Ennemi(s) Intime(s)

Les blas-blas de Xérès : Bijour tout le monde ! Je me souviens que vous aviez tous/toutes beaucoup aimé le chapitre « Les experts à Londres » dans The Rise and Fall et j'ai décidé de me remettre à cet exercice dans ce chapitre ! Comme vous devez le deviner, nous découvrirons à travers les yeux de nos Aurors et de nos policiers préférés, les résultats des agissements de Rodolphus et de sa bande de dingues. Un petit avertissement cependant : comme pour The Rise and Fall et le chapitre dans la maison de Wesley Morgan, il y aura des petits passages un peu descriptifs mais promis, j'ai essayé de ne pas faire trop gore. Mais je préfère prévenir quand même. Sur ce… Bonne lecture à tous !

Merci à tous mes nouveaux follow/fav (lil0346, chaly83, marion bourhis5, Still-hopee, Romance-GrangerMalefoy, Mademoiselle-Invisible, lolilolhihi), ainsi qu'à Miss Draymione, Erza Robin, Marion, Babar, ecathe38, Mikasa, Eliane Gil, Lemm, Mia1912, PouleauPotter, Acide'nette, Drasha, 2fillesuneplume, Lyly Ford, Audrey917000, Temi-Chou, Voldynouchette, Gouline971, DreamLoveRead, Wizzette, jujupititetortue, Lune-Bleue22, TitetyLee, Mrs Lyly Black pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont contactée sur Facebook/Twitter.

RAR :

Marion : meuh non, c'est pas du tout le genre de Lucius Malfoy de faire des conneries… euh… non, en fait j'ai rien dit. Mdr. Bisous et merci pour ta review !

Mikasa : Lucius fait de la merde, c'est sûr. En même temps, il ne fait que ça depuis le début de la fic ! mdr. Il rêve à nouveau de suprématie des Sangs-Purs et de retour aux sources… on ne peut pas lui en vouloir, en même temps. Le nouveau système lui a tout pris, même sa dignité… Quoi qu'on fasse, il y a toujours des gagnants et des perdants. Aucun système ne peut convenir à tout le monde. Merci à toi et j'espère que la suite continuera de te plaire ! Bisous !

Lemm : Heeeey ! Te voilà de retour ! C'est là que tu m'as fait réaliser qu'effectivement ça fait déjà 6 mois que je bosse sur Ennemi(s) Intime(s) (et toi sur ton bout de chou, ahah). Contente que cette nouvelle fic te plaise, en tous cas ! Si tu as tout dévoré d'un coup c'est que ça doit être le cas ) Bon retour parmi nous et gros bisous à toute la petite famille ! Merci pour ta review !

Drasha : Merci beaucoup ! Bon, je n'ai pas la prétention d'égaler Queen Rowling mais ton compliment me va droit au cœur ^^ Surtout pour le lemon, j'étais hyper stressée et j'ai bloqué quatre heures dessus. On va retrouver Lucius dans ce chapitre et ça va être du lourd… ^^ Merci pour ta review et à bientôt !

Jujupititetortue : Flint est un Héritier, comme je l'avais précisé dans le premier chapitre où on les voit se réunir. Et donc son job d'héritier + le plaisir de torturer Hodgkin chez qui il est forcé de bosser comme espion + éliminer la seule faiblesse de Lucius = tuer Aria. ^^ Mais bon, on a bien vu que ça ne s'était pas passé comme prévu. Des nouvelles de Cissy et Bella dans ce chapitre ! Gros bisous et merci à toi !

Chapitre 20 : Bad Kids Go To Hell

Avec un sourire radieux, Elias Nott glissa sous son oreiller la photo d'Hermione prise sur les quais de la Garonne. C'était sa préférée et il l'avait oubliée dans son lit en partant à Poudlard. Juste après le repas de midi, Rogue était venu lui porter un petit paquet déposé par son père. La photo se trouvait à l'intérieur, ainsi que des lettres de ses anciens amis de New-York, des friandises et un petit mot écrit par Amy. La secrétaire de son père avait également ajouté deux Gallions dans son enveloppe et deux cartes de Chocogrenouille pour compléter sa collection. Empochant les friandises, il sortit du dortoir des Gryffondors pour rejoindre la Grande Salle. C'était l'heure consacrée aux devoirs et il avait quelques exercices à faire en Herbologie, mais il s'en occuperait plus tard. Pour l'instant, il n'avait qu'une seule idée en tête : répondre à toutes les lettres, ainsi qu'à la gentille Amy, et partager ses sucreries avec ses amis.

Il retrouva Victoire dans la salle commune de la tour et ils descendirent ensemble le grand escalier jusque dans le hall d'entrée. Déborah et David les attendaient patiemment, leur sac de cours sur l'épaule, tout en regardant d'un air narquois Ted qui était en grande discussion avec son paternel, quelques mètres plus loin. A voir les joues gonflées et l'air buté du jeune Lupin, Rémus devait certainement lui faire une énième remontrance.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? », demanda Elias en jetant un regard interrogateur en direction du professeur de Défense Contre les Forces du Mal et de son fils.

« Je crois que son père essaie encore de le convaincre d'aller à Gryffondor », s'esclaffa David en secouant la tête. « Il ne lâche rien. »

Elias éclata de rire, tandis que Victoire levait les yeux au ciel. « En même temps, quelle idée… Serpentard… », maugréa-t-elle. « Ted déteste l'Arithmancie, en plus. »

Elias ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais un élève de quatrième année passa près de leur petit groupe en bousculant violemment David, qui s'étala de tout son long sur le sol. Manuels, cahiers et parchemins s'étalèrent sur la pierre et le garçonnet grimaça de douleur. Il s'était légèrement mordu la langue en tombant et son genou le lançait douloureusement.

« Hé, ça t'arracherait la langue de t'excuser ? », aboya Déborah en foudroyant du regard la brute épaisse en question. Au vu des couleurs de sa cravate, c'était un élève de Pouffsouffle, la même maison que David.

Le grand tourna un visage méprisant en direction de son camarade de maison, qui se relevait péniblement et esquissa un rictus narquois. « Ouais, désolé, le rat de laboratoire… je ne t'avais pas vu », cracha-t-il en ricanant.

David sauta sur ses pieds en une seconde et brandit ses petits poings, les joues roses et les cheveux châtains en bataille. « Quoi, comment tu m'as appelé ?! Répète-moi ça en face ! », s'écria le petit garçon. Mais l'autre redoubla d'éclats de rire et se détourna. David allait lui courir après et se jeter sur lui, mais Déborah et Elias le saisirent chacun par un bras pour le tirer prudemment en arrière.

« Arrête, il n'en vaut pas la peine », marmonna la petite brune en fronçant les sourcils. « Et il est beaucoup plus vieux et costaud que toi… »

David rajusta sa veste sur ses épaules d'un air rageur et les deux autres lâchèrent ses bras. « J'en ai ras le bol de ce type, je ne lui ai rien fait et il passe son temps à me chercher… », explosa David en massant son genou douloureux.

« C'est parce que c'est un gros débile, n'y prête pas attention et il finira par se lasser », fit Victoire d'une voix apaisante.

« Oui, eh bien, j'aimerais qu'il se lasse un peu plus vite que ça. Parce que pour l'instant, il me saoule », bougonna David en ramassant ses affaires sur le sol, aidé de Déborah. « Et d'ailleurs à quoi ça rime de m'insulter à cause de mes origines… est-ce que je me moque de sa tête de macaque consanguin, moi ? Non ! »

« Techniquement, tu viens de le faire », plaisanta Elias pour tenter de détendre l'atmosphère. Ça ramena un léger sourire sur les lèvres de David.

« Comment il l'a su, d'ailleurs ? », questionna Victoire en fronçant les sourcils. « Tu en as parlé ? »

David secoua la tête, agacé. « Non, à personne à part vous… » Il fit un signe de tête en direction de Ted, toujours aux prises avec Rémus. « Et Ted. » Les quatre enfants se regardèrent en silence et David s'empressa d'ajouter : « Je ne vous accuse pas, hein ! »

« On sait, ne t'en fais pas… », assura Victoire avec un sourire compatissant. « Je trouve ça simplement bizarre qu'il ait pu le savoir sans que ça vienne de nous. »

Elias fouilla dans sa poche et en ressortit le sachet rempli de bonbons en gélatine multicolores. « Tiens, ça te remontera le moral. Mon père me les a envoyés ce matin. »

David se servit allègrement et enfourna une grosse araignée en gélatine rouge, qu'il mâcha avec un plaisir non dissimulé. Elias proposa ensuite aux filles de se servir, puis à Ted, que son père avait enfin libéré.

« Il. Me. Gave », hacha Ted en approchant, la mine sombre. « Je n'ai encore rien fait de mal et pourtant on dirait que j'ai déjà commis la moitié des délits mineurs qu'il a lui-même faits à son époque. Je hais ma vie. »

« Tu devrais les faire pour de vrai, les bêtises… », railla David en mastiquant toujours son araignée. « Au moins, il saurait pourquoi il s'énerve. »

« Ne me tente pas », rétorqua Ted. « Qui est partant pour une petite razzia dans les objets confisqués de Rusard, après le couvre-feu ? »

Les quatre autres échangèrent des regards abasourdis. « Sans moi, un passage dans le bureau de Rogue m'a suffi », refusa Victoire en se dirigeant vers la grande salle. « Je ne m'étais jamais sentie aussi humiliée de ma vie. »

« Pareil », renchérit Déborah en suivant la blonde.

« Désolé, vieux, t'es tout seul sur ce coup », ironisa David en tapotant amicalement l'épaule de Ted.

Le jeune Lupin se tourna vers Elias en écartant les bras. « Ellie, mon frère, toi tu ne m'abandonnerais pas seul sur le chemin de la délinquance ? », fit-il tandis qu'Elias esquissait un sourire.

« Si, totalement », fit le brun en rangeant ses sucreries dans sa poche. Ce faisant, il fit tomber par terre les lettres qu'il tenait sous le coude. Il jura à mi-voix et jeta un regard rapide en direction des autres. « Allez-y, je vous rejoins », leur dit-il en se baissant pour ramasser les missives.

Il refit un petit tas bien net, le serra bien fort dans sa main et glissa le tout correctement dans son sac. Puis il se redressa en époussetant son pantalon. En relevant la tête, son regard accrocha la silhouette du Pouffsouffle qui avait insulté David quelques instants plus tôt. Le garçon le regardait, ses yeux bleus méprisants rivés sur ceux d'Elias. Le petit garçon se raidit, ne sachant pas vraiment quelle attitude adopter. Le Pouffsouffle lui donnait la chair de poule, pour être honnête. Sa manière si froide et mauvaise de le dévisager faisait monter en lui en léger malaise. Puis soudain, un rictus se dessina sur les lèvres du Pouffsouffle et il monta son poing serré jusqu'à sa propre gorge. Là, il tendit seulement le pouce, qu'il passa lentement en travers de son cou, comme pour y tracer une ligne horizontale. Il laissa retomber sa main et l'instant d'après, disparut dans un couloir voisin.

Elias déglutit. David n'était manifestement pas la seule cible de cette brute : il venait clairement de le menacer. Je ne lui ai rien fait…, pensa Elias en fronçant les sourcils. Mais David non plus et ça ne l'avait pas empêcher de le bousculer et de l'insulter.

Sale rat de laboratoire… Elias réalisa avec un frisson que l'insulte s'appliquait également à lui. Il prit une grande inspiration, souffla et décida de ne plus y penser, avant de rejoindre ses amis en trottinant.

~o~

Les doigts serrant nonchalamment une coupe de champagne, Pansy Parkinson observa son reflet dans le miroir en pied de sa chambre. Elle s'adressa un regard appréciateur et sourit, tout en détaillant sa poitrine saillant de son corset noir et bordeaux, sa jupe longue drapant ses fesses menues, ses bottines à talon vintage. Elle releva les yeux et passa le bout de sa langue sur sa lèvre inférieure recouverte de rouge à lèvres sombre, de la même teinte bordeaux que le corset. Ses cheveux noirs cascadaient, brillants, sur ses épaules nues et elle les ramena sur le côté droit pour les brosser de quelques coups de doigts.

Elle aimait ce qu'elle était devenue. Elle n'avait plus rien à voir avec l'adolescente mal dans sa peau, qui recherchait constamment l'approbation d'un homme pour se rassurer sur son potentiel de séduction. Après sa déconvenue avec Draco Malfoy et la traîtrise de ce-dernier, elle avait décidé qu'elle n'aurait plus besoin de lui ni d'aucun autre pour vivre.

Soyons honnêtes, les premières années avaient été difficiles. Cesser d'accorder la moindre importance aux opinions masculines pour devenir simplement celle qu'ils désirent tous et pour laquelle ils se damneraient sans hésiter, tout cela avait pris du temps. Elle s'était d'abord efforcée de mettre fin à toutes ses relations sérieuses à la seconde même où elle réalisait que des sentiments naissaient de son côté. Apprivoiser la souffrance, pour mieux la contrôler. Puis faire souffrir à son tour sans sourciller.

Elle avait fini par y trouver un certain plaisir avec le temps. Mener les hommes par le bout du nez, leur faire miroiter la sécurité et le confort d'une relation durable, les presser comme des citrons jusqu'à ce qu'ils n'aient plus rien à lui offrir. Et les jeter. Froidement, impitoyablement. Pour à chaque fois se relever plus forte, plus maîtresse d'elle-même… Et plus riche aussi. Pansy baissa les yeux sur sa main droite, à laquelle brillait un saphir rehaussé de diamants.

Son dernier gros coup remontait à un peu plus d'un an. L'imbécile l'avait demandée en mariage, épousée et s'était laissé convaincre de signer un papier lui transmettant les trois-quarts de sa fortune familiale en cas de divorce. Quelques mois plus tard, un simple Impérium jeté par un complice avait suffi pour que le malheureux se retrouve dans un bordel, entouré de six prostituées se disputant son corps. Pansy avait demandé le divorce et décroché un jackpot de deux millions de Gallions et un luxueux appartement dans la capitale.

Il faut bien manger…, ironisa-t-elle intérieurement tout en se détournant du miroir. Après la chute de Voldemort, les parents de Pansy avaient été arrêtés et jugés pour crimes de guerre, association de malfaiteurs et une bonne douzaine d'autres chefs d'accusation dont elle n'avait pas retenu le nom. Le Ministère s'était allègrement servi sur la fortune familiale et les quelques milliers de Gallions restants avaient servi à régler les honoraires de l'avocat. A dix-neuf ans tout juste, Pansy s'était retrouvée à la rue et sans le sous, avec seulement son diplôme de Poudlard en poche, obtenu après la reconstruction du château et une septième année redoublée. A l'heure qu'il était, ses parents purgeaient encore leur peine à Azkaban et elle avait tiré un trait sur leur existence, ne daignant même plus leur rendre visite en prison ou leur écrire.

Un an plus tôt, très exactement trois jours après son divorce, elle avait trouvé Rodolphus Lestrange confortablement installé dans son salon, sirotant un whisky hors de prix ayant appartenu à son ex-époux. L'homme avait changé. Il était amaigri, son teint était grisâtre, à l'instar de ses cheveux. Mais malgré sa cinquantaine bien entamée, il restait séduisant et imposait le respect. En le voyant ainsi nonchalamment engoncé dans un de ses fauteuils en cuir, Pansy avait senti qu'il ne lui ferait aucun mal. Elle avait envisagé une seconde de faire de lui sa prochaine victime mais s'était ravisée aussitôt : à voir la tenue passable de Lestrange, il ne devait pas avoir grand-chose à lui offrir.

Elle avait vite réalisé qu'elle se trompait. Certes, ce que proposait Lestrange n'avait aucune valeur matérielle. Ni or, ni bijoux, ni luxe, Rodolphus vendait du rêve, des valeurs, des principes. De l'action, enfin. Une vengeance.

Elle avait été la première qu'il avait contactée. Pourquoi, il ne le lui avait jamais dit et elle ne voulait pas vraiment le savoir. Elle s'en sentait toutefois honorée et n'avait jamais failli à cet honneur depuis. Elle l'accompagnait partout, le conseillait, le tempérait lorsque un comportement extrême le poussait à prendre des décisions irréfléchies. Elle était devenue son bras droit, son âme damnée.

Derrière chaque grand homme, il y a une femme. La maxime ne pouvait pas être plus juste dans son cas. Rodolphus avait les idées, certes, mais c'était elle qui lui soufflait la manière de les exploiter. C'était elle encore qui choisissait les hommes les plus malléables pour en faire de bons petits soldats, donnant parfois de son corps pour convaincre les plus réticents. Sans elle, Rodolphus aurait eu moitié moins de partisans à cette heure.

Cependant, c'était lui qui avait suggéré de rallier Lucius Malfoy à leur cause. Pansy avait observé le patriarche Malfoy dans sa décrépitude mais l'aversion qu'elle nourrissait encore envers cette famille l'avait dissuadée de s'en approcher. Rodolphus n'était pas du même avis. Pour lui, les Malfoy étaient indispensables. Certes, ils avaient trahi le Maître mais si justement il réussissait à les faire rejoindre leurs rangs volontairement, les derniers indécis comprendraient que leur cause était juste, plus encore que celle de Voldemort, et qu'elle méritait que l'on se batte pour elle.

Pansy avait alors réfléchi aux avantages d'accueillir Lucius dans leur équipe. Le pauvre bougre était au bout du rouleau, alcoolique, dépressif et perdu. Ce serait un jeu d'enfant de lui faire retrouver l'attrait d'antan pour le meurtre, le chaos et la domination des faibles. Narcissa serait plus difficile à retourner, en revanche. Elle adorait sa Sang-de-Bourbe de belle-fille et Pansy la sentait prête à lutter becs et ongles pour la protéger. Le jour viendrait où il faudrait bien évidemment trucider cette sale garce de Granger. Pansy se ferait une joie de s'en charger. Ce serait long et douloureux, elle voulait entendre cette salope utiliser sa voix pour autre chose que de donner des leçons aux autres. Ça changerait.

Et l'on en viendrait ainsi au dernier membre du clan Malfoy. Draco. Celui-là, Pansy se ferait un plaisir de le réduire en bouillie. Une fois la Sang-de-Bourbe vidée de ses entrailles (si possible sous ses yeux), il se ratatinerait misérablement et se vautrerait dans son désespoir comme il l'avait fait lorsqu'elle avait été prétendument tuée à la bataille de Poudlard. Là, Pansy réduirait ce cafard à l'état d'esclave sexuel et domestique jusqu'à ce qu'il la supplie de mettre fin à ses jours. Et elle aurait enfin sa revanche. Avec un sourire, elle resserra sa cape autour de ses épaules et sortit de sa chambre pour se diriger vers le fond du couloir. Une tapisserie vieillotte était suspendue au mur et Pansy la fit glisser sur sa tringle pour découvrir le mur caché derrière. Un grand H noir était dessiné sur le papier peint et Pansy sortit sa baguette de sa manche avant de s'arrêter pour admirer quelques secondes la lettre de deux mètres de haut. Cela avait été l'une des plus grandes trouvailles de Rodolphus.

Celui-ci avait longtemps cherché un moyen de se déplacer sans jamais risquer d'être suivi. Les balais étaient à exclure, bien évidemment, tout comme le Transplanage, dont la trace magique pouvait être suivie par les Aurors expérimentés. Ironie du sort, c'était d'une technologie moldue que leur était venue la solution. L'une de leurs recrues, un sang-Mêlé dont Pansy avait oublié le nom, avait un hobby légèrement décrié par la plupart des Héritiers mais qui s'avérait assez utile lorsqu'il s'agissait d'espionner les réseaux de communication moldus : l'informatique. Le type avait proposé une méthode de transport inspirée des réseaux VPN : plusieurs personnes, à des points d'accès différents, recevant ou envoyant des données, qui n'étaient accessibles qu'aux détenteurs de l'identifiant et du mot de passe requis. Rodolphus avait trouvé l'idée révolutionnaire. Créer un réseau magique, réservé aux seuls initiés, grâce auquel ils pourraient se déplacer d'un point A à un point B en utilisant une formule spécifique. Intraçable. Et voilà maintenant que ces « points d'accès » se retrouvaient partout en Angleterre sans que quiconque ne sache réellement ce dont il s'agissait. Et quand bien même ils le sauraient, il leur était impossible d'emprunter le « réseau » sans la formule adéquate.

Pansy plaqua sa main sur le H et ferma les yeux, se concentrant sur sa destination. D'ordinaire, elle visualisait le vieux hangar dans lequel ils se retrouvaient en réunion, mais pas ce soir. Ce soir, c'était différent.

« Semitam revelio », souffla-t-elle, tandis que le H noir s'éclairait subitement d'une lumière vive et l'engloutissait dans la seconde suivante.

Lorsqu'elle réapparut, elle se trouvait dans une petite ruelle sombre à l'apparence tranquille. Mais il suffisait d'observer les lieux plus attentivement pour remarquer les dizaines d'ombres tapies dans chaque recoin, attendant les ordres. Une main se posa sur son épaule et elle faillit sursauter, avant de reprendre le contrôle d'elle-même. Elle tourna la tête et vit Rodolphus lui sourire dans l'obscurité.

« Pansy, ma Pansy », chuchota-t-il en la saisissant par les joues pour l'embrasser sur le front. « Nous n'attendions plus que toi. »

Pansy sourit mais se figea en apercevant l'homme qui suivait de près son mentor. Les cheveux blonds attachés en queue de cheval basse, le long manteau noir brodé d'argent, la canne qui recelait sans nul doute une baguette noire au pommeau sculpté en forme de serpent. Ainsi donc, Lucius Malfoy venait enfin d'entrer dans la danse. Pansy lui adressa un regard mutin. Il avait décidément l'air bien plus appétissant ainsi. Elle avait toujours détesté les hommes qui se laissaient aller.

Peut-être avait-elle tort de vouloir s'embêter avec un plan aussi long et périlleux que celui qu'elle avait mis au point pour les Malfoys. Elle pourrait tout aussi bien tuer Narcissa, Draco et Granger, et finir dans les draps de Lucius. Après tout, celui-ci avait un penchant prononcé pour les femmes plus jeunes que lui… et il serait bien plus aisément manipulable que son crétin de fils.

« Bonjour Lucius », susurra-t-elle avec un regard séducteur. Intérieurement, elle hurlait de rire. S'il savait à quoi j'étais en train de penser il y a cinq secondes… « Quel plaisir de vous retrouver enfin après tout ce temps. »

Lucius fronça d'abord les sourcils, semblant chercher aux confins de sa mémoire qui était la jeune beauté en face de lui, jusqu'au moment où la lumière se fit. Il écarquilla les yeux et avança légèrement la tête, comme pour mieux la dévisager dans la nuit noire. « P… Pansy ? Pansy Parkinson ? », s'étonna-t-il, tandis que Rodolphus gloussait.

La jeune femme hocha la tête. « Je suis ravie de voir que vous avez retrouvé vos esprits… », reprit-elle à voix basse. « Cette prestance, cette force qui émane de vous. Je retrouve un peu le père de famille puissant que j'ai connu il y a si longtemps. » Son sourire s'agrandit. « Rodolphus a rallumé cette flamme dans vos yeux... Ça vous va bien. »

Comme elle l'avait prévu, son compliment (très exagéré) fit mouche. Lucius se redressa légèrement et leva le menton. C'était exactement ce qu'il avait besoin d'entendre et elle le savait. Rodolphus aussi car il lui adressa un regard approbateur avant qu'elle ne reprenne la parole.

« De quelle maison s'agit-il ? », demanda-t-elle en reportant son attention sur Rodolphus, qui désigna un cottage relativement aisé et isolé au bout de la rue pavée. « Des gardes ? »

« Deux policiers moldus », répondit Lestrange avec un léger rire étouffé. « En faction dans une voiture. Mais nous les avons neutralisés. »

« Il ne faudrait pas que nous soyons dérangés ce soir, ce serait fâcheux… », commenta Pansy sur un ton faussement sévère.

Rodolphus se retourna vers Lucius et désigna Pansy du pouce. « C'est la première fois que nous allons nous amuser un peu avec des anomalies tous ensemble, elle est très excitée… », ironisa Rodolphus avec un haussement de sourcils suggestif.

Lucius ne dit rien et se contenta d'observer la maison que Lestrange avait indiquée du doigt.

« Prêt à reprendre du service, mon cher collègue ? », demanda-t-il en tapant sur l'épaule du blond. « Tu n'as pas le droit à l'erreur, tu le sais. Il faut que tu prouves que tu es de nouveau avec nous. Finies les cachotteries et les traîtrises, il nous faut le grand, le seul, l'unique Lucius Malfoy. Sans vouloir te mettre la pression… »

Pansy se retint d'éclater de rire et se tourna un instant pour claquer des doigts en l'air. A son signal, les dizaines d'ombres se mirent en mouvement et entreprirent pas à pas, en silence, d'encercler la maison.

Lucius regarda tour à tour les yeux brillants de malice de Rodolphus, l'expression déterminée et les lèvres rouges et pulpeuses de Pansy. Elle avait dit voir à nouveau une flamme dans ses yeux. Il la croyait sur parole. Lui-même se sentait beaucoup mieux depuis que Lestrange lui avait accordé sa confiance. La flamme ne s'était pas seulement rallumée dans ses iris gris-bleu. Elle brûlait ardemment dans son ventre, réchauffant tout son corps et son esprit. Un véritable incendie l'animait. Sa main saisit sa baguette dans son fourreau. Une décharge d'adrénaline le parcourut et il se revit soudain une décennie en arrière, lorsqu'il prenait plaisir à se battre et à torturer les traîtres à leur sang. Il s'était enfin retrouvé. Plus de regards accusateurs dans les yeux de son fils ou de sa belle-fille, ceux qui l'entouraient aujourd'hui attendaient quelque chose de lui au lieu de simplement le juger. Ils savaient tous qu'il en était capable. Et il allait leur montrer.

Un sourire goguenard étira ses lèvres et il fixa avec avidité le cottage qui résonnerait bientôt des hurlements et des supplications des erreurs de la nature qu'il contenait.

« Je sens que je vais adorer… »

~o~

Une sonnerie stridente brisa le silence qui régnait dans la chambre de Ron et celui-ci se réveilla en sursaut. La pièce toujours plongée dans le noir et il tourna la tête en direction de sa table de nuit, sur laquelle son téléphone portable sonnait et vibrait doucement. Plissant les paupières pour protéger ses yeux encore embués de sommeil de la luminosité du petit écran, il saisit l'appareil, appuya sur la touche verte et le porta à son oreille.

« Weasley », se présenta-t-il d'une voix rauque et ensommeillée. Un bref coup d'œil au réveil lumineux à côté de lui, lui indiqua qu'il était à peine quatre heures du matin.

« Agent Weasley, l'inspecteur Hodgkin vous demande d'urgence sur une scène de crime à Bibbs Hall Lane, près d'Ayot St-Lawrence », déclara la voix empressée de la standardiste de la brigade moldue. « Veuillez vous y rendre dans les plus brefs délais. » La secrétaire raccrocha avant d'avoir entendu sa réponse mais Ron ne lui en tint pas rigueur. Il avait dû se passer quelque chose et elle avait certainement de nombreux numéros à contacter.

Ron laissa retomber sa tête et son téléphone sur son oreiller et poussa un soupir, tout en se frottant les yeux. Bibbs Hall Lane, Ayot St-Lawrence… c'est la cambrousse, ça, pensa-t-il en se redressant lentement. Allez, une douche, un café et j'y vais.

Comme s'il avait capté ses pensées, son téléphone vibra de nouveau et l'écran s'éclaira, indiquant qu'il venait de recevoir un SMS. Celui-ci venait d'Hodgkin en personne.

Pourquoi vous n'êtes pas déjà sur les lieux ? Bougez-vous.

Ron grogna et soupira de nouveau. « Bon, bah je vais faire une croix sur le café… », maugréa-t-il en se traînant jusqu'à la salle de bains.

Une fois propre et (à peu près) réveillé, Ron transplana à l'adresse indiquée. La petite rue arborée et abondamment fleurie était en effervescence. Ambulances, voitures de police et fourgon de l'institut médico-légal encombraient le passage qui menait au luxueux cottage bien caché derrière son écran de verdure. Peu de curieux malgré le boucan des véhicules et des hommes qui s'interpellaient à tout va, mais ce n'était pas très étonnant étant donnée l'heure indue et surtout la rareté du voisinage. Ron repéra son co-équipier dans l'immense jardin paysagé et le rejoignit en trottinant.

« Pas trop tôt », fit Matthew en le voyant arriver. « Hodgkin est furax. Les moldus ont perdu deux de leurs hommes qui surveillaient la baraque. Je ne suis pas encore rentré dans la maison mais j'ai vu au moins une demi-douzaine de types en sortir précipitamment pour aller vomir dans les rosiers. Alors, je ne suis pas hyper pressé, tu vois ? »

Ron fronça les sourcils et pensa que c'était peut-être une bonne chose de ne rien avoir avalé avant de partir. « Combien de morts ? A part les deux policiers, je veux dire », demanda-t-il en observant la maison éclairée par les phares des voitures. Bien que d'aspect cossu, l'ambiance qui régnait tout autour du cottage en faisait une bâtisse sinistre. Tout l'endroit respirait le drame.

« Toute la famille », répondit Matthew en sortant un petit carnet de sa poche pour y lire le contenu d'une liste griffonnée au crayon. « Les parents, Rodrick et Miranda Vaughn, 44 et 42 ans, moldus tous les deux. Le fils aîné, Terry, 18 ans, moldu. La fille aînée, Vanessa, 16 ans et moldue elle aussi. Le petit Jacob, 6 ans, sorcier génétiquement modifié. Et la petite dernière, Jodie, 6 mois à peine et elle aussi génétiquement modifiée. »

« Putain de merde », souffla Ron d'une voix blanche. Il comprenait à présent pourquoi son collègue n'était pas enthousiaste à l'idée de mettre les pieds dans la maison.

« Tu l'as dit… », marmonna Matthew en rangeant son carnet dans sa poche. « C'est la première fois d'après Hodgkin qu'ils tuent une famille entière de leurs propres mains. »

« Il oublie les Morgan », commenta Ron en suivant son équipier sur le chemin de la bâtisse.

« Les Morgan étaient seulement des témoins gênants, pas une famille ayant décidé d'avoir des enfants génétiquement modifiés », rétorqua Matthew en secouant la tête. « Ce n'est pas pareil. Ici, c'est un crime de haine et c'est la première fois qu'ils ne passent pas par un moyen détourné comme leur drogue de malheur pour tuer. »

« Ils montent en puissance… prennent de l'assurance », marmonna Ron tandis qu'ils arrivaient à l'entrée principale. On leur tendit des surchaussures et des bonnets, ainsi que deux paires de gants, qu'ils enfilèrent sur le perron. « Ils se sont montrés au grand jour avec l'attentat, ils s'en fichent de rester cachés à présent. Il faut s'attendre à voir ce genre de drame se multiplier… »

« Prêt ? », demanda Matthew en lui jetant un regard inquisiteur.

« On a le choix ? », grogna Ron en poussa la porte.

Matthew esquissa une grimace et le suivit à l'intérieur. La porte d'entrée débouchait sur un grand hall de réception prolongé d'un salon immense sur la gauche. Un escalier en marbre montait aux niveaux supérieurs et le plafond au-dessus d'eux craquait sous le poids des nombreux pieds qui foulaient les étages.

« Enfin ! », fit une voix agacée sur leur droite. Les deux Aurors se retournèrent et virent l'équipier d'Hodgkin, le sergent Stuart Wilcox, avancer vers eux à grands pas. « Quel bordel, on vous attendait pour faire le point sur les fameux H. Ils en ont encore laissé un derrière eux. Vous avez des nouvelles de Flint ? Il est injoignable. »

Ron se contenta de secouer la tête, mais Wilcox les entraînait déjà à l'étage.

« C'est là-haut que ça se passe », reprit le sergent en grimpant les escaliers au petit trot. « Je vous préviens, ce n'est pas beau à voir. Mais s'il vous prenait l'envie de dégobiller, merci de ne pas pourrir la scène de crime et d'aller faire votre affaire dehors. »

Ron et Matthew se regardèrent. Le roux regretta subitement de ne pas avoir choisi une orientation plus calme après Poudlard. Comme par exemple, garde-chasse, comme Hagrid. Ou gogo dancer. Pas mal, gogo dancer. Ce n'était pas un métier où on risquait de tomber sur des macchabées à chaque coin de rue.

« On estime l'heure d'arrivée des tueurs à une heure du matin et l'heure de leur départ à trois heures du matin, soit… » Wilcox baissa les yeux vers sa montre. « Il y a environ une heure quarante-cinq. Ils ont d'abord surpris les parents, qui étaient couchés dans leur lit, puis sont allés s'occuper des enfants un par un. D'abord le grand, Terry, puis Jacob et enfin le bébé. »

« Pourquoi pas Vanessa ? », demanda Matthew, les sourcils froncés.

« J'y viens. Je vais vous montrer comment on pense que ça s'est passé », fit Wilcox en les amenant en direction de la chambre parentale.

Tous trois entrèrent dans la pièce où s'activaient déjà Aurors et techniciens de la scientifique. Sur le grand lit double, un homme d'une quarantaine d'années en caleçon, vraisemblablement Rodrick Vaughn, était étendu sur les draps rougis d'hémoglobine. Au vu de la pâleur de sa peau, l'homme avait été vidé de son sang, lequel s'était ensuite répandu sur le lit, la moquette et les coussins. Ses yeux étaient grands ouverts et il fixait le plafond. D'innombrables plaies béantes couvraient ses bras, ses jambes et son torse, d'une manière que Ron ne connaissait que trop bien.

« Sectumsempra… », murmura-t-il en dévisageant le cadavre exsangue. Ce sortilège n'avait autrefois été connu que d'une seule personne : Severus Rogue. Devenu Mangemort et espion à la solde de Dumbledore, il avait été contraint de prouver son allégeance en semant la mort et la désolation. Les Mangemorts avaient adoré le sortilège d'hémorragie et l'avaient adopté à leur tour. Le retrouver sur la scène de crime prouvait donc indubitablement que leurs « nouveaux » ennemis étaient bien des nostalgiques de l'ancien temps, Mangemorts ou descendants de Mangemorts eux-mêmes.

« Le père a été le premier à mourir », reprit Wilcox en le désignant du doigt. « Ils ont dû vouloir s'en débarrasser pour éviter qu'il ne tente quelque chose de stupide dans l'espoir de protéger sa famille. La mère est restée en vie beaucoup plus longtemps, quasiment jusqu'à la fin au vu de sa température corporelle. »

« Où est-elle ? », demanda Matthew. Rodrick Vaughn était seul dans le lit conjugual.

« Elle a pu sortir de la pièce pour tenter de s'échapper ou peut-être qu'ils l'ont traînée à l'extérieur… », reprit Stuart en leur faisant signe de le suivre. « Le fait est qu'elle a atterri… ici. »

Il poussa la porte voisine de la chambre parentale et les garçons identifièrent une salle de bains, équipée d'une grande baignoire sur pieds. Miranda Vaughn était penchée à genoux par-dessus le rebord, la tête plongée dans l'eau rosée du bain, ses longs cheveux blonds flottant à la surface autour de son crâne. Sa chemise de nuit était déchirée à différents endroits et ses mains pendaient le long de la baignoire, ses doigts sanguinolents effleurant à peine le carrelage. Un technicien était accroupi près du corps et s'appliquait à décoller soigneusement des lambeaux de peau coincés sous les ongles de la mère de famille.

« J'aurai de l'ADN, ici, sergent », fit celui-ci à l'attention de Wilcox. « Elle a réussi à griffer l'un de ses agresseurs. »

« Génial, envoyez-ça de suite au labo, je serais ravi de coincer au moins un de ces enfoirés… », gronda Wilcox en faisant signe aux deux Aurors de reculer. « D'après les premières observations du légiste, Miranda Vaughn a été violée à plusieurs reprises, probablement par différents hommes au vu des lésions très prononcées, mais ça on ne pourra le confirmer qu'avec des examens plus poussés. Bref, pendant que certains s'occupaient des parents, d'autres sont allés voir le fils aîné dans sa chambre. »

Ils se dirigèrent vers une autre porte non loin de là. Terry Vaughn était assis à son bureau devant son ordinateur, un casque sur les oreilles et le visage plaqué contre le clavier. « Le gosse surfait sur le net en écoutant du hard rock, il ne les a pas vus arriver. Les Aurors ont conclu à un Avada Kedavra. C'est lui qui a le moins souffert. »

Stuart les entraîna à sa suite vers la chambre voisine. « C'est là que ça commence à se corser », reprit le sergent en les faisant entrer dans la chambre de Jacob. Ron sentit son estomac se retourner dans son ventre mais tint bon. Un goût aigre envahit sa bouche et il fit de son mieux pour déglutir. Le corps de l'enfant n'avait plus rien d'humain. La férocité avec laquelle les assassins s'étaient acharnés sur lui l'avait transformé en une bouillie de chair et de sang, dont subsistaient seulement quelques morceaux identifiables. Ici un doigt, là un morceau de cuir chevelu. Un pied avait roulé sous la fenêtre, entre les rideaux. Partout du rouge, omniprésent, à tel point que Ron eut l'impression de voir la scène à travers un filtre coloré.

« Il faut que je sorte… », balbutia Matthew en rebroussant chemin vers la sortie.

« Pas de vomi à l'intérieur, merci », cria Stuart dans son dos, tandis que l'Auror déguerpissait en quatrième vitesse, une main plaquée sur les lèvres.

Ron, lui, fixait un point au plafond, tout en se préparant psychologiquement à devoir un jour où l'autre baisser de nouveau les yeux.

« Inutile de préciser que les enfants modifiés étaient les véritables cibles et que nous avons affaire à un crime de haine », reprit Stuart sombrement.

« Inutile en effet », parvint à articuler Ron en délaissant le plafond pour fixer cette fois le bout de ses surchaussures.

« Prêt pour le bébé ? », demanda le sergent d'une voix plus douce. « Je ne vous en voudrai pas si vous me répondez non. »

« Est-ce vraiment nécessaire ? », demanda Ron en se détournant de la chambre de Jacob.

« Pas forcément », répondit l'autre, compréhensif. « Je peux seulement me contenter de vous dire qu'il a subi à peu près le même sort. »

« Très bien, ça me suffit amplement », déclara précipitamment Ron en déglutissant une nouvelle fois avec difficulté. Puis il se rappela d'un détail. « Et l'adolescente ? Que lui est-il arrivé ? »

Stuart pinça les lèvres. « C'est justement grâce à elle que nous avons été avertis et que nous avons pu déterminer un semblant de chronologie… », dit-il en enfonçant les mains dans les poches de son blouson. D'après ses amis, elle avait fait le mur pour se rendre à une soirée chez un garçon de sa classe, un peu plus loin au village. Ils l'ont ramenée ici à deux heures cinquante-cinq du matin. Elle a ensuite escaladé le mur par la treille qui monte jusqu'à la fenêtre du bureau, là-bas au fond du couloir et a dû entendre les hurlements de ceux qui étaient encore vivants à son arrivée ou simplement les voix des meurtriers. Elle a eu le bon réflexe de se cacher dans le placard et d'appeler la police. Malheureusement, elle a ensuite envoyé un SMS de détresse à ses amis et ceux-ci lui ont immédiatement répondu. Son portable n'était pas en mode silencieux… »

« Ils l'ont entendu et l'ont trouvée… », comprit Ron qui se sentait à nouveau mal.

Stuart hocha la tête d'un air grave. « Elle a été violée à son tour puis tuée d'un Avada Kedavra dans le bureau, toujours. Les secours ont mis quinze minutes à arriver après son appel mais quand ils sont entrés, il ne restait que les cadavres. »

« Merlin… », souffla Ron en regardant autour de lui le couloir d'un air perdu.

« On va devoir entrer dans le bureau, c'est là qu'on a besoin de vous », fit le sergent en désignant à Ron la porte du bureau. « Vous étiez censés enquêter sur les lettres H que l'on voit un peu partout. Ils en ont laissé une derrière eux dans cette pièce. »

Ron entra dans le bureau, jetant un regard triste en direction de la jolie jeune fille étendue sur le sol. Sa mini-jupe était remontée sur ses cuisses et ses collants déchirés. Le portable avec lequel elle s'était sauvée puis trahie, gisait sur la moquette à deux mètres d'elle. Et là, entre les deux fenêtres du bureau, un grand H noir. Ron fronça les sourcils et tenta de réfléchir à nouveau en professionnel.

« Il n'y en a qu'un seul dans toute la maison ? », demanda-t-il, tandis que Wilcox acquiesçait. « Et dehors, vous en avez vus ? »

Le sergent réfléchit et saisit un talkie-walkie à sa ceinture. « Jones, c'est Stu, tu me reçois ? Où tu es ? », demanda-t-il dans le combiné avant de relâcher le bouton de communication. On entendit des crépitements, puis un bip et une voix retentit.

« Je suis dans le jardin, qu'est-ce qu'il y a ? », demanda le dénommé Jones.

Stuart porta de nouveau l'appareil à sa bouche et demanda : « Tu peux aller jeter un coup d'œil dans les environs et me dire si tu trouves des H sur les murs ? Prends deux gars avec toi et ratissez-moi le quartier. »

« Reçu. Je te tiens au courant », répondit Jones.

Près de Wilcox, Ron réfléchissait intensément, essayant d'oublier les yeux de Vanessa Vaughn qui le fixaient sans ciller depuis le sol. « Vous êtes certains que c'est dans cette pièce qu'ils ont commis le dernier crime ? », le questionna Ron.

Stuart hocha de nouveau la tête. « Vu l'heure à laquelle elle a contacté la police et celle où sont arrivés les secours, ils avaient vraisemblablement terminé avec le reste de la famille. En tous cas, ils n'auraient pas eu le temps de faire tout ça puis de disparaître en un quart d'heure. »

Les yeux bleus du rouquin se levèrent de nouveau vers la lettre. Leur théorie d'un réseau de transport lui paraissait de plus en plus plausible. Si les collègues de Wilcox trouvaient des H dehors, ce serait la preuve qu'ils avaient raison. Les assassins seraient arrivés par les H placés à l'extérieur de la maison, ils étaient entrés, avaient commis leurs crimes et après avoir compris que les secours ne tarderaient pas, ils avaient jugé trop dangereux de ressortir pour emprunter le même chemin qu'à l'arrivée. Ils avaient donc directement créé une « sortie » dans la maison, afin de quitter les lieux ni vus ni connus. Comme chez les Morgan. Bon sang, c'était tellement évident. Le bureau était la dernière pièce qu'ils avaient visitée, pour aller y dénicher l'adolescente terrée dans son placard. C'était donc également par là qu'ils avaient pris la poudre d'escampette.

Un nouveau bip se fit entendre et la voix de Jones s'éleva dans le haut-parleur du talkie. « Stu, c'est Jones. On a trouvé un H sur un transformateur électrique au bout de la rue, et il y en a un autre sur une palissade, dans la rue voisine. »

Ron ferma les yeux et prit une grande inspiration. Puis tournant la tête, il dévisagea Wilcox avec gravité, s'apprêtant à révéler sa théorie. « Je crois que je sais à quoi servent ces H. »

~o~

Les paupières de Narcissa papillonnèrent. Comme à chaque fois qu'elle s'éveillait ces derniers jours, elle sentit tout d'abord le poids et la chaleur rassurants de Bellatrix endormie contre elle. Ça lui rappelait une époque lointaine, lorsque les éclairs zébraient le ciel des nuits d'été et que la petite Cissy traversait le manoir des Black pour aller se réfugier dans le lit de son aînée. Parfois, lorsque l'orage se muait en tempête, Andromeda les rejoignait, collant ses petits pieds froids contre ceux de ses deux sœurs. Mais Narcissa était adulte à présent et bien que Bellatrix dorme à ses côtés, elles n'étaient pas dans un lit. Seulement dans une froide petite pièce, à même le sol. Et ce n'était pas l'orage qui l'avait réveillée.

Il faisait encore sombre mais pourtant, dans le silence et l'obscurité de leur petite prison, quelque chose l'avait tirée des bras de Morphée. Elle frotta ses yeux embués de sommeil, tentant de se rappeler. C'était un bruit qui l'avait éveillée. Quelque chose bougea légèrement à l'autre bout de la pièce et Narcissa se figea, scrutant les ombres de ses yeux plissés. Inconsciemment, son souffle se bloqua dans sa poitrine. Il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce. Elle en aurait mis sa main à couper. Peut-être par réflexe, ou peut-être parce que trente ans de mariage lui avaient appris à sentir sa présence avant même de le voir, elle murmura un nom dans l'obscurité.

« Lucius ? »

Ça bougea de nouveau au fond de la pièce. Un raclement, comme une chaussure que l'on traîne sur le sol. Puis une voix lui répondit.

« Lumos ».

Narcissa fronça les sourcils, éblouie par la lumière qui perçait soudain la pénombre. Elle reconnut avec un certain soulagement les longs cheveux blonds de son époux, mais ce soulagement fut de courte durée. Ce qu'elle voyait d'autre sur le visage de son mari lui fit faire un bond et elle étouffa un cri d'effroi, qui réveilla Bellatrix en sursaut. La brune se redressa sur son séant, regardant frénétiquement autour d'elle comme un chiot perdu, avant d'apercevoir à son tour son beau-frère.

Lucius Malfoy était assis contre le mur opposé, en face de celui contre lequel les sœurs dormaient. Une de ses jambes était étendue sur le sol, l'autre repliée en accent circonflexe. Sa main gauche était posée à plat par terre, près de sa canne en ébène et argent, la droite tenait sa baguette mollement sur sa cuisse. Il regardait droit devant lui, en direction des deux femmes, et son regard bleu-gris à la lumière de la baguette semblait vide et laiteux tel celui d'un mort. Mais ce n'était pas ce regard qui avait effrayé Narcissa. C'étaient les innombrables giclées de sang qui recouvraient la face et le cou de Lucius, comme si celui-ci avait décidé de passer un kilo de betteraves au mixeur et l'avait mis en marche sans fermer le couvercle. A la différence près qu'il semblait évident que la substance rouge dont il était maculé n'était pas du jus de betterave.

Tous trois se regardèrent sans bouger, comme s'ils craignaient que le moindre mouvement ne déclenche quelque chose de terrible, d'irréversible. Il était d'ailleurs difficile de savoir si Lucius « regardait » véritablement les deux sœurs Black devant lui. Ses yeux étaient ouverts, certes, mais il paraissait fixer un point imaginaire, bien au-delà des murs gris et crasseux. Et il ne bougeait pas d'un poil. Cette immobilité commençait d'ailleurs à stresser Narcissa plus qu'elle ne l'aurait voulu. Tout ça ne pouvait rien signifier de bon. Mais quoi qu'il ait pu se passer, elle voulait l'entendre. L'entendre de sa bouche.

« Qu'est-ce que tu as fait, Lucius… », souffla-t-elle, tremblante.

Il y eut un tressaillement dans l'une des pommettes du blond, mais ce fut tout. Rien ne changea dans son regard ni dans sa posture, tandis que du côté des deux femmes, un tremblement nerveux commençait à agiter la main droite de Narcissa.

« Lucius, réponds-moi, qu'as-tu fait ? », demanda-t-elle, un peu plus fort.

Cette fois, il réagit. Ses prunelles se tournèrent imperceptiblement vers son épouse mais son regard était tellement lourd et étouffant que Narcissa sentit dans tout son être qu'il la « voyait » enfin. Un regard grave, sinistre, mais également satisfait. Quoique perdu par cette satisfaction, comme s'il venait de faire quelque chose d'étrangement grisant sans savoir si c'était bien ou mal. Narcissa déglutit. Elle connaissait ce regard. Et elle le haïssait de tout son être.

Brusquement, la terreur remplaça la curiosité.

« Lucius, dis-moi que tu n'as pas fait de mal à Draco… », gémit-elle en secouant la tête. « Ou à Hermione… »

Lucius ne répondit pas et un sourire bizarre se fraya doucement un chemin jusqu'à ses lèvres. Un sourire de travers, ni joyeux ni triste, indéfinissable.

« Merlin, qu'est-ce que tu as fait, dis-moi ! », vociféra Narcissa en se mettant péniblement à genoux. « DIS-MOI ! »

Le sourire de Lucius s'agrandissait toujours, dévoilant peu à peu les dents, puis les gencives. Avec le sang qui badigeonnait son visage, il évoqua à Narcissa un loup montrant les crocs, encore dégouttant du sang de la biche qu'il vient d'éventrer. Un rire haut-perché, grinçant, s'échappa d'entre les lèvres du blond et il porta ses deux mains à son front. Sans jamais cesser de rire. Et le ricanement s'amplifiait, résonnant dans toute la pièce, en écho avec les hurlements de Narcissa qui lui hurlait de s'arrêter et de lui avouer ce qu'il avait bien pu faire.

« J'ai fait semblant… », s'esclaffa Lucius, comme si qui que ce soit pouvait savoir de quoi il était en train de parler et pourquoi c'était si drôle. « Je les ai sauvés, parce que j'ai pas pu faire autrement…j'ai fait semblant… ahahah, j'ai pas pu… je suis la mort et je les ai sauvés… et ils n'ont rien vu ! ahahahah … »

Il riait à présent comme un dément, tandis que Bellatrix et Narcissa le regardaient, médusées. Voyant que sa sœur était trop obnubilée par la folie furieuse de Lucius, et que ce-dernier était trop occupé à rire comme un forcené, Bellatrix sauta sur ses pieds et s'apprêtait à plonger sur lui pour lui voler sa baguette lorsqu'un « Expulso ! » prononcé depuis la porte tout juste ouverte, la renvoya valdinguer d'où elle venait. Rodolphus apparut sur le seuil, tandis que sa femme s'écrasait violemment contre le mur et se ratatinait en gémissant sur le sol. Lucius, lui, riait toujours. Narcissa tourna une expression paniquée et perdue en direction de Lestrange et vit qu'il était à peu près aussi taché de rouge que son mari.

« Eh bien, Lucius, tu ne retiens plus ta joie, on dirait ! », s'exclama Rodolphus avec un rire narquois. « Tu es venu partager ça avec ta jolie femme ? C'est gentil. »

Le rire de Lucius se tarit peu à peu et il releva la tête. Des larmes avaient roulé sur ses joues, drainant légèrement les rigoles de sang séché qui s'y trouvaient déjà. Rodolphus prit cela pour des larmes d'hilarité. Lucius les essuya en reprenant son souffle.

« Je suis trop vieux pour ces conneries… », souffla-t-il à personne en particulier, tandis que son expression redevenait terne et vide comme elle l'était avant qu'il n'éclate de rire. « Trop vieux… »

Rodolphus ne l'écoutait plus, cependant. Il observait sa propre femme, qui se relevait péniblement en se massant l'arrière du crâne. « Viens ici, Bella. Gentil chien », susurra-t-il en tapant sa main droite sur sa cuisse, comme s'il hélait un vulgaire clébard.

Si les yeux de Bellatrix avaient pu tuer, Rodolphus serait déjà en Enfer. Mais au lieu de ça, il gloussa. « Moi aussi, j'ai envie de fêter ça avec ma tendre épouse. Quoi de plus normal ? Viens ici, j'ai dit. Je ne le répèterai pas deux fois », reprit-il d'un ton plus menaçant.

Pendant ce temps, Lucius s'était levé et comme un zombie, se dirigea vers la sortie et disparut en traînant la patte.

« Va te faire foutre, Rodol- », commença Bellatrix en fronçant les sourcils.

« Incarcerem », rétorqua laconiquement Lestrange sans se laisser impressionner. La seconde d'après, une gigantesque corde s'enroulait autour du cou de Bellatrix et la traînait sur le sol en-dehors de la pièce, dans un concert de hurlements et de jurons furieux. Narcissa tenta de s'interposer mais Rodolphus releva sa baguette dans sa direction et haussa un sourcil. « Oh non, tu n'as pas envie de faire ça… » Peu à peu, les hurlements de Bellatrix s'éloignèrent, jusqu'à disparaître complètement. La corde l'avait entraînée Merlin savait où et Narcissa ne l'entendait plus.

« Qu'est-ce que vous avez fait cette nuit, Rodolphus ? », reprit Narcissa d'une voix blanche. « Pas Draco, pitié… »

Rodolphus éclata d'un rire franc et secoua la tête. « Personne ne touchera à ton précieux fils, Cissy, je t'en donne ma parole. Il est l'un des nôtres ! » Rodolphus écarta les bras, avant de glousser à nouveau. « Enfin, il le sera bientôt. En ce qui concerne ta petite belle-fille chérie… » Sa bouche se tordit en un rictus amusé. « Personnellement, sa vie m'importe peu. Mais l'une de mes adeptes a un petit compte à régler avec elle, alors je ne sais pas… qui vivra verra, comme on dit. »

Les traits de Narcissa se durcirent et sa lèvre supérieure se retroussa. Rodolphus dut sentir la tempête arriver car il recula prestement et referma la porte de la petite pièce une demi-seconde avant que les poings de Narcissa ne l'atteignent et ne commencent à marteler furieusement le panneau de métal.

« Le premier qui touche à mon fils ou à Hermione, je l'égorge vous m'entendez ?! », beuglait la voix de Narcissa, étouffée par l'épaisseur de la porte. « JE L'EGORGE ! » Dans le corridor, Rodolphus gloussa encore. Les femmes, ces furies… Si passionnées. Il ne pouvait pas en vouloir à Narcissa de défendre son fils, lui-même s'il avait eu un fils, il se serait certainement battu à mort pour lui.

« Je serai ravi de prendre note de toutes tes revendications, Cissy », cria-t-il à travers la porte. « Mais pour l'instant, j'ai une autre femelle à aller faire crier… » Il éclata d'un rire gras, ravi de sa mauvaise blague, tandis que Narcissa hurlait littéralement de rage dans sa prison. D'un pas tranquille et guilleret, Rodolphus remonta le corridor du hangar sombre et humide, jusqu'à une pièce tout au fond. Appuyé contre le chambranle, il poussa du doigt la porte et avec un sourire en coin, admira le spectacle.

Bellatrix était ligotée à un vieux lit branlant, les poignets et la gorge enserrés à la tête du lit, tandis que ses jambes étaient maintenues aux pieds par des liens magiques. Lorsqu'elle le vit entrer, elle lui jeta un regard furieux qui aurait fait fuir n'importe quel homme d'âge mur, même le plus dangereux. Mais pas Rodolphus Lestrange.

Le leader des Héritiers poussa du pied la porte derrière lui et elle se referma avec un claquement sinistre.

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Un chapitre extrêmement sombre aujourd'hui, je vous le concède. On a passé une étape dans la violence des H et on sent que ça ne va pas s'arrêter là ! Que pensez-vous des dernières déclarations de Lucius ? Qu'a-t-il fait pendant cette nuit fatidique ? J'ai également essayé de parler un peu du passé de Pansy, pendant ces dix ans depuis Poudlard. Qu'en avez-vous pensé ?

J'espère également ne pas vous avoir trop retourné l'estomac avec la scène dans le cottage, mais c'était assez important pour la suite de l'histoire de bien décrire les différents décès. Avez-vous déjà une idée de qui a été tué par qui ? Et pourquoi ?

J'ai hâte d'avoir votre avis et vos hypothèses, en tout cas, car ce chapitre a été extrêmement compliqué à écrire, les idées devant être absolument mises dans le bon ordre pour que cela soit cohérent. Mais j'avoue y avoir pris beaucoup de plaisir, j'avais vraiment l'impression d'être dans une enquête des Experts, ahah.

En attendant la suite (et des réponses) lundi prochain, je vous fais plein de bisous !

Xérès