P'tit mot : Alors, voici la suite de Enfers Addictions, Vivant. Dans ce chapitre, je passe à ce que j'ai appelé la "Partie 2 : Addictions". Mais c'est simplement la suite, le chapitre 3. J'ai vu avec une immense joie que vous étiez plusieurs à avoir mis ma ff en favoris, et j'ai aussi vu que vous la suiviez. Alors pour ça, je vous dis un grand merci. Dès que je reçois un mail de ffnet, que ce soit pour me dire qu'il y a un nouveau "follower" ou une nouvelle "review", j'ai un sourire sur le visage qui ne part plus de la journée :D Merci !

Anthales : Merci pour ton commentaire :D Si ça peut te rassurer, la ff est terminée ;) Mais je ne poste pas tout en même temps, sinon, ce n'est pas rigolo, y'aurait plus de suspens xD En tous les cas, merci pour tes compliments, ça me touche beaucoup. J'espère sincèrement que ce chapitre te plaira encore plus ! Et que le suivant te plaira encore plus et que le suivant... Et ainsi de suite :p Encore merci, ça me touche toujours ce genre de review :D

Kateryne1 : Merci pour ce nouveau commentaire ! Je suis touchée :D Et je ne sais même pas quoi dire de plus :')
En ce qui concerne ton bémol, je le comprends. Mais c'était un peu fait exprès ;) Je devais annoncer qu'il allait craquer (en vrai, ça s'appelle une prolepse je crois, mais comme je suis pas une spécialiste, j'arrête là xD). Mais je comprends que ça t'ai dérangé, que ça enlève un peu le suspens. J'avoue que j'aurai du mal à imaginer sans, mais c'est vrai que dans le fond ça pourrait passer ^^
En tous cas, encore merci pour ta fidélité et pour tes commentaires qui me font bien plaisir :D J'espère que ce chapitre te plaira aussi :D

Pain d'Epices : *calllliiiin* (ouais, y'a pas de smiley ici XD). Merci pour tous tes magnifiques commentaires, je t'ai déjà dit à quel point ça me touche, mais je te le redis 3 Merci :D

Bonne lecture !


Partie 2 : Addictions

PDV Spencer Reid

Sentir l'aiguille dans mon bras. Sentir le liquide entrer dans mes veines. Sentir ce poison s'étendre lentement dans mon corps. Et finalement, ne plus rien sentir. Se laisser aller à cette douce torpeur. Plus rien ressentir, plus rien penser, plus rien espérer. Juste laisser aller son corps et son esprit dans ces sombres et profondes abysses.

Je n'ai plus mon arme. Je l'ai oubliée. Comment ai-je pu être aussi stupide et perdre ainsi pieds devant Morgan ? Je n'avais jusque là jamais été aussi déstabilisé. J'ai toujours fait mon travail sans perdre la tête. Et il a fallu une simple cartouche pour que tout dérape.

Je ne sais plus qui je suis. Suis-je cet être intelligent, que tout le monde qualifie de « génie », qui utilise son quotient intellectuel élevé pour sauver des vies et arrêter les plus cruels des meurtriers ? Ou suis-je cet être ignoble qui a vendu un couple pour se sauver lui-même ? Cet être qui ne parvient plus à ressentir quoi que ce soit, et qui cherche à ressentir de nouveau ce qu'il a ressenti pendant l'épreuve la plus difficile de sa vie ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que je suis un monstre. Un esprit malsain qui se perd petit à petit dans des jeux morbides et violents. Mais j'en ai besoin. Lorsque Tobias Hankel a porté l'arme sur ma temps la première fois, je ne me souviens que de la peur qui m'a envahit. Je n'arrivai plus à trouver un sens à tout ça, un sens à ce qu'il me disait. Je n'étais que peur. Et puis je suis rentré dans son jeu et ai vendu ce jeune couple qu'il est parti tuer. Alors oui, je n'ai pas appuyé sur la gâchette, mais c'est moi qui les ai choisies et personne d'autre. Après ça, l'arme tournée vers moi ne me semblait qu'être justice. Mais la balle n'est jamais sortie et justice n'a pas été faite. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais j'ai besoin de comprendre ce qu'il s'est passé. J'ai besoin de ressentir de nouveau l'arme contre ma tempe, et la sensation de perte de contrôle. J'ai besoin de me sentir partir loin d'ici. Il faut que je comprenne ce que j'ai ressenti lorsque j'étais sur le point de mourir d'une balle dans la tête.

Cela peut paraître totalement insensé et ça l'est. Mais le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est insensé. J'en viens à me demander si cela vaut le coup de se battre pour lui. De continuer à faire ce que nous faisons, sachant qu'il y aura toujours un autre malade pour prendre la suite de ses congénères. A quoi est-ce que cela peut-il bien rimer ?

Je n'ai pas mon arme. Je l'ai bêtement oublié. Et pourtant, je suis en manque. J'ai besoin de sentir le canon contre ma tête. J'ai besoin de sentir mon doigt presser doucement la détente. J'ai besoin de sentir cette fraction de secondes où je ne sais pas si je serais toujours là après ou non. Cette fraction de seconde où ce mélange vie et mort. Mais je ne peux pas. Alors il me reste le Dilaudid.

Cette drogue qui entre en moi et qui me paralyse quelques instants avant de me faire tomber dans une sorte de coma éveillé. J'entends, je sens ce qu'il se passe autour de moi et pourtant je ne suis pas vraiment là. Je suis dans mes pensées, mes souvenirs. Si je n'en prends pas beaucoup, je suis juste assez shooté pour ne pas que mon esprit ne s'égare, mais pour qu'il reste concentré sur une seule et unique chose. Il m'arrive d'en prendre un peu lors d'enquêtes où la pression et l'horreur sont trop présents. Ainsi, je me détache un peu de la réalité et réussi à me concentrer sur l'assassin à trouver. Et cela marche. Et puis vient la descente, le moment où l'hydromorphone ne fait plus effet. Où il me faudrait une autre dose. Le manque. Et les effets secondaires.

Les insomnies sont fréquentes, ainsi que les nausées et les vertiges. Mais lorsque j'en reprends, tout se calme. Je le sais, je suis accro physiologiquement et psychologiquement. Pas besoin d'être un génie pour le savoir. Une dose m'a suffit à devenir un camé. Mais comment résister à l'appel de ce bien être que l'on ressent une fois la dose injectée ? A ce moment là, j'oublie tout ce qu'il s'est passé. Je ne suis rien de plus qu'un automate qui fait ce qu'il a à faire, ce qu'on lui demande de faire. Et c'est bien mieux ainsi. Plus rien n'a d'importance. Je ne suis plus rien. Qu'une ombre, un corps sans vie, dépourvu d'âme.

Comment en suis-je arrivé là ? Un jour, Morgan a dit : « Une fois qu'on se laisse aller à la noirceur, elle fait partie de vous ». Je ne pensais pas que cette phrase pourrait prendre tout son sens avec moi. Je sens que je deviens fou. Une folie autodestructrice, qui finira inéluctablement par m'emporter loin de ce monde.

Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne suis pas suicidaire. Je ne veux pas mourir, je souhaite simplement que tout cela cesse. Retrouver mon équilibre d'avant, même si celui-ci a toujours été fragile. Je souhaite pouvoir de nouveau rire avec mes amis, je souhaite pouvoir croire qu'il existe quelque chose de bien quelque part. Je souhaite pouvoir encore croire qu'un jour le bonheur frappera à ma porte. Seulement, je suis perdu. J'ai besoin de comprendre, je ne peux pas rester dans cet état. J'ai besoin de comprendre, de savoir, de ressentir tout ce qu'il s'est passé.

J'ai besoin de mon arme. J'ai du mal a respirer. J'ai chaud, je suis en sueur alors qu'il ne doit pas faire plus de quinze degré dehors et que dans la précipitation, je n'ai même pas pas pensé à prendre ma veste. Je marche seul, sans but. Les gens me regardent et ne se doute pas de la folie qui m'envahit. Ils ne savent pas à quel point je suis malade. J'ai besoin d'une dose pour calmer cette tempête. Mes pas me dirigent chez moi sans que je ne m'en rende compte. J'ouvre la porte, et me dirige directement dans la chambre. J'ouvre le tiroir de la table de chevet et trouve ce que je suis venu chercher. Un simple petit flacon. Le même que celui que j'ai pris dans la poche de Tobias après l'avoir abattu dans le cimetière.J'ai réussi à en trouver d'autres, que j'ai caché dans l'appartement et à mon bureau au FBI. Je dois en prendre plus à chaque prise, car l'effet dure de moins en moins longtemps. Je prends ensuite la seringue. Il est facile de s'en procurer, et malgré ce que l'on pourrait penser, je fais attention de ne jamais utiliser deux fois la mêmes. Je me dirige dans le salon et m'assieds sur le canapé. Je plante l'aiguille dans le flacon, le retourne et aspire le liquide transparent. La seringue se remplit doucement. Encore un peu. Et je m'arrête.

Je défais le bouton de manchette, et remonte le tissus jusqu'à laisser apparaître les autres blessures dues aux précédentes prises. Doucement, je plante l'aiguille dans la veine. Je n'ai même plus mal quand je la sens transpercer ma peau. J'expire lentement et appuie enfin sur le piston. Je vois le poison sortir de la seringue et entrer dans mon corps. Je le sens se répandre en moi et agir sans plus attendre. Je me sens partir loin, très loin d'ici. J'en ai pris plus que d'habitude, je le sais. D'ici quelques secondes à peine, je serai dans un état comateux, incapable de bouger, incapable de penser. Alors, avant que cela n'arrive, je retire l'aiguille et la laisse tomber par terre. Je ferme les yeux, et me laisse glisser le long de ce sombre chaos qu'est devenue ma vie...


Voilà pour ce chapitre ! J'espère que vous êtes toujours avec moi ^^'

A bientôt pour la suite ! :D