Sali-salut ! :3 Voici un autre petit chapitre, ça faisait un moment qu'il était fini mais j'ai pas pu continuer la suite pendant les vacances, donc j'arrête de vous faire attendre pour rien ! (Le prochain sera sans doute plus long à arriver, je vous donne donc pas d'estimation de temps, merci de votre compréhension ^^')
Il avait fallut très exactement trois mois et deux semaines à Newt pour se faire à l'absence d'Alby dans sa vie. Ils pouvaient encore discuter un peu via les réseaux sociaux, mais rien de plus. En fait, ils ne s'étaient contactés que cinq fois depuis le départ du jeune homme. D'une certaine façon, se disait le blond, c'est mieux ainsi : au moins il n'essaie pas inconsciemment de rester attaché à lui. Cependant, cela faisait trois mois et deux semaines que Minho et Brenda étaient sur son dos constamment, ce qui irritait profondément l'intéressé. Il avait l'impression d'être un petit enfant irresponsable, et il avait plusieurs fois envoyé bouler ses amis sous le coup de la colère. Alors, pour se détendre, Newton avait prit l'habitude d'aller à la bibliothèque presque tous les jours. Il se mettait à lire les plus gros romans pour donner une excuse à sa présence quotidienne et restait là, presque toujours jusqu'à la fermeture, plongé entre les lignes d'un monde éloigné du sien, auquel il ne s'attachait pas, mais qui lui permettait d'oublier tous ses problèmes.
L'aide de la bibliothécaire, Harriet, était toujours sympathique avec lui. Elle avait, comme tout le monde, remarqué son léger et incessant boîtement, alors dès qu'il devait prendre ou ranger un livre nécessitant une échelle pour l'atteindre, elle se proposait toujours. Le seul soucis, c'est que cela énervait d'autant plus le blond, qui avait encore l'impression d'être rabaissé au rang d'enfant impotent. Ça va, il pouvait encore marcher et grimper à une échelle ! Pourquoi le monde entier devait-il être monté contre lui, hein ? Il fut tenté, à plusieurs reprises, de ne même plus venir à la bibilothèque. Mais en même temps, la série qu'il lisait était vraiment très intéressante, une contre-utopie futuriste dans laquelle des explosions solaires avaient ravagé la Terre, laissant ensuite place à un virus transformant la population en sorte de zombies appelés fondus. Newt essayait de se mettre à la place des jeunes enfermés dans ces labyrinthes, puis dans ce monde ensablé, et frissonnait à chaque fois. Sûrement qu'il n'aurait jamais supporté ça. Déjà qu'il ne supportait pas sa vie dans le monde réel...
Venant à peine de finir le second tome, il se leva de sa chaise et se dirigea vers les longs couloirs formés par les étagères. Il était encore tôt et peu de personnes venaient ici le matin, ce qui était d'autant mieux en réalité. Seul problème auquel il était confronté : il devait se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre le bon étage de livres, et autant dire que sa jambe l'élançait fortement. Alors qu'il commençait à pester dans la barbe qu'il n'aurait jamais, il sentit que le livre s'envolait de ses mains pour se poser magiquement à la place qui lui était dûe. Puis il vit la main qui le survolait, suivit du regard le bras qui y était rattaché, et il tomba nez-à-nez avec Gally qui lui souriait tranquillement.
« Dis pas merci surtout, ricana-t-il.
-Ça va, j'avais pas besoin de toi.
-Ah ouais, vraiment ? Tu geignais comme un chiot battu.
-Pardon ?!
-Tu sais, c'est pas un mal de se faire aider de temps en temps. »
Newt ne sut pas répondre. C'était la première fois qu'il entendait le jeune homme lui parler sur ce ton, et ça le surprenait que Gally s'inquiète pour lui. Et puis c'était quoi cette morale à deux balles ? S'il ne voulait pas se faire aider, c'était son problème ! Malheureusement il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, car son interlocuteur avait déjà attrapé le troisième tome et le lui fourrait dans les mains sans se départir de son petit sourire en coin.
« … Merci.
-De rien.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je viens emprunter un livre. Mais ça a l'air pas mal ce que tu lis, dit-il en attrapant le tome un. »
Le blond se contenta d'hausser les épaules et fit mine de tourner les talons pour clore la discussion. Il fut cependant retenu par Gally qui enserrait son poignet de sa large main Newt eut une évidente grimace.
« Hé, si t'as besoin de quoi que ce soit... Je suis là.
-Pourquoi j'aurais besoin de toi ?
-Je sais pas. Comme ça. Envie passagère. »
Ses derniers mots n'étaient que souffle dans sa nuque, ce qui fit frissonner Newt. Bon Dieu, on avait pas idée d'être aussi chatouilleux que lui ! Le monde est vraiment mal foutu. Après s'être assuré que Gally avait bien mit les voiles, il retourna s'asseoir à sa place et ouvrit son livre, se replongeant dans l'histoire. Mais ses pensées se mirent à dériver inconsciemment sur Gally. C'était rare de le voir dans la bibilothèque celui-là, lui qui préférait fréquenter les terrains de sport ou encore la salle des délégués – parce que merde ce mec arrive parfois à être délégué. Le monde doit bien comporter des fous pour tourner, sans doute... Et puis, qu'est-ce qui lui avait prit de l'aider ? C'était pas dans ses habitudes. Machinalement, Newt se remit à penser aux années qu'il avait passé dans la classe de ce mec-là. Tiens, maintenant qu'il y réfléchissait, est-ce que Gally avait déjà été acerbe avec lui comme il l'était d'habitude avec Minho ? Excellente question, qui ne méritait certainement pas de réflexion. Se rendant compte qu'il venait de lire pour la quatrième fois la même ligne, le blond se dit qu'il ferait peut-être mieux d'emprunter le livre pour le lire chez lui, quand ses pensées seraient plus claires.
Sur le chemin du retour, alors qu'il tenait fermement le troisième tome de cette série sous le bras, Newton croisa Thomas. Celui-ci, le remarquant, lui offrit un grand sourire en s'approchant à petites foulées. Depuis le temps, ils avaient beaucoup parlé et avaient apprit à se connaître. Thomas était quelqu'un de très sympathique, attachant et affreusement loyal. Aussi, ils avaient beaucoup de passions communes, comme la course par exemple, ou encore les romans futuristes. C'était toujours un plaisir de discuter avec Thomas, et Newt ne se privait jamais de se rincer l'oeil. D'ailleurs, il avait bien remarqué le manège du brun, c'était évident qu'il lui plaisait. Newt plaisait à tout le monde. Il le savait maintenant il suffisait de voir le nombre de demandes qu'il se prenait à la pelle, le nombre de lettres et de chocolats qui s'échouaient dans son casier le jour de la St-Valentin, le nombre de regards énamourés et de sourires perdus qu'il captait à son égard. Même Minho pendant leur adolescence s'était laissé embourber, avant de se rappeler que les paires de seins c'est plus attrayant.
Pourtant le blond n'en jouait jamais. Surtout pendant ces dernières années, alors qu'il était avec Alby, mais même avant cela il n'avait jamais été tenté de jouer de son physique. Il n'y avait aucun intérêt à cela, et en réalité le nombre de personnes intéressées par lui simplement pour son physique charmeur l'avait amené à considérer ça comme une sorte de malédiction. Newt restera toujours Newt, le garçon défaitiste qui voit toujours le mauvais côté des choses avant de se dire qu'il y a peut-être, accessoirement, qui sait, un bon côté. Malheureusement pour lui, Thomas ne semblait pas faire exception à la règle, bien qu'il semblât un peu plus réservé que les autres glandus. En tout cas, sa conversation avec lui fut comme d'habitude tout à fait passionnante, et Newt regretta presque le moment où ils durent se séparer, n'allant pas au même endroit. Le brun l'invita même à venir le voir le lendemain au soir pour s'entraîner, comme ça ils pourraient aller boire un verre après, ce à quoi le jeune homme lui assura qu'il aurait une réponse d'ici quelques heures, le temps qu'il réfléchisse. Il appréciait assez passer du temps avec Thomas, certes... Mais est-ce que cela valait la piqûre de rappel supplémentaire, alors que sa jambe s'en chargeait très bien à chaque pas qu'il effectuait ?
Newt continua de se poser la question pendant la centaine de mètres qui le séparait de sa petite habitation. En même temps, ça ne le tuerait pas de passer un peu de temps avec Thomas. En plus, il pourrait le vanner sur sa course, qui avait encore des défauts. Ça lui faisait toujours du bien de lancer des piques à tout bout de champ, et en plus le brun lui répondait toujours. Finalement, le sujet lui trotta tant et si bien dans la tête qu'au bout d'une heure, le blond était prit d'une envie étrange et des plus pressantes : il voulait courir. Mais c'était idiot, n'est-ce pas ? Il ne pouvait plus. Pourtant il en avait affreusement envie, au point que quand il s'installa sur son canapé-lit pour recommencer à lire, il ne passa même pas la première page. Ça le tiraillait comme si une corde était attachée à son squelette et le tirait vers l'extérieur, vers ce stade qui, après tout, n'était pas bien loin d'ici, à peine une dizaine de minutes à pieds avec son allure normale... En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Newt était sur le départ, ses vieilles basket aux pieds et l'air décidé. Après tout, cela faisait cinq ans depuis cet événement, sa jambe était assez bien remise, non ? Et puis au pire, ça ne s'aggraverait pas plus. Limite guilleret, il sortit de chez lui.
Le stade était déjà occupé. Bien évidemment, la matinée commençait déjà à avancer, Newt l'avait complètement oublié. L'idée de reprendre la course devant tant de gens inconnus lui déplaisait fortement, aussi il décida de se rendre dans une autre zone du stade, composé en plusieurs blocs. Là-bas au moins, personne ne pouvait le voir s'échauffer minablement et faire du sur-place minable. Putain, il était vraiment minable. Avec un soupir rageur, il balança sa petite veste loin au sol, révélant son débardeur noir, et il se mit en tête de faire des allers-retours en trottinant. Bon, jusque là ça allait, le tiraillement était supportable. Le blond était courageux, mais pas téméraire : il savait déjà que ce qu'il était en train d'accomplir relevait du miracle et ne se sentait pas prêt de tenter le diable en piquant un sprint. Déjà, au bout de trois allers-retours, il sentit une douleur plus présente dans sa jambe, qui le força à s'arrêter. Il grogna, comme on pouvait s'en douter.
Exaspéré, il se laissa choir contre un grillage délimitant le terrain d'entraînement spécifique au footballers. Les jambes en long, il saisit le petit sac à dos qu'il avait pensé à emporter pour en sortir une bouteille d'eau. Pas qu'il aie expressément soif, mais il devait quand même s'hydrater. En réalité, sa jambe commençait à lui faire un mal de chien... Mais ça en valait vraiment la peine. Il ferma les yeux, essayant d'assimiler cette sensation à la douleur agréable qui l'étreignait alors qu'il avait courut vite et loin, tentant de battre son record personnel qui était également celui du lycée. Ce n'était pas comparable, mais se rappeler était sympathique à son esprit. La course lui manquait vraiment. Un léger bruit à côté de lui le força à rouvrir les yeux, et il sursauta en voyant Gally. Quoi, encore ?
« Tu me suis décidément, c'est pas possible ! »
Le jeune homme eut un rire clair en s'accroupissant, se retrouvant ainsi à la hauteur de Newt. Il se calma tout aussi rapidement alors que quelqu'un passait derrière eux, comme s'il n'avait pas voulu que quelqu'un le surprenne à être sympathique.
« En fait, c'est pas moi qui te suis, c'est le gars qui vient de passer.
-Quoi ?
-Je sais pas si t'es au courant mais j'habite à côté de la bibliothèque. Tous les matins, quand je sors pour aller courir, je te vois y entrer... Et j'ai remarqué ce mec. Il reste toujours planté comme un piquet quand t'es à l'intérieur, et ce matin il a décidé d'entrer, c'est pour ça que je suis venu te parler. Pareil maintenant, ça le dissuade. T'as la touche même avec les fous, veinard ! »
Le blond se contenta de cligner des yeux, surpris par les mots de son camarade. En fait, s'il résumait, un type le stalkait depuis plusieurs jours sans qu'il s'en rende compte et Gally s'était prit pour son protecteur dévoué ? C'était le monde à l'envers là ! On parlait bien du même Gally que celui du lycée et de la fac ? Galilée Poulter, le gars qui ne brise aucune règle malgré sa tête de racaille des bacs à sable ? Non, pas possible. Le susnommé se remit en place sur ses deux jambes et tendit la main à Newt, qu'il attrapa sans trop y réfléchir, le remerciant à demi-mots. Gally empoigna les affaires laissées au sol et les lui rendit.
« Tu devrais faire gaffe quand même. On sait jamais.
-Euh... Ouais, je vais faire ça. Super. Merci. »
Une grimace lui échappa comme il posait un pied à terre dans l'optique de se mettre à marcher pour rentrer chez lui. Ah. Sa jambe. Madame était vexée d'avoir été oubliée alors elle mettait les bouchées doubles pour l'empêcher d'avancer. Et ça devant Gally, décidément, il était le mec le plus chanceux de la Terre. Le jeune homme, remarquant le malaise de son camarade et son claudiquement plus intense qu'à l'habitude, prit son bras et le passa autour de son épaule carrée sans même penser à prévenir, ce qui fit sursauter Newt.
« Qu'est-ce que tu fous ?
-Je t'aide à rentrer chez toi, ça se voit pas ?
-Hé mec, j'ai pas spécialement besoin d'un chevalier en armure tu sais.
-Tu reviendras me le dire quand ce mec t'aura violé parce que t'es pas foutu de t'enfuir, OK ? »
Étrangement, sa voix était froide et cassante, comme de grands murs de béton gris, et Newt ne trouva pas le courage de lui répondre. C'était pas tout à fait faux ce que disait Gally. Vu l'état actuel de son membre blessé, il était incapable de courir. En fait il avait même du mal à marcher... C'était simplement sa fierté qui parlait. Et parce que c'était Gally. Il n'avait jamais été spécialement proche de lui, alors c'était vraiment étrange qu'il l'aide comme ça. Absorbé dans ses pensées, Newt se rendit compte qu'ils étaient sortis du stade, et indiqua donc à sa béquille humaine quel chemin il fallait emprunter pour le ramener chez lui. La conversation, quoique éparse, fut parsemée de blagues de Gally qui touchèrent, pour la plupart, la sensibilité de Newt et le fit éclater de rire. OK, il ne lui connaissait pas ce côté humoriste, mais c'était agréable à côtoyer. Une fois arrivés à destination, Gally insista pour l'aider à monter les escaliers – ce que de toute façon il n'aurait pas pu faire seul – et Newt se sentit encore une fois comme un incapable. Mais, en même temps, son camarade faisait tout pour détendre l'atmosphère alors qu'ils grimpatouillaient les marches l'une après l'autre, avec difficulté.
Devant la porte de son appartement, Newt se sépara de Gally et le gratifia d'un immense sourire en le remerciant chaleureusement. Le jeune homme bafouilla un peu, rougit à peine, marmonna un « de rien » à peine audible et tourna les talons, dévalant presque les escaliers. Avec un énième soupir, le blond tourna la clef dans la serrure et pénétra chez lui.
Voilà voilà, j'espère que ce chapitre un peu plus long vous aura autant plu que le premier ^^
DES REVIEWS OU UN SORT BWAHAHAHAHAHAH
