Who will save you now ?

-Percy-

Percy leva les yeux vers le miroir. Il posa une main sur son visage, sur sa barbe de trois jours. Il remonta celle ci à ses cheveux, d'un roux vifs. Puis il la laissa retomber près de lui. Il inspira profondément, expira. Doucement, il rouvrit les yeux. Son regard vidé lui renvoyait une image pitoyable de lui même. Il se supportait plus. Il n'en pouvait plus de chaque jour, croisé son propre reflet dans le miroir.

Surtout depuis la mort de Fred.

Il n'avait jamais été très proche de ses frères, ni de sa jeune soeur. Peut être parce qu'il était née trop tard pour être amis avec Bill ou Charlie, qui avait toujours fait preuve d'une grande complicité. Trop tôt pour être proche de Fred et Georges, qui lui avait vite montré qu'ils se suffisaient à eux même. Et il était déjà trop grand pour partagé les joies de l'enfance avec Ron. Avec Ginny, il était vite devenu jaloux de toute l'attention que la famille lui portait.

Il avait grandit de façon assez solitaire, malgré sa famille nombreuse. Il s'était réfugié dans ses études dès son entrée à Poudlard, s'assurant d'avoir toujours le meilleures notes. Bien que placé à Gryfondor, il n'avait compris en quoi cette maison lui ressemblait. Il ne s'était jamais sentie courageux, ni brave. Il n'était pas un fonceur.

Il ne savait pas qui il était. Il savait qu'il avait été un vrai con avec sa famille, et depuis, il se demandait s'il méritait même d'en faire partit. Pouvait il dire qu'il était un Weasley, alors qu'il avait passer sa vie à tenter de se différencier ? Pour lui, bien que son souhait soit désormais de faire partie de cette famille, il avait cette sensation d'être qu'un étranger, un parasite. Il avait cette effroyable sensation ne plus appartenir à aucun monde, de n'être le bienvenu nul part.

Un bruit de rue se fit entendre, et Percy sursauta violemment, se recroquevillant sur le sol de la salle de bain, les deux mains sur les oreilles. Le moindre bruit le faisait sursauter. Dès que quelque chose bougeait dans le coin de son champs de vision, sa main se crispait sur sa baguette. A chaque instant, des flashs apparaissait, des souvenirs qu'il voulait oublier.

L'explosion.

Respirer, c'était le seul moyen de s'en sortir.

Le sourire de Fred.

Inspirer.

"_Percy ?

Expirer.

"_Percy ? Tu fais une blague ?

Inspirer.

Explosion. Le mur qui vole en éclat.

Expirer.

Le corps de Fred, abandonné derrière une armure. Seul.

Inspirer.

Le cercueil.

Expirer.

La famille qui pleure. Il n'avait pas de place, il n'avait pas de place, pas de place autours du cercueil. Il n'y avait pas de place, il se tenait tous les uns les autres, il n'y avait pas de place. Pas de place, aucune place, George est seul, mais pas de place, pas de place, pas de place, pas de place, Charlie est sur le côté gauche avec Bill, Fleur en retrait. Pas de place, il n'y a pas de place, il est derrière, pas de place, il veut juste dire au revoir, pas de place, au revoir à son frère, pas de place. Pas de place près de Ron. Pas de place, il n'y a pas de place, il descende le cercueil, pas de place, il va descendre, il ne pourra pas dire au revoir, pas de place. Pas de place.

Inspirer.

« Il a trahis sa famille. »

« Il aurait même tenter de tuer Harry. »

« On dis qu'il était un mangemorts, jusqu'à ce que tu-sais-qui perde la guerre. Si, je te jure, c'est lui qui a tué son frère. »

« Tu n'as pas entendu ? D'après ce qu'on dit, c'est un loup-garou. »

« C'est de sa faute si Fred est mort. »

« Il aurait du mourir à sa place. »

« Ce n'est qu'un larbin du ministère, personne ne le regrettera. »

Expirer.

Recommencer encore une fois, compter jusqu'à dix. Puis reprendre les exercices de respiration. Puis, il fallait compter, encore une fois jusqu'à dix. Là, il pourrait ouvrir les yeux, mais pas avant. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. Respirer, calmement. Laisser les images se calmer dans son esprit. Doucement, elles allaient s'effacer. Continuer de respirer, le plus calmement possible, il devait se forcer à contrôler sa respiration. Puis se seraient les voix, les sifflements, qui disparaissait. Mais pour ça, il devait d'abord compter, une nouvelle fois.

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix.

Percy pressa ses mains contre ses tempes, respirant difficilement. Il tremblait de tous ses membres. Le sol était froid sous lui, il ne savait pas comment il s'était retrouvé allongé sur le sol carrelé. D'un oeil hagard, il regarda sa montre à son poignet. C'était son premier jour au ministère, depuis la fin de la guerre. Il devait se dépêcher ou il allait être en retard.

Il ne pouvait pas arriver en retard à son premier jour de travail. Il se devait d'arriver en avance, ou il ne ferait pas bonne impression. Pourtant, il ne voulait pas y aller. Le ministère était le dernier endroit où il voulait aller. Pourtant, il savait qu'il devait y aller.

Le jeune homme se releva en vitesse, et évitant soigneusement de se regarder dans le miroir, rasa sa barbe disgracieuse. Que pouvait il faire d'autre de toute façon ?