Ennemi(s) Intime(s)

Les blas-blas de Xérès : Je dédicace ce chapitre à mon chéri, pour sa compréhension, sa patience… Parce qu'il ne grogne pas (beaucoup) quand je lui demande de me laisser des soirées entières pour écrire. Parce qu'il ne me dit jamais « mais y'en a marre, Draco par-ci, Draco par-là… ». Parce qu'il me lit et me soutient et supporte ma Pottergeekite aiguë alors que ce n'est même pas sa passion. Voilà, pour tout ça les filles, vous avez le droit de le remercier et de lui faire des bisous (de loin, faut pas déconner non plus) car c'est aussi grâce à lui que je peux publier avec une telle régularité chaque lundi.

Deuxième fun fact du jour : depuis ce weekend et grâce à Wizzette (merci encore !), The Rise and Fall est référencée sur le site de la Ficothèque Ardente, qui répertorie toutes les fictions réservées aux lecteurs de 16 ans et +. N'hésitez pas à aller faire un tour sur ce site pour découvrir d'autres fictions qui ne sont pas forcément sur FFnet et donc plus difficiles à trouver, mais qui ont toutes l'air d'être de qualité ! Voilà, donc je remercie Wizzette et également l'admin du site pour leur soutien !

Place à la lecture !

Merci à tous mes nouveaux follow/fav (Maudloca7, Elena24eagle), à PouleauPotter, Acide'Nette, une fan, Voldynouchette, Marion, Mia1912, 2fillesuneplume, DreamLoveRead, Eliane Gil, faerycyn, Gouline971, Audrey917000, laloudu77, Mikasa, Babar, MissDraymione, Wizzette, Lyly Ford, Mrs Lyly Black, Ronald stinks, TiteTyLee pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont contactée sur Facebook ou Twitter.

RAR :

Une fan : ton pseudo a le mérite d'être explicite, ahah ! ^^ Et merci de convertir tes amies à Rise, je suis toujours open pour accueillir de nouveaux gens dans ma secte. Des raclées, Théo risque de s'en prendre, au sens propre comme au figuré (à son tour d'en baver, y'a pas de raison). Merci pour ta review et bonne lecture !

Marion : Un… un pékinois ? XD C'est sûr, c'est hyper discret pour espionner dans un hosto. Mdr. Non, l'araignée c'est plus classe quand même. Rita Skeeter était bien un scarabée (même si le cafard aurait été parfait pour elle, cette garce XD). Merci à toi et bonne lecture !

Mikasa : Aria a certes vécu quelque chose d'horrible à cause de Théo, cela lui a toutefois permis d'être plus forte et de devenir une brillance avocate de défense des moldus. Elle a su sortir la tête haute de cette épreuve et avec le temps, la colère passe. Contrairement à Hermione dont le viol rend tout pardon impossible. Mais ce n'est pas le cas d'Aria : quelque chose de positif est sorti de son incarcération. Il y a effectivement ce que tu as dit dans le coffre et c'est la raison pour laquelle Théo est rentré en Angleterre. ) Merci pour ta review et bonne lecture !

Chapitre 18 : Monday, Bloody Monday

Severus Rogue sortit de la Grande Salle, le ventre bien rempli et psychologiquement prêt à affronter une nouvelle semaine d'ennuis. Il détestait les lundis matins. Il les détestait déjà, étudiant, quand James Potter et ses idiots d'amis avaient instauré une tradition visant à toujours martyriser le pauvre Serpentard dès les premières heures du jour. Il les détestait toujours lorsqu'il n'était que simple professeur de Potions, fatigué de voir défiler des imbéciles en rang d'oignons dans ses cachots, tentant maladroitement de maîtriser l'art ô combien subtil des élixirs et autres breuvages ensorcelés. Et il les détestait encore, aujourd'hui Directeur de Poudlard, car ils marquaient le début de cinq nouvelles journées qu'il devrait passer à essayer d'éduquer ces pauvres ornithorynques demeurés pas fichus de faire la différence entre de la sécrétion de Bandimon et du jus de limaces. Severus Rogue émit un léger grognement. Non, il retirait cette dernière pensée. C'était une insulte à la race des ornithorynques.

Comme à son habitude entre l'heure du petit-déjeuner et celle du premier cours, il se posta à l'entrée de la Grande Salle, bras croisés, l'œil vif, pour scruter attentivement le flot d'élèves qui allait et venait, guettant un portable à l'oreille, une cravate desserrée, une jupe raccourcie ou toute autre violation du règlement qui lui permettrait de punir avec délectation l'un ou l'autre de ces décérébrés congénitaux.

Mais chose rare, ils semblaient tous se tenir à carreaux ce matin-là, ce qui n'améliora pas l'humeur déjà massacrante de Rogue. Manifestement, les oreilles et la queue de lapin de la veille avaient fait leur petit effet. Pas l'ombre d'une minuscule infraction à l'horizon. Jusqu'à cet instant, où pour son plus grand bonheur, un élève dévala en courant la dernière volée de marche du grand escalier.

« Lewis, dix points en moins pour Serdaigle. Il est interdit de courir dans les escaliers ! », aboya le Directeur tandis que le dénommé Lewis poussait un soupir désapprobateur tout en passant devant lui pour entrer dans la Grande salle. « Et ne soufflez pas ou je vous enlève dix points de plus », ajouta Rogue en le fusillant du regard.

Avec un rictus satisfait, Severus se dit que finalement il ne s'était pas levé pour rien. Il reprenait son observation lorsqu'un visage connu, qui dépassait d'une tête la marée d'étudiants, se profila à l'entrée du hall. Le léger rictus du Directeur fondit comme peau de chagrin et un juron s'échappa d'entre ses lèvres.

« Pas bien de dire des gros mots, M'sieur », fit une voix railleuse quelque part au milieu des uniformes. Mais Severus ne lui prêta aucune attention et se fraya un chemin jusqu'au nouveau-venu. Celui-ci le vit approcher et lui adressa un sourire faux, ouvrant la bouche pour le saluer. Toutefois, Rogue ne lui en laissa pas le temps.

« Nott, qu'est-ce que vous fichez ici ? », gronda-t-il en l'empêchant d'avancer plus loin dans le hall.

« Voyons, Severus… », ironisa le jeune homme en le dévisageant d'un air glacial. « Je suis l'actionnaire majoritaire de cet établissement. Et vous, vous en êtes le directeur. Vous vous rappelez ? Non ? » Théodore fit claquer sa langue contre son palais d'un air navré. « Alzheimer vous guette, on dirait. »

« Vous savez très bien ce que je veux dire », reprit Rogue en ignorant le sarcasme. « On ne voit pas le bout de votre nez en trois ans, mais à la minute où nous offrons un poste à Miss Granger vous rappliquez ici et on vous trouve partout. Coïncidence ? Je ne crois pas. »

Cette fois, Théodore parut visiblement vexé. Mais il se contenta d'un nouveau regard sinistre, agrémenté d'un léger sourire narquois. « Vous êtes sûr que ça va, vous ? Vous me semblez fatigué… », susurra-t-il en plissant les yeux. « Si ce poste de Directeur est trop éreintant pour vous, dites-le moi et je me chargerai de trouver quelqu'un pour vous remplacer dans les plus brefs délais… Je suis sûr que des dizaines de gens au Ministère seraient prêts à tuer pour être à votre place. »

Les deux hommes s'affrontèrent un instant du regard. Plus aucun ne parlait, c'était à celui qui baisserait les yeux le premier. Lassé de ce petit jeu, Théodore finit par lever les siens au ciel. « Desserrez le string, Severus, je viens porter quelques affaires à mon fils. »

« Les parents ne sont généralement pas autorisés à venir rendre visite à leurs enfants en dehors des matchs de Qu- », commença Rogue sur un ton plus professionnel.

« Dois-je encore vous répéter qui vous êtes et qui je suis, Rogue ? », gronda Théodore avec une expression assassine.

Le Directeur pinça les lèvres. « Non, ce ne sera pas nécessaire. » Il fit un geste de la main pour désigner le petit paquet de lettres et d'enveloppes que Théodore avait dans la sienne. « Mais donnez-moi les affaires de votre fils et je me chargerai personnellement de les lui transmettre. » Nouveaux regards furieux. « Oh et la prochaine fois, envoyez un hibou », acheva Rogue d'un ton léger.

Théodore esquissa un sourire étrange, comme s'il retenait un éclat de rire et dévisagea un instant le Directeur. Lorsqu'une sensation soudaine, agréable et chaude, le saisit à l'arrière de la nuque. Elle approche de l'école…, pensa-t-il tandis que son sourire s'agrandissait. Sans prévenir, il déposa le paquet dans la main tendue de Rogue et gloussa. « A votre guise. Bonne journée, Monsieur le Directeur. »

Celui-ci le regarda alors tourner les talons et quitter le hall de l'école sans demander son reste. Etonnant. Il avait fait tout un foin pour le convaincre de le laisser entrer voir son fils et voilà qu'il changeait d'avis sans se faire prier. Ce type n'était décidément pas net. Severus le suivit encore quelques secondes du regard et retourna lui aussi à sa surveillance lorsque Nott eut disparu de son champ de vision.

La sensation chaude dans son cou ne cessait de devenir plus présente au fur et à mesure que Théodore s'éloignait du château. Son sourire, quant à lui, s'agrandissait proportionnellement. Il avait fait l'erreur de penser qu'Hermione serait forcément au château, mais ce qu'il ressentait à présent lui rappelait qu'elle vivait à Pré-au-Lard, et donc qu'il pouvait aussi l'intercepter sur le chemin du travail.

Il empruntait le sentier qui menait au village lorsqu'Hermione apparut un peu plus loin, le nez plongé dans un livre. Les sourcils froncés, elle parcourait des yeux les pages, sûrement pour préparer son prochain cours, sans même regarder où elle allait. C'était un miracle qu'elle ne se soit pas encore pris les pieds dans un caillou ou une racine. Théo s'arrêta et la regarda approcher, tout sourire. Elle ne l'avait pas encore vu, trop absorbée par sa lecture. Il décida de changer ça.

« Salut ! », lança-t-il lorsqu'elle fut suffisamment proche à son goût.

Hermione leva le nez de son bouquin, son expression se défaisant à vue d'œil lorsqu'elle vit qui venait de l'interpeller. Un mélange de crainte, de colère et de lassitude s'installa sur ses traits. Théodore en sembla satisfait. Il aimait l'idée de lui faire encore cet effet-là, après tout ce temps. Même s'il regrettait parfois qu'elle ne le regarde pas autrement. Comme elle regardait Draco, par exemple.

« Qu'est-ce que tu fiches ici ? », demanda Hermione en jetant discrètement des regards à droite et à gauche, à la recherche d'une aide quelconque. Mais il n'y avait personne, tous les élèves étant à l'intérieur du château. Elle saisit sa baguette dans sa poche, s'attendant à ce que Théo la lui subtilise d'un instant à l'autre. Mais il n'en fit rien. Il n'esquissa d'ailleurs pas un geste lorsqu'elle la brandit dans sa direction.

« J'étais venu déposer du courrier et des affaires pour Elias… », expliqua-t-il tout à fait normalement en faisant un pas dans la direction d'Hermione. « Quel chien de garde ce Rogue, il n'a pas voulu me laisser entrer. »

« N'approche pas ! », aboya Hermione en le tenant en respect.

Le brun poussa un soupir amusé. « Tu n'en as pas assez de toujours pointer ce truc sur moi quand on se voit ? », railla-t-il en levant les yeux au ciel. « Tu sais bien que je te désarme comme je veux… »

La lèvre inférieure d'Hermione se mit à trembler, face à ce qu'elle prit pour une menace.

« Je suis allé voir mon amie Aria à l'hôpital… », reprit-il en ignorant totalement son désarroi. « Tu sais, Aria Stone… » Il laissa à Hermione le temps de réagir mais celle-ci le fixait avec colère, sans ranger sa baguette. « L'avocate. Qui couche avec ton beau-père… »

« Je sais parfaitement qui est Aria Stone ! », s'énerva Hermione, qui ne voyait pas où il voulait en venir. Il cherchait sûrement à l'abrutir de paroles, à ce qu'elle baisse sa garde pour mieux l'attaquer par surprise. Elle ne devait pas relâcher son attention.

« Ok, ok, on se calme… », fit Théo en levant les deux mains en signe d'apaisement. Cela fit sursauter Hermione. Quand Théodore Nott remuait les mains, il fallait s'attendre à tout. « Elle va bien, si ça t'intéresse. L'attentat a failli la tuer mais… »

Hermione vit passer une lueur de... quoi ? Tristesse ? Appréhension ? dans les yeux de Nott et cela la déstabilisa un instant.

« Ils font vraiment du bon boulot dans ces hôpitaux… en un sens c'est rassurant… », marmonna le jeune homme en fourrant les mains dans ses poches. Il réfléchit quelques secondes, puis se reprit et aussitôt, son sourire narquois reprit sa place habituelle. « Bref, je disais… elle va bien. Mais il semblerait qu'elle se soit fait quelques fans indésirables. Tu ne devineras jamais qui nous espionnait sous la forme d'un Animagus dans sa chambre. »

Il laissa sa phrase en suspens, attendant qu'Hermione réagisse mais celle-ci était trop tétanisée pour prendre part à la conversation. Que cherchait Théodore ? Papoter comme s'ils étaient de vieux amis qui se croisent dans la rue et faire semblant que tout était parfaitement normal ? C'était absurde. Et malsain.

« Allez, Hermione, fais un effort. Essaie au moins de faire une suggestion ! », l'encouragea Théodore, en claquant des doigts. « Je t'aide un peu : c'est une fille qui était avec nous à Poudlard. »

Cette fois, la remarque de Théo ne put empêcher les méninges de la jeune professeur de se mettre en route. Elle ne connaissait aucun élève de sa promotion qui soit capable de se transformer en Animagus. C'était donc forcément quelqu'un avec qui elle n'avait pas d'atomes crochus. Car si c'était tout simplement quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, Théodore ne lui poserait pas la question ainsi. Mais toutefois, ses lèvres restèrent scellées et l'autre commença à s'impatienter.

« Pansy Parkinson ! », répondit-il avec un soupir agacé. « Préviens-moi quand tu daigneras rejoindre la conversation. »

Mais la mention du nom de son ancienne rivale de cœur fit son petit effet et elle baissa brusquement sa baguette, sidérée. « Parkinson ? »

« Merci, Merlin, elle parle ! », jubila Théodore avant de répondre par un hochement de tête.

« Mais… mais, c'est insensé… », balbutia Hermione en fixant un point dans le lointain, pensive.

« Oui, tu dois te demander pourquoi Pansy voudrait espionner Aria… », fit Théo, compréhensif. « En fait, c'est très simple, elle- »

« Non, je trouve seulement effarant que Parkinson ait eu la capacité d'apprendre à devenir un Animagus ! », protesta Hermione avec une grimace. « Cette fille avait le quotient intellectuel d'une huître. »

« Tu exagères, elle n'avait pas de si mauvaises notes que ça… », rétorqua Théodore. « Tu l'aurais su si tu avais pris la peine de t'intéresser un tout petit peu à tes camarades serpents. »

Hermione cligna des yeux et sembla subitement se rappeler avec qui elle était en train de parler. Elle releva sa baguette et les yeux de Théo roulèrent à nouveau dans leurs orbites. « Tu veux dire, si j'avais pris la peine de m'intéresser à toi ? », gronda-t-elle, hargneuse.

« Entre autres, oui… », murmura le jeune homme en s'avançant lentement dans sa direction.

« Reste où tu es », ordonna de nouveau Hermione, mais son avertissement fut ignoré. « Stupéfix ! »

Théodore leva une main et le sortilège s'évanouit dans les airs, sans même l'atteindre. Il referma les derniers mètres qui le séparaient d'Hermione et saisit celle-ci par le bras. Le livre qu'elle tenait encore dans la main qui ne brandissait pas la baguette tomba sur le sol avec un bruit sourd. A la manière d'un danseur, Théo fit tourner Hermione sur elle-même pour que le dos de la jeune femme soit pressé contre son torse. Puis il les fit basculer tous les deux en arrière. La chute surprit la brunette, qui poussa un léger cri. L'instant d'après, elle était assise sur l'herbe, les jambes de Nott de part et d'autre de ses hanches et le menton du brun posé sur son épaule gauche.

Hermione ferma les yeux pour tenter de calmer sa respiration paniquée. Elle se souvenait de cette position. C'était ainsi que Théodore l'avait réchauffée presque douze ans plus tôt sur la falaise de la Chaumière aux Coquillages. Il l'avait fait sortir de la maison en pleine nuit pour qu'elle lui amène le grimoire. Elle savait qu'il n'avait pas choisi de s'asseoir ainsi par hasard. Pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, Théodore Nott semblait pris de nostalgie et désirait le lui faire partager. A la différence que ce souvenir n'était pas pour elle ce qu'on pourrait qualifier d'heureux.

Elle décida donc d'attendre que ça passe, comme la dernière fois, tous les sens aux aguets et priant pour que l'humeur de Théo ne change pas subitement et qu'il ne se transforme pas en bête sauvage. Pour l'instant, il semblait relativement calme, si ce n'était la température singulièrement élevée de son menton sur la peau d'Hermione. Un détail qu'elle avait déjà remarqué la dernière fois qu'il s'était retrouvé aussi proche d'elle, dans sa salle de classe.

Les bras de Nott se resserrèrent autour du ventre d'Hermione et il l'attira un peu plus contre lui.

« Tu ne veux pas savoir en quel animal Pansy se transforme ? », souffla-t-il contre son cou.

Hermione prit une grande inspiration. Elle n'était vraiment pas à l'aise, emprisonnée ainsi entre les pattes de Nott.

« En babouin, sûrement… », maugréa-t-elle, tandis que Théodore s'esclaffait. Il déroula l'un de ses bras pour venir poser ses cinq doigts sur le genou d'Hermione et les y faire marcher de la même manière qu'un insecte.

« Elle se change en araignée… », répondit le jeune homme en regardant ses doigts remonter du genou le long de la cuisse.

Hermione frémit. L'idée de Pansy se changeant en arachnide, conjuguée à la sensation des doigts de Théodore sur sa jambe, était très désagréable.

« Je crois qu'elle est mêlée à tout ça… », reprit Théo, pensif. « L'attentat, les meurtres d'enfant, les H partout en ville… » Il sentit Hermione bouger légèrement contre lui et se décala sur le côté pour la regarder. « Tu as dû en entendre parler, non ? Des cinglés qui s'attaquent à mes créations. »

Hermione hocha la tête en silence.

Théodore reposa son menton sur l'épaule de la brunette et soupira. « Elle surveillait Aria et son copain flic depuis un moment, selon moi… C'est comme ça que les Mangemorts ont su qu'elle irait voir l'apothicaire et quand. D'après Aria, il était le seul vendeur en Angleterre d'un ingrédient rare entrant dans la composition de la drogue utilisée pour tuer les enfants. Les autres ont sûrement voulu faire d'une pierre deux coups en se débarrassant du témoin gênant et de la fouine qui s'occupait de leurs affaires. »

Malgré sa peur et la proximité du jeune homme, Hermione ne put s'empêcher d'être intéressée par les informations qu'il lui délivrait.

« Et Lucius ? Quelqu'un sait quel rôle il jouait là-dedans ? », demanda-t-elle en faisant son possible pour paraître calme. Si elle arrivait à obtenir des informations utiles à propos de son beau-père, cela pourrait être bien pour Draco. Et pour Narcissa. Il faudrait d'ailleurs qu'ils lui rendent visite dans son nouvel appartement, la pauvre femme devait être dévastée.

Théodore haussa les épaules. « Aucune idée », lâcha-t-il brutalement. « Mais pour être honnête, j'en ai un peu rien à carrer de Lucius Malfoy. »

Hermione se retint de maugréer une remarque bien sentie et pinça les lèvres. Le silence retomba et elle jeta un discret coup d'œil à sa montre. Avec tout ça, il allait finir par la mettre en retard.

« C'est bientôt l'heure de mon premier cours, il va falloir que tu me lâches », dit-elle doucement, de peur de déclencher une vague de colère.

Mais étrangement, Nott sembla le prendre plutôt bien. « Encore deux minutes… », supplia-t-il en resserrant un peu plus ses bras autour de la taille de la jeune femme. Hermione ne protesta pas. Mieux valait ne pas trop jouer avec le feu. Elle entendit Théodore soupirer près de son oreille.

« Hermione, ces gens veulent faire du mal aux enfants de- », commença-t-il, mais elle ne lui laissa pas le temps d'aller au bout de sa phrase.

« Je garderai un œil sur Elias et les autres enfants de Poudlard, si c'est ce que tu es venu me demander », assura-t-elle vivement.

Il sourit et gloussa doucement. Il pressa ensuite son visage contre les cheveux broussailleux d'Hermione et l'embrassa sur l'arrière du crâne. « Merci », souffla-t-il avant de lâcher sa taille. « Et si tu vois une grosse araignée noire, fais-moi le plaisir de la réduire en bouillie d'un coup de talon. »

« J'y penserai », grommela Hermione en se levant aussitôt pour épousseter son pantalon et ramasser le livre qu'elle avait laissé tomber un peu plus tôt. Elle s'éloignait déjà en direction du château quand Théodore, toujours assis dans l'herbe, l'interpella de nouveau.

« Tu vois, quand tu veux, ça peut bien se passer entre nous… », railla-t-il tandis qu'elle se retournait pour lui décocher un regard furibond.

« Il n'y aura jamais de nous, Nott », cracha-t-elle avant de s'éloigner prestement.

Quelque peu refroidi, Théodore la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse à l'intérieur de Poudlard. Hermione sentit son regard perçant brûler sa nuque jusqu'à ce qu'elle soit à distance suffisante. Ce n'est qu'en posant le pied dans le hall d'entrée du château qu'elle s'autorisa enfin à soupirer de soulagement et à laisser ses genoux trembler.

Severus Rogue, toujours posté au centre de la pièce à la recherche de petits délinquants à punir, remarqua son arrivée tardive. Elle semblait contrariée et il se demanda avec effroi si elle avait croisé son ancien bourreau sur le chemin.

« Miss Granger, vous êtes en retard, est-ce que tout va- »

La brunette leva vers lui un regard féroce et se dirigea illico vers le couloir qui menait à sa salle de classe. « Si vous voulez fliquer vos employés, Severus, installez donc une pointeuse ! Bonne journée… », vociféra-t-elle avant de disparaître.

Le Directeur la suivit des yeux, la mine sombre. Bim, ça m'apprendra à être gentil avec une Gryffondor…

Tout en marmonnant dans sa barbe, il croisa les mains dans son dos et remonta le flot d'étudiants allant en classe pour regagner son bureau.

Je hais les lundis…

~o~

« Déjà là ? », s'étonna Blaise en poussant la porte de Sorc'immo pour constater que son meilleur ami et associé était déjà à son poste, derrière son bureau.

« Comme tu vois… », marmonna Draco tout en remuant son café noir, les yeux dans le vague.

Blaise ôta sa veste et dévisagea son ami d'un air narquois. Quand Draco Malfoy grommelait et touillait son café de cette manière, c'est que quelque chose le tracassait. Le métis poussa un soupir et se prépara mentalement à dispenser une séance de psychanalyse gratuite. Il se posta en face de Draco, les bras croisés et un sourcil levé, puis attendit.

« Quoi ? », fit le blond après quelques dizaines de secondes de silence.

« Allez, accouche. »

Draco releva la tête, fronça le nez. « Mais quoi ? », répéta-t-il avec une pointe d'agacement.

« Vas-y, je sens que tu as envie de parler… », reprit Blaise avec un sourire amical.

« Pas du tout, je vais très bien », protesta le blond.

Blaise inclina la tête sur le côté et lui adressa un regard qui signifiait qu'il n'en croyait pas un mot. Mais comme Draco ne desserrait pas les dents, il choisit d'adopter une nouvelle approche qui, il le savait, marchait systématiquement : la psychologie inversée.

« Ok, si tout va bien, alors… J'ai des visites à préparer… », lâcha-t-il en se détournant en direction de son bureau, un petit sourire aux lèvres. Ce faisant, il lança un compte à rebours dans sa tête. Trois… deux… un…

« C'est Hermione… », gémit le blond tandis que Blaise faisait de nouveau volte-face avec une expression triomphante.

« Ah ! Je savais bien que quelque chose clochait ! », claironna le métis en pointant son index sur son meilleur ami. Celui-ci lui décocha un regard noir.

« T'es vraiment flippant, quand tu t'y mets… », grommela Draco avec humeur.

« Mais non, tu es juste un livre ouvert pour moi, mon chéri », minauda Blaise en se calant confortablement dans un des sièges qui faisaient face au bureau du blond. « Alors, quoi Hermione ? »

Draco poussa un long soupir et secoua lentement la tête. « Ce n'est pas vraiment Hermione… », commença-t-il avec une hésitation. « C'est plutôt ce gamin… »

« Elias », commenta inutilement Blaise en acquiesçant.

« Ouais… E-lias », grimaça Draco en exagérant la prononciation du nom comme un enfant vexé. « Je sens que ce môme va me gâcher la vie. »

« Pourquoi ça ? »

Draco saisit un stylo plume luxueux offert par sa mère quelques années plus tôt et le fit tourner entre ses doigts.

« C'est juste que… » Il réfléchit un instant, cherchant les mots les plus adéquats. « Tu vois, jusqu'à présent, Hermione ne voulait pas faire d'enfants tout de suite et je comprenais pourquoi… Je faisais preuve de patience… Parce que c'était la meilleure chose à faire compte tenu de ce qu'elle a vécu et… »

Il agita les mains, pinçant les lèvres. La suite semblait avoir plus de mal à venir.

« Mais depuis qu'il a débarqué, elle l'intègre petit à petit dans sa vie… » Nouveau silence.

Blaise décida de l'aider un peu. « Justement, peut-être que si ça se passe bien avec Elias, ça pourrait lui donner envie d'en faire un avec toi maintenant ? », proposa le métis en haussant les épaules.

Draco esquissa une grimace triste. « Ou alors elle va trouver ça génial d'avoir un enfant qui tombe tout cuit du ciel, déjà grand, déjà propre et intéressant. Et ça lui suffira. »

Blaise se mordit la lèvre. Effectivement, il n'avait pas pensé à ça. « Vous en avez parlé, tous les deux ? », demanda-t-il doucement.

« La semaine dernière, je lui ai proposé de sauter le pas. Sans mauvais jeu de mots… », répondit le blond avant de baisser les yeux. « J'ai encore essuyé un refus. »

Le métis garda un instant le silence, dévisageant son ami avec compassion. « Mais sinon, ça va vous deux ? », l'interrogea-t-il, mal à l'aise.

Draco parut s'offusquer. « Oui, ne t'inquiète pas pour ça. On s'aime toujours comme des fous, la question ne se pose même pas. C'est simplement que… voilà, je dois être un peu jaloux, je suppose. »

« Je comprends, ne t'en fais pas… », s'esclaffa Blaise. Il allait ajouter quelque chose lorsque son téléphone portable sonna. Il le sortit de sa poche, lut le nom qui s'affichait à l'écran et esquissa un sourire satisfait. « Il faut que je réponde. Une petite étudiante en médecine qui cherche à se loger pas loin du Chemin de Traverse. Dommage que ma conscience professionnelle m'interdise de lui proposer mon lit, sur un malentendu ça pourrait marcher… »

Draco éclatait de rire au moment où Blaise décrochait et s'éloignait vers son bureau. « Miss Torrance ? Merci de me rappeler ! J'ai effectivement un appartement à vous faire visiter aujourd'hui… »

Le blond suivit son ami du regard avec un sourire songeur. Même si leur discussion n'avait pas mené à une solution quelconque, elle avait eu le mérite de le soulager d'un poids. Parler faisait énormément de bien dans ces cas-là et Draco réalisa soudain qu'une autre personne devait certainement avoir beaucoup de choses à dire. Sa mère. Lucius n'était toujours pas réapparu depuis l'attentat et même si elle avait Bellatrix pour lui tenir compagnie, elle devait sûrement en avoir gros sur le cœur.

Il saisit aussitôt son propre téléphone portable et composa le numéro de sa mère. Il lui avait offert quelques mois plus tôt un téléphone moldu, à l'insu de son père, pour pouvoir la joindre plus facilement et aussi parce que sa mère trouvait le gadget très amusant pour prendre des photos partout où elle allait. Elle ne décrocha pas, cependant, et Draco coupa la communication lorsque le répondeur se mit en marche. Elle devait être occupée à ranger ou partie explorer son quartier ? Il réessaierait plus tard. A l'autre bout de la pièce, Blaise parlait toujours à son étudiante en médecine.

« Oui, celui-ci est vraiment très bien situé. Très calme et ensoleillé… avec une petite terrasse juste assez grande pour pouvoir y prendre un café tous les deux si ça vous tente, ahah… »

Draco gloussa et secoua la tête. Ce type était vraiment un incorrigible dragueur.

« De… hein ?... Si seize heures, ça me va ? » Blaise se retourna et leva un pouce triomphant en direction de son ami, qui fit mine d'applaudir en silence. « Mais absolument, c'est noté pour seize heures. A tout à l'heure. » Le métis raccrocha et leva les bras en signe de victoire.

« Celle-là, c'est une coquine », fit-il avec un sourire ravi. « Elle amène des copines pour visiter et elle veut que j'amène des amis à moi pour aller boire un verre après la visite… Je vais prévenir Fred et Ron-Ron… »

« Petit patapon… », chantonna aussitôt Draco, tandis que Blaise pianotait sur son portable.

Etudiantes jeunes et fraîches. Ce soir 16h30 à l'entrée du chemin de traverse. Surtout ne me remerciez pas.

Avec un petit sourire, le métis sélectionna les contacts Ronald Weasley et Fred Weasley dans son répertoire et envoya le message.

« Tonight is my night », lâcha-t-il en esquissant un petit pas de danse digne de John Travolta dans son jeune temps.

Draco s'esclaffa de nouveau et secoua la tête. « Espèce de malade… », ironisa-t-il tandis que Blaise dansait toujours jusqu'à son bureau.

Ce-dernier fit une pirouette et pointa son index sur Draco avant de rétorquer : « Espèce de jaloux. »

~o~

« Haaa, haaa, oh oui ! ouiiii ! ouiiiiii ! »

Les joues et les oreilles cramoisies, Ronald Weasley fouilla précipitamment dans ses poches à la recherche de son téléphone portable, tout en maudissant intérieurement Fred et sa manie de lui programmer des sonneries stupides quand il avait le malheur de laisser l'appareil traîner. Il avait sûrement dû faire son coup samedi après-midi chez Hermione et Draco…

Trente visages moqueurs ou exaspérés se tournèrent vers lui, dont celui de l'homme qui présidait leur petite réunion dans les locaux de la Brigade moldue des Stupéfiants. L'inspecteur Benjamin Hodgkin regarda impatiemment Ron mettre son portable en mode silencieux, avant de reprendre son discours de bienvenue. A l'instar de nombreux Aurors relativement expérimentés mais suffisamment jeunes pour le travail de terrain, Ron avait été contacté dimanche après-midi par ses supérieurs pour rejoindre dès le lendemain les forces de police moldues dans le cadre de l'enquête sur les meurtres d'enfants. Une enquête qui, comme on le leur expliquait en cet instant-même, était liée à l'attentat qui avait eu lieu trois jours plus tôt. Les copies du dossier qu'on leur distribuait faisaient l'épaisseur de plusieurs volumes d'encyclopédies et Ron grogna doucement à l'idée de passer sa journée à lire les différents rapports, étudier les photographies et autres documents qu'il contenait.

Aussi discrètement que possible, Ron baissa les yeux sur son portable pour lire le message que Blaise venait de lui envoyer.

Etudiantes jeunes et fraîches. Ce soir 16h30 à l'entrée du chemin de traverse. Surtout ne me remerciez pas.

Il haussa un sourcil, réprima un ricanement et composa aussitôt une réponse.

Aujourd'hui ça risque d'être chaud, on est réquisitionnés pour aider la police moldue.

« Hé, dis-donc, Weasley », ironisa à voix basse l'un de ses collègues Aurors, Peter Collins. « Ce ne serait pas ton ex-copine qui couche avec un Malfoy ? Y'a conflit d'intérêt, non ? Tu ne devrais pas être là… »

Ron se retourna et lui lança un regard mauvais. « Moi au moins, je ne suis pas ici parce que mon père est le plus gros lèche-bottes de tout le Ministère… », répliqua le rouquin tandis que l'autre lui adressait un gentil signe du majeur. Ron s'apprêtait à répliquer lorsque le téléphone vibra encore entre ses doigts. Il détourna son attention de Collins pour lire le nouveau message de son ami.

Genre, vous bossez.

Ron poussa un soupir et rangea le téléphone dans sa poche pour prêter de nouveau une oreille attentive à leur nouveau chef d'équipe temporaire. Hodgkin n'avait pas l'air d'un plaisantin. Il s'exprimait avec fermeté et détermination. Ron décelait également une pointe de rage. Les Mangemorts avaient manifestement fait quelque chose qui l'avait mis en rogne… Quelque chose qui l'atteignait personnellement.

A côté du roux, son partenaire grogna dans sa barbe. Ron tourna un regard inquisiteur dans sa direction. Matthew O'Connell avait intégré le programme de formation des Aurors la même année que Ron et les deux garçons s'étaient liés d'amitié au fil des années, au point de devenir partenaires. C'était un jeune homme brun aux yeux bleus, au sourire espiègle et au regard brillant. Toujours sur le qui-vive, il avait constamment la bougeotte. Un homme de terrain plus que de bureau.

« Qu'est-ce qu'il y a ? », chuchota Ron tout en surveillant Hodgkin du coin de l'œil. Il ne tenait pas à ce que l'inspecteur le surprenne encore une fois en flagrant délit d'inattention.

« Tu l'as entendu ? Il faut qu'on lise l'intégralité du dossier dans la journée… », répondit Matthew sur le même ton.

« Tu avais mieux à faire, peut-être ? », railla Ron en levant les yeux au ciel.

« Non, mais je préfère voir par moi-même que lire », s'expliqua son partenaire, boudeur. « Eplucher des documents, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. »

Quelques petits coups frappés à la porte de la salle de réunion firent lever les yeux de toute l'assistance. Hodgkin sembla légèrement agacé d'être à nouveau interrompu et tourna son visage maussade en direction du jeune homme qui venait d'entrer.

« Qu'est-ce qu'il fiche ici, lui ? », maugréa Ron, dont les sourcils se froncèrent instantanément.

« Qui c'est ? », questionna Matthew en dévisageant le nouvel arrivant aux traits disgracieux et aux dents à l'implantation anarchique.

Hodgkin lui posa également la même question, tout en consultant rapidement la liste des Aurors que le Ministère lui avait dépêchés. L'homme s'avança dans la pièce avec un sourire affable, qui dévoila au grand jour l'intégralité de sa dentition inégale. « Marcus Flint », se présenta-t-il, tandis que Ben reprenait de nouveau sa liste.

« Je ne vous ai pas… », lâcha-t-il simplement en lui jetant un regard appuyé.

« C'est normal, on m'envoie pour remplacer McDougall qui est malade… », expliqua Flint sans se laisser impressionner.

Ben constata effectivement que l'un des noms de la liste, Roth McDougall, n'était accompagné d'aucune signature. Or toutes les personnes présentes avaient été forcées de signer la feuille en entrant. D'après l'un des agents du Ministère de la Magie, cette feuille était ensorcelée pour éviter les usurpations d'identité. Impossible de signer sous un faux visage, sous Polynectar ou n'importe quel sortilège pouvant permettre de prendre les traits d'une autre personne.

« Je savais qu'il avait fait une formation pour être Auror, mais je n'ai jamais travaillé avec lui », marmonna Ron, tandis que Ben interrogeait Flint et lui demandait son badge afin de vérifier qu'il était bien de la maison. « Il était à Serpentard. Ses parents étaient des partisans de Voldemort… »

Matthew haussa un sourcil. « Et pas lui ? »

« Pas de preuve, pas de Marque des Ténèbres… Il n'a jamais été inquiété… », répondit Ron, pensif. « Mais à ta place, je garderais mes distances avec ce type. »

Son partenaire hocha la tête. « Si tu le dis, je te fais confiance. » Les deux Aurors regardèrent en silence Flint signer la feuille de présence et s'installer contre un des murs de la salle avec une copie du dossier complet. L'ouvrir et le feuilleter fut la première chose que Marcus Flint fit en s'installant. Il tournait silencieusement les pages, détaillant les différentes pièces avec une expression indéfinissable.

Ron ne le quittait pas des yeux. Il ne comprenait toujours pas comment ce type avait pu être accepté chez les Aurors. Et encore moins ce qu'il faisait ici aujourd'hui. Une petite partie de lui ne pouvait s'empêcher de lui souffler que son jugement n'était pas objectif, qu'il n'aimait pas Flint uniquement parce que c'était un Serpentard et qu'il lui avait déjà flanqué quelques humiliations au Quidditch… Mais tout de même…

Comme s'il sentait le regard de Ron posé sur lui, Flint releva le nez et planta ses iris sombres dans ceux du rouquin. Les deux jeunes hommes s'affrontèrent un instant du regard, puis les lèvres de Flint se retroussèrent lentement sur ses chicots dérangés. Marcus Flint faisait partie de cette catégorie de gens dont le sourire n'arrange pas la beauté. Et avec sa rangée de dents en désordre, impossible à dire si ce sourire était sincère, moqueur ou carnassier. Ron réprima une grimace et sentit un frisson lui courir le long de l'échine. Incapable de soutenir plus longtemps la vue du rictus de guingois de Flint, il détourna les yeux et reporta son attention sur Hodgkin.

~o~

Seul l'éclairage de secours projetait une lueur bleutée dans les couloirs sombres de Sainte-Mangouste. L'équipe des infirmières de nuit du service de soins intensifs était rassemblée dans la seule pièce véritablement éclairée de l'étage. Toutes les chambres, en revanche, étaient plongées dans le noir et l'immobilité.

Entièrement vêtu de noir, un homme remonta le couloir des soins intensifs, en prenant soin de ne pas faire crisser les semelles de ses chaussures sur le revêtement en Protecsol. Une ombre parmi les ombres. Cela avait été un jeu d'enfant de pénétrer dans l'établissement. La simple vue de son badge avait ouvert les premières portes, puis il avait prétexté une visite au service des grands brûlés. On ne brouillait jamais assez les pistes.

L'homme continua sa progression sans quitter des yeux le rectangle lumineux que formait l'entrée de la salle des infirmières au bout du couloir. Quelques éclats de voix lui parvenaient mais il n'y prêta pas attention. Il n'était pas là pour ça.

Toujours aussi silencieusement qu'il était arrivé, l'homme en noir s'arrêta devant une chambre. La porte était entrouverte et avec l'agilité d'un chat, il s'y engouffra avant de refermer derrière lui. Les voix des infirmières s'atténuèrent quelque peu, remplacées par le bip régulier des moniteurs installés dans la chambre. Celle-ci était encore plus sombre que le couloir qu'il avait précédemment emprunté. Ses yeux parvenaient toutefois à distinguer une silhouette sous les draps du lit médicalisé. Il n'aurait pas besoin d'en voir plus : Pansy lui avait assuré que c'était cette chambre et pas une autre.

La respiration profonde et régulière de Maître Aria Stone indiqua à l'intrus qu'elle était profondément endormie. Parfait.
Prenant garde à ne faire aucun bruit, l'homme sortit sa baguette de sa poche. Il la pointa en direction de la silhouette de l'avocate et resserra sa prise autour du manche.

« Avada Kedavra », chuchota-t-il tandis qu'un éclair de lumière verte jaillissait de l'extrémité de la baguette pour aller frapper l'endormie. L'homme grimaça. La soudaine luminosité du sortilège l'avait quelque peu ébloui et il plissa les yeux pour épargner sa vision nocturne. A côté du lit, les moniteurs s'emballèrent et une alarme sonore retentit aussitôt. Il pointa de nouveau sa baguette, en direction de l'équipement cette fois, et murmura « Silencio. » Le silence retomba aussitôt dans la pièce. L'homme jeta un nouveau sortilège, qui débrancha cette fois le cordon d'alimentation des appareils de leur prise murale. Tendant l'oreille en direction du couloir, il guetta un éventuel bruit indiquant que les infirmières avaient été alertées mais un rire lui parvint, suffisamment éloigné pour qu'il en déduise qu'elles étaient toujours sagement regroupées dans leur petite salle.

L'homme sourit, ses babines se retroussant sur sa dentition désordonnée. La petite avocate ne risquerait plus de venir mettre le nez dans leurs affaires, à présent. Et quel bonheur ce serait de voir Hodgkin dévasté en apprenant le décès de sa petite amie…

Marcus Flint entrouvrit la porte avec précaution, passa la tête dans le couloir pour vérifier qu'il était toujours seul. Aussi silencieusement qu'il était venu, il reprit le chemin en sens inverse, direction la sortie. Une ombre parmi les ombres.

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Et voilà, ce sera tout pour aujourd'hui ! J'espère être en mesure de publier lundi prochain. Normalement ça ne devrait pas poser de problème mais on ne sait jamais. Dans le doute, restez connecté(e)s ! )

J'espère que ce chapitre vous a plu. Alors oui, je sais pour l'instant vous me détestez vraiment beaucoup à cause de ce cliffhanger que je vous ai encore pondu, mais promis ça va passer. N'hésitez pas à me faire parvenir vos menaces de mort, vos insultes et vos hurlements de protestation par n'importe quel moyen- non, je plaisante. Mais je veux bien vos réactions quand même ! ahah

Gros bisous et bonne semaine !

Xérès