Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Enfin de retour après 15 jours d'absence, veuillez encore me pardonner pour ce retard mais en ce moment, le boulot me tue ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira, en tous cas et j'espère pouvoir publier lundi prochain, sinon ce sera encore dans 15 jours. Normalement, la masse de travail devrait redevenir un peu plus humaine au mois de mai, encore un peu de patience mais je ne vous oublie pas, c'est promis ! Bonne lecture !
Merci à tous mes nouveaux followers (BrownieJune, Have a Dream, petiit-cœurs, YoonTheil, Jesalynda, S0ll, BlondBrunette, Lety31, Amanta libri, lele33350, carottedeschamps, kira pain, Molanisa), à PouleauPotter, miss damdam, Voldynouchette, Marion, BlondBrunette, lea moncelraczkiewicz, Babar, Mikasa, Miss Draymione, Mrs Lyly Black, Drasha, Wizzette, Mia1912, Pinkie Brown, ecathe38, Gouline971, Lyly Ford, Lily-Sisi, Acide'nette, Lety, Audrey917000, Mione159, Eliane Gil, Mearwyn, TiteTyLee, aussidagility, jujupititetortue, BlondBrunette, Zezely pour leurs reviews et à ceux qui m'ont contactée sur Facebook/Twitter.
RAR :
Marion : Pas de dispute entre Hermione et Draco, sois tranquille. Le choc passé, Draco reprendra ses esprits ! Ahah ravie que la gifle d'Hermione t'ait plue ! Merci pour ta review et gros bisous !
Mikasa : Ne t'en fais pas tu es pardonnée ! Les études d'abord ! C'est vrai qu'il était temps qu'Hermione évolue un peu face à sa peur. Qu'elle soit désorientée par le retour de Théo en Angleterre est normal, mais après tout ce temps, il fallait qu'elle se secoue. Se concentrer sur autre chose lui a permis de vaincre une partie de sa peur et cela va lui permettre d'avancer. Merci à toi et gros bisous !
Drasha (enfin, je suppose que l'anonyme c'est toi) : ahah oui la phrase est une maxime qui est AUSSI un titre de chanson de Manau ! J'étais très très fan à l'époque (encore maintenant, il m'arrive d'en écouter, hihi). Comment ça, mon Théo-chou a un grave problème psychologique ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parles… *sifflote* Mais sinon puisqu'on est dans les chansons de Pokémon tu te rappelles de ça ? : « La Team Rocket est là ! On vous nargue, on vous ennuie, on ne vous laisse pas de répit. On vous suit partouuuuuut ! » XD J'adorais celle-là. Merci à toi et des bisous !
Pinkie Brown : Bienvenue à toi et merci pour ta review ! Pour répondre à ta question, je ne pouvais pas laisser Hermione tétanisée à chaque fois que Théo est là pour plusieurs raisons. Déjà parce que quasiment douze ans se sont écoulés depuis le début de Rise et que les traumatismes s'atténuent avec le temps (surtout qu'elle a été suivie psychologiquement) et qu'elle est très entourée d'amis et de famille. Ça aide à se reconstruire. De plus, certes le retour de Théo l'a ébranlée, mais elle ne peut que constater à chaque rencontre qu'il a changé et il lui donne un vrai-faux sentiment de sécurité (qui n'est pas innocent, comme tu peux l'imaginer). Cela la trouble tout en lui faisant un peu reprendre confiance en elle à proximité de lui. Ce qui n'est pas négatif puisqu'en étant capable de contrôler sa peur à ses côtés, elle pourra de nouveau se servir de la magie au lieu d'être figée et vulnérable comme un lapin au milieu de l'autoroute.^^ voilà, j'espère que tu y vois un peu plus clair et n'oublie pas que le comportement de Théo ne sert qu'un seul et unique but (qui te sera dévoilé plus tard…hihi) Merci à toi et bonne lecture !
Lily-Sisi : bah dis donc, tu ne serais pas en train d'essayer d'avoir des spoilers avant tout le monde, petite délinquante ? XD Sache que tu as de la concurrence sur ce sujet et qu'il y a des lectrices bien plus dangereusement persuasives que toi, hihi. Mais je salue la tentative, c'était bien essayé. Gros bisous et merci pour la review !
Lety : Ne t'inquiète pas, ce n'est pas un drame familial qui éloignera nos deux tourtereaux (sinon ça ferait longtemps qu'ils ne seraient plus ensemble, ahah). Pour Lucius, la situation est un peu complexe donc je préfère ne rien expliquer pour le moment de peur d'en dire trop ! merci à toi et à bientôt !
Jujupititetortue : ahah Théo semble préférer les gifles aux regards apeurés (et c'est normal). Bien sûr, qu'il tient à son fils, c'est un peu sa « réussite », un petit bout d'Hermione conservé auprès de lui… Merci pour ta review ! Des bisous.
Aussidagility : Vous avez été nombreuses à adorer la gifle d'Hermione ! Pourquoi tant de haine ? mdr. Merci pour ta review !
Chapitre 23 : Trahison
Assise sur le bord de son lit d'hôpital, les pieds ballants, Aria fixait le mur droit devant elle. Une semaine s'était écoulée depuis l'attentat. Les médecins et médicomages de Sainte-Mangouste avaient fait de véritables miracles sur ses blessures. Elle aurait d'ailleurs pu sortir trois jours plus tôt s'ils n'avaient pas insisté pour la garder en observation et s'assurer qu'elle se repose.
Sortir… et pour aller où ?
Excellente question. Les terroristes, les Mangemorts, les H – peu importait leur nom – la croyaient morte et d'après Ben, il valait mieux que cela reste le cas pendant encore un petit moment. Les seules personnes au courant de sa présence étaient Ben, une partie de son équipe, certains Aurors du Ministère… et fatalement, la famille de l'homme qui avait reçu le sortilège de Mort à sa place.
Personne n'avait d'ailleurs réussi à identifier l'assassin. Aucun visiteur étrange n'avait été trouvé rôdant sur les lieux et même la sécurité de l'hôpital s'était laissée berner. Cela avait mis Ben dans une colère folle et Aria dans une angoisse terrible. Certes, le garde sans arrêt posté devant la porte de sa nouvelle chambre l'avait quelque peu tranquillisée mais elle avait eu du mal à trouver le sommeil, une fois la nuit tombée.
L'avocate soupira et consulta sa montre. Onze heures vingt. Ben aurait dû venir la chercher à onze heures pour quitter enfin les lieux. Mais il était en retard. Avec un geste las, elle saisit la télécommande de la télévision et alluma le poste. Elle passa en revue un certain nombre de chaînes avant de tomber sur un programme d'informations en continu. Le bandeau qui défilait en bas de l'écran avait attiré son regard mais l'information avait déjà disparu, remplacée par l'annonce d'une prise d'otages au Congo. Aria fronça les sourcils et décida de ne plus zapper : les bandeaux tournaient en boucle, elle finirait bien par retomber sur celui qui l'avait interpellée.
Elle passa ses jambes sur le lit et s'y assit en tailleur, le nez levé vers la télévision murale. Depuis deux jours, elle redoutait de l'allumer : Ben lui avait parlé d'une nouvelle attaque des H, chez une famille bourgeoise de la banlieue de Londres. Il avait été toutefois avare de précisions et gardait sur ses traits une sempiternelle expression de colère qui ne laissait rien présager de bon. Les médias avaient été tenus à l'écart jusqu'alors mais elle savait que cela ne pourrait pas durer éternellement. La mort de la famille Vaughn avait été mentionnée quarante-huit heures plus tôt au journal télévisé mais les circonstances de leurs décès étaient restées floues. La veille, on accusait déjà de ces meurtres les Mangemorts responsables de l'attentat du vendredi précédent. Qu'en serait-il aujourd'hui ?
Une annonce de flash spécial envahit soudain l'écran et les deux présentateurs de la chaîne réapparurent derrière leur table et leurs micros.
« Du nouveau concernant l'affaire Vaughn, cette famille londonienne massacrée dans leur cottage d'Ayot St-Lawrence. La police et les Aurors seraient parvenus à identifier plusieurs des meurtriers présumés présents sur place et auraient également établi un lien solide entre ces meurtres et l'attentat perpétré vendredi dernier sur le Chemin de Traverse. Plusieurs vidéos ont été retrouvées sur les lieux du drame, l'une en provenance de la caméra de surveillance placée dans le jardin des Vaughn et l'autre étant une babycam installée dans la nursery. Par respect pour les proches, nous ne diffuserons pas les images de cette seconde caméra, dont l'atrocité dépasse l'entendement. En revanche, voici en exclusivité sur Sky News les images des meurtriers présumés, capturées par le premier dispositif. »
Aria retint son souffle et sa bouche s'entrouvrit légèrement tandis qu'elle scrutait le petit écran, en fronçant les sourcils.
Une image figée de la vidéo, relativement sombre et floue, apparut mais on y distinguait nettement des silhouettes tapies dans l'ombre, s'orientant en direction de la maison. Un rond rouge ajouté par la post-production entoura l'une des silhouettes et Aria sentit presque ses yeux sortir de ses orbites. L'image fut grossie sur le rond rouge, mais l'avocate n'avait pas besoin de ce plan rapproché pour identifier la cible. Le visage et les cheveux blonds de Lucius étaient pour elle reconnaissables entre mille.
Non, c'est impossible…
Pendant ce temps, le reportage continuait. Un deuxième visage apparut à l'écran et Aria reconnut l'homme qui avait emporté Lucius après l'explosion, celui qui lui avait lâchement écrasé la main alors qu'elle tentait de ramper misérablement vers son ex-amant. Le nom de Rodolphus Lestrange s'afficha sous la photographie, mais Aria n'écoutait déjà plus. L'image de Lucius sur la vidéo du jardin ne cessait de tourner en boucle dans sa tête, brouillant toute autre information. Elle n'était toujours pas remise du choc lorsque la porte de la chambre s'ouvrit et que Benjamin apparut sur le seuil.
En un éclair, il vit les yeux effarés d'Aria, la télé allumée sur un reportage traitant de l'affaire Vaughn, et il comprit. Avec une expression coupable, il ouvrit la bouche pour s'expliquer mais la jeune avocate fut la plus rapide.
« Tu savais ? », siffla-t-elle avec un regard accusateur.
Ben leva une main. « Attends, Aria, je vais t'expliquer… »
« Tu savais que Lucius y était et tu ne m'as rien dit ? », l'interrompit-elle à nouveau en descendant lentement du lit.
« Je n'étais pas censé en parler, l'enquête-
« Je me contrefous de l'enquête, Ben ! », s'égosilla-t-elle en lui jetant au visage l'oreiller posé sur son lit. « Ça fait une semaine… une semaine que je me demande s'il est en vie et tu ne m'as même pas prévenue ? »
« Il a commis deux meurtres, Aria ! », aboya Ben à son tour. « Deux ! Des ados, bordel ! » Il vit les yeux d'Aria s'ouvrir tout rond et ricana. « On dirait que ça t'étonne. Tu es vraiment aveugle, ma parole. »
« Je n'en crois pas un mot, Lucius n'est pas comme ça – il n'est plus comme ça depuis longtemps ! », balbutia-t-elle en secouant la tête. « Comment vous pouvez être certains qu'il a bien tué ces enfants ? »
« Sa baguette est fichée, tu le sais très bien », gronda Ben, inflexible. « Ce type est un meurtrier, Aria. Tu as peut-être temporairement révélé quelque chose de bon en lui, lorsque vous étiez ensemble, même si j'en doute fortement… mais une bête sauvage reste une bête sauvage, quoi qu'il arrive. »
L'avocate lui lança un regard lourd de reproches et se détourna. « Comment oses-tu… Tu ne sais rien de lui, tu n'as aucune idée de- »
« Lucius Malfoy est un Mangemort qui n'aurait jamais dû sortir de taule pour commencer et encore moins s'approcher de toi », reprit Ben en désignant la télévision du doigt. Le visage de Lucius y réapparaissait, tandis qu'un journaliste s'appliquait à faire toute sa biographie sur un ton sentencieux. « Tu as peut-être eu l'impression que c'était un homme bon, il y a longtemps, mais ce n'est pas le cas. Et je peux t'assurer que lorsqu'on le chopera, je veillerai personnellement à ce qu'il ne voie plus jamais la lumière du jour. »
Aria dévisagea Ben avec sévérité. « C'est parce que je t'ai autrefois quitté pour lui que tu fais tout ça ? Par jalousie ? C'est pitoyable. Je te croyais au-dessus de ça. »
Ben ferma les yeux et respira longuement pour se calmer. « Je fais ça parce que ce type et tous ses amis sont le mal incarné. Mais imaginer que je suis capable d'en faire une affaire personnelle est très révélateur de ce que tu penses de moi. Je prends note », déclara-t-il sèchement.
Aria croisa les bras et se détourna, tremblante de rage, de chagrin, de déception. Elle n'arrivait tout simplement pas à croire que Lucius ait pu retomber aussi bas. Mais plus elle y réfléchissait et plus une partie de son cerveau lui hurlait que Ben disait la vérité. Les haut-parleurs du téléviseur annoncèrent qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à l'encontre de Rodolphus Lestrange et de Lucius Malfoy. Toute personne détenant des informations sur eux ou sur leur position géographique était priée de se rendre au commissariat le plus proche ou de contacter les services de police au numéro qui s'affichait en bas de l'écran.
L'avocate ferma les yeux et baissa la tête. Une pensée qu'elle avait tout fait pour chasser de son esprit au cours des derniers jours revint en force sous son crâne. Tout est de ma faute. Elle l'avait rejeté, elle l'avait humilié, l'avait poussé dans ses derniers retranchements en espérant le déclic, un électrochoc qui aurait pu réveiller le Lucius qu'elle avait connu. Mais c'était tout le contraire qui s'était produit. Ils s'étaient disputés, elle lui avait répété qu'il était trop tard pour eux deux… et il avait disparu. Pour replonger toujours plus profond dans les méandres de sa monumentale connerie.
Elle sursauta en sentant les bras de Ben l'envelopper doucement et l'attirer contre lui. « Je suis désolé… », murmura-t-il contre son cou. Ils restèrent un moment ainsi, serrés l'un contre l'autre, jusqu'à ce qu'Aria se sente un peu mieux et s'écarte doucement.
« Je sais… », souffla-t-elle en papillonnant des cils pour repousser les larmes qui menaçaient de couler. La main de Ben caressa doucement son bras droit de haut en bas.
« Il faut qu'on y aille, maintenant », reprit l'inspecteur, plus calmement.
« Où ça ? », s'enquit Aria en se retournant enfin. Elle savait qu'elle quittait l'hôpital aujourd'hui mais il était exclu qu'elle regagne son appartement.
Ben grimaça, mal à l'aise. « Je ne peux pas te le dire, pour l'instant. Dans un premier temps, tu seras logée dans une planque temporaire, sous bonne garde », expliqua-t-il en détournant le regard. « Avec un peu de chance, on attrapera ces cinglés avant que tu n'aies eu le temps de t'ennuyer. »
« Permets-moi d'en douter… », marmonna Aria en attrapant la sangle de son sac sur le lit.
« Tu insinues qu'on est trop idiots pour faire notre boulot correctement ? », grommela Ben en fronçant les sourcils.
Aria se mordit la lèvre et esquissa un sourire penaud. Elle n'avait pas voulu le vexer. « Non, j'insinuais simplement que je m'ennuie très vite… », répondit-elle. Ben se détendit aussitôt.
« Allez, ne perdons pas de temps… », acheva-t-il avec un rictus amusé.
Aria rabattit la capuche de son sweat de sport rapporté par Ben quelques jours plus tôt, dissimula ses cheveux en-dessous et sortit de la chambre en baissant la tête. Tous deux descendirent les étages un à un, redoublant de précautions, jusqu'à emprunter le couloir du personnel qui menait à l'entrée de service située à l'arrière du bâtiment. Ben entrouvrit la porte, jeta un œil à l'extérieur et après s'être assuré que la voie était libre, se retourna vers l'avocate.
« Je vais chercher la voiture, j'en ai pour trente secondes… », la rassura-t-il en s'éloignant au pas de course.
Aria hocha la tête, repositionna plus confortablement la sangle de son sac sur son épaule et prit son mal en patience. Ben avait disparu de son champ de vision depuis à peine cinq secondes lorsqu'un craquement sonore et caractéristique se fit entendre quelque part sur le parking des infirmiers. Aria se redressa, tous les sens aux aguets et retint son souffle. Ses yeux parcouraient chaque rangée de voitures moldues, guettant une ombre suspecte, un mouvement inhabituel, un bruit étranger. Elle sentit sa respiration s'accélérer et une désagréable impression d'être traquée comme du vulgaire gibier lui serra les entrailles. Quand soudain un mouvement rapide et furtif sur sa droite la fit littéralement bondir et hurler de terreur. Brandissant le poing, elle s'apprêta à rouer son agresseur de coups… avant de réaliser qu'il ne s'agissait que d'un chaton malingre et visible affamé qui s'extirpait d'une poubelle.
« Un chat… rien qu'un chat… », soupira-t-elle avant d'éclater d'un rire nerveux. « Là, je sais que je deviens cinglée », ajouta-t-elle toujours à voix haute. Le son de sa propre voix brisant le silence était étrangement réconfortant et le chat sembla du même avis car il miaula en venant se frotter contre ses chevilles.
Aria se baissa pour le caresser mais son mouvement dut être trop brusque au goût du félin, car il prit ses pattes à son cou et disparut entre deux véhicules. Aria soupira de nouveau, consciente d'avoir eu l'air totalement stupide et secoua la tête. C'est alors que son regard attrapa une silhouette tapie entre la clôture du parking et le bâtiment voisin. Pour la deuxième fois de la matinée, elle reconnut les cheveux blonds de Lucius Malfoy et sentit toute force l'abandonner. Ses genoux se mirent à trembler et elle n'aurait su dire si elle voulait lui sauter au cou ou l'étrangler jusqu'à ce que mort s'en suive. Ou fuir à toutes jambes. Ou hurler.
Incapable de prendre une décision, elle se contenta de le fixer et eut très vite la sensation que lui aussi, la dévisageait sans ciller. Le visage de Lucius sortit légèrement de l'ombre et elle parvint à distinguer plus nettement ses traits. Pendant un instant, elle retrouva l'aura intimidante et puissante du Lucius Malfoy qu'elle avait connu en prison. Avant de réaliser avec effroi que ses regards meurtriers n'étaient désormais plus adressés aux gardiens de la prison mais à elle-même.
Il ne m'a jamais regardée comme ça…, fut tout ce qu'elle parvint à penser en voyant les deux billes d'acier qui tentaient de l'assassiner à distance. L'idée même qu'il la sût en vie ne l'interpellait pas : après tout, il avait toujours su où la trouver, comment la protéger, sans qu'elle n'ait jamais eu besoin de lui indiquer sa position. Pourquoi en serait-il autrement ? Une vague d'espoir envahit la jeune femme. S'il était au courant qu'elle n'était pas morte et que les H n'étaient pas revenus la tuer, alors cela signifiait que Lucius la protégeait une fois de plus. Il n'était donc pas perdu… Peut-être même avait-il décidé d'infiltrer les Mangemorts pour mieux les détruire de l'intérieur ? Un sourire démesuré s'installa sur les lèvres d'Aria et elle fit un pas en avant, bien décidée à aller parler au blond.
Mais des filaments d'énergie blanche se matérialisèrent devant elle, bloquant sa progression, avant de former un énorme serpent, qui ouvrit grand la gueule pour siffler :
« Tu n'es plus sous ma protection, désormais », fit la voix glaciale de Lucius Malfoy à travers la gueule du serpent. « Reste en dehors de tout ça, sinon la prochaine fois que nous nous verrons, tu mourras. »
Le sourire d'Aria s'évanouit instantanément, en même temps que le Patronus et son créateur, et elle resta un moment plantée devant les voitures, immobile et psychologiquement déstabilisée.
La prochaine fois que nous nous verrons, tu mourras.
Une violente nausée faillit la faire se courber en deux mais elle se contenta de fermer les yeux pour reprendre le contrôle de son estomac. Lucius était perdu. Définitivement. J'avais tort… tort sur toute la ligne…
Un bruit de moteur s'éleva dans son dos et un frein à main crissa bruyamment.
« Tu grimpes ? », fit la voix de Ben depuis l'intérieur de l'habitacle.
Aria rouvrit les yeux. Un dernier regard en direction de la clôture lui confirma que Lucius avait bel et bien disparu de son champ de vision. A jamais, si elle voulait rester en vie. Serrant les dents, elle se détourna et gagna au petit trot la voiture banalisée de Benjamin. Jamais de toute son existence elle ne s'était sentie aussi vulnérable qu'à cet instant.
~o~
« Papaaaaaa ! », hurla soudain James Sirius Potter en sautant de sa chaise pour se précipiter dans les bras de son père, qui rentrait tout juste de son entraînement matinal avec les Pies de Montrose.
« Papaaaaaa ! », l'imita aussitôt son petit frère, Albus, en recrachant la moitié de sa bouchée de purée de carottes sur la main et la manche de Ginny. Celle-ci soupira, laissant retomber la cuillère et sa main mouchetée de purée orange sur la table pour s'essuyer.
Dans sa chaise haute, Lily se contenta de babiller avec ravissement à l'attention de son géniteur, qui parvint tant bien que mal à détacher son fils aîné de ses pattes pour embrasser sa femme sur le front.
« Zut, vous avez déjà commencé à manger ? », marmonna Harry avec un regard contrit. « Moi qui voulais t'aider avec les petits… »
« Pas de souci », répliqua Ginny avec un rictus railleur. « En fait, j'ai réussi à me faire pousser deux bras de plus pour pouvoir nourrir chacun des monstres en même temps, et ensuite j'ai réalisé que cela me permettait également de marcher au plafond. »
« Sérieux ? », fit Harry en haussant les sourcils.
Ginny plissa les yeux et le fusilla du regard. « Non », répondit-elle sèchement. « Le seul moyen d'avoir deux bras de plus serait d'avoir une personne de plus avec moi. »
Harry laissa échapper un rire et ébouriffa les cheveux de Ginny. « Ah non, qu'est-ce que je ferais d'une femme supplémentaire ? », ironisa-t-il avant d'esquiver une projection de purée de carotte lancée par… Albus ? Ginny ? Il ne savait pas bien.
« Je parlais de vous, Monsieur Potter », grommela-t-elle en enfonçant à nouveau une cuillère de purée dans la bouche grande ouverte d'Albus.
Mais Harry se contenta d'éclater de rire, tandis que James tentait par tous les moyens de grimper le long des jambes de son père en s'accrochant à tout ce que ses petits doigts trouvaient : coutures, poches, ceinture…
« Dwaco ! », crachota Albus en s'agitant sur sa chaise.
« Tu vois ? Tu es tellement souvent à la maison, que ce pauvre enfant croit que Blondinet est son vrai père ! », plaisanta Ginny avec un sourire insolent.
« Ah-ah », rétorqua Harry en lui faisant une grimace.
Se sachant manifestement incompris, Albus leva une main en direction du poste de télévision installé dans la petite cuisine et réitéra : « Dwaco ! »
Cette fois, les deux Potter tournèrent la tête dans la direction pointée par leur fils et écarquillèrent les yeux en voyant effectivement le visage du Serpentard à l'écran. « Monte le son », ordonna Ginny à Harry, qui saisit aussitôt la télécommande sur le buffet.
Un brouhaha envahit la cuisine des Potter et Harry reconnut, derrière la foule et la forêt de micros qui entouraient le blond, le chemin de Traverse et plus particulièrement l'entrée de la banque de Gringott's. Les yeux de Draco lançaient des éclairs mais sa fureur ne semblait pas s'adresser aux journalistes qui se pressaient de toutes parts. La raison de sa colère était toute autre et il ne fallait pas être devin pour comprendre qu'il s'agissait de son père, comme l'indiquait le bandeau en bas de l'écran :
Lucius Malfoy dépossédé de tous ses biens… par son fils.
« Monsieur Malfoy, voulez-vous bien révéler à Sky News ce que vous venez de faire chez Gringott's ce matin ? », beugla un journaliste en tendant son micro sous le nez de Draco.
Le blond se tourna vers les caméras, pinça les lèvres, réfléchit un instant à une bonne manière de formuler la nouvelle puis sourit froidement. « Tout simplement ceci : je suis entré chez Gringott's, j'ai mis à mon nom l'intégralité de la fortune et des biens matériels de mes parents et je suis ressorti. »
« Mais votre père est encore en vie, comme nous avons pu le voir aux actualités », reprit un autre journaliste. « Comment pouvez-vous hériter de sa fortune dans ces conditions ? »
« Il s'agit là d'un accord confidentiel, dernière question ? », lâcha-t-il en fusillant le journaliste du regard.
« Monsieur Malfoy, vous venez de vous installer avec votre fiancée près de Poudlard, où elle officie depuis peu en tant que professeur de Sortilèges, mais comptez-vous vous installer au Manoir, maintenant que vous en êtes le seul propriétaire ? », le questionna une femme dont la main tenant le micro était recouverte d'énormes bagues multicolores.
« C'est hors de question », décréta Draco, les dents serrées. « D'ailleurs, le sujet tombe fort à propos… » Il esquissa un sourire narquois et leva un menton provocateur à l'attention des caméras. « Avis à tous les intéressés : le légendaire Manoir Malfoy est à vendre, ainsi que toutes les vieilleries qui se trouvent à l'intérieur. Que les éventuels acquéreurs se présentent à mon agence Sorc'immo de Londres et je me ferai un plaisir de leur faire personnellement visiter leur futur bien immobilier. Curieux s'abstenir. Ce sera tout. »
Et sans un autre regard pour les journalistes, il leva sa baguette et transplana sous les exclamations hystériques que son annonce venait de provoquer.
Dans la cuisine des Potter, un silence de mort était retombé et même Lily restait silencieuse, sa bouche baveuse grande ouverte devant son biberon de lait. Ginny et Harry tournèrent lentement la tête l'un vers l'autre, les yeux ronds, jusqu'à ce que Ginny sorte de son immobilité et se jette sur son téléphone portable.
Elle composa le 1 pour appeler son numéro privilégié (Hermione) et colla le téléphone à son oreille, tout en se mordillant l'ongle du pouce. Au bout de six secondes interminables, Hermione décrocha.
« Par la barbe de Merlin, Hermione, je peux savoir pourquoi ton homme vient d'annoncer à tout le pays qu'il héritait de toute la fortune familiale ? », débita Ginny à toute allure.
Elle entendit nettement Hermione soupirer à l'autre bout du fil, malgré le brouhaha qui régnait autour d'elle à Poudlard, et Ginny l'imagina très bien lever les yeux au ciel. « Attends, un seconde, je sors de la Grande Salle », s'excusa la brune avant de sortir au pas de course du réfectoire où déjeunaient tous les élèves. « C'est bon, je suis dehors. Laisse-moi deviner, il n'a pas pu s'empêcher de la mettre bien profond à Lucius devant toutes les caméras ? », demanda Hermione, qui connaissait déjà la réponse.
« Chérie, on a dépassé le stade du doigt, du manche à balai ou du membre masculin, là », renchérit Ginny en secouant la tête. « C'est carrément Big Ben qu'il vient de lui enfoncer dans les fesses… Il a annoncé qu'il vendait le Manoir ! En présence de tous les reporters de toutes les chaînes hertziennes, du câble et du satellite réunies. Même sur Pluton, les plus infimes formes de vie extraterrestre doivent être au courant à l'heure qu'il est. »
« Je lui avais dit d'éviter les journalistes… », marmonna Hermione en se passant une main sur le visage. « Je savais qu'il ne résisterait pas à l'envie de le provoquer publiquement. »
« Comment c'est possible, d'ailleurs ? Je croyais qu'on ne pouvait pas déposséder ses propres parents de leur vivant ? », demanda Harry en se penchant sur Ginny et le combiné pour qu'Hermione l'entende.
« Salut, Harry », fit Hermione avec un rire. « En fait, Draco et Narcissa avaient fait signer à Lucius un papier quand on a commencé nos études universitaires. Narcissa voulait que tous leurs biens soient transmis à Draco si Lucius replongeait du côté obscur et était à nouveau mêlé de près ou de loin à des activités criminelles. Ils ont signé le document en présence d'un notaire, d'un avocat et d'un gobelin de Gringott's et manifestement, chez les Sangs-Purs, cela suffit à rendre une déclaration officielle. »
« Alors Narcissa savait que Lucius n'était pas fiable ? », maugréa Ginny en fronçant le nez.
« Je ne crois pas… », fit Hermione avec une hésitation. « Mais elle pensait que la perspective de perdre tous ses biens l'empêcherait de récidiver. Je pense qu'au moment de la signature de cet acte, Lucius lui-même n'imaginait pas que cela se produirait un jour. Je suppose qu'on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve… », acheva-t-elle sombrement.
Se penchant de nouveau sur Ginny, Harry reprit la parole. « Et du côté de Narcissa, toujours rien ? », s'enquit-il.
Hermione répondit par un « non » faiblard et triste.
« Tu sais, Hermione, quand Ron m'a tout appris, je suis allé au Ministère et je leur ai proposé mon aide… », reprit Harry avec une expression peinée. « Mais ils ont refusé de laisser un civil prendre part à l'enquête, même si c'était moi, le civil. »
« Et ils ont eu raison, Harry », l'interrompit Hermione avec une certaine dureté. « Tu es père de famille à présent et un grand joueur de Quidditch. Le Survivant, lui, il prend une retraite bien méritée loin de tout ça, et Merlin m'en est témoin, je botterai les fesses de tous ceux qui essaieront de t'impliquer à nouveau dans des plans foireux. »
Ginny et Harry se regardèrent par-dessus le téléphone : malgré tous les événements récents, Hermione ne se laissait pas abattre et cela faisait du bien de la voir gérer les choses avec sa fougue habituelle. La rousse esquissa un sourire en se rappelant à quel point elle avait été soulagée lorsque, un peu plus tôt dans la semaine, Hermione l'avait appelée, complètement surexcitée, pour lui dire qu'elle avait mis une raclée à Théodore et s'en était sortie vivante. La roue tournait enfin pour la brunette et tout comme Harry, elle méritait amplement ce répit.
« Comment va Elias ? », demanda Ginny en s'éloignant d'Harry, tout en lui faisant signe d'achever de nourrir les fauves, qui commençaient à s'impatienter sur leurs chaises.
« Beaucoup mieux », assura Hermione avant de laisser échapper un petit rire nerveux. « Il est moins traumatisé que moi au final… Je crois qu'il n'y pense même plus alors que moi, ça m'obsède. Je croyais qu'on ne verrait plus ce genre de comportements à Poudlard, c'est presque décevant de voir à quel point j'avais tort… »
« Je comprends… », fit Ginny en jetant un regard inquiet en direction de ses trois enfants qui ouvraient la bouche tour à tour devant les cuillères que leur tendait leur père.
« Mais c'était quand même… chouette de l'avoir à la maison », reprit la brune. « Etrange et déstabilisant… mais chouette. » La rousse entendit Hermione bouger et parler à quelqu'un derrière elle, avant de replacer la bouche près du micro de son téléphone. « Ginny, il faut que j'aille finir de manger avant la reprise des cours… on se voit ce weekend ? »
« Pas de souci », approuva Ginny, avant d'ajouter prudemment : « On aura sûrement les enfants avec nous, par contre… » Elle savait qu'Hermione n'appréciait pas toujours d'avoir une invasion de nains bruyants chez elle le weekend et quand ils le pouvaient, Harry et Ginny déposaient les petits chez Molly avant de venir.
« Oh, pas de souci, amenez-les ! Je demanderai à Elias s'il veut venir ! Bisous, à plus ! », chantonna Hermione avant de raccrocher.
Ginny fit des yeux ronds, écarta lentement le téléphone de son oreille et baissa les yeux vers l'écran comme si l'appareil était responsable de ce qu'elle venait d'entendre.
« Qu'est-ce qu'il y a ? », demanda Harry en voyant son expression effarée.
« D'habitude, c'est limite si elle ne me demande pas de les faire adopter avant de venir et là, elle a dit : pas de souci, amenez-les ! », répéta Ginny, qui n'en croyait toujours pas ses oreilles.
« Oh », lâcha Harry, aussi stupéfait que son épouse. « Tu es sûre que c'était bien Hermione au téléphone ? », s'esclaffa-t-il.
« Quand je te dis que ce gosse a une bonne influence sur elle… », fit Ginny en agitant l'index en direction d'Harry. « Je te parie un Gallion qu'elle va tomber enceinte avant la fin de l'année scolaire. »
« Pari tenu », commenta Harry, plus dubitatif, avant de se faire asperger de purée à son tour.
~o~
« Le petit enfoiré ! », beugla Lucius en envoyant valdinguer d'un coup de pied une chaise défraîchie, abandonnée dans le repaire de Rodolphus. Ce-dernier leva les yeux au ciel et retint un soupir exaspéré, tandis que le blond poussait un nouveau hurlement de rage et déchiquetait à mains nues l'exemplaire de la Gazette ramenée par un sbire le matin-même. En première page s'étalait une photo de Draco, annonçant froidement la vente du Manoir Malfoy et de tout son contenu sur les marches de Gringott's. Le titre de l'article, qui figurait dans une police de caractères honteusement gigantesque, était court, simple, efficace. Et très agaçant.
« LIQUIDATION TOTALE ! »
Narcissa et Bellatrix, que l'on avait fait sortir de leur prison pour l'occasion, décochèrent des regards méprisants en direction du blond, avant de reprendre une expression impassible en voyant que Rodolphus les dévisageait avec intérêt.
« Mon ami, je suis vraiment navré, c'est entièrement de ma faute… », clama Rodolphus en se penchant en arrière dans son fauteuil. Son ton railleur indiquait qu'il n'était manifestement pas le moins du monde affligé, contrairement à ce qu'il déclarait. « Si j'avais pu penser une seule seconde que tu utiliserais encore une baguette fichée… » Il acheva sa phrase par un sourire moqueur en direction de Narcissa et lui fit un clin d'œil. La blonde répondit par un regard noir.
Lucius se retourna vers lui, le visage rouge de fureur. « Cette baguette provient d'un orme sacré millénaire et le dragon qui a donné son ventricule a été tué par mon arrière-grand-père lui-même, il y a plus d'un siècle ! Un sorcier qui se respecte, garde sa baguette jusqu'à son dernier souffle… »
« D'autant plus qu'elle est le seul bien qu'il te reste, à présent… », gloussa Rodolphus en se curant nonchalamment un ongle. « Ton matérialisme te perdra, Lucius. Oh attend… C'est déjà fait. »
« Un détail m'interpelle… », fit Narcissa, qui parcourait le journal des yeux avant de les darder sur Rodolphus. « La baguette de Lucius est la seule à avoir été identifiée. Hors si je me souviens bien, et arrête-moi si je me trompe… tous les Mangemorts soupçonnés ou avérés, ainsi que tous les membres de leurs familles ont été fichés après la guerre. » Elle replia le journal et le jeta à la figure de Rodolphus, qui la fusilla du regard. « Les Flint, les Parkinson, les Avery, les Carrow, les Dolohov et autres Crabbe, Goyle, Jugson, Gibbon, Mulciber, MacNair et j'en passe. Plus de la moitié de tes partisans sont concernés et tu vas me faire croire que pas un seul autre que Lucius n'a été identifié ? »
Rodolphus retira lentement le journal qui glissait sur son torse et le jeta sur la table en face de lui. « Il y a deux ans, nous avons anonymement commandé une grande quantité de baguettes roumaines pas chères pour rester indétectables », répondit Rodolphus en haussant les épaules. « Mais cela fait tellement longtemps, que j'ai dû oublier d'en parler à ton époux. »
« Comme c'est commode, n'est-ce pas ? », railla Narcissa. « Un oubli tout bête et mon mari devient l'homme le plus recherché d'Angleterre… après toi, bien sûr. »
Rodolphus se rembrunit et ouvrit la bouche pour rétorquer, mais Bellatrix le devança et prit la parole avant que la situation ne dégénère. « Narcissa et moi, nous avons réfléchi à ta proposition », fit-elle précipitamment, tandis que Narcissa croisait les bras et détournait les yeux.
Lestrange reporta son attention sur sa femme et esquissa un rictus. « Oh vraiment ? Je frétille d'impatience à l'idée d'en savoir plus… », ironisa-t-il.
« On accepte », répondit Bellatrix en espérant avoir l'air convaincante. Pour plus d'effet, elle avait à nouveau libéré ses cheveux et remodelé son expression faciale pour être dure et glaciale. « Je reprends du service. »
« Et moi, je reste avec mon époux », déclara à son tour Narcissa, les yeux toujours baissés. « Mais je ne participe pas. »
« Pour l'instant ! », compléta Bellatrix en se retournant pour lui adresser un coup d'œil appuyé. Par Merlin, tiens-t'en au plan, Cissy !, grommela-t-elle intérieurement avant de revenir à Rodolphus. Celui-ci observait tour à tour les deux sœurs, dubitatif.
« Qu'est-ce qui me prouve que ce n'est pas un plan pour me nuire ? », ricana Rodolphus en haussant un sourcil.
« Narcissa sera sage », assura Bellatrix en jetant un nouveau regard noir à sa sœur, qui le lui rendit.
« Et toi, ma douce ? », s'enquit Rodolphus, d'une voix mielleuse.
Bellatrix se retint de grimacer de dégoût. « Je suis juste un peu rouillée, un peu d'exercice avec une nouvelle baguette non fichée me fera le plus grand bien… », rétorqua-t-elle en appuyant exprès sur les mots-clés.
Rodolphus laissa échapper un rire malsain puis ses prunelles noires se posèrent sur Narcissa. Sans détourner son regard d'elle, il leva une main et claqua des doigts à l'attention de l'un de ses sbires. « Plume, parchemin, encre. Fissa. »
Sans demander son reste, un jeune homme d'une vingtaine d'années, cousin germain des Mangemorts actuellement incarcérés Amycus et Alecto Carrow, agita sa baguette en direction d'une commode placée dans un coin de la pièce et fit léviter les objets demandés jusqu'à Rodolphus.
« Merci, Julius », lâcha Rodolphus sans la moindre chaleur. Puis, il plaça la plume en travers de la feuille et fit signe à Narcissa d'approcher, ce qu'elle fit.
« Tu vas écrire un petit message à ton fils, Cissy. Rien de bien long. Un seul mot, en fait », précisa-t-il en souriant froidement, avant de murmurer : « Viens que je te le dise à l'oreille… »
Avec une expression dégoûtée, Narcissa se pencha vers le Mangemort et le laissa lui chuchoter le mot en question. Le dégoût laissa la place à la peine sur ses traits et elle saisit la plume d'une main tremblante, après l'avoir supplié du regard de renoncer. Mais le regard dur de Rodolphus lui fit comprendre qu'elle n'avait pas le choix. Une fois le mot tracé, Rodolphus plia la feuille en deux et lui demanda d'écrire « Draco » sur l'une des deux moitiés.
A peine Narcissa avait-elle achevé le « o » que Julius Carrow s'avança pour reprendre la feuille et elle recula de la table, les yeux pleins de larmes. Julius se pencha à son tour vers son maître, qui lui murmura quelques mots à l'oreille, puis emporta avec lui la feuille pliée, ainsi qu'une longue boîte que Narcissa identifia comme une boîte de baguette. Si seulement, elle avait pu récupérer la sienne, elle n'aurait fait qu'une bouchée de ce salopard de Rodolphus. Mais les Héritiers la lui avaient prise lors de son enlèvement et elle ne l'avait plus revue depuis.
Lorsque Julius eut disparu vers une destination quelconque grâce à l'immense H dessiné sur le mur du hangar, Rodolphus poussa un grand soupir de satisfaction et frappa ses mains sur ses cuisses.
« Parfait ! », clama-t-il, les yeux brillants. « Et si on fêtait ça ? »
~o~
Draco et Hermione s'éveillèrent en sursaut dans leur lit, au son d'un poing tambourinant contre la porte d'entrée de la maison. Grognant tandis qu'Hermione tentait de se remettre de sa frayeur, Draco jeta un regard au réveil de la table de nuit. Celui-ci indiquait trois heures du matin. Qui pouvait bien venir les sortir du lit à cette heure-là ?
« Ne bouge pas, j'y vais », bougonna-t-il en se levant pour enfiler un jean. En bas, l'importun avait recommencé son boucan d'enfer.
Le blond se traîna jusqu'à la porte d'entrée, la déverrouilla d'un coup de baguette et l'ouvrit… pour découvrir un rouquin au visage inquiet et un tantinet agacé. « Merlin, vous êtes là, pendant un moment j'ai eu peur que- », commença Ron en se passant une main dans les cheveux.
« Non mais ça ne va pas de réveiller les gens comme ça en plein milieu de la nuit ? Tu veux mourir, Weasmoche ? », gronda Draco en le fusillant du regard.
« Ron ? », fit la voix d'Hermione derrière lui. « Mais qu'est-ce qu'il se passe ? »
La jeune femme avait enfilé un jogging et un débardeur à la va-vite, et descendait à présent les escaliers dans un nuage de cheveux bruns ébouriffés.
« Ce mec n'a pas de vie ni de notion du temps, voilà ce qu'il se passe », rétorqua Draco avec humeur. « Trouve-toi une copine », ajouta-t-il à l'attention du roux, qui balaya sa remarque d'un roulement d'yeux exaspéré. Il ouvrait la bouche pour leur expliquer la véritable raison de sa visite quand soudain Hermione poussa une exclamation. La brune s'était figée en bas des escaliers et fixait à présent la baie vitrée du salon, à travers laquelle on discernait en contrebas les premières maisons du centre de Pré-au-Lard.
La nuit était noire et pourtant, les toits étaient tous éclairés d'une lueur verte, diffuse, étrange. Draco suivit le regard de sa fiancée et la vit. La Marque des Ténèbres, son crâne sinistre vomissant un énorme serpent noir et émeraude, trônait dans le ciel au-dessus du village. Au-dessous, les lumières allumées à toutes les fenêtres trahissaient l'agitation qui devait régner dans le hameau.
« Oh mon Dieu, il… il y a eu une attaque ? », s'écria Hermione, la panique faisant monter sa voix dans les aigus. A côté d'elle, Draco restait quant à lui silencieux, ses yeux écarquillés rivés sur le symbole lugubre d'un passé qu'il pensait mort et enterré.
Ron leva les mains en signe d'apaisement. « Notre équipe est déjà sur place depuis un moment et on s'assure que tout le monde va bien dans les environs… Pour l'instant, c'est le cas. »
Hermione se précipita dans l'entrée et enfila ses baskets puis un manteau.
« Qu'est-ce que tu fais ? », demanda Ron, soudain inquiet.
« Je veux y aller, s'il y a des blessés je pourrai être utile », déclara Hermione fermement et Ron sut aussitôt qu'il ne servirait à rien de discuter.
« Hors de question que je te laisse y aller seule », renchérit Draco en se chaussant et en s'habillant à son tour plus chaudement.
Quelques instants plus tard, tous trois dévalaient le sentier qui menait au village, où tous les habitants semblaient réunis, baguette à la main, dans la rue principale. Une vingtaine d'Aurors sillonnait les ruelles, fouillait les maisons, réconfortait les familles, mais comme l'avait dit Ron, personne ne semblait avoir été attaqué et pas un seul habitant ne manquait à priori à l'appel.
Pourquoi la Marque, dans ce cas ?, pensa Hermione, songeuse. Intimidation ? Avertissement ?
« Absolument rien n'a bougé dans le village, ils n'ont pas retourné la moindre petite pierre », fit Ron, qui n'y comprenait rien. « C'est comme s'ils étaient simplement venus pour laisser la marque avant de s'en aller tranquillement… »
« Vous et moi on sait très bien que ce n'est jamais le cas, il y a forcément quelque chose », maugréa Draco dont les yeux scannaient incessamment la foule réunie dans la rue. Hermione, le nez levé vers le ciel, contemplait avec un mélange de peur et de fascination le serpent s'enrouler autour de la mâchoire inférieure du crâne.
Quand soudain, un mouvement attira son attention au niveau du coude de Draco. Elle baissa les yeux et vit un garçonnet d'environ huit ans tirer avec insistance sur la manche du gilet du blond.
« Y'a une dame qui m'a donné ça pour toi », dit l'enfant en lui tendant un morceau de parchemin plié en deux.
« Qui ça ? », demanda Draco en prenant le parchemin.
« Je sais pas, une dame », répondit le garçon en haussant les épaules d'un air perdu. « Elle était là-bas près de l'entrée du village… »
Bien entendu, lorsque Draco et Hermione regardèrent dans la direction indiquée, ils ne virent rien d'autre que la nuit noire et une famille dont les membres se serraient les uns contre les autres en jetant des coups d'œil terrifiés vers le ciel.
Draco reporta son attention sur le parchemin et le retourna. Sur un côté, juste au-dessus du cachet de cire qui scellait le message, son prénom était calligraphié à la plume. Il eut un haut-le-cœur.
« C'est l'écriture de ma mère ! », s'exclama-t-il, tandis que Ron et Hermione échangeaient des regards ahuris.
Avec des gestes fébriles, il brisa le sceau de cire et déplia le parchemin, au moment où s'avançait vers eux Matthew O'Connell, le partenaire de Ron.
« Les gars de l'Identification Magique ont envoyé un Patronus, ils ont relevé une activité illégale chez une baguette fichée ! Le Morsmordre qui a servi à créer cette Marque », annonça l'Auror en rejoignant Ron. « Madame », ajouta-t-il en saluant brièvement Hermione de la tête.
« Laisse-moi deviner », bougonna Ron, les mains dans les poches de son manteau. « Lucius Malfoy ? »
Matthew esquissa une grimace et secoua la tête. « Presque. Narcissa Malfoy. »
Hermione sentit sa mâchoire tomber littéralement sur sa poitrine et elle fit volte-face pour regarder Draco, s'attendant à ce qu'il prenne sans tarder la défense de sa mère. Mais Draco ne bougeait pas. Il ne la regardait pas. Il ne parlait pas. Il fixait le parchemin ouvert entre ses mains, dont le tremblement imperceptible faisait frémir la feuille. Hermione baissa les yeux pour lire le message et reconnut à son tour l'écriture soignée et vieillotte de sa belle-mère. Le message ne contenait qu'un seul mot.
Traître.
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Et voilà ! ça se complique pour Draco et Hermione, ils ne vont bientôt plus savoir qui est gentil et qui ne l'est pas, si ça continue ! J'espère que ce chapitre vous a plu et j'espère aussi être en mesure de poster lundi prochain, sinon dans 15 jours. N'hésitez pas à me laisser votre avis et à bientôt pour la suite !
Des bisous par milliers.
Xérès
