Bonne lecture !
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Tout d'abord, il faut savoir que Harry Potter était une personne endurante. Très endurante. Il avait réussi à survivre aux Dursley en vivant dans un placard et en leur servant d'esclave. Il avait réussi à s'adapter à un monde totalement inconnu. Il avait réussi à endurer les moqueries et l'irrespect des sorciers. Il avait aussi réussi à endurer une centaine de détraqueurs qui tentaient d'aspirer son âme.
« Mais il y a des limites, quand même » songea l'élu en se réveillant avec un mal de tête horrible.
Faisant semblant de rester endormit encore un peu pour prévoir un plan, Harry se mit à réfléchir à sa situation actuelle. Et à sa futur vengeance sur Neville, ce traître.
Première constatation : il était dans la période scolaire de Voldemort.
Deuxième constatation : il n'avait pas ses affaires à part la carte du maraudeur, sa baguette, sa cape d'invisibilité et sa bourse sans fond.
Troisième constatation : son désir de mort n'était toujours pas parti.
Veillant à garder sa respiration régulière et profonde, il réfléchit à l'histoire qui allait devoir inventer pour expliquer sa présence ici. Car il était hors de question qu'il dévoile le fait qu'il était un voyageur du temps, il avait beau aimer son cher directeur, il savait qu'il n'y avait pas plus manipulateur que ce dernier. À part peut-être Voldemort. Quoique le niveau d'intelligence du lord noir laissait beaucoup à désirer.
Une fois un plan en tête, Harry, après avoir décidé d'émasculer et de couper les doigts de Neville, simula son réveil avec moult gesticulations et bâillements. Il se décida enfin par ouvrir les yeux. Pour rencontrer ceux beaucoup trop pétillants d'un certain directeur accro aux bonbons au citron. Qui lui en proposa un d'ailleurs.
Et là, Harry eut une idée. Pas très intelligente certes, mais amusante tout de même. Truquant une expression choquée, Harry tomba du lit et commença à crier « Au secours ! Un pédophile ! À l'aide, je vais me faire violer ! » d'un ton très convaincant qui rameuta l'infirmière.
' C'est pour m'avoir laissé chez les Dursley ' pensa méchamment Harry en se cachant derrière l'infirmière qui commençait à gronder Dumbledore pour déranger son nouveau patient. Elle devait avoir un lien de parenté avec Mme Pomfresh. Dieu seul sait à quel point elles avaient des voix qui portaient loin.
Malheureusement le calme retomba bien vite et l'attention se relocalisa sur Harry qui tentait de disparaître entièrement derrière l'infirmière.
Il n'y réussit malheureusement pas.
Tom Marvolo Riddle était quelqu'un d'intelligent, un génie, diraient la plupart de ses professeurs. Il avait su prospérer dans son orphelinat en faisant régner la peur et après son entrée à Poudlard , faire à peu près la même chose dans sa maison. Non pas que les élèves des autres maisons ou les professeurs le sachent. Non, pour tous les autres, il était le gentil et poli petit orphelin qui n'a pas eu de chance dans la vie.
Il vrai qu'il n'avait pas été facile de régner sur la maison Serpentard. Elle regroupait presque tous les héritiers des plus grosses fortunes des familles de sangs purs. Heureusement, le fait de pouvoir parler aux serpents, prouvant ainsi qu'il était l'héritier de Salazard Serpentard, avait beaucoup aidé. La première année avait été très laborieuse pour Tom, catapulté dans un monde quasiment inconnu avec pour seul moyen de s'adapter son intelligence et son esprit d'analyse hors norme, il avait dû prouver que lui, l'orphelin qui venait d'un orphelinat pauvre de Londres, était digne d'intérêt.
Le reste avait été facile, les sangs purs étaient naturellement arrogants et un ou deux compliments bien placés l'avait hissé suffisamment haut pour qu'il puisse grimper au sommet tout seul avec sa puissance magique et sa langue acérée. Discuter dans la salle commune avec le tableau de Serpentard en caressant un reptile hautement venimeux avait bien sûr fait partit de son plan pour devenir le Prince des verts et argents.
Il était aussi très attractif. D'une beauté que beaucoup enviaient. Garçons comme fille le désiraient tous ardemment ( La St-Valentin était devenue son pire cauchemar et il devait vérifier chaque jour sa nourriture pour être sûr de ne pas ingérer de philtre d'amour mis par une pimbêche de Poufsouffle ).
A part, Dumbledore, un vieil homme aussi fou qu'irritant, personne ne l'avait jamais défié. Il était intouchable. C'est pour toutes ces raisons que Tom avait été surpris quand une personne de petite taille, un garçon apparemment, était apparu de nulle part et l'avait menacé de sa baguette avant de s'évanouir. Ce n'est grâce qu'à ses réflexes que l'étranger évita de peu la commotion cérébrale.
Ce fut aussi à cause de cet enchaînement d'actions que Tom Marvolo Riddle se retrouva à devoir porter ce détraqué (qui d'autre qu'un malade mental, ou un stupide Griffondor, oserait l'attaquer?) à l'infirmerie.
Néanmoins, le garçon était magnifique, avec ses longs cheveux noirs qui semblaient dotés d'une vie propre, son nez droit, ses lèvres rouges et ses yeux, d'un vert avada kedavra envoûtant. Ses seuls défauts semblaient être les atroces lunettes rondes qui lui mangeaient la moitié du visage et ces loques qui lui servaient d'habits. L'héritier de Serpentard n'était pas aveugle, il savait reconnaître la beauté quand il la voyait. Il se demanda tout de même d'où il venait car Tom était sûr qu'il l'aurait déjà remarqué s'il l'avait vu auparavant. Sortant de ses pensées, le futur mage noir déposa rapidement son fardeau sur un lit au hasard et partit sans attendre l'arrivée de l'infirmière.
Après avoir raconté une histoire improvisée ( et très très bancale ) sur comment il était arrivé à Poudlard l'anciennement nommé Harry Potter s'était inventé un nouveau nom : Hadrian Viper.
Hadrian n'était qu'un fils bâtard d'un quelconque sang pur élevé dans la clandestinité par une nourrice sous payée qui lui enseignait les bases de la magie à domicile. Le fils indésirable habitait dans petite maison perdu dans un quartier à problème moldu, en France car le père d'Hadrien ne voulait prendre aucun risque qu'on le reconnaisse. Il venait de se faire battre par des voyous, quand un éclat de magie accidentel l'envoya ici. Certes, l'histoire était très floue, mais le fait d'avoir côtoyé les étudiantes de Beaubâtons lui avait donné des bases en français et l'été chez les Dursley était ennuyeux, alors il le passait à apprendre ce qu'il pouvait comme les langues et la littérature, les livres étant la seule chose que Dudley ne touchait jamais. La bibliothèque municipale était devenue au fil du temps, une sorte d'échappatoire pour Harry.
Heureusement pour lui, le sérum d'Anima Hydrophilie requérait une forte température pour le brassage, ce qui faisait que lors de la préparation toute la classe ait enlevé leurs robes et cravates pour mieux supporter la chaleur étouffante. Il aurait eu du mal à expliquer pourquoi il possédait une robe avec l'emblème de Griffondor. Et ses vêtements dix fois trop grands aidaient à confirmer son histoire.
C'est ainsi que le nouvellement nommé Hadrian se retrouva sur le chemin de travers après avoir été inscrit à Poudlard pour sa 5ème année avec un sac contenant une bourse d'études standard pour les nés de moldus et une liste écrite à l'encre verte. Il ne put s'empêcher de se demander pourquoi cette école était considérée comme la meilleure avec un système d'inscription aussi expéditif et si laxiste en ce qui concerne le niveau d'étude.
Il n'avait pas vraiment besoin de l'argent fourni par l'école. Depuis que Harry était allé réclamer ses seigneuries à Gringotts, il avait pu gérer son propre argent et portait maintenant en permanence sa bourse sans fond, il n'aimait pas être démuni. Si Voldemort avait cambriolé Gringotts une fois, en étant Quirrell ( ce qui n'était pas un mince exploit avec cet abruti comme hôte ) rien ne l'empêchait de recommencer.
Oh dieux, Maugrey avait détint sur lui, il pouvait entendre d'ici le « vigilance constante ».
Arrêtant de penser, Harry s'engagea dans le chemin de Traverse et alla directement à Fleury et Bott. La boutique n'avait quasiment pas changé si ce n'est que le gérant de la boutique était très différent de l'ancien. Il acquit rapidement tous les manuels nécessaires ainsi qu'un livre sur les voyages temporels, bien qu'il ne fonde pas trop d'espoirs dessus.
Il se dépêcha d'acheter toutes ses affaires, bien que certaines choses étaient pratiquement introuvables pour un élève commençant tardivement l'école. Toute sa bourse de Poudlard y passa, les étudiants pauvres devaient probablement acheter en occasion pour pouvoir s'offrir des extras comme un hibou ou un livre.
Il ne put pas résister à explorer l'allée des Embrumes cependant. Il l'avait déjà fait dans le passé lors des étés chez les Dursley, après la libération de Sirius, sa famille l'avait laissé tranquille et il avait pu se promener où bon lui semblait. C'était incroyable le nombre de choses que l'on peut trouver dans cette allée. Certes, la plupart étaient illégales, mais Harry n'avait pas une très haute opinion du ministère. Il se jeta néanmoins un glamour par habitude, car le sauveur du monde des sorciers ne pouvait être vu en train de rôder dans un quartier malfamé . Il acquit ainsi un livre sur « comment devenir animagus en 3 étapes » et plusieurs livres en fourchelangue qu'il eut à très bas prix, car ils étaient incompréhensibles pour le vieux vendeur.
Il s'apprêtait à rentrer à Poudlard pour se reposer, car mine de rien, un voyage temporel ça fatigue, quand un magasin, coincé entre deux auberges pour vampires, attira son attention. La petite échoppe nommée « Au Bazar Bizarre » n'avait rien d'extraordinaire. Elle était sombre et poussiéreuse, la vitrine semblait ne pas avoir été nettoyée depuis des lustres sans compter que l'aura de mort qui entourait l'endroit n'en faisait pas un des lieux les plus attrayants. Cependant, il y avait quelque chose d'attirant, d'une manière incompréhensible, pour Harry à l'intérieur, comme une sorte de traction. Alors, Harry prit une décision très Gryfondorrienne. Il entra.
Voici le deuxième chapitre !
Merci d'avoir lu !
