Un énorme et superbe merci à Neliia, Clemantine et Saiken-chan pour leurs adorables reviews. Je suis heureuses que vous appréciez mes petites histoires, merci infiniment !
Voici donc ma dernière participation à cette Miraxus Week 2015 (écrite il y a un moment, mais postée ici avec du retard). Je boucle le recueil pour le moment, mais je pense y ajouter ma participation à la prochaine semaine sur le couple, sauf s'il s'agit d'un one-shot bien plus long que les ficlets postés ici. Bonne lecture !
Brise
Le ciel ployait sous l'éclat fébrile des étoiles. La nuit paraît le monde de ses plus beaux atouts, et la douceur de l'obscurité enveloppait la ville silencieuse dans une discrétion aimable.
Mirajane brisait la tranquillité à coup d'enjambées effrénées. Son corps plongeait dans la noirceur brûlante qui absorbait ses expirations rapides, et ses pieds bondissaient sur les pavés lisses des venelles. Ballottée par l'inspiration d'Eole, l'écume de ses cheveux gonflait en caresses et gifles autour de son encolure, vibrant contre ses épaules dénudées. La jeune femme tenait fermement sa robe de chambre qui s'évasait sur ses mollets et tombait contre ses bras griffés par la bise.
Mirajane volait, Mirajane fuyait.
Emportée sur le courant des vents, sa course semait les démons venus la hanter. Le corps empoisonné par une frayeur déchirante, la tenancière cavalait à travers la ville. Elle tentait d'échapper aux monstres qu'un unique songe, rempli de réminiscence, avait réveillés. Le monde grondait dans son dos, assourdissant silence dans la pénombre, et sa tête crissait de peur.
La fureur des souvenirs amenait avec elle la force destructrice de la déréliction, et ses muscles ployaient dangereusement sous l'influence de sa torpeur. Ses enjambées titubantes la portaient à peine, et, le souffle raccourci, la démone ralentissait l'allure, l'échine tendue par la panique.
Il ne fallut que d'une seconde pour qu'elle se rende compte de son état pathétique. La honte inonda ses épaules, et la démone ploya sous son poids. Ses chevilles flanchèrent et elle s'effondra contre la poussière du quartier.
Courir ne l'avait aidé en rien. La puissance de ses pas lui avait donné l'illusion d'une quelconque force, mais ce qui restait d'elle n'était qu'une enveloppe froissée et meurtrie. Ses peurs la poursuivaient encore, et l'effroi de sa condition bruissait contre ses côtes ; elle se sentait mourir.
Comme il aurait été bon qu'on la sauve maintenant. Comme il aurait été bon que quelqu'un la recueille sous ses ailes.
Elle ne demandait pas grand-chose – juste un regard, un sourire ou une main tendue – mais à cette heure de la nuit, personne ne pouvait lui répondre.
Ses yeux à l'innocence déchirée se levèrent vers les étoiles. Elle souhaitait s'alléger des craintes qui se tordaient dans ses entrailles, les envoyer à travers les astres brûlants et calmer son cœur affolé.
Elle ne demandait pas grand-chose – juste une paume rêche, une étreinte platonique et la chaleur d'une caresse – mais à cette heure de la nuit, personne ne pouvait lui répondre.
Le faisceau qui inonda son visage de lumière était le signe de son salut. La mer de son regard glissa jusqu'à la porte entrouverte qui l'illuminait et Mirajane ravala un soubresaut surpris. Après tout, ce n'était pas un hasard si elle se retrouvait ici, cela n'avait jamais été un hasard.
Les mains qu'elle attendait tant se nouèrent autour de ses poignets, et ses doigts crochetèrent la nuque large qu'on lui présentait.
« N'as-tu jamais d'autres endroits où échouer ? »
Luxus souleva son corps disloqué comme s'il s'agissait d'une plume. La jeune femme s'agrippa aux épaules de l'homme pour soutenir ses yeux inquisiteurs et le mordoré inonda son esprit. Dans un semi état de conscience, elle murmura :
« Il n'y a qu'ici que je veux échouer. »
Elle ne demandait pas grand-chose – juste de la douceur, des lèvres réparatrices et une embrassade passionnée – et à cette heure de la nuit, on lui répondait.
