa un cri émerveillé à la vue de l'animal, qu'Hermione souleva du sol pour l'enrouler autour de son cou.

« Pourquoi est-ce que toi, il ne te mord pas quand tu lui refuses du gâteau ? », protesta Draco en fusillant le Chartier du regard.

« Ah lala, c'est vraiment un gros vilain, ce papa… », chantonna Hermione, moqueuse, en grattant l'animal sous sa petite tête grise. « Mais papa a raison, le cheesecake c'est pour les humains. » Elle s'avança jusqu'à un tiroir de la cuisine, l'ouvrit et en sortit un petit gâteau sec et rond qu'elle fit renifler au Chartier. « Toi, tu as ça. » Le petit animal prit le sablé entre ses petits crocs et sauta aussitôt sur le sol pour aller déguster son trophée à distance de son maître et de ses couteaux.

Celui-ci fronça les sourcils. « Mais… ce ne sont pas les mêmes que tu files aux monstres de Ginny ? », marmonna-t-il en regardant le Chartier dévorer sa récompense.

Hermione esquissa un rictus éloquent mais ne dit rien. Draco se fendit d'un sourire. Décidément, il déteignait de plus en plus sur elle. Délaissant ses armes improvisées sur le comptoir, il s'avança (avec une certaine raideur) en direction d'Elias et lui tendit la main. « Salut », fit-il tandis que l'enfant la serrait avec circonspection. Il semblait toujours avoir un peu peur de lui, même s'il avait compris que les ustensiles tranchants ne lui étaient pas destinés. « Euh… eh bien… content de te rencontrer. Fais comme chez toi », ajouta-t-il en écartant les bras, mal à l'aise.

« Bonjour », fit Elias d'une voix monocorde. « Draco, c'est ton surnom ? »

« Euh non… c'est mon prénom », répondit le blond avec un rictus légèrement vexé.

« Ah », lâcha simplement Elias avec un regard moqueur. « C'est pas de chance. »

Mais il me cherche, ce sale gosse !, pensa Draco, quelque peu mécontent. « Parce que tu crois que ton prénom est mieux ? », se moqua le blond, s'attirant un regard réprobateur d'Hermione.

« Oui, carrément mieux même », rétorqua le garçonnet en se détournant pour revenir vers Hermione. « Bon, je l'ai vu, on peut aller visiter Pré-au-Lard, maintenant ? »

La jeune femme mit quelques secondes à réagir. D'un côté la vue d'un si petit gamin rabattre le caquet de Draco était à mourir de rire et de l'autre elle ne voulait pas que ça se passe ainsi. Les yeux du blond n'étaient plus que deux infimes fentes qui semblaient vouloir prêtes à désintégrer l'enfant sur place. « On se calme tous les deux », fit Hermione, apaisante. « J'ai invité un seul enfant à la maison, pas deux. Compris, Draco ? », railla-t-elle à l'attention de son fiancé qui sembla scandalisé d'être celui à qui on faisait les reproches. Elias tourna la tête et adressa un petit regard moqueur à son rival.

Oh le sale petit…., fulmina Draco en son for intérieur. Mais il n'eut jamais le temps d'aller au bout de sa pensée. La sonnette de l'entrée retentit par petits coups frénétiques et insistants, et Hermione poussa un soupir de lassitude.

« Si c'est encore un de ces fichus gratte-papier… », marmonna-t-elle en allant ouvrir la porte. Mais ce n'étaient pas les journalistes. Pourtant après réflexion, Hermione aurait préféré. Deux minuscules tornades s'engouffrèrent dans la maison en hurlant, faisant aussitôt fuir Whisky à l'étage, qui abandonna les restes de sablé sur le tapis du salon. Puis ce fut au tour de la silhouette massive et furieuse du Survivant de faire son apparition.

« DRACO LUCIUS ENFOIRÉ DE MALFOY ! », beugla Harry en se ruant vers le blond sans même prendre le temps de dire bonjour à Hermione. Il fut aussitôt suivi d'une Ginny aux traits fatigués mais tout aussi furieuse, qui tenait dans les bras une Lily Luna somnolente. « TOI ET MOI, ON A DES COMPTES A RÉGLER », reprit le brun sans baisser le ton. Dans la cuisine, le sourire narquois caractéristique du blond reprit sa place sur ses lèvres pâles.

« Potter ! Dans mes bras, vieux frère ! », l'accueillit-il en écartant les bras. « Alors, comment s'est passée ta soirée ? Bien dormi ? »

« Ne me touche pas, traître », gronda le Survivant en se plantant devant lui pour le fusiller du regard. Si près que Draco se sentit presque loucher. « Donner notre adresse à ces tarés de journalistes. Tu as fait beaucoup de choses ignobles dans ta vie, Malfoy, mais ça… c'est impardonnable. »

Le sourire ravi de Draco s'agrandit instantanément tandis qu'il faisait tout son possible pour ne pas éclater de rire sous le nez d'Harry.

« S'il n'y avait eu que les journalistes ! », tempêta Ginny en lui adressant un regard meurtrier. « Mais une fois la nouvelle répandue et les scribouillards repartis, figure-toi qu'une deuxième vague de dingues est arrivée ! »

« Vraiment ? », l'interrogea Draco, visiblement aux anges. « Lesquels ? »

« Les fans ! », gronda Harry, qui était toujours aussi proche du blond. « Des fans par dizaines. Demandant des autographes, lançant des vifs d'Or sous mes fenêtres et chantant l'hymne des Pies de Montrose jusqu'à six heures du matin. » D'un geste vif, il saisit le bas de la mâchoire de Draco et serra tout en la secouant de gauche à droite. « Six heures du matin, Malfoy. Avec trois enfants qui n'ont pas cessé de chanter et/ou hurler avec les supporters. Je te jure que tu ne l'emporteras pas au paradis. »

« Peut-être mais je ne regrette absolument rien », s'esclaffa Draco tout en se dégageant pour masser sa mâchoire endolorie.

« Misérable serpent », gronda une dernière fois Harry avant de se détourner pour enfin dire bonjour à Hermione, qu'il embrassa sur la joue. « Toi au moins, tu es adorable et parfaite comme toujours. »

La brune éclatait d'un rire nerveux lorsque la petite voix fluette de James Sirius, quatre ans, s'éleva dans le silence tout relatif.

« Comment tu t'appelles ? », demanda le petit, que son frère rejoignit aussitôt pour découvrir lui aussi leur nouveau camarade de jeu potentiel.

« Elias », répondit, le garçonnet avec un sourire timide. « Et vous ? »

Du côté des adultes, les têtes de Ginny et d'Harry se tournèrent aussi sec dans la direction des voix et Hermione vit la mâchoire de la rousse tomber si bas sur sa poitrine qu'elle eut un instant peur de la voir se décrocher. Harry reporta son attention sur Hermione et la dévisagea avec de grands yeux. Celle-ci lui fit un petit sourire d'excuse et agita les doigts en direction de son propre visage : « Regarde, regarde, je suis parfaite, tu te souviens ? Comme toujours. Tu viens de le dire. »

Les quatre adultes regardèrent les trois garçons faire connaissance, comme pétrifiés, jusqu'à ce que James sorte une boule de tissu blanc de son sac de jouets et la mette sous le nez d'Elias.

« Tu veux jouer avec nous ? », demanda-t-il tandis qu'Elias baissait les yeux sur le tissu.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Un fantôôôme ! », répondit Albus en sautant sur place, les bras levés.

Elias esquissa un sourire. « Il n'est pas très effrayant… », fit-il en observant la boule froissée.

« C'est parce que maman a pas fait la magie avec », fit James, comme si c'était évident. Il se tourna vers sa mère qui dévisageait toujours Elias, interdite, et leva la boule vers elle. « Maman, tu fais voler le fantôme ? »

Sans quitter Elias des yeux, Ginny sortit sa baguette de sa poche et ensorcela le drap qui se déploya dans les airs, révélant deux yeux et une immense bouche noire qui poussa un « houuuuu » long et sinistre. Albus et James se mirent à crier de joie et partirent en direction du jardin, prêts à fuir devant l'effrayant spectre. Elias éclata de rire en voyant le drap les suivre, puis se tourna vers Hermione, interrogateur. Harry, lui aussi, la regarda avec la même expression et la jeune professeur pinça les lèvres avant de se diriger vers Elias.

« C'est bon, va t'amuser avec eux », dit-elle doucement avec un sourire. « Mais tu es le plus grand, alors… »

« Je ferai attention à eux », lui assura Elias en hochant la tête, soudain sérieux.

Le sourire d'Hermione s'agrandit. Ce gosse pouvait vraiment être adorable quand il n'essayait pas de faire enrager le blond. « On mangera dans un heure, d'accord ? Tous ensemble… ? »

Le jeune garçon sourit, opina de nouveau du chef et courut à la suite des deux petits Potter dans le jardin. Hermione se retourna lentement en direction cette fois des deux Potter grand modèle, qui la fixaient sans rien dire.

« C'était son idée… », marmonna Draco en désignant Hermione du doigt. Pour une fois qu'on ne lui mettrait pas tout sur le dos…

~o~

Elle sent qu'on la transporte. Elle entend des cris, le mugissement strident d'une sirène d'ambulance. Des silhouettes floues se penchent sur elle. Puis de nouveau, elle est en mouvement, aveuglée par le scintillement éblouissant et régulier des néons qui passent au-dessus d'elle. Elle réalise vaguement qu'elle doit être couchée sur le dos. La surface sur laquelle elle est étendue grince légèrement en roulant. Les échos lointains d'une musique moderne résonnent dans son crâne. Elle connaît cet air.

De nouveau une lumière blanche éblouissante, mais fixe cette fois. Un ombre passe au-dessus de son visage. Puis une odeur d'éther et d'alcool pur envahit ses narines. Elle voudrait bouger, elle a quelque chose d'important à faire. Quelqu'un à sauver. Qui ? Elle ne sait pas. L'odeur se fait plus forte, mais elle s'accompagne cette fois d'une note métallique. Sang, viande froide. Elle sent qu'on enfonce une aiguille dans son bras. Dans ses oreilles, les basses vibrent de plus en plus fort. La musique devient nette mais pas assez pour qu'elle reconnaisse la mélodie. Pourtant elle la connaît, elle le sait. Elle le sent.

La kétamine se répand dans ses veines, engourdissant ses membres, ses sens, les brûlures qu'elle ressent sporadiquement dans tout son corps et elle se sent bien. Les ordres beuglés par les silhouettes qui se pressent tout autour d'elle s'atténuent eux aussi. Ça y est, elle peut se concentrer sur la musique. Elle ferme les yeux.

Elle les rouvre dans un sursaut. Quelqu'un vient de violemment la bousculer et elle distingue vaguement une excuse de l'importun dans le brouhaha. Elle n'est plus couchée sur le dos mais debout, et la lumière qui l'éblouissait un peu plus tôt a disparu. Le volume sonore est quant à lui à son maximum et elle grimace. Elle reconnaît la chanson. Un vieux tube des débuts de David Guetta hurle dans les énormes enceintes, repris en chœur par les centaines de jeunes qui se pressent autour d'elle, mains levées et sautant frénétiquement sur place. Love Don't Let Me Go. Ça fait une éternité qu'elle n'a pas entendu ce morceau. L'atmosphère de l'immense salle plongée dans une semi-obscurité est saturée de fumée de cigarette, de relents d'alcool et de sueur.

Aria baisse les yeux et porte une main à son ventre. Sa robe de jeune diplômée est tâchée de curaçao, ouverte et tombe sur l'une de ses épaules. En-dessous, elle distingue sa petite robe noire qu'elle a achetée spécialement pour l'occasion. Elle fronce les sourcils. Elle sait qu'elle ne devrait pas être là. Quelque chose ne colle pas. Mais l'instant d'après, elle sent le trop plein d'alcool ingurgité durant la soirée remonter le long de son tube digestif et le moment n'est plus vraiment aux questions existentielles.

Oh oh… Elle pince les lèvres, ferme les yeux et tente de contrôler tout son corps pour éviter de répandre le contenu de ses entrailles sur ses escarpins neufs.

« Bah alors, Stone, je croyais que tu tenais l'alcool ?! », fait une voix railleuse sur sa droite.

Aria tourne la tête et réussit à sourire malgré la lourdeur dans son estomac. « C'est le jus d'orange, c'est ça qui rend malade… », se défend-elle avant d'éclater d'un rire aigu. « Au fait, félicitations Maître Ethan Lloyd », ajoute-t-elle en tentant une courbette maladroite.

Son camarade de promotion la soulève par la taille et la fait tournoyer dans les airs, dangereusement près de la décoration et des spots accrochés au plafond de la discothèque. « Félicitations, Maître Stone. Puissiez-vous devenir la plus grande avocate que cette Terre ait jamais porté ! », lance-t-il pompeusement en la reposant à terre. Aria titube quelque peu mais sourit. « Je t'engagerai pour me défendre quand je voudrai divorcer de cette mégère… », ironise-t-il en désignant du doigt sa petite amie Marjory, à un mètre de là.

« Tu sais ce qu'elle te dit, la mégère ? », se moque l'interpellée avant de claquer une bise sur la joue d'Aria. « Félicitations, ma belle. Tu l'as mérité. On l'a tous mérité ce foutu diplôme ! », beugle Marjory en levant son verre de champagne en l'air.

Ethan s'empresse de fourrer une flûte identique dans la main d'Aria et ils trinquent en hurlant joyeusement. Quand soudain une autre amie d'Aria vient les rejoindre, avec une expression coquine. Tania est blonde, grande, mince et Estonienne. Elle boit autant qu'un marin russe mais n'a pourtant jamais la gueule de bois. Ni un kilo en trop. Aria n'aurait jamais pensé pouvoir adorer et jalouser autant une même personne. Tania la saisit par l'épaule et tend un doigt pas vraiment discret en direction des canapés qui bordent la piste de danse. « Riri, ton vieux pervers est lààà ! », glousse-t-elle tandis qu'Aria la fusille du regard.

« Arrête de l'appeler comme ça », hurle-t-elle par-dessus les basses.

« Oh pardon, c'est juste qu'il n'y a pas de mot pour le masculin de cougar ! Ne me tiens pas pour responsable de la pauvreté lexicale de ta langue natale », raille la jeune fille, tandis qu'Aria se dirige dans la direction indiquée. L'annonce de son amie l'a fait brusquement dégriser. Pour une raison qu'elle n'explique pas, elle ressent un besoin presque viscéral de voir Lucius en cet instant. Comme si elle craignait que ce soit la dernière fois. Elle accélère le pas, joue des coudes dans la marée d'étudiants sautant en rythme avec la musique. Elle a besoin de le voir, de le toucher. C'est idiot.

Par-dessus les sons électroniques, elle entend quelqu'un beugler et demander le chariot d'urgence. Mais elle s'en fout, elle avance. Elle veut voir Lucius. Elle doit voir Lucius.

Il est là. Debout devant la marée humaine qui se tortille, elle regarde sa silhouette nonchalamment assise dans un fauteuil design en cuir noir. Il tient entre ses doigts une flûte de champagne, tout en fixant avec mépris deux étudiants qui échangent goulûment leur salive sur le canapé voisin. Aria a envie de rire. C'est tellement lui, ça. Le type qui fait tâche, immobile au milieu de tout un monde en mouvement. Le seul qui a sempiternellement l'air de s'ennuyer parmi la foule en liesse. Il tourne la tête et leurs regards se croisent. Elle sourit toujours et elle a l'impression que son regard bleu-gris brille un peu plus depuis qu'il a posé les yeux sur elle. Elle avance de nouveau, résiste à l'envie de plonger dans ses bras jusqu'à la fin des temps.

« Tu es venu… », constate-t-elle en croisant les bras, debout devant lui.

Il laisse échapper un ricanement et boit une gorgée de champagne. Lorsqu'il la regarde de nouveau, un sourire narquois flotte sur ses lèvres. « J'ai vu, j'ai vaincu… », achève-t-il tandis qu'Aria éclate de rire. « Plus sérieusement, quel plaisir trouves-tu dans ce marasme de corps qui se frottent et échangent plus de fluides corporels qu'il n'en faudrait pour régler le problème de la soif dans le monde ? »

Aria rit de plus belle et se laisse tomber sur le fauteuil à côté du sien. « Ça s'appelle fêter dignement quatre longues années d'études de droit et se préparer psychologiquement aux trois dernières années de formation et de stages », explique-t-elle en secouant la tête, amusée. Elle a toujours adoré son air grognon, surtout quand il s'agissait de sujets leur rappelant leur différence d'âge.

« Je ne vois aucune dignité dans ce que font ces deux-là… », marmonna-t-il en désignant du doigt les deux étudiants qui copulaient presque sur le canapé.

Aria dissimule un sourire derrière sa coupe de champagne, avant de la vider d'un trait. Elle se penche pour la poser sur une petite table et se relève pour se planter devant Lucius, un sourcil haussé. « Tu dis ça parce que tu es jaloux… », murmure-t-elle avant de laisser glisser sa toge de diplômée le long de ses bras, jusqu'au sol. Cette fois, Lucius hausse un sourcil et sourit carrément. L'ex-étudiante pose un genou de chaque côté des jambes du blond sur le fauteuil puis s'assied à cheval sur ses cuisses. Le regard avide qu'il lui lance la fait frémir. Elle aime lorsqu'il la regarde. Depuis toujours. Depuis qu'elle a découvert ces deux prunelles bleu électrique dans les tréfonds d'Azkaban. Mais c'est encore mieux lorsqu'il la regarde comme ça.

Elle sent les mains de Lucius caresser sa taille, ses hanches, puis la saisir sans ménagement pour la rapprocher de lui. Les doigts d'Aria viennent se glisser dans les longs cheveux blonds et leurs lèvres se mêlent, brutalement, sensuellement. La musique techno fait vibrer le sol et le fauteuil en-dessous d'eux mais aucun n'y prête plus attention. Le bruit, les fêtards, tout a disparu. Plus rien d'autre n'existe que les mains et les lèvres de Lucius sur elle. Elle presse un peu plus son bassin contre lui. Si elle le pouvait, elle se grefferait toute entière à son corps, l'emprisonnerait tel le gui étouffant l'arbre qu'il envahit.

« Dégagez ! », beugle un type juste à côté de son oreille. Aria sursaute et se retourne vivement. Pourtant rien n'a changé. Les deux animaux en rut se dévorent toujours mutuellement les amygdales à côté d'eux, personne d'autre ne s'est approché. Elle fronce les sourcils et ouvre la bouche pour demander à Lucius s'il a entendu quand soudain une douleur atroce envahit sa poitrine. Elle pousse un cri, se plie en deux, le souffle coupé.

Des lumières dansent devant ses yeux et elle ne sait plus si c'est le stroboscope qui s'agite ou si sa vue s'est réellement brouillée. Un peu effrayée, elle tourne de nouveau la tête vers Lucius, mais le visage qu'elle trouve n'a plus rien du Lucius beau et élégant qu'elle embrassait quelques secondes plus tôt. Sa tête est inclinée selon un angle étrange. Ses yeux sont fermés et ses cheveux poisseux. Un liquide rouge et grumeleux macule son crâne, son nez, ses joues cireuses.

Elle hurle, terrorisée. Quelque part, elle entend quelqu'un compter. « 1… 2… 3… 4… 5… » Il y a quelque chose d'alarmant dans la voix de cet homme. Comme si ce décompte était important, qu'il y avait quelque chose de crucial à faire au bout de cinq…

Nouvelle douleur dans la poitrine. Suffocante, elle s'écroule sur le sol de la discothèque. Nul ne la regarde, nul ne semble voir sa détresse. Elle relève ses yeux écarquillés en direction de Lucius. Le cou est toujours tordu, le sang dégouline de l'énorme blessure à l'arrière de la boîte crânienne. Mais personne ne voit, personne n'entend. Les lumières dansent de nouveau. Ça recompte. Un… deux… trois… Non, pitié… Pas cinq. Pas cinq… c'est tellement douloureux à cinq…, supplie-t-elle silencieusement.

Cinq. Cette fois, le mal dépasse l'entendement. Aria s'effondre aux pieds de Lucius, le souffle coupé. Elle sent ses paupières se fermer mais elle lutte. Toujours sur le fauteuil, Lucius a ouvert les yeux et la regarde. Ils sont vitreux et pleins de sang. Un dernier sursaut et les ténèbres l'engloutissent.

.

Ben sursauta et ouvrit brusquement les yeux. Interloqué, il baissa le nez vers la main d'Aria qu'il tenait serrée dans la sienne depuis qu'elle était sortie du bloc opératoire. Il ne rêvait pas, sa main avait bougé. Les chirurgiens et Médicomages de l'hôpital mixte de Sainte-Mangouste qui l'avaient prise en charge depuis l'explosion avaient prévenu qu'elle se réveillerait dans les vingt-quatre heures et presque une journée après le drame, il commençait à désespérer.

Nouveau tressautement. Cette fois, tout le bras de la jeune femme a remué. Sautant sur ses pieds, Ben se pencha sur elle et caressa le menton, seul endroit du visage endormi qui ne soit pas trop amoché par les débris de la boutique désintégrée.

« Aria…, tu m'entends ? », souffla Ben, haletant.

Pour toute réponse, il reçut un gémissement. Un sourire soulagé étira ses lèvres et il réitéra ses appels. Soulagement de courte durée. Avec une grimace, il sentit les ongles de la blessée s'enfoncer soudain dans sa main et labourer frénétiquement la peau. Elle s'agitait. De manière incontrôlable.

« Infirmière ! », s'égosilla Ben en tournant la tête en direction du couloir. « Infirmière ! »

Une grande inspiration sifflante lui fit reporter son attention sur Aria. Juste à temps pour la voir ouvrir les yeux. Elle tremblait de tout son corps, jetant des regards frénétiques de tous côtés sans pour autant se fixer sur un point en particulier. Quand soudain, elle cessa tout mouvement, les yeux écarquillés. Et d'une voix faible et gémissante, elle prononça un mot. Un seul.

« Lucius. »

~o~

« Et c'est vrai que vous avez combattu un dragon en quatrième année ?! », interrogea Elias, les yeux écarquillés et buvant chacune des paroles d'Harry. Celui-ci subissait un interrogatoire en règle depuis que l'enfant avait réalisé au début du déjeuner qu'il était en présence d'Harry Potter, le seul, l'unique. Le pauvre Harry était tellement assailli de questions qu'il avait peine à avaler quelques bouchées entre deux réponses.

« Dis donc, toi », fit gentiment Ginny en tirant légèrement sur l'oreille d'Elias. « Et si tu laissais mon mari manger ? Tu n'as qu'à questionner Draco, il a presque fini son assiette. »

Hermione leva discrètement le pouce en direction de la rousse pour saluer l'initiative subtile, mais Elias sembla quelque peu déconfit.

« Ça m'étonnerait qu'il ait fait autant de choses intéressantes… », marmonna-t-il en jetant un regard peu amène en direction du blond, qui le lui rendit au centuple.

« Tu plaisantes ? », fit Hermione, en grossissant le trait. « Draco a fait des tas de choses incroyables ! »

« Comme quoi ? », fit le garçonnet avec une moue dubitative.

J'ai sauvé ta « mère » des griffes de ton taré de père, voilà quoi…, pensa Draco en piquant rageusement un morceau de poulet avec sa fourchette.

« Il a combattu un hippogriffe à mains nues, en troisième année », fit laconiquement Harry en dirigeant un regard moqueur vers le Serpentard.

Les sourcils d'Elias s'élevèrent sur son front et il adressa un regard plein d'intérêt (et quelque peu surpris) en direction de l'intéressé. « C'est vrai ? », fit-il tandis que Draco regardait le Survivant avec une expression assassine.

« Ouais », reprit Harry, ravi de son mauvais coup. « Même que c'est l'hippogriffe qui a gagné. »

Elias éclata de rire tandis que Draco jetait une boulette de pain en direction d'Harry. Voyant un adulte faire la bêtise, James confectionna aussitôt sa propre boulette de mie et l'envoya directement sur Draco en s'esclaffant.

« Non, James ! », s'exclama Ginny en lui faisant les gros yeux. « Ce n'est pas parce que deux idiots font les pitres à table que tu dois faire pareil. »

Les épaules du petit s'affaissèrent quelque peu et il fit la moue.

« Tu brides sa créativité, Ginny », railla Hermione en se levant pour réunir les assiettes vides. « Un café avec le dessert ? »

La main de Draco se leva, tout comme celles de Ginny et d'Harry (dont les cernes trahissaient le besoin crucial de caféine) et Hermione hocha la tête. « Quatre cafés donc. »

Elias sauta aussitôt de sa chaise et entreprit de réunir les couverts. « Je vais t'aider ! », annonça-t-il avant qu'Hermione ait eu le temps de protester.

Ginny le suivit des yeux avant de lancer un regard éloquent et appuyé en direction d'Harry. Celui-ci haussa les sourcils, tandis que Draco suivait leur échange silencieux sans rien dire. Une fois qu'Hermione eut disparu avec Elias dans la cuisine, Ginny se pencha vers le centre de la table et chuchota.

« C'est fou, quand même ! », murmura-t-elle tandis que les deux garçons se penchaient à leur tour pour mieux l'entendre. « Il est adorable, ce gosse. Comment c'est possible, avec un père pareil ? »

Harry pointa l'index en direction de Draco. « Bah regarde-le, t'as vu le père qu'il a et pourtant il est adorab- non mauvais exemple… », acheva-t-il, narquois.

« Je te conchie, Potter », lâcha Draco en plissant les yeux. Ginny lui adressa un regard lourd de reproches tout en plaquant ses mains sur les oreilles de James, assis à côté d'elle.

« Surveille ton langage, merci », grommela-t-elle en libérant la tête de James. « Mais sérieusement, il est poli, gentil, serviable, Albus et James ont joué comme des petits fous avec lui tout à l'heure… Quand on sait d'où il vient, c'est incroyable. »

« Faites gaffe, Hermione revient », marmonna Harry en voyant son amie revenir en direction de la table, un cheesecake dans les mains. Elias la suivait de près, portant fièrement une pile d'assiette à dessert et des cuillères à café. Il faisait la distribution lorsque la porte d'entrée claqua et Hermione se tourna vers Draco.

« Tu attendais quelqu'un ? », demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Le blond n'eut pas le temps de répondre par la négative, qu'une exclamation retentit dans l'entrée.

« Ah d'accord, on fait une petite fête et on ne nous invite même pas ? », fit la voix de Fred Weasley en apparaissant dans le salon. « Quelle bande d'ingrats… », ajouta-t-il en se retournant en direction de l'entrée. Ron et Blaise apparurent à leur tour, le premier avec un grand sourire et le second avec une moue mécontente. « Salut ! », lança Ron à la cantonade.

« Surtout ne vous gênez pas, prenez notre maison pour un moulin », leur lança Draco depuis la table. « Déjà les Potter qui s'invitent, maintenant vous… »

« Moi aussi je t'aime, Malfoy », railla Harry en se levant pour dire bonjour aux nouveaux venus.

« Bon, je vais refaire un peu plus de café… », marmonna Hermione en retournant vers la cuisine. Aussitôt talonnée par Elias, qui la suivait comme un petit poussin. Blaise l'observa, les sourcils froncés.

Ron suivit également des yeux le petit garçon et se tourna vers Hermione pour articuler silencieusement. « C'est ce que je crois ? »

Son amie prit le prétexte de lui faire la bise pour lui confirmer à l'oreille l'identité de l'enfant et pourquoi il était là. Blaise et Fred n'en perdirent pas une miette et saluèrent Hermione à leur tour en échangeant des regards interrogateurs. Fred se dirigea ensuite vers la table et sourit en voyant Ginny.

« Sœurette ! », s'écria-t-il en venant serrer la tête de Ginny entre ses bras. Puis tout en la maintenant immobile, il frotta vigoureusement son pull en laine sur la chevelure de la rousse, qui poussa un cri de protestation. Lorsqu'il la relâcha, une auréole de fins cheveux roux se dressait de toutes parts autour du visage de Ginny. James et Albus éclatèrent de rire, le dernier manquant de s'étouffer avec son verre de jus d'orange.

« Ah mais qu'il est pénible, celui-là ! », grogna Ginny en aplatissant ses cheveux sur son crâne. Fred se laissa tomber sur une chaise avec un sourire satisfait. Blaise s'assit à côté de Draco et croisa les bras d'un air buté.

« Qu'est-ce qu'il y a, ma poule ? », demanda Draco en dévisageant son meilleur ami.

« Il y a que j'étais venu ici dans l'idée de te soutenir dans l'épreuve que ton paternel te fait traverser, m'attendant à te trouver déprimé et meurtri, mais je constate que tu t'en tires très bien sans moi… », grommela Blaise tandis que le blond éclatait de rire et se tournait vers lui pour lui prendre la main avec tendresse.

« Tu es jaloux, mon cœur ? », railla Draco en battant des cils.

Hermione revenait avec les tasses et les soucoupes, et gloussa en voyant les deux garçons se dévorer amoureusement du regard.

« Oui, Draco », souffla Blaise en simulant un sanglot. « Je sens que je ne te suis plus indispensable. Il n'y a plus de nouveauté dans notre relation et tu t'éloignes de moi un peu plus chaque jour. Mon cœur saigne à l'idée que tu puisses ne plus avoir besoin de mon soutien. »

« Beuuuaaaaah », firent en cœur Albus et James en tirant la langue.

Harry éclata de rire, tandis que Ginny fixait les deux Serpentard avec un rictus étrange.

« Oh Blaisounet… », soupira Draco.

« Drakychou… », gémit à son tour le métis en posant sa main sur la joue du blond.

« Par pitié, arrêtez-les… », s'esclaffa Hermione en disposant une tasse devant chacun.

« Ah non, surtout pas, j'aime bien, moi », chuchota Ginny avec un sourire libidineux.

« Espèce de vieille perverse concupiscente et dépravée », murmura Hermione à l'oreille de son amie.

« Oh oui, redis-le moi… », gloussa Ginny en se mordant la lèvre.

« Espèce de vieille perverse concupiscente et dépravée », réitéra Hermione en se retenant de ricaner.

« Encore, j'adore ça… »

Les deux jeunes femmes partirent d'un rire tonitruant, s'attirant les regards interrogateurs des garçons, qui n'avaient absolument rien entendu de leur échange.

« Bon et sinon, des nouvelles de ton père ? », demanda Blaise en se tournant, de nouveau sérieux, vers son meilleur ami. L'expression de ce-dernier s'assombrit et il secoua la tête. « C'est quand même bizarre. Attendre toutes ces années et faire exploser un apothicaire ? Ça n'a pas de sens, même venant de Lucius… », reprit-il.

Les yeux d'Elias se tournèrent vers Draco, tout en tendant son assiette en direction d'Hermione qui servait des parts de cheesecake. Il avait entendu les élèves de Poudlard parler d'un attentat ce matin au petit-déjeuner, mais il n'avait pas réussi à mettre la main sur l'un des exemplaires de la Gazette, tous monopolisés par les plus grands. Un léger frisson d'appréhension parcourut l'enfant. Son père lui avait déjà parlé de Lucius Malfoy. Il détestait Hermione et faisait partie de ces sorciers qui pensent que la magie était réservée aux anciennes lignées. Mais Papa a changé tout ça, pensa Elias avec une pointe de fierté. La magie pouvait désormais appartenir à n'importe quel enfant.

« Moi, je ne trouve pas ça très étonnant », lâcha-t-il tandis que les adultes lui décochaient des regards surpris. « Après tout, ton père était un Mangemort, non ? Il a torturé maman-euh… je veux dire, Hermione… », balbutia le jeune garçon en rosissant légèrement. « Je le sais, c'est papa qui me l'a dit. »

Ginny, assise à côté d'Hermione, enfonça discrètement son index dans les côtes de la brunette et répéta en articulant silencieusement « Ma-man ». Hermione la fusilla du regard.

« Ça veut dire quoi torturer ? », demanda James en avalant une cuillère de gâteau. « C'est transformer en tortue ? »

Hermione pinça les lèvres. Ils entraient en terrain miné, elle le sentait. Draco et Elias se dévisageaient avec une certaine animosité et elle décida d'agir vite. Se tournant vers Albus et James, elle sourit largement. « Les garçons, je sais que d'habitude je vous l'interdis, mais aujourd'hui on va faire une exception : vous pouvez aller manger votre dessert devant les dessins animés. »

Les deux enfants laissèrent éclater leur joie et quelques secondes plus tard, ils étaient assis dans le salon, les yeux rivés sur la télévision.

« Ton papa, il t'a dit aussi qu'il avait participé ? », grinça Draco sans quitter Elias des yeux.

« Hé ! », protesta Hermione en lui lançant un regard d'avertissement. Mais à la surprise générale, Elias ne se laissa pas démonter pour autant.

« Oui, il me l'a dit », répondit l'enfant en plissant les yeux. « Tout comme toi, d'ailleurs. »

Harry, Ron et Fred écarquillèrent les yeux. Manifestement, ce gamin semblait en savoir plus qu'il ne le laissait croire. Toute personne sensée aurait détourné la conversation, mais Draco fulminait. Et quand il fulminait, il était tout sauf sensé.

« On m'a obligé », siffla le blond tandis qu'Hermione essayait d'attirer son attention en mettant les bras en croix et en articulant « ARRÊTE, STOP » avec les lèvres.

« Ça aussi, je le sais », souffla Elias. Toute colère avait cependant déserté son œil noir. Il se tourna en direction d'Hermione, qui cessa aussitôt ses grands gestes pour lui adresser un regard gêné. « Un jour, papa m'a dit qu'il t'avait beaucoup fait souffrir. Qu'avec ses amis (Elias tourna brièvement les yeux vers Draco et Blaise), ils avaient été forcés de te faire du mal. Après, il est parti mais il a dit que tu leur avais pardonné à tous les deux, et aussi à la famille Malfoy. » L'enfant fronça les sourcils, il semblait réfléchir à la manière de tourner sa prochaine phrase. « Ce jour-là, je me souviens d'avoir pensé quelque chose. Je me suis dit que tu devais vraiment être une personne formidable, parce que tu avais eu le courage de pardonner et de continuer à aimer malgré tout. »

Ginny esquissa un sourire et baissa les yeux. Un silence pesant était tombé sur la tablée, notamment du côté de Draco qui avait manifestement du mal à évoquer de nouveau cette partie-là de sa vie.

« Je ne sais pas ce qu'il a fait pour te mettre tellement en colère, mais… » Elias prit une grande inspiration et remua pensivement un morceau de cheesecake du bout de sa petite cuillère. « J'espère qu'un jour, tu pourras pardonner à papa comme tu as pardonné aux autres. »

Hermione pinça les lèvres. Non, ça j'en doute…, pensa-t-elle tout en jetant un regard furtif du côté de Draco. Celui-ci semblait quelque peu atterré par le discours de l'enfant. Théodore avait tourné les choses à son avantage, si bien que l'enfant en savait suffisamment pour se faire sa propre opinion sur l'histoire, mais pas assez pour être objectif. L'atterrissage serait rude lorsqu'il apprendrait la vérité.

« C'est vrai qu'Hermione est formidable », fit soudain Harry, brisant le silence. Elias tourna la tête vers lui et vit que le Survivant souriait. « Tu as raison là-dessus. »

Elias lui rendit son sourire et hocha la tête.

« Faut bien qu'il y ait un truc de vrai dans son baratin », maugréa Draco, avant de recevoir le coude de Blaise en plein dans les côtes. « Aouch. »

« La ferme », gronda le métis avec un regard réprobateur.

~o~

« Mais puisque je viens de vous dire que je n'étais pas en sécurité ! », beugla Bellatrix au visage de son contrôleur judiciaire. Après l'annonce de l'attentat, elle avait tenté d'obtenir un rendez-vous en urgence pour lui faire part de ses craintes concernant son cher époux Rodolphus. « Ce n'est pas votre job d'assurer ma sécurité ? », reprit-elle, tandis que le fonctionnaire lui décochait un regard amusé.

« Pas vraiment, Mme Lestrange », ironisa l'homme en gribouillant nonchalamment sur un bloc-notes. « Mon job, c'est plutôt de m'assurer que vous ne représentiez pas un danger pour la société et non le contraire. »

« C'est Mme Black », aboya Bellatrix en le fusillant du regard. « Mon mari a disparu depuis onze ans, j'ai repris mon nom de jeune fille. »

« Mais vous venez de me dire que votre mari vous avait retrouvée… », musa son interlocuteur avec un haussement de sourcil narquois.

La brune poussa un grondement rageur. Ce sale peigne-cul de bureaucrate et son petit ton condescendant avaient le don de la pousser à bout. Elle prit une grande inspiration et posa les deux mains à plat sur le bureau de l'homme.

« Très bien, je veux retourner en prison. »

Il laissa échapper un ricanement. « Impossible. »

« Vous plaisantez ? »

« Je ne peux pas vous renvoyer en prison comme ça, Mme Lestrange. Nous n'avons aucune procédure qui nous permette d'enfermer une personne en liberté conditionnelle sans un motif valable », récita-t-il calmement en la regardant droit dans les yeux.

« Je vous le demande, ce n'est pas un motif valable pour vous ? », s'insurgea Bella en tapant sur le bureau.

L'autre secoua lentement la tête. « Pas de crime, pas de prison. »

Un rictus sardonique se dessina lentement sur les lèvres de Bellatrix et avant que le contrôleur judiciaire n'ait eu le temps de dire « ouf », la main de la brune frappait de toutes ses forces le visage rougeaud du fonctionnaire.

« Agression physique d'un représentant du système judiciaire, ça vous suffit ou il faut que je sois plus créative ? », demanda-t-elle sur un ton mielleux. L'homme sauta sur ses pieds et se redressa de toute sa hauteur, le visage rouge de colère (et une joue marquée d'une trace de main).

« Sortez immédiatement de mon bureau, espèce de folle ! Sécurité ! », s'égosilla-t-il tandis que la porte s'ouvrait pour laisser entrer un gorille qui saisit Bellatrix par les épaules.

L'agent de sécurité l'expulsa sans ménagement hors du bâtiment et claqua la porte vitrée derrière elle.

« Va te faire foutre ! », beugla l'ex-Mangemorte en faisant un doigt d'honneur à l'attention du vigile. Celui-ci fit mine de ressortir la chercher et elle préféra prendre la poudre d'escampette. Quelques rues plus loin, une fois sûre qu'il ne la suivait pas, elle ralentit le pas et proféra une série de jurons à voix basse. Elle n'avait plus le choix. Narcissa était fragile et dévastée depuis l'attentat de la veille, l'annonce du retour de Rodolphus n'allait pas arranger les choses mais il fallait qu'elle la mette au courant. Mettre en place des protections magiques autour de leur appartement, peut-être même quitter le pays ? Pour le coup, elle violerait l'une des règles élémentaires de sa liberté conditionnelle, mais c'était précisément ce qu'elle voulait, non ? La mort dans l'âme, Bellatrix prit le métro puis fit les dernières centaines de mètres à pied jusqu'à leur appartement.

Elle composa le code de l'immeuble, monta les escaliers et s'apprêtait à ouvrir la porte quand elle remarqua que celle-ci était déjà entrebâillée. Le souffle soudain court, elle poussa le panneau du bout des doigts et avança silencieusement à l'intérieur.

« Cissy ? », souffla-t-elle en tendant l'oreille. Pas un bruit dans l'appartement. Bellatrix tourna en direction du salon et son cœur manqua un battement. La pièce était dévastée. Les meubles étaient renversés, de larges estafilades sombres lardaient le canapé et le papier peint. Des impacts de sortilèges. Des sorciers s'étaient battus ici.

Oh Merlin, non…, pensa-t-elle en scrutant chaque recoin, terrifiée. « Cissy ? », tenta-t-elle de nouveau sans obtenir de réponse. Elle passa dans la cuisine, vérifia les deux chambres mais sa sœur restait introuvable.

« Merde », gémit-elle, paniquée. D'un pas rapide, elle revint en direction du salon quand soudain une voix moqueuse s'éleva dans son dos.

« Coucou. »

Bellatrix fit volte-face. Juste à temps pour voir le poing de Rodolphus s'écraser sur son arcade sourcilière gauche. Elle tomba à la renverse, l'arrière de son crâne heurtant dans sa chute l'angle d'une commode en bois massif. Et les ténèbres l'engloutirent.

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Ce sera tout pour aujourd'hui ! Je suis consciente d'avoir dû couper la poire en deux car je ne pouvais pas caser toute la journée du samedi dans un seul chapitre mais j'espère que cette première partie vous aura plu ! La suite soit dans une semaine soit dans 15 jours, comme je l'ai dit au début du chapitre, mais en attendant je vous souhaite une excellente semaine et n'hésitez pas à me donner votre avis ! (Twitter, Facebook, MP, reviews, je suis une grosse coquine ouverte à tout, ahahah). Non, ne vous inquiétez pas, le trop-plein de boulot me monte au cerveau.

Gros bisous !

Xérès