P'tit mot : Salut tout le monde ! Voici, avec mes plates excuses quant au retard de celui-ci, le chapitre suivant ! On reste dans des PDV (que voulez-vous, j'aime écrire à la première personne du singulier :)). Le dénouement de cette histoire arrive bientôt, il s'agit là de l'avant dernier chapitre... ^^
Pain d'Epices : J'ai pas changé ça ? Haha, personne ne l'a remarqué, chuuuuute :p
Mynoo : Le suspens, c'est le bien :D Merciii :D
Kateryne 1 : Ah ça, c'est pas dit encore :) Réponse bientôt ^^
T'inquiète, je ne trouve pas ça bizarre. Sinon, je ne torturais pas les personnages psychologiquement XD
Je suis contente que ce changement de PDV ait plu :)
C'est gentil pour l'empathie, mais à force, tu vas finir par ne plus en avoir vu le temps que je prends, à chaque fois, il est plus long :')
Pour l'OS, il est encore en écriture hihi
Je vous laisse à ce chapitre, et vous souhaite une bonne lecture à tous !
PDV Spencer Reid
Ça y est. Il est parti et je me retrouve une fois de plus seul avec moi-même. J'aurais sans doute du le retenir, lui dire ce que je ressens, lui demander de l'aide. Mais non, les mots sont restés coincés au fond de ma gorge sans qu'aucun d'entre eux ne puisse franchir le seuil de mes lèvres. Est-ce à cause de la peur ? Ou bien de l'angoisse que me procurerait le fait de me retrouver devant le fait accompli, de prendre conscience que tout ceci est bien réel, et que je suis doucement entrain de devenir fou ? Ou encore, est-ce à cause du fait que je trouve du réconfort dans ce que je fais, que j'aime la montée d'adrénaline que cela me procure ? Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas pu parler à Morgan. Pourtant, je sais qu'il m'aurait écouté sans me juger, sans prendre pour lui le fait que je ne sois pas venu parler plus tôt. Mais je n'ai pas pu et je ne pourrais sans doute jamais.
Je deviens fou, c'est indéniable. Ce que je redoutai le plus est en train de m'arriver : je deviens comme ma mère. C'est dans les gènes, ça devait sans doute arriver. C'est comme ça. Hankel n'a fait qu'accélérer le processus. Dans le fond, c'est de ma faute ce qu'il m'arrive. Je n'aurai pas du le suivre seul dans ce champs, et surtout, je n'aurai pas du continuer à prendre du Dilaudid et je n'aurai pas du essayer de comprendre en refaisant les mêmes gestes. Mais je ne contrôle pas mon esprit sans cesse avide de réponses. J'ai besoin de savoir.
Morgan est parti depuis quelques secondes seulement, et je n'ai qu'une envie. Prendre mon arme et jouer. Mettre une balle dedans, rouler le barillet, me coller le canon sur la tempe, tirer. Essayer de comprendre. Espérer ne pas mourir. Continuer à avoir de la chance. Ou enfin faire face à mon destin et sentir la balle traverser mon crâne, détruisant sous l'impacte mon cerveau, m'ôtant la vie sans que personne ne puisse la stopper.
Je me fais peur. Je m'effraye moi-même d'avoir de telles pensées. J'ai toujours considéré les jeux de hasards comme étant des attrapes touristes à Las Vegas. Les jeux de hasards ne sont là que pour procurer un plaisir que l'on sait éphémère étant donné qu'il est impossible de gagner le gros lot aux machines à sous. Pourtant on joue quand même. Mais il y a un but de divertissement. Est-ce que je considère la roulette russe comme un divertissement ? Bien sûr, au départ, cette question m'aurait semblé abstraite. Mais aujourd'hui, je ne sais plus où j'en suis. La seule chose dont je sois sûre, c'est que cela agit comme le Dilaudid. Comme cette drogue que je m'injecte non pas par plaisir ou par envie, mais par besoin. La souffrance du manque est insupportable. Et ce manque se ressent aussi avec le jeu.
Je ressens encore les effets de ma dernière prise. J'arrive de nouveau à contrôle mon corps, mais mon esprit vagabonde encore de temps en temps. Je me sens à la fois planer et sur terre. C'est une sensation étrange que je ne saurais expliquer. J'aime cela. Mais malgré ça, l'envie est de plus en plus forte, et je ne peux plus la contrôler.
Je me lève du canapé et me dirige lentement vers l'entrée. Les débris de la lampe me lacèrent légèrement les pieds, mais je ne ressens rien. Là, sur la console, sont déposés ma veste et mon sac. J'ouvre le sac et trouve mon arme. Je l'ouvre pour vérifier s'il est chargé ou non. Aucune balle. Mais ce n'est qu'un infime contre temps : j'en ai toujours de réserve. Je me dirige vers le petit tiroir du bureau sous ma bibliothèque et prends une balle. Une seule et unique balle. Je retourne m'asseoir là où j'étais quelques secondes auparavant. Lentement, je glisse la cartouche dans l'une des fentes et referme l'arme. J'inspire profondément, tourne le barillet. Il tourne, semblant ne plus vouloir s'arrêter. Comme si il essayait de m'adresser un message : « ne fait pas ça, ne m'oblige pas à m'arrêter pour que tu fasses ça ». Mais je ne l'écoute pas. Il s'arrête. J'expire l'air que je retenais en moi jusque là. Je vide entièrement mes poumons avant de reprendre une profonde inspiration. Je bloque ma respiration, lève l'arme et vient poser le canon sur ma tempe. Le contraste entre la sueur coulant de mon front et le froid du canon me fait légèrement frissonner. J'expire lentement. Ferme les yeux. Et soudain, au moment même où j'appuie sur la détente, je comprends.
