La relation d'Edward et de Bella avait beau n'être connue que de la famille de celui-ci, Bella n'était pas à l'aise avec ça.

Durant plusieurs jours, elle évita habilement de se retrouver en tête à tête avec Edward.

Ce dernier se faisait petit et il laissa à la jeune fille l'espace nécessaire.

Néanmoins ils se voyaient tous les jours et se côtoyaient toute la journée.

Edward voulait aller de l'avant et il ne ratait pas une occasion de parler à la jeune fille, de la questionner, de se rapprocher d'elle. Physiquement ils n'allaient pas au delà de baisers légers sur les lèvres et de caresses sur les bras ou dans le dos.

Mais Bella lui semblait un peu distante, bien qu'amicale.

Elle était timide naturellement, et il était évident que la situation lui pesait.

Elle pesait tout autant à Edward, qui n'avait qu'une envie: prendre Bella par la main et s'en aller avec elle, pour un road trip de folie.

Il était hors de question de mettre ce désir en application pour le moment, mais Edward garda cette idée dans un coin de sa tête, et, en jeune homme intelligent, il décida de prouver à sa famille en général et à Bella en particulier qu'il était un adulte sérieux.

Il se rendit alors compte qu'il ne l'était PAS.

Il l'était dans une certaine mesure, il avait, par exemple, toujours été à la hauteur et avait fait preuve de maturité durant ses études et ses stages, mais, en dehors de ça il était resté un grand adolescent.

Il avait souvent admiré certains de ses camarades de promotion, qui, pour pouvoir suivre leurs études devaient travailler pour se les payer.

Lui-même n'avait jamais connu cela.

Bien entendu il avait touché un salaire décent en tant qu'interne mais auparavant ses parents l'avaient entretenu.

Inconnus pour lui les fins de moi difficiles et les jobs d'étudiant.

Il n'était pas vraiment différent de lui-même qu'à 20 ans.

Il avait pourtant traversé des moments difficiles, voyant forcément au cours de ses études des situations dramatiques.

Mais il était capable de maintenir ses émotions à distance.

Il se mit alors à réfléchir. Bella se comportait comme une adulte.

C'était sans aucun doute ce qui était le plus frappant chez elle. Elle n'était pas une gamine. Il était évident que la vie ne l'avait pas épargnée, à plusieurs niveaux.

Edward, au bout d'un certain nombre d'heures d'introspection, finit par comprendre que lui-même ne s' était jusqu'alors jamais montré responsable, en dehors de ce qui concernait son métier, et qui était très codifié.

Edward se souvenait d'avoir vu, plusieurs années auparavant, un reportage sur une jeune femme qui traversait le désert avec ses deux lions, accompagnée par deux bushmen. Le petit ami de la jeune femme, qui venait d'obtenir son diplôme de médecin, venait en camion passer quelques heures avec eux. Il acceptait , par amour, de renoncer à exercer son métier pour reprendre des études de vétérinaire. (ndla; le couple existe réellement, il s'agit de Marlice et Rudie Van Vuuren)

Il avait trouvé le jeune homme passablement stupide. Passer tant d'années à étudier et tourner le dos à tout ceci pour une jeune fille qui lui préférait deux lions?

Il avait désormais changé d'avis.

L'esprit machiavélique d'Edward fomenta alors un plan.

10 jours après le matin où sa mère les avait surpris, Bella et lui, au petit déjeuner, alors que Bella n'était pas encore arrivée, il annonça calmement à sa famille qu'il serait absent ce matin là. Et celui d'après. Et tous les matins, en fait, du lundi au vendredi.

Rosalie fut la première à réagir. Sans oser le dire elle était très contrariée car jusque là Edward, pour mieux connaitre Bella, passait un maximum de temps avec elle et donc avec Riley. Ce dernier aimait beaucoup son oncle et Rose se serait laisser tuer plutôt que de l'avouer, mais Edward s'y prenait vraiment bien avec Riley.

Souriant, détaché, Edward leur annonça tranquillement qu'il se rendait au refuge pour animaux de Port Angeles.

Les autres le dévisagèrent, surpris. Emmett éclata de rire:

« C'est super! Ramène donc un chat pour Riley! »

Edward releva un sourcil:

« Un animal n'est pas un jouet, Em »

Puis il se leva et mit posément son assiette, ses couverts et sa tasse dans le lave vaisselle.

Après quoi il déposa un baiser sur la joue de sa mère, puis d'Alice, ébouriffa les cheveux de son neveu et s'en alla.

Lorsqu'il avait postulé auprès du refuge, 2 jours plus tôt, il avait bien précisé par téléphone qu'il était médecin.

Il s'attendait donc plus ou moins à ce qu'on lui déroule le tapis rouge.

Il n'en fut rien.

Lorsqu'il arriva , il fut accueilli par un homme d'environ 70 ans qui lui tendit un tee shirt au nom du refuge.

Edward l'enfila et, tout sourire, lui notifia à nouveau être médecin.

Ce dernier poussa un léger soupir:

« Je sais. Vous me l'avez dit au moins 5 fois au téléphone. Moi je suis vétérinaire à la retraite. Mais ici , on a surtout besoin de cœur et de bonne volonté ».

Après quelques questions, il apparut qu'Edward était un parfait novice.

Il se retrouva donc préposé à la promenade quotidienne de Croquette et Patapouf.

Patapouf, jeune boxer de son état, n'était au refuge que depuis 2 jours, et, en moins de 5 minutes, Edward se mit à espérer de tout son cœur qu'il soit rapidement adopté. Patapouf était affectueux. Très affectueux. En moins de temps qu'il n'en faut pour dire « wouf » Edward se retrouva couvert de bave, du front aux genoux.

Croquette, quand à elle, était une vieille tortue obstinée. Elle avait visiblement décidé de manger le bout des chaussures d'Edward et s'y employa activement.

Au bout d'une heure, il les ramena à l'intérieur, Patapouf au bout de sa laisse, le bras droit d'Edward ayant doublé de longueur, et Croquette, furieuse, sous le bras.

Après quoi ses talents de médecins furent mis à contribution. Du moins c'est ce qu'il pensa lorsque que le vétérinaire lui demanda son aide en salle de soins.

La veille, on leur avait déposé une jeune biche blessée à la patte.

Edward aida le vieux vétérinaire à refaire le pansement.

La biche, bien que légèrement sédatée, était anxieuse et la tache d'Edward consista à la caresser pour la rassurer.

Il sentit son cœur accélérer: le jeune animal était magnifique, ses yeux, immenses et apeurés , fascinaient Edward.

Il comprit très vite qu'avec les animaux il est impossible de faire semblant.

La biche se moquait bien qu'il soit jeune, beau, riche et médecin.

Il n'était à ses yeux qu'un être humain, et donc un danger potentiel.

Il lui parla doucement, la caressa du bout des doigts et la regarda le renifler. Puis, quand le pansement commença, il la serra doucement contre lui, sentant le sang battre à toute allure dans sa gorge apeurée.

Enfin, le soin terminé, il la rallongea dans sa cage et la regarda se blottir dans la paille et s'endormir.

Malgré la masse de travail qui les attendait, le vétérinaire lui laissa le temps de la regarder dormir quelques minutes.

Enfin, Edward se releva et demanda:

« Est-ce que la biche a un prénom? »

« Non. On n'en donne habituellement pas aux animaux sauvages que nous relâchons après les avoir soigné »

« Bien sûr. Mais est-ce qu'on peut faire une exception, juste cette fois?

« Pourquoi pas? Tu as une idée de prénom en tête? »

« Oui, je trouve que Bella lui irait très bien »

L'autre lui sourit, d'un sourire en coin qui laissait penser qu'il se doutait que ce prénom avait une signification particulière pour Edward.

Ensuite ce fut le tour de soigner les lapins.

Edward, se pensant en terrain conquis, sortit la lapine, nommée Lys, de la cage, en s'exclamant:

« Oh le mignon lapinou! »

Le mignon lapinou, pour toute réponses, lui mordit le doigt.

Le vétérinaire, Mitch, se précipita à la rescousse:

« Attention! Elle a un petit, tu lui as fait peur! »

Effectivement, au fond de la cage, Edward vit un très petit lapin, qu'il attrapa avec précaution.

La maman, Lys, était d'une jolie couleur claire, à peine plus foncée que la couleur des blés, tandis que le pelage du petit était d'un brun chaud.

Le petit lapereau observait Edward, de ses immenses yeux bruns.

Edward le caressa avec douceur.

« Il est magnifique! »

Mitch approuva:

« C'est une femelle. Elle s'appelle Nono »

Lys souffrait d'une blessure à la pate, qui s'était infectée. Néanmoins elle était presque guérie.

Mitch expliqua son histoire à Edward:

« C'était un lapin sauvage. Elle a été attaquée par un renard alors qu'elle venait de mettre bas. Le fermier nous l'a amenée après l'avoir trouvée parce qu'elle s'est visiblement battue de toutes ses forces pour sauver sa fille. Sa patte va guérir mais elle ne pourra plus courir aussi vite, on va essayer de les faire adopter »

Edward se mordit la langue pour ne pas donner sa candidature à l'adoption immédiatement. Il fondit encore plus en voyant la petite Nono se nicher contre sa mère et se mettre à téter.

Mitch lui sourit:

« Demain on pourra commencer sa rééducation en piscine. Tu le feras, si tu veux »

Edward, ne sachant pas si son compagnon se moquait de lui ou pas, n'osa pas répondre.

Les soins durèrent encore un moment, ils soignèrent plusieurs chiens et chats, après quoi Edward remplit les gamelles et distribua les repas.

En discutant avec Mitch et Lisa, l'autre bénévole, il comprit que dans la région les habitants n'abandonnaient pas comme ça leurs animaux, contrairement aux grandes villes. Edward en fut réconforté.

En fin de matinée une vieille chienne fut adoptée par une dame âgée récemment veuve et Edward sentit sa gorge se serrer d'émotion en les voyant partir toutes les deux, la dame rejoignant son véhicule appuyée sur une canne et la chienne trottinant doucement à ses côtés, son museau levé vers elle, pleine de reconnaissance.

Il se retourna pour ne pas pleurer, mais Lisa l'enlaçait déjà, pleurant de joie.

A la fin de la matinée, Edward repartit, non sans être allé offrir une carotte supplémentaire à Lys et Nono.

Lys, occupée avec la carotte, le laissa prendre Nono et l'embrasser.

Il rentra à Forks fatigué mais content.

Il était midi et demi quand il grimpa les 5 marches qui menaient à la terrasse depuis le jardin.

Bella finissait de donner sa compote à Riley.

Il se pencha sur eux, déposa un baiser sur le front du bébé et un autre sur la bouche de la jeune fille.

Bella grimaça:

« Tu sens une drôle d'odeur! »

« Je sens le lapin, et la biche aussi! »

Bella lui sourit, ses yeux brillants autant que la biche qui portait désormais son nom:

« Alors c'est vrai que tu travailles comme bénévole au refuge?

« Ouaip. Et c'est vraiment bien! »

Edward sourit alors à son neveu:

« Ca te dirait d'avoir des lapins mon chéri? »

« Yapin! »

S'exclama Riley.

La tête de Rosalie apparut par la baie vitrée:

« Qu'est ce que c'est que cette histoire de lapins? »

Edward sourit à sa belle sœur:

« Je vais te raconter, tu vas adorer! »

Ndla: Je suis vivante! Beaucoup de retard. Ouais. On ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie! Merci de votre patience, je suis heureuse d'avoir repris le clavier!