Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Bon lundi à tous, et comme toujours un petit chapitre d'Ennemi(s) Intime(s) pour clore la journée ! Celui-ci est assez court par rapport à d'habitude mais je n'ai pas eu beaucoup de temps la semaine dernière pour écrire. J'ai quand même réussi à vous faire un petit quelque chose de gratiné ! Bonne lecture !
Merci à tous mes nouveaux follow/fav (audrey jobokas, marytherese, FroggyL, aude9483, LadyCocoMalfoy), à PouleauPotter, Lyly Ford, MissDraymione, Elisendre, Temi-Chou, Wizzette, meladrei, DreamLoveRead, Marion, Gouline971, miss damdam, Eleonore Edelweiss, Mafilma, hopefullo, Mia1912, Babar, Audrey917000, TiteTyLee, aussidagility, Nalyuci, Mikasa, Voldynouchette, jujupititetortue, ElianeGil pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont contactée via Facebook/Twitter.
RAR :
Elisendre : ahah oui j'aime bien les compliments, ne t'inquiète pas ! XD merci encore pour cette review. Lucius n'a pas fini de te faire de la peine, je pense tout comme Théo ! Bonne lecture !
Marion : ce n'est pas grave du tout, rassure toi ! Le rire est un effet secondaire recommandé par les médecins ! hihi Rodolphus dans la politique ? ahah je vais proposer à Ogden de l'engager, avec eux deux au gouvernement, ça promet… Merci pour ta review et bonne lecture !
Aussidagility : Théo est parfaitement conscient qu'il n'aura jamais le droit de faire partie de la famille, mais ce n'est pas non plus ce qu'il recherche… Bonne lecture et merci pour ta review !
Nalyuci : Merci beaucoup pour ta review ! Pour accéder à ma page Facebook, il faut chercher Xérès Malfoy sinon, le lien est directement accessible depuis mon profil FFnet (tout en haut de la page). Merci à toi et bonne lecture !
Mikasa : Théo va être de plus en plus présent désormais et on va enfin en savoir un peu plus sur la vraie raison de son retour au pays. Promis, j'essaierai de ne pas trop faire souffrir Cissy et Bella ! ahah. Merci pour ta review et gros bisous !
Jujupititetortue : Le retour de Théo a fait des heureuses j'ai l'impression… XD La bande des « -us » reviendra bientôt, mais pas maintenant. Bonne lecture et merci pour ta review !
Chapitre 17 : What Goes Around Comes Around
Aria sentit le souffle de l'explosion la projeter en arrière sur quelques mètres. Tout son corps était terrassé par la douleur lorsqu'elle releva péniblement la tête du sol, sans compter son tympan percé qui lui faisait souffrir le martyre.
Maintenant tire-toi, j'ai mieux à faire.
La dernière phrase qu'elle avait prononcée à l'attention de Lucius avant que les Mangemorts n'attaquent… Elle tournait en boucle dans sa tête, étouffant les autres sons, les hurlements des blessés tout autour d'eux, le grondement sourd de l'incendie qui dévorait la boutique de l'apothicaire. Et accessoirement l'apothicaire avec.
Une seule chose à faire à présent. Tendre la main, effleurer l'épaule de Lucius, étendu un peu plus loin sur le pavé. Du rouge. Du rouge partout. Du verre. Des éclats de bois. Elle devait s'assurer qu'il allait bien, qu'il n'était pas… mort ? Impossible. Pas après ce qu'elle venait de lui dire. Même si elle le pensait quand elle disait que c'était fini entre eux, elle refusait qu'ils se quittent sur des paroles aussi dures. Pas maintenant. Pas comme ça. Ses doigts rouges d'hémoglobine n'étaient plus qu'à quelques centimètres des cheveux blonds et poisseux, eux aussi, de sang.
Soudain la tête de Lucius pivota à 180 degrés sans que le reste de son corps ne bouge d'un centimètre.
« Regarde ce que tu as fait ! », aboya la tête retournée aux yeux vitreux, tandis qu'elle retirait précipitamment sa main. « REGARDE CE QUE TU AS F-
Aria poussa un hurlement strident et ouvrit les yeux. Elle sentit aussitôt deux mains sur ses épaules, la poussant doucement en arrière pour qu'elle retombe sur son oreiller. L'odeur de détergent et de désinfectant la saisit à la gorge. Les néons blancs. Les bips réguliers des moniteurs. L'hôpital. Je suis à l'hôpital. Elle se laissa retomber sur l'épais coussin blanc et ferma les yeux de toutes ses forces pour réprimer un sanglot. Et personne n'a encore été foutu de me dire ce qui est arrivé à Lucius…
« Tout va bien, Aria… », fit la voix grave mais douce de Ben, quelque part à ses côtés.
Elle hocha la tête lentement, sans rouvrir les yeux. Pourquoi est-ce que personne ne lui disait rien ?
Après quelques longues inspirations douloureuses en raison de ses côtes cassées et de son poumon perforé à peine deux jours plus tôt, elle consentit enfin à soulever ses paupières. Le regard inquiet, teinté d'un soupçon de tristesse, de Ben l'accueillit aussitôt et une vague de culpabilité s'empara d'Aria. Il était jaloux, depuis la seconde où elle s'était réveillée en prononçant le nom de Lucius. Elle le comprenait, même s'il n'avait aucune raison de l'être. Lucius et elle, c'était terminé, du moins en ce qui la concernait. Elle avait tourné la page. Mais elle avait besoin de savoir s'il allait bien. Ben pouvait comprendre ça, non ?
« S'il te plaît, dis-moi qu'il est vivant… », souffla-t-elle en le suppliant du regard.
Ben détourna les yeux et se rembrunit. « Les médecins ont dit que tout stress devait t'être évité… », commença-t-il en serrant les poings.
« Alors dis-le moi ! Parce que figure-toi que je stresse de ne rien savoir ! », aboya-t-elle avant de grimacer. Même crier était douloureux. « Merde… », gémit-elle en portant une main à son ventre. « Je n'en peux plus d'attendre… S'il est mort, je préfère le savoir maintenant ! »
Ben soupira longuement puis se laissa tomber dans le fauteuil réservé aux visiteurs. « On n'en sait rien, Aria. »
L'avocate fronça les sourcils d'un air peiné. « Comment ça, on n'en-
« Personne ne l'a vu depuis que l'un des Mangemorts l'a emmené après l'explosion », expliqua Ben d'une voix un peu plus sèche qu'il ne l'aurait voulue.
A la grande surprise de Ben, elle sembla soulagée. « Alors il est en vie », souffla-t-elle en fermant de nouveau les yeux. « Ces ordures ne l'auraient pas emporté avec eux s'ils n'avaient pas été certains de pouvoir le remettre sur pieds. »
« Humph… », bougonna Ben sans la regarder.
« Eh bien, excuse-moi de préférer être optimiste… », rétorqua-t-elle avant de détourner les yeux d'un air buté.
« C'est vrai que savoir un ex-Mangemort en bonne santé, c'est une super bonne nouvelle », cracha Ben.
Aria écarquilla soudain les yeux. « Ce qui veut dire ? », demanda-t-elle sur un ton lourd de reproches.
« Sandra m'a parlé de lui… et les journaux se sont chargés du reste », expliqua-t-il en secouant la tête. « Il semblerait que ton ex ait repris du service chez ses anciens collègues. Franchement, je ne comprends pas ce que tu fichais avec un type comme lui. »
« Lucius n'est pas retourné chez les Mangemorts ! », le défendit l'avocate avec véhémence. « Il se battait contre eux ! Enfin, c'est dingue, tu étais là, non ? »
Ben passa une main nerveuse dans ses cheveux bruns et haussa les épaules. « Honnêtement ? Je ne sais pas, les sortilèges fusaient dans tous les sens, c'est la première fois que je voyais un truc pareil. Et les journaux sont également de cet avis, figure-toi… »
« Depuis quand tu crois ce qu'on lit dans les journaux ? », s'emporta-t-elle, tandis qu'il lui jetait un regard inquiet. Elle se laissa retomber sur son oreiller avec un soupir agacé. Pendant quelques instants, plus aucun ne parla. Puis Aria tourna de nouveau la tête vers Benjamin et fronça les sourcils. « Tout le monde croit qu'il fait de nouveau partie des méchants, sérieusement ? »
Ben hocha lentement la tête et Aria sentit son cœur se serrer. Deux jours qu'elle était dans le gaz et déjà, la presse avait complètement déformé la réalité. Il fallait qu'elle parle, qu'elle raconte sa propre version des faits. Elle ne pouvait pas laisser le public traîner le nom de Lucius dans la boue. Pas alors qu'il avait tout fait pour la protéger, encore une fois.
« Tu es sûre que ton jugement n'est pas… altéré par tes sentiments ? », demanda Ben et au ton étranglé qu'il utilisa, Aria sentit que cette phrase lui coûtait.
Ils échangèrent un regard grave. « Je dois énormément à Lucius. Il m'a sauvé la vie. Plusieurs fois. » Elle baissa la tête. « Mais lui et moi c'est fini. »
Les yeux de Ben eurent l'air légèrement moins sombres après ça et il esquissa un semblant de sourire. Sourire qui disparut aussitôt lorsqu'on frappa à la porte et qu'il vit le jeune homme qui se tenait dans l'encadrement. Costume sombre et strict, yeux noirs et perçants, cheveux noir corbeau, sourire suffisant et glacial. Le PDG de Gordon Laboratories, Théodore Nott, se tenait à quelques mètres et observait avec une pointe d'étonnement le flic assis dans le fauteuil près du lit de la malade.
« Monsieur Nott ? », demanda Ben en se levant aussitôt, sourcils froncés. « Qui vous a dit que j'étais ici ? »
Le sourire suffisant de Théodore s'accentua et il secoua la tête. « Je ne savais même pas que vous seriez là, inspecteur… » Il laissa traîner la dernière syllabe, comme pour insister sur le fait qu'il avait totalement oublié son nom.
« Hodgkin », grommela Ben.
« Ah oui, c'est ça… », fit Théodore d'un ton léger. « Peu importe. En réalité, j'étais venu rendre visite à Aria. »
Ben sembla abasourdi et se tourna aussitôt vers la jeune femme, qui dévisageait Théodore avec des yeux ronds. « Vous vous connaissez ? », lança Ben en interrogeant Aria du regard.
Celle-ci, stupéfaite, ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ici ? Elle ne l'avait pas revu depuis… le jour où il lui avait donné la baguette qui l'avait fait enfermer à Azkaban pour le meurtre de ses parents. Elle avait vu son visage dans les journaux, bien entendu, tout comme il avait dû voir le sien, mais en personne… c'était bien la première fois de la décennie. Ben dut prendre son air décontenancé pour de la culpabilité, car il sembla se mettre en colère.
« C'est pas vrai, ne me dis pas que c'est encore un de tes ex ? », aboya-t-il sèchement, tandis que Théodore le toisait d'un air amusé. Malgré les circonstances, la scène le divertissait assez.
« Aria était ma babysitter », expliqua-t-il posément, tout en scrutant le visage courroucé de Ben avec satisfaction.
Le flic sembla complètement déboussolé. D'abord un ex-Mangemort qui avait séduit son Aria, et maintenant il apprenait qu'elle avait été la babysitter d'un type qu'il avait estampillé « psychopathe » dès leur première rencontre dans son bureau de Gordon Labs et qui accessoirement était mêlé à toute cette histoire de fous ? C'en était trop. Trop de coïncidences, trop de recoupements, trop de liens cachés entre les protagonistes. « Je vais prendre l'air », acheva-t-il en dépassant Théodore pour sortir en trombe de la chambre. Le PDG le suivit benoîtement du regard puis reporta son attention sur Aria. Celle-ci ne semblait toujours pas en croire ses yeux.
« Qu'est-ce que tu fais là ? », demanda-t-elle dans un souffle.
Théo sourit, sans pour autant que son sourire n'atteigne son regard froid et sinistre, ôta sa veste de costume noire et vint s'asseoir sur le lit médicalisé. Prudente, Aria se redressa et se cala aussi loin que possible de lui dans ses oreillers. Même si cela ne changerait pas grand-chose s'il lui prenait une envie de lui faire du mal. Mais serait-il assez stupide pour faire une chose pareille dans un hôpital ? Et surtout, pour quelle raison ? Même après toutes ces années, elle n'avait jamais compris pourquoi il l'avait fait accuser du meurtre de ses parents alors qu'ils avaient été si proches durant toute leur enfance. Elle n'avait fait que des suppositions, qui n'avaient jamais reçu confirmation.
« Je voulais savoir si tu allais bien… », répondit Théodore en regardant tout autour de lui avec intérêt.
« Parce que tu t'en soucies, maintenant ? », fit-elle sèchement.
« Est-ce qu'on est bien traité, ici ? », demanda-t-il sans cesser d'observer les moniteurs, les tubulures, la perche à perfusion et autres dispositifs qui entouraient Aria.
« Ils font ce qu'ils peuvent pour sauver des vies, si c'est ça que tu demandes… », lâcha-t-elle en l'observation. La question du jeune homme était étrange, mais étrange était ce qui définissait le mieux le personnage tout entier. Ce n'était donc pas si choquant que ça.
Théodore esquissa un rictus puis tourna ses yeux noirs vers elle, pour la première fois depuis qu'il s'était assis. « Tu dois sûrement te poser beaucoup de questions, j'imagine… »
Aria inclina la tête sur le côté. « Du genre, pourquoi tu m'as refilé la baguette avec laquelle tes parents ont été assassinés ? Pourquoi tu t'es arrangé pour me faire mettre en prison ? Pourquoi est-ce que je n'ai jamais eu une seule explication en presque douze ans ? » Elle secoua la tête, railleuse. « Absolument pas, ça ne m'a jamais traversé l'esprit. »
Théo s'esclaffa et Aria eut soudain envie de joindre son rire au sien. Toute cette situation était tellement absurde, surréaliste. Mais il était le premier à ne pas la regarder ou la traiter comme une mourante, dans cet hôpital. C'était rafraîchissant et agréable. Toutefois, elle ne devait pas se laisser attendrir. C'était un manipulateur hors pair, elle ne devait pas l'oublier.
« Tu comptes m'expliquer un jour ? », reprit-elle en fronçant le nez.
Le rire de Théodore cessa et il tapota ses genoux du plat des mains. En rythme. « J'ai eu une adolescence difficile… », dit-il simplement, tandis qu'Aria penchait la tête en avant, stupéfaite.
« Tu crois vraiment que tu vas t'en tirer avec une excuse aussi minable ? », demanda-t-elle en haussant les sourcils.
« J'aurai essayé… », pouffa-t-il. L'espace d'un instant, Aria eut l'impression d'avoir de nouveau en face d'elle l'enfant qui jouait et dessinait dans sa chambre après la classe. Le Théodore adulte était plus calme et plus posé que l'adolescent. C'était un fait. Mais il avait fait des choses trop graves pour qu'on lui donne à nouveau le bon dieu sans confession.
« Pourquoi m'avoir fait subir tout ça ? », dit-elle doucement. « J'ai imaginé des milliers de raisons différentes pendant toutes ces années. Je ne suis plus vraiment en colère, avec le temps ça a fini par passer… Mais je ne comprends toujours pas… »
« Tu as été mon plus grand espoir, marraine ma bonne fée… », l'interrompit-il en utilisant le surnom dont il l'affublait dans sa petite enfance. « … et ma plus grande déception », acheva-t-il, plus sombrement. « Quand j'ai compris que tu n'avais pas les mêmes pouvoirs que nous autres, les sorciers, je t'en ai voulu. A mort. En plus de ça, mes parents commençaient à me considérer comme suffisamment âgé pour me bourrer le crâne de conneries anti-moldus et ma rentrée à Poudlard… n'a pas arrangé les choses. A Serpentard, avoir de l'affection pour une moldue n'était pas vu d'un très bon œil. »
Aria hocha la tête en silence, l'invitant à poursuivre.
« Après ça, je suis devenu un vrai petit enfoiré », s'esclaffa Théodore comme si le souvenir de sa jeunesse était de ceux qui amènent un sourire sur les lèvres. « J'ai fait des choses… sous le coup de certaines pulsions… J'avais soif de violence, de puissance… Mais on m'a appris à mieux me tenir », acheva-t-il en agitant un index sous le nez d'Aria. « Et regarde-moi maintenant… le gendre idéal. »
« Presque », railla Aria en haussant un sourcil narquois. « Lucius m'a raconté ce que tu as fait à sa belle-fille… Hermione Granger. Ça aussi, c'était une pulsion ? », lâcha-t-elle, cinglante. L'ambiance changea soudain du tout au tout. L'apparente chaleur qui avait émané du sourire de Théodore jusqu'alors s'évanouit pour laisser la place à une colère froide.
« Ne parle pas de choses dont tu ne sais rien… », siffla-t-il en la fusillant du regard. « Hermione… j'aurais tout fait pour elle. Tout donné. Mais elle n'a jamais voulu comprendre que je ne lui voulais que du bien… »
Malgré la crainte que son soudain changement d'humeur avait fait naître en elle, Aria ne put s'empêcher d'émettre un ricanement sarcastique.
« Heureusement, dis donc. Qu'est-ce que ça aurait été si tu avais voulu lui faire du mal… », cracha-t-elle.
« Ça va, j'ai compris, j'ai fait une erreur », gronda Théodore d'un air mauvais. « On fait tous des erreurs. Tu en sais quelque chose, d'après ce que j'ai entendu dire. »
Aria écarquilla les yeux et ouvrit grand la bouche. « Excuse-moi ? »
« Tu couches avec le vieux Malfoy, pas la peine de nier… », railla le brun en levant les yeux au ciel.
Mais Aria ne se laissa pas démonter. « Tu oses comparer un adultère à un viol ? Tu es conscient que ce n'est pas du tout la même chose ? », l'interrogea-t-elle en prenant une mine choquée.
« EN QUOI ? », s'époumona-t-il soudain, faisant sursauter la jeune femme. « EN QUOI est-ce différent ? » Les traits fins de son visage étaient déformés par la colère et l'incompréhension. « J'ai fait souffrir Hermione, tu fais souffrir sa femme. Où est la putain de différence, dis-moi ? J'aimerais qu'on m'explique ! »
« Mais ce n'est absolument pas le même niveau de… » Aria se tut, estomaquée par un manque aussi cruel d'empathie. Elle ouvrit la bouche plusieurs fois sans qu'un seul son n'en sorte puis se força à se calmer. Lorsqu'elle reposa les yeux sur Théo, son regard était accusateur. Et empreint de pitié. « Tu ne comprends vraiment rien à ce que peuvent ressentir les gens, pas vrai ? C'est pour ça que tu peux faire n'importe quoi sans sourciller… Tu ne saisis pas le centième de ce que les autres peuvent éprouver… »
« Est-ce que j'y peux quelque chose ? », gronda le jeune homme avec mépris.
« Sans doute pas… », souffla Aria en se détendant quelque peu. L'aura de Théo était moins électrique, il se calmait de nouveau progressivement. Sa main droite tremblait et lorsqu'il vit les yeux d'Aria se poser dessus, il la glissa prestement sous sa cuisse droite pour en maîtriser les mouvements. Un long silence s'étira entre eux et Aria retourna plusieurs fois dans sa tête les phrases qu'elle s'apprêtait à prononcer.
« Tu sais, je ne t'en veux pas… », reprit-elle doucement. Avant d'esquisser une grimace. « Enfin, plus maintenant. Pour être honnête, je t'ai maudit pendant des années, mais… bref, c'est du passé. A cause… ou plutôt grâce à ce que tu m'as fait, je me suis découvert un talent insoupçonné pour la défense et les plaidoiries, j'ai rencontré Lucius… et même si c'était un sacré bazar, je ne regrette pas un seul instant ce que j'ai vécu ces dernières années… »
Les prunelles noires de Théo la fixaient attentivement. Il attendait de savoir où elle voulait en venir.
« Mais si je suis capable de te pardonner de m'avoir mise en prison… tu dois comprendre que les choses que tu as faites à cette fille sont infiniment pires… » Elle se mordit la lèvre et lui jeta un regard désolé. « Il est possible qu'elle ne te pardonne jamais. Donc si tu es revenu au pays pour tenter à nouveau ta chance avec elle, tu perds probablement ton t-
« Je ne suis pas revenu pour ça », souffla Théo d'un air las.
Aria sembla surprise. « Vraiment ? », demanda-t-elle en haussant un sourcil. « Pourquoi alors ? »
Le brun ouvrait la bouche pour répondre lorsqu'il se raidit soudain. Tournant la tête en arrière, en direction de la fenêtre qui dominait les toits londoniens, il scruta chaque centimètre carré de la pièce avec fébrilité. Aria suivit son regard, décontenancée.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Je sens quelque chose… », gronda-t-il, comme si la colère retombée quelques instants plus tôt le submergeait de nouveau. « Nous ne sommes pas seuls. »
« Théo, on est dans un hôpital, il y a des gens par-
« On n'est pas seuls dans cette pièce ! », l'interrompit-il en se levant brusquement pour faire le tour du lit.
« Attends, t'es sérieux, là ? », couina Aria, soudain prise de panique, en se mettant à son tour à fixer chaque recoin de la chambre depuis son lit.
Théodore inspectait un placard à l'aide d'un sortilège informulé lorsque l'avocate poussa un hurlement strident. Il se retourna, suivant des yeux la direction qu'elle désignait de son index tremblant. Là, tentant précipitamment de détaler par la fenêtre coulissante entrouverte, une énorme araignée noire de la taille d'une tarentule faisait passer son abdomen rebondi dans l'interstice entre le cadre et la vitre. Théodore tendit aussitôt la main pour pulvériser d'un sortilège l'invité indésirable mais l'araignée sauta prestement dans le vide.
« Mais quelle horreur, c'est quoi ce truc, putain ? », s'égosilla l'avocate, que son dégoût pour les arachnides rendait vulgaire.
Le PDG ne répondit pas et se précipita à la fenêtre pour l'ouvrir et pencher la tête à l'extérieur. Plus aucune trace de l'araignée noire. En revanche, une silhouette familière l'observait depuis un toit voisin. Le souffle de Théodore resta coincé en travers de sa gorge. Ses cheveux avaient poussé et son maquillage était bien moins épais que dix ans auparavant. Elle semblait plus sûre d'elle également, plus sombre. Pas moins redoutable, manifestement. Et voilà qu'il découvrait qu'elle avait appris à devenir une Animagus.
« Parkinson », souffla Théodore, sidéré.
Comme si elle l'avait entendu depuis son perchoir, Pansy Parkinson esquissa une révérence en direction de son ex-camarade de classe. Celui-ci reprit ses esprits et tendit la main pour lui faire payer son intrusion dans sa vie privée, mais la jeune femme leva sa baguette et transplana sans demander son reste, un rictus amusé sur le visage. Théo laissa mollement retomber sa main. Elle sait… Elle sait que je ne peux pas la-
« Qu'est-ce qui se passe, bordel, Théo, réponds-moi ! J'en ai assez que les gens ne me disent pas la moitié des trucs… », brailla Aria depuis son lit. « C'était quoi cette monstruosité ? »
Théodore se retourna, les sourcils froncés. « Un Animagus », répondit-il sombrement. « Un sorcier qui a la capacité de se transformer en animal. Elle devait s'en servir pour nous espionner… »
La mâchoire d'Aria tomba littéralement sur sa poitrine et elle le dévisagea avec des yeux paniqués. « Mais… depuis quand est-ce que… ? » Elle ne parvint pas à terminer sa phrase, trop choquée à l'idée d'avoir partagé son espace vital avec l'horrible animal pendant une période indéfinie.
« Qui, en dehors de Ben, savait que vous deviez aller voir cet apothicaire ? », reprit Théodore à toute allure. Il semblait réfléchir intensément et Aria n'aimait pas du tout le genre de pensées qu'elle voyait se former sous la tignasse brune de son ex-ami d'enfance.
« Personne à part Severus Rogue, c'est lui qui nous a suggéré d'y aller… », souffla-t-elle en secouant la tête.
Le regard noir de Théo se posait sur elle au même moment où Ben, alerté par le boucan, revenait dans la chambre. Serrant les poings, le jeune PDG parvint alors à la seule conclusion possible.
« Je crois que quelqu'un vous suit de près depuis un bon bout de temps, tous les deux… »
~o~
Assis à la table de Gryffondor et ses petites jambes se balançant lentement dans le vide, Elias Nott prenait tranquillement son petit déjeuner, un sourire rêveur plaqué sur ses lèvres. Sa journée de la veille avait été parfaite. Il avait découvert énormément de choses sur Hermione, sa maison, son adorable furet, ses amis… A présent, le jeune garçon comprenait un peu mieux à quel point la situation était complexe. Il débarquait dans sa vie sans prévenir alors qu'elle n'avait jamais entendu parler de lui. Son père l'avait préparé à ça et Elias savait qu'il faudrait être patient. Mais la journée d'hier avait tout de même été une réussite. Il l'avait constaté dans les sourires de sa mère. Crispés, lourds d'appréhension lorsqu'elle était venue le chercher dans la matinée, ils étaient devenus détendus et plus confiants lorsque Draco et elle l'avaient ramené à l'école le soir venu.
Draco…
Elias esquissa une petite moue en pensant au blond. Il n'avait rien contre lui. Il l'avait même trouvé plutôt drôle à certains moments, même s'il ne l'aurait jamais avoué devant témoins. Le fiancé d'Hermione ne semblait pas être un mauvais bougre. Mais seulement… Elias aurait préféré voir un autre homme embrasser sa mère et plaisanter ou rire avec elle.
Mais comme il l'avait réalisé la veille, c'étaient des histoires de grandes personnes et il n'était pas en droit d'exiger que la situation change. En attendant, ce serait drôle de faire enrager son nouveau « beau-père ». Celui-ci ne semblait pas vraiment apprécier qu'un autre garçon (aussi jeune soit-il) tourne autour de sa dulcinée. Il était jaloux. L'idée fit sourire Elias. Jamais personne n'avait été jaloux de lui et la sensation était assez agréable.
Un soudain mouvement le sortit de ses pensées et il regarda avec étonnement Ted, Victoire, David et Déborah prendre place autour et en face de lui à la table de Gryffondor. Il n'y avait pas grand monde dans la salle le dimanche matin, la majorité des élèves préférant généralement sauter le petit déjeuner pour faire la grasse matinée le plus longtemps possible.
« Je suis très déçu par ton comportement, mon cher… », railla David en se laissant tomber en face de lui, feignant d'être vexé. « Et dire que je croyais qu'on était partenaires… »
« Ouais, pas cool », renchérit Déborah en secouant la tête.
« Comment ça ? », demanda Elias en leur jetant un regard surpris.
« Arrête ton char, on sait très bien que tu étais à Pré-au-Lard hier », reprit David en agitant un doigt vengeur dans sa direction.
« Tu as disparu toute la journée et en plus… », fit Victoire d'une voix douce avant de fouiller dans une de ses poches. Elle en ressortit un Fizzwizzbizz et le posa sur la table devant Elias. « C'est tombé de ta poche hier soir dans la salle commune. »
Elias se sentit aussitôt rougir jusqu'à la racine des cheveux tandis que David s'écriait « Trahison ! Trahison ! » tout en esquissant des gestes dignes d'une tragédie Shakespearienne. Déborah lui assena une petite tape sur le crâne pour le faire taire puis reporta son attention sur Elias.
« Tu aurais pu nous dire que tu prévoyais d'y aller en douce… », fit-elle en haussant les épaules. « On est une équipe, non ? Et Ted aurait été ravi de donner à son père une véritable raison de monter sur ses grands chevaux. »
« Eh bien… c'est que… », balbutia le petit brun en faisant nerveusement tourner la confiserie entre ses doigts.
« Hé, Reilly, c'est bientôt l'heure des sélections ! », brailla un Pouffsouffle depuis l'entrée de la Grande Salle. « Tu m'as dit que tu voulais aller voir ça, non ? »
David se redressa sur son banc et beugla un « J'arrive ! » tonitruant qui fit grimacer Déborah à côté de lui.
« Pas la peine de hurler… », protesta celle-ci tandis que David se levait précipitamment.
« Je vous laisse, les gars, le capitaine de Quidditch de ma maison organise des sélections et je n'ai encore jamais vu jouer du vrai Quidditch… », s'excusa le garçonnet en enfilant son manteau. Puis d'un geste vif, il subtilisa le Fizzwizzbizz des doigts d'Elias, le déballa et l'avala tout rond. « Dé'ommagement pour a'oir quitté 'oudlard sans nous », articula-t-il tout en mâchant bruyamment.
Victoire lui jeta un regard sévère. « Tu pourrais éviter de parler la bouche pleine… », maugréa-t-elle tandis que David s'esclaffait.
« Pourquoi ? C'est plus rigolo quand tout le monde en profite ! »
Déborah leva les yeux au ciel et s'habilla à son tour. « Je viens avec toi », dit-elle à l'attention de son ami d'enfance. Puis se tournant vers les trois autres : « Bon, à plus ! Elias, t'as intérêt à te faire pardonner de nous avoir lâchement abandonnés. »
Victoire se contenta d'un petit sourire et d'un signe de la main, Elias devint littéralement cramoisi et Ted observait le brun avec attention. Jusqu'à ce que David et Déborah aient quitté la grande salle, plus aucun mot ne fut échangé. Puis Ted brisa enfin le silence.
« Quelqu'un de ma maison a posé des questions à ton sujet… », dit-il en l'analysant. « On m'a demandé ce que tu faisais main dans la main avec le professeur Granger chez Zonko… »
Elias leva brusquement les yeux, légèrement mal à l'aise.
« On n'a rien dit devant David et Deb », renchérit Victoire en baissant d'un ton. « Parce que ça ne les concerne pas. Mais nous, on connaît Hermione depuis qu'on est nés, alors c'est normal qu'on se pose des questions, non ? »
Elias leur lança tour à tour des regards paniqués. Que dire ? Que faire ? Être honnête ou évasif ? Trop en dire ou pas assez ? Que savaient-ils exactement du passé d'Hermione ? Et que savaient-ils sur sa relation avec son père ? Certes, Ted et Victoire semblaient être des personnes de confiance, mais et si Hermione préférait rester discrète sur certains aspects de son histoire personnelle ? Elias décida de couper court et de tâter le terrain. Il verrait bien la réaction des deux autres au premier élément de l'histoire.
« Hermione est ma mère… », souffla-t-il en haussant un sourcil inquiet.
Ted et Victoire échangèrent un regard entendu et la blonde tapa subitement du poing sur la table en bougonnant. « Zut ! »
« Héhé, je le savais, tu me dois dix Mornilles, ma poule ! », lança Ted en éclatant d'un rire narquois. Victoire le dévisagea d'un air assassin tandis qu'Elias ne comprenait absolument plus ce qu'il se passait.
« Tu le savais ? », demanda Elias en fronçant les sourcils, décontenancé.
« Simple déduction », répondit Ted en empochant les 10 Mornilles. « Bethany Griffiths… c'est la préfète de Serpentard », expliqua-t-il tandis que Victoire tournait à présent un visage inquisiteur en direction d'Elias. « Elle m'a dit hier qu'elle t'avait vu avec Hermione, main dans la main, à Pré-au-Lard. Ça l'a étonnée car les premières années n'ont généralement pas le droit d'y aller mais tu étais avec un prof, alors elle n'a pas jugé pertinent d'intervenir. Et comme elle nous a déjà vus traîner ensemble, elle m'a demandé si je savais quelque chose. »
« Et juste avec ça, tu as deviné qu'Hermione était ma mère ? », s'étonna Elias.
« Non, y'a aussi ton œil », reprit le Serpentard en désignant l'iris marron de son ami. « J'avais toujours trouvé tes yeux étranges, mais là ça a fait tilt : c'est la même couleur que ceux d'Hermione. Trop de coïncidences d'un seul coup, tu vois ? »
« Et je crois qu'il y a eu un truc entre Théodore Nott et Hermione… », acheva Victoire en croisant les bras. « On n'a jamais su quoi exactement, mais si j'ai bien compris ils auraient disparu tous les deux après la guerre. »
« Ils n'ont pas disparu, ils étaient en France », marmonna Elias, toujours sidéré d'avoir été percé à jour aussi facilement.
« Ah, la France, c'est tellement beau et romantique… », pouffa Victoire en souriant fièrement. Elias lui jeta un regard curieux.
Ted siffla entre ses dents. « Laisse tomber, Elias, elle crâne parce qu'elle est à moitié Française… »
« Je ne crâne pas du tout », répliqua Victoire avec une évidente mauvaise foi. « Enfin bref… ça me fait quand même bizarre d'imaginer qu'Hermione ait eu un enfant. Avec quelqu'un d'autre que Draco, je veux dire. Ils sont ensemble depuis… genre toujours ! »
Elias esquissa un rictus. Etant donné qu'ils semblaient déjà avoir tout deviné, il ne risquait rien à apporter quelques détails supplémentaires. « En fait, Hermione ne m'a pas 'eu' comme les autres mères 'ont' des enfants… », commença-t-il doucement.
« C'est-à-dire ? », fit Ted avec intérêt.
Elias leur avoua donc tout, faisant le rapprochement avec l'entreprise de son père. L'utilisation des gènes d'Hermione, sa création et sa naissance dans le ventre d'une autre femme. Sa rencontre, enfin, toute récente avec celle que son père avait toujours désigné comme étant sa véritable mère.
Les deux autres ne l'interrompirent à aucun moment, buvant littéralement ses paroles et ponctuant certaines de ses phrases par des exclamations incrédules ou admiratives.
« Alors toi aussi tu es un enfant modifié ! », s'extasia Victoire avec un large sourire. « Comme David ! Je trouve ça plutôt cool. »
« Cool ? Tu rigoles, c'est carrément la classe ! », renchérit Ted, survolté. « Nous, on est juste des sorciers à l'ancienne alors que toi et David et tous les autres… vous êtes… » Il réfléchit quelques instants, puis s'exclama : « Des sorciers nouvelle génération ! Des X-Men ! Si ça se trouve, vous êtes des futurs super-héros. »
Elias éclata de rire. Il s'apprêtait à ajouter quelque chose lorsqu'une sonnerie de portable désormais connue de tous retentit dans la Grande Salle.
« Ça, c'est pour avoir baisé ma femme ! », brailla la voix de Lucius Malfoy, saluant le Directeur de l'école qui venait d'entrer, l'air mal réveillé. Rogue dressa aussitôt l'oreille, dégaina sa baguette et lança un sortilège au hasard en direction du bruit. L'éclair siffla en passant juste au-dessus des têtes d'Elias et de Ted, qui plongèrent sous la table de Gryffondor, pour aller frapper de plein fouet un élève de Pouffsouffle, Arnold Hopkirk.
Celui-ci se retrouva aussitôt affublé de grandes oreilles de lapin et d'une petite queue blanche et ronde.
« Mais… mais M'sieur, c'est même pas moi ! », s'écria vivement Arnold sous les rires et les applaudissements de ses camarades.
« Rien à faire, petit avorton dont je ne connais même pas le nom ! », aboya Rogue en pointant de nouveau sa baguette sur lui. La queue d'Arnold frétilla de terreur. « Désormais, une punition arbitraire sera infligée à n'importe lequel d'entre vous dès que l'une de ces sonneries de malheur aura l'infortune de parvenir jusqu'à mes tympans. Est-ce que c'est clair ? »
« M'sieur, c'est abusé ! », protesta un Gryffondor assis à la table des Serpentards avec sa petite amie portant l'écusson vert et argent.
« Vous voulez une petite queue, vous aussi ? », beugla Rogue en se tournant vers le Gryffondor impudent.
Une vague d'éclats de rire souleva la table des Serpentards et l'on entendit plusieurs élèves scander « Petite queue ! Petite queue ! » tandis que leur camarade rouge et or se tassait misérablement sur son banc.
Le calme finit par revenir et Rogue alla s'asseoir à la table des professeurs pour prendre son petit-déjeuner, sous les commentaires désapprobateurs de Minerva McGonagall.
« Vous savez que je désapprouve totalement l'usage de la métamorphose comme punition, Monsieur le Dir-
« La barbe, Minerva », gronda Rogue en lui jetant un regard furieux. McGonagall retourna illico à ses tartines, un air pincé plaqué sur le visage.
~o~
La porte de l'appartement claqua avec tant de force que les murs voisins s'ébranlèrent. Un cadre accroché près de l'entrée et représentant un paysage de gratte-ciels new-yorkais, celui de leur ancienne vie, se décrocha de son clou et se fracassa sur le sol. Vif mouvement du poignet. La porte se verrouilla. Nouveau mouvement pour réparer et raccrocher le cadre. Mais celui-ci se contenta de se soulever mollement de quelques centimètres avant de retomber avec un bruit mat sur la moquette crème. Il était épuisé, exténué.
Il n'en avait cure cependant. Il aurait tout le temps de le réparer plus tard.
Théodore ôta sa veste noire. Sa chemise se trempait peu à peu de sueur depuis son retour de l'hôpital. Mettre ça sur le compte du stress, de la mésaventure avec Parkinson, de sa discussion houleuse avec Aria. Tout sauf penser à … ça.
Avec un gémissement, il ôta à son tour la chemise moite, et grimaçant, l'envoya rejoindre la veste sur le dossier du canapé. C'était mieux maintenant. L'air frais de la ventilation frôlait son torse humide, transformant habilement la chaleur en fraîcheur. Si bien que tout son corps se couvrit très vite de chair de poule. Coinçant le talon de sa chaussure gauche sous l'extrémité de la droite, il retira la chaussure avant de répéter la procédure de l'autre côté. Il se fichait pas mal de semer ses affaires à droite et à gauche dans l'appartement. Elias ne vivait plus ici, il ne se sentait plus obligé de tout laisser impeccable dans son sillage. En un sens c'était agréable. Même si cela lui rappelait cruellement à quel point il était désormais seul. Toujours torse nu, il traîna des pieds à travers le salon, attrapa au passage une canette de soda dans le réfrigérateur. Avec un soupir de soulagement, il plaqua l'aluminium glacé contre son front brûlant. La différence de température entre les deux était saisissante. A tel point qu'il dut se résigner à écarter sa boisson de son crâne de peur de la réchauffer.
Il reprit son chemin en direction de sa chambre, descendant le long couloir de l'immense appartement. Il s'arrêta un instant devant la porte ouverte de la chambre d'Elias. L'enfant n'avait pas longtemps occupé les lieux, à peine trois semaines, mais il avait tout de même trouvé le moyen d'y apposer sa touche personnelle. Théo s'avança d'un pas lent vers la table de nuit, posant tour à tour les yeux sur les cartes postales envoyées par les camarades new-yorkais d'Elias, les cartes de Chocogrenouilles abandonnées (celle de Potter en haut de la pile) et les sucreries. Il fronça les sourcils. Quelque chose dépassait de sous l'oreiller et il se pencha pour tirer doucement dessus. C'était une photographie. Une photographie d'Hermione. Un sourire flotta sur les lèvres de Théo. Il se souvenait parfaitement du jour où il avait pris cette photo. En catimini, alors qu'il s'était éclipsé quelques minutes. Il avait laissé Hermione sur les quais de la Garonne, juste avant le feu d'artifice, lui ordonnant de ne pas filer pendant qu'il leur achetait des glaces. Elle ne l'avait pas fait. Elle s'était accoudée au garde-fou qui longeait les quais, observant le soleil se coucher sur la ville noire de monde en ce 14 juillet. La brise légère faisait flotter la robe d'été qu'il lui avait offerte et soulevait un peu ses cheveux. Il n'avait pas pu s'empêcher d'immortaliser l'instant en douce.
Je l'ai embrassée ce soir-là.
Théo ressortit de la chambre, son soda dans une main et la photo dans l'autre. Elle était si belle. Certes, il l'avait faite prisonnière pendant des mois mais si elle avait pris la peine de rester un peu plus longtemps, elle aurait fini par se faire une raison, non ? Elle aurait fini par l'apprécier, ils auraient pu partir ensemble en Amérique… Et je n'en serais pas là où j'en suis aujourd'hui…
Il se dirigea jusqu'au bout du couloir et entra dans sa propre chambre. Il se laissa tomber sur son lit, but une gorgée de soda frais et déposa la photographie contre sa lampe de chevet. Il s'abandonna quelques instants à la vue de la Gryffondor sur le papier glacé. Il devrait la rendre à Elias. C'était l'une de ses photos préférées. Il en profiterait pour lui porter le courrier de ses amis arrivé depuis son départ à Poudlard. Peut-être pourrait-il également passer quelques minutes avec Hermione…
Il allait sourire à cette idée lorsqu'une douleur vive le saisit au niveau du front. Avec un grognement, il plaqua une main sur son front et tourna aussitôt la tête vers ce qu'il savait être la cause de cette nuisance. La porte de son placard était ouverte et dans la pénombre de la pièce, il distinguait une autre porte, plus petite celle-là, affublée d'une serrure à code.
« Fous-moi la paix ! », beugla Théodore à l'attention du petit coffre-fort.
Avec soulagement, il constata que la douleur s'estompait. S'envoyant une nouvelle lampée de soda, il s'allongea sur le flanc, le visage tourné vers la photo. La fraîcheur de l'oreiller sur son front brûlant, le moelleux des couvertures sous son poids, la douce image d'Hermione sous les yeux… Théodore Nott s'endormit peu à peu, d'un sommeil agité, peuplé d'araignées à cape noire, d'yeux noisette accusateurs et de serrures de coffres affublées de bouches monstrueuses et ricanantes. Et les yeux noisette qui toujours semblaient le toiser et les bouches de lui répéter…
Tu l'as bien mérité.
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Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui ! J'ai hâte d'avoir votre avis car même si ce chapitre est court, il s'y passe pas mal de choses importantes ! Notamment des indices sur la véritable raison au retour de Théo en Angleterre…
En attendant de vous lire, je vous fais de gros bisous et je vous dis à lundi prochain pour la suite !
Bonne semaine !
Xérès
