Ennemi(s) Intime(s)

Les blas-blas de Xérès : Bon, on y est… L'avant-dernier chapitre de cette fiction. Ça me fait tout bizarre, je suppose que vous aussi ! Avant de commencer, j'aimerais vous rappeler que j'ai toujours dit que cette fiction serait un happy end. Donc quoi que vous lisiez dans ce chapitre, quoi que vous pensiez comprendre… remettez toujours tout en compte. Posez-vous les bonnes questions. Et restez zen (enfin essayez). Je vous souhaite … une bonne lecture !

Merci à mes nouveaux follow/fav (Nafrayu, Meonyl, Chloette-Malfoy), ainsi qu'à Winlie-chan, Plumty, MissDraymione, okami shiroi, Piitchoun, Lyly Ford, Lily-Sisi, Fan, alixlouise, Zezely, Jeny, Folpi, Cécile, Chloette-Malfoy, Eliane Gil, Swangranger, Naoem, Eanna Elendil, Love The Original Family, laloudu77, Naga45, Kendy, Gouline971, aussidagility, Voldynouchette, Babar, Wizzette, Marion, Ela, Mikasa, Sarah bus, OrianeT, ecathe38, TiteTyLee, Earcil pour leurs reviews !

RAR :

Lily-Sisi : ahahah voilà une review claire, concise et drôle ! XD Merci à toi et gros bisous !

Fan : Merci pour ta review ! Malheureusement, je crains que ta théorie ne se vérifie pas… ^^ Bonne lecture !

Jeny : oui, si Elias était resté à l'école, il serait certainement déjà mort à l'heure qu'il est ! Rusard a toujours été un larbin donc un peu plus ou un peu moins… ahah Merci pour ta review !

Folpi : Qui est mort ? La réponse était à la fin du précédent chapitre, ahah. Mais confirmation dans celui-ci ^^ Merci pour ta review et gros bisous !

Cécile : euhhhhh mais tu m'en voudrais comment sur une échelle de 1 à 10 si je tue des gens ? XD Parce que bon, dans la vie, y'a pas que les méchants qui meurent, donc bon il fallait s'y attendre… Merci pour ta review et bonne lecture !

Naoem : heuuuuu *sifflote et tapote ses doigts l'air de rien*… bah je dis rien alors… Merci pour ta review ! (et ne me hais pas, please ahah)

Naga45 : Mieux vaut une review tardive que pas de review du tout ! ahah Merci à toi, je suis contente que cette histoire t'ait plu et que tu l'aies suivi (même en mode fantôme) pendant tout ce temps ! Bonne lecture et merci pour ton message !

Kendy : Manger le sol… hum alors oui, c'est effectivement au programme ! XD Bonne lecture et merci à toi !

Aussidagility : le trio d'or va se bouger ) Merci pour ta review et j'espère que ce chapitre te plaira !

Marion : sorry, je ne regarde pas Grey's Anatomy (jamais accroché^^). Pour Rodolphus, il ne va pas mourir lentement, mais la rapidité ne compte pas, c'est la façon d'en finir qui est importante. ^^ Bisous et merci pour ta review !

Ela : aaaah enfin une autre adoratrice d'hémoglobine qui coule partout ! Je me sens moins seule ! ahah. J'espère vraiment que ce chapitre te plaira, compte tenu de l'action qui s'y déroule, mais on va trembler un peu pour tout le monde, jusqu'à ce QUE vous pensiez la pression retombée et là BAM, je balance la sauce. Bref, on se revoit à la fin du chapitre (ou pas si tu as sauté par la fenêtre à la recherche du wifi entre temps…) XD Bisous et merci !

Mikasa : non, je ne suis pas d'accord. Ses parents avaient dit 100 fois à Bran de ne pas grimper partout comme un singe. Ce qu'il lui est arrivé, c'est le karma, un point c'est tout. u_u Bonne lecture et j'espère que le chapitre te plaira ! Bisous

Sarah bus : Ahahah Hermione en vache, la pauvre ! Mais ça ferait de Draco… le taureau ? (image coquine en tête). Eh non tu as raison, le petit pendu n'est pas Elias… en même temps Elias dîne chez sa mère donc ce n'était pas possible… :p Le Manoir Malfoy est vendu oui^^ Gros bisous et bonne lecture !

Earcil : Merci pour ta review sur Rise ^^ Je suis contente de savoir que j'arrive à te faire ressentir autant de choses. Même si ça te donne envie de m'empaler régulièrement, tant que ça reste de l'ordre de la fiction, ça ira. Ahah. Bon courage pour ta prépa et j'espère que ce chapitre te plaira ! Bises.

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Chapitre 37 : Smooth Criminal

« Non, Ginny, c'est hors de question, tu restes ici ! », aboya Harry en enfilant son manteau et ses chaussures. A côté de lui, Hermione et les autres (à l'exception de Molly, Ginny et Ron bien entendu) s'habillaient également pour se rendre à Poudlard. Les enfants, quant à eux se tenaient serrés les uns contre les autres, une même expression inquiète sur leurs traits.

« Tu plaisantes, j'espère ? »

« Chérie, on ne sait pas ce qu'on va trouver là-bas, c'est trop dangereux… »

« Oh, je t'en prie, ce ne sont que des ados difficiles… », protesta Ginny avec hargne.

« Justement ! », rétorqua Harry en pointant son index sur elle. « Comment tu vas différencier les élèves inoffensifs de ceux qui ont monté ce plan stupide ? Comment sauras-tu que l'élève que tu viens de croiser ne va pas te poignarder dans le dos à la première occasion ? Ils n'ont pas un badge marqué 'Je suis un dingue qui enlève des enfants' épinglé sur leur poitrine ! »

Ginny ouvrait la bouche pour répliquer lorsqu'Hermione les interrompit. « Il a raison, Ginny. Je ne suis déjà pas vraiment d'accord pour qu'Harry vienne, mais tous les deux ensemble c'est trop dangereux. Vous avez des enfants et je n'ai aucune envie que vous en fassiez des orphelins. » Ginny regarda son amie, qui reprit d'une voix plus douce. « Et Elias est aussi une cible potentielle. Quand les élèves du club s'apercevront qu'il manque à l'appel, ils ne manqueront certainement pas de venir le chercher ici. Je compte sur toi pour les accueillir comme il se doit. Avec un bon sortilège de Chauve-Furie dont toi seule a le secret… »

« On ne va pas rester ici comme des bébés ! », protesta Ted en avançant d'un pas, sous le regard soudain colérique de son père.

« On n'a absolument aucune information sur la situation, on ne va pas vous laisser nous accompagner dans ces conditions… », trancha Remus avec fermeté.

Cette fois, ce fut au tour d'Elias d'élever la voix. « Mais David a été emmené ! C'est notre ami, on doit le retrouver ! »

« Et c'est exactement ce qu'on compte faire », tenta de le calmer Hermione.

« Mais-

« Bon, ça suffit, maintenant ! J'ai dit non ! », s'énerva Hermione, une pointe de panique dans la voix. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était en train de lui hurler dessus comme une mère acariâtre, mais ils avaient autre chose à faire que de perdre du temps à jacasser sur qui doit venir et qui ne vient pas. « Montez dans ta chambre. Tous les trois. »

Elle vit Elias et Ted serrer les poings et lui jeter des regards meurtriers, puis les deux garçons montèrent à l'étage en tapant des pieds, suivis d'une Victoire silencieuse et déboussolée. Hermione soupira, puis sentit Draco poser une main sur son épaule.

« Viens, on y va… », murmura-t-il en l'entraîna vers la sortie.

« Surveillez bien les environs », murmura Harry en venant embrasser Ginny sur le front. « On ne sait jamais, si quelqu'un vient chercher Elias ici… »

La rousse hocha la tête en silence, lèvres pincées, avant de regarder son époux s'éloigner puis disparaître hors de la maison. Bientôt, Molly, Ron et Ginny se retrouvèrent seuls et on n'entendit plus un seul bruit à part le soupir déchirant qui s'échappa d'entre les lèvres de Ginevra Potter.

A l'étage, Ted faisait les cent pas dans la chambre d'Elias, bras croisés et le regard mauvais. « J'arrive pas à croire qu'ils nous fassent ce coup-là… », gronda le jeune Lupin en secouant la tête. « S'il n'y avait pas eu ce stupide dîner, on y serait et on pourrait aider David ! »

« S'il n'y avait pas eu ce stupide dîner, Elias aussi aurait été emmené », fit Victoire d'une voix triste. « Peut-être que c'est mieux comme ça. Maintenant qu'Hermione et les autres vont arriver en renfort, ils auront vite fait de rétablir l'ordre à l'école, j'en suis certaine. »

Un bruit de fenêtre qui s'ouvre fit sursauter les deux amis d'enfance, qui se retournèrent avec stupeur en direction d'Elias. Celui-ci avait déjà une jambe par-dessus le montant et s'accrochait fermement à la gouttière qui passait non loin de l'ouverture. « Ça y est, ils sont partis », grommela le brun en assurant sa prise sur le tuyau en plastique. « Restez là si ça vous chante, moi, j'y vais. »

« Tu rigoles ? Je ne manquerais ça pour rien au monde », maugréa Ted en passant à son tour une jambe par-dessus l'ouverture.

« On va se faire tuer par les parents… », marmonna Victoire en secouant la tête mais la main de Ted se posa soudain sur son épaule et la repoussa en arrière.

« Nous, oui. Pas toi. Tu restes ici. C'est trop dangereux pour une fille », déclara-t-il, tandis que Victoire ouvrait grand la bouche, offusquée.

« David est aussi mon ami, je te signale, et-

« Victoire ! », siffla Elias, deux mètres en contrebas. « Il faut que quelqu'un reste pour faire diversion. On doit passer devant la baie vitrée du salon pour sortir du jardin, tu dois les distraire pour qu'on ne se fasse pas repérer. »

« Tu vois ? Tu seras bien plus utile, ici », renchérit Ted face au regard noir de son amie. « Si Molly ou Ginny nous voyaient partir, on serait privés de sortie jusqu'à notre quarantième anniversaire. Minimum. »

« Je vous hais », gronda la blonde en tournant les talons pour sortir de la chambre par la porte.

~o~

Dans l'obscurité de la nuit, les bureaux dévastés de Gordon Laboratories dégageaient une atmosphère sinistre, froide, accentuée par les relents d'hémoglobine qui empuantissaient les moquettes et les couloirs. Debout près de l'ancien poste d'Amy, Théodore Nott observait le ruban jaune vif de la police et ses lettres noires formant les mots « CRIME SCENE, DO NOT CROSS » qui barrait l'entrée de son propre bureau. Il saisit les deux bandes qui se croisaient au centre du passage et tira dessus d'un coup sec. Le ruban céda avec un léger bruit avant de tomber lentement sur le sol à ses pieds. La flaque de sang formée par sa secrétaire sur la moquette était toujours là et Théodore sentit sa gorge se serrer quelque peu. Encore une fois, il n'avait pas pensé à la sécurité de son entourage. Il agissait, peu lui importaient les retombées sur ses proches. Et encore une fois, quelqu'un était mort par sa faute. Non, pas quelqu'un. Amy, ma plus fidèle employée. Certes, elle ne faisait pas les meilleurs cafés du monde, mais elle ne méritait pas ça…

Théodore détacha ses yeux de la tache pour laisser vagabonder son regard sur le bazar sans nom qui régnait dans la pièce. Les tiroirs et les commodes avaient été vidés de leur contenu, certainement par la police dans le cadre de l'enquête. La poudre que les moldus utilisaient pour relever les empreintes stagnait un peu partout sur différentes surfaces, les poignées de portes notamment. Il leur faudrait un moment pour remettre le bâtiment en état. Un moment… ce n'est peut-être même pas ce dont je dispose…

Un bruit de verre écrasé dans son dos le fit sursauter et il se retourna vivement, prêt à lancer un sort contre un éventuel assaillant. Assaillant qu'il n'avait pas senti approcher. Je faiblis à vue d'œil…

Pansy Parkinson sortit de l'ombre et leva une main apaisante. « Ce n'est que moi. »

« Qu'est-ce que tu fiches là, toi ? », gronda Théodore sans baisser sa garde pour autant.

« Je suis d'abord allée à ton appartement, mais il n'y avait personne… j'ai pensé que tu serais peut-être ici », lâcha-t-elle en jetant un bref coup d'œil à la mare de sang séché sur le tapis. « J'ai besoin de ton aide. »

Théo ricana froidement. « Rien que ça. D'abord tu m'espionnes, ensuite tu débarques avec les Mangemorts pour dévaster mon entreprise et maintenant tu voudrais que je vienne à ton aide ? » Avec la rapidité d'un aigle fondant sur sa proie, il la saisit par le cou et la plaqua contre le mur le plus proche. « Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer dans les dix secondes qui vont suivre. »

« Je veux me débarrasser de Rodolphus Lestrange », laissa échapper Pansy d'une voix étranglée. « Définitivement. »

« Oh, je suis ravi pour toi, Pans'. Tu veux quoi, une médaille ? »

« Je ne peux pas le tuer moi-même sans passer pour une traîtresse », haleta-t-elle de nouveau, sentant les doigts de Théodore s'enfoncer toujours plus profondément dans la chair de son cou. « J'ai besoin… que tu le fasses. Ce soir. »

Le PDG retira sa main et l'air fit de nouveau irruption dans les voies respiratoires de la jeune femme, qui se mit à tousser violemment.

« Pourquoi ce soir ? », demanda-t-il, soupçonneux. Pansy toussait toujours et il leva les yeux au ciel, trouvant qu'elle mettait beaucoup trop de temps à lui répondre. « C'est quand tu veux… »

« Rodolphus et les Héritiers sont sur le point d'attaquer les locaux de la brigade chargée de nous traquer… » Nouvelle quinte de toux. « Le Ministre de la Magie en personne se trouve là-bas également. J'ai cru comprendre que tu étais son protégé depuis de longues années. S'il se faisait tuer ce soir, tu n'aurais plus quiconque pour te couvrir et il se pourrait bien que de vieilles histoires à ton sujet refassent surface, tu ne crois pas, mon cher Théo ? »

Le jeune homme plissa les yeux et la fusilla du regard. Mais si elle disait vrai et qu'Ogden se trouvait bel et bien pris dans une embuscade, il avait effectivement tout intérêt à venir lui porter secours. Sans le Ministre, il n'était plus rien, redevenant un simple citoyen soumis aux mêmes lois que le plus commun des mortels. Il n'avait absolument pas besoin de cela maintenant s'il voulait continuer d'agir librement.

« Et toi, tu feras quoi ? », demanda-t-il en l'analysant.

« Je ne viens pas avec toi », répondit Pansy en secouant la tête. « Rodolphus nous a ordonné, moi, Lucius et Selwyn, d'aller à Poudlard pour régler une affaire. Si je ne rejoins pas Blondinet très bientôt, il pourrait avertir Rod que je ne suis pas clean et tout foutre en l'air. »

Elle remarqua alors que Théodore la dévisageait avec une fureur grandissante. « Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ? », s'enquit-elle en reculant d'un pas, intimidée malgré elle par les deux prunelles aussi sombres que le néant rivées sur elle.

« Qu'est-ce que vous allez foutre à Poudlard ? »

Pansy déglutit, réalisant son erreur. « Lucius est chargé d'y retrouver son ex-maîtresse pour finir le boulot de Flint », grimaça-t-elle, montrant clairement qu'elle désapprouvait l'ordre. « Et je crois que des élèves ont prévu de faire quelque chose contre les Ignominies, mais je-

Elle se tut, sentant la colère de Nott s'échapper par tous les pores de sa peau et alourdir l'atmosphère. Il fit un pas lent dans sa direction et si Pansy n'avait pas travaillé son masque d'indifférence pendant de nombreuses années, elle se serait probablement mise à pleurer de terreur. « Et tu pensais que j'allais me rendre à Londres en sachant l'école de mon fils en proie à une mutinerie ? », siffla-t-il, plus menaçant encore que Voldemort ne l'avait jamais été.

« Ecoute, plus vite tu en auras fini avec Rodolphus, plus vite tu pourras aller rejoindre ton gosse », cracha-t-elle avec hargne. A peine avait-elle fini sa phrase, que la main de Nott l'étranglait de nouveau. Il approcha son visage du sien et elle sentit son souffle chaud lui brûler la peau, lui donnant vaguement l'impression de plonger la tête dans un volcan en éruption.

« Voilà comment ça va se passer, ma belle… », gronda Théodore en resserrant son emprise autour de sa trachée. « Je vais d'abord passer à Pré-au-Lard pour m'assurer que ni Hermione ni Elias ne sont à l'école en ce moment. Et ensuite, je viendrai m'occuper de ton patron. »

Pansy hocha la tête précipitamment. Elle n'avait pas vraiment d'autre choix que d'accepter. Si elle refusait, il pouvait très bien faire sauter sa tête comme un bouchon de champagne. Et elle préférait largement sa boîte crânienne rattachée au reste de son corps.

Il la libéra et elle recula de quelques pas pour se mettre hors de sa portée.

« Une dernière chose », ajouta-t-il, tandis que ses yeux se fermaient en deux fentes presque horizontales. « Si tu es encore à Poudlard quand je reviendrai de mon escale chez les flics, à ta place je me ferais discrète. Si tu vois ce que je veux dire. »

« C'est très clair », marmonna-t-elle, avant de Transplaner prestement.

Théodore se retrouva de nouveau seul, mais il ne prit pas le temps d'en profiter. Transplanant à son tour, il se rendit jusqu'à Pré-au-Lard, croisant les doigts mentalement pour qu'Hermione et son fils soient tranquillement en train de dîner comme c'était prévu. La maison de Draco et d'Hermione n'était plus qu'à quelques mètres de son point d'atterrissage et il les parcourut en courant.

A l'intérieur, les trois roux faillirent mourir de peur lorsque la porte de la maison s'ouvrit à la volée, laissant apparaître la dernière personne qu'ils s'attendaient à voir arriver en ces lieux. Théodore Nott, la veste de costume en vrac et le col de chemise ouvert sous sa fine écharpe noire, fit irruption dans le salon, dévisageant ses seuls occupants.

« Où est Hermione ? Et où est mon fils ? »

« Non mais, pour qui est-ce que tu te prends en débarquant ici, espèce d'enfoiré ? », beugla Ron depuis son fauteuil en dégainant sa baguette, bientôt imité par sa mère et sa petite sœur. Théodore poussa un soupir exaspéré et d'un geste de la main, les désarma aussitôt. Les baguettes s'envolèrent d'entre les doigts de leurs porteurs et retombèrent mollement dans un coin de la pièce. Beaucoup moins loin et fort qu'il ne l'aurait fait à une autre époque, cependant…

« Hermione ! Elias ! », s'écria de nouveau Théodore en tournant les yeux en direction de l'étage. Dans les escaliers, il remarqua Victoire, assise sur les marches et qui l'observait avec une expression… coupable. « Weaslette, où est-ce qu'ils sont ? », demanda de nouveau le brun à Ginny qui approchait avec une expression menaçante.

« Hermione est à Poudlard pour régler un problème d'élèves, qui ne te regarde absolument pas et Elias est à l'étage dans sa ch- Hé, je t'en prie, fais comme chez toi ! », protesta-t-elle en le voyant grimper les escaliers quatre à quatre. Ginny le regarda monter, exaspérée et se tourna vers Molly et Ron, les sourcils levés, cherchant un quelconque appui de leur part. Mais un cri de rage au niveau supérieur leur fit reporter leur attention sur Nott, qui redescendait déjà.

« Il n'est pas là ! », gronda-t-il avant de redescendre à la hauteur de Victoire et de forcer la petite à le regarder dans les yeux. Ginny avait quant à elle pris une teinte très pâle et foncé à l'étage vérifier ses dires. « Où est-il ? Je suis sûr que tu le sais. »

Victoire sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine. Pendant un instant, elle oublia tout du personnage souriant et agréable avec lequel elle avait dîné à peine deux jours plus tôt. Ce qu'elle avait en face d'elle… était différent. Sombre, dangereux, effrayant. Une toute autre personne.

« Je… je… » balbutia-t-elle, prise de panique.

« Eloigne-toi d'elle tout de suite, Nott, sinon… », menaça Ron en faisant avancer son fauteuil jusqu'en bas des escaliers.

« Sinon, quoi ? Tu vas me rouler dessus ? », cracha le brun en lui décochant un regard méprisant. Puis il reporta son attention sur Victoire. « Réponds. »

Ginny réapparut sur le palier du premier étage, totalement affolée. « Il a raison, Ted et Elias ne sont nulle part ! »

« Ils sont partis porter secours à David », gémit Victoire, les yeux pleins de larmes. « J'ai essayé de les dissuader, mais ils sont passés par la fenêtre… »

Ginny leva les bras en l'air pour se prendre la tête à deux mains. « Oh c'est pas vrai… »

Théodore serra les dents et descendit le reste des marches pour repartir en direction de la sortie. « Restez ici, je les ramène. Et Hermione aussi. » L'instant d'après, la porte claquait et le calme retombait dans la maison. Mais le passage éclair de Théodore donnait l'impression qu'une tornade venait de traverser les lieux. Ginny tourna lentement la tête vers Victoire, qui se recroquevilla sur place, comme si elle tentait de disparaître dans un trou de souris.

« Oh toi, tu as de la chance que tes parents n'aient pas pu venir à ce dîner, sinon tu serais déjà en route pour Azkaban, jeune fille », tonna-t-elle en secouant la tête, furieuse.

Victoire renifla. « Je suis désolée… »

Près de Ron, Molly se mordit la lèvre et traversa la pièce pour prendre la blondinette dans ses bras. « Ce n'est rien, ma puce, il va les ramener sains et saufs… »

Ginny détourna les yeux, le cœur battant la chamade. Avec un peu de chance, Nott trouverait les garçons en chemin. Sinon… elle préférait ne pas savoir ce qui pourrait se passer.

~o~

C'est toutes baguettes dehors qu'Hermione, Draco, Blaise, Harry, Remus et les jumeaux déboulèrent dans le hall d'entrée de Poudlard, hors d'haleine. Hermione avait insisté pour ne pas transplaner et faire le chemin en courant, au cas où ils verraient quelque chose d'anormal aux abords de l'école. Mais il n'y avait rien. Pas un bruit, pas un mouvement ne troublait les environs. Le plus inquiétant était certainement que le hall d'entrée du château se trouvait dans le même état. Vide, silencieux. Rien ne perturbait la grande bâtisse et pourtant, Hermione sentit les petits cheveux de sa nuque se hérisser. Quelque chose n'allait pas. Prudemment, le groupe s'avança dans le hall désert, les yeux fouillant chaque recoin, en haut, en bas, sur les côtés. Mais il n'y avait pas âme qui vive.

Soudain un bruit de glissade, puis de chute, les fit tous sursauter et ils se retournèrent vers Fred qui venait de déraper sur le carrelage, atterrissant les quatre fers en l'air.

« Merde, sur quoi j'ai marché… ? », grommela-t-il en se relevant péniblement. Une tache sombre et rouge s'étalait sur les dalles et Fred grimaça en voyant qu'il avait posé la main en plein dedans.

« Qu'est-ce que c'est ? », le questionna Blaise qui était déjà au pied de l'escalier principal.

La grimace de Fred s'accentua et un frisson parcourut le reste du groupe lorsqu'il tourna la paume de sa main poisseuse d'hémoglobine vers le métis. « Du sang, je dirais… »

« Oh mon Dieu… », souffla Hermione en reprenant sa course en direction de l'escalier. « Minerva ? Vous êtes là ? Quelqu'un ? », appela-t-elle tout en grimpant les marches au petit trot. Mais seul l'écho de sa propre voix lui répondit. Affolée, Hermione parvint au premier étage, pénétra dans la classe puis dans les appartements vides de McGonagall. Elle en ressortit aussitôt, sous les regards perplexes de ses amis.

« Où est-elle ? », demanda Remus, les sourcils froncés. « Quand j'ai quitté Poudlard tout à l'heure, elle m'a dit avoir une tonne de copies à corriger et qu'elle en aurait pour toute la soirée… »

Hermione ne répondit pas et reprit sa course, ainsi que ses appels désespérés, dans l'escalier qui menait au deuxième étage. Ils étaient à quelques marches du palier lorsque la porte de l'infirmerie s'ouvrit, laissant sortir une Aria Stone aussi pâle qu'un spectre.

« Aria ! », s'écria Hermione en la voyant. « Où est Minerva, où sont-ils tous ? »

L'avocate leur fit signe d'avancer, jetant des regards perçants tout autour d'elle. « Par ici. Il s'est passé quelque chose… »

« On sait, une de mes élèves m'a prévenue que ses amis avaient été enlevés-

« Entrez, on parlera de ça à l'intérieur, grouillez-vous… », les pressa l'avocate, sur un ton presque suppliant.

Cela fit taire Hermione aussi sec. La jeune enseignante avait perçu la crainte dans la voix de Maître Stone et ils obtempérèrent sans un mot de plus. Lorsqu'ils furent tous passés, Aria contourna le groupe et referma la porte de l'infirmerie, aussitôt verrouillée par un sortilège de Mrs Pomfresh. Hermione la suivit du regard, décontenancée, ne manquant pas de remarquer le pistolet glissé à sa ceinture, dans son dos. Par Merlin, mais… ?

Elle leva les yeux et vit que les professeurs, ainsi que Narcissa Malfoy, étaient réunis dans la pièce. Tous avaient plus ou moins l'air groggy, comme s'ils venaient de se réveiller après une anesthésie générale. Le professeur Slughorn occupait un des lits, toujours endormi, sa volumineuse bedaine se soulevant et s'abaissant lentement au rythme de sa respiration. Certains se retournèrent en les voyant arriver, d'autres ne leur accordèrent même pas un regard. Il régnait dans l'infirmerie un silence oppressant. Un silence de mort. C'est là qu'Hermione remarqua la frêle silhouette de McGonagall, assise sur un tabouret au chevet d'un autre lit. Un lit sur lequel était allongé un petit corps. Un garçon, à en juger par l'uniforme.

Hermione s'approcha à pas lents et risqua un œil en direction du malade. David Reilly, l'un des meilleurs amis d'Elias, était étendu sur les draps blancs, une grande plaie à la tempe déformant le côté de son crâne et trempant ses cheveux et son visage de sang. Mais ce qui dérangeait le plus dans cette vision atroce, était l'angle étrange formé par son cou, comme si celui-ci avait été brisé net. Sans parler des marques circulaires et violacées tout autour. Aucun souffle ne s'échappait d'entre ses lèvres. Il n'y avait aucun doute, l'enfant était mort. Hermione porta une main à sa bouche, sentant un peu de bile venir chatouiller le fond de sa gorge mais elle tint bon.

« Ils l'ont pendu… », souffla Aria, qui s'était approchée d'elle, la mine sombre. « Juste sous mes yeux. »

Hermione tourna un visage choqué et blessé en direction de l'avocate, mais celle-ci ne lui rendit pas son regard. Elle fixait l'enfant, sans ciller, comme si à force de persuasion elle pourrait le réanimer. Inutile de préciser que cela ne fonctionnerait pas.

« Mais… ce ne sont que des enfants… », haleta Hermione.

« Des enfants élevés dans la haine. » La voix de McGonagall s'éleva dans la pièce, froide et dure. Mais également horriblement lasse. Comme si la vieille femme qu'elle était en avait assez de voir l'Histoire se répéter sans arrêt. « Des enfants dont les parents et grands-parents Mangemorts ont certainement été érigés au rang de héros par leurs familles. Nous avons eu tort de sous-estimer leur cruauté, car manifestement les élèves ont dépassé les maîtres. Là où leurs ancêtres utilisaient la magie pour faire le Mal, cette nouvelle génération semble trouver plus amusant de perpétrer des actes comme celui-ci. » Elle pointa un doigt accusateur sur le cadavre du garçonnet et tous fermèrent les yeux ou baissèrent la tête. « A chaque fois… après chaque guerre, j'ai pensé que tout serait fini pour de bon. Mais toujours ils reviennent. Plus cruels, plus violents, plus barbares que leurs prédécesseurs. Quand est-ce que cela va donc cesser ?! » Elle avait presque crié les derniers mots, et Pomfresh posa une main apaisante sur son épaule, avant de lui donner un petit verre d'une de ses potions. Mais Minerva le refusa d'un geste impatient de la tête.

« Qu'ont-ils fait des autres ? », demanda Harry en s'approchant à son tour de la Directrice de Gryffondor.

« Madame Bibine et le professeur Gregory sont partis à leur recherche, mais-

McGonagall se tut brusquement. On frappait à la porte de l'infirmerie.

« Minerva, ouvrez-nous ! », fit la voix sourde de la professeur de Vol sur balai à travers l'épais panneau de bois. Pomfresh leva aussitôt le sortilège de verrouillage, permettant aux deux professeurs d'entrer. Mais ils n'étaient pas seuls…

« Aucune trace des élèves, Minerva… », commença le professeur Gregory avec une expression grave. « Par contre, on a trouvé ça… »

D'un geste brusque, il poussa son « invité », dont les mains étaient ligotées dans le dos, en avant. Rusard trébucha sur son propre pied et faillit s'étaler de tout son long, tandis qu'Hermione et les autres nouveaux arrivants arboraient des mines totalement perdues. Pourquoi traitait-on le concierge ainsi ? McGonagall se mit debout avec la rapidité d'un chat et avança prestement en direction de Rusard, ses robes tourbillonnant dans son sillage. « Comment avez-vous osé nous trahir ainsi ? Nous qui avons toujours été bons avec vous ! Dumbledore vous avait accordé sa confiance alors que le monde entier vous considérait comme de la bouse de dragon ! », aboya-t-elle au nez biscornu du vieux concierge.

« Woh woh woh, on peut savoir ce qu'il se passe, là ? », demanda George en levant les mains au ciel.

« Rusard nous a drogués et a permis à ces petits fumiers d'agir en toute liberté », cracha le professeur de Technologies moldues en secouant le Cracmol comme un prunier. « Où sont les enfants ? Parle, enflure ! »

Hermione dévisageait Rusard sans comprendre. Certes, elle ne l'avait jamais porté dans son cœur et il avait parfois la main un peu trop leste sur les heures de colle et les travaux d'intérêt général infligés à ceux qui enfreignaient le règlement, mais ce n'était pas un mauvais bougre. Enfin, jusqu'à maintenant…

« Pourquoi… pourquoi avez-vous fait ça ? », s'écria-t-elle, horrifiée. Ce n'était pas tant la découverte de sa complicité qui la sidérait, mais surtout le soin avec lequel il avait continué d'assurer ses fonctions de septembre à novembre sans jamais éveiller les soupçons de qui que ce soit.

« Parce que c'est un vieux con aigri ? », proposa Fred en fusillant le Cracmol du regard.

« J'ai toujours tout supporté sans rien dire », grinça Rusard en tirant rageusement sur ses liens. En vain, ceux-ci étant plus que suffisamment serrés. « Devoir m'occuper jour après jour de vos bandes de petits délinquants, agitant leurs baguettes sous mon nez comme si de rien n'était… Mais je m'étais fait une raison ! Parce que vous méritez ses baguettes, chacun de vous ! » Il se tourna vers Hermione, qui le dévisageait avec un mépris non dissimulé. « Oui, même vous les nés-Moldus ! Je me suis fait à l'idée que la magie vous était due, car même si votre sang n'était pas pur, vous la teniez forcément d'un lointain ancêtre commun… Mais eux… Ces petits usurpateurs, ces rats de laboratoire… Ils ne méritent rien de tout ça ! RIEN ! »

« Par pitié, faites-le taire… », gronda Blaise en resserrant ses doigts autour de sa baguette. Ses yeux lançaient des éclairs et si Draco ne lui avait pas adressé un regard d'avertissement, il se serait certainement jeté à la gorge du vieux grincheux.

« Où sont les enfants, Rusard ? », lâcha sèchement Minerva en le toisant des pieds à la tête. « Dernière chance pour vous de me répondre avant que j'utilise la manière forte. »

« Ils sont morts, les petits rats, vous ne les trouverez jamais à temps… », fit Rusard d'une voix éraillée, un affreux sourire tordu déformant ses lèvres et ses joues mal rasées.

« Ils ne sont pas dans l'école, en tout cas. J'ai lancé plusieurs sortilèges pour détecter d'éventuelles présences dans les couloirs, mais ça n'a rien donné », répondit Bibine en secouant la tête.

« Ils ont peut-être pu bloquer certains sorts », déclara Aria en tournant la tête vers Narcissa, assise près de la fenêtre. « Quand on a libéré les autres première année enfermés dans différentes classes, les portes étaient toutes protégées par des amulettes et il était impossible de déverrouiller les serrures sans les enlever… »

Narcissa hocha silencieusement la tête pour confirmer les dires de sa jeune rivale.

« Bien, je pense que nous n'avons pas le choix… », siffla McGonagall dans un silence pesant. Hermione ne l'avait jamais vue aussi en colère. Rusard non plus, à en juger par son expression terrifiée qu'il tentait de contenir. « Je présume que quelques Doloris vous délieront la langue… »

« Ils sont dans la Forêt Interdite ! », bégaya aussitôt Rusard en se recroquevillant misérablement sur place. « Ils vont s'amuser à les chasser comme du gibier… »

Hermione ferma les yeux et poussa un gémissement désespéré. Mais quelles espèces de monstres les anciens Mangemorts avaient-ils engendrés ?

« Venez, on y va ! », lança Draco au reste de la troupe, avant de se tourner vers Hermione qui ne bougeait pas. « Tu viens ? »

« Je vous rejoins tout de suite », murmura-t-elle, sans quitter le piteux faciès du concierge.

Draco lui adressa un dernier regard, compréhensif, et s'élança à la suite des autres dans les couloirs. Le silence retomba bien vite dans l'infirmerie désormais vidée de ses visiteurs, ainsi que de la plupart des professeurs. Seuls demeuraient Slughorn, qui ronflait toujours sur son lit, Narcissa, Hermione, McGonagall, Aria et Mrs Pomfresh.

« Vous êtes l'homme le plus pitoyable qu'il m'ait été donné de rencontrer », hacha lentement la jeune enseignante en plongeant son regard de braise dans celui du Cracmol. « Et pourtant, Merlin sait que j'ai eu ma dose de sales types… »

Elle recula lentement, suivie d'Aria qui dégainait son arme au cas où elles croiseraient d'éventuels ennemis, et elles passèrent ensemble la porte de l'infirmerie. Rusard jeta un coup d'œil craintif en direction de Minerva, qui secoua la tête.

« Jamais je n'ai utilisé le sortilège Doloris sur qui que ce soit », murmura-t-elle avec dédain. « Et quand bien même, vous n'êtes pas digne de recevoir ne serait-ce qu'un Avada. Enfermez-le, je vous prie, Poppy. »

L'infirmière saisit les bras liés de Rusard et l'emporta dans une petite pièce attenante, sans fenêtres, avant de l'y emprisonner d'un coup de baguette. Lorsqu'elle revint dans la salle principale, McGonagall avait déjà disparu.

~o~

« Bon sang, si je tenais l'imbécile qui m'a vendu Poudlard comme étant l'endroit le plus sûr du monde… », maugréa Aria tout en dévalant les escaliers aux côtés d'Hermione.

Hermione roula des yeux à son commentaire. Elles venaient enfin d'atteindre la dernière marche de l'escalier principal lorsque l'enseignante se figea. Là, dans l'encadrement de la grande porte qui menait à l'extérieur de l'école, se tenait Théodore, la respiration sifflante et un air furieux qui ne présageait rien de bon. A en juger par la sueur qui perlait sur son front, il avait dû courir comme un dératé et sa condition physique laissait à désirer.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? », aboya Hermione, qui n'en croyait pas ses yeux.

« Elias est avec toi ? », demanda précipitamment Théodore en s'approchant d'elle pour la saisir par les épaules.

« Quoi ? Non, il est à la maison… Mais tu vas me lâcher, oui ? »

« J'en viens, Hermione ! Elias et Ted se sont sauvés par la fenêtre pour aller chercher leur ami David ! »

La jeune femme pâlit. « Je lui avait dit de rester dans sa chambre… », gémit-elle, en proie à la panique.

« Oui eh bien, comme je te l'ai déjà dit, il tient beaucoup de toi… notamment dans l'art de se fourrer dans les emmerdes… », gronda le brun, tandis qu'Hermione lui décochait un regard furibond.

Près de l'entrée, Aria eut soudain le sentiment d'être de trop et risqua un œil à l'extérieur. « Bon, je ne voudrais pas vous presser, mais ce n'est peut-être pas le moment idéal pour une scène de ménage… »

Le PDG et l'enseignante tournèrent la tête vers elle à l'unisson et l'avocate se raidit, intimidée. Elle pointa un index en direction du lac et de la masse sombre de la forêt qui se dessinait au-delà. « La chasse à l'homme, c'est dans cette direction ? »

Hermione hocha la tête et Aria prit cela pour un oui. Sans un mot de plus, elle les abandonna dans le hall et courut pour rejoindre les autres le plus vite possible. Théodore la suivit des yeux puis reporta son attention sur la brune.

« Tu devrais aller voir dans le dortoir de Gryffondor, tous les autres élèves y sont confinés, il est peut-être là-bas… », décréta-t-elle avant de faire un pas en direction de la sortie. Mais il la retint par le bras.

« Viens avec moi, et ensuite on ira dans la forêt. »

« Je n'en ai aucune envie. »

« Et moi je refuse de te laisser te balader toute seule dans ces conditions… »

« Je n'ai pas besoin de baby-sitter ! », protesta Hermione en dégageant son bras. « Tu… Tu ne devrais même pas être là ! Comment as-tu pu être au courant de ce qu'il se passait ici ? »

« Quelqu'un m'a prévenu. »

« Qui ça ? », demanda-t-elle. Elle vit Théodore ouvrir la bouche pour répondre lorsqu'un mouvement du côté de la porte d'entrée attira son attention. Elle tourna la tête, juste à temps pour voir une baguette brandie dans leur direction. « Protego ! », hurla-t-elle au moment même où leur agresseur beuglait un Lacarnum Inflamare, certainement dans le but de les transformer en torches humaines. Mais le sort ricocha sur le bouclier d'Hermione, devenant totalement inefficace. La silhouette de Ménélas Fawley se faufila dans le hall et il dévisagea le couple, le visage déformé par la haine.

« Je n'ai pas trouvé le fils, mais je vais au moins me faire le père… », gronda-t-il en levant sa baguette en direction de Théodore.

Hermione jeta un bref regard en direction du visage de Nott, qui s'assombrissait à vue d'œil, et le vit lever la main devant lui, certainement pour attaquer sans pitié l'adolescent. Mais Hermione leva le coude et l'abattit sans douceur sur l'avant-bras du PDG. « Arrête ! Ce n'est qu'un gamin ! » Puis tournant la tête vers son élève : « Ménélas, je comprends que tu sois en colère. Mais ton père a attaqué Théodore dans son bureau, c'était de la légitime défense ! »

« Un Avada c'est de la légitime défense ! La strangulation, les coups, ÇA, c'est de la légitime défense ! », hurlait le jeune homme avec toutes ses tripes. « Mais arracher un cœur ? Putain, je ne connais même pas le sortilège capable de faire un truc pareil ! »

Parce qu'il n'y en a certainement pas, pensa Hermione avec une pointe de compassion pour le garçon. Théodore était un cas à part. Il faisait fi des conventions, des règles élémentaires de la magie. Il était la magie. Une magie obscure, ancienne, dangereuse. Sanglante.

« Je t'en conjure, Ménélas, pose ta baguette », souffla-t-elle en voyant que Théodore fusillait toujours l'adolescent du regard, comme s'il tentait de le tuer par la pensée.

« Avec tout le respect que je vous dois, Professeur », ironisa-t-il en levant le bras. « Allez vous faire foutre. » Il traça un arc de cercle avec sa baguette et lança un Confringo, le sortilège explosif, en direction d'Hermione, qui le dévia sans difficulté avant de riposter par un Stupéfix. Qui rata sa cible. Ménélas était rapide dans ses gestes, presque autant qu'un adulte chevronné et Hermione réalisa qu'il avait dû être entraîné par sa famille. Elle retrouvait dans sa manière de se battre la patte caractéristique des Mangemorts. Hargneuse, précise, sans merci. Chaque sortilège qu'elle formulait, il le parait avec l'agilité d'un chat ou le lui renvoyait en pleine face. Jusqu'au moment où Théodore dut trouver le temps long et la tira en arrière malgré ses protestations pour prendre les choses en main. D'un mouvement sec du poignet, il tenta de faire lâcher sa baguette à Ménélas, mais le bras du jeune homme fut simplement tiré sur le côté une demi-seconde, l'empêchant seulement d'achever l'Avada Kedavra qu'il avait commencé à lancer. Théodore sembla aussi surpris qu'Hermione par son inefficacité. Il se remettait à peine de son incrédulité, que déjà leur adversaire revenait à la charge.

« Endoloris ! », aboya Ménélas en pointant sa baguette sur Théodore. Le brun fit apparaître un champ de force autour de lui et d'Hermione, mais le sort le traversa partiellement. L'énergie incomplète frappa un bras du PDG qui poussa un cri de douleur mêlée de saisissement. Cela faisait une éternité que plus aucun sortilège ne l'avait touché. Il en avait presque oublié ce que l'on ressentait.

« Oh, regardez, le geek sort de son laboratoire et fait face à la réalité… », se moqua Ménélas, en passant derrière une colonne pour s'abriter et souffler un peu. « Tu veux un scoop, scientifique de mes deux ? La réalité fait mal. »

Théodore recula dans le hall, se frottant le bras, sous le regard perplexe d'Hermione. Puis il lui saisit soudain la main et hurla : « On court ! »

La jeune femme ouvrit de grands yeux et l'instant d'après, elle se retrouvait à galoper derrière le brun, poursuivie par les hurlements furieux de l'adolescent qui les prenait en chasse. Ils empruntèrent un dédale de couloirs et d'escaliers, jusqu'à ce que Théodore les mène dans un petit placard à balais. Il referma la porte derrière eux et plaquant la paume contre le bois, le changea en pierre pour que le mur semble continu de l'extérieur. Hermione leva sa baguette et jeta un sort pour insonoriser l'intérieur de leur cachette tout en leur permettant d'entendre les sons provenant du couloir, puis poussa un gémissement en se penchant en avant. Elle avait un point de côté.

« On va attendre ici un petit moment et ensuite on repartira chercher Elias… », haleta Théodore, lui-même à bout de souffle.

Tout en essayant de reprendre sa respiration, Hermione murmura un Lumos pour éclairer les lieux et leva un regard totalement perdu vers le jeune homme. Elle s'apprêtait à dire quelque chose lorsqu'un détail sur le visage de Théodore l'interpella. Elle fronça les sourcils et s'approcha en plissant les yeux. Tendant une main vers son col de chemise, elle effleura des doigts la peau lisse en-dessous de sa mâchoire. Ses phalanges se couvrirent instantanément d'un filet de liquide poisseux et chaud. « Ton oreille saigne. Et ton nez aussi. » Théodore passa une main nerveuse dans son cou puis sur sa lèvre supérieure. Elle disait vrai. « Tu es en train de perdre toutes tes forces, laisse-moi chercher Elias et rentre chez toi. »

« Pas question. »

« Tu n'es même plus capable de faire de la magie correctement, c'est de la folie ! »

« Ça va aller, il suffit juste que je me repose quelques minutes… »

Hermione poussa un soupir exaspéré et recula pour se laisser tomber contre le mur. Elle n'arriverait pas à lui faire entendre raison. Il était comme ça, obstiné jusqu'au bout. De l'autre côté de la porte invisible, les hurlements furieux de Ménélas faisaient écho dans le couloir. Il était proche. L'enseignante pinça les lèvres. Ils perdaient du temps… Les enfants, ainsi qu'Elias et Ted, étaient là-bas dehors, très certainement en danger, et eux jouaient à cache-cache avec un fils de Mangemort cinglé. Elle sentit une vague de désespoir l'envahir. Au lieu d'être dans le feu de l'action, elle se retrouvait avec un Théodore malade et inutile, un boulet qu'elle se traînerait encore sûrement jusqu'à ce qu'ils sortent du château. A côté d'elle, le nez ensanglanté de Théo émit un gargouillis et un reflux de sang dut passer dans sa bouche, car il se mit à tousser, crachant un peu d'hémoglobine dans sa manche. Hermione le regarda longuement. Il lui faisait pitié et une partie d'elle aurait voulu l'aider à aller mieux… mais l'autre moitié ricanait en chantonnant : Bien fait pour lui. Il ne récoltait que ce qu'il avait semé, après tout. A avoir les yeux plus gros que le ventre, on finit par faire une indigestion… Son regard glissa alors sur la porte et elle constata avec horreur qu'une partie des planches de bois réapparaissait, ainsi qu'une moitié de la poignée. Le sortilège de Théodore s'amoindrissait en même temps que son énergie vitale. Et dehors, Ménélas approchait de plus en plus. Elle entendait les portes des pièces voisines s'ouvrir les unes après les autres et claquer lorsque l'élève constatait qu'elles étaient vides.

« Théodore ! », gémit-elle en désignant l'unique issue du doigt. Il suivit son index et pâlit en voyant la raison de son état de panique. Il plaqua la paume de sa main sur le bois et ferma les yeux, se concentrant de toutes ses forces. En vain. Les gonds apparaissaient à leur tour, l'un après l'autre et le verrou était déjà presque entièrement reformé.

Hermione se mit à réfléchir à toute vitesse. Il était exclu qu'ils sortent. Avec Théodore dans cet état, ils ne pourraient plus courir et deviendraient une cible facile pour Ménélas, qui était bien plus coriace qu'elle ne l'aurait cru. Rester ici sans la porte invisible était tout aussi dangereux : si Ménélas l'ouvrait, il n'aurait plus qu'à les abattre comme des lapins dans cet espace exigu. Il fallait à tout prix que le panneau disparaisse de nouveau le temps que l'adolescent s'éloigne dans un autre couloir. Le sortilège de Désillusion ne leur serait pas utile. Il permettait de faire disparaître un objet en montrant ce qu'il y a derrière, par transparence et derrière, il y avait… eux. Oh mais, une minute… quelle idiote, pensa-t-elle en roulant des yeux. Levant sa baguette, elle murmura « Nox » puis jeta le sortilège de Désillusion sur eux deux et ils disparurent instantanément, quelques secondes à peine avant que Ménélas n'ouvre grand la porte du placard (qui était de nouveau totalement visible et opérationnelle). Hermione plaqua une main sur sa propre bouche pour s'empêcher de respirer et elle devina, au silence total qui les entourait, que Théodore s'était lui aussi figé. L'adolescent tendit un bras, baguette allumée, et scruta l'intérieur du réduit.

« Stupéfix ! »

Le corps inerte de Ménélas tomba à la renverse en plein milieu du couloir et Hermione, un peu honteuse de cette attaque en traître, leva le sortilège de Désillusion. Elle sortit du cagibi et se pencha brièvement sur lui avec une moue désapprobatrice. « Toujours attaquer le premier quand on ouvre une porte, c'est la base, Ménélas… Je te mets quand même un E, pour Efforts Exceptionnels. »

Un petit rire s'éleva derrière elle, et elle se retourna pour constater que Théodore trouvait sa blague manifestement très drôle. Contrairement à Fawley, qui n'esquissa pas le moindre geste, bien évidemment. Le brun sortit à son tour du placard et esquissa une grimace. La tête commençait à lui tourner et le flot de sang qui s'échappait de son nez ne tarissait pas. Il tituba sur trois mètres, puis s'adossa de nouveau au mur. Hermione sentit une pointe de culpabilité lui transpercer le cœur et croisa les bras, mal à l'aise.

« Je sais très bien ce que tu essaies de faire… », grommela-t-elle.

« Euh… marcher ? », proposa Théodore en faisant l'étonné.

« Non ! Tu essaies de m'attendrir pour que je me jette à tes pieds, rongée par la culpabilité, en te suppliant de me prendre ici et maintenant… », rétorqua-t-elle en sortant un paquet de mouchoirs de la poche de son pantalon et de lui en tendre un pour éponger son visage.

« En effet, dans la majorité de mes fantasmes les plus fous, c'est ce qu'il se passe… » Théo déplia le mouchoir et rejeta la tête en arrière, avant de compresser son nez avec.

Hermione poussa un grognement exaspéré.

« Bais ze d'est blus ze gue ze veux en réalidé… », acheva le brun, à son grand étonnement.

« Quoi ? Tu rigoles, ça fait des mois que tu me harcèles pour ça et là tu me dis, alors que tu es clairement à deux doigts d'agoniser, que tu as tout simplement changé d'avis ? » Hermione ricana. « Désolée, j'achète pas. C'est trop gros à avaler. »

« Za auzzi, z'est un druc que tu dis dans bes fantasbes », commenta Théo, amusé, alors qu'Hermione levait les yeux au ciel.

« T'es lourd. Et je suis sûre que c'est encore une de tes techniques de manipulation tordues. Alors, maintenant que l'autre boutonneux est hors d'état de nuire, je vais aller rejoindre mes amis. »

Elle se détourna pour partir, ignorant superbement l'expression soudain paniquée du PDG.

« Non ! Attends ! »

« Je m'en vais, Théodore. »

« C'est trop dangereux ! », aboya-t-il en redressant la tête pour la rattraper.

« Merci, je suis encore capable de me débrouiller seule-

« Tu es ENCEINTE, Hermione ! »

La jeune femme se figea au beau milieu du couloir, sous le choc. Elle se tourna lentement vers le brun, qui parvenait enfin à sa hauteur.

« Qu'est-ce que tu as dit ? »

Il soupira. « Tu es enceinte. » Devant le regard furieux qu'elle lui adressa, il leva aussitôt les mains en l'air, dont l'une tenant toujours le mouchoir imbibé de sang. « Je n'y suis pour rien, c'est promis. Je l'ai senti lorsqu'on a discuté en rêve. C'est tout, je le jure. »

Hermione ouvrit la bouche, se souvenant à présent de la main du sorcier pressée contre son ventre alors qu'ils se trouvaient sur la falaise recréée par son esprit. Il l'avait senti. Voilà pourquoi son comportement était étrange depuis quelques jours. Il savait.

« Mais… que… et TU ME LE DIS MAINTENANT ? », s'écria-t-elle en le repoussant violemment des deux mains.

« Mais Herm-

« J'avais imaginé que je le découvrirais bien au chaud, chez moi, en compagnie de Draco et on aurait été heureux, tout se serait passé comme dans un foutu film à l'eau de rose, avec les violons, les fleurs et le chocolat, mais NON ! Tu me balances ça alors qu'on s'apprête à se battre contre des cinglés racistes et rétrogrades et qu'on a un million d'autres choses à penser ?! Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu gâches TOUT ?! »

Théodore pinça les lèvres, attendant qu'elle ait fini sa diatribe, mais Hermione passa tout d'abord par une série de sentiments divers et variés, tout en ponctuant ses paroles de coups de poings sur le torse et les épaules du jeune homme.

« Oh Merlin, pourquoi ? Pourquoi il a fallu que tu dises ça ? », gémit-elle, les mains dans ses cheveux fous. « Comment je vais faire pour agir sereinement dans la bataille, moi ? Et Draco ? S'il lui arrive quelque chose ? Comment je vais pouvoir lui annoncer ? Il va te tuer, s'il sait que tu étais au courant avant tout le monde, c'est sûr ! Et ce serait bien fait pour toi, espèce de… de… MALADE ! Je suis enceinte… je suis enceinte… Je te déteste ! »

« Tu as fini ? »

« Oui ! Non ! », corrigea-t-elle en le fusillant du regard. « J'en sais rien ! Tu m'énerves ! »

Mais elle n'ajouta rien de plus, fermant les yeux pour tenter de calmer son esprit qui envisageait déjà tous les scénarii possibles et inimaginables. Elle se figea soudain en sentant les mains de Théodore se poser délicatement sur ses joues, les maculant légèrement de sang au passage, et rouvrit les yeux.

« Quand j'ai senti que tu n'étais plus seule dans ton propre corps, j'ai su que je ne pourrais plus réactiver le lien. C'était fini. Pas parce que je n'y serais pas arrivé… Mais parce qu'aspirer ton énergie comme le lien le fait… » Il regarda brièvement ailleurs avant de replonger ses iris noirs dans ceux d'Hermione. « Je ne sais pas si l'enfant aurait survécu. »

« Mais-

« Je t'ai déjà pris beaucoup, j'en suis conscient. Je t'ai volé six mois de ta vie, ta confiance en toi, ta dignité… ton esprit, même… »

« Ce sont quoi, des excuses ? C'est un peu tard… », murmura-t-elle, avec une pointe d'amertume.

« Absolument pas », répondit-il avec un naturel désarmant. « Si c'était à refaire, je referais tout pareil. Enfin… presque tout. Je t'aurais peut-être juste offert des fleurs à la place d'un cachot sordide… »

« Je suis touchée », grinça la brune en le fusillant du regard.

Théodore gloussa. Gloussement qui se mua en quinte de toux rauque. Son corps tout entier partait en sucette. Lorsqu'il reprit son souffle, il relâcha ses joues et replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille d'Hermione.

« Je crois que tu ne me l'aurais jamais pardonné, si en plus je mettais en danger cet enfant. Je préfère mourir et que tu me détestes un peu moins, que vivre en sachant que chaque cellule de ton corps me maudit jusqu'à la dixième génération. »

Hermione ne disait rien. Pour la première fois depuis longtemps, elle ne trouvait plus rien à lui hurler de méchant et cela la troubla quelque peu. Théodore dut prendre cela comme de l'incrédulité, car il reprit :

« Avoir Elias m'a changé, tu sais ? En bien... Enfin, je crois… » Il éclata de nouveau d'un rire rauque. « J'ai tellement appris à son contact… des choses que je n'aurais jamais pensé ressentir de toute ma vie. Je veux que tu les apprennes aussi. Même si ce n'est pas avec moi. »

Il se tut et entendit un bruit étrange en provenance de la gorge d'Hermione. Il baissa les yeux et s'aperçut que le menton de la jeune femme tremblait et qu'elle remuait le bout de son nez comme si quelque chose la piquait à l'intérieur des narines.

« Herm- ?

Sans prévenir, Hermione saisit le visage de Théodore et pressa ses lèvres contre les siennes. Elle les garda toutefois bien scellées, ne souhaitant pas un quelconque échange de fluides corporels entre eux, mais elle avait décidé en son âme et conscience que pour la première et unique fois dans sa vie, il méritait ce geste. Un pourcentage infime d'absolution pour tous les péchés qu'il avait commis. Le baiser ne dura que trois secondes. Dès qu'elle sentit que Théodore comprenait ce qui était en train de se passer, elle recula et le gratifia d'un sourire reconnaissant, légèrement humide à cause des deux petites larmes de joie qui avaient roulé sur ses joues.

« Merci. Juste… merci. »

Le brun fit des yeux ronds, encore sous le choc de cette étreinte éclair et prit une grande inspiration. Etonnamment, il ressentait un léger regain d'énergie dans tous ses membres. Pas grand-chose, mais assez pour se défendre contre d'éventuels assaillants peut-être. Il esquissa un sourire en coin, puis frappa dans ses mains.

« Bon, on va leur maraver la tête à tes élèves, ou on reste là à s'embrasser comme des ados ? »

Hermione perdit aussitôt son sourire et leva les yeux au ciel, se détournant en direction des escaliers et de la sortie. Théodore lui emboîta joyeusement le pas, sans pouvoir se défaire de sa risette narquoise.

« Tu n'es pas pardonné pour autant, tu restes un criminel à mes yeux », gronda Hermione pour calmer un peu ses ardeurs.

Le brun exécuta un petit pas de danse et tourna sur lui-même, entonnant l'un des plus célèbres refrains de Michael Jackson. « You've been hit by, You've been struck by… A smooth criminal. »

Hermione le dévisagea avec des yeux ronds et accéléra le pas, dévalant l'escalier principal. Cet homme est fou.

~o~

« Qu'est-ce que fiche Nora avec les cafés, bon sang ? », grommela Evelyn à sa collègue secrétaire par-dessus son ordinateur. « Le Starbucks est au coin de la rue, pas sur l'Everest ! »

« Ça va, le Ministre de la Magie peut attendre son Ristretto deux minutes… », marmonna l'autre femme en triant une série de documents et de dossiers. « Il a beau être un sorcier, je suis à peu près certaine qu'il est capable de gérer son addiction à la caféine comme nous tous… » Elle coinça un stylo Bic entre ses lèvres pour libérer ses mains et taper à l'ordinateur. « A moins que ce soit encore le soir où le beau gosse Ukrainien est de service… auquel cas, Nora ne risque pas de revenir avant qu'il lui ait demandé sa main. »

« On est vendredi… il travaille le vendredi ? », demanda Evelyn, soudain prise de panique. L'autre haussa les épaules. « Bon, je descends, je vais la chercher. »

« Et si Hodgkin débarque et qu'il me demande où sont les boissons, je lui dis quoi ? », demanda-t-elle en sortant son Bic de la bouche.

« Qu'il n'avait qu'à demander au gouvernement un budget réparation de machine à café », grommela Evelyn en s'engouffrant dans l'ascenseur, après avoir attrapé son manteau au passage. Elle appuya sur le bouton du rez-de-chaussée en se mordant la lèvre inférieure. Cette incapable de Nora avait bien choisi son jour pour flirter… Les battants de la porte se rouvrirent et elle fit un pas dans le hall du commissariat, ses talons aiguilles glissant sur une substance non identifiée. Elle se stabilisa en écartant les bras puis baissa les yeux… Une traînée de sang, parcourue d'une trace qui ressemblait fortement à celle d'une main, maculait le carrelage. Elle ouvrait la bouche pour crier lorsqu'une main se plaqua sur son visage et elle sentit la pointe d'une baguette s'enfoncer dans le creux de ses reins. Par-dessus les gros doigts calleux qui la bâillonnaient, elle avisa alors la pièce, la horde de Mangemorts qui s'y trouvait, ainsi que les cinq cadavres des policiers de garde à l'accueil disséminés un peu partout. Elle gémit.

« A quel étage se trouvent Monsieur le Ministre et ses sous-fifres, je vous prie ? », fit une voix mielleuse et sinistre contre son oreille. Comme elle gémissait de nouveau, la baguette s'enfonça encore plus profondément dans ses côtes. « Montre avec tes doigts. »

Evelyn leva une main tremblante et plia tous les doigts à part deux, ses yeux se remplissant de larmes.

« Gentille petite fille… Où sont les escaliers ? »

De nouveau, elle agita la main en direction d'une porte de service sur la droite et la horde de Mangemorts s'y engouffra en ricanant, après avoir fait sauter le panneau de ses gonds. Seuls demeuraient l'homme qui la retenait captive et une femme brune aux longs cheveux bouclés, immobile au centre de la pièce. L'homme recula dans l'ascenseur, emportant Evelyn avec lui et la femme y entra à son tour. L'espace d'un instant, Evelyn aurait juré qu'elle lui avait adressé un regard compatissant. L'autre main calleuse de l'homme frappa le bouton numéro deux et l'ascenseur se mit en branle, déversant sa petite musique jazz par les haut-parleurs. La cabine s'immobilisa de nouveau et lorsque les portes s'ouvrirent, Evelyn n'eut que le temps d'entendre sa collègue demander « Quoi, déjà ? », avant que le preneur d'otage ne dirige sa baguette contre elle et l'abatte d'un Avada Kedavra. Evelyn hurla contre la main moite de l'homme et vit le corps de la secrétaire s'affaisser mollement sur son fauteuil noir. Puis elle sentit qu'on la propulsait hors de l'ascenseur. Elle ouvrit la bouche pour appeler à l'aide, mais un éclair vert la frappa de plein fouet et elle tomba lourdement sur la moquette.

A l'autre bout du long couloir, les partisans de Rodolphus sortirent de la cage d'escalier et avancèrent en silence, cherchant d'où provenaient les voix masculines qu'ils percevaient à travers les cloisons des bureaux. Rodolphus enjamba sans aucun scrupule le cadavre de son otage et progressa dans le corridor, un large sourire aux lèvres. Dans son dos, Bellatrix lui jeta un regard méprisant. Elle s'attendait presque à voir son mari siffloter. Je pourrais le tuer, là maintenant…, pensa-t-elle en levant discrètement sa baguette. Mais au moment où elle allait lancer le sort fatal, la porte de la salle de conférence s'ouvrit, laissant apparaître un jeune agent de police en uniforme, les bras chargés de dossiers multicolores. Il resta quelques secondes interdit, ne s'attendant pas à voir autant de monde dans le couloir, puis lâcha ses dossiers et poussa un cri d'avertissement à l'ensemble de ses collègues. Juste avant que l'un des Mangemorts ne le projette dans les airs, lui faisant traverser une cloison vitrée. Ce fut aussitôt le branlebas de combat. Des cris retentirent dans les quelques bureaux occupés à cette heure tardive, et une voix ordonna « Baissez-vous, Tibélius ! », dans la salle de conférence, tandis qu'une main en refermait la porte depuis l'intérieur. Dans les escaliers que les Mangemorts venaient de quitter, des bruits de pas se faisaient également entendre. Quelqu'un avait dû découvrir les cadavres à l'accueil. Pendant quelques secondes, plus rien ne bougea. Puis la porte battant qui menait à l'escalier de secours s'ouvrit brusquement et un homme en gilet et casque anti-balles fit une brève irruption, jeta un petit cylindre en métal dans le couloir et disparut de nouveau, refermant précipitamment la porte derrière lui. Un sifflement persistant se fit entendre et un gaz atrocement irritant se déversa parmi les Mangemorts qui se mirent aussitôt à tousser comme des agonisants. Bellatrix recula vers l'ascenseur, les yeux larmoyants, avec l'impression qu'on lui frottait les poumons au papier de verre. Elle entendit Rodolphus lancer un sortilège dans un râle rauque et une bourrasque magique dissipa les vapeurs toxiques.

« Butez-moi tous ces fils de putes ! », gueula Rodolphus en soignant ses yeux rouges et gonflés d'un coup de baguette, bientôt imité par ses partisans. A travers les larmes de douleur qui lui brouillaient la vue, Bellatrix vit les portes des bureaux éclater et des sortilèges se mirent à fuser en tous sens. Des détonations d'armes moldues déchiraient ses tympans et elle pensa avec amertume que les moldus étaient perdus. Des armes mécaniques contre des baguettes. A quoi pensaient-ils ?

Au bord du gouffre (et très honnêtement, du suicide), elle ferma les yeux, se laissant lentement glisser contre la porte froide de l'ascenseur et attendit, roulée en boule, que tout se termine enfin.

Par Merlin, mais qu'est-ce que Nott attend ?

~o~

« Tu crois qu'on est encore loin ? », chuchota Ted tout en prenant appui sur une énorme racine. Cela faisait plusieurs dizaines de minutes qu'ils s'étaient enfoncés dans la Forêt Interdite, suivant les cris de leurs camarades pourchassés par les sbires de Samuel, en vain. Plus ils progressaient parmi les arbres et la végétation, plus les hurlements semblaient venir de partout et de nulle part à la fois. Ils se répercutaient sur les troncs, les roches, la montagne ils semblaient proches parfois, puis lointains et le reste du temps un silence oppressant saisissait le paysage tout entier. Même les animaux nocturnes semblaient se taire, craignant pour leurs vies.

« Je ne sais pas », avoua Elias en plantant ses doigts dans la terre pour gravir une petite falaise couverte de mousse et de fougères. Plus que cinq mètres et ils domineraient une partie du terrain, ce qui leur permettrait d'avoir un point de vue plus large. « De toute façon, on est entrés en contournant le lac noir, donc si on continue dans cette direction, on sait que la sortie de la forêt côté Poudlard est toujours à notre gauche. »

Ted se hissa à son tour et les deux garçons escaladèrent la paroi rocheuse et glissante avec prudence. Une fois en haut, ils s'aperçurent que la brume qui planait à mi-hauteur entre les arbres ne les aidait pas vraiment à discerner quoi que ce soit de plus.

« Je propose qu'on revienne vers l'orée de la forêt, comme ça s'il y en a qui essayent de s'enfuir, ils arriveront directement sur nous », proposa Ted en regardant avec une moue déçue le dédale inextricable des fourrés et des épineux en contrebas.

« Je suis d'accord », approuva Elias avec un hochement de tête. « On va continuer de marcher sur les hauteurs en prenant toujours à gauche, jusqu'à ce qu'on soit forcés de redescendre. On voit tout de même un peu mieux depuis ici. »

Ils avancèrent une dizaine de minutes en haut de leur escarpement avant de parvenir à un cul-de-sac. La falaise redescendait en pente douce d'un côté, jusqu'à une clairière exposée à la lumière de la lune et en pente raide de l'autre, directement dans la forêt.

« Par là », fit Ted en désignant le côté le plus escarpé, « De l'autre côté, c'est trop dangereux, on nous verrait à des kilomètres… »

Elias suivit donc le conseil de son ami et s'accroupit pour trouver un moyen d'entamer sa descente à l'aide de prises sûres… quand le sol meuble se déroba soudain sous ses pieds et le garçonnet chuta en même temps qu'une pluie de gravier, de mottes de terre et de racines cassées.

« ELIAS ! », s'écria Ted en plongeant au sol pour essayer d'attraper le brun. Mais trop tard. Elias dévalait la pente, roulant comme un baril sur le flanc, heurtant au passage pierres, branches et autres éléments naturels. A deux mètres du plancher des vaches et emporté par son élan, il fut propulsé en avant, atterrissant durement sur un tapis de bruyère, le souffle coupé.

« Aouh… », gémit-il en poussant doucement sur ses bras pour se mettre à quatre pattes. Son menton était tout égratigné, à l'instar de ses genoux et de ses coudes. Mais il était globalement entier. Cependant, il oublia vite sa douleur en voyant deux chaussures masculines noires et vernies juste devant son nez. Il se tordit le cou, remontant lentement le long du pantalon noir, de la lourde cape noire et de la canne en ébène surmontée d'une gueule de serpent en argent massif.

Lucius Malfoy dévisagea un instant, stupéfait, l'enfant tombé du ciel tandis qu'un peu plus haut, au-dessus de la nappe de brume, on entendait Ted hurler : « Rien de cassé ? »

Elias ne répondit pas. Il avait déjà vu cet homme au Ministère, c'était le père de Draco. D'après ce qu'il avait compris par la suite, ce n'était pas quelqu'un de bien et sa présence en ces lieux semblait confirmer cette théorie. Il n'était pas seul. Un autre homme était avec lui, ainsi qu'une jeune femme qui devait avoir l'âge d'Hermione et qu'Elias trouva absolument magnifique.

Pansy écarquilla les yeux. Elle n'arrivait pas à y croire. De tous les gamins qui couraient dans la nuit noire, c'était le seul qu'elle devait protéger coûte que coûte qui croisait leur chemin. Si Nott perdait son fils à cause d'elle, il était très probable qu'il la tuerait en représailles. Et au revoir le trône des Héritiers. Après avoir vérifié que ni Lucius ni Selwyn ne la regardaient, elle agita discrètement la main à l'attention d'Elias en articulant silencieusement : « VA-T'EN ! VA-T'EN ! »

L'enfant se mit aussitôt sur pieds, profitant de la surprise des deux hommes, et fit demi-tour pour s'élancer à toutes jambes dans la forêt. Malheureusement, Lucius semblait avoir également repris ses esprits et le prit en chasse, sous le regard consterné de Parkinson.

« Allez-y, Lucius, chopez-le ! », hurla Selwyn en ricanant.

Pansy leva les yeux au ciel. Selwyn était l'homme qu'elle détestait le plus parmi les sbires de Rodolphus. Il était pourri jusqu'à la moelle, misogyne et idiot. Sans parler de ses détestables mains baladeuses. Elle croisa les bras sur sa poitrine et soupira. Pour l'instant, aucune Ignominie n'était passée devant eux et n'avait pris la direction de la sortie. A croire que Parker et ses minions faisaient réellement du bon boulot. Elle regarda sa fine montre en or et prit une grande inspiration. Elle espérait vraiment que Théodore ait gagné Londres depuis le temps, même s'il ne risquait pas d'avoir trouvé son fils étant donné que ce-dernier était ici… Sinon, elle ne donnait pas cher de la peau de cette pauvre Bellatrix. Toutefois, elle sut que sa prière n'avait pas été entendue en percevant la voix du jeune PDG à travers la végétation.

« Je te dis que j'ai entendu quelqu'un crier Elias dans cette direction… », siffla-t-il à la personne qui l'accompagnait. Pansy leva une nouvelle fois les yeux au ciel en voyant Selwyn se retourner et brandir sa baguette en direction des nouveaux arrivants. Soudain, plusieurs branches s'écartèrent du passage Théodore et Granger apparurent devant eux. Selwyn esquissa un sourire mauvais et Granger brandit sa baguette à son tour, tandis que Pansy et Théodore roulaient des yeux en parfaite synchronisation.

« Tiens, tiens… regardez qui voilà… », grinça Selwyn en reconnaissant le PDG et l'enseignante. « Rodolphus ne va jamais me cr-

« Avada Kedavra ! »

Hermione poussa un hurlement strident en voyant le corps de Selwyn tomber mollement sur le sol et Pansy ranger sa baguette avec un soupir théâtral. « Oups, j'ai glissé, je crois… », minauda-t-elle avec un sourire faussement contrit. Théodore éclata de rire, comme si c'était la meilleure blague qu'il ait entendue depuis des lustres et Hermione les dévisagea tous deux, la bouche ouverte, une expression de total effroi déformant ses traits. Mon Dieu, je suis entourée de psychopathes !, pensa-t-elle en regardant tour à tour ses deux ex-camarades de classe.

« Ne t'en fais pas, Granger, ce type était un con », se justifia-t-elle, comme si cela excusait son meurtre. Théodore s'avança et ramassa la baguette de Selwyn, la faisant tourner entre ses doigts. Il en aurait peut-être besoin s'il voulait économiser ses forces. En revenant aux bonnes vieilles méthodes, il pourrait peut-être gagner suffisamment de temps et d'énergie pour avoir le temps d'en finir ici et de se faire hospitaliser le temps qu'Hermione trouve une solution.

« Tu n'aurais pas vu mon fils, par hasard, Pans' ? », demanda le brun en relevant la tête.

La brunette fit semblant de réfléchir et leva une main au niveau de sa poitrine. « Hmm à peu près grand comme ça, qui te ressemble comme deux gouttes d'eau ? Lucius est en train de lui courir après… »

L'expression de Théodore s'assombrit aussitôt. « Quelle direction ? », gronda-t-il.

Pansy tendit un index sur sa gauche, vers la sortie de la forêt. « Par là. »

Hermione se mettait en mouvement elle aussi, mais Théodore la repoussa d'une main. « Toi, tu ne bouges pas d'ici. Je reviens. » Et sans autre forme de procès, il détala en courant, laissant les deux anciennes rivales qui ne s'étaient pas vues depuis plus de dix ans toutes seules.

Un silence pesant s'abattit sur elles et Hermione pinça les lèvres. « Alors… euh… ça va, toi ? », marmonna Hermione en balançant les bras, mal à l'aise.

« Je n'ai aucune envie de te parler, Granger », rétorqua du tac au tac Pansy en la fusillant du regard.

Hermione hocha lentement la tête. « Ok… Sinon, on n'est pas obligées de parler. On peut juste aller sauver les enfants et-

« Ne te méprends pas, je ne suis pas de votre côté. Je trahis Rodolphus, certes, mais seulement pour prendre sa place. Ces enfants sont des parasites, il est hors de question que je t'aide à les récupérer. »

« Je vois… ça a le mérite d'être clair », fit Hermione, agacée. « Donc si tu ne m'en veux pas, je vais partir de mon côté et essayer de trouver Draco et les autres…. Avant d'être tentée de t'étrangler de mes propres mains », ajouta-t-elle à voix basse en se détournant.

« C'est ça, Granger. Cours vivre ma vie et bon vent. »

Hermione fronça les sourcils et tourna la tête en direction de Pansy, sans comprendre. « Pardon ? Qu'est-ce que tu viens de dire ? »

« Rien, tire-toi. »

« Non, non, tu as dit : cours vivre ma vie. J'aimerais bien que tu m'expliques », cracha Hermione, dont le ton commençait à monter. Elle n'avait jamais aimé Pansy, mais même après dix ans sans se voir, Parkinson avait encore le don de lui taper sur les nerfs encore plus vite que Théodore. Ce qui n'était pas peu dire.

« Tu veux une explication ? », s'écria Pansy, exaspérée. « Ok, je vais t'en donner une. Tu. As. Gâché. Ma. Vie. Satisfaite ? »

« Quoi, parce que je t'ai volé ton amoureux à l'école ? Je t'en prie ! »

Pansy s'approcha d'elle, les dents serrées et le regard mauvais. « S'il n'y avait que ça ! Tu m'as pris les trois seuls hommes qui importaient dans toute mon existence. Draco d'abord, puis Blaise. Même Théo ne pouvait s'empêcher de te tourner autour. Pendant un temps, j'ai même envisagé que tu les avais ensorcelés ! »

Les yeux d'Hermione devinrent ronds comme des soucoupes. « Me tourner autour ? Mais tu délires, ma pauvre ! Nott m'a violée, Parkinson ! Vio-lée ! Tu crois que c'était une partie de plaisir, une amourette ? »

« Oh, Nott t'a violée, bouh ouh pauvre petite Granger, tu vas nous faire pleurer », cracha Pansy d'une voix atrocement geignarde. « Tu devrais être honorée qu'un Sang-Pur comme Théodore Nott ait daigné poser les yeux sur toi ! »

« Il a détruit ma vie ! », aboya Hermione, le visage rouge de colère.

« Il t'a violée une fois ! », tonna soudain Pansy, excédée. Avant de pointer son index sur sa propre poitrine. « J'ai dû subir pendant neuf ans les attouchements et les viols de mon propre père, en priant pour que Draco, Blaise ou Théo m'épousent le plus vite possible et me sortent de cet Enfer. Mais tu es arrivée, Granger. Et à cause de toi, j'ai tout perdu. »

Un silence de plomb s'abattit de nouveau sur les deux femmes. L'une n'avait plus rien à ajouter et l'autre ne savait pas quoi dire à ce qu'elle venait d'entendre. La colère d'Hermione s'évanouit quasi-instantanément et elle pâlit, la lèvre tremblante. « Je… je n'avais aucune idée de-

« Tire-toi, j'en ai assez de te voir », gronda Pansy en lui tournant le dos. Elle n'avait que faire de la pitié de cette Sang-de-Bourbe.

Désemparée, Hermione regarda les épaules tendues à l'extrême de Pansy, tout en se sentant incroyablement stupide. Elle avait focalisé sur sa propre personne, ses propres drames, oubliant même que d'autres pouvaient connaître un sort encore moins enviable que le sien. Brusquement, elle eut l'impression que son comportement pendant toutes ces années avait été disproportionné. Elle s'était crue forte d'avoir outrepassé ce viol, à coups de psychothérapies et de voyages dans le monde entier… mais à cet instant, elle se trouvait incroyablement faible comparée à cette fille, qui avait subi des années durant l'indicible, dans le plus grand silence, dans la plus totale indifférence de son entourage.

« Je suis désolée, Parkinson… », murmura-t-elle.

« DEGAGE », hurla l'interpellée pour toute réponse.

Hermione sursauta et prit ses jambes à son cou, s'enfonçant dans la forêt.

~o~

Bloquer les cris, les détonations, les sortilèges. Fermer les yeux pour ne plus voir. Se boucher les oreilles pour ne plus entendre. Faire abstraction de tout le reste.

Bellatrix étouffa un gémissement d'impuissance. La seule chose qui la rassurait encore dans cette hécatombe était le contact solide et stable de la porte de l'ascenseur dans son dos. Tout son être se focalisait sur cette sensation, tentant de repousser tous les autres sons, toutes les autres odeurs. Celles de la poudre, du sang et de la peur. Etrangement, la bataille se prolongeait. Les moldus n'étaient pas tous morts, puisque le bruit de leurs armes vrillait toujours ses tympans. Peut-être même que l'un d'entre eux avait réussi à tuer Rodolphus ? Mais elle ne pouvait se résoudre à ouvrir les paupières. Trop peur de ce qu'elle pourrait voir.

Azkaban m'a changée plus que je ne l'aurai cru… Je suis aussi inutile qu'une poupée de chiffon… Incapable d'agir pour un camp comme pour l'autre.

Elle entendit des pas lourds et rapides venir dans sa direction. Avec un peu de chance, un Auror ou un flic approchait pour l'arrêter, ou la mettre à mort, par pure vengeance. Ce serait une fin logique à cette vie désaxée qu'elle menait depuis bien trop longtemps. Elle se surprit à rêver de voyages au bout du monde, de pays qu'elle ne visiterait jamais, de journées qu'elle ne passerait jamais libre sans barreaux aux fenêtres ou sans époux pour l'opprimer. Elle sentit des doigts puissants saisir l'un de ses bras et le secouer violemment. En ouvrant les yeux, la première chose que vit Bellatrix fut le cadavre de la jeune femme qu'ils avaient prise en otage dans l'ascenseur. Ses yeux vitreux donnèrent la nausée à l'ex-Mangemorte, alors elle leva le nez…

Rodolphus lui faisait face, l'air furieux et derrière lui régnait un chaos sans nom. Des sortilèges et des balles fusaient dans tous les sens. Le mobilier était parsemé de trous noirs ou de brûlures laissées par divers sortilèges. Des cadavres jonchaient le sol, d'un camp comme de l'autre, et du sang maculait les murs. Son regard accrocha la gorge d'un Mangemort, transpercée d'une balle moldue et Bellatrix se demanda comment c'était possible. Il n'a pas dû se protéger à temps ?

« DEBOUT, FEMME INUTILE », aboya Rodolphus en la faisant se lever. « Où est ta baguette ? » L'objet pendait mollement dans les mains de Bella, qui le regarda d'un air hébété. « Qu'est-ce que tu attends pour te battre ? »

« Je … je ne veux pas », anonna-t-elle en posant ses iris partout sauf en direction de son mari.

Il saisit sa mâchoire inférieure et la força à le regarder. « Qu'as-tu dit ? », gronda-t-il d'une voix forte pour couvrir le bruit de la bataille dans son dos.

« Je ne veux pas me battre », répéta Bellatrix avec plus d'aplomb cette fois.

Un éclair de haine passa dans les yeux de Rodolphus et il raffermit sa prise sur son bras pour la tirer de force jusqu'à un petit bureau au bout du couloir, par miracle encore à peu près debout. Il la jeta dans la pièce et Bellatrix vint s'écraser sur l'un des bureaux, renversant la lampe et l'écran d'ordinateur au passage.

« Tu ne veux pas te battre, salope ? », aboya Rodolphus, hors de lui. Il leva le bras et murmura un Expelliarmus, faisant voler la baguette de Bellatrix jusque dans sa main libre. « Parfait. » Prenant chaque extrémité de la baguette dans une main, il la cassa net sur son genou et envoya les deux morceaux brisés à l'autre bout de la pièce. Puis serrant le poing, il l'abattit une demi-douzaine de fois sur le visage et dans l'abdomen de son épouse, qui tomba en boule à ses pieds. « On règlera ça après la bataille, toi et moi. »

Bellatrix cracha une gerbe de sang, pliée en deux sur le sol. Elle vit les pieds de Rodolphus faire demi-tour pour aller se poster derrière la porte du bureau et recommencer à arroser copieusement leurs adversaires de sorts mortels. Elle relevait le menton en grimaçant, tout en se demandant pour la énième fois ce que pouvaient bien foutre Pansy et son Nott de malheur, quand un petit mouvement en provenance d'un bureau voisin attira son attention. Elle cligna des yeux, incrédule, et vit un flic moldu accroupi sous le bureau porter lentement son index gauche à ses lèvres pour lui intimer le silence. Bellatrix jeta un bref regard en direction de Rodolphus, mais celui-ci était bien trop occupé à se battre pour la remarquer. Elle reporta son attention sur le policier qui posa doucement son arme sur le sol et d'un coup sec du poignet, la fit glisser sur le linoléum, à quelques centimètres des doigts de la brune. Effarée, elle regarda l'arme sous ses yeux, ne sachant pas quoi en faire, avant de réaliser : si Rodolphus te voit avec ça, c'en est fini de toi…

Elle saisit la crosse et dissimula l'objet contre sa cuisse, avant de regarder de nouveau le policier d'un air paniqué. Pourquoi ne tirait-il pas, lui ? Pourquoi prenait-il le risque de lui donner son arme ? Bellatrix remarqua alors le bras droit du flic et surtout les grandes lacérations qui avaient déchiré sa chemise et la chair en-dessous, rendant son membre inutilisable. Un Diffindo, sans aucun doute. Il avait dû voir Rodolphus la frapper également, et il s'était dit qu'elle n'aurait aucun scrupule à se venger de lui. A côté d'un lambeau d'uniforme, pendait mollement la plaque nominative de l'agent, sur laquelle on lisait encore nettement : Sgt Stuart Wilcox.

Eh bien, merci Stuart.

Bellatrix jeta un dernier regard à Wilcox. Les yeux suppliants de celui-ci la laissèrent penser qu'il ne devait pas être tout à fait sûr de son coup en lui abandonnant son arme. Il avait fait un pari risqué. Mais il était tombé sur la bonne personne. Bellatrix n'avait plus rien à perdre. Plus de baguette, plus de dignité, plus d'avenir… Elle se leva lentement et Wilcox lui fit un petit signe du doigt, pliant et relâchant son index en serrant le poing. Mais c'était inutile. Bellatrix avait déjà vu des moldus à l'œuvre avec ce genre d'engins. Et leur maniement était somme toute extrêmement instinctif.

Un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres. Elle réalisait qu'elle approchait enfin de son but personnel et cela la faisait se sentir tellement sereine qu'elle se demanda pourquoi elle n'avait pas eu le courage de le faire plus tôt. Levant son bras, elle approcha le canon de l'arme de l'arrière du crâne de Rodolphus et le tapota doucement avec. Elle voulait qu'il se retourne. Elle voulait qu'il voie la mort arriver. Et qu'il sache que la mort venait d'elle. Quelle belle revanche. Tué par sa propre épouse avec une arme moldue.

Rodolphus tourna la tête, un instant stupéfait de la voir si près, puis furieux de constater qu'elle le tenait en joue. Une expression de profond mépris s'installa sur ses traits et il plissa les yeux. « Tu n'oseras jamais, salop-

La déflagration fut si forte que Bellatrix crut que ses tympans s'étaient définitivement déchirés. Le recul de l'arme la surprit mais sa cible était tellement proche qu'elle n'aurait jamais pu la rater. Une déferlante de bouillie d'os, de chair, de sang et de matière grise l'aspergea toute entière, mais à aucun moment elle ne perdit le sourire. Même lorsqu'une goutte épaisse et rouge glissa entre ses lèvres et jusque sur sa langue. Le goût du sang n'avait jamais été aussi exquis.

~o~

Elias courait à perdre haleine dans la forêt, le visage et le corps fouetté de toutes parts par les branches, les ronces, trébuchant sur des racines, sursautant lorsque d'autres cris que ceux de Lucius brisaient le silence. Il avait pris en direction de la sortie, du moins ce qu'il pensait être la direction de la sortie, et il pria le Ciel de ne pas s'être trompé. Comment être sûr ? Rien ne ressemblait plus à un arbre qu'un autre arbre et il n'avait pas passé suffisamment de temps à vagabonder dans le coin pour s'y retrouver. Mais l'obscurité semblait progressivement moins épaisse, la brume plus dissipée, l'humidité moins élevée. Après ce qui lui sembla être une éternité, il discerna une pelouse impeccable au-delà de la dernière ligne d'arbres au loin. Il bifurqua derrière une haie de mûriers, afin de devenir moins visible de son poursuivant puis reprit sa course effrénée. La haie ne lui fit gagner que quelques secondes. Lucius s'était interrompu à peine le temps de balayer les environs du regard qu'il avait déjà de nouveau repéré l'enfant. Elias sentit quelques sortilèges siffler près de ses oreilles et poussa un petit cri de panique. Il avait perdu sa propre baguette dans sa chute de la falaise et il lui était impossible de parer ou de riposter. Sa seule solution était de continuer à fuir. Aussi vite que possible.

Ses mollets lui faisaient un mal de chien. Jamais il n'aurait cru pouvoir courir aussi rapidement et aussi longtemps de toute sa vie, mais il fallait croire qu'un Mangemort lancé à vos trousses pour vous tuer était un stimulant sacrément efficace.

Il atteignit l'orée de la Forêt Interdite avec un soulagement indescriptible, mais celui-ci ne fut que de courte durée. D'une part parce qu'il réalisait soudain qu'il était à peu près aussi visible et exposé qu'un veau au milieu d'une arène et d'autre part parce qu'une jeune femme se trouvait à quelques mètres de lui… et qu'elle pointait un pistolet moldu dans sa direction.

Elias se figea, pris de panique. Gentille ou méchante ? Comment savoir dans quel camp était cette femme ? Derrière lui, il entendit Lucius pousser un grognement et obtint sa réponse lorsque l'inconnue lui lança :

« Bouge pas, Lucius. Laisse le gosse tranquille. »

Elias s'écarta de la ligne de mire et courut jusqu'à la jeune femme, se plaçant prudemment derrière elle.

« Tu crois que tu as une quelconque chance de t'en tirer avec cette chose ? », ricana le blond en désignant l'arme de sa baguette.

« J'ai toujours été une grande optimiste. »

Lucius esquissa un sourire et hocha la tête. « Tu te rappelles ce que je t'ai dit la dernière fois qu'on s'est vus ? »

Ça oui, Aria s'en rappelait. Comment aurait-elle pu oublier ? Elle venait de sortir de l'hôpital par la porte de service, attendant que Ben ramène la voiture. Et elle l'avait vu l'observer de loin. Son regard glacial, son Patronus et sa voix sifflante… La prochaine fois que nous nous verrons, tu mourras.

« Je m'en souviens », confirma-t-elle d'une voix plus faible en raffermissant sa prise sur la crosse. « Ce que je ne sais pas, c'est pourquoi ? »

Contre l'arrière de sa jambe, elle sentit le petit fuyard frémir. Lui aussi devait sentir la tension s'installer entre elle et l'homme blond.

« Tu es une vilaine tache… », gronda Lucius avec un grimace de dédain. « Une bouloche sur la tapisserie de ma vie, un défaut de fabrication. J'ai cru me donner l'illusion de pouvoir tourner la page sur mon passé de Mangemort et je suis tombé très bas. Au point de toucher une moldue… »

Les paroles de Lucius résonnaient durement aux oreilles d'Aria. Entendre de telles horreurs de la part de sa première véritable « relation », aussi toxique fût-elle, ça faisait un mal de chien. Certes, leur histoire avait été en partie une erreur, mais de là à le formuler de manière aussi acerbe…

« Le fait est que ma vie, c'est ça », ajouta Lucius en écartant les bras. Au loin dans la forêt, on entendit s'élever un concert de sortilèges et de hurlements furieux. « Il n'y a que dans la haine et le chaos que je m'épanouis. Par Salazar, ça doit faire dix ans que je n'ai pas été aussi bien ! »

La lèvre inférieure d'Aria trembla, tandis que son cœur se serrait. Jamais elle n'aurait pensé que cela lui ferait aussi mal d'entendre ces mots. Si ce qu'il disait était vrai, alors il était définitivement perdu.

« Maintenant, sois gentille. Envoie-moi le gamin et j'épargnerai peut-être ta vie. »

L'avocate ne put s'empêcher de remarquer l'accent qu'il avait mis sur le « peut-être ». Va te faire foutre, Lucius.

« Pas question », répondit-elle en reculant d'un pas, le gamin toujours accroché à ses basques. Lucius avança d'un pas lui aussi. « Reste où tu es ! »

« Ou sinon quoi ? Tu vas me tirer dessus avec… ça ? » Le Mangemort éclata d'un rire sardonique. « Tu es vraiment moldue jusqu'à la moelle… Pathétique. »

Tu vas voir si je suis pathétique….

Aria appuya sur la détente, visant un point juste à la droite de Lucius. Celui-ci lança un Protego avec le sourire… rictus qu'il perdit aussitôt lorsque la balle traversa le champ de force et vint lui égratigner le bras gauche. Il poussa un cri, plus de surprise que de douleur, et lui décocha un regard incrédule.

On rigole moins, là ?

« Dernier avertissement ! », aboya-t-elle en visant cette fois sa poitrine. Elle espérait cependant qu'il tournerait le dos et prendrait ses jambes à son coup. Tirer sur Flint ou un autre Mangemort attentant à sa vie, c'était une chose. Tirer sur Lucius, malgré toutes les atrocités qu'il venait de proférer sous son nez, en était une autre. Le sorcier leva sa baguette, une expression furieuse sur ses traits.

« Avada-

« Petrificus Totalus ! » Un éclair de lumière jaillit des buissons et frappa Malfoy en plein dans les épaules. Le Mangemort se raidit aussitôt, tombant comme une masse sur la pelouse, sous les regards sidérés d'Elias et d'Aria, qui avait déjà commencé à presser la détente. Soulagée, elle relâcha son doigt et laissa retomber son bras, chancelante. Ils étaient passés à quelques secondes du drame.

Les feuillages remuèrent et la tête, puis le corps, de Ted Lupin en sortirent. Le visage du garçonnet était rayonnant et les deux enfants coururent l'un vers l'autre.

« Tu as vu ça, Elias ? Il ne m'a même pas entendu arriver ! Je l'ai joué en mode ninja et il n'a rien vu venir ! », s'écria Ted d'une voix surexcitée.

« Bien joué ! », répondit Elias, les jambes encore tremblantes après sa course au milieu des bois.

« Tiens, ta baguette ! » Ted la lui lança et Elias l'attrapa au vol, ravi mais honteux d'avoir perdu son seul atout dans ce monde de brutes. « Tu l'as laissée tomber dans ta chute. »

« Merci. »

Aria rejoignit les deux enfants après s'être assurée que Lucius était hors d'état de nuire. Tout son corps s'était figé, comme pris dans la glace, à l'exception de ses yeux qui lui jetaient des regards furieux.

« Ton père te cherche partout… Tu n'étais pas sensé rester chez Hermione ? », demanda Aria.

Le petit garçon leva le nez vers cette inconnue manifestement bien renseignée sur son compte et écarquilla les yeux.

« Il est ici ? »

« Oh-oh », fit Ted en le poussant du coude.

Elias dévisagea son ami et vit qu'il fixait l'orée de la forêt avec une grimace. Le brun tourna la tête et un frisson de terreur lui parcourut l'échine. Théodore s'avançait à grands pas, manifestement furieux.

« Je suis content de t'avoir connu, vieux… », marmonna Ted en reculant d'un pas. Elias blêmit : jamais il n'avait vu son père dans une telle colère. Du moins pas dirigée contre lui.

« Non mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?! », aboya Théo alors que son fils rentrait sa tête dans ses épaules. « Tu désobéis à ta mère ? Tu fais le mur et tu manques de te faire tuer bêtement ? » Les hurlements de Théodore résonnaient dans tout Poudlard et son fils pinça les lèvres. « Je pensais t'avoir élevé mieux que ça ! »

« Tu veux qu'on parle de comment tu étais à son âge ? », demanda Aria, sarcastique. Il leva un regard furieux vers elle et l'avocate leva les mains en signe d'apaisement. « Doucement. J'ai sauvé la vie de ton fils, tu devrais me remercier. »

« Techniquement, c'est moi qui lui ai sauvé la vie… », ajouta Ted d'une toute petite voix.

« Il a raison. Rendons à César ce qui appartient à César », corrigea Aria en hochant la tête.

« Je m'appelle pas César… »

« Et si vous n'aviez pas été là, tous les deux, pour lui sauver la mise, hein ? », reprit le brun, furibond.

Aria ouvrit la bouche pour rétorquer mais la petite voix peinée d'Elias s'éleva entre eux. « Papa, tu es blessé ? »

Théodore referma la bouche et réfléchit un instant. Bien sûr que non, il n'était pas blessé… De quoi parlait-il ? Il vit alors le regard de son fils posé sur son oreille, son cou et son menton tachés de sang coagulé. Aria aussi avait noté et elle fronça les sourcils lorsqu'il répondit simplement : « Ce n'est rien, ne change pas de sujet. Aria, est-ce que tu peux les ramener tous les deux à Pré-au-Lard ? Je dois aller chercher Hermione. Ils t'indiqueront la maison. »

« NON ! », hurlèrent à l'unisson les deux enfants.

Théodore les dévisagea tour à tour, à la fois furieux et choqué qu'ils aient osé lui tenir tête de la sorte.

« Nos amis sont là-bas, on ne peut pas les laisser, on n'est pas des lâches ! », aboya Ted en tendant sa baguette du côté des arbres sombres.

Voyant Théodore s'énerver de nouveau, Aria se baissa prestement pour se mettre à la hauteur des deux garçons et posa une main sur une épaule de chaque. « Il y a suffisamment d'adultes pour leur porter secours. Personne ne pensera que vous êtes des lâches. Vous avez déjà été très braves. »

« Ou très stupides, tout dépend du point de vue », grommela Théodore en regardant ailleurs, avec un certain agacement. La bouche d'Elias se tordit en une expression blessée et il baissa le nez.

« Oh, lâche-leur les baskets un peu ! », le réprimanda l'avocate.

Elle s'apprêtait à se relever lorsque Ted sembla voir quelque chose au loin et sourit. « Hermione ! »

Comme un seul homme, les trois autres se retournèrent pour voir effectivement sortir de la forêt Hermione, Blaise, le professeur McGonagall, une quinzaine d'enfants et … Remus. Le sourire de Ted s'affaissa quelque peu en pensant à l'engueulade qui ne manquerait pas de suivre, mais contre toute attente, lorsque son père le vit, il s'élança vers lui et le prit dans ses bras pour le serrer à l'étouffer. Théodore observa la scène et se sentit légèrement mal à l'aise. C'est ce que j'aurais dû faire… Son regard croisa alors celui d'Aria qui désigna Elias d'un petit coup de menton. Le PDG prit une grande inspiration et posa maladroitement une main sur les cheveux bruns de son fils.

« Allez, ce n'est pas grave… », marmonna-t-il, tandis que l'enfant se fendait enfin d'un sourire éclatant et serrait son père par la taille.

Hermione approcha à son tour, à la fois soulagée et en colère. « Heureusement que je vous avais ordonné de rester à la maison ! », maugréa-t-elle en prenant néanmoins Elias dans ses bras. Elle l'avait fait avec tant de naturel que Théodore en ressentit un peu de jalousie. Il savait que ses réactions n'étaient pas celles de Monsieur Tout-Le-Monde et la plupart du temps, il s'en accommodait. Mais il lui arrivait aussi de se détester pour ça… Pourquoi les gestes les plus simples lui étaient-ils aussi peu naturels ?

« Je suis désolé », murmura Elias contre l'épaule d'Hermione, qui lui sourit néanmoins.

« Ce n'est rien… », souffla-t-elle en grimaçant. « Si j'avais raconté à mes parents le dixième de ce qu'il m'est arrivé au cours de mes trois premières années à Poudlard, jamais je n'y serais restée assez longtemps pour avoir mes B.U.S.E. »

« Vous avez retrouvé les enfants ? », demanda Aria en souriant à la vue de la petite troupe d'élèves en larmes, escortés par Blaise et McGonagall jusqu'au château. Hermione se renfrogna quelque peu et pinça les lèvres.

« Pas tous. D'après les témoignages de ceux-ci, il en manquerait encore cinq… Plus apparemment une élève de deuxième année qu'ils auraient emmenée aussi mais je ne sais pas de qui il s'agit », avoua-t-elle, inquiète. « Les autres sont toujours dans la forêt à leur recherche. On a réussi à maîtriser une grande partie de leurs kidnappeurs, mais les têtes pensantes du groupe restent introuvables. »

« Et David, vous l'avez vu ? », demanda Elias après avoir sondé le petit groupe qui s'éloignait.

Hermione déglutit, réalisant soudain qu'il ne pouvait pas être au courant. Théodore dut ressentir sa gêne car il fronça les sourcils et lui jeta un regard interrogateur. Lui non plus ne savait pas… Elle l'avait croisé après son passage à l'infirmerie et n'avait pas eu franchement l'occasion d'aborder ce sujet avec lui.

« Ecoute, Elias… », commença-t-elle. Mais elle n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase. A quelques mètres de là, Remus toujours accroupi auprès de son fils poussa un hurlement de douleur atroce. Il tomba sur le sol, le bras droit déchiqueté, du sang formant une flaque épaisse tout autour de lui avec une rapidité alarmante.

Alors que Théodore poussait Elias derrière lui par réflexe, Hermione fondit sur Rémus pour arrêter l'hémorragie d'un sortilège. Le bras était toujours lacéré et douloureux, mais cela suffirait pour l'instant. Avec un grognement, Remus se releva et brandit sa baguette devant lui de la main gauche. A l'orée de la forêt, bien alignés comme des petits soldats, Quentyn Travers, Gwladys Beurk et Samuel Parker les menaçaient de leurs baguettes. Et ils n'avaient pas l'air de bonne humeur.

Sans attendre, Théodore leva la baguette volée à Selwyn et se mit à arroser copieusement les adolescents de sortilèges divers. Les coups pleuvaient mais les trois jeunes les paraient aisément, même lorsqu'Hermione et Remus se joignirent à la fête. Eux aussi étaient manifestement entraînés, bien trop pour de simples ados de sixième et septième années. L'un d'eux prit même le temps de ranimer Lucius, pétrifié sur le sol, avant de renvoyer plusieurs Diffindo en direction du PDG et de leurs deux professeurs.

La baguette de Selwyn n'était pas idéale et les sorts que jetait Théodore n'étaient ni précis ni puissants. Cela le frustra très vite et il finit par jeter le bout de bois inutile au sol. Cela n'échappa pasà Hermione qui lui jeta un bref coup d'œil inquiet entre deux sortilèges. D'un mouvement sec du poignet, Théodore souleva Gwladys du sol et l'envoya violemment s'écraser contre un arbre. Le corps de la jeune fille dégringola le long des branches avant de heurter le sol pour ne plus bouger.

« Qu'est-ce que tu fais, arrête ! », hurla Hermione, terrifiée à l'idée de voir Théo perpétrer un nouveau massacre en présence d'Elias.

Pour toute réponse, le brun tendit la main gauche dans son dos et Hermione, Remus, Aria ainsi que les deux enfants se sentirent repoussés en arrière. Remus, affaibli par sa blessure, et Elias encore épuisé de sa course folle, tombèrent dans l'herbe avec un bruit mat. Hermione perdit elle aussi l'équilibre et dut poser l'un de ses genoux, puis une main, au sol.

Théodore leva la main droite, poing serré, tout en continuant de parer les autres sortilèges de la gauche, et ce fut au tour de Quentyn de léviter un instant à quelques mètres du sol avant d'être écrasé sans pitié sur un rocher. Une fois. Deux. Puis trois. Jusqu'à ce que l'on entende distinctement le crâne de l'adolescent se briser. Le corps inerte du blond glissa lentement sur la pierre avant de s'immobiliser dans un linceul de mousse fraîche humide. Ne restaient plus que Lucius et Parker, mais celui-ci s'avérait bien plus coriace que ses partenaires. Il réussit à jeter un Imperium à Ted et l'enfant se mit à son tour à faire pleuvoir les quelques rares sortilèges qu'il connaissait sur Théodore. Du moins jusqu'à ce que son père le ceinture et le saucissonne comme un jambon sur le sol. Mais parer cet enchaînement de sortilèges simultanés avait eu son petit effet sur Nott. Sous le regard horrifié d'Elias, son oreille droite se mit à saigner de nouveau, à l'instar de son nez, et il chancela plusieurs fois tout en continuant de contrer les attaques de Samuel et du Mangemort.

Derrière lui, Hermione s'approcha pour l'aider, mais une nouvelle main agitée dans le dos du brun la repoussa derechef. Idem lorsque Lucius chercha à jeter un sortilège de mort en direction d'Aria. Théodore poussa un grognement et dressa une épaisse barrière de protection, arrêtant l'éclair vert à quelques centimètres du cœur de l'avocate. Sidérée d'avoir failli être véritablement tuée par l'un de deux seuls hommes qu'elle avait le plus aimés de toute sa vie, celle-ci brandit son arme et tira deux coups rapprochés en direction de Lucius. Mais elle était trop éloignée de sa cible et pas assez entraînée pour faire mouche. Le blond ricana allègrement et Aria rabaissa son arme, dépitée. Inutile de gaspiller des balles. Elle ne pourrait l'avoir qu'à courte distance. Elle détestait devoir se l'admettre, mais ils devaient attendre que Théodore en ait fini avec eux.

Celui-ci poursuivait sa frénésie de magie, abattant littéralement ses foudres sur ses deux derniers adversaires. Un éclair foudroya Lucius sur place et le Mangemort perdit l'équilibre avant d'être envoyé au tapis d'un sortilège venu de nulle part. Ou plutôt si : plissant les yeux, Hermione eut tout juste le temps de voir Pansy ranger sa baguette et s'enfoncer à nouveau dans les ténèbres de la nuit pour disparaître. Sûrement pour de bon.

Soudain, un Bombarda Maxima lancé par Samuel fit exploser les rochers sur leur gauche, et ils furent tous fauchés par le souffle de l'explosion, puis contraints de se rouler en boule afin de se protéger de la pluie de gravats qui leur tombait dessus. Parker éclata d'un rire froid et leva une dernière fois sa baguette pour achever le PDG désarmé et épuisé, lorsqu'un « Salut » guilleret se fit entendre sur sa droite. Samuel tourna la tête.

Un grand rouquin déguingandé lui souriait en agitant une main. Parker fronça les sourcils, surpris, et allait dévier sa baguette sur lui pour attaquer, lorsqu'un « Coucou » cette fois sur sa gauche le fit se retourner. Incroyable. Le même rouquin se trouvait maintenant de l'autre côté.

Comment fait-il pour être aussi rapide ?, fut tout ce que Samuel eut le temps de penser avant que le premier n'abatte l'énorme branche qu'il faisait léviter sur son crâne, lui faisant perdre connaissance.

« Joli coup, Fred », salua George.

« Les trucs de jumeaux, ça marche à chaque fois. Je n'y serais jamais arrivé sans ton aide, mon très cher George… », rétorqua son frère, haussant les épaules avec modestie. Tous deux partirent d'un grand éclat de rire et se tapèrent mutuellement dans la main.

A l'écart de la Forêt, Elias se précipita vers la silhouette de son père roulé en boule dans la terre et les cailloux. « Hermione ! Il ne bouge plus ! », s'écria l'enfant à la jeune femme qui se relevait péniblement, le dos et les cheveux pleins de poussières. De ses petits bras, Elias retourna péniblement le corps de son père pour dégager son visage des gravats et Hermione rampa à quatre pattes jusqu'à eux, posant deux doigts sur son cou à la recherche d'un pouls. Faible, mais encore là.

« Il faut qu'on l'emmène à Sainte-Mangouste », haleta-t-elle en cherchant de l'aide autour d'elle. Malheureusement, la blessure de Remus s'était rouverte et semblait insensible aux quelques sortilèges qu'il lançait dessus et les jumeaux s'étaient renfoncés dans la Forêt, sûrement pour aider les autres à retrouver les derniers élèves manquants. Elle sortit sa baguette. Tant pis, je dois me débrouiller toute seule.

Elle s'apprêtait à lancer un sort de lévitation lorsqu'un bruit affreux sortit d'entre les lèvres du brun et un flot de sang s'en échappa, dégoulinant sur son torse. A bien y penser, ce n'était pas le seul endroit par lequel la vie s'écoulait hors du jeune homme. Ses oreilles, son nez, l'un de ses yeux saignaient et sa chemise se teintait progressivement de rouge. Paniquée, Hermione arracha les boutons, à la recherche d'une blessure mais ce qu'elle vit la fit trembler de tous ses membres. Théodore n'était ouvert nulle part. Le sang s'écoulait de chacun des pores de sa peau, telle une sueur rougeâtre et il évoqua un instant à Hermione un drogué en état de manque dont le corps évacue comme il peut le trop-plein de produits chimiques ingérés. La magie de Théo était dans son sang et son organisme tout entier luttait pour s'en débarrasser. Merlin…

« Hermione ! Hermione, fais quelque chose ! », supplia Elias, en larmes, agenouillé près du corps ensanglanté de son paternel.

L'enseignante cligna des yeux, sortant de sa stupeur et hocha la tête. Elle se remettait debout lorsqu'une main du jeune homme la retint. « Arrête… »

Elle baissa les yeux sur lui, ses yeux d'où coulaient de minces filets de sang et secoua la tête. « Il faut qu'on sorte de Poudlard. Dès que je pourrai transplaner, on ira à Sainte-Mangouste et je trouverai une solution, j'ai des livres, des livres très noirs qui-

« Inutile… », souffla-t-il en dodelinant de la tête. « J'ai déjà cherché. »

« Mais… » Hermione jeta un regard perdu autour d'elle, évitant les yeux terrifiés d'Elias qui ne devait certainement rien comprendre à ce qu'il se passait. « Pourquoi m'avoir demandé de faire des recherches à la bibliothèque, dans ce cas ? Je… Tu as perdu un temps précieux, c'est stupide ! », gémit-elle en ramassant sa baguette, déterminée à le déplacer avant qu'il ne soit trop tard.

« Je voulais simplement passer du temps ici… Avec vous… »

Hermione sentit sa lèvre trembler malgré elle. Elle n'aurait jamais dû être touchée à ce point, mais bien qu'elle l'ait haï de tout son être, jamais elle ne lui aurait souhaité de fin aussi atroce. Encore moins sous les yeux de son fils unique. Et dire que j'ai tout fait pour l'éloigner de Poudlard ces derniers jours...

« On peut quand même essayer… ! » Mais vu la vitesse à laquelle il se vidait de son sang, ils n'auraient certainement pas le temps d'arriver jusqu'à Sainte-Mangouste. Elle le savait, Théo le savait et même Elias qui la suppliait toujours d'agir commençait à le constater entre deux sanglots.

« Hermione ! », hurla soudain l'enfant.

L'interpelée posa de nouveau les yeux sur le brun et fronça les sourcils. Son regard s'était figé et son menton affaissé sur sa poitrine ne présageait rien de bon. « Papa ? », fit la voix aiguë d'Elias en secouant la chemise imbibée de son père. Les mains de l'enfant se couvrirent instantanément d'une fine pellicule écarlate. Hermione baissa la tête et passa une main sale et terreuse sur ses joues humides. Quelque chose lui serrait la poitrine et elle crut un instant qu'elle allait se sentir mal, mais mit cela sous le coup des émotions de ces dernières heures. « Elias… », souffla-t-elle en tendant une main vers lui pour qu'il vienne se blottir contre elle.

Mais l'enfant recula, les joues baignées de larmes et un regard accusateur dans ses yeux bicolores. « Pourquoi tu ne fais rien ?! Qu'est-ce que tu attends ? Pourquoi tu ne fais rien ? »

« Elias… », répéta Hermione d'une voix faible. La douleur dans sa poitrine s'intensifiait. La tristesse n'avait jamais fait aussi mal. De tous les gens qu'elle avait perdus, elle n'avait jamais autant souffert. Il y avait… autre chose.

Le corps inerte de Théodore eut soudain un sursaut et dans un geste désespéré, le brun plaqua sa main sur l'abdomen d'Hermione. La jeune femme ressentit une décharge électrique parcourir tout son corps, depuis son nombril jusqu'à la pointe de ses cheveux. Elle poussa un cri de surprise et bascula sur le sol, la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau, cherchant désespérément de l'air. Pas le temps de demander à Nott ce qu'il venait de lui faire. La main était retombée et les yeux de jais s'étaient refermés. A jamais.

Hermione eut un hoquet et une vive douleur la saisit à la poitrine.

« Maman ! », entendit-elle à sa gauche. Elias passa par-dessus son père et vint s'agenouiller auprès d'elle.

Impossible de comprendre ce qu'il se passait. Le pincement qu'Hermione avait commencé à ressentir quelques minutes plus tôt dans son corps était devenu une véritable brûlure, s'intensifiant depuis que Théodore avait touché son ventre. Elle poussa un cri étranglé et se renversa sur le dos, les doigts crispés sur son sein gauche, la respiration courte et sifflante. Remus approcha en se tenant le bras, lui aussi très mal en point. « Hermione, reste avec nous », gronda le loup-garou en écartant ses mèches folles de sa bouche pour dégager ses voies respiratoires. « Tu nous fais quoi, là, bon sang, Hermione ! Eh OH ! »

Le paysage devenait flou. Même les visages paniqués d'Elias, Ted et Remus au-dessus d'elle semblaient plongés dans un épais brouillard. Leurs voix lui parvenaient, lointaines, comme si on lui avait bouché les oreilles avec du coton. Et ce sifflement dans ses oreilles. Il lui rappelait vaguement celui de la locomotive de Poudlard quittant le quai 9 ¾. En plus aigu, peut-être.

Je suis en train de mourir…

Non. Elle refusait d'envisager cette possibilité. Elle était trop jeune, trop amoureuse, trop fiancée, trop promise à un avenir heureux. Trop tout. Elle ne devait pas mourir, elle ne pouvait pas mourir. Ce serait… trop injuste. Nouvelle décharge dans son cœur. Sa colonne vertébrale se cambra malgré elle sous la douleur et elle serra les dents en gémissant.

Je le sens.

Elle vit vaguement Remus tourner la tête en direction de la Forêt. « Draco ! Dépêche-toi, vite ! Je ne sais pas ce qu'elle a ! »

Nouveau hoquet. Pour une raison qu'elle ne s'expliqua pas, Hermione eut le sentiment que cela pouvait être le dernier. Elle tourna la tête vers Elias, qui pleurait de plus belle, agenouillé entre les corps de ses deux parents.

« Dites-leur… à l'hôpital… je suis enceinte… dites-leur… je suis enceinte… »

« On leur dira, on leur dira… », répondit Remus d'une voix qui se voulait apaisante, tout en caressant ses cheveux.

Hermione hocha vivement la tête, terrifiée. La douleur ne la lâchait plus et elle ressentit le besoin de s'y abandonner. Ses talons raclèrent le sol, tandis que son corps se tendait à nouveau. Puis, fermant les yeux, elle sombra dans le néant.

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Bon alors là, je ne sais pas si vous m'imaginer, mais je pleure toutes les larmes de mon corps moi aussi (en même temps je l'avais prévu, je savais que je finirais comme ça…) et je ne sais pas dans quel état vous êtes, mes chèr(e)s, mais j'espère que ce chapitre a été aussi intense pour vous que pour moi.

Je vous rappelle que j'ai toujours dit qu'Hermione aurait droit à son happy end, donc par pitié, attendez d'avoir lu le prochain et dernier chapitre avant de m'envoyer des colis piégés, des lettres à l'Anthrax ou du caca de cachalot (comme cela m'a été suggéré ahah). En attendant, j'ai hâte d'avoir vos impressions sur ce chapitre exceptionnellement long et intense, car je pense que vous allez avoir un sacré nombre de trucs à dire ! ahah

Bon, maintenant, je vais sécher mes larmes et vous souhaiter une agréable semaine jusqu'à la publication de la fin officielle de cette saga et de ces deux années de travail (presque) ininterrompues.

Love,

Xérès.