Bonjour les loulous !
Ce second OS avec Théo et Lumière sera surement le dernier. Celui-ci est plus sombre et triste. J'espère qu'il vous plaira autant que le premier.
Bonne Lecture !
Le sang.
Les morts.
Les têtes qui volent.
Les cris de rage ou de peur.
La guerre faisait un ravage dévastateur, laissant un silence immortel sur le champ de bataille quand l'un des camps venait de gagner. La victoire avait un goût amer.
Debout, le visage en sang – le sien ou pas – Théo âgé de dix-huit printemps, était dans un état de choc. Son armure fièrement portée rutilante n'était plus qu'un patchwork de sang et d'autres substances, son bouclier porter la trace sombre d'une boule de feu qui aurait pu lui coûter la vie, son épée était brisée et perdu dans la bataille contre un de ces monstres.
Théo cligna des yeux quand un bruit derrière lui lui parvint. Il resta sur le qui-vive, mais du coin de l'œil, la silhouette en armure le rassura, et vit se poster à côté de lui, un magister, qui fixa l'horizon du champ de guerre rougi par le sang ennemi ou allié.
— Tu as bien combattu, soldat Silverberg. Si votre père, vous voyez, il serait heureux de voir son fils, un fier inquisiteur qui a exterminé tout un campement de monstruosité. Déclara l'homme, avec un grand sourire fier.
Théo eut un petit sourire mi-figue, mi-raisin.
— Je ne crois pas, Monseigneur.
— Vous seriez étonné... Bien, rentrons, soldats.
Théo plissa les yeux, il avait l'impression d'oublier quelque chose d'important. Le soleil se couchait rendant la luminosité rougeâtre et obscure.
— Paladin Silverberg ?
— Lumière... Marmonna Théo en regardant autour de lui, affolé. Lumière... j'ai oublié Lumière…
Le magister se tourna, surpris de l'attitude affolée du paladin, qui regardait autour de lui, en parlant de lumière. Ce jeune homme serait-il plus dramatisé plus qu'il pensait ? Possible.
— De quoi parlez-vous, paladin ?
Théo se tourna vers lui, brusquement, les yeux exorbités.
— Lumière... Mon cheval où est-il ?
Le magister fronça les sourcils, pensant que le jeune chevalier se moquer de lui. Les chevaux n'étaient que des montures et pendant des batailles, beaucoup mourraient ou agoniser pour mourir des heures après.
— Ce n'est qu'un cheval, voyons. Vous... Commença le magister, légèrement agacé, mais couper un éclat de voix.
— NON ! Lumière n'est pas qu'un cheval de guerre ! s'écria Théo, fulminant de rage contre son supérieur et contre lui-même.
Théo commença peu à peu à se remémorer, le début de la bataille où il était fier sur Lumière et sûr malgré la tension qu'il avait sentie de son étalon. Il lui avait caressé son encolure et l'animal s'était calmé après quelques paroles de promesse de carotte fraîches après la bataille. Puis le cor sonnant, la charge s'engageant. Puis la boule de feu, le visant, Lumière se cambrant. Une odeur de chair brûlée, une rage sans nom l'envahissait. Puis le sang, le feu et le fer lui brouillèrent l'esprit.
Une larme coula sur la joue de Théo. Lumière était tombé. Son seul ami, son compagnon de route étaient morts bravement.
Il tomba à genoux parmi les cadavres, et poussa un cri de désespoir profond : Lumière !
Le silence lui répondit faisant couler d'autres larmes, et le vent se leva amenant l'odeur des corps brûler, et en décomposition.
— Paladin Silverberg ? Insista le magister.
Théo grogna en essuyant ses larmes.
— Oui, monseigneur. Dit-il, d'un ton amer, en se tournant tout en se levant.
— Nous pouvons y aller, soldat. Nous devons nous hâter, le convoi du retour à l'Église va partir sans nous.
— Très bien. Déclara Théo, en fusillant l'homme en toge, et commença à prendre la direction du dit cortège des rescapés de cette guerre contre les hérétiques.
Soudain, un bruit stoppa Théo, qui tendit l'oreille. Le vent souffla de nouveau vers lui, et il entendit un cri animal familier. Un cheval était en train de hennir. Ce n'était peut-être pas Lumière, mais il devait savoir.
— Paladin Théo ?
Théo s'élança en suivant l'appel de l'animal et bientôt, il vît bien un cheval apparemment blessé, coucher harceler par un chien ou un coyote cherchant à l'achever, mais l'équidé était têtu. N'écoutant que son cœur, Théo s'élança avec son bouclier en avant et fonça contre le prédateur qui ne le vit pas venir, et se prit un coup violent et le fit détaler en couinant vers la forêt la plus proche.
Le cheval hennit ramenant le paladin à lui, et leurs regards se croisèrent.
C'était Lumière.
C'était Lumière, mais il était mourant.
— Non, pas toi. Je peux tenir si c'était lui, mais pas toi... Je t'en prie, Lumière. Souffla Théo en s'agenouillant pour prendre la tête de son ami sur ses genoux repliaient. Je t'en prie Lumière.
Théo n'était plus paladin, il était redevenu un jeune homme qui avait peur de la mort de l'un de ses proches.
Lumière hennissait et eut un mouvement de panique, mettant en alerte les sens de chevalier de Théo qui leva son bouclier pour protéger son ami.
Le bruit du bâton du magister résonna dans la prairie, et deux hommes se regardèrent, se défiant.
— Que faites-vous, Monseigneur ? Demanda rageur, Théo.
— Cet animal doit souffrir, je devais abréger ses souffrances. S'expliqua l'homme d'un ton paternel qui agaça Théo.
— Il n'y a que moi qui déciderai si Lumière doit mourir et non, vous.
Le magister plissa les yeux, mais céda à la demande, et baissa son bâton. Il fit signe à Théo qu'il pouvait s'exécuter. Théo baissa son bouclier, et embrassa la tête de son compagnon, puis caressa sa robe pie.
— Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Murmura-t-il à l'oreille de Lumière, qui hennissait doucement et ferma ses yeux s'abandonnant son sort à son maître.
Théo ferma les yeux et apposa ses mains sur son étalon, et le magister fronça les sourcils puis hoqueta de surprise en sentant la magie dégageant du paladin. Une lumière divine sortit de ses mains, se diffusa rendant un court un instant luisant l'animal.
Théo rouvrit les yeux en haletant de douleur, car il avait senti une partie de sa vie ou de son âme — il ne pouvait que l'imaginer avec la sensation ressentie – avait guérit son cheval. Du moins, il l'espérait.
— Lumière ?
— Je crois qu'il est mort, votre destrier. Nous devons… Commença le magister en s'impatientant.
Mais le brusque mouvement du dit destrier se relevant, l'ébahit devant la robustesse de cet animal. Théo se leva à la suite de Lumière, qui vient poser sa tête contre celle de son cavalier, et ils fermèrent les yeux.
Le magister de la Lumière fut ébloui en voyant le tableau rempli d'un amour entre un maître et son familier, mais des bruits lointains le firent tourner pour voir des bannières de la Lumière s'éloigner au loin.
— Par la Lumière ! Paladin Théo avec vos histoires ridicules de canasson, le convoi est en train de partir sans nous. S'écria l'homme en robe.
— Vous voulez dire qu'ils partent sans vous, Monseigneur. Déclara Théo, d'un ton calme avec un petit sourire malicieux.
L'homme de l'Église de la Lumière se tourna pour voir le paladin montant son cheval qui osait de portait le nom de leur divinité.
— Que voulez-vous dire, paladin ?
— Que l'aventure m'attend. Dis Théo, avant de saluer de la main, l'homme abasourdi.
Théo n'eut pas besoin de talonner Lumière qui partit au pas, vers le chemin menant à la forêt. Théo ignora les appels désespérés ou rageurs de l'homme qui lui avait enseigné la voie de l'inquisition. Il se laissa porter par Lumière qui prit peu à peu de la vitesse, rentrant dans les bois obscurs qui aurait dût inquiéter légèrement le paladin.
Mais une simple pensée le rassura : je peux traverser n'importe quelles ténèbres tant que j'ai Lumière à mes côtés.
Fin.
