Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Je… j'ai dépassé les 1000 reviews ! Oh mon dieu, je décolle du sol et m'envole au paradis ! XD Merci à tous et à toutes de m'avoir permis d'atteindre ce chiffre incroyable, vous êtes des amours.
En ce qui concerne ce chapitre, la première partie s'accompagnera d'un petit avertissement : le sujet qui y est traité est assez dur, même si je suggère plus que je ne montre, mais rassurez-vous il n'y aura aucune scène explicite, tout sera traité avec pudeur. Cependant, il est possible que vous vous sentiez mal à l'aise en raison de la nature du sujet en lui-même mais cela fait partie des sujets dont je pense qu'il faut parler et sortir du tabou, car c'est le seul moyen d'accorder l'attention qu'elles méritent aux victimes. La « victime » en question a une réaction qui va peut-être vous choquer, vous sembler étrange, mais c'est pourtant une réaction qui est constatée chez de nombreux individus confrontés à ce problème. Voilà, je vous laisse découvrir sans plus tarder (même si, je pense que vous avez déjà tous deviné que je parlais de Pansy… XD) Bonne lecture !
Merci à mes nouveaux follow/fav (flolive, Namyrai, AlwaysUchiwa, Ceriiz23, MissMalefoySlytherin, Allyssa Black, SlytheerinChan), ainsi qu'à Passion Fugace, miss damdam, Lyly Ford, okami shiroi, charlotte verdon23, Naoem, Erza Robin, Cécile, ecathe38, malfoyswand, Love The Original Family, Folpi, Sarah canap mou, PouleauPotter, Eanna Elendil, Marion, Wizzette, Acide'nette, flolive, aussidagility, Audrey917000, BurningAshes22, Eliane Gil, Gouline971, Drasha, Malle, Ceriizz23, Jeny, Piitchoun, SeventhApril, Mrs Lyly Black, Clmence, Voldynouchette, OrianeT, jujupititetortue, Fan, Anthracite77 pour leurs reviews.
RAR :
Folpi : bien vu, pour Pansy (il n'y a pas que ça, bien sûr mais c'est un bon début !). Désolée de te décevoir par contre, mais comme j'ai eu beaucoup de travail et que j'ai aussi pris des vacances, ce sera certainement le seul chapitre que tu auras à lire à ton retour… ahah. Gros bisous et merci pour ta review !
Cécile : Pour une fois, Théo pourrait te surprendre. Ou pas, d'ailleurs. Tu verras bien le moment venu ! Merci pour ta review et bonne lecture !
Sarah canap mou (purée la première fois j'ai lu « caca mou », pardon mais tes pseudos me font toujours délirer) : bon déjà laisse-moi te dire que ton analyse de Théo n'est absolument pas cohérente (je te cite « Mon pauvre chou... BIEN FAIT POUR TA GUEULE. » hum, bon, tu vois le souci ou pas ? mdr) Par contre, pas sûr que le sort des personnages contente tout le monde, comme tu sembles le penser. XD Bonne lecture et gros bisous !
Marion : Ouiiii, j'ai dépassé les 1000 reviews, je suis sur un petit nuage ! Pour Pansy, c'est un peu plus compliqué que ça mais tu sauras tout dans quelques minutes ) Merci pour ta review et gros bisous !
Aussidagility : Il faudrait bien que Théo finisse par être sensible à quelque chose ! Mieux vaut tard que jamais ! hihi Merci pour ta review et gros bisous !
Drasha : Eh comment ça tu n'y crois pas au Théo qui abandonne ? Mdr. Je suis contente que l'évolution de Pansy te plaise ! Faire des personnages méchants juste pour le plaisir d'être méchants, ce n'est pas mon genre, ahah, il fallait se douter qu'il y aurait quelque chose derrière tout ça ! Merci pour ta review et gros bisous !
Malle : Je ne compte pas faire mourir Bellatrix, si ça peut te rassurer ! Elle mérite un peu de répit elle aussi, et je m'étais déjà bien acharnée sur elle dans La Voix des Morts, je vais varier un peu les massacres, ahah. En tous cas ça vous a bien plu cette scène de tuerie au laboratoire, vous avez tous adoré ! XD Bande de psychopathes, je vous aime. Merci pour ta review !
Jeny : Héhé, bien vu pour Hermione ! Merci pour ta review, j'espère que la suite continuera de te plaire !
Anonyme du 29 juillet : ahah oui Hermione cède et pouf un Oubliettes… La drogue du viol version sorcier, c'est pas très classe. XD Patience, Rodolphus aura la fin qu'il mérite (j'ai hâte de l'écrire d'ailleurs). Merci à toi pour tes reviews !
Clmence : Merci beaucoup pour tous ces compliments ! Je suis contente que les deux fictions t'aient plu à ce point ! Ahah tu as de la chance d'avoir pu te faire un marathon HP cet été, je n'ai pas le temps alors que j'en rêve… mais bon. Pour ce qui est du rythme des publications, généralement je publie chaque lundi (à part aujourd'hui parce que la situation est particulière : le chapitre n'était pas fini hier et comme je pars en vacances vendredi, je voulais absolument que vous ayez quelque chose à lire avant de partir… Ensuite plus rien jusqu'à fin août, et à mon retour, je reprendrai mon rythme de publication chaque lundi !) Bref, merci pour ta review et bonne lecture !
Jujupititetortue : ahahahah il y en a qui m'ont accusée de ne pas être subtile dans mes détails concernant Hermione, mais manifestement je l'ai suffisamment été puisque tu n'as rien remarqué ! XD J'ai déjà une idée de fiction pour après, et j'aimerais également trouver la force de réécrire entièrement A celui que j'ai perdu deux fois ^^ Donc je n'arrêterai certainement pas d'écrire. Merci pour ta review et gros bisous !
Fan : ahah que de dilemme dans ta vie ! Choisir entre Théo, Draco ou Hermione, je te sens déchirée. XD Merci pour ta review ! On va beaucoup retrouver Pippa dans ce chapitre, j'espère que ça te rassure un peu ! Bisous et bonne lecture !
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Chapitre 34 : Special Needs
Eldritch Parkinson n'avait jamais été un bon Mangemort. Pas plus qu'un bon citoyen. Pas un bon mari non plus, encore moins un bon père. Il faisait partie de ces hommes qui se complaisent dans une certaine médiocrité, ni trop ni pas assez, toujours dans la demi-mesure. Discrétion assurée. Le personnage tout entier dégageait une aura d'inutilité absolue qui faisait que les gens se désintéressaient totalement de sa personne à la minute où ils posaient les yeux sur lui.
Pourtant une simple analyse un peu plus poussée, un regard un peu plus approfondi, auraient permis de déceler qu'Eldritch Parkinson était surtout un homme dérangé. Il l'était déjà sur les bancs de l'école où encore une fois, son application minutieuse à se fondre dans la masse n'avait d'égale que son ingéniosité à trouver des techniques plus ou moins élaborées de voyeurisme pervers. Plusieurs fois le directeur de l'époque l'avait surpris à Poudlard en flagrant délit de vol de sous-vêtements ou de regards lubriques dans les vestiaires de Quidditch féminins. Mais le benêt n'ayant commis aucun autre crime, il ne fut jamais renvoyé de l'école, simplement considéré comme un adolescent plus torturé par la puberté que les autres. Ni intello, ni sportif, au final l'école de sorcellerie ne garda aucun souvenir de lui si ce n'est un renforcement des sortilèges de protection placés autour des dortoirs et vestiaires des filles. Voilà toute trace qu'avait laissé l'unique fils d'Audric et Meredith Parkinson de son passage au château.
Plus tard, il épousa une certaine Mavis Bulstrode, lointaine cousine d'un de ses camarades de Serpentard, dans le cadre d'un mariage arrangé qui ne fut heureux pour aucun d'entre eux. Après la naissance de leur fille Pansy, Mavis lassée des assauts sexuels trop fréquents de son époux, quitta le lit conjugal pour s'installer dans une chambre d'amis et ne le laissa plus jamais la toucher. A l'exception des soirs où il rentrait trop soûl pour qu'elle n'ait pas d'autre choix que d'obtempérer.
Dans un premier temps, la petite Pansy grandit au milieu de ce couple désuni sans pour autant en souffrir. L'enfant jouait très souvent chez les amis de ses parents, entourée presque sept jours sur sept par d'autres familles qui avaient également des enfants du même âge qu'elle. Trois garçons figuraient parmi ses préférés : trois petites perles éduquées comme des princes et qu'une génétique sans défaut avait doté d'adorables minois. Et alors qu'elle jouait à leurs côtés en riant à gorge déployée, la petite Pansy rêvait sans discontinuer du jour où elle se marierait avec l'un d'entre eux. Dans une grande robe blanche, avec une traîne gigantesque et un bouquet si lourd et encombrant qu'il lui faudrait au moins deux demoiselles d'honneur pour l'aider à le porter. Et son prince l'embrasserait devant leurs familles réunies et ils feraient de beaux enfants. Car c'était bien ainsi qu'on faisait les enfants, n'est-ce pas ? En s'embrassant… C'était tellement romantique.
Le jour de ses huit ans, alors que son père finissait sa fête d'anniversaire par un énième verre de whisky, Pansy Parkinson apprit à ses dépens que ce n'était pas vraiment ainsi que les enfants étaient conçus. Et que ça n'avait rien de romantique non plus, sauf peut-être si les grognements que son père poussait au-dessus d'elle et si la douleur atroce qu'elle avait ressentie dans son ventre pouvaient être considérés comme du romantisme. Il s'était par la suite justifié aux yeux de sa fille en larmes par un simple « j'ai des z'envies », dont Pansy n'avait pas bien saisi la signification. A partir de ce jour-là, Eldritch Parkinson délaissa totalement son épouse, complice muette des horreurs que subissait son enfant sous prétexte qu'elle-même avait « déjà donné ». Il n'avait plus d'yeux que pour Pansy. Pansy qui grandissait chaque jour un peu plus, Pansy et sa petite coupe de cheveux au carré, son petit nez retroussé qui lui donnait un air si mutin…
Les premiers temps, la fillette s'était renfermée sur elle-même, refusant même de rendre visite à ses trois princes qui demandaient pourtant régulièrement de ses nouvelles. Ils étaient des garçons eux aussi, sans doute ne cherchaient-ils qu'à assouvir les mêmes désirs qu'Eldritch. A dix ans, elle avait repris peu à peu contact, consciente que ses princes (malgré leur statut d'hommes pervers en devenir) allaient lui être utiles et qu'elle ne devait pas les laisser s'éloigner. Elle ne pourrait quitter ce foyer maudit qu'en épousant l'un d'entre eux et elle ne devait pas rater sa chance si elle voulait encore réaliser son rêve d'enfant.
Au fil des mois, elle avait remarqué que son père était prêt à tout pour satisfaire sa perversion. Y compris à la couvrir de cadeaux, de vêtements, de Gallions… L'esprit de l'adolescente n'avait pas mis longtemps à faire l'addition : son corps était susceptible de lui permettre d'obtenir beaucoup. L'été de ses treize ans, il l'avait même autorisée à goûter pour la première fois au champagne pendant qu'il faisait son affaire. Un nectar délicieux, que Pansy avait vite appris à ingurgiter au litre pour supporter les assauts charnels répétés de son géniteur.
A Poudlard, d'autres futurs Eldritch avaient commencé à remarquer sa poitrine généreuse et ses courbes plongeantes qu'aucun uniforme au monde, aussi informe et laid soit-il, n'aurait pu altérer. Sa meilleure amie Milicent lui répétait toujours qu'elle aurait pu être belle même vêtue de hâillons. De nombreux garçons de Serpentard semblaient également partager l'avis de Milicent, au vu des regards libidineux qu'ils lui adressaient. Mais ces imbéciles ne l'intéressaient pas : seuls ses trois princes avaient une quelconque importance. Draco Malfoy, Blaise Zabini et Théodore Nott… Chose étrange, cependant. Avec les années, les trois garçons s'étaient quelque peu éloignés d'elle, lui préférant le Quidditch pour les deux premiers et la bibliothèque pour le troisième. Quelle idée ! Enfin, peu importait. Elle finirait bien par les avoir, dusse-t-elle leurs coller aux basques jusqu'à ce qu'elle s'en approprie un. Il en allait de sa survie.
Certes, elle avait bien couché avec deux d'entre eux (Blaise n'avait jamais voulu, pas même sous la torture), mais les résultats n'avaient pas été concluants. Draco accordait plus d'importance à l'alcool qu'au corps de la jeune femme, même si leurs ébats restaient bien plus agréables que tout ce qu'elle avait connu auparavant, et Théodore… Théodore lui avait fait quelque peu penser à son père. Son comportement dans l'intimité avait quelque chose d'étrange, de malsain. Lui qui semblait si doux et calme en public, avait révélé une certaine noirceur sous la couette. Il lui avait fait un peu mal d'ailleurs, pas autant de mal qu'Eldritch, mais tout de même. Lui aussi semblait avoir des « z'envies ». Elle l'avait rayé de sa liste. Du moins tant que Draco et Blaise resteraient disponibles.
Les années passaient et les étés se faisaient de plus en plus insupportables. Sa mère ne quittait désormais plus la chambre, s'y faisant servir ses repas directement par les elfes et son père avait considéré cela comme une autorisation tacite de prendre tout le reste de la maison comme terrain de jeu. Les rôles s'étaient inversés. Pansy était devenue l'épouse, la maîtresse de maison, celle qui gérait les elfes, recevait les invités et subissait partout, tout le temps, les attouchements d'Eldritch. En silence. Les seuls moments de bonheur étaient ceux qu'elle passait avec Draco, lequel était devenu tant bien que mal son « petit-ami » en cours de sixième année. Il ne la traitait pas exactement comme une reine, mais les exigences de Pansy n'étaient pas bien hautes : tout. Sauf. Son père.
Alors imaginez la panique, lorsqu'elle avait débarqué au Manoir. Granger. Avec ses boucles folles et son regard de biche. En moins de temps qu'il n'avait fallu pour dire « ouf », ses trois princes lui avaient échappé. Tous pris au piège des filets de cette Gryffondor de malheur. Après la trahison de Blaise et de Draco, Pansy n'avait plus mis les pieds au Manoir Malfoy, attendant patiemment que la guerre se termine en priant de toutes ses forces pour que Voldemort tombe et son père avec. Et pour cela, elle n'arrivait pas vraiment à en vouloir à Granger et à sa clique de héros du dimanche. Grâce à eux notamment, son bourreau croupissait à Azkaban sans possibilité de remise de peine. Elle y avait personnellement veillé. Quant à sa mère… cette ordure s'était suicidée dans ses geôles après seulement trois mois d'incarcération. Elle avait avalé de vieux clous qui saillaient de la porte de sa cellule. Bien évidemment, c'était avant la rénovation complète de la prison. Pansy s'était donc montrée très reconnaissante envers le gouvernement : si la rénovation avait eu lieu quelques années plus tôt, sa mère serait encore certainement vivante à l'heure qu'il était. Peut-être même libre. Quelques temps plus tard, alors que Théodore avait disparu de la surface de la terre, que Draco filait le parfait amour avec sa guenon et que Blaise écumait les bars avec deux exemplaires Weasleys à la recherche de cœurs à briser, elle avait enterré ses rêves et décidé d'aller de l'avant. Etonnamment, elle n'éprouvait aucun ressentiment envers ses trois espoirs qui l'avaient lâchement abandonnée à son sort. Certes, elle jalousait farouchement le destin d'une certaine Gryffondor, mais elle avait partiellement atteint son but : elle était enfin libérée de sa famille. Elle avait alors épousé un des plus jeunes avocats du Département de la Justice Magique, un de ceux qui l'avaient aidée à faire condamner son père. Riche, bien fait de sa personne et attentionné, la jeune femme avait vraiment cru que la roue de la bonne fortune avait enfin tourné en sa faveur. Jusqu'à ce qu'elle ne le surprenne en pleine partie de jambes en l'air avec sa secrétaire, sur son bureau. Dragueur pathologique. Obsédé sexuel. Futur Eldritch.
Elle avait ruiné sa carrière et son compte en banque lors du divorce. Un schéma qu'elle avait par la suite réitéré plusieurs fois, avec d'autres hommes toujours plus fortunés, toujours plus volages. Toujours plus idiots. Et à seulement vingt-neuf ans, Pansy Parkinson pouvait se targuer d'être à elle seule assez riche pour rivaliser avec la plupart des grandes fortunes du monde sorcier.
Allongée sur le dos dans le lit miteux qu'elle partageait avec Rodolphus dans la cabane au milieu des bois, Bellatrix ne trouvait pas le sommeil. L'histoire que lui avait racontée Pansy n'avait cessé de lui tourner dans la tête toute la nuit et déjà dehors, les premiers rayons de l'aube mauve perçaient à travers les volets déglingués. Tout ça pour se retrouver à lécher les bottes de Rodolphus…, pensa la brune en tournant la tête vers la silhouette endormie de son époux. Pourquoi ?
Pour la cause…, répondit aussitôt une petite voix dans la tête de Bellatrix. Malgré son enfance trouble, Pansy Parkinson était restée une grande partisane de la suprématie des Sang-Pur. Mais comme elle l'avait expliqué à Bella, en tant que femme seule elle n'aurait eu aucun moyen de réunir les derniers Mangemorts et leurs descendants pour les convaincre de continuer la lutte. La brune n'aurait su la contredire : les Mangemorts ne brillaient malheureusement pas par leur ouverture d'esprit à la cause féministe. Les femmes n'avaient aucun poids dans leur hiérarchie et bien qu'une décennie se soit écoulée depuis la dernière guerre, elle et Pansy étaient pour ainsi dire les seules représentantes de leur sexe dans la nouvelle équipe.
J'étais la seule, il y a douze ans. Nous sommes deux, aujourd'hui. Les effectifs ont doublé…, pensa-t-elle avec amertume.
Elle ressentait toutefois une pointe d'admiration et de jalousie envers la jeune femme. Pansy avait eu le cran de renoncer à ses rêves et de se venger de tous les hommes qui lui avaient fait du mal au cours de sa vie. Chose que Bellatrix s'était toujours montrée incapable de faire. Après avoir été forcée d'épouser Rodolphus, au lieu de se battre pour sa dignité, elle s'était tout simplement réfugiée dans les jupes d'un autre homme. Voldemort. Et maintenant, elle se coltinait toujours son cher mari abusif. A cinquante ans passés, elle n'avait pas le dixième du courage dont Pansy avait fait preuve à vingt.
Cette pensée la mit en colère. Pas contre la jeune femme, mais contre elle-même. Qu'attendait-elle, bon sang ? Qu'attendait-elle pour suivre son exemple ? Son regard se posa de nouveau sur Rodolphus, sa respiration rauque et lente envoyant dans sa direction sa mauvaise haleine de la nuit. Il serait pourtant tellement plus simple de le tuer, là, maintenant… dans son sommeil. Un petit sortilège bien placé, un oreiller verrouillé sur le visage, une corde magique autour du cou… Pour la première fois depuis de nombreuses années, Bellatrix Lestrange ressentit l'envie irrépressible de tuer un être vivant.
Un peu de courage, espèce de dégonflée…, se morigéna-t-elle en se redressant aussi silencieusement que possible sur le lit aux ressorts grinçants. Sa baguette était posée sur le sol, près d'elle et elle se pencha avec mille précautions pour s'en saisir. Tu aurais dû faire ça depuis au moins trente ans…
Elle se tourna de nouveau vers son époux, baguette en main, et un frisson terrible la traversa de part en part. Pourquoi hésitait-elle autant ? Elle détestait tellement cet homme et par le passé, elle en avait tué pour moins que ça ! Alors qu'est-ce qui la retenait ? La peur de ne jamais pouvoir revenir en arrière ?
Bellatrix resserra ses doigts sur le manche de la baguette et déglutit. Avada Kedavra… c'est facile, pourtant. Deux mots, six syllabes. A-va-da-Ke-
« Qu'est-ce que tu fous, Bellatrix. »
La brune sursauta. Plongée dans ses pensées sordides, elle n'avait pas vu les yeux de son époux s'ouvrir brusquement pour la fusiller du regard. Tout semblant de courage qu'elle avait réussi à accumuler au cours des dernières minutes fondit comme peau de chagrin à la vue des prunelles menaçantes qu'il dardait sur elle.
« Je… j'ai entendu un bruit… », chuchota-t-elle précipitamment et Rodolphus se redressa aussitôt, l'oreille aux aguets. Quelle nulle, je ne sers vraiment à rien…
Il sortit ses jambes du lit et récupéra sa propre baguette sur le sol, avant de se diriger d'un pas discret vers la porte de la petite chambre. Bellatrix laissa retomber son bras en retenant un soupir. Maintenant qu'il était réveillé et alerte, elle savait qu'elle ne tenterait plus rien contre lui. Mais elle ne pouvait pas ignorer ce qu'elle avait ressenti. Cette impulsion dans ses tripes, ce courant électrique qui avait parcouru son bras droit jusqu'aux doigts qui enserraient la baguette. Comme au bon vieux temps. Elle n'avait plus connu ça depuis des années. Même l'attaque du laboratoire ne lui avait pas donné de telles idées. La conclusion était donc simple : tuer des innocents ne l'intéressait plus. Elle était passée à autre chose, elle valait mieux que ça. Le seul homme qui mourrait désormais de sa main était celui qui partageait son lit. Elle ne laisserait personne d'autre s'occuper du cas de Rodolphus. C'est à moi de le faire. J'en ai besoin. Pour moi.
« Il n'y a rien », fit la voix de Rodolphus qui revenait dans la chambre. Bellatrix sursauta et sortit de ses pensées. Elle posa un regard froid et méprisant sur son mari et haussa lentement les épaules.
« J'ai dû rêver. »
~o~
Grelottant malgré les multiples couches de vêtements qu'elle avait enfilés avant de sortir du dortoir, Perpetua entra dans l'infirmerie dès que Wolfgang se fût suffisamment éloigné. A l'intérieur, Mme Pomfresh changeait les draps d'un lit qui avait dû servir à un autre malade au cours de la nuit.
« Vous désirez ? », demanda-t-elle à Pippa, les bras chargés de linge blanc.
« J'ai… très mal à la gorge… », coassa la jeune Serpentard en grimaçant. « Et je crois que j'ai de la fièvre. »
Mme Pomfresh poussa un long soupir et lui fit signe de s'installer dans le lit de son choix. « Ah l'hiver à Poudlard… », marmonna-t-elle en fourrant les draps dans une grande panière à linge. « Ses plaines enneigées, son lac gelé… ses épidémies… Votre nom ? »
Pippa voulut rire mais trouva cela trop douloureux. Elle se contenta donc d'un sourire fatigué et s'installa sur l'un des lits intacts. « Perpetua Rowle. » L'infirmière le nota dans son registre et vint à son chevet. Elle tâta d'une main experte les ganglions de son cou, prit sa température à l'aide d'un sortilège et lui demanda d'ouvrir grand la bouche.
« Une angine ! Félicitations, tu es la première de la saison ! », annonça-t-elle en se dirigeant vers son armoire à potions.
« Je vais rester ici longtemps ? », demanda Pippa en haussant les sourcils.
« Absolument pas ! », protesta Pomfresh en lui décochant un regard scandalisé. « Deux petites potions et tu seras sur pieds en trente minutes. Si je n'étais plus capable de soigner une angine en moins d'une heure, il serait grand temps pour moi de changer de boulot. »
Perpetua grimaça. Elle attendit que l'infirmière revienne à son chevet et se mit à chuchoter. « Est-ce que nous sommes seules ? »
Pomfresh fronça les sourcils. « Oui, pourquoi ? »
« Il faudrait que vous me gardiez plus longtemps… »
« Jeune fille, si vous ne voulez pas aller en classe, je ne- »
« Ce n'est pas ça », protesta Pippa en lui faisant signe de parler plus bas. « Il faut que je voie le professeur Rogue. »
A cet instant, l'infirmière comprit que quelque chose n'allait pas. Elle reposa la potion qu'elle était en train de mélanger et s'assit sur le bord du lit. « Pourquoi n'allez-vous pas le voir dans son bureau ? »
« Je suis surveillée ! », haleta la fillette en désignant la porte de l'infirmerie du doigt. « Enfin… je crois. Il faut que vous sortiez et que vous lui disiez de venir me voir discrètement. Il faut absolument que vous trouviez un prétexte pour sortir d'ici et le ramener. Moi, je ne peux pas le faire toute seule. »
La vieille femme dut sentir la détresse dans les murmures de Perpetua car elle ne chercha pas à la rassurer ni à lui dire qu'il était peu probable que quiconque la surveille. Mais elle sembla cependant embêtée. « Je ne peux pas vous laisser seule dans l'infirmerie. Qui me dit que vous ne cherchez pas à me dérober des potions ? Je vais demander à l'un des Préfets-en-Chef d'aller chercher le direc- »
« Surtout pas ! », s'écria la fillette en tirant désespérément sur la manche de l'infirmière, qui la regarda comme si elle était devenue folle. « Samuel Parker… c'est l'un d'entre eux. Il est dangereux ! Je l'ai vu jeter un Doloris à l'un de ses camarades pas plus tard qu'hier soir. Je vous en supplie, Madame, il faut que vous alliez chercher le professeur Rogue ! »
Pomfresh n'avait absolument aucune idée de ce dont la petite fille parlait, ni du groupe auquel elle pensait que le Préfet-en-Chef était rattaché, mais elle avait entendu les mots « Doloris » et « dangereux », et en ce qui la concernait, c'était suffisant pour alerter la direction. L'infirmière hocha la tête et tendit deux remèdes que Pippa ingurgita à la hâte.
« Restez ici, je vais le chercher… et ne faites pas de bêtises, je le saurai ! », l'avertit-elle tout de même en se levant du lit. La Serpentard hocha prestement la tête, soulagée.
« Et surtout, ne dites à personne où vous allez… », ajouta l'enfant, d'un air inquiet.
Mme Pomfresh s'éloigna de quelques pas et enfila une veste pour se protéger du froid qui régnait dans les couloirs. Les propos tenus par la petite fille l'inquiétaient, même s'ils semblaient au premier abord totalement farfelus. Peut-être était-ce la fièvre qui la faisait délirer ? Dans le doute, mieux valait prévenir Severus. Elle poussa la porte de l'infirmerie et la referma doucement derrière elle. Elle s'apprêtait à se diriger vers le Grand escalier lorsqu'un torse lui barra soudain le chemin. La pauvre femme fit un bond en arrière, surprise et dévisagea l'élève qui venait de s'interposer entre elle et le reste du couloir. Un badge de Préfet-en-Chef luisait faiblement sur sa poitrine.
Samuel Parker…, réalisa l'infirmière avec un frisson. Une sensation étrange la prit aux tripes. Cela ne pouvait pas être une coïncidence si le garçon dont sa jeune patiente avait précisément une peur panique se trouvait à quelques mètres de l'infirmerie en ce moment même. Le jeune homme lui adressa un large sourire et la salua.
« Il me semble avoir vu une de mes amies entrer ici il y a quelques minutes… Perpetua Rowle, nous sommes dans le même groupe d'études. Est-ce qu'elle va bien ? », s'enquit l'adolescent en inclinant son visage de séducteur chevronné sur le côté.
Ne dites à personne où vous allez…
« Pas vraiment, Monsieur Parker », rétorqua l'infirmière en essayant d'avoir l'air plus agacée que déboussolée. « Je ne sais pas si elle a simplement un gros rhume ou si c'est le début d'une dragoncelle… En attendant de le savoir, elle doit rester en quarantaine. »
Samuel esquissa une grimace dégoûtée à la mention de la dragoncelle et Pomfresh se félicita intérieurement de son fabuleux mensonge.
« Si vous voulez bien m'excuser, il faut que j'aille chercher certaines plantes aux serres… si nous devons faire face à une épidémie de dragoncelle, mieux vaut être préparés ! »
Sans un autre regard pour le jeune homme, elle le contourna et se dirigea vers les escaliers. Il la suivit du regard quelques instants, puis se détourna à la seconde où elle disparut de son champ de vision. Ses yeux vagabondèrent un instant sur la porte de l'infirmerie et il sembla hésiter. Puis une nouvelle grimace de dégoût passa sur ses traits et il s'éloigna en haussant les épaules.
~o~
Ben reposa son stylo et son carnet sur le bureau de Severus Rogue et se massa le poignet. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas écrit à ce point, mais le témoignage que venait de lui livrer Narcissa Malfoy valait bien quelques crampes aux doigts.
Sitôt sorti de l'hôpital, Hodgkin avait repris l'affaire en mains, plus décidé que jamais à faire enfermer les enfoirés qui avaient tué ou blessé la moitié de ses hommes. Sans parler du massacre de Gordon Labs. Ce petit jeu avait assez duré : les Héritiers n'en avaient peut-être pas marre de jouer au chat et à la souris, mais ce n'était pas son cas. Il était temps de placer le piège à rats et de mettre un terme à l'infestation.
L'Auror qui l'avait accompagné en transplanant jusqu'à Poudlard poussa un nouveau grognement. Ben lui jeta un regard mauvais et reporta son attention sur la femme blonde aux traits fins qui lui faisait face. Son coéquipier d'un jour ne semblait pas apprécier leur collaboration avec Mrs Malfoy, il l'avait fait savoir à la minute où ils avaient mis les pieds dans le bureau du Directeur. Ben avait été obligé de lui rappeler quelle était sa place et son devoir d'impartialité. Il représentait l'ordre, pas la justice. Ça, c'était le boulot du tribunal.
L'inspecteur se surprit à regretter sincèrement que l'Agent Weasley soit blessé et toujours convalescent. Il y avait une dynamique entre eux, à peu près aussi agréable et productive que celle qui existait entre lui et son partenaire Stuart Wilcox. Ils faisaient une bonne équipe, à eux trois. Bien meilleure, en tous cas, que celle qu'il formait aujourd'hui avec ce gros balourd.
« Je vous remercie pour tous ces détails précieux, Mrs Malfoy », fit Ben avec un hochement de tête professionnel. « Ces identités, ces témoignages vont nous être très précieux pour la suite de l'enquête et pour nous assurer qu'aucun de ces terroristes ne nous échappe. »
« Mais qu'en est-il de ma sœur et de… sa partenaire », acheva Narcissa avec une grimace désapprobatrice.
« Miss… Parkinson, c'est cela ? », demanda Ben en consultant brièvement son carnet.
« Oui. Comme je vous l'ai dit, elles luttent elles aussi contre Rodolphus Lestrange, à leur manière… » Narcissa Malfoy se mordit la lèvre et Rogue posa une main réconfortante sur son épaule. « Je n'en sais pas plus, mais j'aimerais que vos hommes ne leur fassent pas de mal. »
Il y eut un nouveau grognement du côté de l'Auror, que Ben gratifia derechef d'un coup d'œil meurtrier. « Nous ferons tout ce qui est en notre possible, Madame. »
Narcissa esquissa un faible sourire crispé et baissa le nez. La présence et l'animosité manifeste de l'Auror l'intimidaient certainement plus qu'elle ne l'aurait voulu. Aria, qui se tenait dans un coin de la pièce, décroisa les bras et s'avança avec un sourire triomphant. Elle avait été impossible à maîtriser dès lors qu'elle avait su que Ben viendrait à Poudlard et avait refusé net de le quitter des yeux depuis qu'il y avait posé le pied. Mais soucieux de son image d'inspecteur intraitable, il s'était retenu de l'embrasser à pleine bouche devant son « partenaire » à leur arrivée. Il comptait bien se rattraper ultérieurement, cependant. Mais pas en public. Pour le moment, il devait rester « pro ».
« Severus et moi, on a quelque chose à te montrer », dit-elle avec un petit sourire supérieur. Les yeux furieux que Narcissa dirigea à cet instant sur Aria ne passèrent pas inaperçus et Ben pinça les lèvres. Il n'osait même pas imaginer l'Enfer que devait vivre ce pauvre Directeur d'école, coincé vingt-quatre heures sur vingt-quatre ici entre sa nouvelle compagne et l'ex-maîtresse de l'époux de cette-dernière. Ceci dit, il ne devait pas si mal se débrouiller, étant donné qu'elles ne s'étaient pas encore entretuées. Pas encore.
« Ah oui ! Ne bougez pas », marmonna Rogue en quittant Narcissa pour aller fouiller dans une armoire. Il revint avec un sac en velours de taille moyenne, qu'il ouvrit pour en déverser le contenu sous les yeux de Ben. A l'intérieur se trouvaient l'arme à feu qu'il avait laissée à Aria, ainsi que toutes les balles libérées de leur chargeur.
« J'ai beaucoup réfléchi à cette histoire de sorciers capables de parer les balles… », commença Aria en saisissant l'une des munitions entre le pouce et l'index. « Alors j'ai demandé à Severus de chercher un moyen d'outrepasser les sortilèges de protection ou de défense… »
Ben écarquilla les yeux, soudain très intéressé. Il tourna la tête vers Rogue qui opina lentement du chef. « Et j'ai trouvé… », acheva le directeur. « J'ai mis au point une potion, qui une fois transformée en poudre, se mélange à celle qui est déjà contenue dans les balles… et les rend totalement insensibles à la magie. »
« Vous voulez dire que les balles peuvent traverser les sorts comme le Protego ? », s'enquit Ben, visiblement enthousiaste. Aria ne put s'empêcher de sourire : manifestement, Ben se familiarisait de mieux en mieux avec le monde magique. Ça lui donnait un petit côté sexy.
« Pas seulement… » Rogue esquissa un rictus qui trahissait sa fierté. C'était clairement son heure de gloire de l'année, et voir briller l'admiration dans les yeux du flic était la cerise qui trônait tout en haut du gâteau. « Ces balles sont immunisées contre n'importe quel type de magie. Autrement dit, toute blessure infligée par l'un de ces petits bijoux ne pourra être soignée qu'avec des moyens moldus. Les méchants sorciers blessés n'auront donc que deux alternatives : se rendre dans un hôpital, et donc aux autorités, pour se faire soigner… » Il sourit. « Ou mourir. Couards comme ils le sont, ils n'hésiteront certainement pas à opter pour la première solution. Dans les deux cas, vous êtes gagnant. »
« C'est brillant », s'exclama Ben, impressionné. « Vous pensez pouvoir équiper mes hommes rapidement ? »
« J'ai cinq chaudrons grand format pleins dans ma réserve, j'ai de quoi faire pour à peu près… mille chargeurs », répondit Rogue d'un ton badin.
Les yeux de Ben faillirent lui sortir de la tête. « M-mille… ? C'est largement plus qu'il n'en faut… Je… je ne sais pas quoi dire, ça nous donnerait un avantage précieux sur ces assassins en cas de confrontation… » De nouveau, il regarda Rogue comme s'il était la réincarnation de Jésus lui-même. « Vous êtes un génie. »
« Oh, vous savez… je suis Directeur, je n'ai plus de cours à préparer alors pour m'occuper… », marmonna Rogue en relevant fièrement le menton.
Cette fois, ce n'est pas l'Auror patibulaire qui émit un grognement, mais Aria elle-même. Elle dévisageait Rogue avec une pointe de moquerie. « Vous rigolez, j'espère ? Il a quasiment fallu que je me mette à genoux pour vous supplier… »
« Je ne me rappelle pas vous avoir demandé votre avis, à vous », aboya Rogue en la fusillant du regard.
La jeune avocate leva les yeux au ciel et secoua la tête. A cet instant, on frappa doucement à la porte et Rogue beugla un « Entrez ! », qui fit sursauter tous ses invités. Mme Pomfresh, l'infirmière, passa la tête à l'intérieur du bureau et sembla un instant étonnée d'y voir autant de monde.
« Severus, je ne vous dérange pas ? », murmura Pomfresh en dévisageant les inconnus réunis dans la pièce.
« Absolument pas, qu'y a-t-il ? »
L'infirmière sembla hésiter, lançant un regard étrange en direction de Narcissa notamment. Mais celle-ci ne lui en tint pas rigueur. Elle savait pertinemment que son « alliance » avec Rogue n'était pas vue d'un très bon œil par certains professeurs. En particulier, McGonagall qui avait été mise dans la confidence de sa présence ici et semblait ne pas avoir oublié l'affaire du « Malfoy-gate », comme le surnommaient les élèves depuis le début de l'année. Outre la sonnerie de portable, une légende urbaine racontait même qu'un des élèves avait monté un clip animé à partir de photos de la scène, mais cela n'avait jamais pu être prouvé…
« Une élève de Serpentard… Perpetua Rowle est à l'infirmerie et voudrait que vous alliez la voir. Elle raconte une histoire à dormir debout selon laquelle notre Préfet-en-Chef aurait torturé certains de ses camarades et la ferait surveiller… », résuma Pomfresh en secouant la tête, visiblement désemparée.
Mais elle vit dans le regard du Directeur que cette histoire ne lui semblait absolument pas farfelue, à lui. Face à l'expression inquisitrice de Ben, il crut bon d'expliquer :
« Perpetua Rowle est la nièce et descendante d'une famille de Mangemorts… elle a certainement dû être recrutée par les Héritiers. J'ai Samuel Parker, le Préfet-en-Chef, dans mon viseur depuis le début de l'année… des élèves l'ont vu rôder dans la Forêt Interdite avec des hommes qui semblaient lui donner des ordres… »
« Vous pensez qu'elle aurait l'intention de les trahir ? », demanda Ben, en fronçant les sourcils. La situation attisait sa curiosité.
« Sûrement, sinon, elle n'aurait pas demandé à me voir… », commenta Rogue. « Très bien, je vais y aller. »
Mais Pomfresh s'interposa. « La petite est terrifiée, elle m'a suppliée de faire preuve de discrétion. Personne ne doit vous voir entrer dans l'infirmerie. »
Le Directeur se mit à réfléchir intensément. Il entrevoyait une solution qu'il n'aurait jamais envisagée en temps normal, mais l'idée d'en mettre encore plein la vue au jeune inspecteur était bien trop tentante. Il esquissa un sourire carnassier. « Poppy, approchez s'il vous plaît, je vais avoir besoin de votre contribution. »
~o~
Lorsque Perpetua vit revenir l'infirmière seule, la fillette perdit littéralement tout espoir. Rogue ne s'était pas déplacé. Il ne devait certainement pas considérer les divagations d'une jeune élève d'un mètre cinquante à peine comme étant d'une importance capitale. Pippa avait été présomptueuse d'imaginer qu'il répondrait à son appel aussi facilement. Elle tourna un regard désespéré en direction de Mme Pomfresh, qui approchait de son lit d'un pas beaucoup moins gracieux que d'habitude. Et elle semblait aussi bien plus sévère, avec cette expression grincheuse sur le visage. Le Directeur avait-il carrément osé réprimander l'infirmière de l'avoir dérangé inutilement ?
« Il n'a pas voulu venir ? », demanda Perpetua avec une grimace.
L'infirmière la dévisagea d'un air bougon et fronça les sourcils. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais au lieu de la voix plus aiguë et douce de la vieille dame, c'est une tonalité bien plus rauque et masculine qui en sortit.
« Il a cru comprendre que c'était important… »
Perpetua sursauta dans son lit et dévisagea l'infirmière avec de grands yeux. Elle mit quelques secondes à identifier la voix de Rogue et à comprendre qu'il avait dû se changer en Pomfresh (certainement par le biais du Polynectar) pour gagner l'infirmerie sans être remarqué. Il fallait avouer que c'était perturbant. Cette grosse voix de stentor dans le corps frêle de la soignante. Par Merlin, il aurait pu prévenir…
« Professeur Rogue… ? »
La tête de Pomfresh acquiesça et esquissa un petit sourire narquois. L'expression de surprise de l'élève était absolument hilarante, mais elle n'était rien comparée à celle qu'avait arborée l'Inspecteur Hodgkin. Il avait regardé le visage de Rogue se changer peu à peu en celui de l'infirmière avec une admiration sans borne, teintée de fascination. S'il y avait bien un sport auquel Severus adorait s'adonner depuis que les moldus connaissaient l'existence des sorciers, c'était celui qui consistait à les ébaubir à l'aide de quelques tours de passe-passe. Leurs têtes étaient toujours impayables.
« Vous vouliez me voir… ça concerne ce soi-disant Club d'aide aux devoirs qui n'en est pas un ? », commença Rogue, ravi de voir l'expression étonnée de Rowle se muer en stupeur. Elle ne semblait pas s'attendre à ce qu'il en sache autant, manifestement. Tout de même, que croyait-elle ? Il était directeur de cette école, c'était son job de découvrir ce qu'il s'y tramait.
Bon, certes, Miss Granger m'a beaucoup aidée…
La fillette se mit à lui raconter tout ce qu'elle savait sur les réunions du Club Héritage, de son alliance avec le groupe de Victoire Weasley à la scène dont elle avait été témoin la veille au soir, derrière la serre en rénovation. Rogue l'écouta attentivement tout du long, ponctuant de temps à autre son récit par des grognements ou des murmures graves qui contrastaient fortement avec son physique d'emprunt et désarçonnaient toujours un peu la fillette.
« Il y a une réunion après-demain… je crois qu'ils veulent expliquer à tous les membres retenus quelle sera la nature de la mission contre les 'nouveaux sorciers'… Voilà pourquoi je devais vous voir rapidement, ils vont agir bientôt… »
« Avez-vous une idée de qui figure parmi ces membres définitifs ? Je pourrais les expulser avant qu'ils n'aient commis la moindre faute », fit Rogue en croisant les bras. Quelque chose de rebondi et d'encombrant sembla le gêner dans son geste, car il baissa les yeux sur son torse et laissa précipitamment retomber ses mains le long de son corps, visiblement embarrassé.
« Je ne connais pas tout le monde, à part Parker, Fawley et Travers. Il y a aussi Gwladys Beurk et Wolfgang van Houten. Mais si je vais à la réunion, je pourrai vous donner tous les noms », fit la jeune fille.
Severus Rogue secoua aussitôt la tête. « Pas question, c'est trop dangereux. Vous êtes une élève, pas un détective privé. Contentez-vous d'aller en cours normalement et laissez-moi faire la police dans mon école. »
« Mais ne pas y aller serait encore plus dangereux ! », protesta Pippa en se redressant vivement. « Si jamais vous surprenez ces élèves en flagrant délit de complot alors que je ne suis pas venue à la réunion, ils sauront tout de suite qui les a balancés ! Ils pourraient alors demander à des amis de me prendre pour cible ! Je dois aller à cette réunion… » La fillette sembla soudain hésiter et une grimace douloureuse flotta sur ses traits. « …et vous devez me renvoyer également. Comme ça, ils ne devineront jamais que c'est moi qui ai parlé. »
Rogue fronça les sourcils, choqué et quelque peu admiratif du cran dont faisait preuve la petite. « Mais enfin… vous réalisez ce que cela signifie d'être renvoyée de Poudlard ? », marmonna-t-il, pour s'assurer qu'elle comprenait bien tout ce que cela impliquait. « Si vous ne finissez pas vos études, du moins avant les BUSE… nous devrons briser votre baguette et vous serez condamnée à vivre comme une moldue. »
« Il paraît que Durmstrang donne une deuxième chance aux sorciers de Sang-Pur qui ont été renvoyés des autres écoles… », souffla Perpetua, qui sentit brusquement ses yeux la piquer. « Mais au pire… je préfère être privée de magie dans un monde sans Héritiers, plutôt que de garder ma baguette et de les savoir toujours en liberté. »
Le Directeur ne dit rien. Il dévisageait l'enfant avec tristesse. Au fond de lui, il comprenait ce qu'elle ressentait. Être prêt à jouer un double-jeu, à passer pour un monstre, au risque de tout perdre pour sauver des innocents. C'était ce qu'il avait toujours fait. Pour protéger Lily.
Et j'ai échoué…
« Je n'ai pas le droit de te forcer à prendre de tels risques… », reprit-il, sa sévérité quelque peu atténuée.
« Je veux le faire. Vraiment. »
Rogue poussa un soupir contrarié. Il savait d'expérience que ce genre de plans avait toutes les chances de foirer en beauté. La fillette risquait non seulement sa vie à l'école, mais aussi à la maison. Il connaissait la famille Rowle. Si ceux-ci apprenaient que leur propre fille trahissait les Mangemorts, ils n'hésiteraient pas à faire de sa vie un Enfer. La pauvre enfant était coincée. Il pinça les lèvres.
« C'est d'accord… »
~o~
Une heure après son entrevue avec Rogue dissimulé dans le corps de Pomfresh grâce au Polynectar, Perpetua eut l'autorisation de la véritable infirmière cette fois de quitter l'infirmerie pour aller en classe. Elle était excusée pour le premier cours et avait encore une bonne demi-heure pour se doucher et enfiler son uniforme avant d'aller à la leçon suivante. D'un pas traînant et plongée dans ses pensées, elle se dirigea vers la salle commune de Serpentard, croisant au passage quelques élèves qui avaient une heure de libre et traînaient dans les couloirs.
Elle s'apprêtait à prononcer le mot de passe pour entrer dans sa salle commune lorsque quelqu'un prononça son nom. Elle sursauta et se retourna, sentant aussitôt les petits cheveux de sa nuque se dresser de terreur. Samuel Parker était adossé contre un mur, un peu plus loin dans le couloir sombre et la regardait. La fillette tenta tant bien que mal de se composer une façade plus sereine et l'autre se décolla du mur pour s'avancer vers elle.
« Je croyais que tu étais à l'infirmerie… », commença-t-il avec son habituel sourire charmeur.
« J'y étais… », approuva Pippa en hochant la tête. « Mais ça va mieux maintenant. »
Il haussa les sourcils. « Tes furoncles vont mieux ? J'ai croisé Pomfresh tout à l'heure, elle m'a dit que tu avais de gros furoncles dans le dos et qu'il ne fallait pas entrer dans l'infirmerie au cas où se serait contagieux », mentit-il, sachant très bien que Pomfresh avait parlé de Dragoncelle et non de furoncles.
Etrangement, le visage de Perpetua s'éclaira soudain et elle laissa échapper un petit rire. « Ah, oui… euh… en fait, ce n'était qu'une vilaine allergie à ma nouvelle crème de douche… je ne vais plus l'utiliser. »
Le Préfet-en-Chef perdit quelque peu son sourire et sonda sa jeune recrue du regard. « En effet, il vaudrait mieux. » Elle ment. « En fait, je voulais simplement te dire que la réunion d'après-demain est annulée. J'ai un empêchement mais je te tiendrai au courant de la nouvelle date. »
« Oh », fit simplement la fillette avec un haussement d'épaules décontracté. « Pas de problème. On se tient au courant. »
Sans un mot de plus, elle prononça le mot de passe et s'enferma dans sa salle commune, laissant le Préfet-en-Chef seul au milieu du corridor. Enfin, presque seul. A peine avait-elle refermé la porte qu'il y eut du mouvement à l'autre bout du couloir et d'un coin sombre sortit Quentyn Travers, la mine renfrognée.
« Elle m'a menti… », marmonna Samuel avec une grimace faussement peinée. « Elle m'a regardé droit dans les yeux et elle a osé me mentir. A moi. Son chef adoré. »
Quentyn le rejoignit, les mains dans les poches. « Elle avait peut-être des symptômes très humiliants qu'elle n'avait pas envie d'ébruiter et quand tu as proposé les furoncles, elle a sauté sur l'occasion pour éviter des explications gênantes ? », proposa-t-il sans grande conviction toutefois.
« Qu'y a-t-il de plus humiliant que les furoncles ? », s'étonna Samuel en écartant les bras.
« Plein de trucs », fit Quentyn en comptant sur ses doigts. « Les hémorroïdes, les mycoses vaginales, les boutons sur les- »
« Merci, je crois que j'ai compris », l'interrompit Samuel avec une moue dégoûtée. « Dans le doute, on l'exclut du groupe. Va dire aux autres qu'on avance la réunion à ce soir et plus personne ne doit parler à Rowle, pigé ? Je ne la sens pas cette fille. On va accélérer les choses, il faut exécuter le plan plus rapidement que prévu. »
« J'y vais, je vais faire passer le mot… »
Quentyn s'éclipsa et cette fois-ci, Samuel fut bel et bien seul dans le couloir désert. Il fusilla encore un instant la porte de la salle commune du regard, puis quitta les lieux en maugréant.
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Soooo… comment avez-vous trouvé ce chapitre ? L'histoire de Pansy ? Les choses ont dû s'éclairer un peu dans vos têtes après ces révélations. Sa haine des hommes, même si elle reste farouchement attachée à ses trois « princes », son alliance un peu forcée avec Rodolphus… Alors je sais, on n'a pas vu du tout Hermione, ni Draco, ni Théo mais ils seront les vedettes du prochain chapitre, après les vacances !
Les choses se sont beaucoup accélérées avec les derniers événements et il ne reste plus beaucoup de chapitres… :'(
Enfin, on se retrouve le 24 août pour la suite des aventures et en attendant, j'ai hâte de lire vos reviews et je vous fais de gros bisous ! A bientôt !
Xérès
