Bonne et heureuse année à vous et à vos proches ! Que cette année 2016 soit moins marquée que celle qui vient de s'achever et vous apporte un peu de douceur, une bonne dose de compréhension et beaucoup d'amour.
Désolée de ne pas avoir posté plus tôt, il y avait (encore) un bug sur FanFiction, alors j'ai préféré attendre que le problème soit résolu.
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Lorsque les yeux de Loki se fermèrent, Tony retira vivement ses mains. Oh non. Il n'avait pas voulu faire ça. Il ne voulait surtout pas faire de mal à Loki. Loki était la seule personne au monde qu'il avait jamais voulu voir souffrir. Et cette expression sur son visage...
Oh Seigneur oh Seigneur oh Seigneur oh Seigneur.
Il l'avait fait. Il avait tué Loki. Il l'avait tué.
Il s'était battu contre Tony, avait voulu partir, mais cela n'avait pas d'importance. Il avait le droit de quitter Tony s'il le voulait, si c'était ce qui le rendait heureux. Mais, bien sûr, Tony était un monstre, alors il ne l'avait pas permis.
Ce fut alors qu'il réalisa la vitesse à laquelle il était revenu à lui. Dans le passé, il avait toujours réalisé ce qui se passait plus tard, beaucoup plus tard. Il s'était retrouvé à caresser des joues froides, à regarder dans des yeux vides. Les yeux de Loki étaient fermés, sa peau encore tiède.
Putain, Tony était toujours... euh, eh bien, oui. Il commença à se retirer, puis comprit que cela venait de se produire. Venait juste d'arriver.
Et s'il était encore temps ? Ses mains s'envolèrent vers la poitrine de Loki, pour commencer un message cardiaque, pour essayer de...
Un battement de cœur. Il sentait un battement de cœur. Loki n'était pas mort.
Loki n'était pas mort !
Il voulut se relever et danser, mais il avait des choses plus importantes à faire. Il passa une main au-dessus du visage de Loki et sentit un souffle léger.
Il n'avait pas tué Loki. Il avait réussi à s'arrêter avant.
C'était vrai. Il aimait Loki, comme il n'avait jamais aimé les autres. Il ne voulait en aucune façon faire de mal à Loki, pas même pour l'obliger à rester.
« Loki ? souffla-t-il. Loki, je t'en prie, réveille-toi. »
Il hésita à le secouer, à l'obliger à se réveiller — n'avait-il pas fait suffisamment de dégâts ? Il ressentait une envie quasi irrésistible de continuer à toucher Loki, pour s'assurer qu'il était toujours vivant, qu'il respirait toujours, qu'il était toujours là. Dans le même temps, il pensa qu'il n'en avait peut-être plus le droit. Il avait fait du mal à Loki. Il avait beau s'être arrêté, sauvé Loki de la pire part de lui, il lui avait bel et bien fait du mal. Rien ne pourrait jamais changer cela, même s'il ne le refaisait jamais plus.
Loki allait-il jamais pouvoir lui pardonner ?
Loki l'aimerait-il encore, après ce qu'il l'avait fait ?
Loki avait dit qu'il avait besoin de se sentir en sécurité auprès de Tony, et c'était parfaitement logique. Ce qu'il avait demandé était horrible, mais il avait de toute évidence passé beaucoup de temps à y réfléchir. Il était parfaitement conscient de ce qu'il demandait, au point de se préparer au pire. Seigneur, il avait même expliqué à Tony comment s'en tirer, si jamais il le tuait.
Il était tellement mieux que ce que Tony méritait.
Tony voulait que Loki se sente en sécurité avec lui, voulait que Loki soit parfaitement heureux. Il n'y avait désormais plus aucun moyen pour que cela arrive. Loki savait ce dont Tony était capable. Il l'avait vu, l'avait vécu, personnellement.
C'était un juste retour des choses. Juste quand Tony réalisait qu'il ne pourrait jamais tuer Loki, au moment où il était guéri de ses démons, il allait probablement perdre Loki.
Pepper serait contente, pensa-t-il.
Peut-être que, quand Loki l'aurait quitté, il lui offrirait ce qu'elle voulait. Il avait un rouleau de corde dans l'ancienne grange. Il pourrait rejoindre Pepper et les autres dans le bosquet, et y rester pour toujours. Peut-être était-ce ce qu'il méritait. Peut-être était-ce mieux que ce qu'il méritait.
Loki émit un léger son, comme une toux sifflante, et l'attention de Tony fut immédiatement ramenée vers lui. Il n'avait jamais été plus heureux de sa vie que lorsque ces magnifiques yeux verts s'ouvrirent, et que son regard se posa sur lui, plus vif que jamais. Loki balaya la pièce du regard avant de s'arrêter sur Tony au-dessus de lui. Il ne paraissait pas terrifié. Plutôt... perdu ?
Ce n'était pas bon.
« Loki ? » Il se tut et se mordit la lèvre, ne sachant pas exactement quoi dire. Il se recula légèrement et son attention se porta sur le plus-vraiment-un-gros-problème entre eux. Se sentant rougir, il se retira complètement, s'assit sur les talons, enleva le préservatif, y fit un nœud et le jeta dans la poubelle. Quand il voulut reparler, sa voix était si faible qu'il put à peine l'entendre. « Ça fait mal, Loki ? As-tu besoin d'un médecin ? »
Loki sembla réfléchir un instant, puis porta une main à sa tête, avant de tâter sa gorge. Ses yeux vagabondèrent avant de revenir sur Tony, l'expression perdue de retour.
« Je suis tellement désolé, Loki. Je ne voulais pas, c'est — c'est arrivé. Et je ne voulais pas... », il réalisa qu'il n'arrivait plus à respirer assez pour continuer à parler. Il tenta d'inspirer pendant un moment et fut quasiment sûr qu'il s'y prenait mal. Tout ce qu'il pouvait entendre était ses halètements, et il sentit soudain une certaine humidité sur ses joues. Il voulait supplier Loki de ne pas partir. Il voulait vomir. Il voulait s'enfuir. Il voulait que Loki le prenne dans ses bras et ne le lâche plus jamais.
Tony avait l'habitude de ne jamais obtenir ce qu'il voulait, alors il ne demanderait rien. Même si sa respiration se stabilisait et lui permettait de reprendre la parole. Cela n'allait cependant pas être un problème. Cela semblait empirer. Il commençait à sentir la tête lui tourner, et il se vit plus qu'il ne se sentit tomber avant de pouvoir se retenir en posant une main sur le lit.
Loki vint à lui et prit son visage entre ses mains. Tony vit ses lèvres bouger, mais n'entendit pas les mots qu'il prononçait. Avait-il brisé la belle voix de Loki ? L'os hyoïde était une chose délicate et si Tony l'avait cassé...
« — Tony, entendit-il finalement à travers ses faibles halètements. Écoute-moi. Tu respires trop vite, tu dois te calmer. » Loki tendit la main et en recouvrit la bouche de Tony, comme pour l'empêcher de respirer. Curieusement, cette seule action l'aida. Ensuite, Loki se pencha et plaça son autre main dans ses cheveux. « Maintenant prends une grande respiration et compte avec moi. »
Laufey n'approuvait pas. Il faisait également trois mètres de haut et il était bleu, mais le fait vraiment important était qu'il n'approuvait pas.
Il lança à Loki un regard noir qui ne lui ressemblait pas. Loki n'avait jamais réalisé avant ce moment à quel point il appréciait l'approche positive qu'avait son père de la vie. Il s'était attendu à ce que Laufey ne soit pas ravi de le voir fréquenter le propriétaire de Stark Industries, mais il ne s'était pas attendu à de la colère.
« J'aurais dû te tuer à ta naissance », déclara impérieusement Laufey.
Loki était tellement confus qu'il ne put formuler de réponse.
Laufey se tut un instant avant de secouer la tête pour marquer sa déception.
« Je n'ai jamais voulu d'un avorton comme toi. Ce n'est pas étonnant que je ne sois pas le seul à penser cela.
— De quoi diable parles-tu ? fit Loki, ayant enfin retrouvé sa langue.
— Du fait qu'il faille que tu sois mort pour qu'un homme veuille de toi », déclara son père.
Mais ce n'était pas vrai, hein ? Loki n'avait eu aucun problème pour rencontrer un homme qui veuille de lui. Même si c'était bien sa chance que le premier avec qui il voulait vivre soit celui qui l'avait tué.
Mais ce n'était pas vrai, non plus. Les yeux bruns si expressifs de Tony se matérialisèrent en face de lui, suivis par le reste de son corps. Il portait une armure, et Loki ne put le supporter. Il avait besoin de savoir. Il avait besoin de voir le cœur de Tony, de savoir qu'il était à lui.
Se précipitant en avant, il commença à lui arracher son armure, pièce après pièce. Ni l'homme, ni l'armure ne lui résistèrent, mais quand il retira la dernière pièce, tout ce qu'il trouva fut une rayonnante lumière bleue.
Il se réveilla, complètement désorienté.
Il tenta de reprendre sa respiration, ce qui le fit légèrement tousser. Tout son corps vibrait d'une sensation étrange, comme si des doigts le parcouraient et le frappaient partout. Le sang se précipitant vers les cellules privées d'oxygène, se dit-il. Son sang affluait. Ses poumons inspiraient et expiraient — normalement, même — une fois que la toux eut cessé.
Il était vivant. Tony ne l'avait pas tué.
C'était très étrange. Il s'était attendu à avoir mal. Cela n'avait certainement pas été une expérience agréable mais, à part sa gorge contractée, il n'avait pas mal du tout. C'était sensible, comme après une longue journée de garde où il aurait passé trop d'heures à parler, mais ce n'était pas réellement douloureux.
« Loki ? », murmura Tony, ressemblant plus que jamais à un chiot battu. Il se recula, et Loki se rappela immédiatement ce qu'ils faisaient quand il avait perdu connaissance. Tony s'assit et se débarrassa du préservatif avant de reprendre la parole. « Ça fait mal, Loki ? As-tu besoin d'un médecin ? »
Il y réfléchit. Il avait perdu conscience, il ne savait pas pendant combien de temps. Étant donné qu'il étaient tous les deux quasiment prêts à continuer ce qu'ils avaient commencé, cela n'avait pas pu durer bien longtemps. Loki était quasiment certain que Tony ne prenait pas son pied à faire mal aux gens, alors ce n'était pas à cela que réagissait petit Tony. Mais cela signifiait que non seulement Tony ne l'avait pas tué, mais qu'il s'était retiré — devait s'être retiré juste après que Loki se soit évanoui.
Tony recommençait à parler, l'air terrifié et les paroles hésitantes. « Je suis tellement désolé, Loki. Je ne voulais pas, c'est — c'est arrivé. Et je ne voulais pas... » Sa respiration se fit précipitée, et les larmes commencèrent à couler sur ses joues, pas de cette manière élégante qu'on voit dans certains films, mais comme si les chutes du Niagara prenaient naissance dans ses yeux .
Après quelques secondes, sa respiration devint haletante, et Loki réalisa qu'il faisait de l'hyperventilation. Et cela empirait. Quand Tony sembla pris de vertige et tomba en avant, Loki le retint.
« Tony, mon amour. Tony, écoute-moi. Tu respires trop vite, tu dois te calmer. » Cela lui valut un regard perplexe et légèrement horrifié qui n'avait aucun sens.
Pour s'être occupé de patients en hyperventilation une ou deux fois (ou quelques centaines de fois), il soupira et se pencha pour poser la main sur la bouche de Tony pour rétablir son taux de CO2 et ralentir sa respiration.
Tony sembla revenir à lui, et sa respiration se stabilisa après quelques instants. Cela donna à Loki le temps d'examiner la situation. Il avait fait tout ce à quoi il pouvait penser pour que Tony lui fasse du mal : il avait demandé, exigé, et l'avait même délibérément provoqué. Et Tony avait failli le faire.
Mais Loki était vivant.
Tony pleurait toujours, le pauvre chéri.
Mais Loki ne s'était littéralement jamais senti aussi vivant. Il ne venait pas de se découvrir un penchant pour l'asphyxie érotique ou quoi que ce soit. Ce serait toujours trop empreint d'une symbolique malheureuse pour eux, et il n'avait pas le sentiment que ça pourrait devenir sexy. Mais être en vie... Eh bien, être vivant était certainement sexy.
Il tendit les mains pour essuyer les larmes de Tony. « Arrête, mon amour. Il n'y a pas de raison de pleurer. » Il lui sembla étrange que sa voix ne soit pas plus rauque.
« Lo — Loki ? demanda Tony à travers ses larmes. Mon amour ? »
Loki sourit et allongea Tony sur le lit. « Mon amour, dit-il encore. Mon. Amour. »
Il embrassa chaque centimètre du visage de Tony et se sentit sourire. Il l'avait fait. Il avait décidé qu'il devait savoir si Tony pourrait le tuer. Et il savait.
Ce fut alors qu'il sentit un tournant fondamental dans leur relation. Il avait laissé Tony prendre les rênes, pendant tous ces mois passées ensemble. Tony était magnétique, charismatique et intelligent. Il était tout ce que le mâle alpha de base était censé être. Derrière tout ce machisme, pourtant, Tony n'était pas du tout un mâle alpha.
Plus jeune, Loki s'était senti enfermé dans un carcan. Il était grand, bien sûr, mais les qualificatifs masculins traditionnels n'étaient pas ceux qu'on utilisait pour le décrire. On ne disait pas de Loki qu'il était fort, bel homme ou tout en muscles. Loki était mince, élégant et, malheureusement pour lui, pas loin du « mignon ». Alors les gens rentraient inévitablement Loki dans la case « efféminé » et n'allaient pas plus loin. Tous les hommes avec qui il était sorti lui avaient jeté un bref regard et décidé qu'il serait en dessous. Jusqu'à Tony.
Le sexe est juste un moyen d'être plus proche de toi, avait-il dit à Loki la première fois.
Cela ne dérangeait pas Loki d'être en dessous, c'était juste que tout le monde semblait toujours assimiler cette position à de la soumission et, même si, dans une chambre, cela ne gênait pas Loki, dans sa vie, il ne s'était jamais soumis. Tony n'attachait pas d'importance au fait d'être dessus ou dessous, mais, toute sa vie, on l'avait contraint à se montrer dominant, tout comme Loki avait été amené à jouer la soumission. Il n'avait juste pas su quel était le problème, pourquoi les choses finissaient toujours mal.
Pendant des mois, Tony avait inconsciemment tenté de lui faire comprendre. C'était lui qui engageait la conversation quand ils se voyaient, mais il laissait Loki mener les débats. Loki avait supposé que c'était un comportement naturel pour un patient. Il avait montré un intérêt pour le sexe, mais laissé Loki décider du moment. Loki avait cru qu'il était juste trop gentleman pour insister. Lorsque Loki l'avait découvert dans le bosquet, il s'en était remis entièrement à Loki. Quand Loki avait voulu qu'il essaie de le tuer, il l'avait fait, malgré son évidente répulsion.
Sans qu'aucun d'eux ne s'en rende compte, Tony lui avait donné tout pouvoir dans leur relation. Loki n'avait pas réussi à le prendre, parce qu'il ne se doutait absolument pas qu'il le lui offrait. Pas étonnant qu'ils n'aient pas su quoi faire quand les choses avaient mal tourné. Tony ne pouvait pas prendre les choses en main, et Loki ne savait pas que c'était ce qu'on attendait de lui.
Il avait commencé la soirée en réalisant qu'il ne pourrait pas vivre sans Tony. Il était ensuite parvenu à la conclusion qu'il pouvait remettre sa vie entre les mains de Tony, même si tout indiquait le contraire. Il était temps pour lui de le faire comprendre à Tony.
Loki souriait et l'embrassait. C'était vrai, mais cela ne pouvait pas être vrai.
Vous ne pouviez pas étrangler quelqu'un et vous attendre à ce qu'il se réveille et vous embrasse.
Et pourtant, il déposait des baisers le long du cou de Tony, mordillait doucement à l'endroit sensible où le cou rencontrait l'épaule. Tony ne savait comment réagir, jusqu'à ce que le mordillement devienne une véritable morsure, et il laissa échapper un gémissement.
Il avait vraiment besoin de plus d'informations.
« Loki ?
— Mmm ? » La bouche de Loki ne bougea pas. La légère pression sur le cou de Tony lui dit qu'il le marquait, comme un objet préféré. Il frissonna, et la bouche se retira un instant.
« Tu as froid, Tony ?
— Non. Je suis- », il s'interrompit avec un petit reniflement.
Il était sûr que sa virilité ne survivrait pas à cette nuit. Elle vivait ses ultimes instants tandis que Loki était occupé à lui passer les mains au-dessus de la tête. C'était nouveau. Loki n'avait jamais — la pression sur son cou était de retour, un peu plus bas. Il se demanda à quel point Loki avait l'intention de le marquer.
Même s'il s'était considérablement calmé ces derniers instants, petit Tony répondit avec vigueur aux élans étrangement affectueux de Loki. Lorsque Loki plaqua ses hanches contre les siennes, il comprit que Loki était bien plus prêt que lui ne l'était.
« Loki, cela ne peut pas être ce que tu veux. » Il pencha la tête sur le côté pour essayer d'établir un contact visuel. Loki évitait-il de le regarder ? Allait-il prétendre que rien de tout cela n'était arrivé ?
Loki releva brusquement la tête, et plaqua les poignets de Tony plus profondément encore dans le matelas. « Prétends-tu savoir ce que je veux, Tony ? Je pense que je le sais mieux que toi. »
La pression sur ses poignets fit naître en lui une étrange sensation de désir. « Je t'ai presque tué », protesta-t-il, essayant de se défaire de cette sensation.
À son grand étonnement, Loki se mit à rire. « Non. » Tony ouvrit la bouche pour protester, mais Loki posa l'index de sa main libre sur sa bouche pour l'en empêcher. « Je n'ai pas dû être inconscient bien longtemps. Ma gorge ne me fait même pas mal. C'était probablement juste un peu plus intense que ce que certains couples appellent une soirée excitante. »
Tony fronça les sourcils, mais ne protesta pas. Était-ce vrai ? Loki semblait vraiment y croire. Et sa voix n'était pas rauque. Il ne semblait pas éprouver de difficultés pour respirer. Tony ne vit aucune ecchymose marquer la peau parfaite de sa gorge.
« Tony, tu ne voulais pas me tuer. Alors tu ne l'as pas fait. » Loki se pencha jusqu'à venir lui frôler les lèvres. « Maintenant, tais-toi et écarte les jambes. »
Écarte les... oh. Eh bien, c'était très différent. Ses yeux cherchèrent inconsciemment le tube de lubrifiant, mais il les reporta immédiatement sur Loki, en se gardant bien d'ouvrir la bouche. Si c'était ce que voulait Loki, alors c'est ce qu'il aurait.
Semblant lire dans ses pensées, Loki leva les yeux au ciel. « Arrête ça tout de suite. » Il attrapa le tube sans relâcher les poignets de Tony. « Ce n'est pas une punition. Si tu veux dire non, je veux que tu le fasses, à l'instant. »
Tony garda le silence un instant. Il n'avait pas à réfléchir pour savoir qu'il n'allait pas dire non à Loki. Ce n'était pas de la culpabilité, pourtant. Il aimait Loki. Il avait confiance en lui. Il le voulait, pour toujours, de toutes les manières possibles.
Loki déposa le lubrifiant à côté d'eux et posa une main sur le cou de Tony, exerçant une légère pression. « Et là ? Veux-tu que j'arrête maintenant ? »
Un moment, Tony fut effleuré par l'idée qu'il ne méritait pas de répondre oui. Mais mentir à Loki était difficile.
« Oui, lui dit-il, et la pression se relâcha immédiatement.
— Surpris ? demanda Loki.
— Que tu ne me tues pas ? Bien sûr que non. » Tony était sûr de passer à côté de quelque chose. À moins que... « Veux-tu dire que tu devrais être au-dessus à partir de maintenant ? Pour que je ne puisse pas — »
Loki gémit. « Pour un génie, Tony Stark, tu es un idiot. Ce n'est pas du tout ce que je voulais te faire comprendre. Tu m'as demandé d'arrêter, je me suis arrêté. Moi, je ne t'ai jamais demandé d'arrêter. J'ai dit fais-le, continue, et tu n'as pas pu. Crois-tu que cela me donne moins confiance en toi ? »
Et, comme si cela concluait le débat, il saisit le tube de lubrifiant. Comme par magie, il réussit à l'ouvrir, à prendre du gel et à refermer le tube sans en mettre partout. Tout cela avec une seule main, puisque l'autre tenait toujours les poignets de Tony. Puis, sans préambule, Loki lui écarta les genoux et vint lui enfoncer un doigt.
Il fut rapidement impossible pour Tony de retenir un petit gémissement.
Loki eut l'air satisfait et lui adressa un sourire prédateur. « Tu aimes, mon amour ? Tu aimes ça, que je te plaque contre le matelas et que je fasse ce que je veux de toi ? »
Que le ciel lui vienne en aide, il aimait ça. Il hocha la tête, mais Loki haussa un sourcil et cessa tout mouvement. Tony comprit immédiatement l'ordre implicite. « Oui Loki. J'aime que tu me plaques contre le, ah ! matelas et que tu fa-fasses ce que tu veux de moi. »
Les mots résonnèrent étrangement, ne ressemblant à rien de ce qu'il avait pu dire avant. Il s'était toujours considéré comme un amant attentif et prévenant mais son éducation ne lui avait jamais permis de seulement envisager de laisser quelqu'un d'autre prendre le contrôle. Pourtant, une fois qu'il l'eut dit, Loki glissa un autre doigt en lui, et ce fut comme une récompense pour — pour quoi, au juste ?
« C'est un bon garçon, lui chuchota Loki à l'oreille. Toujours si bon pour moi, Tony. Tu fais toujours exactement ce que je dis, même quand ce n'est pas ce que tu veux. »
Ce fut comme si une ampoule s'allumait dans sa tête. Loki pensait que... parce que... mais non ! Non ? L'ampoule s'éteignit dans un crépitement et un nuage de fumée. Il fut rapidement distrait par les doigts de Loki, et alors toutes les lumières dans sa tête scintillèrent dans une symphonie d'oh-Seigneur-oui-juste-là.
« Tu réfléchis trop, mon amour. Sois avec moi. Tout ce que tu as à faire, c'est de m'écouter et faire ce que je dis. » Il se perdit dans la douce voix hypnotique de Loki et tout son corps se détendit. Oui. C'était tout ce qu'il avait à faire.
Loki était vivant, il allait bien et il savait comment tout arranger. Tout ce que Tony avait à faire était de faire confiance à Loki, faire ce que Loki lui disait. Tout se passait toujours bien quand il faisait ce que Loki voulait qu'il fasse.
Il ne s'était jamais senti autant à sa place que quand Loki le pénétra. Il s'était toujours senti maladroit et mal à l'aise, en ces rares occasions où cela s'était produit avec Eric ou Whit. Ils s'étaient attendus à ce qu'il soit à la fois en dessous et qu'il dirige les choses.
Il n'y avait rien de tout cela avec Loki. Tony n'avait jamais rien dirigé avec lui, dessus ou dessous. Il ne l'avait juste pas réalisé avant ce moment où Loki s'était penché pour lui chuchoter qu'il était un bon garçon.
Il se sentit sourire comme un crétin. « Je t'aime, Loki. »
Loki lui retourna son sourire et s'arrêta un instant pour se pencher et l'embrasser doucement.
« Je t'aime aussi, Tony.
— Pour toujours ? » Évidemment, le ton était implorant, mais Tony avait déjà découvert certaines choses sur lui-même cette nuit-là. Découvrir qu'il était un soumis larmoyant n'était pas une grande surprise.
Loki gloussa. « Pour toujours, Tony. »
Quelques heures plus tard, Tony était recroquevillé contre le torse de Loki, la respiration calme et profonde. Il semblait qu'il n'avait pas vraiment bien dormi la semaine précédente, et il avait besoin de rattraper son retard. Et Loki s'était occupé de lui de manière assez intense, pour couronner le tout.
Pressé de questions sur ce qu'il avait fait pendant la semaine, Tony s'était montré très vague.
Se conformant aux injonctions de Loki, il avait fini le ragoût pendant le week-end. Après cela, il n'avait pas voulu cuisiner et le beurre de cacahuète l'avait rendu malade, alors il avait mangé des bâtonnets de carottes jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Ensuite, il ne se rappelait plus ce qu'il avait mangé. Rien, peut-être ?
Il n'était pas non plus sûr de connaître l'origine de ses brûlures, mais il avait eu envie de se gratter depuis le départ de Loki. Peut-être était-ce juste un eczéma dû au stress, ou quelque chose comme ça. Ce qu'il avait fait tout de suite après le départ de Loki ? Il s'était douché. Tout l'après-midi. Sous de l'eau brûlante. C'était comme s'il n'arrivait pas à se débarrasser de sa crasse. C'est bon, maintenant, dit-il à Loki, couvert de sueur et de lubrifiant, ainsi que d'autres fluides corporels. Ou plus probablement d'un fluide, au singulier.
La conversation confirma l'hypothèse de Loki. Tony voulait qu'on lui dise quoi faire, et ce besoin était exacerbé par les situations de stress. Quand il était au plus bas, il avait besoin de Loki pour lui dire de faire les choses les plus simples. Mange. Dors la nuit. Ne te fais pas mal. Ne fais pas d'activité physique quand tu n'as rien mangé d'autre que des carottes.
Arrête de te référer au passé pour juger de ce que tu fais aujourd'hui.
Il n'allait évidemment pas dire à Tony de passer à autre chose, ce ne serait pas si simple. Ce serait comme dire à une personne dépressive qu'elle devrait être plus optimiste et ne pas comprendre pourquoi elle en vous en collait une bonne. Cela allait prendre des années de travail, et étant donné que Tony n'irait pas — ne pouvait pas, plus précisément — voir un thérapeute, ils allaient devoir le faire ensemble.
L'idée de passer le reste de sa vie à faire toujours la même chose avait toujours terrifié Loki. C'était la raison pour laquelle il n'avait pas acheté de maison ou cherché une relation sérieuse. Il avait toujours apprécié sa liberté, même si ce n'était que l'illusion de la liberté dans une vie où il fallait se lever pour partir travailler quatre jours par semaine.
Pour la première fois, il était impatient de s'engager. Passer le reste de sa vie avec Tony lui semblait si improbable la veille, et cette seule idée avait été douloureuse.
Mais allongé avec Tony entre ses bras, se préparant à un long et difficile combat contre la culpabilité, la dépression et les angoisses d'abandon ?
Il sourit et se plaqua contre le dos de Tony, mordillant légèrement la large marque qu'il avait laissée quelques heures plus tôt. Tony marmonna une vague plainte dans son sommeil, mais se colla à lui.
Le reste de sa vie s'annonçait bien.
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Je ne sais pas si on peut qualifier cette fin de happy ending, ce sera à chacune de se faire une opinion. En tout cas, je suis surprise, mais ravie, de voir que cette histoire vous a autant interpelées que je l'ai été. Étant donnés les thèmes abordés, je pensais sincèrement que cette fic rebuterait d'éventuelles lectrices, d'autant plus que j'avais moi-même eu des réticences avant de la commencer. Je suis donc très contente que le style d'iswyn et/ou les nombreuses questions posées par cette histoire aient réussi à vous captiver. Merci beaucoup de m'avoir accompagnée dans cette aventure, merci d'avoir partagé vos impressions avec moi, que vous ayez été heurtées ou touchées. Reste avec moi sera probablement mon ultime traduction, alors je suis heureuse si j'ai réussi à vous faire partager un coup de cœur fanfictionnesque pour ma dernière. ;-)
