Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Me voici de retour pour vous jouer un mauvais tour – euh merde, non, c'est pas le bon fandom. Bonjour à toutes et à tous, chers/chères Potterheads, c'est un chapitre assez costaud auquel vous avez droit aujourd'hui (16 pages) et riche en rebondissements ! J'espère me faire pardonner pour cette longue absence et j'ai hâte de savoir ce que vous pensez de la tournure des événements… Miaouss oui, la guerre ! Pardon, je veux dire, bonne lecture !
Merci à tous mes nouveaux follow/fav (YoonTheil, bloobsy, fan hd, malfoyswand, MlleZazu, ontheroad7, nami0810, NanaPtvn, MissFleurBleu, MarionMalfoy, Hortensea, ReadingInParis), à Marion, SabrinaMalefoy, Mikasa, Eliane Gil, Audrey917000, Lyly Ford, Mearwyn, Drasha, MissDraymione, miss damdam, Lily-Sisi, Wizzette, aussidagility, Piitchoun, Gouline971, PouleauPotter, Mia1912, okami shiroi, TiteTyLee, MowScottHeavens, Acide'nette, Plastikk, Voldynouchette, Babar, Lady T Malefoy, Cécile, Sarah Prout, YELL00W pour leurs reviews et à ceux qui m'ont contactée sur Facebook/Twitter.
RAR :
Anonyme du 20 avril : Je te rassure, il n'est pas question de faire mourir Draco, que ce soit en vrai ou par message interposé ! ^^ Merci beaucoup pour ta review !
Marion : Je transmets à Draco ta proposition de consolation mais sache que je m'occ-euh je veux dire Hermione s'occupe déjà très bien de lui… XD Bonne chance pour apprendre l'obéissance à ton téléphone ! ) Merci pour ta review !
Mikasa : Effectivement, produire la Marque des Ténèbres avec la baguette de Narcissa amènera le grand public à penser qu'elle a rejoint son mari du côté obscur de la Force ! ahah. Merci à toi et bonne lecture ! Des bisous.
Drasha : Moi, flippante ? Machiavélique ? Je ne vois pas du tout pourquoi tu dis ça… huhu. Je suis de retouuuur, pour vous jouer un mauvais tour ! Afin de protéger le monde de la dévastation, afin de rallier tous les peuples à notre nation, afin d'écraser l'amour et la vérité, afin d'étendre nos pouvoirs jusqu'à la Voie Lactée ! La team Rocket plus rapide que la lumière, rendez-vous tous ou ce sera la guerre ! Voilà, tes amis peuvent encore plus me détester, maintenant. Oui, je suis fière de moi. Merci pour ta review et des bisous !
Lily-Sisi : ahah bah oui tu ne savais pas ? Nous, la génération Y sommes des petits prétentieux qui n'ont plus peur de l'autorité et ne supportent pas de ne pas obtenir ce qu'ils désirent (sous peine de dépression sévère). J'adore les études comme ça, réalisées par de vieux bobos payés à rien foutre et qui font passer les jeunes pour des petits merdeux…J'espère que princesse Sisi aura finalement réussi à épouser Harry et à avoir plein d'enfants aux prénoms royaux. D'ailleurs, si Oscar et Cunégonde sont déjà pris, j'ai une proposition pour le troisième : Théophane. Si, si, regarde ça fonctionne : ThéophÂÂne ? Théophâââââne ! Ou si c'est une fille : Marie-Sixtine ? Marie-Sixtiiiiiiine ! XD Merci pour ta review )
Aussidagility : merci pour ta review ! :)
Cécile : Merci beaucoup pour ta review ! Ne t'excuse pas de ne pas aimer Théo, il n'est pas fait pour ça ! ahah Voici la suite, j'espère qu'elle continuera de te plaire !
Sarah Prout : oui, j'ai gardé Sarah Prout plutôt que Coucou parce que je suis une fervente défenseuse de l'originalité et de l'absurde ! u_u Ahahah Elias « un peu collant mais appétissant », j'ai eu l'impression d'être dans le Roi Lion. Merci en tous cas de m'avoir lue ET reviewée, surtout si ce n'est pas dans tes habitudes, ça me fait doublement plaisir ! J'espère que la suite continuera de te plaire et gros bisous !
Chapitre 24 : Tout Doit Disparaître
« Et ça, vous gardez ? », demanda Ginny en sortant de l'énorme buffet des Malfoy un service à thé en porcelaine ancienne. Les motifs peints à la main étaient fins et discrets, dans des tons pastel, où se mêlaient serpents et roses épineuses. « C'est un peu vieillot mais très joli… », ajouta-t-elle en observant théière et tasses sous toutes les coutures.
Hermione quitta un vaisselier dont elle faisait l'inventaire du contenu pour s'approcher de Ginny. Après avoir reçu le message dévastateur de sa mère deux nuits plus tôt, Draco s'était muré dans le silence pendant près d'une journée, ne réapparaissant que le samedi soir à la nuit tombée pour déclarer sombrement qu'ils procèderaient au tri des affaires de ses parents le lendemain, dimanche. Hermione avait approuvé en silence, puis contacté ses amis pour qu'ils leur donnent un coup de main. Harry, Ron, Ginny, Blaise et Fred s'étaient donc joints à eux pour nettoyer le Manoir et en retirer ce que Draco ne voulait pas vendre, en prévision des visites.
« C'est vrai qu'il est magnifique », fit Hermione en tendant la main vers l'une des tasses. Mais Blaise, occupé à décrocher une tenture que Draco voulait jeter aux ordures, s'interposa avant qu'elle n'ait pu toucher l'objet.
« A ta place, je ne ferais pas ça, Hermione », s'écria-t-il depuis l'autre bout du salon. « Ce service est ensorcelé pour refiler la dragoncelle à tout moldu ou né-moldu qui le tient dans ses mains. Et tout le monde sait que la dragoncelle, bénigne pour les sorciers, est mortelle pour les moldus. »
Hermione recula précipitamment sa main, tandis que Ginny reposait le service sur une table avec une grimace dégoûtée. « Oui, donc ça : poubelle », marmonna la rousse en se frottant nerveusement les mains sur son pantalon.
La brune fronça les sourcils et secoua la tête. « La seule fois en douze ans où Lucius m'a proposé un thé, c'était dans une de ces tasses… Narcissa était arrivée en trombe et avait piqué une crise… », fit-elle pensive. « Maintenant, je sais pourquoi. »
« Encore une preuve que Narcissa ne peut pas avoir produit cette marque des Ténèbres au-dessus de Pré-au-Lard ! », s'exclama Ginny, tandis qu'Hermione soupirait avec lassitude. « Elle t'adore, Hermione. Jamais elle ne rejoindrait les nouveaux Mangemorts, pas même si Lucius le lui demandait. Peut-être qu'elle l'aurait fait à une époque… mais elle n'est plus cette personne depuis longtemps. »
Hermione allait répondre quand elle vit du coin de l'œil Draco entrer dans la salle à manger. D'un geste discret et rapide, elle fit signe à Ginny de ne plus aborder le sujet. Depuis deux jours, le blond faisait la sourde oreille à toute remarque sur l'un ou l'autre de ses géniteurs.
« Où sont les autres ? », demanda Blaise, en voyant Draco s'atteler à débarrasser de vieux rideaux d'une colonie de Doxys fraîchement installés.
« Ils décrochent les portraits », répondit Draco, laconique. Pas un mot de plus ne franchit sa bouche et Blaise jeta un regard appuyé à Hermione avant de retourner à sa tenture. Celle-ci finit par se décrocher et le velours pourtant propre d'aspect souleva un nuage de poussière. Blaise toussota.
« Et ça ? », demanda Ginny en brandissant une carafe à vin en cristal de Bohême.
« J'en sais rien, est-ce que ça risque aussi de me tuer ? », maugréa Hermione avec une moue désapprobatrice.
Mais la jeune professeur n'eut jamais la réponse à cette question. En voyant la carafe dans les mains de Ginny, Draco s'approcha pour la lui prendre, puis se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit et jeta le précieux objet dans le vide avec une expression mauvaise. Les yeux ronds, Ginny, Blaise et Hermione entendirent nettement la carafe se briser sur le gravier en contrebas, gravier que rejoignirent bientôt la théière meurtrière et ses six tasses assorties.
Puis toujours sans un mot, Draco ressortit du salon-salle à manger, laissant ses trois amis médusés.
« Non, y'a pas à dire, sa gestion de la colère s'améliore avec les années… », commenta Blaise en roulant des yeux.
Quelques minutes plus tard, Ginny et Hermione finissaient de trier le contenu des vaisseliers lorsqu'un vacarme assourdissant retentit soudain quelque part au rez-de-chaussée. Délaissant aussitôt leur verroterie et leurs rideaux, les deux filles et Blaise coururent en direction du boucan. A chaque pas, les sons se faisaient plus précis et bientôt, ils saisirent plusieurs voix masculines, qui vomissaient toutes une flopée d'insultes. Tournant au détour d'un couloir, ils trouvèrent Harry, Ron et Fred, regardant d'un air mauvais une rangée de portraits d'hommes sévères, qui les arrosaient copieusement de charmants noms d'oiseaux.
« Anachorètes, baltringues, bâtards de traîtres à votre sang ! Comment osez-vous toucher aux ancêtres de l'illustre famille Malfoy ? », beugla un vieux portrait aux longs cheveux argentés noués en catogan et qui faisait étrangement penser à une version très âgée de Lucius Malfoy.
« Branlotins de petite naissance ! Sodomites ! Eunuques ! », vociféra un autre, dont le costume à jabot évoquait les tenues du dix-huitième siècle.
« Gibiers de potence ! Attendez voir que mon arrière-arrière-arrière-petit-fils Lucius vous surprenne à malmener nos effigies ! Morbleu, je vous garantis que vous allez conchier vos bottes ! », reprit le premier.
Chacun des hommes présents dans les cadres s'en donnait à cœur joie et Fred semblait ravi de pouvoir compléter sa liste déjà bien fournie de vocabulaire fleuri. Lorsque « niguedouilles », « outres à pisse » et « résidus de fausse couche » succédèrent aux « vandales », « microcéphales » et autres « culs terreux », Draco alerté par le bruit fit enfin son apparition et s'arrêta au milieu du couloir, les mains enfoncées dans les poches.
« On a réussi à remiser les autres portraits de famille qu'on a trouvés, mais ceux-ci ne bougent pas d'un pouce… », expliqua Harry avec une expression furieuse en direction des vieux grincheux sur toile.
« Les douze salopards… », marmonna Draco en dévisageant chacun des portraits du couloirs. Ginny fronça les sourcils et tendant un index, se mit à compter silencieusement. Effectivement, douze portraits se succédaient dans le corridor. Uniquement des hommes. « C'est comme ça que je les surnommais quand j'étais ado. Ce sont les grands hommes de la famille. Les autres portraits de moindre importance, comme ceux des femmes, n'ont pas leur place ici et peuvent être déplacés de pièce en pièce quand bon nous semble. Pas eux. »
« Femmes, moindre importance… ça, c'est une mentalité moderne », grommela Ginny tandis qu'Hermione levait les yeux au ciel.
« Qu'est-ce qu'on va faire ? », demanda Harry en croisant les bras d'un air soucieux. « On ne peut tout de même pas les laisser là, ils pourraient faire fuir les acheteurs à force de hurler des insanités… »
« Il y a bien un moyen… », soupira Draco en considérant avec ennui son arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père qui agitait sa canne dans son cadre. « Brûler la baraque avec les tableaux dedans. »
Ginny fit la moue. « Moui… ou alors on peut les laisser là, cachés derrière des tapisseries ou des tentures. Comme dans la maison des Black. »
Le petit groupe regarda en silence les douze portraits, jusqu'à ce qu'Hermione lève la main droite. « Je vote pour qu'on brûle tout, qui est avec moi ? », plaisanta-t-elle, tandis que Fred levait aussitôt la main à son tour avec enthousiasme.
« Non », coupa Draco en se détournant. « Mon père préfèrerait voir le Manoir brûler qu'être vendu à une autre famille. Avec un peu de chance, les acheteurs seront des sang-mêlé, ou pire des Moldus, et il en fera une crise cardiaque. »
« Ah, j'aime bien sa proposition aussi, je valide », renchérit Fred en agitant l'index en direction du blond. Mais celui-ci avait déjà tourné les talons et disparaissait dans un couloir adjacent, sans émettre le moindre son. Fred laissa mollement retomber son index et grimaça.
« Il va mieux, j'ai l'impression », railla Ron, qui regardait toujours en direction du couloir dans lequel Draco venait de disparaître.
« Tout à l'heure, il a balancé de la vaisselle par la fenêtre », répondit Blaise entre ses dents.
« C'est ce que je dis, il va mieux… », reprit le rouquin, haussant les épaules.
~o~
« Ouuh ! J'ai mal au dos… », gémit Ginny en s'écroulant dans un des canapés du salon, écrasant Hermione qui elle-même était à moitié affalée sur Blaise. Dehors, le soleil déclinait déjà et une pile non négligeable de cartons et de valises en tous genres s'élevait dans le hall d'entrée.
« J'ai mal aux jambes », rétorqua Ron en se laissant tomber par terre devant le canapé surchargé. « Foutus escaliers. »
« J'ai mal partout, je vous bats », ajouta Fred, déjà posé dans un fauteuil, les yeux clos.
Tous tournèrent la tête en direction d'Harry, debout au milieu du salon, un sourire narquois sur les lèvres. « Me regardez pas comme ça, moi ça va », railla l'Attrapeur des Pies de Montrose en faisant gonfler le muscle de son bras droit d'un air appréciateur.
« C'est normal, la moitié du temps tu t'es contenté de nous regarder faire en critiquant », marmonna Ron en jetant un regard courroucé en direction de son meilleur ami. Puis il laissa retomber sa tête contre l'assise du canapé avec lassitude. « Mon royaume pour une bière. »
« Pas sûr qu'il y ait de quoi acheter un pack de six », railla Blaise avant d'être réduit au silence par un coussin jeté par le roux.
« Rappelez-moi pourquoi on n'a pas demandé aux elfes de faire le boulot à notre place ? », demanda Fred, les yeux toujours fermés.
« Parce que les elfes ne peuvent pas savoir ce qu'on souhaite garder ou pas », rétorqua Hermione avec sévérité. « Ils se tapent déjà le ménage, c'est bien suffisant. »
« Tais-toi, Fred, ou tu vas te retrouver dans de 'S.A.L.E' draps… », ironisa Ron, tandis qu'Hermione levait les yeux au ciel. Elle ne digérait toujours pas l'échec de son association pour les droits des elfes de maison et le peu d'intérêt de ses propres amis pour le mouvement.
« Où est Draco ? », demanda-t-elle soudain pour mettre un terme au débat, et aussi parce que cela faisait un moment que son cher et tendre avait disparu.
« Pas aux cuisines, j'y étais pour emballer le vin », fit Blaise.
« J'étais au premier étage et je ne l'y ai pas vu non plus », ajouta Ginny en se déchaussant pour poser les pieds sur la table basse recouverte d'un drap blanc.
« Je suis allé au grenier pour ranger tous les trucs dont on ne sait pas quoi faire et j'ai refermé à clef derrière moi, donc il n'y était pas », expliqua le Survivant en tournant un regard inquiet vers sa meilleure amie.
Pensive, Hermione passa une main dans ses cheveux et se mordit la lèvre inférieure. « Je crois que je sais où il est… Attention, je me lève ! », prévint-elle en s'extirpant de sous Ginny pour quitter le canapé. Ron en profita pour prendre sa place et bousculer un peu sa sœur, qui grogna en signe de protestation.
Hermione sortit du salon pour regagner le hall d'entrée et son gigantesque escalier de marbre. Son instinct lui soufflait que Draco n'était à aucun des étages, ni même au rez-de-chaussée. Contournant l'escalier, elle se dirigea vers une porte dérobée, dissimulée dans un recoin sombre : la porte des cachots. Elle était entrouverte et un léger courant d'air s'engouffrait dans le passage qui descendait dans les profondeurs du manoir. La main sur la poignée, elle resta un instant sur le seuil et inspira profondément. Elle n'était jamais redescendue depuis…
…Depuis 'Théo'.
Un pas après l'autre, elle emprunta l'étroit escalier de pierre qui menait aux cellules et sortit sa baguette pour s'éclairer. Autrefois, des torches éternelles illuminaient le chemin mais elles n'avaient manifestement plus brûlé depuis des lustres. Les araignées avaient gaiement pris possession du plafond et Hermione dut plusieurs fois baisser la tête pour éviter quelques pans de toiles épaisses comme du tissu. Les elfes eux-mêmes n'avaient apparemment pas eu le droit de venir y faire le ménage.
Arrivée en bas, il faisait noir comme dans un four. A l'exception d'une lueur quelque part dans une cellule presque au fond du corridor. Sur la droite. Hermione réprima un frisson. Presque douze années avaient passé, mais elle se souvenait parfaitement de l'agencement des lieux. La lueur provenait de sa cellule. Tendant sa baguette bien devant elle, elle progressa dans l'obscurité à pas prudents et parvint bientôt au niveau de son ancienne « chambre ». La sinistre porte en bois était entrouverte et en glissant la tête à l'intérieur, elle vit la baguette de Draco projetant une faible lueur bleutée sur les murs gris. Le blond était assis sur une chaise (« ma » chaise), sur les accoudoirs de laquelle on distinguait encore nettement de sombres taches brunâtres incrustées dans le bois sec. Mon sang.
Les mains de Draco, y compris celle qui tenait sa baguette allumée, serraient son crâne et il était penché en avant, ses cheveux blonds tombant sur son visage. Il ne l'avait même pas vue arriver. De nouveau, Hermione eut un temps d'arrêt. Il y a encore quelques années, venir jusqu'ici aurait été au-dessus de ses forces. Entrer dans son ancienne cellule était désormais la limite de ce qu'elle pouvait endurer et elle resta donc sagement sur le seuil. Balayant la pièce du regard, ses yeux accrochèrent un instant le recoin où Théodore l'avait jetée à terre et arraché ses vêtements. Son souffle s'accéléra dans sa poitrine. Elle avait presque l'impression de sentir le sol froid dans son dos, les pierres inégales s'enfonçant douloureusement dans sa chair au rythme des mouvements de Nott. Elle aurait payé cher en cet instant pour réussir à détourner le regard, mais n'y parvenait pas.
La sensation des mains de Théo sur son corps, son regard satisfait alors qu'il la violentait… Elle s'entendit gémir de détresse mais ne sut dire si c'était réel ou encore un souvenir.
« Qu'est-ce que tu fais là ? », fit soudain une voix, la faisant sursauter.
Hermione tourna la tête et réalisa que ses yeux étaient tellement écarquillés qu'ils en étaient devenus douloureux. Elle prit une grande inspiration et s'aperçut que son souvenir avait été tellement intense qu'elle en avait également oublié de respirer. Draco avait levé la tête et la regardait, presque scandalisé qu'elle ait eu le cran de venir le chercher jusqu'ici.
« Je… », parvint à articuler Hermione, mais le reste de sa phrase mourut avant d'avoir atteint ses lèvres.
« Sors d'ici, tu vois bien que ça te met dans tous tes états ! », s'énerva le blond en lui jetant un regard sévère.
Hermione allait céder lorsqu'une analyse un peu plus poussée du visage de son fiancé lui indiqua qu'il y avait pire que de vieux souvenirs malsains. La noirceur du cachot et l'éclairage chiche projeté par la baguette du blond ne lui permettaient pas de voir trop de détails, mais elle était certaine qu'il pleurait. Ou avait pleuré.
« Toi non plus, tu ne devrais pas être ici, cet endroit… est mauvais », souffla-t-elle en le regardant droit dans les yeux. « Viens avec moi. »
« Pars devant, j'arrive », répondit-il sombrement en détournant la tête.
« Non ! »
Surpris, Draco la regarda de nouveau. Les deux jeunes gens se dévisagèrent quelques secondes. « Ne sois pas stupide, Hermione. J'avais seulement besoin de… » Il poussa un soupir rageur. « Je te rejoins dans cinq minutes. Remonte, tu vas devenir cinglée si tu restes là. »
« Toi aussi », murmura-t-elle avec un léger trémolo de peur dans la voix. Incroyable. A peine deux minutes dans cet endroit et elle était encore plus terrifiée que lorsqu'elle avait revu Théodore pour la première fois à la librairie. « Allez… », tenta-t-elle une dernière fois en tendant une main vers lui.
« Fiche-moi la paix », siffla-t-il soudain. « J'ai besoin d'être seul. »
La brunette laissa retomber sa main. Draco ne lui avait plus parlé sur ce ton depuis… très longtemps. Soudain, elle eut l'impression de retrouver l'adolescent mal dans sa peau qui se glissait autrefois dans cette même cellule pour faire face à l'hypocrisie de son existence. Si Hermione l'abandonnait ici, ne serait-ce qu'une minute de plus, elle ne se le pardonnerait jamais. Jetant un nouveau coup d'œil à l'endroit où Théodore l'avait violée, elle prit une décision. Lentement, elle pénétra dans la cellule, sous le regard hagard et légèrement mécontent de Draco.
« Qu'est-ce que je viens de te dire ? », aboya-t-il, furieux.
Hermione faillit sursauter mais se retint. Elle savait qu'il n'était pas dans son état normal. Tous les événements des dernières semaines étaient en train de le dévorer et si elle avait raison, elle devait l'aider à s'en sortir. Elle continua d'avancer.
« Hermione, tire-toi », gronda Draco en se levant de sa chaise, qu'il envoya valdinguer de l'autre côté de la pièce sans même la toucher. Maintenant qu'elle était suffisamment proche, elle put confirmer à ses yeux rougis et gonflés qu'il avait effectivement pleuré. Elle avançait toujours.
« Putain, Herm-
« Tu m'as sauvée d'ici et jamais je ne pourrai assez te remercier », l'interrompit-elle en se plantant devant lui, tremblante. « Maintenant, c'est mon tour. Mais d'abord, il faut que ça sorte. »
Le blond la dévisagea avec stupeur, les paroles d'Hermione faisant lentement leur chemin jusqu'à son cerveau. Il n'arrivait pas à croire qu'elle soit venue jusque dans ces lieux maudits pour lui. Pourtant, elle était terrorisée, il pouvait le voir dans ses yeux, dans ses mâchoires contractées, dans ses mains qui tremblaient. Mais elle était là… et sa présence lui était presque insupportable. Pour la première fois depuis longtemps, il pétait littéralement les plombs. Il s'effondrait, perdait le contrôle et l'idée qu'elle pose ses yeux sur lui dans cet état lui donnait envie de hurler.
« Il n'y a que moi… », souffla-t-elle de nouveau en caressant le visage du blond. « C'est bon. »
L'expression de Draco se contracta. Ses sourcils commencèrent par se froncer, puis sa bouche se tordit. Enfin, ses yeux se fermèrent de toutes leurs forces et il se mordit la lèvre presque jusqu'au sang. L'instant d'après, il tombait à genoux et Hermione sentit une vague de soulagement la submerger. Dès que Draco aurait laissé échapper la pression, il pourrait repartir sur de meilleures bases. Ou du moins essayer. Un sanglot étouffé déchira le silence et Hermione se baissa pour se mettre à sa hauteur. Les bras du blond se refermèrent aussitôt autour de sa taille et il l'attira contre lui, serrant si fort les os de son torse qu'elle faillit pousser une exclamation de douleur. Mais la Gryffondor serra les dents et le laissa faire. S'il fallait en passer par là… elle ne reculerait pas.
Elle glissa ses doigts dans les cheveux blonds et posa son menton sur le haut de son crâne. « Ça va aller… », souffla-t-elle, tandis qu'il la serrait toujours de ses bras crispés. « Ça va aller. »
~o~
Marcus Flint sirotait tranquillement un café dans la salle de réunion de la Brigade des Stupéfiants moldue, tout en feuilletant quelques documents qu'on lui avait demandé de classer et d'archiver. La plupart des données qu'on lui mettait entre les mains consistait en rapports et photographies des différents meurtres d'enfants modifiés perpétrés ces derniers mois. Officiellement, son travail consistait à passer en revue l'ensemble pour effectuer des recoupements, déceler des indices que les précédents enquêteurs auraient manqués et classer le tout intelligemment. Mais Marcus en profitait surtout pour brouiller les pistes. Rodolphus lui avait ordonné de faire disparaître tout ce qui risquait de faciliter le travail de la police et des Aurors, et de lui rapporter toute information utile pour la suite de leur mission. Comme la liste des familles ayant mis au monde une ou plusieurs ignominies, les dispositifs de protection et de surveillance mis en œuvre et autres indications de ce genre.
Etrangement, les familles les plus éloignées de Londres étaient également les moins sécurisées, comme l'avait remarqué le jeune Héritier. Rodolphus avait été enchanté de la nouvelle et il prévoyait déjà une prochaine attaque au Nord de l'Ecosse ou en Irlande. Quoi qu'ils fassent, les Aurors ne pouvaient pas être partout et Rodolphus comptait justement là-dessus.
Finissant son café, Marcus réunit sa paperasse, jeta son gobelet dans la poubelle et s'apprêtait à regagner son bureau lorsqu'un de ses supérieurs l'intercepta.
« Flint, le boss te veut là-bas dans vingt minutes. Nouvelle mission », ordonna l'Auror en lui tendant un post-it sur lequel était griffonnée une adresse. B9011, Findhorn, Ecosse. Marcus fronça les sourcils : la précision de l'information laissait à désirer… Son supérieur dut saisir la signification de son expression car il ajouta aussitôt : « Un autre Auror t'attend déjà là-bas, il t'indiquera l'endroit exact. »
« En quoi consiste cette nouvelle mission ? », demanda Marcus en fourrant le papier dans sa poche.
« Tu le sauras en arrivant sur place », rétorqua l'autre en s'éloignant. « Passe chez toi prendre des affaires, tu pars pour un moment. »
Le froncement de sourcils de Marcus s'intensifia. On le mettait à l'écart ? Ou peut-être l'avait-on démasqué et qu'il s'agissait d'un piège ? Toutefois, il n'avait pas vraiment le choix, il devait y aller ou prendre le risque d'attirer l'attention en refusant d'obéir à un ordre. Il suivit donc le conseil de l'Auror et transplana jusqu'à chez lui pour préparer un sac de vêtements, puis transplana de nouveau en quelques étapes sûres jusqu'à la route indiquée sur le post-it. Il atterrit sur une route côtière, à quelques mètres de la mer, face à un petit port de plaisance où flottaient paisiblement quelques bateaux à moteur ou voiliers. Le vent était bien plus frais qu'à Londres et le ciel était chargé de lourds nuages noirs. Jurant à mi-voix, il enfila son manteau et réajusta la sangle de son sac sur son épaule. Tournant sur lui-même, il vit bientôt un type agiter la main dans sa direction. Marcus s'approcha de lui au petit trot pour se réchauffer et l'inconnu lui serra la main.
« Tu dois être Flint », le salua l'homme d'une quarantaine d'années aux cheveux poivre et sel. Il parlait avec un accent écossais très prononcé et Marcus en déduisit qu'il était du coin. « MacDougall », ajouta-t-il en lui serrant la main. « Anus MacDougall. »
Les yeux de Flint faillirent lui sortir de la tête. Avait-il bien entendu ? Le type s'appelait Anus ? L'expression interdite de l'Auror sembla familière au nouveau-venu, car celui-ci leva les yeux au ciel avec un sourire gêné.
« Désolé, j'oublie toujours que vous autres à Londres, n'avez pas l'habitude de notre accent… ça s'écrit Aonghas, en réalité », expliqua l'Ecossais en lui faisant signe de le suivre.
Marcus lui emboîta le pas, resserrant les pans de son manteau sur sa gorge pour se protéger du vent glacial. « Je crois qu'il va me falloir un peu d'entraînement pour le prononcer… », avoua Marcus avec un sourire faux.
« Laisse tomber, Mac' ça me va très bien aussi… », reprit MacDougall en remontant la route. Celle-ci était bordée d'un côté par de jolies maisons typiques en pierre aux jardins proprets et de l'autre par le port et ses bateaux, dont les drisses agitées par le vent tintaient doucement le long des mâts. « Tu dois te demander ce que tu viens faire ici, pas vrai ? »
« J'imagine que ce n'est pas pour bronzer », railla Marcus avec un regard en direction du ciel couvert.
« Toi et moi, on est chargés de protéger quelqu'un », reprit Mac en s'arrêtant devant une maisonnette aussi coquette et ancienne que les autres, pour en ouvrir le portillon en bois bleu. « Voilà pourquoi personne ne t'a rien dit plus tôt. On a obligation d'être discrets. »
Flint ne répondit pas, intrigué. La personne qu'ils devaient protéger devait sûrement être très importante pour qu'autant de précautions aient été mises en place. Peut-être un membre d'une des familles déjà attaquées ? Un témoin gênant ? Dans tous les cas, s'il fallait s'en occuper, il pourrait être en première ligne et Rodolphus en serait certainement ravi. Il suivit l'Ecossais dans le jardin et s'engouffra à l'intérieur de la maison, après que MacDougall ait levé les sortilèges de protection. A l'intérieur, deux personnes (une femme et un homme à en juger par les timbres de voix que percevait Marcus) s'invectivaient à qui mieux mieux. En approchant du salon, Flint reconnut avec stupeur la voix de l'Inspecteur Hodgkin. Mais il n'était pas au bout de ses surprises. Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il identifia également la propriétaire de la voix féminine.
« Il est hors de question que tu m'abandonnes dans ce trou perdu, Ben ! », vociféra la jeune femme en agitant les bras pour désigner le petit salon coquet qui les entourait. « Je vais devenir cinglée ! »
« Combien de fois faudra-t-il que je te répète que c'est pour ta sécurité ? », rétorqua l'inspecteur, hors de lui, avant de remarquer les deux Aurors qui venaient d'entrer. « Oh, vous êtes là. »
Aria Stone tourna un regard furieux en direction de ses deux nouveaux gardiens. Le propriétaire de la maison, « Mac » les regardait d'un air quelque peu gêné d'avoir interrompu la dispute, tandis que le second…
Flint dévisageait Aria avec des yeux ronds et la bouche entrouverte. Il ne bougeait plus d'un poil et ne comprenait absolument plus rien à ce qu'il était en train de se passer. La… la pute de Lucius… je l'ai pourtant tuée…
Aria fixait elle aussi le nouveau-venu avec une expression étrange. Le visage de ce type et sa façon de la regarder ne lui disaient rien qui vaille. Il semblait à la fois surpris et en colère de la voir ici, comme s'il était persuadé qu'elle n'aurait pas dû être là. Pas dû être en vie…
« Voici Marcus Flint, l'autre Auror qui sera chargé de ta protection », fit Ben, brisant le silence qui était retombé dans le salon.
« C'est un gars de ton équipe ? », demanda Aria en fronçant le nez. Bien que sa première impression sur le jeune homme aux dents inégales ait été plutôt négative, elle se sentit quelque peu rassurée à l'idée qu'il fasse partie du détachement sorcier de la brigade. Ses références avaient forcément dû être vérifiées. D'ailleurs, l'expression de l'Auror était devenue plus amicale et il arborait à présent un sourire détendu. Ou carnassier. Impossible de savoir avec cette gueule de travers.
« Ravi de vous rencontrer, Maître Stone », déclara Flint, dont le sourire n'atteignait cependant pas ses petits yeux froids. « C'est un honneur de protéger une étoile montante du barreau telle que vous. »
Aria ne répondit pas et se détourna en direction de la fenêtre. Au loin, la mer s'étendait à perte de vue, si grise sous cet éclairage orageux qu'on ne faisait presque plus la distinction entre ciel et mer à l'horizon. Rester cloîtrée au bout du monde avec deux inconnus, dont un qui la mettait terriblement mal à l'aise… Aria n'était pas croyante mais c'était à peu près l'idée qu'elle se serait fait de l'Enfer s'il y en avait eu un.
« Il faut que je retourne à Londres… », reprit Ben en s'approchant du dos tourné de l'avocate. Il caressa sa taille et déposa un léger baiser sur son épaule. Aria ferma les yeux et MacDougall sortit dans le couloir, faisant signe à Flint de le suivre, pour leur laisser un semblant d'intimité. « Je te promets qu'on coincera ces salopards avant que tu n'aies eu le temps de t'ennuyer », souffla Ben en l'enlaçant.
« Je m'ennuie très vite, tu sais… », soupira-t-elle en appréciant néanmoins la chaleur du policier dans son dos et celle de ses bras autour d'elle. Ils restèrent un instant ainsi, jusqu'à ce que Ben la force à se retourner. Plongeant la main dans l'intérieur de sa veste, il dégrafa son holster de poitrine et en sortit une arme qu'il mit dans les mains d'Aria.
« Au cas où », murmura-t-il tandis qu'elle lui jetait un regard interrogateur. « Tu sais t'en servir, au moins ? »
« Je pointe sur le méchant et j'appuie avec mon index ? », plaisanta-t-elle à moitié. « Tu réalises que ce genre d'armes est presque inutile contre les sorciers… ? »
« Sauf s'ils sont pris par surprise et n'ont pas le temps de se protéger », rétorqua Ben à voix basse. « Garde-la toujours à portée de main… même si en théorie, tu ne devrais pas avoir à t'en servir. »
« Je ne préfèrerais pas, en effet », marmonna Aria en rangeant néanmoins le Glock dans son sac à main.
Ben soupira et l'attira une dernière fois contre lui. « Tout ira bien », souffla-t-il en l'embrassant sur le front. « Fais-moi confiance. »
Aria ferma les yeux. Si seulement il pouvait avoir raison…
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« Je ne savais plus quoi faire, plus quoi dire, il est complètement bouleversé par cette histoire de Marque à Pré-au-Lard… », maugréa Minerva McGonagall en escortant son invité dans les couloirs de Poudlard. Son pas était rapide et nerveux, tout comme sa voix, et son chapeau pointu de velours vert s'agitait à chaque fois que ses talons frappaient le sol de marbre. « Quand je suis allée le voir tout à l'heure, il était en train de ranger son bureau pour préparer son départ, c'est inouï… »
La Directrice de Gryffondor dévisagea son accompagnateur de ses petits yeux perçants. « Je ne fais pas appel à vous par gaieté de cœur, croyez-le bien… Mais en plus d'être un de ses anciens élèves, vous êtes également, Merlin nous garde, la plus haute autorité financière de cette école et j'espère qu'à ce titre vous saurez lui mettre un peu de plomb dans la tête… »
Théodore Nott baissa son regard noir en direction du visage ridé et sévère de la professeur de Métamorphoses, et hocha brièvement la tête. « Vous avez bien fait de m'appeler », lâcha-t-il avant de grimper les escaliers qui menaient au bureau de Rogue.
Minerva le regarda s'élever, les sourcils froncés, attendit qu'il ait disparu et quitta le couloir en marmonnant que « tout fichait décidément le camp, en ce moment ».
Théodore monta les marches jusqu'à la porte de l'ancien bureau de Dumbledore et frappa quelques petits coups secs sur le panneau de bois.
« Tirez-vous ! Qui que vous soyez ! », aboya la voix furieuse de Rogue à l'intérieur de la pièce.
Théo leva les yeux au ciel et entra tout de même, refermant patiemment la porte derrière lui.
« Qu'est-ce que je viens de … oh », fit Rogue en se retournant pour dévisager l'intrus. « Qu'est-ce que vous fichez ici, vous ? », gronda-t-il, hargneux.
« Et vous ? », répliqua Théodore en balayant du regard la malle que Rogue remplissait d'affaires personnelles et potions en tous genres.
« Ça se voit, non ? », grommela le Directeur en reprenant son manège. « Je. Me. Casse. »
Théodore pinça les lèvres et haussa les sourcils, s'asseyant tranquillement dans le fauteuil de Rogue pour le regarder faire.
« Me permettez-vous de vous demander où vous comptez aller ? », demanda le jeune PDG d'un ton léger.
Un grognement du côté de Rogue indiqua qu'il ne souhaitait pas répondre à cette question. « Albus Dumbledore s'absentait souvent de Poudlard pour vaquer à ses occupations, je ne vois pas pourquoi je m'en priverais », répondit l'ex-professeur de Potions en jetant dans la malle plusieurs grimoires qu'il fit rétrécir en même temps.
« Et sa dernière escapade lui a été fatale, livrant de ce fait Poudlard à Voldemort et ses partisans… », acheva Théo en inspectant nonchalamment ses ongles coupés à la perfection. « On ne peut pas dire que c'était la meilleure décision de toute sa vie… »
Rogue ne répondit rien, continuant de trier ce qu'il désirait emporter ou non avec lui. Théodore le laissa un moment s'activer, l'observant attentivement puis soupira. « Vous ne comptez tout de même pas partir à la recherche de Narcissa Malfoy, Professeur ? »
« Quand bien même ce serait le cas, je ne vois pas en quoi ça vous regarde », gronda Severus avec un regard venimeux dans sa direction.
« Justement, si. En tant qu'actionnaire majoritaire de cet établissement, tout ce que vous faites me regarde. Laissez donc Mrs Malfoy à son époux légitime et occupez-vous de ce qui importe réellement : vos élèves. Retourner la Terre entière pour une femme ne vous attirera que des ennuis et met en danger les jeunes personnes dont vous avez la charge », lâcha Théo en plissant les yeux.
« Vu vos antécédents à ce sujet, à votre place je m'abstiendrais de faire la leçon… », cracha Rogue avec un rictus méprisant.
« Touché… », ironisa Théodore avec un sourire rêveur.
Et ça l'amuse, en plus…, grommela intérieurement Rogue en secouant la tête. « Ma décision est prise et je n'en changerai pas », acheva-t-il à haute voix en bouclant enfin sa malle, qu'il rétrécit à son tour jusqu'à ce qu'elle atteigne une taille suffisamment infime pour loger dans la poche de sa robe de sorcier.
« Rogue, par tous les cercles de l'Enfer, réfléchissez ! », aboya soudain Théodore, qui perdait son calme. « Ceux qui ont Narcissa Malfoy, que ce soit de gré ou de force, tiennent également Lucius et Bellatrix Lestrange. Les plus grands Mangemorts encore en vie sont une nouvelle fois réunis pour mettre ce pays à feu et à sang… Croyez-vous vraiment que c'est le bon moment pour que le Directeur de Poudlard quitte son école ? Des dizaines de cibles potentielles se trouvent entre ces murs, la dernière chose dont elles ont besoin c'est de voir partir leur protection la plus fiable. »
« Vous me surestimez, Nott », gronda Severus en se dirigeant vers la porte de son bureau, bien décidé à le quitter. « Je ne suis pas Dumbledore. »
« C'est certain… », répondit Théodore avant d'agiter la main pour bloquer la poignée de la porte d'un sortilège. « Mais vous êtes tout de même ce qu'il y a de mieux pour protéger ces enfants de la menace extérieure. Vous êtes un grand sorcier, Rogue. Et j'ai besoin d'un grand sorcier ici, à Poudlard. »
Severus s'acharna un moment sur la porte, qui refusait de s'ouvrir même sous les sortilèges que le Directeur lui lançait, et soupira avec agacement.
« Manifestement, je suis un moins grand sorcier que vous. Pourquoi ne vous chargez-vous pas vous-même de protéger cette école ? », ironisa-t-il en fusillant Théodore du regard. « Après tout, c'est un peu de votre faute, tout ce qu'il se passe. »
L'expression de Théodore s'assombrit et il tourna la tête en direction de la fenêtre. De l'autre côté de la vitre, de gros nuages noirs porteurs de pluie s'amassaient au gré du vent. Un orage approchait. « Bonne question. Je vous le dis si vous promettez de rester ici, de veiller sur les enfants et d'abandonner votre quête stupide… », murmura Théodore, les yeux dans le vague.
Rogue lui adressa un regard meurtrier. Narcissa, une quête stupide ? C'était peut-être un peu vrai… Il ne savait pas par où commencer, ni même si elle avait véritablement rejoint son mari volontairement ou non… Et quand bien même il la retrouverait, seul, que pourrait-il faire ? Il tenta une dernière fois pour la forme d'ensorceler la poignée de la porte, qui refusa de bouger, toujours immobilisée par le sortilège de Théodore.
« Je n'ai pas vraiment le choix, je suis coincé ici », gronda-t-il, les épaules légèrement affaissées.
« En effet… », ironisa le jeune homme en faisant signe à Rogue de s'asseoir sur une chaise en face de lui. Le Directeur grimaça : il n'aimait pas cette impression d'être invité à s'asseoir dans son propre bureau. Néanmoins, il abdiqua et se laissa tomber sur une des deux chaises qui étaient généralement occupées par d'autres professeurs ou des élèves punis.
« Il va de soi que vous ne pourrez en parler à personne », reprit Théodore, soudain sérieux. « J'insiste. A personne. »
L'agacement de Rogue laissa la place à une certaine curiosité et il hocha la tête, invitant Nott à continuer. Celui-ci dévisagea son ancien professeur avec attention. Il n'avait plus vraiment le choix à ce stade, il devait lui dire la vérité. Pour le bien de tous. D'Elias. De l'ensemble des enfants de cette école. Et d'Hermione.
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Aria se pencha en avant pour poser son pot de Ben & Jerry's vide sur la table basse et tira de nouveau la couverture en pilou qui recouvrait ses jambes pour s'emmitoufler plus chaudement dedans. Elle n'avait pas spécialement froid, dans son jogging informe, son tee-shirt ample aux couleurs de Manchester United et ses épaisses « chaussettes de mémé », comme aimait les surnommer Ben, mais c'était un réflexe qu'elle avait lorsqu'elle se sentait déprimée : le pilou l'isolait du reste du monde, tel un cocon protecteur capable de régler tous ses soucis par la douceur. Le pot de glace, c'était pour les cas extrêmes. Et c'était précisément un cas extrême.
A la télé, une énième rediffusion de Buffy Contre Les Vampires. Une de ses séries préférées lorsqu'elle était étudiante. Mais là encore, il lui était difficile de profiter tranquillement de l'épisode : MacDougall, assis à côté d'elle sur le canapé, ne cessait de commenter chaque scène de l'émission (qu'il voyait pour la première fois).
« Cette Willow n'est absolument pas crédible », marmonna-t-il en secouant la tête. « Ensorceler une plante pour effacer la mémoire de sa petite amie, quelle idiote ! Un 'Oubliettes' et c'était terminé. A cause d'elle, tout le monde a oublié qui il était… Heureusement qu'ils n'ont pas de ministère de la Magie à Sunnydale, sinon ils lui auraient botté les fesses à cette sorcière de pacotille. »
Aria leva les yeux au ciel avec un sourire narquois. Elle aimait bien Mac Dougall. C'était un homme bon, agréable à vivre et avec lequel elle se sentait en sécurité. Il comprenait parfaitement l'agacement d'Aria de devoir rester cachée au fin fond de l'Ecosse et tentait tant bien que mal de rendre son séjour forcé plus supportable. La jeune avocate tourna légèrement la tête sur la gauche. Dans un fauteuil voisin du canapé était assis l'autre Auror chargé de sa sécurité. Comme à chaque fois qu'elle regardait dans sa direction depuis son arrivée quatre jours plus tôt, Aria faillit sursauter : Flint la fixait avec un rictus indéfinissable. Du moins jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'elle le regardait il changeait alors d'expression contre un sourire faux qui donnait simplement envie à Aria de fuir en courant. Non, elle n'était pas du tout à l'aise avec cet homme. Heureusement qu'Aonghas était là.
Bien entendu, elle avait encore parlé trop vite.
MacDougall se frappa les cuisses du plat de la main et s'extirpa du canapé en soupirant. « Bon, je vais vous laisser quelques minutes, je vais marcher jusqu'au bourg pour acheter des provisions… », annonça-t-il en se dirigeant vers l'entrée pour prendre son manteau. En effet, le « centre » du village (ou plutôt du hameau) était à moins de trois cent mètres de la maison et il aurait fait l'aller-retour avant la fin de l'épisode. Mais Aria sauta sur ses pieds et lui jeta un regard suppliant.
« Je peux venir avec vous ? », demanda-t-elle en secouant ses jambes ankylosées. « J'adorerais prendre un peu l'air. »
MacDougall lui adressa un sourire navré. « Je comprends, Miss Stone, mais je ne peux pas vous laisser m'accompagner… j'ai des ordres. Marcus vous tiendra compagnie, le temps que je revienne. »
Aria tenta de ne pas avoir l'air trop déçue mais cela dut tout de même se lire sur son visage car Flint plissa les yeux avec un soupçon de méchanceté… qui disparut aussitôt lorsqu'Aonghas se tourna vers lui pour l'interroger du regard.
« Je tiendrai le fort en votre absence, mon capitaine », plaisanta l'Auror en esquissant un salut militaire de la main droite.
« Dans ce cas, j'y vais, je ne serai pas long », acheva l'Ecossais en enfilant son manteau.
Aria pinça les lèvres et se dirigea vers sa chambre, la couverture en pilou toujours serrée autour d'elle à la manière d'une cape de super héros. « Je vais prendre une douche », déclara-t-elle d'une voix morne. Elle en avait déjà pris une dans la matinée mais tout prétexte serait bon pour mettre un maximum de distance entre elle et Flint en l'absence d'Aonghas. Sans un mot, l'Auror aux dents anarchiques la regarda traverser le salon et aller s'enfermer dans la salle de bains la plus proche de sa chambre. Une fois qu'il fut certain qu'elle ne pouvait plus le voir, Flint laissa un sourire mauvais étirer ses lèvres. Il avait attendu cette occasion depuis des jours. Attaquer en présence d'Aonghas ne le tentait pas plus que ça : l'Auror était un vieux briscard depuis longtemps dans la profession et ses réflexes devaient forcément être excellents ou il n'aurait pas survécu à deux guerres contre Voldemort. Marcus s'en méfiait et avait donc préféré patienter. Attendre une faille, une baisse d'attention. Certes, une fois qu'il aurait réglé son compte à cette petite salope, sa couverture en tant qu'Auror serait réduite à néant. Mais l'idée que Rodolphus apprenne seulement qu'il avait manqué son coup à Ste-Mangouste était bien plus terrifiante. Il devait finir le boulot maintenant et on n'en parlerait plus. Tant qu'Aria Stone était en vie, Lucius pourrait à tout moment se laisser à nouveau attendrir et trahir les Héritiers. Ils ne pouvaient pas se permettre de prendre un tel risque.
Une porte claqua et il regarda Aria faire un aller-retour entre sa chambre et la salle de bains, les bras chargés de vêtements propres et d'affaires diverses. Elle lui décocha un regard poli mais froid au passage et referma derechef la porte derrière elle. Quelques secondes plus tard, il entendit l'eau couler dans la baignoire. Silencieusement, Marcus s'extirpa du fauteuil dans lequel il était installé et approcha sans un bruit de la porte, l'oreille aux aguets. Il n'avait pas beaucoup de temps, MacDougall reviendrait vite. A l'intérieur de la salle de bains, l'eau coulait toujours. Plongeant la main dans une de ses poches, il en ressortit sa baguette magique, prêt à ouvrir la porte et à surprendre l'avocate dans son bain. Simple, rapide, efficace. Cette fois, il ne se raterait pas.
Il s'apprêtait à faire irruption dans la salle de bains lorsque la porte s'ouvrit à nouveau et Marcus se retrouva soudain nez à nez avec l'avocate. Elle avait dû encore oublier quelque chose dans sa chambre et avait surpris Marcus la main dans le sac (ou plutôt sur la poignée). Aria le regarda avec stupeur, ne s'attendant pas à le voir juste derrière la porte et il y eut un moment de flottement. L'espace d'une seconde, elle se demanda ce qu'il faisait là et le malaise qu'elle avait ressenti ces cinq derniers jours au contact de Flint s'intensifia. Ce type n'était pas net, pas net du tout. Elle baissa les yeux et vit qu'il avait dégainé sa baguette. Elle comprit au moment où il bondissait vers elle que cet homme censé la protéger ne lui voulait pas forcément du bien. Poussant de toutes ses forces sur ses bras, elle referma la porte de la salle de bains au nez de l'Auror et tourna le verrou, avant de foncer tête baissée jusqu'à sa pile de vêtements sous laquelle était dissimulé le Glock de Ben. Elle était ressortie de la salle de bains exprès pour aller le chercher après le départ de MacDougall. Un mauvais pressentiment, un coup de chance ? Elle n'en savait rien. Toujours était qu'elle se félicitait à présent de cette décision.
Le temps qu'elle saisisse l'arme, la porte de la salle de bains avait littéralement explosé hors de ses gonds et Flint pénétrait dans la pièce, un mélange inquiétant de rage et de plaisir sur ses traits. Aria recula précipitamment, renversant ses vêtements propres, sa trousse de toilette et sa serviette sur le sol, mais se trouva bientôt bloquée par le rebord de la baignoire qui continuait de se remplir progressivement. Elle leva le bras et pointa le canon de l'arme droit sur Flint, qui s'arrêta avec un rictus méprisant. Elle envisagea un instant de lui donner une dernière chance de quitter les lieux avant qu'elle n'ouvre le feu mais se remémora le conseil de Ben.
Une arme peut être efficace contre un sorcier si tu ne lui laisses pas le temps de préparer une protection.
Sans réfléchir plus longtemps, elle contracta donc l'index et appuya sur la gâchette… L'arme se contenta d'émettre un léger cliquetis et Aria écarquilla les yeux, surprise. Elle n'eut que le temps d'entendre le ricanement de Flint et de réaliser qu'elle n'avait pas défait le cran de sûreté, avant que le sorcier n'envoie son arme voler dans les airs d'un simple Expelliarmus et lui décoche un coup de poing au visage qui la fit s'étaler contre la céramique dure et froide de la baignoire.
Sonnée, l'avocate saisit le rebord du baquet pour tenter de se redresser lorsqu'un coup de pied la cueillit à l'estomac et la força à se plier en deux en gémissant.
« J'aurais dû vérifier ton cadavre à Sainte-Mangouste, petite pute… ça nous aurait évité toute cette perte de temps, tu ne crois pas ? », grinça Flint en faisant apparaître une corde magique qui vint s'enrouler autour du cou d'Aria, serrant sa gorge de plus en plus fort et la faisant suffoquer. « Je me demande comment tu as fait pour échapper à mon Avada, d'ailleurs… »
C'était lui…, pensa la jeune femme en ouvrant la bouche démesurément dans l'espoir d'aspirer un infime filet d'air. C'est lui qui a tenté de me tuer… La corde se resserra encore et une douleur atroce commença à envahir la poitrine d'Aria, tandis que la pression dans son crâne faisait douloureusement battre le sang dans ses tempes. Ses jambes et ses bras battaient désespérément autour d'elle, heurtant vêtements et meubles, raclant le carrelage et le tapis de bain qui s'éloignait peu à peu en glissant sous ses talons.
Flint, debout dans la salle de bains, la regardait en souriant, presque fasciné par le spectacle de la mort qui ne manquerait pas de venir la faucher d'ici quelques minutes. Les mains d'Aria se portèrent à son cou, tentant par des mouvements désordonnés d'écarter la corde pour respirer mais malgré tous ses efforts, elle ne réussissait qu'à écorcher la peau de sa gorge avec ses ongles. Et le lien se resserrait toujours.
Marcus avança finalement, se pencha sur elle et tirant sur la corde, la souleva légèrement du sol pour amener son visage près du sien. Aria commençait à voir des points blancs et noirs danser devant ses yeux. Un feu dévorait littéralement l'intérieur de ses poumons et le bruit de son cœur dans ses oreilles était assourdissant. Ses bras et ses jambes bougeaient toujours, mais de manière moins précipitée, moins fréquente. Elle sentait petit à petit ses forces l'abandonner. Et bien qu'il ne soit qu'à quelques centimètres de son nez, le visage de Marcus Flint commençait à être flou.
« Je me demande ce que Lucius a bien pu te trouver pour bafouer ainsi les principes de toute une vie… », murmura Flint en se délectant toujours de son agonie. « Tu dois être sacrément bonne au pieu… »
Dans sa frénésie, le bras gauche d'Aria plongea dans l'eau et rencontra soudain une surface arrondie et métallique. Le pommeau de douche. Lorsque ses doigts se refermèrent dessus, il lui sembla d'une lourdeur incroyable mais elle parvint tout de même à affermir sa prise sur le manche. Avec l'énergie du désespoir, elle sortit le pommeau de l'eau et l'abattit de toutes ses forces sur l'oreille droite de Marcus Flint, qui poussa un grognement de rage et de douleur. Galvanisée par ce premier succès, Aria rassembla ce qu'il lui restait de vitalité pour assener un second coup, sur la tempe cette fois. Au troisième, elle sentit le lien qui enserrait sa gorge devenir plus lâche et elle glissa les doigts de son autre main en-dessous pour dégager ses voies respiratoires. La première bouffée d'air qui fit irruption dans ses poumons fut encore plus douloureuse que l'absence d'oxygène et elle fut prise d'une magistrale quinte de toux. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Flint avait le nez et l'arcade sourcilière en sang, et il la regardait avec tant de haine, qu'Aria pensa sa dernière heure arrivée. Elle battit des pieds pour tenter de ramper le plus loin possible de ce fou et sentit son jogging trempé coller à sa peau. Le sol de la salle de bains était couvert d'eau et elle ne s'en était même pas rendu compte.
« Tu vas me payer ça, petite salope », gronda Flint en se relevant pour la dominer de toute sa hauteur.
Sans même réfléchir, Aria fit alors la première chose qui lui passa par la tête. Elle bondit d'un coup et projeta tout le poids de son corps dans les jambes de Flint. Celui-ci bascula en arrière en jurant et il y eut un bruit sourd et écœurant, juste avant que le corps du soi-disant Auror ne touche terre. Un choc, un tintement de plomberie malmenée. Couchée sur les mollets de Flint, Aria leva les yeux et constata avec stupeur que son agresseur ne bougeait plus. Prudente, elle s'écarta de quelques dizaines de centimètres, mais il restait immobile. Sa main se leva pour attraper le rebord du lavabo sur sa gauche, afin de l'aider à se remettre debout, mais ses doigts glissèrent sur une substance visqueuse et tiède. Portant sa main devant ses yeux, elle vit qu'elle était couverte de sang. Un regard en direction du lavabo lui permit de comprendre ce qui avait produit ce son affreux. La tête de Flint avait heurté la céramique pendant leur chute et il gisait désormais sur le sol, inconscient.
Respirant encore difficilement, Aria se mit debout et sans quitter Flint des yeux, tenta de l'enjamber pour gagner la sortie. Au moment où elle posait le pied près de la hanche de l'Auror, celui-ci grogna et remua, arrachant à la jeune femme un cri de surprise et de désespoir. Sautant d'un bond au-dessus du blessé, elle ramassa sur le sol le Glock de Ben et le pointa en tremblant sur Flint, sans oublier cette fois d'ôter le cran de sûreté.
« Par Merlin, mais qu'est-ce qu'il se passe ici ? », aboya une voix derrière Aria. L'avocate sursauta et se retourna.
MacDougall était de retour. Il avait abandonné ses courses sur le tapis et, baguette brandie, observait la scène avec des yeux ronds. Aria ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Sa gorge était en feu, tout comme sa poitrine, et la tête lui tournait. Son bras armé retomba mollement le long de son corps et, s'étalant de tout son long, elle perdit elle aussi connaissance.
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Et voilà, ce sera tout pour aujourd'hui ! A votre avis, Aria est-elle hors de danger ? Et Flint, que va-t-on en faire ? (De la chair à pâtée ! oui, mais pas tout de suite, mdr). J'espère que ce chapitre vous aura plu et que vous avez toutes envie de faire de gros câlins à notre pauvre Draco déprimé. En attendant de vous lire, je vous fais de gros bisous et je pense pouvoir prévoir une publication lundi prochain (on repart sur de bonnes bases !).
Bonne semaine et à bientôt !
Xérès
