50ème jour (11/08/2014) Je terminai de boutonner ma chemise. J'affrontais l'apocalypse avec élégance. A l'époque, je n'avais presque que des vêtements habillés dans mon appartement et j'en avais jeté une bonne partie dans mon sac à dos avant de partir à l'aventure, sans me soucier de quels types de vêtements je prenais. Ce n'était pas grave, je me sentais à mon aise dedans. Je partageais maintenant mon armoire avec Luciano. Comme nous étions de corpulence identique, il m'avait autorisé à piocher dans ses propres affaires mais les miennes me convenaient parfaitement.

Je me regardais avec attention dans le miroir de l'armoire. La fin du monde ne m'avait pas beaucoup changé. Je n'avais ni pris, ni perdu de poids. Visage un peu fatigué, normal. Je me trouvais séduisant. J'aimais mon image. Etait-ce une nouvelle ride entre les yeux ? Mes cheveux secs me tombaient sur le front. Je ne les avais jamais portés aussi longs, mis à part pendant une courte période dans les années 90 où j'avais eu l'horrible envie de ressembler à Kurt Cobain. Ils me semblaient plus clairs qu'à l'accoutumée. Je résistais à la tentation de tout couper moi-même. Pas de nouveaux cheveux gris, juste toujours les mêmes au dessus des oreilles. Cette barbe de deux semaines en revanche me vieillissait de dix ans. Physiquement, j'étais le même Graham qu'avant. Et mentalement ? Je ne savais pas.

Quatre. C'était le nombre d'hommes que j'avais tué. Victor Miles, David Butterfield, Alfred Carpenter et Hank Jones. Est-ce que je me souviendrais encore de tous ces noms si la liste venait un jour à s'agrandir ? A partir de quand avais-je le droit d'oublier ces visages ? Ma vie avait changé, j'avais dû m'adapter. Mais était-ce vraiment un changement ou est-ce que j'avais déjà cette singularité en moi bien avant ? Peut-être que la seule raison pour laquelle je n'étais jamais passé à l'acte plus tôt était parce que la situation ne s'était jamais présentée. Sordide. Je me sentais toujours "moi", pourtant.

Nous vivions dans un cadre bien défini par des règles rassurantes. Les règles étaient tombées. Alors que certains comme Luciano, Allison ou Joe continuaient de suivre le "droit chemin", d'autres s'éparpillaient et sortaient du cadre de l'acceptable. Je savais reconnaitre ce qu'on appelait le Bien ou le Mal. J'avais toujours fait ce qu'on attendait de moi mais j'avais parfois du mal à comprendre pourquoi je le faisais. Le conditionnement exercé sur moi par notre ancienne société qui m'aidait à bien agir sans me poser de questions s'effaçait de jour en jour. Sans plus aucune limite imposée, je ne pouvais que dévier. Explorer comme un enfant découvrant le monde, aller au delà de mes limites. Ma liberté infinie me montait à la tête.

Mais ça allait. Une nouvelle atmosphère plus saine se profilait. J'étais entouré de personnes qui pouvaient me rediriger. Comme je l'avais avoué à Luciano, il fallait que j'accepte mes faiblesses. J'avais besoin d'aide.

Joe entra dans la chambre sans frapper.

- Est-ce que tu es prêt, mec ? demanda-t-il.

- Je le suis.

Joe venait me chercher pour la "visite". J'avais continué de me reposer ces deux derniers jours, prenant tous mes repas au lit. Je ne connaissais rien d'autre que les quatre murs de ma chambre. Quand nous sortîmes de la pièce, nous nous retrouvions dans un couloir très sombre, sans aucun éclairage. Nous n'avions plus d'électricité. Il y avait cinq chambres à l'étage. Celle du fond était occupée par Allison et Joe. Il y avait ensuite la chambre de Luciano et moi, celle d'Elizabeth, celle de Janet et enfin celle de Conrad devant les escaliers en colimaçon. Chaque chambre disposait d'une petite salle de bain mais nous n'avions malheureusement plus l'eau courante depuis ce matin. Je n'avais aucune idée du fonctionnement du système d'alimentation en eau. Réservoir vide ? Bouchons dans les canalisations ? De toute façon, l'eau n'était déjà plus très claire. La filtration ne se faisait plus depuis notre arrivée. Plus d'eau, donc plus de douche ni de toilettes. Les besoins naturels se feraient donc dans la forêt.

Nous descendîmes. Contrairement au couloir du premier étage, le rez-de-chaussée était éblouissant. La façade était entièrement vitrée. Ma première pensée fut d'ordre pratique. Cette grande vitre nous rendait parfaitement visibles et vulnérables, surtout la nuit si nous allumions des bougies. Un petit rictus se dessina au coin de ma bouche. Je réfléchissais en survivant avant tout à présent, c'était amusant.

Les murs étaient en pierres. Le plafond plutôt bas était d'un blanc éclatant, tranché par des poutres peintes en noir. C'était ici la partie restaurant du gîte. On pouvait facilement faire tenir une centaine de couverts. Des tables rectangulaires en chêne de différentes tailles étaient disposées partout dans la pièce. J'étais surpris de voir que tout était en place pour prendre le repas, comme pour une journée normale. Ca me rappelait le "monde d'avant". Tout était parfait, jusqu'aux serviettes en papier rouge pliées dans les verres. C'était juste un peu poussiéreux. La décoration était sommaire, quelques ustensiles de cuisine anciens en cuivre pendaient aux murs et une ardoise avec le menu du jour était accrochée au dessus du comptoir. Apparemment, le dernier dessert du Chef était la tarte à la mélasse.

Au milieu de la salle, Elizabeth était occupée à passer un coup de chiffon dans des assiettes. Elle s'affairait autour d'une table pour sept convives. Notre table, j'en déduisis. Nous nous approchâmes d'elle.

- Bonjour Elizabeth. dis-je.

- Bonjour. répondit-elle avec un grand sourire. Tu lui fais faire une petite visite guidée, Joe ? Il a vu la cuisine équipée ? Je pense que ça lui plaira.

- Pas encore. répondit Joe. Alors Graham, comme vient de nous dire Elizabeth, par là-bas nous avons...

J'amorçai un pas en direction des portes de saloon menant aux cuisines quand Elizabeth m'attrapa par le bras. Joe continuait de parler tout seul sans remarquer que je ne le suivais plus.

- Merci. murmura-t-elle en me regardant droit dans les yeux.

- De quoi ? dis-je sans savoir pourquoi je chuchotais moi aussi.

- Carpenter. Mon seul regret c'est de ne pas m'en être chargée moi-même, mais merci quand même.

Elizabeth retira sa main de mon bras quand Joe s'aperçut que je m'étais arrêté et elle reporta son attention sur la table qu'elle nettoyait. Elle sortit les serviettes en papier des verres à vin et les secoua pour faire tomber la poussière en affichant un sourire tranquille et en fredonnant la mélodie d'une comptine. Merde, cette femme était aussi froide que moi.

- Tu me dis si je t'ennuie. dit alors Joe en levant les sourcils.

- Ho non ! m'exclamai-je. Je jetais juste un coup d'œil à la table. Ca va nous changer dans manger dans des assiettes propres.

Nous enchainâmes par un tour de la cuisine. Je n'avais jamais pu bénéficier d'une telle place pour travailler. Je me voyais déjà couper légumes et grosses pièces de viande sur ces plans de travail qui n'en finissaient pas. Dommage que nous n'ayons justement plus de légumes frais ni de viande... J'avais envie d'une dinde, ou même d'un simple poulet. Non, rien qu'une caille élevée en batterie suffirait à soulager mon estomac en manque de protéines animales. Je fus agréablement surpris d'apprendre que les cuisinières fonctionnaient au gaz. Tant que nous avions des bombonnes et des allumettes, nous pourrions manger chaud. Même si c'était un restaurant, il restait beaucoup de boites de conserve dans les placards. Bravo pour le Chef, quelle nourriture fraiche et de qualité... L'intérieur des congélateurs géants non-alimentés en électricité me rappelait en revanche l'odeur du zombie pourrissant.

Joe m'emmena ensuite dehors. Il faisait de nouveau frais ce matin. Un très léger brouillard enveloppait le gîte. J'avais la chair de poule. Il y avait d'abord une petite terrasse en bois avec des tables couvertes de lichen et des parasols. Une vaste étendue de graviers servait ensuite de parking. Un pick-up Ford Raptor noir y était stationné. C'était à l'aide de ce véhicule que Janet et moi avions été sauvés quelques jours auparavant. A gauche du gîte, il y avait une maison beaucoup plus petite. Joe m'expliqua qu'elle devait appartenir aux propriétaires des lieux. Ils l'avaient déjà fouillée. Nous avions une grande zone de pelouse qui avait besoin d'un bon coup de tondeuse tout autour de la maison et un chemin de terre menait à la forêt qui commençait cinquante mètres en contrebas.

- C'est génial, Joe. dis-je. Idéal pour des vacances, mais tu penses que cet endroit est sûr ? Tout est ouvert, on va souffrir si on doit monter des clôtures tout autour de la maison. La forêt est dense, on n'a pas de visibilité, alors que nous sommes des proies parfaites derrière la vitre du restaurant. Comme des homards dans un aquarium. Les zombies n'ont qu'à choisir qui ils veulent manger en premier. Et il n'y a pas que les zombies...

- Relax. dit Joe. Tu l'as dit, la forêt est très dense. Ca nous procure une isolation sonore. Et comme c'est en légère montée pour les zombies, il y a peu de chance qu'ils la traversent par hasard. Il y a beaucoup d'anfractuosités dans les zones sauvages du parc. Rochers, crevasses, butes de terre... En général les zombies changent de direction si rien ne les alerte et qu'ils se heurtent à un obstacle. Ils ne viendront pas s'aventurer jusqu'ici. Et si par manque de bol une horde entière arrive malgré tout, on a la falaise derrière la maison.

- Ho, encore plus génial ! m'exclamai-je avec ironie. Alors si une horde décide d'effectuer un séjour chez nous, on n'a plus qu'à sauter du haut de la falaise ? Bon plan !

- Mec, laisse-moi terminer avant de lancer tes sarcasmes. dit Joe. Suis-moi derrière la maison, je vais te montrer.

- Oui, chef !


Nous nous approchâmes du précipice. Passer par delà la barrière était l'assurance d'une chute mortelle. Nous étions au dessus d'un mur de roche d'une vingtaine de mètres de hauteur. Il y avait en dessous deux lignes de chemins de fer envahies d'herbes, puis le fleuve, noir et calme. Derrière le grand pont détruit, je distinguais au loin le fantôme de Wrightsville. Impossible pour moi de définir si le voile qui enveloppait la ville était le brouillard ou un nuage de fumée géant.

- Tu vois ? demanda Joe. Les zombies ne peuvent venir que par devant. Cette falaise à l'arrière pourra nous aider à nous débarrasser d'un grand nombre d'entre eux sans effort. C'est comme des moutons. Si le moindre zombie passe par dessus cette barrière, tous les autres suivront.

- Pourquoi se jetteraient-ils dans le vide alors qu'on sera du côté de la maison ?

- On a élaboré une petite diversion pour les attirer. répondit Joe. Regarde sur les rails, il y a une voiture de police. Elle est parfaitement fonctionnelle, sirènes comprises. Si on craint d'être dépassé par une horde, on allume la sirène et ça les attire tous. Evidemment, il faut se rendre compte rapidement de l'attaque. Si le gîte est déjà encerclé et qu'on ne peut plus sortir de la maison, ça ne sert à rien. Et puis j'ai trouvé un flingue dans la bagnole. Le flic mort dans la voiture n'a tiré qu'une seule balle, pour lui-même. Nous n'avons pas beaucoup d'armes a feu...

- La sirène ne peut pas être activée à distance ? demandai-je.

- Malheureusement non. répondit Joe. Il faudra forcément un volontaire pour aller activer l'alarme. On a attaché une corde là-bas sur la barrière. Il faut descendre en faisant attention à ne pas se briser le cou.

- Alors une fois le volontaire en bas, il attire toute la horde sur lui... dis-je en mettant là le doigt sur le gros point faible de ce plan.

- Oui. Il reste le fleuve si la situation est désespérée. Les zombies n'ont à ma connaissance pas encore appris à nager. Au pire, on va dans l'eau s'ils nous encerclent. C'est un plan risqué, loin d'être parfait, mais ça reste un plan. C'est le meilleur que nous ayons pour le moment. Je sais, ça parait grotesque quand c'est résumé comme ça.

- Ca ne me parait pas si mauvais que ça. dis-je. On trouvera de quoi l'améliorer. Nous sommes là pour un bon moment, non ?

- Ouais... Et j'en suis vraiment content. Ca sera autre chose que ce camp de réfugiés étouffant. Vivre avec ma femme et des amis dans un gîte, ce n'est pas ce que j'appelle une fin du monde très difficile à supporter. Ca sera un peu comme une grande famille recomposée. On peut se refaire une nouvelle vie ici. Nous faisons partie des chanceux, ne l'oublions pas.

- Hum. soupirai-je en perdant mon regard dans le fleuve sombre. Je suis d'accord. J'ai déjà dit ça par le passé mais cette fois je suis persuadé qu'on sera tranquille.

Je m'appuyai sur la barrière. Joe m'imita. De petites gouttes de pluie commençaient à tomber. L'une d'entre elle se glissa derrière mon col de chemise pour parcourir mon dos. Je frissonnai. Cette vue magnifique me rappelait la campagne où j'avais grandi à côté de Bristol. L'herbe verdoyante contrastait avec le ciel et le cour d'eau sombre. Comme le paysage, mon souvenir était à moitié plongé dans le brouillard. Il s'effaçait un peu plus chaque jour. Ce qui était oublié l'était pour toujours. Si il n'y avait plus personne pour s'en souvenir, c'était comme s'il n'avait jamais existé, mon passé allait disparaitre avec moi.

- Il y a un ponton au bord du fleuve. fis-je remarquer. Luciano aime la pêche. Ca serait bien si on cherchait le matériel nécessaire pour ramener du poisson.

- Je pèche aussi un petit peu. dit Joe. Si j'avais un fusil je pourrais également chasser. J'ai un peu pratiqué avec des potes. Cela dit je n'ai jamais rien réussi à tirer...

- Il y a quelque chose que tu ne sais pas faire ? demandai-je avec amusement en lui donnant un coup de coude.

- Beaucoup de choses... soupira Joe.

- Ou sont les autres, au fait ?

- Je crois que Conrad n'est pas encore levé. Il doit dormir dix heures par nuit à mon avis. Il poursuit une mutation en paresseux. Il est en bonne voie. Et Janet est au coin des amoureux.

Joe pointa du doigt un kiosque à cinquante mètres sur notre droite. Janet était seule. Elle ne faisait pas attention à nous. Elle était elle aussi hypnotisée par le paysage, debout et immobile. Ses bras nus me donnaient froid. La jeune fille affichait un air mélancolique.

- Alli et Luciano font de la reconnaissance dans le parc. continua Joe. Il y a peut-être un bâtiment qui mérite d'être fouillé. Allison m'a dit qu'elle a vu des arbres à baies hier. On aura peut-être des fruits au dessert ce midi. Pas besoin de se faire du soucis pour eux, ils seront prudents. Allison et moi avons chacun un talkie-walkie si l'un de nous a un problème.

- Je ne m'inquiète pas pour eux... La pluie commence tomber drue. Nous devrions nous abriter.


- Et voilà, le dîner est servi ! m'exclamai-je en posant le plat de spaghettis au milieu de la table.

- Whoooo ! s'exclama Conrad en pleine extase. Tout ça ?! Ca fait tellement longtemps que je ne me suis pas fait péter le ventre !

- Jetées dans l'eau bouillante avec amour spécialement pour vous. dis-je.

Le soleil couchant illuminait le restaurant. Je m'assis au bout de la table. Nous étions tous réunis dans une ambiance détendue. Un "pop" retentit quand Joe ouvrit la bouteille de vin.

- C'est notre premier dîner tous ensemble chez nous. dit Joe. Ca vaut bien une petite célébration, non ?

- Qu'est-ce que c'est que cette bonne bouteille ? demanda Luciano.

- Hum... Un Barolo de 2008. annonça Joe. Je ne crois pas en avoir déjà bu.

- C'est un bon vin ? me demanda Conrad, qui me prenait pour une encyclopédie vivante.

- Venant d'un resto qui servait des conserves et des pâtes toutes faites, je m'attends au pire. répondis-je.

Joe s'occupa du service. Il remplit généreusement les coupes et s'arrêta sur Janet en l'interrogeant du regard. La jeune fille tendit sa coupe en signe de réponse. Une fois chaque verre plein, Allison leva sa coupe.

- Je pense que ça mérite un toast. dit-elle en souriant.

- En quel honneur ? demandai-je.

- En l'honneur de tous les gens qui nous sont chers et qui mériteraient d'être à cette table avec nous. répondit Allison. Et en l'honneur de ceux que nous avons perdu.

J'avais cru que les paroles d'Allison jetteraient un froid mais ce ne fut pas le cas. Les autres avaient l'air d'accord avec elle. Je n'étais guère partisan de ce genre de cérémonie.

- Alors c'est à moi d'ouvrir le bal, pas vrai ? dit Allison. Je lève mon verre à... à mes parents, en espérant qu'ils vont bien à Seattle. A mon frère Brett et sa famille qui doivent être avec eux. A mon amie Marilyn et à sa petite fille.

Allison essuya un coin de son œil humide avec sa serviette en papier.

- Ho, crotte ! dit-elle en riant. Voilà ce qui arrive quand on est trop émotif !

- A Stephen. dit Luciano en levant son verre à son tour. A mon oncle et à ma tante. A Craig.

- A ma mère. dis-je. A tous mes frères et sœurs, Emma, Patrick, Joan, Robert et Cliff. A mes neuf neveux et nièces, même ceux dont j'oublie toujours le prénom. A Christopher. A Dog, mon tigre d'appartement.

Sous la table, je sentis la main ferme et chaude de Luciano prendre la mienne.

- A mes parents. poursuivit Conrad. A Jake et à Jill.

La pression exercée par la main de Luciano s'intensifia à l'évocation du nom du frère de Conrad.

- A ma sœur Martha. dit Elizabeth. Et Victoria et Travis. Et à mon deuxième ex-mari.

- Je croyais qu'on parlait de ceux qui sont morts. lança Janet d'un ton sec en fusillant sa tante du regard.

- Ho non ! s'exclama Elizabeth sur un ton d'excuse. Allison disait qu'on pouvait lever un toast à tous ceux qui nous manquaient. Je ne voulais pas dire que...

- Tais-toi, tu me fous les glandes. la coupa Janet.

Janet croisa les bras et ne leva pas son verre. La solennité des toasts n'était pas ma tasse de thé mais il ne servait à rien de plomber l'ambiance. Je regrettais que les gifles ne soient plus à la mode... Les bonnes pratiques se perdaient. Joe non plus ne leva pas sa coupe. A la place, il posa sa main sur celle d'Allison.

- Il n'y a personne que je veuille citer. Les personnes les plus importantes à mes yeux sont déjà autour de cette table. dit Joe en souriant à Allison.

Je portai la coupe à mes lèvres et bus un gorgée de vin rouge. Je grimaçai. Il était amer.