Le couturier

Je tiens tout d'abord à m'excuser auprès de mes lecteurs pour cette attente de deux ans… Donc je repars avec ce chapitre. Bonne lecture.


-Bonne matinée, cousin ! dit lascivement Kanbe.

- Le jour est-il si jeune encore ? Demanda Yoritsuna en s'éloignant de quelques pas, le visage rouge comme il était possible de l'être.

- Neuf heures viennent de sonner.

Kanbe se rapprocha de Roméo de manière brusque et non théâtrale.

-Oh ! Que les heures tristes semblent longues…

Mogami se leva, mécontent.

-Non ! Non ! Ca ne va pas du tout ! Roméo, tu ne dois pas fuir ton cousin, vous êtes censés être proches… Et toi Benvolio, sois plus doux dans tes gestes, on dirait que tu vas lui sauter dessus pour le tuer !

En effet, c'était l'heure du cours de théâtre et ils essayaient la scène 1 de l'acte 1, mais ce n'était pas un exploit du tout. Kanbe n'avait toujours pas l'air motivé pour jouer, Yoritsuna est plus que gêné par sa présence après ce qu'il s'est passé sous les escaliers le premier jour. Alors que Mogami leur faisait une piètre démonstration, assisté par Hirotsuna, de la manière de jouer, les autres regardaient le spectacle en rigolant. Sauf bien entendu le seul absent qui s'était réfugié comme à son habitude dans la réserve, Motonari. Il s'était posé contre la porte afin de ne laisser personne entrer, surtout le grand malotru Chôsokabe, et écoutait ce qu'il se passait dans la pièce d'à côté en soupirant. Mais qu'est-ce qu'il faisait là, se demandait-il. Soudain, quelqu'un toqua à la porte menant au couloir et cela intrigua Motonari qui fini par sortir de son terrier. Un élève un peu perdu entra sous l'œil curieux des autres élèves.

-Bonjour, dit-il d'une voix basse mais grave.

Le professeur s'approcha de lui en tournant sur lui-même.

-Oui, à qui avons-nous l'honneur ?

Le pauvre jeune homme était assez mal à l'aise avec ce professeur, il regarda les autres élèves avant de se présenter.

-Je suis Shibata Katsuie, l'accueil m'a dit de venir ici. A priori, il y a un nouvel évènement mais j'étais absent depuis un mois pour maladie, alors je n'ai pas été mis au courant.

Les autres le regardaient plaintivement. Il aurait mieux fait de rester malade, pensaient certains d'entre eux, dont Kanbe. Mogami lissa sa moustache en se souvenant de sa liste.

-Ah oui, Shibata Katsuie, je t'ai inscrit aussi, je me demandais pourquoi tu n'étais pas venu. Ainsi donc tu étais malade.

-C'est cela.

Le plus vieux, regarda la liste des personnages tout en feuilletant le livre Roméo et Juliette. Un long silence se fit dans la place laissant les élèves qui ne connaissaient pas Katsuie le loisir de le détailler. C'était un beau garçon aux cheveux noirs coupés au carré et des yeux couleurs vert émeraude. Il devait faire une demi-tête de plus que Motonari, si ce n'est plus. A vrai dire, ils se ressemblaient beaucoup tous les deux, le même air blasé, la bouille fine et ronde, les traits fins. S'il n'avait pas la voix grave, nous aurions pu penser qu'il s'agissait d'une fille, sans poitrine bien entendu. Après ce court laps de temps où personne ne disait mot, Mogami soupira.

-Hélas, il n'y a plus de rôle disponible.

Il se mit à réfléchir, lui prit une main et la détailla. Elle était fine, de long doigts tout aussi fins.

-Est-ce que tu sais coudre ? Lui demanda-t-il, fasciné par ce qu'il voyait.

Katsuie le regarda, surpris. Personne ne lui avait jamais demandé cela. En effet, la couture se trouvait être l'un de ses loisirs, mais il ne l'avait jamais dit à personne. Tous les habits qu'il portait en dehors des cours étaient de son fait. Allait-il enfin pouvoir s'en servir pour une autre cause que lui-même ?

-Oui, j'aime bien.

Le professeur jeta un coup d'œil à ses élèves avant de se retourner vers le nouveau membre du club théâtre, un sourire entendu aux lèvres.

-Je ne peux pas te proposer de rôle, mais veux-tu bien être notre couturier pour les costumes ? Nous jouons Roméo et Juliette et il nous faudrait des vêtements d'époque, parfaitement ajustés et qui seraient accordés.

Katsuie regarda un a un les élèves assis à même le sol, sans oublier l'entrevue à travers la porte de Motonari, qui écoutait tout depuis le début.

-Bien sûr. Mais il faudra que je prenne les mensurations de tout le monde pour pouvoir me mettre au travail.

Mogami sourit bêtement sous sa moustache avant de désigner la petite salle où s'était recaché notre chère Juliette.

-Bien entendu, tu peux aller dans la réserve, il doit y avoir un mètre, je t'enverrais les élèves un par un.

Katsuie se dirigea alors vers la salle tout en s'inclinant légèrement devant les autres pour les saluer. Il entra et tout le monde entendit une plainte douloureuse venant de la pièce. L'élève fautif entra dans la réserve et referma la porte derrière lui.

-Excuse-moi, je ne savais pas que tu étais là.

Motonari se poussa et s'assit sur une malle fermée en acceptant ses excuses. Le nouveau membre lui tendu la main en se présentant.

-J'ai entendu quand tu t'es présenté dans l'entrée, lui dit notre grognon préféré. Je suis Motonari Môri.

Katsuie détailla les lieux qui étaient plutôt bien rangés. Trois malles gisaient sur le sol tandis qu'un grand étendoir supportait une grande quantité de vêtements de toutes sortes. Un banc était posé contre le mur, soutenant quelques épées en bois qui semblaient déjà avoir servi pour une pièce. Il se retourna vers Motonari.

-Tu n'es pas avec les autres, c'est donc que tu ne joues pas ? Tu es aussi leur couturier ?

Le plus petit le regarda d'un air hautain.

-Pas vraiment, non. Je reste ici pour ne pas avoir à participer à leurs idioties.

-Je vois, et quel rôle joues-tu, demanda Katsuie en cherchant le mètre dans les malles.

Aucune réponse ne vint. La présence de Motonari ne détendait en rien l'atmosphère mais le nouveau ne semblait pas s'en soucier et sortit un soupire de soulagement lorsqu'il trouva enfin ce qu'il cherchait, pendu sur une armoire en fond de salle.

-Bon, je vais commencer par toi, commença-t-il. Est-ce que tu peux te déshabiller pour que je puisse prendre tes mesures ?

Motonari hésita un instant mais après l'avoir observé plus en détail, il enleva sa chemise en premier temps. Katsuie lui passa le mètre froid autour du torse et nota la valeur sur une feuille préalablement sortie. Il fit de même avec ses épaules, ses poignets, son ventre et ses bras avant de lui demander d'enlever son pantalon pour pouvoir finir. C'est ainsi que Motonari se retrouva à moitié nu dans la même salle qu'un garçon qu'il venait de rencontrer et qui poser une chose froide sur le corps. Il frissonna lorsque le mètre fut posé sur une de ses cuisses. Katsuie était un peu blasé par tous les mouvements de Motonari lorsqu'il lui prenait les mesures des jambes. Il avait voulu enrouler son pied avec son objet en main lorsque son mannequin lui donna un grand coup en criant d'une voix aigüe. Ils se retrouvèrent tous les deux à terre, l'un abasourdi, l'autre en boxer, se tenant le pied, les joues rougit. Quelqu'un entra dans la pièce pour demander ce qu'il se passait. Et ce quelqu'un était bien évidemment Chôsokabe qui ne pu se retenir de siffler en voyant Motonari en sous-vêtements. Ce dernier se redressa vivement, laissant toute opportunité à l'opportuniste de le reluquer encore plus, et s'habilla le plus rapidement possible en essayant de se cacher. Non sans un dernier coup d'œil à sa proie, l'argenté ressortit de la salle en prévenant tout le monde que ce n'était rien, après tout, il était le seul à avoir le droit de voir Motonari aussi perturbé, bon maintenant, il y avait aussi l'autre couturier… Il devrait avoir une petite discussion avec lui.

-Désolé si je t'ai fait mal, dit Katsuie à Motonari.

-Tu ne m'as pas fait mal… J'ai été surpris, c'est tout.

Après un temps de gêne, le couturier l'invita à lui représenter son pied pour pouvoir prendre les mesures, mais rien n'y fit, il avait toujours se réflexe d'enlever son pied en rougissant lorsqu'il lui touchait un temps soit peu. Il réussit enfin lorsqu'il lui permit de garder ses chaussettes.

-Bon j'ai fini avec toi. Je pense que Mogami-sensei voudra que tu retournes avec eux pendant que je fais les mesures de tout le monde, non ?

-Je n'ai pas besoin de son avis.

C'est sur cette touche de joie que Katsuie haussa les épaules et alla demander un autre élève. Magoichi vint dans la salle et s'aperçu de la présence de Motonari.

-Encore là toi ?

Il ne lui répondit même pas.

-Il faudrait que tu enlève ton haut, s'il te plaît, dit le couturier sans se soucier le moins du monde de la nature du nouveau mannequin.

Et cela ne semblait pas la déranger non plus, si bien qu'elle se retrouva tout de suite en sous-vêtements devant deux hommes de son âge. Katsuie pris ses mesures de la même manière que Motonari sans être troublé et lorsqu'il en eu fini avec le bas, lui pria de sortir et de demander à quelqu'un d'autre de venir. Tout le monde vint, ne faisant pas attention à la présence de l'intrus qui restait silencieux. C'est au moment où Chôsokabe choisit d'entrer qu'il daigna enfin se lever pour sortir et rejoindre les autres sous le regard curieux de Katsuie. Le plus grand ricana dans son dos avant de se déshabiller et de seulement porter son sous-vêtement. Pendant qu'il se faisait prendre les mesures, il entama la conversation.

-Alors, quelle était cette délicieuse réaction que Môri a eu tout à l'heure ?

Ne comprenant pas l'ampleur que pourrait avoir sa réponse, Katsuie répondu tout autant détaché que le moment où il était arrivé.

-Il a l'air sensible de la plante des pieds, alors quand je l'ai touché, il a réagi un peu bizarrement. Il marqua une pause. Je dois avouer que c'était plutôt mignon, finit-il par dire.

Motochika imagina facilement son Motonari totalement troublé s'il lui léchait cette zone, ses gémissements sensuels qui sortiraient de sa bouche. Perdu dans ses pensées, il se racla la gorge et se promit alors de tester cette zone sensible qui pourrait très bien être une zone érogène. Et de faire attention à ce petit brun entreprenant.

Tout le monde se fit prendre les mesures avant que la sonnerie ne sonne, indiquant ainsi la fin de ce cours. Tout le monde sortit de la salle, sauf Katsuie qui parla des différents rôles attribués aux élèves et ne fut pas trop surpris d'apprendre que Motonari était Juliette, jugeant que ce rôle de noble lui allait bien.


Voilà voilà. Enfin un nouveau chapitre fini ! Ecrit en moins de deux heures. Vous pouvez dire au nouveau jeu Sengoku Basara 4 qui m'a donné envie de continuer cette fanfiction. A la revoyure !