Trois mois plus tard, Tony était au paradis. Pas littéralement, bien sûr. Même dans le cas improbable où un tel endroit existerait, Tony savait qu'il n'y avait pas sa place. Mais si, comme l'avait affirmé une chanteuse des années 80, le paradis existait sur terre, alors Tony l'avait trouvé.

C'était l'adorable petit appartement de Loki.

Il y passait tous les week-ends. Ils avaient regardé presque toutes les séries valables qu'ils avaient pu trouver, ainsi que des dizaines de films, de documentaires et même quelques dessins animés. Ils passaient chaque jour où Loki n'était pas au travail, recroquevillés sur son vieux canapé à regarder la télévision.

Parfois, ils regardaient effectivement la télévision. Depuis un mois, ils s'embrassaient sérieusement. Parfois, ils étaient tellement absorbés par leur baiser qu'ils manquaient la totalité de certains épisodes.

Tony avait décrété qu'embrasser Loki était son expression artistique préférée, et il mesurait son niveau de compétence au retard qu'ils prenaient dans tout ce qu'ils étaient censés regarder.

Il était penché sur Loki, le poids de son corps reposant sur ses genoux et sa main gauche, tandis que les doigts de sa main droite jouaient dans les cheveux de Loki, et il l'embrassait. Lentement, avec passion, s'arrêtant de temps en temps pour appuyer son front contre celui de Loki et le regarder dans les yeux.

« Attends, dit Loki en fronçant les sourcils, se tournant légèrement. Vient-il de dire que la fille était l'assassin ? Pour plaire à son père ? Quelle horreur. »

Tony hocha la tête, connaissant la série en question. « Il la traitait comme un citoyen de seconde zone, alors elle a décidé qu'elle devait faire tout ce qui était nécessaire pour le rendre fier d'elle. »

Loki secoua tristement la tête.

« Je ne sais pas ce que je ferais avec un père comme ça.

— Moi, oui », soupira Tony sans réfléchir.

Loki lui jeta un regard interrogateur, et il leva les mains dans un geste implorant. Cela le déséquilibra et il s'affala sur Loki. Leurs corps se retrouvèrent subitement pressés l'un contre l'autre, et il était évident que le temps passé à s'embrasser les avait affectés tous les deux.

Depuis qu'ils avaient commencé à s'embrasser, Loki hésitait à aller plus loin, et Tony respectait cela. Quelle qu'en soit la raison, cela ne le dérangeait pas d'attendre. Il était déterminé, alors il attendrait aussi longtemps que Loki le jugerait bon.

Cette fois, cependant, Loki sourit et passa une main dans le dos de Tony. « Je crois que je sais ce que tu aimerais faire... »

Tony ne put retenir un sourire. « Toujours. Je suppose que les effets secondaires de tes pilules du bonheur n'ont pas affecté cette partie. »

Cela lui valut un regard inquiet. « As-tu noté des effets secondaires, Tony ? Tu devrais—

— Ça va, Doc. » Tony utilisait ce surnom chaque fois que Loki devenait trop directif, ou traitait Tony comme un patient. « Je suis un peu plus préoccupé par les effets secondaires induits par la vue de mon beau petit ami couché sous moi. »

Loki s'esclaffa. « Tu t'inquiètes toujours de cet effet secondaire particulier. Je commence à penser que c'est plus une cause qu'un effet. »

Riant, Tony hocha la tête. « Tu veux parler de cette chose gorgée de testostérone ? Je ne peux pas la blâmer. Big Tony la contrôle plutôt bien quand il le faut, qu'elle le veuille ou non. »

Roulant sur eux-mêmes, Tony passa les bras autour de Loki et se pencha pour un autre baiser langoureux.

Loki sourit quand il recula. « Pourquoi n'insistes-tu pas, Tony ? Je sais que tu en as envie. »

La question à plusieurs millions de dollars. Était-il vraiment temps d'avoir une conversation sérieuse sur leur relation ? Bon, ce n'était pas comme s'il pouvait y avoir un meilleur moment. Et, avant le sexe, c'était mieux qu'après.

Il soupira et passa les mains dans le dos de Loki, ses doigts jouant avec le t-shirt en coton qu'il portait.

« Je ne suis pas un mec facile à vivre, Loki.

— Au contraire, protesta Loki. Je te trouve remarquablement facile à vivre. »

Tony sentit un nœud désagréable se former dans son estomac. Une partie de lui voulait tout dire à Loki et advienne que pourra. C'était l'une des pires idées qu'il ait jamais eues, mais cela lui semblait mieux que de laisser les choses suivre leur cours. Tony avait déjà vécu cela, et il ne voulait pas revivre cette expérience, et encore moins avec Loki.

L'idée de Loki dans le bosquet était encore plus perturbante que ces nuits passées à regarder le plafond et songer au bosquet. Il voulait protéger Loki de tout, y compris de lui-même.

S'il avait été quelqu'un de bien, il aurait quitté Loki avant que les choses aient pu commencer entre eux.

« Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas sur moi, Loki. » Tony se recula suffisamment pour bien voir le visage de Loki. « J'ai le sentiment de t'avoir donné une fausse impression de moi.

— Parce que je pense que tu es quelqu'un de bien ? », demanda gentiment Loki.

Tony hocha la tête. « Oui. »

Au lieu de répondre par des lieux communs, Loki haussa les épaules.

« Alors, montre-moi. Je ne t'ai jamais vu autrement que comme l'homme gentil qui dort sur mon canapé, me prépare le petit déjeuner et ne fait jamais rien qui pourrait me mettre mal à l'aise.

— Je ne veux pas me comporter comme un connard juste pour t'éloigner de moi. J'ai juste... » Tony ne savait pas comment exprimer ce qu'il voulait que Loki sache, sans avoir à tout lui expliquer. Peut-être suffisait-il d'emprunter le chemin le plus simple. « Je veux juste vivre comme ça pour toujours. »

Cela lui valut un petit rire. « Eh bien, qui ne le voudrait pas ? » Loki se pencha pour mordiller la lèvre inférieure de Tony. « C'est l'idée que je me faisais de la perfection. Tu me rends heureux. Je sais que je ne suis pas censé dire des choses comme ça, mais c'est vrai. Chaque fois que je finis ma semaine de travail, tout ce à quoi je peux penser, c'est que je vais enfin te revoir. »

Souriant timidement, Tony ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois avant de pouvoir parler. « Tu me rends heureux, toi aussi. Je n'ai jamais fréquenté quelqu'un comme toi auparavant. »

Loki gloussa. Libérant une main pour désigner son corps, il lui adressa son sourire le plus exaspérant.

« Comment aurais-tu pu ? Il n'y a pas d'hommes comme moi.

— En est-on au moment où je déclare que tu dois être d'origine angélique, et que tu me donnes une tape pour m'apprendre à être aussi cucul ? sourit Tony, oubliant complètement ses réflexions précédentes.

— Je ne sais pas, tu allais dire quelque chose d'aussi ridicule ? » Loki leva la main comme s'il attendait de devoir frapper Tony.

Cachant son visage dans ses mains, Tony secoua la tête. « Bien sûr que non, mon ange. »

Loki lui frappa légèrement les mains, avant de se pencher pour lui mordiller les doigts, l'insupportable allumeur.

« Alors, je crois que nous parlions de sexe.

— Vraiment ? » demanda innocemment Tony.

Il haussa un sourcil incrédule.

« Alors, tu ne veux pas faire l'amour ?

— Je n'a pas dit cela ! », protesta Tony. Ce n'était pas ça du tout. En fait, il y avait peu de choses au monde qu'il désirait plus. « C'est juste que... Je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit, Loki. Et tu hésites. Je ne suis ni aveugle ni stupide. Je sais que tu hésites pour une bonne raison, et tu es plus important pour moi que le sexe, alors je peux attendre aussi longtemps que tu en éprouveras le besoin.

— Et si je te disais que j'ai eu tout le temps dont j'avais besoin ? » Loki sourit et porta une main à la joue de Tony.

Tony se figea. Et si Loki avait attendu assez longtemps ? Et s'ils commençaient à coucher ensemble et que Loki décidait ensuite de le quitter ? Il secoua la tête comme pour chasser ces pensées stupides. Le sexe ne changerait rien entre eux. Tony était sacrément doué au lit. Il était bien placé pour le savoir. Si vous étiez nul, les gens ne prendraient pas la peine de mentir pour vous dire que vous étiez incroyable, non ?

Alors, si le sexe ne changerait rien, pourquoi était-il si hésitant ?

Glissant les mains autour de la taille de Loki, Tony se rapprocha pour capturer les lèvres de Loki dans un long, tendre et étonnamment chaste baiser. Quand il lâcha enfin ses lèvres, il sourit à Loki. « Alors, je dirais que j'espère que tu as ce qu'il faut, parce que je n'ai évidemment rien apporté avec moi. »

Soufflé, Loki sentit sa mâchoire se décrocher. « C'est tout ?

— Loki, nous avons attendu parce que tu étais mal à l'aise. » Tony traça de petits cercles sur la peau sensible du bas du dos de Loki. « Ce n'était pas à cause de moi. »

Loki cligna des yeux plusieurs fois avant d'acquiescer. « Et si je dis que je préférerais attendre encore un peu...

— Alors nous attendrons. Je ne pense pas que tu comprennes à quel point notre relation est plus importante pour moi que le sexe. » Tony élargit les cercles, glissant avec hésitation vers le bas pour prendre les fesses parfaitement rondes de Loki dans ses mains. « Je te veux. Je veux tout de toi. Mais si tu as besoin de temps, c'est à toi de décider. »

Loki se laissa aller entre les mains de Tony et sourit. « Tu es tellement sûr d'être au-dessus, hein ? »

Tony se mit à rire. « Bébé, je me fous de savoir qui est sur qui. Le sexe est juste un moyen d'être plus proche de toi. »

Il était vrai qu'il n'avait pas souvent été dessous quand il était avec un homme, mais il pensait que cela venait plus des hommes qu'il fréquentait que de lui. Et il ne plaisantait pas. Il voulait juste davantage d'intimité. Savoir qui serait au-dessus ne l'intéressait que sur un plan visuel. Il voulait voir les pupilles de Loki se dilater sous l'excitation, sa peau lisse recouverte d'une pellicule de sueur, son visage déformé par l'extase.

Loki prit la tête de Tony en coupe, et il s'inclina pour un autre baiser. Il ferma les yeux, pressa doucement ses lèvres, les effleurant légèrement avant de passer la langue sur la lèvre inférieure de Tony. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il prit une profonde inspiration et commença à parler.

« Il n'y avait pas de quoi en faire un drame », commença-t-il, la voix calme et égale. N'importe qui d'autre aurait pu penser qu'il parlait de quelque chose sans importance, mais Tony entendait la tension derrière le calme forcé. « Une des infirmières au travail s'était mise en tête de me caser avec un vieil ami de fac. Tu sais comment c'est, ils découvrent que tu es gay et wow, ils connaissent un mec gay, alors, évidemment, vous iriez parfaitement ensemble. »

Tony leva les yeux au ciel et hocha la tête. Il n'avait pas connu personnellement cette situation, mais cela lui semblait étrangement familier.

« Il semblait assez gentil jusqu'à ce qu'il me raccompagne chez moi. Il a commencé à se montrer insistant, m'expliquant comment un rendez-vous était censé se terminer. » Loki détourna le regard un long moment, les yeux dans le vague, comme s'il revivait le moment. « Ce n'était pas comme si nous étions comme ces hétéros chiants à mourir, après tout. C'est ce qu'il a dit. Comme si seuls les hétéros ne faisaient pas l'amour lors du premier rendez-vous. Comme s'il y avait une règle disant qu'en acceptant un rendez-vous, j'avais implicitement accepté de coucher avec lui. »

Il n'y avait rien que Tony puisse dire. Tout ce qui lui venait à l'esprit était, soit une platitude vide de sens, soit impliquait que Tony savait ce qu'il avait vécu alors que ce n'était évidemment pas le cas. Alors, il hocha la tête encore une fois, caressa le dos de Loki et attendit la suite de l'histoire, malgré l'envie soudaine qu'il éprouvait de retrouver ce sale type et de le tuer.

« J'ai essayé de me débarrasser de lui quand nous sommes arrivés à ma porte, lui disant que j'étais fatigué et que je travaillais le lendemain. Mais il m'a poussé contre la porte, et... bon, j'ai réagi. Je dirais que j'ai considérablement réduit ses chances de procréer, s'il voulait faire une tentative dans ce sens. » Loki soupira et secoua la tête, puis regarda Tony. « Qu'est-ce qui te fait sourire ? »

Tony ne pouvait pas s'empêcher de sourire. « Toi. Tu es foutrement incroyable. Un mec pense que tu dois coucher avec lui, alors tu le fais chanter dans les aigus. Je commençais à craindre qu'il t'ait blessé physiquement, voire traumatisé à vie. Mais non. Tu lui as botté le cul comme il le méritait. »

L'habituel petit sourire de Loki réapparut, et cela lui mit du baume au cœur.

« Je me suis bien débrouillé, hein ?

— Plus que bien, oui ! Je comprends que l'idée même d'une relation physique te rendait nerveux, dit Tony avant de froncer les sourcils. Tu ne veux pas me donner son nom et son adresse ?

— Et tu ne penses pas que c'est un peu exagéré d'être nerveux à ce sujet plus d'un an après ? », insista Loki.

Tony ne put cacher sa colère. « Quoi ? Tu n'aurais pas le droit d'être traumatisé parce que cela aurait pu être pire ? Ce n'est pas un putain de concours. Il y aura toujours quelqu'un qui aura vécu pire que toi. »

Loki lui adressa un sourire rayonnant et, juste une seconde, Tony se sentit comme la personne que Loki pensait qu'il était. Il était quelqu'un de bien. Il aidait Loki à se sentir mieux, et c'était parfait.

« Tony ? chuchota Loki, avant de venir lui frôler les lèvres.

— Oui ?

— Je suis définitivement prêt. »


Loki y réfléchissait depuis presque un mois. Tony lui avait donné tout l'espace nécessaire, et Loki était persuadé qu'il continuerait à attendre s'il le lui demandait. Mieux que ça, Loki lui avait posé la question, et Tony avait carrément répondu qu'il était prêt à attendre encore.

En revanche, Loki en avait assez d'attendre.

Entre ses rares sorties et le rappel désagréable de cette horrible soirée, il n'avait pas fait l'amour depuis près de deux ans. Le célibat n'avait jamais été un choix. C'était juste une chose pénible qui lui était tombée dessus.

Il était plus que prêt. Il avait réfléchi à la façon dont les choses pourraient changer par la suite et ne voyait pas pourquoi elles se gâteraient. S'endormir aux côtés de Tony lui semblait une bien meilleure option que s'endormir en sachant que Tony était couché sur son vieux canapé défoncé — à moins de dix mètres de lui, mais complètement hors de portée.

Alors, quand il quitta le canapé et tendit la main à Tony cet après-midi, il savait exactement ce qu'il faisait.

Il avait acheté des préservatifs et du lubrifiant en rentrant du travail la veille au soir et les avait cachés sous son oreiller. Son maigre mobilier ne comportait pas de table de chevet, un tiroir aurait pourtant été bien pratique pour ranger tout cela.

Tony semblait à la fois perplexe et excité. Quand ils furent dans la chambre et que Loki sortit ses « emplettes » de sous son oreiller comme s'il effectuait un tour de magie, la perplexité disparut.

« Tu es vraiment...?

— Si prêt que je vais te sauter dessus. Si tu ne me sautes pas dessus à l'instant, je le ferai », sourit Loki, agenouillé sur le lit, un article dans chaque main.

Toute hésitation disparue, Tony s'avança vers le lit, prit les préservatifs dans la main droite de Loki et le lubrifiant dans sa gauche et les jeta sur le lit. « Je veux te voir nu d'abord », demanda-t-il en tirant sur le t-shirt de Loki.

Loki était plus que d'accord avec cette idée, alors il aida Tony à passer son t-shirt au-dessus de sa tête avant de dénouer le cordon du pantalon de survêtement qu'il avait enfilé pour sa journée de farniente sur le canapé.

Il avait en fait brièvement songé à s'habiller de manière un peu plus provocante, mais cela lui avait semblé une mauvaise idée. L'idée de faire semblant d'être quelqu'un d'autre ne lui ressemblait pas.

Tony se pencha en avant pour capturer ses lèvres tout en descendant le pantalon sur ses hanches. Passant les bras autour de Loki, il l'amena à lui pour un baiser passionné. C'était bien plus passionné que ce à quoi ils se livraient d'habitude sur le canapé, tout en langues et en lèvres. Leurs dents s'entrechoquèrent quand ils se séparèrent.

Tony s'éloigna tout en tenant Loki à bout de bras. « Putain. Tu es... incroyable. »

La chaleur se répandit dans la poitrine de Loki, et il pouvait sentir le feu lui monter également aux joues. « J'aimerais te retourner le compliment, mais tu es encore entièrement vêtu. » Il claqua des doigts avant de les pointer vers Tony. « Arrange-moi ça. »

Souriant, Tony hocha la tête et saisit le bas de son t-shirt.

Loki avait suffisamment passé les mains sur ces abdos, quand ils étaient habillés, pour que la vue de ces tablettes de chocolat ne soit pas un choc, mais cela ne changeait pas le fait qu'il voulait se pencher et lécher ce qu'il voyait. Alors il le fit. S'inclinant, il mordilla un mamelon avant de passer la langue jusqu'au nombril de Tony. Penchant la tête en arrière, il leva des yeux provocants vers Tony.

Tony haussa nonchalamment un sourcil et lui adressa son adorable sourire enfantin en réponse.

Décidant que c'était une bonne réponse, Loki tendit la main vers la braguette de Tony. Il se débarrassa rapidement du jean que portait Tony qui se retrouva uniquement vêtu d'un boxer rouge foncé.

« J'aurais mis quelque chose d'un peu moins usé si j'avais su », plaisanta Tony. Sa voix semblait étrangement timide.

Loki secoua la tête, pensant à son propre pantalon de survêtement. « Il est parfait. Tout comme toi. Maintenant, enlève-le. »

Tony se laissa tomber sur le dos. L'adorable sourire sur son visage s'élargit quand il descendit lentement son boxer. Loki pouvait sentir ce regard intense posé sur lui mais, même si sa vie en avait dépendu, il n'aurait pu détourner le regard de cette peau qui se dévoilait face à lui. Il ne put s'empêcher de sourire quand il découvrit la queue rougie de Tony. Elle était parfaite. Épaisse, avec un gland d'un rouge profond. Il n'était pas circoncis, ce qui était plutôt nouveau pour Loki. Il réalisa que cela lui plaisait.

La prenant en main pour jouer avec le prépuce, il retourna son sourire à Tony et feignit la surprise. « C'est pour moi ? C'est mon anniversaire ? »

Riant, Tony passa une main autour de celle de Loki et le guida dans ses caresses. « Chéri, si c'est là tout ce que tu veux pour ton anniversaire, tu auras une agréable surprise dans quelques mois. »

Le fait que Tony se rappelle la date de son anniversaire lui causa une étrange chaleur. (Il n'avait pas eu beaucoup de liaisons, alors il ne savait pas si c'était un truc habituel entre partenaires. En tout cas, lui se souvenait parfaitement de la date de naissance de Tony.) Il secoua la tête, il avait une question plus urgente à traiter. Il se leva et retira son boxer, avant de prendre le tube de lubrifiant. « Tu veux le faire, ou tu veux — »

Avant même qu'il ait pu finir, Tony se redressait et s'emparait avidement du tube.

Souriant, Loki s'amusa à mettre le tube hors d'atteinte, sa grande taille lui conférant un avantage indéniable.

Jamais le dernier pour jouer, Tony amena Loki à lui de son bras droit et l'embrassa avec une férocité qui lui coupa le souffle. La concentration de Loki s'évanouit presque instantanément. Après tout, ce n'était pas comme s'il avait un intérêt personnel à empêcher Tony d'obtenir ce qu'il voulait. Il posa les mains sur les épaules de Tony.

Tony saisit le tube et allongea Loki sur le lit, avant de se placer au-dessus de lui.

« Je vois que tu as des idées bien arrêtées sur le sujet, gloussa Loki en se laissant aller contre le matelas.

— J'ai des idées arrêtées sur beaucoup de choses », convint Tony, assis sur les talons entre les cuisses de Loki. Il se servit de ses genoux pour écarter davantage les jambes de Loki et le contempla longuement.

L'intensité de ce regard fit frissonner Loki. « Arrête de me regarder et fais quelque chose, bon sang. » Il appuya dans son dos avec un talon.

Ce qui fit sourire Tony davantage. « Impatient, hein ? »

— Oui ! »

Ouvrant le bouchon du tube de lubrifiant, Tony en couvrit les doigts de sa main droite. Son sourire se fit malicieux, et il regarda Loki. « Que pensez-vous, infirmier ? Le patient est-il prêt ?

— Le patient est tout sauf patient. Vas-y ! », ordonna Loki. Puis il changea de tactique. L'agacement ne lui permettrait pas d'avoir ce qu'il voulait, il allait devoir se montrer un peu plus... doux. « Je te veux, haleta-t-il entre ses dents. Je te veux en moi. »

Tony se laissa tomber en avant et s'appuya sur un coude. « Tu es terrible, tu sais ? » Ses pupilles étaient complètement dilatées et sa respiration, rapide.

« Tant que ça me permet d'avoir que je veux, concéda Loki. Je fais ce que je dois faire. »

Tony s'esclaffa. « Tu fais ce que tu veux et nous le savons tous les deux.

— N'est-ce pas ce que tu aimes le plus chez m — », Loki s'interrompit quand il réalisa ce qu'il disait.

Putain. Cela venait des mois trop tôt. Quelle belle façon de perdre la meilleure chose qui soit arrivée dans la vie de Loki depuis l'invention du café.

Tony s'arrêta, enfin, après avoir été sur le point de céder aux exigences de Loki. Un doigt légèrement enfoncé entre les fesses de Loki, il le regarda dans les yeux pendant un long moment. Puis il poussa, et Loki sentit le souffle lui manquer. « C'est ce que j'aime le plus chez toi, en fait. Ça, dit-il en commençant à faire aller et venir son doigt, et le fait que tu te soucies plus de ce qui t'entoure que tu veux bien l'admettre.

— Pourrait-on éviter d'évoquer le fait que je donne à manger aux chats errants pendant que tes doigts sont dans mon cul ? fit Loki dans une tentative pour dissiper la tension du moment. Même si je crois que, gloussa-t-il, la façon dont tu me regardes quand je place de la nourriture pour chats sur l'escalier de secours est une des choses que j'aime chez toi. »

Cela lui valut un petit rire, mais Loki pouvait entendre le soulagement derrière. Angoisses d'abandon. « Que puis-je dire ? Cat Woman fut mon premier amour. »

Ils rirent tous les deux, Tony la tête sur la poitrine de Loki, et toute tension disparut.

Quand Tony releva la tête un instant plus tard, son regard redevint intense. Le cœur de Loki palpita furieusement devant ce regard de concentration totale, de dévotion, de désir. Il n'avait presque pas remarqué que Tony était passé à deux doigts, mais alors le bout de ses doigts frotta contre sa prostate et il haleta.

Tony lui décocha un sourire narquois.

« C'est là ?

— Mmmh, » gémit-il, toute tentative de réponse coupée lorsque Tony repassa très délibérément au même endroit. Au lieu d'essayer de parler, il se contenta de hocher la tête.

Tony s'inclina vers lui et murmura, « c'est bon ? Tu en veux un autre ? »

Tout ce que Loki put faire fut de continuer à hocher la tête. Grands dieux, cela faisait beaucoup trop longtemps.

Quand Tony ajouta l'annulaire, Loki sentit une larme glisser sur sa joue. Il tourna le visage pour l'essuyer sur la couette, mais Tony le remarqua et s'arrêta.

« Tout va bien ? Tu veux que je m'arrête ?

— NON ! » Loki se redressa presque, doigts en lui ou pas. « Putain, n'essaie même pas d'arrêter. »

S'inclinant encore, Tony lui sourit doucement. « D'accord. » Il embrassa une nouvelle fois Loki, un baiser aussi tendre et doux que sa voix.

Lorsque Tony s'éloigna un instant plus tard, Loki poussa de tout son corps contre ces doigts si doués.

« Maintenant, Tony. Je suis prêt maintenant. Baise-moi.

— En dessous, mais autoritaire », sourit Tony avant de s'exécuter. Il retira ses doigts, suscitant un gémissement de Loki, et chercha les préservatifs.

« Tu aimes quand je suis autoritaire, contra Loki, soulevant les hanches avec impatience.

— J'adore quand tu es autoritaire », acquiesça Tony. Aussi vite que possible, il ouvrit la boîte, prit un préservatif, ouvrit le sachet et glissa le préservatif sur sa queue. Ses yeux croisèrent ceux de Loki, et il soutint son regard tout en plaçant sa jambe sur son épaule. Se soutenant de l'autre main, il s'avança légèrement.

Loki sentit le gland glisser contre sa peau quand il se positionna lentement. Il poussa un soupir de satisfaction.

Se penchant tout en amenant la cuisse de Loki sur sa poitrine, Tony regarda intensément dans les yeux de Loki pendant qu'il le pénétrait.

Il y avait quelque chose de presque insupportablement intime dans ce contact visuel mais, pourtant, Loki ne voulait pas le rompre. C'était comme s'ils concluaient un pacte, signaient un contrat.

Voilà ce que nous sommes. Voilà ce que nous faisons.

C'est pour toujours.

Avant que Loki ait pu s'attarder sur cette idée, Tony commença à bouger en lui, et toute pensée cohérente fut balayée par une vague de sensations. Il commença lentement d'abord, bougeant juste assez vite pour couper le souffle à Loki, mais sans imposer de rythme éprouvant. Quand Tony commença à frôler sa prostate une fois sur trois, il devint évident que c'était délibéré.

Loki ne connaissait pas les inconscients qui avaient quitté Tony, mais il leur était reconnaissant. Il était à lui parce qu'eux étaient fous. « Tony », lui dit-il. Il était à peine capable de former une pensée cohérente, mais celle-ci lui semblait importante.

« Tony. Je t'aime.

— Je t'aime, Loki, murmura Tony en retour. Putain, tu es si beau. Je t'aime », il s'interrompit et augmenta encore le rythme, et le une fois sur trois devint chaque fois, et, et, et...

Loki sentit vaguement son corps se tendre, vit Tony se pencher pour saisir sa queue et le caresser jusqu'à l'orgasme. Cela sembla durer des heures pendant lesquelles Tony continua à le marteler, frappant sa prostate encore et encore. Il s'effondra sur le matelas et ferma les yeux une seconde.

Ce fut seulement quand il rouvrit les yeux qu'il constata que la seconde s'était éternisée. Il était toujours couché dans son lit, mais Tony était recroquevillé contre lui, ronflant doucement. Ils étaient ensemble sous la couette de Loki et il faisait noir dehors. Un coup d'œil rapide lui apprit que Tony avait nettoyé après leurs exploits et laissé Loki dormir.

Il se pencha et embrassa Tony sur le front, ce qui le fit se tortiller et arrêter de ronfler pendant un moment. Il frotta son visage contre le torse de Loki, puis soupira et se remit à dormir.

Souriant, Loki referma les yeux.

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Bon, yuoi, il va vraiment falloir que tu te crées un compte. ;) C'est difficile de te faire une liste puisque je lis beaucoup en anglais. Comme il y a plus d'auteurs, je trouve forcément plus d'histoires me plaisant dans le fandom anglophone, en particulier les UA que j'adore. Mais tu me fais penser que je devrais établir une rec list sur Tumblr. :)