Bonjour/bonsoir à tous :)
Rin-cha; parce que je suis sadique 8D
Juliana; et oui, Harry et sa tête de griffon font pas toujours de bonnes choses...
Merci à tous ceux qui ont poster un commentaire :) Théoriquement, je vous ai tous répondu o/ Du moins je l'espère, le site ne dit pas à qui on a répondu Oô - ce qui est mal fait à mon avis... -
L'infirmerie était silencieuse, étrangement tranquille. Allongé sur le flanc droit, dans son lit inconfortable, Severus gardait les yeux fermés. Harry, dans son dos, s'était collé à lui jusqu'à épouser son corps du sien. La main glacée du suceur de sang était posée contre son torse chaud, lui provoquant de temps à autre quelques frissons. Réveillé depuis quelques minutes, l'ancien espion profitait simplement du moment. Son Unique qui ne faisait pas l'aimant à problème, Lucius dépressif qui n'était pas dans les environs, Drago qui n'avait pas à être réconforté, ses élèves avec qui il ne devait pas sociabiliser… Il pouvait simplement se reposer, enfin.
Un petit bruit derrière eux lui apprit que Rumple était revenu. En effet, Severus n'avait ni entendu ni vu l'étrange homme depuis son éveil. Alors qu'il se doutait que l'infirmier se serait immédiatement acquitté de leur état commun par sa personne. Ouvrant lentement les yeux, comme craignant d'être aveuglé par l'éclat des flammes provenant des bougies et des torches, Severus se redressa le plus légèrement possible. Espérant ne pas réveiller Harry, le professeur de potions grimaça cependant.
Tout son pauvre corps était ankylosé et une grimace déforma ses traits un instant. Deux bras enveloppèrent sa taille à découverte, tentant de le rapprocher de sa moitié encore endormie, mais qui semblait le prendre pour une sorte de peluche. Résistant, Severus jeta un coup d'œil dans leur dos, mais son nouvel ami, car Rumple était un ami à ses yeux, n'était pas là. Son rouet était désert alors que Severus se doutait qu'il s'y serait installé pour tisser quelque chose.
Fronçant les sourcils, l'enseignant regarda autour du lit, mais il n'y avait rien ni personne. Décidant qu'il avait dû halluciner le bruit, Severus se rallongea. Harry n'en attendit pas plus et l'endormi vint enfouir son visage dans sa nuque, le serrant contre son torse avec une sorte de grognement possessif qui fit sourire son Unique. Posant une main sur celle de l'immortel, il caressa le dessus du membre de son pouce.
Un léger frisson lui parcouru l'échine alors qu'il se souvenait clairement de la sensation des canines dans son cou, dans sa propre chair, et le plaisir qui en découlait. S'était comme si son corps s'était emplit d'un plaisir, d'une envie pur de ne faire qu'un charnellement avec l'homme qui aspirait son sang, sa vie. Une envie des plus macabres, des plus paradoxales, mais Severus s'en fichait car il n'était pas une proie. Harry ne le tuerait jamais, il lui faisait confiance. De plus, la morsure lui avait apporté un tel apaisement, lui faisant ressentir pour la première fois qu'il était à sa place. Quelle ironie que cette place soit dans les bras d'Harry, ancien élève honni !
Un léger sourire fleuri sur ses lèvres alors qu'il entendit le dit suceur de sang le nommer d'une voix vaseuse avant de gigoter contre lui. L'enseignant se retrouva légèrement plaqué au lit, sur le ventre et Harry à moitié couché sur lui. Grognant légèrement de mécontentement, Severus ne bougea cependant pas. Pas qu'il fut confortable, il n'était pas inconfortable non plus, mais le poids d'Harry dans son dos avait de quoi lui couper très légèrement le souffle. Mais l'enseignant n'avait pas le cœur de réveiller la marmotte sur son dos. Une marmotte passablement énergique dans son sommeil en cet instant.
Mais Severus ne pouvait se retenir d'être en colère. Il avait eu si peur pour son Unique, lui avait demandé de lui dire, de lui montrer, mais Harry n'en avait rien fait. Que ce serait-il passé si… s'il était mort ? Un léger frisson d'effroi lui provoqua la chair de poule. Son estomac se serra à cette simple pensée et ses doigts se resserrèrent sur la main froide du non-mort. La colère augmenta dans ses entrailles.
De quel droit Harry lui faisait-il de telles peurs ? Il avait souffert, tellement…
Mais la colère disparue lentement, laissant place à la lassitude. À quoi s'était-il attendu ? Harry était un idiot impulsif et immature la plupart du temps, malgré qu'il fût tendre et protecteur. N'en avait-il pas eu la preuve, plus d'une fois en moins de 72h ? Et même plus… Un léger soupir traversa les lèvres de Severus pendant que celles de sa moitié glissaient sur sa nuque précédemment mordue, faisant rouler des yeux le potioniste. Il n'était pas une poche de sang ambulante bon sang !
- « Harry, c'est bon maintenant, réveilles-toi. Je ne suis pas ta poche de sang portative au nom de Merlin ! » grognassa Severus, lui mettant un léger coup de coude dans les côtes, cherchant à éviter de lui faire mal. « Harry, réveilles-toi où je te jette du lit. » menaça Severus, mais rien à faire, le vampire millénaire restait endormit. « Tu fais chier Harry »
Severus tenta de se redresser, mais grimaça avant de s'effondrer sur le matelas, sous sa moitié. Il était trop faible pour simplement espéré repousser le vampire endormit. Un grondement sourd cependant attira on attention à leurs pieds. Un froissement, très léger, le fit se tendre. Car il n'y avait rien, que des ombres dansant sous les minuscules flammes.
Et l'une d'elles se détachait des autres.
Semblant prendre consistance, l'ombre se redressa tel un corps sortant de l'ombre, du sol. Tétanisé, Severus ne pouvait que la regarder se dresser au pied du lit. Son torse, sa tête, étaient visible. Ses mains glissèrent sur le matelas alors que la masse obscure se mettait à ramper sur le lit. Le matelas s'affaissa là où la chose mettait ses mains, son corps frôla leurs jambes. Une onde froide parcouru le potioniste alors que la panique le gagnait.
Son cœur battait à tout rompre, mais il était incapable de parler, d'ouvrir la bouche. S'était comme s'il était victime de la paralysie du sommeil, sans être endormit. Parce qu'il était bien éveillé, n'est-ce pas ? Ses yeux s'agrandir de terreur alors que la chose le surplombait maintenant, le visage à quelques centimètres du sien. Et bon dieu, s'il n'avait pas le contrôle sur son corps, Severus était sûr qu'il se serait fait dessus.
Et d'un seul coup, ce sombre visage s'abattit sur lui.
Severus se redressa subitement dans son lit, un bruit sourd suivit avec une exclamation de surprise, la bouche ouverte dans un cri silencieux. Son cœur battait à la chamane dans sa cage thoracique. Un éclair illumina la pièce, faisant jouer les ombres. Le regard en alerte, Severus regardait autour de lui sans rien voir.
Un grognement de douleur attira son attention. Regardant à côté de lui, Severus réalisa qu'Harry n'était plus là. Haletant, l'enseignant se pencha alors que le vampire se redressait péniblement. L'ex espion lui refit une place dans le lit d'infirmerie et le millénaire adolescent s'y installant, légèrement sonné.
- « Bon sang Severus, si tu voulais me réveillé tu n'avais pas à me jeter du lit… Je crois que tu m'as cassé une côté » geignit l'adolescent en se tâtonnant le torse en grimaçant. « ou pas… mais ça fait mal.. »
- « Harry, tu as une plaie de plus de trente centimètre qui te barre le torse » soupira Severus avant de se rallonger, sur le flanc. « Désolé, j'ai juste fait un cauchemar. Il semblait si réel… » mais était-ce un rêve ?
Harry le regarda, inquiet. L'étudiant s'allongeant à son tour, caressant la joue cireuse de son unique. Le trentenaire ferma les yeux et son vampire ne put que le serrer dans ses bras. L'ex-Deatheater se laissa faire, n'était pas d'humeur à repousser le vampire au risque de le refaire tomber du lit.
Ses joues s'enflammèrent légèrement quand il réalisa que son vampire ne portait qu'un caleçon et que lui-même n'avait qu'un pantalon pour tout vêtement. Avec son propre caleçon bien sûr. Un petit rire lui apprit que son aîné devinait son malaise et les bras se resserrèrent sur lui, tendrement.
- « Tu veux me raconter ton rêve ? »
- « Seulement… une ombre qui rampait sur nous, sur moi… tu ne te réveillais pas, j'étais paralysé comme dans une paralysie du sommeil. L'ombre s'est arrêté au-dessus de moi avant que son visage ne s'approche d'un coup du mien. C'est là que je me suis réveillé et que je t'ai repoussé. » expliqua le potioniste alors qu'il sursauta légèrement lorsque le tonnerre sembla éclater au-dessus de leur tête.
Encore les nerfs à vifs, Severus ne parvenait pas à se calmer. L'orage ne l'aidait en rien, semblant électriser chaque partie de son être. Un tourbillon de sensations s'insinuait en lui comme un ouragan déferlant sur les côtes américaines, balayant tout sur son passage. Aspirant, recrachant, détruisant…
Une main douce caressa sa joue avec tendresse. Son regard fut happé par les deux perles d'émeraudes et d'or où brillait que la tendresse. Lentement, chaque muscle de son corps se détendit. La tension le quitta à son tour, le malaise dans son estomac s'évapora. Une sensation de bien-être l'enveloppa, le faisant sourire.
Severus n'était pas idiot. Il savait que s'était un tour de sa moitié qui utilisait ses pouvoirs pour le détendre. À son tour, Severus lui caressa la joue, laissant la pulpe de ses doigts descendre sur les lèvres de son Unique. Mais qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour qu'Harry lui permette d'arrêter ses cauchemars. La potion de sommeil sans rêve était une bonne idée, mais il ne pouvait la prendre continuellement.
- « Ça va mieux comme ça ? » demanda Harry en se redressant légèrement, maintenant complètement éveillé malgré qu'il ait gardé la trace de l'oreiller sur le côté droit de son visage.
- « Oui, ça va mieux. Mais ne t'avises jamais d'utiliser tes pouvoirs sur moi pour le plaisir ! » averti le potioniste qui parvint malgré tout à s'asseoir.
Le tonnerre gronda au-dessus de leur tête, comme si une centaine de géants dansaient le tango ou jouaient à la corde à sauter. Un léger rire lui parvint de son Unique qui se leva lentement. Torse nu, il était possible à Severus d'admirer la blessure. Timidement, il se saisit de la main d'Harry et le rapprocha du lit. Le vampire se laissa faire et frémi quand les doigts de la terreur des cachots glissèrent sur la plaie recousue.
- « Tu n'es qu'un bel imbécile impulsif sans cervelle et irréfléchi… Je souffrais doublement Harry, j'espère que tu le réalises ? »
La main droite du prince se posa sur la sienne, croisant ses doigts aux siens.
- « Je suis tellement désolé Severus… »
Le concerné ferma simplement les yeux. Comment pouvait-il resté choqué contre lui ?
- « Ne compte pas sur moi pour te donner la tété si tu as faim ! Prend cela pour ta punition. »
Harry geignit légèrement, il était fait, car Severus savait exactement comment le manipuler et lui faire regretter amèrement d'avoir caché sa blessure. Car malgré leur lien naissant, et déjà fort, Severus restait ce qu'il était. Un pur Slytherin ! Il n'hésiterait pas à utiliser tous les avantages du lien pour contrôler un peu le jeune prince et le calmer. Malgré qu'il n'en abuserait pas. Il n'était pas un sadique après tout. Et il ne voulait pas faire de mal à sa moitié. Le lit s'affaissa de nouveau alors que son vampire reprenait place dans le lit. Severus se demanda si Harry allait ce décider enfin; il se levait ou il restait au lit ?
Un petit nez vint se cacher dans son cou alors qu'Harry se blottissait dans ses bras. Ceux du non-mort entourèrent sa taille et son poids le força à s'allonger sur le dos. Des lèvres glissèrent sur sa carotide sensuellement, provoquant un frisson chez le potioniste.
- « Réellement, Severus, tu me laisserais affamer alors que je me remet d'une blessure sévère ? » la voix, faible, semblait profondément triste et piteuse, le corps dans ses bras trembla. « Alors que tu es le seul que je désir mordre, que je désir excité de ma morsure ? »
- « Le scélérat ! » songea Severus, réalisant qu'Harry jouait avec ses sentiments, son envie de le protéger. « Harry… »
Deux yeux embués de larmes se posèrent sur lui comme si le supposé Élu allait fondre en larme de sang. Dans sa poitrine, Severus sentit son cœur se serrer douloureusement à cette vision. Bon sang, ce sale gosse causerait sa perte ! Ne pouvant y résister, Severus caressa la joue de son Unique et, du pouce, chassa les larmes carmines de ses yeux alors qu'un sourire de triomphe éclairait le visage du vampire, faisant briller ses prunelles d'émeraude et d'or.
OoO
Amaël observait ses élèves admirer la Coupe recueillant les noms. En manipulant le Voile avec précaution, le vampire était parvenu à faire en sorte que l'objet magique soit aussi accessible aux siens. Quelques jeunes mettaient leurs noms, rigolaient et pariaient sur qui serait choisi. Naturellement, il entendait le nom de son benjamin revenir souvent.
Un doux sourire fleuri sur ses lèvres. Harry participerait naturellement au jeu, mettrait son nom, mais de là à être choisi ? Le seigneur pencha légèrement la tête, réfléchissant aux chances que sa chair devient l'un des champions du Tournois des Quatre Sorciers. Harry avait toujours su s'attirer des ennuis ou des événements peu traditionnels. Sa naissance, sa conception et même sa gestation, en étaient les preuves flagrantes. Même si elles n'étaient pas dans cet ordre... encore une chance d'ailleurs.
Comme un automatisme, l'Immortel roi posa une main sur son ventre alors que ses traits se faisaient nostalgiques. Par deux fois il avait porté la vie, grâce à deux pères différant. Sentir cette petite vie grandir en lui avait été, la première fois, un événement des plus inattendus.
Amaël se souvenait sans mal de sa réaction en réalisant qu'il attendait son premier fils, Samaël. La panique avait été sa première réaction, naturellement. Comment un être comme lui pouvait-il attendre un enfant ? Et puis ce fut la joie, car avec son compagnon, ils formeraient une vraie famille.
Son sourire s'agrandit légèrement. À cette époque, le directeur nocturne le savait, il avait été un être sanglant et cruel. Ses proies préférées étaient d'ailleurs les femmes portant la vie. Arrachant de leurs entrailles leur progéniture, buvant le sang de l'enfant né prématurément avant de faire subir le même sort à la mère. Mais devenir mère lui-même avait changé la donne. Cela l'avait adoucie, rendu incapable de tuer une femme portant la vie.
Le directeur nocturne écarta un bras qu'il passa autour de la taille de la silhouette qui venait de se glisser à ses côtés. Attirant tendrement le nouveau venu contre lui, Amaël déposa un doux baisé sur la tempe de l'homme. Rumplestiltskin lui sourit comme un enfant des plus heureux, réchauffant le cœur momifié de son parent adoptif.
- « Comment vont mes petits-fils Rumple ? »
- « Bien, ils gèrent la situation comme des adultes. Espiègles et joueurs de tours, mais ils restent matures et forts. »
- « Comme leurs parents. Je me souviens de mon gendre comme un être tendre, taquin alors que toi tu es un véritable farfadet avec le cœur le plus fort que je n'ai jamais vu. »
Les yeux de son fils brillèrent, légèrement humides au souvenir de son amour perdu, mais les mots de son père lui mirent du baume au cœur. Des rires attirèrent leur attention vers la coupe où les dits jumeaux se tenaient devant la ligne magique de Dumbledore, devant s'assuré de la majorité des participants. Elle était inutile dans leur cas, majoritairement. Après tous, ses élèves mineurs n'étaient pas suicidaires... n'est-ce pas ?
Les deux têtes rousses tenaient des flacons qui firent froncer des yeux le seigneur de Nobor et de la nuit. Qu'est-ce que ses petits-fils avaient encore mijotés ? Incertain s'il devait réagir au quart de tour, ou laisser les enfants de son fils agir et les laisser subir les conséquences, Amaël posa son regard d'or en fusion sur le géniteur des dits fouteurs de trouble.
L'être à la nature incertaine était dans le même état que lui. Ne sachant s'il devait intervenir ou non. Cette fichue question que tous les parents se posaient ! Parce qu'ils devaient laisser leur chair et leur sang apprendre de leurs erreurs. S'ils les évitaient pour eux, quelles leçons tireraient-ils ? Aucune. Mais ils ne pouvaient pas non plus prendre le risque que leurs progénitures soient blessées.
- « Prêt mon cher Forge ? » demanda George
- « Prêt mon cher Gred ! » s'exclama son jumeau et tous deux burent leur mixture en croisant leur bras tenant le récipient qu'ils jetèrent une fois vide. D'un saut, ils traversèrent la ligne.
Amaël avança d'un pas, son sang n'ayant fait qu'un tour dans son corps avant de se gelé. Mais bon sang, quel idiots ! Il ne fallait pas jouer avec une telle magie. À ses côtés, Rumple aussi s'était tendu et était prêt à se précipiter vers ses enfants au quart de seconde suivante. Mais les jumeaux semblèrent corrects et tous les applaudirent pour leur trouvaille.
Et puis, soudain, ils furent rejeté hors du cercle, enveloppés d'une brume argente. Il y eut des cris , mais la seconde suivante Amaël et Rumple étaient aux côté des jumeaux, face à une situation des plus… inattendue. Car ce n'étaient pas deux jumeaux de dix-sept ans qu'ils avaient sous les yeux, mais deux bébés qui ne devaient pas avoir plus que quelques jours.
Sans attendre, Rumple les prit dans ses bras, ces deux enfants qui pleuraient à chaude larme et qui n'avaient qu'un doux duvet roux sur le crâne. Les oreilles étaient pointues comme celles des elfes de nuit. Leur peau étaient douce, vierge de toutes marques et même de tâches de rousseurs. Quand ils eurent cessés leurs pleurs, les bébés regardèrent leur père et babillèrent content, offrant deux yeux d'un bleu pur et cristallin qui s'étendait à tout l'œil.
Cela fit fondre le cœur d'Amaël qui caressa la tête de celui qu'il reconnut comme étant Fred et l'enfant babilla, content. Rumple lui offrit un regard consterné alors que les jeunes les entouraient. Plusieurs étaient fascinés par les petits et leur faisaient des coucous, des sourires.
La seconde suivante, Alucard se frayait un passage, s'approchant d'eux. Amaël adressa un regard curieux à son plus vieux fils, mais ne parvint à capter les orbes sanglants de ce dernier. En effet, son premier bébé regardait les jumeaux. Sous le choc, ou fasciné, celui-ci ne parlait pas, mais il caressa la tête de George avec tendresse.
- « Que s'est-il passé pour qu'ils soient redevenu de simples bébé ? »
- « Je crois… que leur potion à réagis avec le sort de Dumbledore. La réaction semble les avoirs ramener au moment avant qu'il ne les enlève » susurra l'Immortel directeur en prenant Fred dans ses bras alors que le petit s'agitait pour attraper ses cheveux d'or. « J'ignore cependant s'il sera possible de leur rendre leur âge actuel… » dit-il, posant son regard d'or massif sur Rumple qui berçait maintenant George, souriant de toutes ses dents, semblant comblé. « Mais peut-être ne le veux-tu pas, mon petit lutin ? »
Rumple le regarda, ne semblant comprendre sur le coup, mais sourit avant de passer George à Alucard qui serra l'enfant contre son torse avec toute la délicatesse dû à cette petite chose si fragile qui flottait dans son propre chandail. Amaël avait enveloppé Fred dans son chandail flottant aussi et sourit à son fils biologique.
- « Je dois aller préparer le nécessaire pour les accueillir dans mes appartements, vous pouvez les garder pour moi ? »
- « Bien sûr Rumpydou, allé va ! » rigola Alucard sans détaché son regard du jumeau qu'il portait.
Finalement, Amaël fit partir les jeunes qui les entouraient. Le phénomène était passé, il n'y avait rien à faire. Tout du moins, rien qu'ils voulaient faire. Les jumeaux redevenu bébé, Rumple avait une chance de pouvoir les élever, les voir grandir tout simplement.
- « Je te confie Fred aussi. Je vais passer au palais chercher des vêtements pour ces abrutis congénitaux. Va à l'infirmerie, je suis sûr qu'Harry sera en extase devant ses neveux redevenu bambin » rigola l'Immortel en passant le second jumeau à Alucard qui sourit, serrant aussi l'enfant contre son cœur.
Tous deux partir, se séparèrent dans le Hall d'entrée. Amaël jeta un dernier regard à sa chair et à son sang qui ne quittait pas les jumeaux des yeux, ne faisant attention à rien d'autre que ces petits êtres fragiles. Un fin sourire se dessina sur ses traits avant qu'il ne franchisse l'immense double porte. Le Directeur disparu au milieu de la pluie, de la foudre et du tonnerre tel un spectre.
De son côté, Alucard gardait au chaud les petits contre lui, les cachant sous son manteau. Oh, pas que le vampire voulait les masquer à la vue de tous, mais la peau de loup-garou était chaude et Al' refusait que ces bouts de chou attrape froid. Un tendre sourire étira ses lèvres lorsque George, ou était-ce Fred ?, le regarda dans les yeux et lui offrit un sourire édenté.
Son jumeau dormait à point fermé, la tête enfouit au creux de l'épaule de l'être ancien. Sa respiration était calme et profonde, faisant s'élever sa petite poitrine fragile. Le jumeau éveillé lui tenait la main, comme s'il avait peur d'être séparé de son autre moitié.
Jamais Alucard n'avait ressenti une telle envie de protéger des enfants, il ressentait même une pointe de possessivité et ne savait pas s'il parviendrait à laisser son propre frère les prendre ne serait-ce qu'un instant. Il pencha cependant la tête lorsqu'une poigne ferme et étrangement forte lui tira une mèche de cheveux.
Un léger rire fit vibrer la gorge du buveur de sang qui posa ses lèvres sur le front de son neveu par affiliation avec son frère adoptif. Il avait toujours considérer Rumple comme un frère de cœur et non un frère de sang. Comme tous les autres enfants que sa mère avait adoptés et élevés. Peut-être parce que, justement, ils ne partageaient pas le même sang.
Un grand sourire nostalgique remplaça le sourire bienheureux sur ses traits alors qu'il se souvenait d'une certaine relation qu'il avait eue avec le père des jumeaux dans ses bras. Relation qui avait pris fin lorsque Rumple avait rencontré celui qui deviendrait son époux.
Cela avait laissé un grand vide dans son cœur, vide qui s'était accentué des années plus tard quand son propre Unique l'avait rejeté violemment. Mais en cet instant, en tenant ces bébés dans ses bras, plus rien n'avait d'importance. Ce vide avait simplement disparu. Arrivé devant l'infirmerie, le vampire ouvrit la double porte avant de s'arrêter.
Il n'y avait plus personne.
Ennuyé, Severus regardait la pluie battre les vitres à la lumière des chandelles et des éclairs. Le tonnerre faisait vibrer les vitres au point que, parfois, l'enseignant se demandait si elles ne céderaient pas. Somnolant, il était cependant incapable de détacher le regard de ces fenêtres, ressentant une irrésistible envie de se retrouver sous la pluie.
Même s'il était à l'intérieur, il devinait parfaitement la sensation des gouttes d'eaux coulant sur son corps. Le froid caressant son corps comme le faisait Harry avec ses mains. Un doux frisson le parcouru alors qu'il imaginait le vent jouer avec ses cheveux, l'électricité dans l'air à cause des éclairs, la vibration du tonnerre dans tout son corps alors qu'il n'y aurait plus de mur pour le protéger de la colère de la nature.
La gorge sèche, le potioniste attrapa sa baguette et d'un mouvement de poignet, fit disparaître le jus de citrouille du verre. D'un second mouvement du poignet, il l'emplit d'eau avant de s'en saisir. L'homme au passé sombre vida son verre rapidement, plus assoiffé qu'il ne le croyait avant que son regard ne se perde encore dehors, face à l'orage.
Malgré qu'il vienne de se désaltérer, Severus sentait toujours sa gorge sèche. Peut-être un effet secondaire à la morsure ? Après tout, Harry l'avait mordu au cou, lui sirotant le sang en bonne petite sangsue impulsive qu'il était. Un léger sourire, plus une grimace, d'amusement peint ses traits. Pas sûr que son père allait le laisser rester aussi griffon.
Grognant légèrement, le corps encore ankylosé, Severus parvint cependant à se redresser en position assise, laissant ses jambes glisser hors du lit. L'air frai contre ses pieds chauds et nus le fit frissonner. D'un informulé il fit venir à lui ses chaussettes et souliers, les enfilas avant de quitter l'endroit qu'il haïssait tant. L'infirmerie, s'était comme les hôpitaux et ces derniers n'étaient jamais rassurants. Sauf pour les naissances, mais même-là, s'était dans la douleur autant pour l'être qui donnait la vie que pour le pauvre bougre qui lui tenait la main.
Attrapant une cape de fourrure qui traînait sur un porte-manteau, Severus s'engouffra dans l'orage, rabattant le capuchon sur sa tête pour éviter d'être trop trempé. Le vent sifflait dangereusement à ses oreilles, mordant la peau de son visage quand il se glissait sous le vêtement chaud. Il lui rappelait les cris de ceux que Voldemort torturait par simple plaisir devant eux, ou ceux montant des cachots.
Un nouveau frisson le parcouru, de colère cette fois. Comment avait-il pu être aussi bête et suivre Lucius ? Comment son ami avait-il pu s'engager auprès de Celui-dont-il-ne-fallait-pas-dire-le-nom-parce-que-sinon-il-vous-retrouvait-et-couic….Ouais, ça faisait un surnom plutôt long.
Secouant la tête pour chasser ces horribles pensées, l'homme laissa aller ses pas où ils le voulaient. Parce que Severus ne savait pas où il allait, il suivait seulement cette envie irrésistible de sortir, d'assister en première loge à l'orage. Ce même orage qui trouvait écho dans ses entrailles, comme s'il le portait dans son ventre tel un embryon turbulent et énergique.
Un léger rire traversa ses lèvres à cette simple comparaison alors qu'il posait une main sur son ventre creux.
Décidément, il ne se voyait pas avec le ventre rond ou portant un enfant tout court. Lui, mère ? Il ne fallait pas abuser du jus de citrouille par Merlin ! Bon, de toute façon, ça ne serait pas demain qu'Harry et lui serait sous la couette dans leur plus simple appareil.
Ni marié…
Et Amaël, il lui avait dit que les grossesses chez les leurs étaient rares non ? Ou peu fréquentes, ce qui revenait au même…, et avec un fort taux de mort en couche s'il se rappelait bien. S'était aussi ce fait qui l'effrayait.
Son regard noir vint se perdre sur la rangée de serres qui lui faisaient face. Elles étaient toutes illuminées, mais uniquement dans l'une il parvenait à deviner plusieurs silhouettes. Aegnor devait être en train de donner son cours, surtout que le toit était ouvert. Sans doute pour ses Lys d'il-ne-savait-plus-quoi….
Détournant son attention, la forêt interdite ressemblait à un aimant qui l'attirait de plus en plus. Cependant l'ancien espion n'était pas stupide. La forêt interdite était interdite, sauf pour certains élèves, mais dans son état il ne se voyait pas y entrer à ses risques et périls.
Marchant le plus loin possible de la forêt, l'enseignant se retrouva bientôt près du lac. Les douces vagues venaient mourir sur la plage, accompagnées de l'écume blanche. La pluie qui tombait dans l'eau provoquait un doux son qui, malgré les cris de l'orage, s'entendait parfaitement.
Severus fronça cependant les sourcils, apercevant au centre de l'étendu d'eau agitée une embarcation. Qu'est-ce qu'un bateau faisait au milieu du lac à cette heure si ? Surtout que l'eau n'était pas calme, mais extrêmement agité. Les éclairs illuminèrent deux silhouettes agrippées l'une à l'autre, mais d'où il était Severus ne voyait absolument rien.
Sifflant il agita sa baguette, invoquant son patronus et à sa stupéfaction, se fut une immense chauve-souris qui prit son envole vers l'école. Perturbé, Severus regarda la géante de fumée bleutée avant de comprendre. Harry… Quel était l'animal représentant les vampires ? Un léger sourire naquit sur ses lèvres avant de s'évaporer alors qu'un cri perçant retentit.
L'un des jeunes étaient tombé à l'eau. Au vu de comment il se débattait, l'idiot ne savait sans doute pas nager. Pestant, Severus tenta d'appeler à lui un balai, n'importe lequel. Il n'était pas un fan de ce moyen de transport, mais le temps manquait. Le temps que son patronus trouve un enseignant, ou Amaël, ou Harry partit retrouvé Draco, qui était introuvable et sans doute perdu, il serait peut-être trop tard. L'eau du lac était glaciale, il y avait des créatures dans ses eaux sombres qui n'attendaient que cela… qu'un idiot tombe pour le dévorer.
Mais aucun balais n'arrivait, personne ne répondait non plus à son appel. Son rythme cardiaque commença à accélérer. Que faire ? Severus ne savait pas changer l'eau en glace, de toute façon la dernière fois qu'il avait tenté le sort la glace n'avait été que d'un millimètre… Pointant sa baguette vers l'embarcation, l'enseignant tenta un puissant sort d'attraction, mais encore une fois rien ne se produisit.
Par chance, le gamin parvint à regagner son embarcation grâce à son complice de sortit interdite par le règlement. Par Merlin, il y avait combien de gamins qui adoraient briser les règles dans cette fichue école ? Mais un cri traversa ses lèvres lorsqu'une vague immense renversa l'embarcation. Il vit les deux petits corps, ils devaient être en première année, revolés dans l'eau.
Son cœur manqua un battement, ne voyant pas les enfants remonter. Bon sang, où étaient-ils ? Une bourrasque puissante lui fit perdre l'équilibre, déjà qu'il était plutôt précaire sur ses jambes, et il tomba durement sur ses genoux. Une légère grimace de douleur déforma ses traits alors que la douleur se propageait dans son corps et qu'il réalisait qu'il avait dans ses bras deux bambins.
Deux bébés de quelques jours avec une touffe de cheveux orange sur le crâne…
- « Fred et George Weasley ? » murmura-t-il avant de mettre les enfants à l'abri sous sa cape
Son regard d'onyx fini par se poser sur une sombre silhouette qui flottait à la surface de l'eau. Sous la lumière des éclairs, il réalisa que l'être était à moitié sous l'eau, où il finit par plonger totalement, disparaissant à son tour dans les eaux noires. Des pleurs retentir sous sa cape alors que le vent le frappait de plein fouet.
- « Shhh… shh… »
Doucement l'enseignant commença à bercer les petits alors que le tonnerre se faisait de plus en plus fort tout comme les pleurs. Une petite main froide se posa sur son cou, tentant de s'y agripper avant de finalement se saisir d'une poigne de sa robe. Une autre main s'agrippa aussi à lui. Naturellement, Severus serra les deux petits êtres contre lui un peu plus fort, tentant tant bien que mal de les rassurer.
Mais comment faire, alors que lui-même était sur les nerfs, ne quittant pas des yeux le lac. Un soupir de soulagement quitta ses lèvres lorsqu'il vit la silhouette remonter, deux corps sur les épaules. Un éclair révéla un point rouge.
- « ALUCARD ! » s'écria le potioniste, parvenant à se remettre sur ses pieds et reconnaissant le manteau du vampire. « AL…. » mais il se tue, se retrouvant la seconde suivante avec le buveur de sang à ses côtés.
- « Ils sont vivants… » lâcha le vampire en déposant les corps au sol, la poitrine des petits se soulevant faiblement. « Bordel, mais qu'est-ce que deux humains faisaient sur le lac ? Amaël est partit prévenir le directeur, ma mère était sortie faire le tour des protections et a vu votre chauve-sourie de fumée… Je vais emmener ces deux-là dans le Hall et je reviens te chercher avec les petits »
Sans que le potioniste ne puisse répondre, le haut-vampire avait disparu avec les deux enfants, le laissant seul face au lac et au ciel déchaînés. Fermant les yeux, il berça avec tendresse les petits êtres dans ses bras, bien cachées qu'ils étaient, à l'abri du froid, du vent et de la pluie.
Mais pourquoi avait-il les jumeaux Weasley dans les bras à l'état de nouveau-nés ? Qu'avaient-ils encore fait pour être dans cet état ? Secouant la tête, se disant que le vampire pourrait sans doute répondre à toutes ses questions, le pauvre mortel qu'il était entreprit de commencer à rentrer au château à pied. Non pas qu'il s'ennuyait ou se préoccupait de l'état de ces deux inconscients qui étaient sur l'eau au milieu d'une tempête, mais Severus voulait être en première loge pour voir ce qui se passerait face à cette situation.
Il sursauta à peine lorsqu'Alucard sembla apparaître face à lui, sortant de nulle part. Foutu vitesse vampirique ! Severus le salua d'un hochement de tête et lui rendit les deux petits êtres qui se blottir contre le vampire dès que ce dernier les eut dans ses bras. L'enseignant mortel plaça le manteau, dont il attacha un bouton, pour protéger les petits de l'orage.
- « Montes sur mon dos la chauve-souris bleue, si je te laisse sous l'averse et que tu tombes malade, Harry va me foutre le feu au cul. Et ça, non merci ! »
Grognassant un « hors de question », Severus s'exécuta cependant après un regard sanglant de la part du vampire. Pourquoi est-ce qu'il avait l'impression qu'une fois sur deux le vampire voulait lui faire la peau ou l'assassinait du regard ? Severus en était à se demander si le frère de son vampire n'était pas un peu bipolaire ou schizophrène. Il le demanderait à son Unique la prochaine fois qu'il le verrait.
À peine fut-il accroché au cou du buveur de sang royal que le potioniste sentit l'air s'échapper de ses poumons et ne plus pouvoir y entrer. La seconde suivante, il s'écrasait au sol, la tête tournant plus que de raison alors qu'un rire moqueur lui parvenait.
S'était décidé, Alucard était bipolaire, instable et dangereux pour sa santé autant physique que mentale. Il sentit cependant que quelqu'un l'attrapait sous les aisselles et l'aidait à se redresser. Ouvrant les yeux, Severus croisa deux yeux familiers.
- « Eh bien Severus, vous ne savez pas monter les vampires ? » rigola Rumple alors qu'il mit une claque derrière la tête de sa part avant qu'Alucard lui rende ses fils. « Venez voir papa mes trésors, Alucard vous a emmené dehors en plein orage hein ? Quel idiot… » Dès qu'il prit les jumeaux dans ses bras, ces derniers arrêtèrent de pleurer « Voilà, on ne pleure plus… »
Severus eu un léger sourire alors que des voix lui parvinrent, dont l'une qui était en colère, une autre inquiète, une troisième tentait de se faire raisonnable pendant que la dernière était détaché, voir las. Se tournant vers ces dernières, quelle ne fut pas sa surprise de voir Dumbledore, Minerva, Pompom et Amaël venir vers eux. L'infirmière courue dans leur direction en voyant les deux enfants au sol, sous la surveillance d'Alucard, suivit de Minerva.
En une seconde, Amaël était aux côtés des enfants et prenait leur pouls.
- « Comme je vous disais Albus, les enfants vont bien. Nous ne sommes en rien responsable de vos élèves ni de leurs actes. Ces deux jeunes gens ont décidé de sortir en plein orage, en pleine nuit, nous n'en sommes pas fautifs. Si mon maître de potion n'avait pas été là, vos élèves seraient morts, alors je vous pris entre confrère de direction, fermez-là. Arrêtez de nous mettre sur le dos vos caprices et incapacités Albus. »
L'enseignante de métamorphose sursauta au ton cassant et sec de la voix du seigneur vampirique alors que ce dernier fixait le vieux directeur, un air très sérieux sur le visage. Pompom s'accroupi à son tour à côté des jeunes, Alucard lui cédant sa place.
- « Ils ont sombré dans l'eau et j'ai dû les repêcher. Ils sont en légères hypothermie, rien de bien grave et dont ils ne garderont aucune séquelle. »
L'infirmière hocha la tête, mais elle lança quand même plusieurs sorts de diagnostiques pendant que les deux directeurs se confrontaient mutuellement. Le Voile semblait avoir été retiré du Hall, car Severus vit apparaître soudainement le professeur de sortilège, Filius. Le petit homme à la chevelure blanche, comme sa barbe, arrivait à la course dans son pyjama.
Regardant les deux élèves, à qui Pompom faisait avaler de la pimentine, et remarqua que l'un deux avait la cravate de Serdaigle alors que l'autre celui de Griffondor. Restant aux côtés de l'infirmier et de ses jumeaux, Severus tenta d'ignorer le regard des autres sur sa personne, malgré qu'il sache qu'il devrait répondre à des questions.
Rumple lui fit un grand sourire avant de lui mettre Fred, ou George ?, dans les bras. Une étincelle dans les yeux et qui montrait bien son amusement.
- « Eh bien quoi, Severus ? Un jour ça sera à ton tour ! »
Légèrement pâle à cette idée, Severus garda cependant le petit dans ses bras. Alucard lui retira sa cape humide pour éviter qu'il ne mouille le bambin sans doute. La petite chose lui souriait, babillait comme s'il lui racontait sa journée. Plutôt en forme pour un nourrisson, la chose dans ses bras… Mais un léger sourire étira les lèvres de l'enseignant qui était touché que son ami lui fasse assez confiance pour lui confier l'un de ses enfants qu'il venait juste de retrouver. Sans parler qu'il était en état de faiblesse à cet âge-là !
D'un doigt Severus caressa la petite joue du bébé, mais celui-ci décida de lui attraper le doigt entre ses petites mains roses. Sa prise était étonnement forte, le petit semblait bien décidé à ne pas lui lâcher le doigt. Mais subitement, il sentit quelqu'un tenter d'entrer dans son esprit.
Pur réflexe, il rejeta violemment l'idiot qui s'y tentait, malgré que ses défenses étaient rétablit. Du coin de l'œil, il vit une silhouette vaciller. Braquant son regard sur le responsable, Severus siffla légèrement en voyant Dumbledore se tenir la tête. Amaël retenait son fils de sauter sur le directeur, les deux vampires semblant avoir compris instantanément ce qui venait de se produire.
Naturellement, Severus se recula, imité par Rumple qui braqua un regard noir sur le directeur de jour. Ses yeux avaient pris une teinte noire, si noir qu'ils ressemblaient à ceux d'un démon. Ses cheveux s'étaient dressés sur sa tête comme les poils d'un chat en fureur, ce qui amusa légèrement Severus.
- « Je vous interdis Albus d'essayer de nouveau de pénétrer mon esprit ! » cracha le potioniste en rapportant son regard sur le petit qu'il tenait, l'enfant s'était endormit. Bon sang, comment un bébé pouvait tomber endormit aussi rapidement alors qu'il était si plein d'énergie ?
- « Ramenez ces enfants de votre côté du voile Dumbledore. Severus est sous ma juridiction, étant mon maître des potions. Il vous est interdit d'user du moindre sortilège sur lui pour cette raison. J'interrogerai moi-même Severus et vous rapporterai ses dires. Je vous laisse le soin d'interroger ces enfants et j'espère pour vous qu'ils diront la vérité. À cet âge-là, ils aiment la masquer pour éviter les ennuis. »
Mais Dumbledore n'eut que le temps d'ouvrir la bouche qu'Amaël claquait des doigts. Une sorte de courant d'air tiède, frisquet, traversa le potioniste qui frissonna. La seconde suivante, il ne distinguait que les silhouettes des deux autres professeurs, de l'infirmière, du directeur et naturellement, les deux enfants.
Une main froide caressa sa nuque, le faisant frémir alors qu'il croisait les deux orbes d'or de son directeur. Pourquoi les vampires étaient-ils si tactiles ? S'était étrange et un tantinet flippant pour le potioniste qui n'y était pas habitué. Mais le sourire de son directeur le fit se détendre.
- « Je ne vous pensais pas du genre à sortir en plein orage, mais j'en suis ravi. Si vous vous en sentez la force, nous allons allez parler dans mon bureau. » proposa le seigneur, montrant les marches d'une main.
Hochant simplement la tête, Severus rendit le bambin à son père – ce qui fut inutile puisque Rumple les refila à Alucard en disant qu'il retournait meubler la chambre des petits – avant de suivre l'homme à la chevelure de miel et d'or. Le cœur était lourd, son estomac à l'envers et Severus avait le goût de vomir.
Cela dû ce voir à son visage, car Amaël posa une main sur son épaule, la serrant légèrement, avant de lui offrir un pâle sourire.
- « Il est souvent dur de faire face à la réalité Severus, surtout quand elle ne cesse de s'imposer à nous de façon frappante et douloureuse. »
- « Vous saviez… que le Voile ne fonctionnait qu'à l'intérieur ? »
- « Malheureusement oui. C'est pour cela qu'il est strictement interdit aux élèves d'être dehors durant les heures de cours de l'autre école. Cependant ces jeunes si auront sans doute voulu nous voir ou bien, s'ils sont stupides, capturer l'un de nous pour tenter de nous faire partir. Les humains sont irréfléchis et font des stupidités ridicules quand ils ont peur. Ils ne réfléchissent pas à ce à quoi ils font face ou aux conséquences de leurs gestes. Après, il est trop tard pour les excuses. »
Severus ne fit qu'hocher la tête, priant intérieurement pour disparaître dans la seconde qui suivrait. Son regard ne pouvait quitter les lèvres, non les canines, du vampire à ses côtés, lui rappelant sans cesse les sensations de la morsure d'Harry quelques heures plutôt. Harry allait finir par le tuer avec son monde…
Est-ce qu'Amaël le savait ? Avait-il évité de nourrir Harry pour que cela arrive ? Après tout, le vampire n'avait pas hésité à piéger son propre enfant pour le forcer à révéler ses blessures. Alors, faire en sorte que lui, pauvre mortel, devienne accroc à la morsure de son vampire…. S'était tellement possible !
Amaël était un vampire puissant, ce qui était un euphémisme au vu de sa position dans la société qui était la sienne. Il était donc naturel pour le seigneur qu'il était de faire des coups montés, des coups fourrés et de manipuler même son propre bébé, non ? Pour son bien, naturellement, s'assurer que lui – horrible humain – ne brise pas le cœur d'Harry finalement en le refusant.
Sauf que Severus détestait qu'on le manipule, qu'on se serve de lui… même si s'était pour quelque chose de logique. Il aimait avoir le choix, le contrôle. Qu'on ne le force pas. Prendre les décisions par lui-même dans le fond. Malgré qu'il fallait bien avouer qu'il avait souvent fait de mauvais choix dans sa vie, plutôt que de dire qu'il avait rarement bien agis…
Bien trop rapidement au goût de Severus, ils se retrouvèrent devant le bureau directorial. Contrairement à l'extravagance d'Albus, le bureau d'Amaël était une immense armure devant un mur qui s'ouvrait alors qu'on s'approchait avec l'intention de parler au directeur.
Le bureau était immense, lumineux, chaleureux malgré le style un peu gothique qui en ressortait. Du coin de l'œil, Severus reconnu aisément la gargouille prèt de la porte, elle semblait somnoler. Des chauves-souris, si elles l'étaient vraiment…, étaient accrochées au plafond et le regardaient avec ce qui ressemblait à de l'appétit.
Déglutissant, Severus s'installa au bureau après que le Seigneur ait prit place en premier. Sur l'invitation de ce dernier, il commença à lui expliquer la situation, comment il s'était retrouvé devant le lac et toutes ses tentatives pour ramener l'embarcation sur le rivage, mais rien à faire. Le vampire semblait concentré sur ses paroles et lui posa de nombreuses questions sur les dites barques, puis sur les sorts qu'il avait utilisé. Lorsqu'il eut fini son histoire, le regard de son ainé était noir et pensif.
Un frisson d'inquiétude traversa même l'échine du potioniste, ses muscles étaient tendus dans l'attente d'un signe agressif de la part de son homologue, mais rien ne vint. Le buveur de sang ne semblait même plus le voir, le sentir ou se souvenir de sa présence. Ses traits avaient l'ombre de l'inquiétude, de la colère et du déni, comme si dans l'esprit de l'immortel, une multitude de théories se bousculaient.
- « Cela n'est pas normal que cette embarcation n'ait pas répondu à vos sorts, ni que ces humains ne soient revenu par leur propre volonté. Il ne semble pas être de la nature de ces bateaux d'être stationnaires de cette façon. Dans ce cas, s'il ne s'agit pas d'un accident de la part de ces petits humains, cela signifie un acte prémédité par une tierce personne pour nous en faire porter la faute. Si cela est le cas, je ne crois pas que votre présence au bord du lac était attendue et que cela aura sans doute empêché la volonté de cette tierce personne de s'accomplir. Dans ce cas-ci, une question est à se poser... Qui aurait fait cela ? Les suspects sont à foison ici, contrairement à la raison d'un tel geste. Quelle autre raison, que de nous chasser. »
Ce n'était pas une question, juste une constatation. L'homme aux cheveux d'or et de miel le regarda sérieusement. Ses yeux d'or en fusion étaient plongés dans les siens et Severus était tout simplement incapable de détourner le regard. Il se sentait comme un petit adolescent face au vieux directeur à l'air sévère, mais gentil dans le fond, et qui allait le réprimander. Contre toute attente, Severus entendit une voix dans sa tête, la voix d'Amaël plus particulièrement et ce qu'elle lui dit parvint à lui fit froid dans le dos;
- « Ne sortez plus seul dans la nuit et ne vous aventurez pas dans la Forêt seul. Après tout, qui sait le genre d'ombres qui s'y cachent… »
Alors, sorry de ne pas avoir publié Mercredi, ni Jeudi... dernier. J'ai eu des problèmes de publication, mon ordinateur - ou le site peut-être - refusait de charger quand je venais pour poster un nouveau chapitre. J'ai décidé d'attendre une semaine de plus pour voir si le problème allait se régler et oui il est régler o/
Donc voici le nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira x)
