Ennemi(s) Intime(s)

Les blas-blas de Xérès : Et me revoici après 15 jours sans avoir publié de nouveau chapitre, je vous ai concocté deux adorables scènes de Dramione (au début et à la fin) qui j'espère feront palpiter vos petits cœurs ! C'était la moindre des choses après le chapitre de la dernière fois, ahah. Bonne lecture et merci à celles et ceux qui ont reviewé et lu mon OS de lundi dernier (Un fanboy pas comme les autres) ! Gracias, merci, thank you, grazie, danke schön, arigatô gozaimasu, obrigado, dekuju, choukran, takk, bref vous avez compris.

Merci à tous mes nouveaux followers (Cashmire, Jessy38, EvoL13, Rin-med-nin, JustanotherTime, Lily-Sana, ValarMorghulis-D), ainsi qu'à Temi-Chou, Erza Robin, Lyly Ford, Lemm, Mikasa, Audrey917000, Acide'nette, Voldynouchette, Loulou, Drasha, Marion, Lune-Bleue22, MissDraymione, Gouline971, laloudu77, Mrs Lyly Black, Wizzette, aussidagility, Zezely, Babar, 2fillesuneplume, PouleauPotter, TiteTyLee, Passion Fugace, jujupititetortue, Mpi28, miss damdam, okami shiroi, Lily-Sisi, lea raczkiewicz et les anonymes pour leurs reviews et à ceux qui m'ont contactée sur Facebook/Twitter.

RAR :

Anonyme du 16 mars : bienvenue à toi et merci pour ta review ! Tu as tout lu en une semaine ! Wouaah, impressionnant ! ^^ Je suis contente que mes écrits te plaisent et te captivent à ce point ! J'espère que je continuerai à t'aider à t'évader encore longtemps ! ) Bises et merci !

Lemm : ahah non je n'utilise pas le viol pour compenser l'absence de sexe dans les bouquins. Non, j'utilise ça tout simplement parce que c'est une triste réalité qu'il faut dénoncer. La taire n'aidera en rien. Lors de crimes de haine, de guerres, d'attaques par des groupuscules de tarés, les viols sont quasi-systématiques et pas seulement du côté des « méchants ». Prenons l'exemple de la 2ème guerre mondiale : les nazis violaient et tuaient à tours de bras. Et quand les russes sont venus libérer Berlin en 45, la première chose que les soldats ont fait c'est d'aller dans toutes les caves chercher tout ce qui avait un vagin de plus de douze ans et de les violer. Je cherche avant tout à être réaliste et malheureusement, la réalité est ainsi : ce genre de crimes entraîne une excitation chez le criminel, il se sent tout puissant, tel un Dieu qui a droit de vie et de mort sur ses victimes. Cela se mue en excitation sexuelle très souvent. Pour le constater, il suffit de lire les faits divers… Les morts sont bien morts mais ce n'est pas de l'horreur gratuite, il y a bel et bien un élément clé dans tout ça (du côté de Lucius). Merci pour ta review en tous cas )

Mikasa : Merci pour ta review ! Pour te citer, tu dis : « Ils ont dû prendre un malin plaisir à tuer tout le monde »… Si tu regardes bien la victimologie, ce n'est pas tout à fait vrai… ahah. Toute la clé du mystère « Lucius » est là-dedans, mais tu auras la réponse bientôt. Le Pouffsouffle fait peut-être bien partie des H infiltrés oui, hihi. Tu verras bien ! Gros bisous et bonne lecture !

Loulou : ne t'inquiète pas si tu n'as pas lu depuis un moment, c'est normal ! La 1L c'est difficile, j'avais pas mal bossé moi aussi, comme j'avais spé Anglais + LV2 + LV3 + latin, les TPE et tout le bazar, je finissais parfois les cours à 18h ! En revanche, en terminale j'ai eu l'impression d'être au club med, ahahah. Merci pour ta review !

Drasha : ahah mais Théo et Rodoudou sont complètement différents. Théo est un sociopathe obsessionnel, il se fixe sur une seule et même personne. Rodolphus est un mégalomaniaque sanguinaire et raciste, qui veut éradiquer une population qu'il considère comme « inférieure ». Ta théorie sur Lucius est assez bonne comme tu le verras bientôt ^^ Merci pour ta review et bonne lecture !

Marion : soft gore mais pas pour tout le monde, certaines ont eu du mal ! Lucius a effectivement tué Vanessa mais pas seulement ! Toutes les explications très bientôt, en tous cas. Merci à toi et gros bisous !

Jujupititetortue : ahahah tu vas devoir te battre avec quelques autres lectrices si tu veux avoir Théo pour toi toute seule, il y a du monde qui fait déjà la queue ! XD Merci pour ta review !

Lily-Sisi : bienvenue à toi ! Contente que Rise t'ait plu et que tu aies décidé de poursuivre avec Ennemi(s) Intime(s) ! Tes compliments me font vraiment plaisir, même si tu sembles décidée à me maudire chaque semaine, ahah, je te pardonne. A bientôt et merci pour ta review !

Chapitre 21 : Règlements de comptes

Avec un léger soupir de lassitude, Hermione s'appuya contre le meuble de la salle de bains pour observer son reflet dans la glace. Elle avait les traits tirés, les yeux légèrement cernés, mais les lèvres rouges et gonflées des baisers échangés avec Draco au cours de la nuit. Leur petite escapade coquine dans l'arrière-boutique avait vraisemblablement réveillé quelque instinct animal du blond et après son retour du travail, ils avaient passé une bonne partie de la nuit à faire l'amour. Hermione ne s'en plaignait absolument pas… seulement le manque de sommeil se faisait légèrement sentir au petit matin. Heureusement, l'anticernes et quelques sortilèges bien placés lui permettraient de ne pas trop se faire remarquer par Œil de Lynx (comprendre le Directeur, Severus Rogue) en arrivant à Poudlard. Un mouvement attira son regard dans le miroir et elle vit Draco se traîner mollement jusqu'à elle, les yeux à moitié clos, pour venir poser son front sur l'une de ses épaules.

Et ne plus bouger.

« Eh oui, c'est ça de vouloir jouer les grands garçons et de se coucher tard… », railla Hermione en passant une main par-dessus son épaule pour ébouriffer les cheveux blonds.

Pour toute réponse, les bras de Draco passèrent autour de sa taille et il grogna. La brune sourit et secoua la tête avant d'attraper sa brosse à dents sur le meuble. Elle y mit une dose de dentifrice et s'attela à la tâche. Les mouvements de son bras perturbèrent le jeune homme, qui tentait de finir sa nuit sur son épaule, et il marmonna une protestation.

« Vas te recoucher, je te réveille en partant dans une demi-heure », articula-t-elle malgré le dentifrice qui envahissait sa bouche en moussant.

Le blond traîna de nouveau des pieds hors de la salle de bains et Hermione gloussa en entendant une masse lourde s'effondrer sur le lit, qui grinça. La jeune femme se doucha, s'habilla, se maquilla et vint rapidement réveiller Draco étalé sur le lit. Celui-ci se leva péniblement et entra dans la salle de bains pour fouiller dans les affaires de toilette. Hermione sortit de la chambre et descendit au rez-de-chaussée, prête à partir. Quand soudain un vacarme de tous les diables résonna au-dessus de sa tête, suivi d'un juron sonore.

« Est-ce que tout va bien ? », s'écria Hermione en levant la tête en direction de l'escalier.

« Ouais, ça va, ça va, j'ai renversé une partie de tes affaires… », répondit le blond depuis l'étage.

Hermione soupira et leva les yeux au ciel avant d'enfiler son manteau. Quand soudain, la voix de Draco s'éleva de nouveau.

« Bah… elle est où ta plaquette de pilules ? »

Hermione se figea, les yeux ronds et jeta un regard paniqué en direction de l'horloge. Ce n'était absolument pas le moment de parler de ça, elle allait finir par être en retard à son premier cours et Rogue allait encore lui tomber dessus.

« Euh…. Je ne sais pas, j'ai dû la mettre dans mon sac à main », mentit-elle en s'empressant de prendre toutes ses affaires pour filer vers la porte d'entrée.

« Tu te fiches de moi, elle ne bouge jamais d'ici cette plaquette… », reprit Draco, avant de faire silence pour attendre la réponse d'Hermione. Qui ne vint pas. « Hermione ? »

La jeune femme grimaça et détala en direction de la sortie.

« Bon, je ne sais pas, je suis à la bourre, à ce soir, je t'aime, bisous ! », déclama-t-elle aussi vite que possible. Elle n'eut que le temps d'entendre un « Reviens ici, toi ! » poussé par Draco qui dévalait les escaliers avant de claquer la porte derrière elle. Lorsqu'il parvint à la porte d'entrée, elle avait Transplané.

Atterrissant à la limite de Poudlard, Hermione s'autorisa quelques secondes pour souffler un peu. Elle n'avait pas du tout prévu d'avoir cette conversation avant d'aller travailler et elle avait opté pour la solution la plus rapide (et la plus bête) : la fuite. Tant pis, ils auraient tout le temps d'en parler ce soir. Elle entra dans le périmètre de l'école et remonta le chemin jusqu'au château. Quelques élèves prenaient l'air frais du matin avant d'aller en classe et elle se sentit elle-même un peu plus détendue lorsque la brise fouetta ses joues. Les matinées devenaient plus fraîches, l'automne approchait. Soudain, elle vit quelques élèves glousser en fixant un point, au loin derrière elle et elle fronça les sourcils. Se retournant, elle vit accourir Draco, l'air bien décidé à poursuivre leur conversation. Le blond avait enfilé un jean à la va vite mais en dehors de ça, il était pieds nus sur les graviers (ce qui ne semblait pas très agréable au vu de sa démarche étrange) et il avait manifestement jugé qu'il serait superflu de mettre une chemise. Hermione rougit violemment lorsque les gloussements s'intensifièrent et s'accompagnèrent de murmures.

« Je peux savoir pourquoi tu as fui comme une voleuse ? », la héla le blond en accélérant le pas.

Oh mon Dieu, il ne va pas faire ça devant les élèves ?, paniqua Hermione en jetant des regards catastrophés autour d'elle.

Un garçon de septième année siffla et un concert de rires s'éleva sur la pelouse.

« Draco, j'ai cours dans quelques minutes, il faut absolument que j'y aille et… toi aussi, si tu ne veux pas te faire embarquer pour attentat à la pudeur », siffla-t-elle en couvrant tant bien que mal le torse du blond avec son sac de cours.

« Je m'en fiche, réponds à ma question », s'entêta le blond en plissant les yeux.

« Ne fais pas l'enfant », protesta désespérément Hermione. Baissant le nez, elle vit la chair de poule sur les bras de son fiancé et mit les mains dessus pour les frictionner vivement. « Tu vas attraper la mort si tu restes comme ça dehors. Rentre à la maison… »

« Pas tant que tu ne m'auras pas dit ce que tu as fait de ta pilule », rétorqua le blond, qui esquissa un sourire en la voyant rougir.

« On est entourés d'élèves, ce n'est pas le moment », souffla-t-elle en constatant que tous les yeux étaient rivés sur le torse de son fiancé.

« Je m'en fiche… », souffla-t-il en collant son front contre le sien. « Dis-moi. »

Hermione se mordit la lèvre inférieure, fronça les sourcils et grimaça. Oh Merlin, c'est pas vrai…, gémit-elle intérieurement. Lorsqu'elle leva les yeux, ceux-ci rencontrèrent les iris bleu-gris de Draco. En un instant, elle comprit à son regard intense et à son sourire en coin qu'il connaissait déjà la réponse. Un semblant de réponse commença malgré elle à se former sur ses lèvres mais les yeux du blond étaient tellement remplis d'amour et de joie qu'elle en perdit ses moyens.

« Bbb-je-ssss-mais… », balbutia-t-elle avant de prendre une longue inspiration, les yeux clos. « D'accord, je l'ai arrêtée. »

« Tu l'as arrêtée », répéta calmement Draco tout contre elle. « Quand ? »

Les paupières toujours fermées, Hermione répondit : « Quand on s'est disputés à ce sujet… Je… Tu avais l'air tellement triste et… je me suis dit que si j'attendais d'être complètement prête, on ne se lancerait jamais alors… j'ai décidé sur un coup de tête, allez soyons fous, ça ne me ressemble tellement pas, je sais, mais c'était- »

Elle n'alla pas au bout de sa phrase. Les lèvres de Draco s'étaient écrasées contre les siennes et les ravageaient d'un baiser passionné tandis qu'il serrait le visage d'Hermione entre ses mains. Celle-ci, surprise, ouvrit les yeux un bref instant, avant de les refermer pour se laisser emporter. Autour d'eux, les sifflements et les gloussements des étudiants s'élevèrent à nouveau, mais bizarrement, elle les entendait comme à travers un épais rideau. Lointains, atténués. Après un long moment, Draco consentit enfin à mettre un terme à leur baiser et ils se séparèrent, lui un large sourire aux lèvres et elle aussi rouge qu'une tomate bien mûre.

« Au cas où ça ne serait pas assez explicite, je t'annonce que je suis très, très, très heureux », souffla le blond en la dévorant du regard.

Hermione s'éclaircit la gorge et esquissa un sourire. « Je crois que j'avais saisi », murmura-t-elle à son tour.

« Bon, eh bien, je vais rentrer me préparer… », reprit le blond en reculant prudemment sur les cailloux du chemin.

« Oui, c'est une bonne idée », approuva Hermione, dont le sourire était à présent tellement grand que ses zygomatiques en souffraient. « Et euh… n'oublie pas de mettre une chemise cette fois. Un pull. Quelque chose. »

« Si j'y pense », railla le blond. « A ce soir ? »

Hermione se contenta de lui adresser un signe de la main. Elle recula de quelques pas, puis lui lança : « Tu es vraiment dingue, tu le sais, j'espère ? »

Draco sourit simplement et se détourna pour sortir au petit trot du périmètre de Poudlard. Hermione le regarda s'éloigner, les joues en feu, puis fit volte-face pour regagner le château. Elle avait envie de laisser éclater sa joie et de tournoyer sur elle-même comme une enfant de cinq ans mais se retint.

« Eh, m'dame, on peut avoir un bisou, nous aussi ? », demanda un élève de septième année en tendant les lèvres sur son passage.

« Ça dépend, tu veux une retenue samedi matin ? », rétorqua-t-elle sans pour autant parvenir à se défaire de son immense sourire. « Allez, c'est l'heure des cours, dépêchez-vous », ajouta-t-elle en leur faisant signe d'entrer dans le château.

Le jeune impudent qui avait tenté sa chance esquissa une expression faussement déçue, tandis que ses camarades éclataient de rire. Elle ne vit pas le petit garçon dissimulé derrière un arbre près du portail. Ni ses yeux noir et marron s'interroger sur ce qu'il venait de voir.

Elias sortit de derrière son arbre et regarda Hermione pénétrer dans le bâtiment. Derrière elle, des élèves ayant assisté comme lui à la scène, passèrent devant le garçonnet.

« Non mais tu as entendu ça ? », piailla une des filles du groupe placé le plus près du couple. « C'est tellement mignon ! »

« Je n'ai pas trop compris », avoua une Gryffondor en fronçant les sourcils. « Quelle est cette pilule dont ils parlaient ? »

La première leva les yeux au ciel. « Chez les moldus, la pilule, c'est un moyen de ne pas avoir d'enfants… Qu'est-ce que vous êtes arriérés par moments, vous les Sang-Pur… », se moqua la première jeune fille. « En d'autres termes, le professeur Granger et son beau gosse veulent faire un bébé ! »

Les yeux d'Elias s'écarquillèrent en entendant la dernière phrase. Un bébé ? Il sentit son cœur se serrer légèrement à cette idée. Il avait eu beau se préparer longtemps à l'éventualité de trouver Hermione à nouveau mère en rentrant en Angleterre, il avait été ravi de voir que ce n'était pas le cas. Toutefois, il semblait logique qu'elle passe ce cap avec Draco. Même en le souhaitant très fort, il n'aurait jamais pu rester son unique enfant. Elias soupira et remit son sac à dos sur son épaule. Une expression maussade sur le visage, il partit assister à son premier cours de la journée.

~o~

Seule dans sa cellule du hangar des Héritiers depuis que Rodolphus avait emporté Bellatrix avec lui, Narcissa avait vu l'aube se lever à travers les vitres sales qui longeaient le haut plafond. Le soleil s'était levé puis de lourds nuages avaient obscurci le peu de lumière qui filtrait dans sa geôle. Les secondes, les minutes, puis les heures s'égrenaient avec une lenteur atroce. Lorsque la porte se rouvrit enfin. Narcissa sauta sur ses pieds… mais ce n'était que Lucius. Il n'était plus couvert de sang, comme lorsqu'il était entré dans cette même pièce au cours de la nuit. Il avait l'air également plus calme et son regard bleu avait retrouvé sa dureté d'antan.

« Où est Bella ? », aboya Narcissa en lui jetant un regard méprisant. C'était tout ce qui lui importait à présent : savoir comment allait sa grande sœur.

« Toujours avec son mari », répondit sombrement Lucius en refermant la porte derrière lui.

« Ne l'appelle pas comme ça, il n'a rien d'un mari », cracha-t-elle, venimeuse.

« Pourtant c'est ce qu'il est légalement… tout comme je suis le tien », ajouta le blond en guettant sa réaction. Qui ne mit pas longtemps à venir.

Narcissa ricana et siffla entre ses dents avec dédain. « Si je sors d'ici, je te jure que tu ne le seras plus très longtemps, Lucius Abraxas Malfoy… Je me ferai une joie de t'envoyer moi-même les papiers du divorce. »

L'interpellé lui adressa une expression légèrement blessée. Mais sa froideur habituelle reprit le dessus et Narcissa n'eut même pas le temps de s'en apercevoir. « On ne divorce pas d'un Malfoy », assena-t-il en la fixant.

« Tu veux parier ? »

Les deux époux échangèrent des regards de défi, mais Lucius détourna le sien le premier. Il n'était pas venu se disputer avec elle. A pas lents et mesurés, il gagna le coin de la pièce qu'il avait occupé encore quelques heures plus tôt et s'assit au même endroit. Narcissa, toujours debout, le regarda faire avec les sourcils froncés. D'un geste nonchalant, Lucius frotta du doigt une tache de sang séché sur le sol. Il avait dû en laisser derrière lui. Après tout, il en était couvert quand ils étaient revenus de leur boucherie.

« Je n'ai pas aimé ça, tu sais… », souffla-t-il comme s'il redoutait que quelqu'un l'entende. Mais à part Narcissa, il n'y avait personne d'autre dans la pièce.

Celle-ci pencha la tête en avant et croisa les bras, incertaine de ce qu'elle venait d'entendre. « Pardon ? »

Lucius releva le nez et la fusilla du regard, comme s'il lui en voulait de lui faire répéter. « Je n'ai pas aimé ça… », réitéra-t-il plus sèchement. « Ce qu'on a fait cette nuit. » Sa femme l'observa, interdite et comme il ne recevait pas de réponse, Lucius reprit la parole. « Autrefois, ça me plaisait. Torturer, tuer… Entendre les cris, voir le sang couler. Je me sentais puissant, j'adorais avoir toutes ces vies entre mes mains… » Il se tut.

Narcissa ne répondit pas, se contentant de l'analyser prudemment.

« Pas hier soir », acheva Lucius dans un grognement.

Elle décroisa les bras mais continua de le sonder depuis l'autre côté de la pièce. Qui savait si ce n'était pas un nouveau stratagème pour l'attendrir ? Il en était tout à fait capable. « Pourtant, tu étais couvert de sang. Tu ne ressemblais pas à quelqu'un qui n'a pas aimé commettre un massacre… », maugréa-t-elle.

« Tu as tort. » Lucius fronça le nez et recommença à gratter la tache de sang sur le sol, avec des gestes nerveux. « Tu ne sais pas comment ça s'est passé. Ils étaient déchaînés. Comme des chiens de combat égorgeant un nourrisson. Sans aucune pitié, sans aucune retenue. Des charognards. Même sans participer réellement, j'en ai été recouvert… »

Narcissa esquissa une grimace d'effroi mais ne dit rien.

« Même le Seigneur des Ténèbres n'est jamais allé aussi loin », reprit Lucius. « Il tuait toujours très proprement, comme un sorcier qui se respecte est censé le faire. J'ai voulu freiner leurs ardeurs, je te jure que j'ai essayé… Mais Rodolphus m'avait à l'œil. Leurs vraies cibles, c'étaient les deux enfants modifiés. Les autres n'étaient que des bonus. Après s'être occupés des parents, ils ont voulu aller chercher le fils aîné. Je suis passé en premier. Le gamin nous tournait le dos, il était devant un de ces ordinateurs moldus et ne nous a pas vus venir. Je lui ai jeté un Avada Kedavra avant que les autres ne l'atteignent. Rodolphus a pris ça pour de l'empressement à tuer de nouveau, alors que c'était de la pure et simple pitié. J'ai fait pareil quand ils ont trouvé la fille. L'un d'eux était déjà sur elle et la violait… je l'ai achevée avant qu'il ait terminé et j'ai prétexté qu'on manquait de temps : les secours allaient arriver. Pour les autres, je n'ai rien pu faire. »

Le silence retomba dans la pièce. Narcissa eut une impression étrange pendant un instant : c'était certainement la plus longue conversation qu'elle ait eue avec Lucius depuis… de longs mois. Elle n'osait même pas répondre, de peur de le briser dans son élan. Mais il ne dit plus rien et Narcissa sentit la colère monter.

« Et alors ? Tu veux quoi, une médaille ? », gronda-t-elle, tandis qu'il la dévisageait d'un air surpris. Ce n'était clairement pas la réaction qu'il attendait et Narcissa s'en félicita intérieurement. « Peu importe pourquoi tu as tué ces deux enfants, tu l'as fait. Tu aurais pu tenter de les sauver mais tu as choisi de prendre leurs vies à la place. Tu ne vaux pas mieux que tous les autres. »

« Je n'avais pas le choix ! », protesta Lucius en se redressant vivement. « Si Rodolphus avait senti mes doutes, il m'aurait tué sur le champ ! Et mon cadavre aurait été retrouvé avec ceux de cette famille ! »

« Au moins tu serais mort comme un homme au lieu de vivre comme un lâche », cracha Narcissa avec colère. « Ah c'est sûr, attaquer de pauvres gens sans défense c'est amusant, mais quand il s'agit de mourir pour ses idées, là il n'y a plus personne ! Crois-tu qu'avant la Bataille de Poudlard, Arthur Weasley s'est dit : 'oh non, je risque de me faire tuer ! Vite, livrons Potter à Voldemort et rentrons au Terrier avant que les choses ne se corsent !' », fit-elle en geignant comme un enfant de trois ans. Avant de reprendre une voix normale. « Non ! Il a combattu jusqu'au bout et est mort en héros. Toi, tu n'es qu'une merde. »

La dernière insulte fit l'effet d'une gifle et Lucius recula imperceptiblement la tête, choqué. Il ouvrit la bouche pour protester mais Narcissa n'en avait pas fini avec lui.

« Tu te rends compte qu'en t'associant avec ces cinglés, tu mets ton propre fils et ta belle-fille en danger ? », s'indigna-t-elle. « Tu n'as donc pas retenu la leçon, la dernière fois ? Ou peut-être que tout l'alcool ingurgité ces dernières années t'a lavé le cerveau ? »

Le visage de Lucius s'assombrit. « Ne plus prendre plaisir à tuer ne signifie pas que je ne suis pas d'accord avec leurs idées, Narcissa », gronda-t-il en se décollant du sol pour cette fois la toiser de toute sa hauteur. « Je continue de penser que la magie devrait être réservée aux seuls Sangs-Purs. Ce monde dans lequel nous vivons aujourd'hui… » Il serra les poings. « Fraterniser avec les moldus, leur laisser profiter de notre magie… C'est une insulte à nos ancêtres qui ont été traqués, persécutés et condamnés à se terrer comme des rats depuis des siècles. Ils ne méritent pas notre clémence ! Encore moins nos baguettes ! »

« Il arrive un moment où il faut savoir tourner la page, Lucius ! », protesta Narcissa en écartant les bras. « Les sorciers ne sont plus craints par la population, nous pouvons enfin vivre libres, sans nous cacher ! Et vous, vous crachez sur cette évolution en prétextant une vieille rancœur envers une génération de Moldus éteinte depuis des siècles ! Vous êtes complètement à côté de la plaque ! »

« Peu importe, je compte bien éviter cette déchéance à ma lignée, avec ou sans ton accord », grommela le blond en se dirigeant à grands pas vers la sortie.

Narcissa se précipita entre lui et la porte pour faire barrage de son corps. Bien qu'elle tente de se donner un air féroce, Lucius lisait la terreur dans ses yeux. « Si tu fais du mal à Hermione, tu fais du mal à ton fils. Et à moi. »

Lucius la saisit par le bras et l'écarta vivement de son chemin. Il ouvrit la porte, sortit et se retourna une dernière fois pour la fusiller du regard. « Il survivra. » La dévisageant brièvement, il ajouta : « Et toi aussi. »

~o~

La morosité d'Elias semblait contagieuse. Autour de lui, tout lui semblait fonctionner au ralenti et à l'heure du déjeuner, le temps lui aussi se mit de la partie. De gros nuages noirs s'amoncelèrent dans le ciel d'automne et en quelques minutes, des trombes d'eau accompagnées de foudre et de tonnerre s'abattirent sur l'Ecosse. En milieu d'après-midi, alors qu'Elias et Victoire revenaient en courant sous la pluie de leur cours d'Herbologie niveau 1, l'humeur du garçonnet n'était déjà pas au beau fixe et en voyant les regards mauvais de deux sixièmes années abrités sous les arcades du cloître, il sut que cela n'allait pas s'arranger.

L'un des deux élèves aux regards noirs était le Pouffsouffle qui avait bousculé David la veille, Elias le reconnut aussitôt. L'autre était un Serpentard, encore inconnu au bataillon. Elias baissa les yeux et tenta de passer devant eux sans les regarder, mais les deux grands semblaient décidés à en découdre de toute manière. D'un geste vif, le Pouffsouffle tira sur la sangle du sac d'Elias, projetant l'enfant violemment en arrière. Elias tomba au sol avec un cri de douleur étouffé. Toutefois, les deux brutes ne semblèrent pas satisfaites. Le Serpentard leva un pied et l'envoya directement valser dans le ventre du petit brun.

« Non, mais ça va pas ! Arrêtez ! », aboya aussitôt Victoire en se jetant sur le Serpentard pour le marteler de coups de poings. Cela ne sembla pas faire grand mal à l'adolescent, qui la repoussa en arrière d'une seule main. Victoire trébucha en arrière et heurta du dos l'un des piliers du cloître.

« Hé, mais vous êtes fous, stop ! », s'égosilla une Serdaigle en accourant vers le petit groupe.

Victoire la reconnut aussitôt. C'était la Préfète-en-Chef afro-britannique qui les avait accueillis à la sortie du Poudlard Express et forcés à monter dans les barques pour traverser le Lac Noir. Sandra Abitbol, élève de Pouffsouffle. Le Serpentard donna un dernier coup de pied dans l'abdomen d'Elias, qui gémit faiblement, puis se tourna vers la Préfète-en-Chef avec un sourire hypocrite.

« J'ai rien fait, il est tombé sous mes pieds ! », déclara-t-il en levant les mains.

« Menteur ! Il l'a fait tomber et il l'a frappé ! », vociféra Victoire en se ruant sur la jeune fille.

« Ne te fiche pas de moi, Travers, je t'ai vu », gronda Sandra en croisant les bras. « Tous les deux, vous allez prendre cher, croyez-moi. »

Les deux sixièmes années bombèrent un peu le torse et s'avancèrent, menaçants, vers la Préfète-en-Chef. Bien qu'âgée d'un an de plus, elle mesurait une bonne tête de moins qu'eux et ne sembla pas rassurée de les voir ainsi se diriger sur elle.

« Et tu vas faire quoi, Abitbol ? Nous attacher à un piquet et danser toute nue autour de nous en égorgeant un poulet ? », grogna le Pouffsouffle, Ménélas Fawley, en serrant les poings. Son comparse éclata de rire.

« Joli, les gars », railla Sandra en leur jetant un regard sévère et méprisant. « D'abord vous frappez un petit, et maintenant les insultes racistes ? Vous n'arrangez pas votre cas. Qu'est-ce que vous pensez de 100 points en moins ? Chacun. »

« Essaye si tu l'oses… », murmura Fawley en frappant son poing droit dans sa paume gauche.

Malgré tous les efforts de Sandra pour garder une expression implacable, un éclair de crainte passa dans ses yeux et elle sortit sa baguette de sa poche. Normalement, les Préfets-en-Chef n'avaient pas le droit de faire asseoir leur autorité par la magie, mais c'était un cas d'extrême urgence.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? », aboya une voix féminine, qui résonna dans tout le cloître. Sandra retint un soupir de soulagement en voyant approcher les professeurs McGonagall et Granger. La première fonça illico sur les trois adolescents, tandis que la seconde se précipitait sur Elias toujours à terre, Victoire à ses côtés. « Miss Abitbol, que signifie tout ce remue-ménage ? Pourquoi menacez-vous ces élèves de votre baguette ? », s'offusqua McGonagall en les regardant tour à tour.

« Travers et Fawley ont frappé ce garçon alors qu'il était à terre, Professeur », répondit aussitôt Sandra en fusillant les deux barbares du regard. « Et ensuite ils ont insulté mes origines quand j'ai menacé de leur retirer des points. » Elle reprenait un peu de poil de la bête avec la présence d'adultes mais elle sentait tout de même ses genoux trembler. Elle préféra ne pas imaginer ce qui aurait pu se passer si les professeurs n'étaient pas intervenus.

« Vous deux, avec moi, bureau du Directeur, tout de suite », hacha McGonagall en pointant le majeur et l'index sur les deux garçons. « Vous commencez bien l'année, dites-moi. » La professeur de Métamorphoses se retourna brièvement en direction d'Hermione. « Occupez-vous des petits, Miss Granger, je me charge de ces deux-là. Vous pouvez y aller Sandra », ajouta-t-elle à l'attention de la Préfète-en-Chef, qui hocha la tête avant de s'éclipser prestement.

Pendant ce temps, Hermione accroupie aux côtés d'Elias, scrutait d'un air inquiet la boursouflure rouge qui enflait sur la lèvre du garçonnet.

« Où est-ce qu'il t'a frappé ? », demanda-t-elle, les sourcils froncés.

« Là », répondit Elias en grimaçant et en indiquant son torse. Il avait la respiration sifflante. Hermione se surprit à craindre qu'il ait une côte ou deux de fêlées.

« Viens, on file à l'infirmerie », le pressa-t-elle, tandis que Victoire ramassait d'un air préoccupé le sac d'Elias pour le porter.

Elle se releva mais lorsqu'Elias tenta de faire de même, il poussa un gémissement de douleur et retomba sur le sol. « J'ai mal… », haleta-t-il. Hermione vit un bourgeon de larme poindre au coin de l'œil marron du garçonnet.

Sans réfléchir, elle se baissa de nouveau et passa un bras derrière les genoux d'Elias, avant de lui demander de serrer son cou. Les bras de l'enfant se glissèrent autour d'elle et, poussant bien fort sur ses jambes, elle se releva en le portant dans ses bras. Le petit garçon gémit un peu mais ce fut tout.

Il est plus lourd que je ne le pensais, fit intérieurement Hermione en réalisant bêtement qu'elle aurait pu le faire léviter, tout simplement. Mais il était tellement cramponné à elle à présent qu'elle n'eut pas le courage de lui demander de lâcher. Au lieu de ça, elle se concentra et décida de lancer un sortilège sans baguette pour alléger un peu le poids de l'enfant dans ses bras. Ceci fait, elle se dirigea aussi vite qu'elle le put vers l'infirmerie. Mrs Pomfresh était assise à son bureau, à étiqueter des fioles de différentes potions lorsqu'Hermione, Elias grimaçant dans ses bras, et Victoire pénétrèrent dans son antre.

L'infirmière leva des yeux étonnés et quitta aussitôt sa chaise en faisant signe à Hermione de poser Elias sur un lit.

« Que lui est-il arrivé ? », demanda-t-elle à Hermione. Mais ce fut Victoire qui répondit à sa place.

« Des grands lui ont donné des coups de pied dans le ventre ! », clama-t-elle avec véhémence. Ses yeux bleus habituellement si doux flamboyaient littéralement de colère et Poppy lui jeta un regard étonné.

« Bon, sortez, je vais l'examiner ! », ordonna-t-elle en agitant les mains vers la sortie.

Victoire obéit mais Hermione ne bougea pas, l'air légèrement ailleurs.

« Vous aussi, Miss Granger », ajouta Pomfresh en posant sa main sur l'épaule de la jeune femme. Hermione sursauta et reprit ses esprits.

« Pardon, oui… je… je sors… », fit-elle en reculant lentement. « Je… je serai juste derrière la porte si jamais… enfin… j'y vais… »

L'infirmière lui claqua quasiment la porte au nez et Hermione cligna des yeux plusieurs fois avant de se détourner pour trouver un coin confortable où patienter. Victoire l'observait d'un air inquiet, le sac d'Elias pesant toujours sur son épaule, par-dessus le sien.

« Hermione, tu crois que ça va aller ? », demanda-t-elle doucement.

L'interpellée se retourna et esquissa un sourire confiant. « Oui, Mme Pomfresh a vu bien pire que ça, ne t'en fais pas ! », assura-t-elle. « Elle a déjà fait repousser tous les os d'un bras d'Harry, j'imagine que tu connais l'histoire… »

« C'est vrai », opina la fillette, quelque peu rassérénée.

« Si tu me disais exactement ce qu'il s'est passé, maintenant ? », reprit la jeune femme en inclinant la tête sur le côté.

Victoire reprit une expression sérieuse et pinça les lèvres, avant de raconter l'agression d'Elias, et celle de David la veille. Hermione l'écouta attentivement, un mauvais pressentiment lui serrant les entrailles. Il fallait qu'elle en parle à Rogue. Tout ça n'augurait rien de bon.

~o~

Les vieux réflexes ont la peau dure. Bellatrix l'avait constaté tout au long de la journée. Et maintenant assise sur le matelas de propreté douteuse de Rodolphus, les bras serrant ses genoux pour tenter de se réchauffer un peu, elle avait l'impression désagréable que les dix dernières années n'avaient pas existé ailleurs que dans son imagination. La vie loin de son époux, même à Azkaban, lui avait paru plus douce que les vingt années de mariage qui avaient précédé. Mais tout cela avait été balayé à la seconde où, attachée au lit, il était à nouveau entré en elle, ses yeux cruels rivés dans les siens. Encore et encore.

Pendant son incarcération, Bellatrix s'était surprise à s'imaginer bottant les fesses blafardes de ce sale dégénéré auquel on l'avait mariée à la fin de ses études. Elle aimait à penser qu'elle avait changé, qu'elle était devenue plus forte. Suffisamment pour pouvoir résister si jamais elle se retrouvait de nouveau confrontée à lui. Sottises. Elle était en face de lui à présent et elle ne s'était jamais sentie aussi vulnérable. Plus de magie. Plus de Voldemort pour échapper à son emprise. Elle était encore plus démunie qu'autrefois.

Le plus surprenant avait été la rapidité avec laquelle elle avait remis en marche les automatismes de sa vie d'avant. Fermer les yeux. Serrer les dents. Attendre que cela passe. Si en plus elle émettait un gémissement feint au bon moment, l'ordure serait satisfaite et la laisserait tranquille quelques heures. Ouvrir les yeux. Le regarder haleter en espérant silencieusement le voir s'étouffer à mort avec sa propre salive. Rêver d'arracher ce sourire odieux de ses lèvres sèches et dures. Mais ça n'arrivait malheureusement jamais. Jamais.

En milieu de journée, il l'avait détachée. Principalement car la position dans laquelle il la prenait depuis des heures commençait à le lasser. Bellatrix lui en fut presque reconnaissante tant la douleur dans ses épaules et ses poignets était cuisante.

Le menton posé sur ses genoux, la brune tourna un regard torve en direction de Rodolphus étendu à côté d'elle. Un sentiment qu'elle n'avait plus éprouvé depuis très longtemps fit bouillir son sang dans ses veines, bien qu'elle tente par tous les moyens de le faire taire.

L'envie de tuer.

Autrefois dirigée vers les Sangs-de-Bourbe, cette envie avait pris tout son sens lorsque le psychiatre qui l'avait suivie en prison au cours des trois dernières années avait émis une hypothèse, changeant fondamentalement sa vision des choses.

« Et si c'était véritablement Rodolphus que vous vouliez tuer ? », avait-il proposé, en la fixant de son regard apaisant. « Mais vous sachant impuissante contre lui, vous passiez vos nerfs sur des innocents. Concentrant votre colère sur une cible plus acceptable du point de vue de votre Maître. Une cible qui ne vous ferait pas trahir votre sang. »

Bellatrix avait pensé qu'il n'avait peut-être pas tort. Mais aujourd'hui, elle comprenait qu'il avait raison sur toute la ligne. Depuis sa sortie de prison, elle avait été effrayée, intimidée, paniquée, plongée dans le monde moldu… mais jamais le meurtre ne lui était passé par la tête. Jusqu'à cet instant précis.

Elle se voyait assise sur lui, plantant inlassablement un poignard dans le cœur, le ventre, les poumons, la gorge de cet abruti. Elle pouvait presque sentir l'odeur du sang chaud giclant à chaque coup. Un sourire dément sur ses lèvres… La vision la réchauffait presque de l'intérieur.

Et Bellatrix eut peur. Secouant la tête, elle ferma les yeux pour chasser ces visions, de crainte de perdre le contrôle d'elle-même. Elle ne voulait pas retomber là-dedans. Car si elle tuait Rodolphus et qu'elle aimait ça… serait-elle capable de s'arrêter à nouveau ? Elle voulait penser que oui, mais elle devait admettre qu'elle n'en savait absolument rien.

« Tu sais, si vous promettez d'être gentilles, Narcissa et toi… vous pourriez aller et venir librement dans le hangar… »

La voix grave et sinistre de Rodolphus la tira de ses pensées. Elle tourna la tête vers lui, une expression indéfinissable sur ses traits.

« Je crains que toi et moi n'ayons pas la même définition de la gentillesse », lâcha-t-elle, méprisante avant de resserrer ses bras autour de ses jambes nues.

« Toujours le mot pour rire, Bella », murmura Rodolphus en la scrutant. « Je parle de renouer avec tes vieilles habitudes… »

« Oh, tu veux dire : écarter gentiment les cuisses et imaginer quelqu'un d'autre à ta place ? » Elle esquissa un sourire faux. « Merci, mais je crois que c'est déjà fait. »

Il la fusilla du regard et Bellatrix vit l'un de ses poings se contracter sur le drap jeté par-dessus eux, si fort que ses jointures blanchirent.

C'est ça, frappe-moi Rodolphus, supplia-t-elle en silence. Frappe-moi aussi fort que tu le peux et avec un peu de chance, toute cette merde s'arrêtera pour toujours…

« Je te parle de posséder à nouveau une baguette, femme stupide », cracha Rodolphus en relâchant le drap, désormais froissé. « De redevenir la grande sorcière que tu étais autrefois. Et pas cette pâle copie de toi que le système a créé. Cette mollassonne bien dressée, aussi féroce qu'un chihuahua en fin de vie. Ce n'est pas toi. »

« Tu ne sais rien », souffla-t-elle, si bas que Rodolphus fronça les sourcils et lui demanda de répéter. « Tu n'as aucune idée de qui je suis ! », réitéra-t-elle, bien plus fort cette fois.

« Tu es une Sang-Pur, une Black-», commença son époux en se redressant sur le matelas.

« J'étais une brillante étudiante à l'Académie de Salem ! », l'interrompit-elle en le frappant des deux mains sur le torse. Surpris, Rodolphus recula et tomba misérablement du lit. « J'étais passionnée par les magies d'outre-Atlantique, j'avais un Diplôme en poche, je voulais faire le tour du monde ! Voilà ! » Elle s'arrêta pour saisir un oreiller et le lui lancer à la figure. Inutile mais agréable. « Voilà, qui j'étais avant qu'on ne me force à t'épouser. »

Rodolphus la scruta avec des yeux ronds. C'était certainement l'une des conversations les plus longues qu'il ait jamais eu avec elle. Et des plus sincères. Haletante, Bellatrix se figea et réalisa qu'elle n'avait jamais prononcé ces mots à voix haute. Pas une seule fois en trente ans. Et quoi qu'il arrive, quelle que soit la réaction de Rodolphus, ça faisait du bien. Un tantinet soulagée, elle se laissa retomber, le dos contre la tête de lit, sa poitrine nue se soulevant et s'abaissant au gré de sa respiration saccadée.

D'un geste sec, Rodolphus ramassa les vêtements de Bellatrix par terre et les lui jeta au visage. « Allez, dégage, je t'ai assez vue. »

Bellatrix ne se fit pas prier et enfila en quatrième vitesse la jupe et la chemise qu'elle portait depuis son enlèvement. Le tissu commençait à sentir mauvais et elle fronça le nez. Rodolphus disposait d'un grand bac d'eau doté d'une robinetterie rudimentaire pour se laver mais il ne semblait pas décidé à lui en faire profiter. Ce n'était pas le grand luxe mais après tout, il était le seul à vivre à demeure dans ce hangar. Les autres avaient tous une vie à l'extérieur et semblaient aller et venir à leur gré.

« Parle de ma proposition à ta sœur », ordonna Rodolphus en s'allongeant de nouveau sur le lit, tandis qu'elle gagnait la sortie.

Bellatrix se retourna avec un air de défi. « Merci mais je pense que nous préférons rester toutes les deux enfermées », déclara-t-elle sans hésiter.

Rodolphus ricana. Un gloussement sec et sans chaleur qui fit frissonner Bellatrix. « A votre place, j'évaluerai quand même vos différentes options… », fit-il en passant un bras derrière sa tête, avant d'ajouter d'un air guilleret : « Car si tu crois qu'on va nourrir deux bouches inutiles indéfiniment… tu te trompes, ma p'tite femme. »

Bella déglutit. L'alternative proposée n'était pas « collaborer ou rester enfermées », comme elle l'avait supposé, mais « collaborer ou mourir ». Les deux sœurs devraient donc trouver un plan en urgence si elles voulaient s'en sortir. Avec une moue méprisante, Bellatrix fit tourner la poignée et sortit, sous un nouveau gloussement moqueur de Rodolphus.

Un gros balourd posté derrière la porte, la ramena à sa cellule. Il la poussa sans ménagement à l'intérieur et Bellatrix se retrouva presque aussitôt étouffée entre les bras de Narcissa. La brune entendit la porte se refermer derrière elle et tenta de calmer les cris et les questions hystériques de la blonde.

« Oh mon dieu, Bella, est-ce que ça va ? Où t'a-t-il emmenée ? J'étais morte d'inquiétude, tu ne revenais pas et… j'ai cru que je ne te reverrai jamais. Que t'a-t-il fait- ? »

Bellatrix saisit les poignets de sa petite sœur et les tint fermement. « Rien qu'il ne m'ait déjà fait quand on vivait ensemble, Cissy. Maintenant, calme-toi : il faut qu'on parle, c'est urgent. »

Narcissa referma la bouche et hocha brièvement la tête, avec l'impression qu'elle n'aimerait pas beaucoup ce qu'elle allait entendre. Et elle avait raison.

~o~

« Miss Granger… Miss Granger ! »

Hermione s'éveilla en sursaut en sentant quelque chose heurter répétitivement son pied. La fraîcheur du sol sous ses fesses, ainsi que les crampes dans son dos, lui rappelèrent douloureusement qu'elle s'était installée dans le couloir de l'infirmerie, assise à même le sol, pour patienter jusqu'à la sortie d'Elias. Elle avait dû s'endormir… Elle leva des yeux hagards et vit que Rogue la poussait du pied pour la réveiller. Oh Merlin, quelle heure est-il ?, pensa-t-elle, déboussolée. Comme s'il avait entendu sa question silencieuse, ce qui était peut-être le cas, Rogue reprit la parole.

« Il est près de dix-neuf heures, Miss Granger, que faites-vous encore ici ? », grommela-t-il tandis qu'elle se relevait tant bien que mal en époussetant ses vêtements. Elle glissa la main dans sa poche et consulta l'écran de son téléphone. Sept appels en absence de : Draco.

« Merde… », jura-t-elle en passant une main nerveuse dans ses cheveux. L'appareil étant en mode vibreur, il ne l'avait pas réveillée. D'ailleurs, un nouvel appel du blond s'afficha sur l'écran. Elle allait répondre mais au même instant, la porte de l'infirmerie s'ouvrit et Mrs Pomfresh fit son apparition. Le doigt d'Hermione passa aussitôt à la touche rouge pour rejeter l'appel et elle remit le téléphone dans sa poche. « Comment va Elias ? », demanda-t-elle aussitôt à l'infirmière.

La vieille dame referma la porte derrière elle et esquissa un sourire rassurant. « Mieux. Il avait une côte cassée et une autre seulement fêlée. On peut s'estimer heureux qu'il n'ait pas eu le poumon perforé par la première côte, la guérison aurait été bien plus lente », dit-elle avec un froncement de sourcil. Hermione poussa un soupir de soulagement. Théodore l'aurait découpée en rondelles s'il avait appris que son fils était gravement blessé. « Il prépare ses affaires, je lui ai donné l'autorisation de dormir dans son dortoir ce soir », reprit Pomfresh en croisant les bras sur sa poitrine. « Mais il a l'air quelque peu effrayé de sa mésaventure. Je peux peut-être lui donner un léger somnifère pour lui éviter d'être trop stressé pendant la nuit... »

Là, Rogue et Pomfresh échangèrent un regard appuyé et Hermione fronça le nez.

« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? », s'affola-t-elle à l'idée qu'on ne lui ait pas tout dit.

« Un environnement un peu plus sécurisant et intime l'aiderait peut-être pour cette nuit… », proposa Rogue en fixant obstinément le bout de ses chaussures.

« Vous voulez dire… vous allez le renvoyer chez son père ? », s'étonna Hermione, quelque peu contre cette idée farfelue. « Il doit être fatigué, ce ne serait pas bon de le faire voyager aussi loin pour une seule nuit. »

« On ne pensait pas à son père, Miss Granger », marmonna Pomfresh en lui adressant une moue innocente.

Hermione regarda tour à tour l'infirmière et le Directeur, comprenant où ils voulaient en venir.

« Ce ne serait pas la première fois qu'il passerait du temps chez vous… », tenta de se justifier Rogue, tandis que Pomfresh hochait sentencieusement la tête. Manifestement, le Directeur l'avait mise au courant du lien de parenté de la Gryffondor avec le jeune blessé.

Hermione ouvrit la bouche, d'abord pour protester, puis soupira. « Très bien, comme vous voudrez, il peut dormir chez moi ce soir », admit-elle en pensant à la tête que Draco allait faire en la voyant arriver avec Elias. « Et les deux élèves qui l'ont agressé, où sont-ils ? », demanda-t-elle en se tournant cette fois vers Rogue.

« Collés tous les soirs des trois prochaines semaines, avec cent points en moins chacun pour leurs maisons respectives et un avertissement : à la prochaine violation du règlement, ils seront renvoyés chez eux pour un mois », récita Rogue avec un sourire satisfait. « Avec tout ça, s'ils recommencent à faire les imbéciles, c'est qu'ils sont gravement atteints. »

« Ou pire que ça… », marmonna Hermione. « Des apprentis Mangemorts en puissance. »

Rogue la transperça du regard. « Je les aurai à l'œil, Miss Granger », assura-t-il. « Et je demanderai à tous les professeurs d'en faire autant. »

« Comptez sur moi… », souffla la Gryffondor, pensive. La porte de l'infirmerie s'ouvrit et Elias, la lèvre encore un peu gonflée et violacée mais sur pieds, en sortit. Il avait la mine sombre et l'air quelque peu secoué mais globalement, il était en bon état.

« Qui-c'est-qui-va-dormir-chez-maman-ce-soir… ? », railla Rogue d'une voix faussement enjouée.

Les yeux bicolores d'Elias s'agrandirent sous la surprise de constater que le Directeur était au courant de son histoire, mais le moment fut vite passé au profit d'une explosion de joie. Hermione fusilla Severus du regard mais ne dit rien. Dans sa poche, le portable vibrait furieusement pour signaler un énième appel. Hermione le saisit et décrocha précipitamment. Un élève, qui passait dans le couloir à ce moment-là, crut bon de signaler d'une voix moqueuse : « Hé m'dame, les portables c'est interdit dans les couloirs. »

Hermione se détourna et mit une main sur l'oreille qui n'écoutait pas au téléphone pour répondre à son fiancé paniqué. Rogue tourna la tête vers le comique de service et aboya : « Les grands crétins aussi, et pourtant vous êtes là ! Allez, dix points en moins. »

Il entendit l'élève souffler bruyamment en disparaissant dans le couloir. Au même moment, Hermione revenait en rangeant son téléphone dans sa poche.

« Bon, on va rentrer… Draco était mort d'inquiétude, il était à deux doigts de venir me chercher », souffla-t-elle en levant les yeux au ciel.

« N'en croyez pas un mot, Miss Granger », ironisa Rogue en se dirigeant vers les escaliers qui menaient à son bureau. « Il doit simplement avoir faim et comptait sur vous pour préparer à manger. »

Hermione se retint de sourire. Il y avait peut-être un tout petit peu de vrai là-dedans. « Oh et bien sûr vous dites ça parce que vous êtes un expert en relations hommes-femmes… », rétorqua Hermione. A côté d'elle, Poppy Pomfresh gloussa et se retira dans son infirmerie.

Rogue perdit aussitôt son sourire et fusilla Hermione du regard avant de disparaître à son tour. Hermione se mordit la lèvre pour ne pas rire. Il l'a bien cherché, non mais, pensa-t-elle avant de faire signe à Elias de la suivre.

« Il faut que je prenne des affaires avant de partir », fit le petit garçon en pointant un doigt en direction de la tour de Gryffondor.

« Tu veux que je vienne avec toi ? », proposa Hermione, mais Elias secoua la tête.

« J'en ai pour une minute, tu n'as qu'à m'attendre en bas… », dit-il en s'éloignant.

La tour de Gryffondor n'était pas très loin et il ne risquait pas de faire de mauvaise rencontre après la punition exemplaire reçue par ses agresseurs, mais il était si petit et fragile qu'il pouvait tout aussi bien tomber dans les escaliers enchantés ou se faire bousculer par Peeves. Ils avaient évité le pire cette fois, mais si jamais Elias se blessait encore, Théo finirait par être au courant et rappliquerait ici aussitôt. Et Hermione n'en avait aucune envie.

La jeune femme descendit au rez-de-chaussée et s'assit sur les marches, à l'entrée du château. Tous les élèves convergeaient vers la Grande Salle pour le dîner et le soleil commençait lentement à décliner du côté de la Forêt Interdite. Quelques minutes plus tard, Elias se présenta avec un sac à dos bourré à craquer et Hermione se fit une note mentale de lui rappeler qu'il n'était là que pour une nuit. Mais pas tout de suite. Il semblait si enthousiaste que cela aurait été cruel de gâcher l'instant.

« On y va ? », demanda-t-il en levant les yeux vers elle.

Hermione hocha la tête et tendit la main vers lui. « Donne-moi ton sac, ça va appuyer sur tes blessures. » Il lui donna docilement ses affaires et Hermione écarquilla les yeux. Le sac pesait un âne mort. « Qu'est-ce que tu as mis, là-dedans, des briques ? »

Elias rit. « Non, mes affaires de classe pour demain, des vêtements, mon pyjama, ma brosse à dents, mon dentifrice, mon livre sorcier préféré, mon livre moldu préféré, ma collection de cartes de chocogrenouilles, une serviette- », énuméra-t-il, mais Hermione l'interrompit.

« Ok, j'ai compris. Un jour, il faudra que je t'apprenne un sortilège vraiment cool qui s'appelle : Voyager Léger », plaisanta-t-elle en prenant le chemin de Pré-au-Lard. « Ou à rétrécir tes affaires. »

Ils effectuèrent le reste du chemin en parlant de tout et de rien. Bien qu'Hermione ait rapidement mis Draco au courant de la situation au téléphone et lui ait demandé de ne pas aborder le sujet tant qu'Elias ne serait pas couché, elle redoutait sa réaction en face à face. Draco n'aimait pas que l'on bouleverse sa petite vie tranquille, ce n'était rien de le dire. Mais à sa grande surprise, il accueillit Elias avec un sourire (quelque peu forcé, certes, mais un sourire quand même) et le dîner se passa dans le calme. Quand vint l'heure d'aller au lit, Elias s'était tout à fait détendu et ne semblait plus trop penser à sa mésaventure de la journée. Hermione l'installa dans la chambre d'amis que les trois petits Potter utilisaient habituellement lorsqu'ils venaient ici et laissa la porte entrouverte en lui assurant qu'il pouvait l'appeler à tout moment si quelque chose n'allait pas.

Puis Hermione et Draco allèrent également dans leur chambre. Contrairement à son habitude, Hermione enfila une chemise de nuit et se glissa entre les draps. Draco lui jeta un regard interloqué. Le jeune homme avait toujours été un véritable radiateur à lui tout seul, si bien qu'Hermione n'avait jamais pu dormir une seule nuit entière habillée sans mourir de chaud. Elle avait donc pris l'habitude de ne rien porter lorsqu'ils dormaient ensemble ou seulement des pièces très légères, non pas que Draco s'en plaigne. Hermione capta son expression surprise et leva les yeux au ciel.

« S'il débarque dans notre chambre en plein milieu de la nuit, je préfèrerais être habillée », expliqua-t-elle, railleuse.

Le blond se renfrogna. « Et voilà, quand je disais que ce gamin ne m'apporterait que des ennuis… », grommela-t-il, boudeur, sous les rires d'Hermione. « En plus, à cause de lui, on ne peut même pas faire de bébés ce soir… »

La brune vint se coucher contre lui et il la serra dans ses bras. Le silence retomba dans la pièce, mais Hermione gardait les yeux ouverts et les fréquents soupirs qu'elle poussait intriguèrent son fiancé.

« Qu'est-ce qu'il y a ? », demanda-t-il doucement en caressant sa joue.

Hermione se mordit la lèvre et fronça les sourcils. « J'ai eu peur aujourd'hui. »

Le blond fronça à son tour le nez et lui répondit d'une voix apaisante : « Il va bien, dans quelques jours, il sera passé à autre chose… »

« Je ne parlais pas d'Elias… », reprit Hermione. « Enfin, pas seulement. C'est… un sentiment général. Victoire m'a dit qu'hier, l'un des deux élèves a malmené leur ami David. Et aujourd'hui, ça. »

Draco plissa les yeux et hocha la tête pour l'inciter à aller au bout de son idée.

« Tous les deux sont des enfants… tu sais… modifiés », chuchota-t-elle, inquiète. « Victoire dit que c'est à cause de ça qu'ils ont été agressés. Et ça m'a terrifiée. J'ai eu l'impression de… de revenir dix-sept ans en arrière, c'était bizarre. Ça faisait douze ans qu'on n'avait plus eu ce genre de comportements, alors… y avoir de nouveau droit maintenant, je trouve ça effrayant. C'est comme si on ne pouvait jamais s'en sortir, comme si l'histoire était condamnée à se répéter, encore et encore, sans qu'on ne puisse rien y faire. »

« Si, parfois on peut… », souffla Draco avec un léger sourire. « Quand des filles comme toi sortent des mecs comme moi de tout ça. »

Hermione sourit à son tour. « Oui. Dommage qu'il n'y ait pas plus de filles comme moi. »

« Ou de mecs comme moi », renchérit le blond.

La Gryffondor gloussa. « Oh Merlin, non merci. Ce serait l'Enfer ! »

Ils pouffèrent tous deux en silence, puis le calme revint. Hermione secoua la tête, toute envie de rire soudain disparue. « J'aurais dû mieux le surveiller, c'est de ma faute… », soupira-t-elle en se passant une main sur le front.

« Tu n'es pas responsable… », murmura Draco, mais elle l'interrompit.

« Bien sûr que si, je suis Professeur et en plus Théo m'a fait promettre de garder un œil sur lui ! », s'énerva-t-elle, tandis que Draco haussait un sourcil mécontent.

« Quand ça ? », grogna-t-il en la scrutant d'un air accusateur.

« Euh… bah quand il est venu à Poudlard… tu sais, je t'en avais parlé… », éluda-t-elle.

« Mouais… »

« Enfin bref, il était inquiet pour la sécurité de tous les enfants modifiés et il m'a demandé d'être vigilante, c'est tout… », se défendit Hermione précipitamment. « La police à Londres pense que des gens essaient d'éliminer les enfants sortis du laboratoire. Sûrement les Mangemorts qui ont commis l'attentat et qui ont fait circuler cette drogue… Je pense que Théo a de bonnes raisons d'être inquiet et que l'ennemi est bien plus proche qu'on ne pouvait l'imaginer. Peut-être même omniprésent. »

Un éclair de tristesse passa dans les yeux de Draco mais Hermione ne le vit pas. Il sentait que Théodore n'était pas venu qu'une seule fois à Poudlard. Et ils avaient manifestement pris le temps de parler, une idée qui ne plaisait pas du tout au blond. Qui savait si Théo n'allait pas réactiver le lien qui l'unissait à Hermione ? Peut-être avait-il même déjà lancé le processus ? Draco resserra ses bras autour de la taille de sa fiancée et la pressa contre son corps.

« J'espère que tu te trompes », murmura-t-il.

Il sentit la tête d'Hermione acquiescer sous son menton.

« Moi aussi, Draco », souffla-t-elle. « Moi aussi. »

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Et voilà, ce sera tout pour aujourd'hui ! Un retour un peu moins glauque tout de même que le précédent chapitre, mais pas léger léger pour autant. On sent que tout se met plus ou moins en place du côté des H. Qu'avez-vous pensé de Bellatrix, d'ailleurs, dans ce chapitre ? J'espère aussi que les deux instants Dramione vous auront plu ! Draco en mode je cours à moitié à poil pour finir une discussion devant tout Poudlard, je rigolais toute seule en l'imaginant ! Bref, j'espère que vous avez passé un bon moment et en attendant de vous lire, je vous fais des bisous et vous souhaite une bonne semaine !

Xérès