J'écrivais ça et voilà.
Plus fait de mots que de rien, ceci est peut-être un Yumikuri.
Je voulais vraiment quelque chose qui a l'air simple à comprendre mais est compliqué à décrypté en réalité.
Gris sur les murs. Gris sur le sol.
A pas de loup sur les pierres froides. A pas feutrés sur celles plus chaudes.
Le vent dans la tête et l'avenir dans les oreilles, aveugle et sourde par son angoisse.
Peur de ne pas y arriver. Premier manque de courage.
Bourdonement sourd qui rend sa bouche pâteuse.
Rythme cardiaque qui fait trembler ses bras.
Un couloir ici, un autre là, quand arrivera la porte qu'elle cherche ?
Maintenant.
Noir dans le monde, la nuit enveloppe sa terreur. Noir dans sa tête, elle rejete l'appréhension.
Et plus sombres encore, ses doutes, lorsque la charnière grince.
Mais soudainement clair, son esprit, quand elle la voit.
Elle s'approche et ses vêtements se froissent.
Elle avance et sa respiration semble beaucoup trop présente à son goût.
Alors elle cesse. Respirer, réfléchir, avancer, douter, voir, entendre.
Et dans sa tête ça hurle.
Cris de protestation.
Rageuse plainte de ce que son coeur lui dicte.
Et que sa raison ignore.
Puis elle reprend. Respirer, réfléchir, avancer, douter, voir, entendre.
Puis le lit est là, à quelques centimètres.
Et Christa est là, à quelques centimètres.
Alors Ymir se dit, que, c'est maintenant ou jamais.
Car c'est maintenant ou jamais.
Et c'est maintenant.
Elle se penche, encore, plus, un peu, toujours...
Et ses lèvres soudainement sourdes à ce que dicte la raison, caressent la joue.
Elle entend le jour arriver, elle l'entend, les oiseaux chantent.
Et elle veut plus.
Alors comme la rossée, ses lèvres se déposent sur celles de l'endormie.
Il fait plus clair dans sa tête.
Il fait plus sombre dans son coeur.
Elle se redresse et, droite comme un i, elle regade Christa sourire dans son sommeil.
Elle voudrait dormir aussi. Elle voudrait ne pas avoir à la quitter.
Vivre un rêve dans un enclos, animal aux yeux constamment clos.
Mais elle ne peut pas.
Alors une dernière fois, elle caresse ses cheveux, absorbant leur douceur.
Elle respire son odeur, la gravant dans sa mémoire.
Ecoutant sa respiration, tentant de ne pas l'oublier.
Traçant le moindre trait de son visage dans son esprit pour ne pas l'effacer.
Goûtant à nouveau ses lèvres.
Une dernière fois.
Avant de partir.
Et le chemin, c'est toujours pareil, comme dans son esprit.
Gris sur les murs. Gris sur le sol.
Et les premiers rayons du soleil qui la nargue.
