P'tite pensée du jour : Alors, alors. Voici la suite. Je tiens une nouvelle fois à dire merci à ceux qui ajoute cette ff à leurs favoris et qui me suivent. Ça me touche toujours autant quand je reçois un mail de ffnet me disant ça. Merci beaucoup à tous ! J'espère que la suite plaira toujours :)

Il y a dans ce chapitre une partie que j'aime particulièrement, et que j'ai vraiment aimé écrire. J'espère qu'elle vous plaira :)

Kateryne1 : Alors déjà, merci d'être encore présente ! Ça me touche beaucoup ^^ Et merci pour ton commentaire.
Pour répondre à tes questions : Spencer est chez lui x) Y'a cette phrase dans le chapitre : "Mes pas me dirigent chez moi sans que ne m'en rende compte. J'ouvre la porte, et me dirige directement dans la chambre" :p Mais j'ai vu que tu l'avais vu, du coup, je crois que j'ai pas compris ta question :x Désolée... Mais j'espère que la suite répondra à tes questions. La trame que j'ai choisie est particulière en fait... ^^'
Et pour ton autre question, il y a en tout 7 chapitres (et pour être honnête, deux sont assez courts et auraient pu en faire qu'un xD) :) J'aime écrire des ff assez courtes en fait ^^ Mais je t'invite à lire l'autre que j'ai écrite Cent Jours et demi (non, non, je ne me fais pas de publicité xD) du coup :D J'essaie de poster toutes les semaines, mais j'ai peu de temps de libre donc parfois ça prend un peu plus de temps malheureusement... Mais je vais essayer d'être plus régulière x)
Et sinon, je te remercie vraiment pour tes commentaires qui me touchent vraiment beaucoup à chaque fois. C'est important pour moi de savoir ce que les gens pensent de ce que j'écris, et ça me donne envie de continuer. Ca me touche beaucoup, alors je te dis encore une fois un immense merci ! :D

Pain d'Epices : (hug) (hug) (hug) Faut les imaginer, mais tu les connais, donc c'est pas compliqué :p Merci pour tous tes beaux commentaires, ça me fait toujours autant plaisir, ça me touche toujours pareil, que ce soit à la première lecture ou à la deuxième ^^ Et j't'aime quand même, même si tu peux pas mettre des smiley ici XD

Bonne lecture à tous !


2

Cinquante-deux. Cela faisait exactement cinquante-deux jours que l'équipe de Hotchner avait retrouvé Reid dans ce cimetière. Pourtant, c'était seulement aujourd'hui qu'il craquait. Cela n'étonnait que peu Derek Morgan. Ce qui l'étonnait en revanche, c'était la façon dont cela c'était passé. Ils ne faisaient rien qu'ils n'avaient déjà fait ensemble, l'entraînement au tir étant une activité qu'ils avaient l'habitude de faire tous les deux. Derek avait été surpris et n'avait pas tout de suite réagi. Avant qu'il n'ait eu le temps reprendre ses esprits, Reid avait déjà disparu de son champs de vision. Il avait tenté de lui courir après, mais forcé de reconnaître que Spencer pouvait être rapide quand il le voulait, il lui avait échappé. Il se retrouva avec l'arme de son ami à se demander pourquoi exactement il avait craqué à ce moment là. Sans compter que son attitude l'inquiétait quelque peu. Il n'était plus le même depuis sa captivité, mais ça toute l'équipe l'avait remarqué. Après avoir passé quelques temps à l'hôpital et chez lui, il avait rapidement eu envie de revenir dans l'équipe. Mais tout le monde s'accordait à dire que c'était bien trop tôt et qu'il aurait du prendre plus de temps pour se remettre. Les violences qu'il avait subies n'étaient pas seulement physiques, mais aussi psychologiques. Derek avait du mal à imaginer ce que devait ressentir son ami. Le premier problème était la drogue que son tortionnaire lui avait injectée. Il n'avait jamais touché à cela, mais il avait côtoyé de nombreux toxicomanes que ce soit pour les besoins d'une enquête ou durant son enfance et adolescence. Il savait qu'il ne fallait parfois qu'une seule dose pour devenir accro. Il avait vu de nombreuses personnes en manques et en reconnaissait les symptômes dès qu'il les voyait. De fait, il savait parfaitement que Spencer avait du mal à s'en détacher. Une partie de lui, lui murmurait qu'il n'était pas accro, que son brillant esprit avait trouvé une parade pour s'en sortir. Mais d'un autre côté, il était beaucoup plus irritable, et manquait grandement de confiance en lui. Deux choix s'offraient à lui : soit il était en plein syndrome post-traumatique, soit il était effectivement devenu dépendant. Et ce second choix, une autre partie de son esprit le lui chuchotait. Il avait aussi remarqué les cernes se creusant de plus en plus sous les yeux de Reid, ainsi que son manque d'appétit. Il n'était déjà pas bien épais, mais ces derniers temps c'était pire que tout. Morgan avait déjà essayé d'aborder le sujet avec lui, mais dès que la conversation devenait trop personnelle, il se braquait et refusait de continuer, préférant sortir de la pièce. Il devenait un coffre impossible à ouvrir. Mais il n'y avait pas que ce problème. Tobias Hankel avait aussi jouer avec ses nerfs, et son était psychologique en avait pris un coup. Morgan avait des frissons chaque fois qu'il repensait à cette partie de roulette russe qu'il avait jouée, prenant Reid pour cible, sous leurs yeux. Il ne pouvait pas imaginer ce que son ami avait du ressentir à ce moment là. Il ne pouvait que se souvenir de la peur qui l'avait envahi, de l'angoisse à chaque fois qu'il voyait le doigt de Hankel se refermer sur la détente. Retenant sa respiration, une partie de lui voulait détourner le regard de l'écran tandis qu'une autre restait absorbée par ce jeu malsain qui se déroulait sous ses yeux. Les conséquences psychologiques ne pouvaient pas être moindres. Il savait que Spencer avait refuser l'aide d'un spécialiste, ce qui ne l'étonnait guère. Mais il savait que cela le travaillait profondément. A quel point, il l'ignorait. Il avait réussi une fois à lui faire dire ce qu'il ressentait. Il avait fini par avouer que maintenant il savait ce que ressentaient les victimes des tueurs en séries avant de mourir, et que cela le perturbait. Il cherchait comment continuer à vivre avec ça et Morgan lui avait simplement conseillé d'y « utiliser pour devenir un homme meilleur ». Mais au plus profond de lui, Derek ne savait pas comment il devait agir. Il admirait sa force mentale pour avoir tenu. Mais aujourd'hui, il avait craqué.

Derek récupéra son arme et les affaires de Reid, et se dirigea vers la sortie. Il devait absolument le retrouver avant qu'il ne fasse une bêtise. Dans le meilleur des cas, il allait simplement s'enfermer chez lui pendant plusieurs jours. Mais dans le pire des cas, Derek ne pouvait imaginer ce qu'il allait se passer dans sa tête. Si il était effectivement accro au dilaudid, il ne tarderait pas à se faire une injection, et vu l'état dans lequel il était, il doutait qu'il puisse se contenter de la plus petite dose. Morgan était inquiet, bien plus qu'il ne le laissait voir.

Après avoir tourné longuement dans le quartier en vint, il prit la route de l'appartement de Spencer, aussi rapidement que la circulation le lui permettait sans mettre en danger d'autres personnes. Il monta les marches quatre à quatre et frappa à la porte. Aucune réponse ne se fit entendre. Il tenta de téléphoner, sur le portable et sur la ligne fixe, mais ses appels restèrent eux aussi sans réponse. Une vague de panique le traversa et il retenta de frapper à la porte, plus fort. Il n'eut toujours pas de réponse et il hésita quelques secondes à enfoncer la porte d'entrée de son ami.

- Reid ?! T'es là ? C'est moi Derek. Si tu es là, ouvre cette porte ou j'entre quand même.

Hurla-t-il à travers la porte. Il tendit l'oreille et sursauta presque au moment où il entendit du bruit à l'intérieur. Un léger soulagement l'envahit. Il entendit quelque chose se briser, et un juron à peine audible venir de l'autre côté de la porte, avant d'entendre plus nettement la voix de Spencer.

- Va-t-en.

- Pas avant que tu n'aies ouvert cette porte.

- S'il-te-plait Morgan, va-t-en !

Sa voix était suppliante. Pas de colère, mais de la supplication et de la peur. Peur de quoi ? Là était la question.

- Je veux m'assurer que tu vas bien. Ouvre cette porte juste quelques secondes et je m'en irai.

Après quelques secondes qui parurent des heures, un cliquetis se fit entendre. Spencer ouvrit la porte tout en laissant la chaîne de sécurité. Derek Morgan ne savait pas quoi dire. Lorsqu'il vit son ami, plusieurs sentiments le traversèrent : le choc, la peur et l'incompréhension.

En rentrant chez lui, Spencer n'avait qu'une envie : prendre une dose assez élevée de dilaudid et se laisser aller, sans se soucier plus de rien. Mais son plan ne s'était pas déroulé comme il l'avait voulu. Il avait certes, pris une dose plus élevée, mais pas assez.

Il avait tout d'abord ressenti une douce chaleur en lui, comme si plus rien ne pouvait l'atteindre, comme s'il pouvait voler, et partir loin d'ici. Il connaissait cette sensation de bien être intense, et c'était pour elle qu'il ne pouvait plus se séparer de ce poison. Mais d'ordinaire, une fois cet instant passé, il planait pendant quelques temps, comme s'il était dans un rêve éveillé. Il pouvait se contrôler, mais tout semblait glisser sur lui sans jamais l'atteindre. Il était dans sa bulle et rien ni personne ne pouvait l'en sortir. Quand les effets de la drogues se dissipaient, il redescendait sur terre, mais le sentiment de sécurité durait encore quelques heures après la prise. Seulement cette fois, il avait pris trop de substance pour entrer dans sa bulle, mais pas assez pour y rester indéfiniment. L'instant de bonheur dura quelques secondes à peine, avant que les nausées ne le prennent subitement. Il avait voulu se lever, mais ses jambes ne répondaient plus. La frayeur l'envahit. Son esprit se brouilla et il n'arrivait plus à penser. Il sentait la douleur partout dans son corps, comme si on lui plantait des couteaux de part et d'autre. Il se sentit soudain partir dans ses souvenirs et se retrouva face à Hankel. Il se retrouva dans cette cabane en bois, dans ce cimetière où son cauchemar avait commencé.

- Choisis qui doit mourir.

La voix de son ravisseur raisonnait dans sa tête, et il était incapable de ne pas l'entendre. Il ferma les yeux, tentant désespérément de se contrôler de revenir à la surface. Mais il en était incapable. Il se sentait enfermer dans cette pièce. Il se revoyait le canon sur la tempe, devant faire le choix le plus difficile de sa vie. Il ne voulait pas choisir, il ne devait pas choisir, pas donner de noms. Mourir s'il le fallait. Mais ne pas faire tuer d'autres personnes pour se sauver lui-même. Pourtant, la peur le poussait à donner un nom.

- La volonté de Dieu.

Les mots se bousculaient dans son esprit, et lui martelaient la tête comme des coups de pioche. Premier tir de pistolet, pas de balle. La chance était avec lui. Deuxième tir. Toujours aucune balle. Pourquoi ? Il ne voulait pas mourir, mais statistiquement, il avait plus de chance d'y passer. Troisième tir. Toujours rien. Il survivait. Peut être que Dieu avait décidé qu'il ne devait pas mourir. Peut être la « volonté de Dieu » existait réellement.

Un flop de paroles indistinctes envahit soudainement l'esprit de Spencer. Des phrases de la Bible, des échanges entre Tobias et lui, Gideon tentant de lui faire garder sa raison. Tout se bousculait, provoquant un mal de tête comme jamais il n'en avait eu jusque là.

Il mit sa tête entre ses mains. La douleur était insupportable. L'envie de vomir le reprit, mais son corps refusait toujours de bouger. Il hurla alors aussi fort qu'il le pu, tentant de faire s'échapper dans ses hurlements toute cette souffrance, tous ses mots qui tournaient inlassablement en lui, toute cette noirceur qui l'envahissait depuis plusieurs semaines. Finalement, peut être bien que Tobias lui avait transmit quelque chose d'obscure quand il l'avait réanimé, lui « insufflant son haleine de tueur ». Peut être que s'il était devenu ainsi, c'était à cause de cela : une sorte d'entité qui le contrôlait, qui expliquerait pourquoi il devenait fou, qu'il perdait la tête.

Il continuait de hurler, se tenant la tête, s'arrachant presque les cheveux. La douleur était insupportable.

- Choisis !

D'un coup, comme si ce mot hurlé dans sa tête l'avait ramené à la réalité, Spencer ouvrit les yeux et se retrouva dans son appartement, en sueur. Sa respiration était rapide et saccadée. Il sentit ses joues humides, et des larmes coulaient sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Il mit quelques secondes à réaliser qu'il était chez lui et à peine eut-il repris une partie de ses esprits que l'envie de vomir le repris, bien plus forte. Il se leva et réussi difficilement à se traîner jusqu'aux toilettes où son estomac se vida entièrement. Une fois les vomissements passés, il s'appuya contre le mur. Il était à bout. Physiquement, psychologiquement et nerveusement. Sa veine tentative de suicide venait de se transformer en bad trip. Il se sentait épuisé, inutile, lâche. Il se releva non sans difficultés et se dirigea vers le lavabo, où il fit couler de l'eau froide. Il ne se reconnaissait plus. Il observa un instant les traits tirés de son visage. De grandes cernes étaient présentes sous ses yeux. Il avait aussi l'impression que ses joues étaient légèrement creusés, et ses yeux injectés de sang ne reflétaient que la détresse et du vide.

Il prit un peu d'eau dans ses yeux et la passa doucement sur son visage. Le froid le fit frisonner, contrastant avec la sueur qui continuait de couler sur son front. Il prit une seconde fois de l'eau, mais il fut interrompu par des coups à la porte. Il éteignit rapidement le robinet et se retient presque de respirer, espérant que son visiteur reparte pensant qu'il n'était pas là. Il tendit l'oreille et entendit de nouveaux coups, suivit par la sonnerie de son téléphone portable, puis de son fixe. Il crut un moment que la personne était partie avant d'entendre de nouveaux coups à sa porte, suivit d'une voix qu'il reconnut sans peine.

- Reid ?! T'es là ? C'est moi Derek. Si tu es là, ouvre cette porte ou j'entre quand même.

Il n'avait pas envie d'ouvrir et de se retrouver face à son ami dans cet état. Mais il savait aussi que lorsque Derek Morgan menaçait de défoncer une porte, cela n'était pas une promesse en l'air et cette idée ne l'enchantait guère. Il savait aussi qu'il ne partirait pas, pas après l'abandon au centre de tir qu'il lui avait fait. Spencer soupira et se dirigea vers la porte d'entrée. Il devait s'aider des meubles et des murs pour ne pas tomber, ses jambes le portant à peine, n'ayant pas encore récupéré tous ses moyens. Il fit tomber une lampe posée sur un meuble et un juron sortit de sa bouche avant qu'il n'ait le temps de le retenir : c'était définitif, Derek ne partirait pas après avoir entendu qu'il était présent chez lui. Il arriva à la porte et s'adossa contre celle-ci. Il ne voulait pas ouvrir et tenta de faire partir son collègue, même s'il savait que cela ne marcherait pas.

- Va-t-en, lui lança-t-il à travers la porte

- Pas avant que tu n'aies ouvert cette porte.

La peur envahit Spencer. S'il le voyait dans cet état, il préviendrait Hotch et le reste de l'équipe : il était bon pour l'asile.

- S'il-te-plait Morgan, va-t-en ! Le supplia-t-il presque.

- Je veux m'assurer que tu vas bien. Ouvre cette porte juste quelques secondes et je m'en irai.

Derek était quelqu'un de borné et quand il voulait quelque chose, il n'abandonnait pas jusqu'à l'obtenir, et ça, Reid le savait parfaitement. Il respira un grand coup, et se décida finalement à ouvrir la porte après s'être servit de la manche de sa chemise pour essuyer le mélange d'eau, de sueur et de larme présent sur son visage. Il s'attendait à ce que son ami soit en colère ou triste, mais il ne vit rien de tel sur son visage : juste le choc, la peur et l'incompréhension.

- Reid... Laisse-moi entrer. S'il te plait.

Leurs regards se croisèrent quelques secondes. Dans celui de Derek, on lisait de la détermination : il ne partirait pas avant d'avoir obtenu de Reid une confession sur ce qu'il se passait dans sa tête. Dans celui de Spencer, on pouvait lire une profonde peine.

Spencer hésita longuement avant de se dire que de toutes façons, c'était peine perdue que de penser que Derek partirait sans demander son reste. Il referma la porte pour la rouvrir quelques secondes plus tard, la chaînette de sécurité ôtée. Il tourna les talons et se dirigea vers le canapé du salon tout en essayant de marcher droit, le plus naturellement possible. Mais les effets de la drogue ne c'étaient pas totalement dissipés, et sa vision ne cessait de se brouiller. Il se laissa finalement tomber sur le canapé et réalisa que le flacon et la seringue utilisés peu de temps avant étaient par terre. D'un coup rapide, il les poussa avec son pieds sous la table basse, et pria intérieurement pour que son ami n'ai rien vu. Celui-ci entra lentement dans l'appartement du jeune génie, et vit la lampe fracassée en plusieurs petits morceaux. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé avant qu'il n'arrive mais il était persuadé que Reid avait atteint le point de non retour.

Derek déposa les affaires de Spencer sur la console de l'entrée, et s'approcha du canapé où il s'assit face à Spencer, sur la table basse.

- Je t'ai rapporté tes affaires, dit-il.

- Merci.

Un silence s'installa entre les deux. L'un attendant patiemment que l'autre se décide à parler. Au bout de plusieurs minutes, Reid prit enfin la parole, tout en fixant un point imaginaire sur le sol devenu soudain si intéressant.

- Comment je suis censé faire pour continuer comme si rien ne s'était passé ? Demanda-t-il fatigué de tout cela.

- Commence déjà par en parler à quelqu'un.

- Je ne sais pas par où commencer.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé tout à l'heure ?

- Je... Commença-t-il hésitant. Quand j'étais là bas... Je me souviens de presque chaque instant, chaque phrases. De presque chaque secondes passées avec lui. Je connais les statistiques, je sais que ce n'est pas possible. Je sais que ça n'aurait pas dû se passer comme ça, que la fin aurait du être différente. Je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible.

- Comment quoi est possible ?

- Comment j'ai pu survivre ? La balle était dans le barillet. Elle aurait du sortir plus tôt. Quand j'ai réussi à récupérer mon arme, et que je l'ai pointée sur Tobias Hankel, il n'y avait qu'une seule et unique balle à l'intérieur. Il venait de jouer avec moi, il venait de tirer plusieurs fois sans pour autant la faire sortir. J'ai tiré une fois. Une seule et unique fois. Et la balle est partie. Pourquoi ? Comment est-ce possible que cette balle ne m'ait pas atteinte ?

- Ce n'était pas ton heure. Tu as sans doute encore beaucoup de choses à accomplir. Peut être est-ce le Destin, peut être autre chose. Ou peut être même qu'il n'y a aucune raison particulière à cela. C'est juste arrivé comme ça, et on n'y peut rien.

- Mais ça n'aurait pas dû. J'aurai dû mourir là-bas.

- C'est le « syndrome du survivant ». Ça passera, il ne faut pas te laisser abattre. Tobias Hankel méritait ce qu'il lui est arrivé.

- Mais est-ce que moi je méritai de survivre ?

Derek resta un instant interdit. Reid se posait des questions quand à sa survit : cela n'était jamais bon, et beaucoup de personne se perdait dans les tréfonds du néant pour moins que cela.

- Reid, écoute moi : tu es ici, vivant. C'est comme ça. Ce que tu as vécu est traumatisant et il te faudra du temps pour t'en remettre. Mais tu y arriveras. Mais pour cela, il faut que tu continues à en parler, à t'en libérer.

Spencer écoutait les paroles de Morgan. Sans doute avait-il raison. Mais c'était un chemin semé d'embûches, bien trop difficile à remonter. Sans s'en rendre compte, il se gratta où il avait planté la seringue, geste qui n'échappa au profileur professionnel en face de lui. Sa théorie était la bonne : il était devenu accro et n'arrivait pas à s'en sortir. Ce qui expliquait également la tête qu'il avait. Sa dernière prise n'était pas vieille, Derek le savait.

- Il faut aussi que tu vois quelqu'un pour ça, lui dit-il en regardant dans la direction de son bras.

Leurs regards se croisèrent une nouvelle fois. Spencer avait compris de quoi il parlait et cela ne l'étonnait pas qu'il soit au courant. Après tout, il était entouré par les meilleurs dans leurs domaine : comment avait-il pu se dire qu'ils ne remarqueraient rien ?

- Ça ne t'aidera pas, tu sais...

Reid resta silencieux. Qui savait ce qu'y l'aiderait ou pas ? Il avait conscience que ce n'était sans doute pas la meilleure solution. Mais quel autre choix avait-il pour ne plus souffrir ?

- Reid, reprit Derek, on est tous là pour t'aider, tu le sais. Tu peux nous parler, on ne te laissera jamais tomber.

- Je sais.

- Alors pourquoi tu ne nous parles pas ? Pourquoi tu te renfermes sur toi-même ?

- Je veux juste comprendre. J'ai ces questions dans ma tête, ces sensations. J'ai besoin de les ressentir, de les analyser. D'essayer de comprendre. Vous ne pouvez pas m'aider.

Un long silence s'installa dans le salon. Le ton de Spencer n'ouvrait pas une conversation, et sous-entendait qu'il n'y avait rien à ajouter. Il ne voulait qu'une seule chose : voir Morgan partir, et se retrouver seul. Il avait besoin de reprendre calmement ses esprits après ce qu'il s'était passé. Sans compter que l'envie de vomir le reprenait soudainement. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Derek se leva.

- Très bien. J'ai laissé ton sac sur la console de l'entrée. Il y a toutes les affaires que tu avais laissées au centre de tir. Je ne veux pas te forcer à parler. Fais le point avec toi-même. Mais sache que je suis joignable à n'importe quelle heure du jour comme de la nuit. N'hésite pas une seconde. D'accord ?

Spencer acquiesça. L'un comme l'autre savait qu'il ne téléphonerais jamais. Derek attendit encore quelques secondes dans l'espoir qu'il se mette enfin à parler. En vain.

- Je te laisse alors, soupira-t-il. Tu devrais te reposer, tu as une mine à faire peur.

- Mon arme ? Demanda Spencer alors que son ami commençait à se diriger vers la porte d'entrée.

- Pourquoi ? Questionna-t-il hésitant.

- Ça me rassure. J'en ai besoin, répondit-il rapidement.

- Dans ton sac avec tes autres affaires.

- Merci.

Morgan franchit le seuil de la porte, laissant Reid seul. Il referma doucement la porte. Il avait comme un mauvais pressentiment, mais ne savait pas quoi exactement. Quelque chose allait se passer, il en était persuadé. Il commença a descendre les escaliers doucement, et une fois la porte d'entrée de l'immeuble franchie, quelque chose frappa soudainement son esprit : il se retourna vivement, et monta le plus rapidement possible les escaliers jusqu'à l'appartement qu'il venait tout juste de quitter.


Voilà pour ce chapitre ! :) J'espère que vous avez aimé ^^'
Et pour ceux que ça intéresse, c'est la partie sur le bad trip que j'ai aimé écrire x)

A la prochaine ! :D