Hey ! La FanFic qui va suivre se déroule entre le tome 10 et 11... J'espère sincèrement quelle vous plaira.
- Gryf
Hum... J'avais mal... Oui, très mal... Mon corps me brûlait de l'intérieur comme de l'extérieur... Comment se faisait-il ?
Que c'était il passé ? Pourquoi tant de douleur ?
Je me souvins soudain, Danaël, Anathos, son épée dans mon corps. Avait-elle touché mon cœur ? Étais-je mort ? Si c'était la cas la mort n'était pas quelque chose d'agréable.
Après plusieurs minutes de souffrance intense je parvins à me détendre, à regagner mon calme...
J'entendis alors une voix familière, celle de Kel-Cha. Je n'étais donc pas mort , j'étais bien vivant. Pourtant je sentais la mort, elle était là, tapis au fond de moi, je l'entendais, je l'attendais. Alors pourquoi étais-je vivant ?
J'ouvris mes yeux vitreux. Hum... j'étais à Jaguaris, dans l'hôpital royal. Mon corps me faisait mal, surtout au niveau du torse. Je ne parvins pas à bouger, la douleur et la fatigue m'immobilisaient.
Mon frère, voyant que j'étais éveillé, se jeta sur moi et m'embrassa*. Il me fit mal mais son corps contre le mien réchauffait mon cœur froid par la peur, la peur que l'un des Légendaires soit mort.
Comment étais-je arrivé là, Anathos s'était bel et bien réincarné. Qui avait été tué ?
« -Anoth, ça va ? » Lança mon frère.
Il me serrait tellement fort que je n'arrivais presque plus à respirer. Je me dégageais un peu de son étreinte pour lui répondre.
« -Ouais, à part un énorme mal de tête. Non, en fait j'ai mal partout. Et Kel', tu me fais mal là. Me plaignis-je
-Euuuh désolé, me dit-il sans vraiment me relâché, mais tu sais, j'ai eu si peur. Tu imagines ? Le frère que j'ai retrouvé il n'y a pas si longtemps a manqué de mourir dans d'atroces souffrances.
-Mais je vais bien maintenant. Regarde, je pète la form...Aïe ! »
J'avais tenté de ma lever, sans grands succès, la seule chose que j'avais récolté était une douleur encore plus forte.
« -Enfin voilà, je vais bien... non ?
-... »
-Kel, qu'est ce qu'il y a ? Y'a un truc qui va pas ? »
Il ne me répondit pas. Une larme coula sur sa joue. Qui avait-il ? Au fond de moi je savais, oui je savais.
« -Frérot tu sais, je n'ai pas peur de mourir, je suis un Légendaire et en tant que tel la mort ne me fait pas peur, lui dis-je tellement faiblement que m'entendre en était effrayant
-Mais bien sûr que si tu as peur de la mort ! Tout le monde a peur de la mort, même les Légendaires ! » Hurla-t-il
Il explosa en sanglots. Sa réaction avait confirmé ce que je pensais. Ma vie allait bientôt s'achever. Je m'empressais de lui répondre :
-Kel... Tu sais la mort est une fatalité, tout le monde meurt un jour. Et pour ma part que ce soit aujourd'hui ou dans dix ans, je m'en fiche. J'ai bien vécu, je me suis beaucoup amusé, je t'ai rencontré, j'ai sauvé des vies, j'ai aimé, j'ai parcouru tout Alysia à la recherche de justice. J'ai fait des choix, bons ou mauvais. J'ai fait ma vie Kel. Et se sera le sourire aux lèvres que je l'abandonnerais. Alors dis-moi, dis-moi s'il te plaît.
-Ténébris m'a tout raconté, Danaël, Anathos. Je n'ai jamais vraiment aimé ton compagnon mais c'était un homme fort et juste, il ne méritait pas cela, personne ne méritait cela. Et... et...
-Et... ? Continuais-je, l'obligeant à poursuivre
-Et quand il t'a attaqué avec son épée, un morceau est rentré dans ton corps. Toute la médecine Jaguarienne n'a pas réussit à le retirer. Les scientifiques ont calculé qu'il ne te restait plus que... que »
Il ne parvenait plus à parler, les larmes coulaient à flots sur ses joues, inondant sa fourrure si semblable à la mienne.
« -Continue mon frère, continue... »
Je parlais d'une façon si lyrique, si dramatique que j'en étais étonné, moi qui était habitué aux bonnes veilles blagues. Qu'importe !
« -Hooo Anoth, se languit le souverain Jaguarian, Anoth, il ne te reste plus que trois ans à vivre ! Le bout de métal se rapproche lentement mais inexorablement de ton cœur.
-Parfait, trois ans, ça me laisse juste le temps de bien récupérer, de m'entraîner à mort pour être super musclé et fort pour enfin botter les fesses d'un certain dieu qui n'a pas sa place dans notre monde !
-Que ? Tu veux allez te battre contre un dieu ?
-Ouais, je le défoncerai comme il faut, certes, peut-être que j'y passerai mais je ne mourrai pas dans l'anonymat, non... Ma mémoire sera honorée, je serai vénéré et je pourrai mourir fier de moi !
-Anoth ! Tu es vraiment un taré indécrottable ! J'espère sincèrement que tu réussiras à le tuer, ce sale dieu renégat !
-T'en fais pas... Je vais lui faire passer l'envie de se réincarner ! »
Nous étions tous deux réunis. J'étais là, allongé sur mon lit et Kel-Cha était assis à mes côtés. Nous nous parlâmes longuement, il me rappela le passé que j'avais oublié. Il me conta nos jeux et nos bagarres durant les jours où l'on ne pensait pas à l'avenir, juste au présent, les jours où nous jouions simplement, comme des gamins, des gamins heureux.
* Attention, le verbe « embrasser » veut dire prendre entre ses bras, faire un câlin quoi.
- Shamira
Ténébris et moi étions arrivées dans le monde elfique le corps de Shimy entre ses bras. Aussitôt j'avais appelée les meilleurs médecins elfiques et avais fait installer ma fille dan une chambre d'hôpital. L'un des médecins avait fait remarquer que les yeux de ma fille avaient été touchés par une lame et qu'elle aurait sûrement des problèmes de vue à l'avenir.
J'avais besoin d'explications, comment et pourquoi Shimy avait-elle était blessée ? Ainsi que les autres Légendaires ?
Quand Ténébris avait passé le portail magique elle avait foncé vers le royaume Jaguarian pour porter Gryf, après elle était revenue à moi pour amener Shimy ici, au chevet de ma fille je n'avais pas eu le temps de lui demander des explications.
J'étais alors allée voir Ténébris qui était assise sur un banc depuis plus d'une heure, elle attendait qu'on lui donne la permission de repartir dans le monde des humains. Son visage était figé par l'effroi, la peur, la colère, la tristesse et surtout par la culpabilité. Pourquoi culpabilisait-elle ?
Je m'assis à côté d'elle, elle ne réagit pas. Dans ses yeux on ne pouvait lire qu'une chose, de la haine. Elle regardait l'horizon sans la voir, son regard était vide de tout, de joie surtout. Sur ses joues il y avait des traces de larmes mais elle ne pleurait plus, sans doute avait-elle déjà trop pleuré.
« Ténébris, qui a-t-il ? Que s'est-il passait dans le monde humain ? »
Pour toute réponse un vent froid, comme parvenant de son cœur. Elle n'entendait rien, elle n'écoutait rien, elle était comme une poupée désarticulée et sans vie.
Elle semblait tellement malheureuse et bouleversée par quelque chose que je la pris dans mes bras. Geste qui nous étonna toutes les deux, moi parce que ce n'était pas dans mes habitudes, je n'avais pas d'instinct maternel, elle parce qu'elle ne m'avait pas vu et qu'elle avait tant besoin de chaleur humaine (ou elfique).
« -Pourquoi Shimy est-elle dans cet état, repris-je
-Anathos, c'est Anathos », me répondit Ténèbris
Elle resserra notre étreinte mais ne sanglota pas.
Elle me raconta alors comment le dieu s'était réincarné dans Danaël, plutôt que dans Shimy, elle me raconta comment elle avait vu ses amis se faire attaquer, comment elle avait fuit, laissant « ses » pères sur le champ de bataille. Elle me dit qu'ils étaient à coup sûr mort à l'heure qu'il est. Je l'écoutais avec attention, ne perdant pas une miette de son récit.
Quand des elfes sont venus la chercher pour la ramener dans le monde humain je la pris une dernière fois dans mes bras en lui disant que tout irait bien et qu'elle ne devait pas culpabiliser, qu'elle avait fait tout ce qu'elle pouvait pour sauver les Légendaires.
Je couru alors jusqu'à la chambre de ma fille.
Par tous les dieux ! Elle aurait pu soit mourir soit être la réincarnation d'un dieu maléfique. Ma fille, ma chère petite fille. Je me rendis compte que je l'aimais énormément. Notre aventure contre Darkhell nous avez rapprochée. Je pris son corps inerte dans mes bras.
Ciel ! Qu'elle était froide !
Un des médecins vint me voir en me disant qu'elle ne retrouverait jamais la vue.
Aussitôt je partis chez le plus grand artisan-scientifique-magicien de la ville. Pendant toute une semaine je l'aidai à confectionner des broches elfiques qui permettraient à Shimy de voir grossièrement les auras de toutes choses, ainsi elle pourrait presque voir.
Quand le travail fût achevé je me rendis à l'hôpital, Shimy n'était pas dans son lit. Je sortis en trombe de la chambre pour la trouver dehors, sur le sol, pleurant et se couvrant les yeux des ses mains.
- Shimy
Je me sentais curieusement bien, comme flottant sur un nuage, pourtant j'avais était blessée par Anathos. La fenêtre de la pièce où je me trouvais devait être ouverte car j'entendais et je sentais le vent. Une légère brise caressa mes cheveux et me rapporta les cris des oiseaux, les senteurs des fleurs. Je soupirais. Qu'elle étrange quiétude, Anathos n'avait rien fait ? Il n'avait pas bouleversé le cours des choses ? Visiblement pas encore, tant mieux.
Quelque chose éveilla soudain ma curiosité, le vent ! Magnifique ! Je pouvais lui parler.
Lors de ma Karysal plutôt que d'être marquée d'un esprit élémentaire je fus marquée du signe d'Anathos. Aujourd'hui je m'apercevais à quel point j'étais différente des autres elfes élémentaires, qui ne pouvaient maîtriser qu'un ou deux éléments car désormais je les contrôlais tous. La Terre, le Feu, l'Eau et maintenant l'Air m'obéissaient. Aurais-je acquis le contrôle de ce dernier lors de la bataille contre Anathos ?
Comme quoi à toute chose malheur est bon.
Néanmoins je me sentais faible, il me fallait maintenant sortir pour me ressourcer dehors. La pièce sentait bon la rose, la forêt et le cuivre... Hum... Ces odeurs étaient caractéristiques du royaume elfe. Serais-je donc chez moi ? Tant mieux, j'allais pouvoir revoir Lion-feu.
J'ouvris les yeux pour vérifier mes déductions mais je ne vis rien, juste une pièce plongée dans le noir complet. À l'aide de mes sens aigus d'elfes je parvins à trouver le porte menant à l'extérieur. Étrangement tout était aussi noir, c'était comme si l'on avait posé un voile d'obscurité qui troublait ma vision. Je me frottais les yeux méthodiquement, rien à faire, je ne voyais toujours rien. Le soleil me réchauffait, j'entendais des voix et des pas, mais je ne voyais rien. RIEN ! Pas la moindre fleur, le plus petit nuage... Comment se faisait-il ?
Je m'assis par terre, cherchant des réponses que j'avais déjà, mais je ne voulais pas savoir, je ne voulais pas comprendre.
NON !
Des images atroces se rajoutèrent à mes pensées obscures : Anathos prenant possession du corps de Danaël, Jadina et Gryf blessés par ce monstre et l'épée, l'épée divine qui... qui...
NON !
L'épée divine transperçant mes yeux, m'aveuglant...
NON !
Je sentais les larmes me monter, non, cela ne pouvait pas ! Je ne pouvais pas être privée de la vue.
NON !
Pas moi qui aimais tellement observer la nature et les fesses musclées et bien moulées de Gryf.
*tousse*
Mes idées se troublèrent, mes larmes coulèrent. Je hoquetais. Je portais mes mains à mes yeux, essayant tant bien que mal de stopper mes pleurs. Comme un enfant je me roulais en boule pour échapper à une réalité trop cruelle. C'était comme si le sol s'effondrait sous moi, un vide s'installa dans mon esprit.
Une main chaude et ferme se posa sur mon épaule, je frétillais.
« -Shimy ! Shimy, que fais-tu ici ? Tu n'es plus dans ta chambre.
-Maman, c'est toi ? Demandais-je, le voix suppliante
-Oui, oui c'est moi ! Mais que fais-tu là par tous les dieux ?
-Maman ! Maman ! Maman ! Mais je...je...je suis aveugle. Non ! NON ! Ce n'est pas possible.
-Là, doux. Je suis vraiment désolée Shimy mais si, tu as perdue la vue.
-Non, non, non ! Je n'veux pas ! JE N'VEUX PAS ! »
Shamira me prit dans ses bras, j'inondais de mes larmes son vêtement. Je m'endormis sur son corps chaud.
Mon sommeil fut tourmenté. Les mêmes mots me revenaient toujours à l'esprit : Anathos, Aveugle, Mal, Douleur, Souffrance...
J'étais une belle imbécile ! Ma soif de pouvoir avait permis à Anathos de trouver une porte de secours en faisant de moi une clé. Mais la serrure a été Danaël. Je m'en voudrais toute ma misérable vie, Danaël ! Ho Danaël, pardonne- moi je t'en supplie. Je suis si désolée... Je m'en veux tellement. Mais pourquoi avais-je été si bête ? Je n'étais qu'une sombre idiote ! Pourquoi avais-je voulu du pouvoir, le pouvoir ne conduit à rien !
Morts, Mal, Douleur, Pleurs, Fin Du Monde...
Il y avait des gens dans le pièce.
« -Qui est là ? Demandais-je piteusement
-Ta mère, ton père, Lion-feu et moi même, un simple médecin.
-Papa ? Maman ?
-Oui Shimy nous sommes là, répondirent en même temps Albion et Shamira.
-Miaou... ronronna le lion elfique
-Lion-feu ! Mon grand, tu m'a manqué, viens là ! » Dis-je en tapant sur le lit.
Lion-feu sauta sur moi et me lécha le visage, en retour je le caressais vivement.
« -Shimy ?
-Oui monsieur le médecin ?
-Kyrgo, je m'appelle Kyrgo, corrigea le guérisseur, ouvre les yeux s'il te plaît.
-Que j'ouvre les yeux ? M'énervais-je, et pour quoi faire ? Je suis aveugle, c'est bon ! Je sais ! Pas la peine d'en rajouter !
-Shimy ! me reprit mon père, fais ce que monsieur Kyrgo te demande ! »
Je me renfrogna et bien contre mon grès j'ouvris les yeux.
Avec étonnement je pu apercevoir quelques formes, simples certes mais je pouvais voir grosso-modo des lignes formant des meubles, fenêtres... Le plus étonnant ce fut que je pus percevoir l'âme des elfes présents dans la pièce, je pouvais voir des sortes d'ombres différentes pour chacun. Chaque ombre montrant bien l'identité de chaque chose.
Ma parole ! Je pouvais voir !
« -Des auras, tu peux voir les auras. Grâce aux broches elfiques que j'ai accroché dans tes cheveux ? Me lança le médecin, répondant ainsi à une question informulée
-M..merci, bredouillais-je, c'est fantastique ! Maman ?
-Oui ?
-Il faudrait que je poursuive mon entraînement d'elfe élémentaire.
-Pourquoi ?
-Pour botter les fesses d'Anathos tiens !
J'espère que la Fic a plu, laissez moi des reviews pour que j'améliore mon travail. Les autres personnages suivront, je prévois même d'écrire le point de vue de Danaël, enfermé dans son propre corps... Bisus, bisus. ^^
