Bonjour à nouveau, et bonne lecture !
L'intérieur de la boutique était semblable à l'extérieur, sombre et mystérieux. Pas très accueillant en somme.
Le gérant du petit commerce était assis dans un fauteuil rembourré derrière le comptoir, apathique, il tenait un verre dans sa main dans lequel balançait un liquide jaune sale, le faisant tourner entre ses doigts, ne prenant pas la peine de lever les yeux en marmonnant un vague « bienvenu ».
Harry se détourna de lui pour contempler le « bazar ». Il portait bien son nom. Les piles d'objets autant moldus que sorciers se chevauchaient les unes les autres, allant de la caisse enregistreuse non magique à un plant de prunes dirigeables. Elles atteignaient le plafond, qui avait dû être magiquement élevé pour pouvoir contenir toutes ces choses. La gravité semblait avoir disparu si l'on contemplait les différents objets qui volaient au gré des courants d'air.
Il ne semblait pas y avoir d'ordre mais si l'on regardait de plus près, on pouvait voir un coin pour les végétaux, un autre pour les livres ( même si la plupart étaient déchirés ) et encore un autre pour les poupées , moldus ou sorcières …
Des lutins de Cornouaille volaient un peu partout, accompagnés d'un rat ou d'une araignée. Paradis de la biodiversité.
Harry vit cependant quelques autres personnes se diriger vers le fond, apparemment ce magasin avait bonne réputation. Il se demandait pourquoi il avait fermé.
Dans son époque, la boutique avait été remplacée par un antiquaire qui ne vendait ses pièces qu'à plus de 100 galions. Un arnaqueur qui parvenait à couvrir ses fins de mois qu'en escroquant les touristes assez aventureux pour se rendre dans l'allée.
' ce serait le pire cauchemar de tante Pétunia ' fut la dernière pensée de Harry en s'enfonçant dans les piles d'article à la recherche de quelque chose d'utile.
Il commença par parcourir les livres, mais rien n'était en assez bon état pour être utilisable. Les pages jaunies et déchirées se désintégraient au toucher. Les rats avaient élus domicile à l'intérieur de cette pile, grignotant les volumes anciens qui devaient valoir une fortune.
Il se dirigea vers une montagne de babioles du fond qui émettait une lueur étrange comme si de l'eau se reflétait sur les murs. Les volutes bleutées dansant sur la surface plane. En s'avançant, Harry se retrouva face à une pensine. C'était une simple coupole en pierre sculptée de runes. Elle était sale, mais une fois nettoyer, elle pourrait être utilisable.
Fier de sa découverte, l'élu poursuivit sa recherche et tomba sur un nid. Avec des bébés serpents. Venimeux, les serpents. À ce moment. Harry James Potter découvrit l'instinct d'auto préservation.
Il commença donc à reculer lentement, tentant de ne pas attirer l'attention des mignons petits serpents mortels quand il entendit un autre sifflement plus calme, plus profond, plus adulte.
§ Maman est de retour §
Bungarus Flaviceps. Krait à tête rouge. Harry avait déjà lu sur cette espèce, quand il s'était mis à étudier les serpents peu de temps après le sauvetage de Ginerva Weasley dans la chambre des secrets. Il avait aussi appris que ces serpents étaient très très venimeux.
Harry ralentit sa respiration et s'immobilisa complètement. Le serpent sortit sa langue pour le sentir et se dandina rapidement jusqu'à ses petits.
§ Bonjour § tenta-t-il maladroitement, rejetant l'idée de fuir. Gryffondor un jour, Gryffondor toujours !
Le krait montra alors ses crocs dégoulinants de venin. Le jeune homme déglutit péniblement et recula d'un pas en levant ses mains devant lui dans un geste universel de paix. Cela ne calma pas le reptile qui commença alors à siffler une flopée d'insultes dans sa direction.
§ Va-t'en stupide Deux pattes, singe sans poils, misérable petit humain pathétique... §
Et cela continua pendant 10 bonnes minutes, durant lesquelles Harry tenta de saisir les insultes pour le moins originales du krait à tête rouge qui avait apparemment une dent contre les humains. Si ce n'était pas tout le dentier.
Quand finalement il se calma un minimum et qu'il réalisa (enfin) que le jeune humain venait de parler fourchelangue, le dangereux serpent vint s'enrouler autour de lui en un éclair, avant de placer sa tête directement en face de celle du deux pattes. Harry déglutit bruyamment.
§ Tu parles ? § questionna suspicieusement le serpent en sortant sa langue pour venir frôler le nez de son vis-à-vis.
§ Euuuu… Oui § répondit prudemment Harry, les bras immobiles le long du corps.
Il y dix minute de long silence pesant tendis que le très dangereux serpent ( qui ne devrait même pas se trouver ici) étudia celui connu sous le nom d'Harry Potter, qui lui priait intérieurement pour ne pas mourir si jeune.
Finalement, le serpent hocha lentement la tête de haute en bas en libérant Harry de son étreinte mortel sans jamais rompre le contact visuel, laissant sa tête au même niveau que le jeune homme avant de la descendre très très lentement, tout en gardant ses yeux rouges dans ceux d'Harry. Le krait s'éloigna lentement vers son nid, ondulant doucement ses bobines, prêt à attaquer au moindre mouvement de l'humain.
§Que veux-tu, haut-parleur ? § demanda à nouveau le serpent, tendit que ses bébés venaient se frotter à leur mère.
Harry marmonna rapidement un vague « rien, je passais juste par là » dans la langue reptilienne en tentant de s'esquiver rapidement. Mais le serpent l'arrêta en sifflant rapidement avec une voix mystérieuse.
§ Attend ! Ce n'est pas un hasard que nous nous soyons rencontré ici. §
'Oh génial, un serpent Trelawney' pensa Harry en se remémorant les prédictions délirantes que sa professeur de divination adorait proférer d'un air grandiloquent.
§ Après une longue réflexion, j'ai décidé de te laisser prendre un de mes enfants comme familier, c'est un honneur de pouvoir se lier à un haut-parleur § déclara le serpent après deux minutes de silence pendant lesquelles Harry se demanda pourquoi diable il n'avait pas pu tomber sur une simple vipère et non un krait femelle bipolaire toxique.
Le sauveur s'étrangla quand les mots parvinrent finalement à son cerveau. Il n'avait absolument aucune idée de comment prendre soin d'un serpent, et que diraient les Gryffondors de cette époque si le nouveau venait avec un serpent, le symbole de l'ennemi, dans leur maison.
Soupirant à propos d'animaux à l'humeur trop changeante à son goût, il tenta de convaincre le krait qu'il ne pouvait se permettre de se lier avec un de ses petits, car il était lui-même incapable de s'occuper de sa propre, personne comme le prouvait sa simple présence ici.
Il n'y réussit pas.
Harry Potter hérita donc d'un petit serpent de 10 centimètres nommé 'Smilirace ' qui semblait être hyperactif et bavard. Très bavard.
Le sauveur du monde des sorciers secoua la tête en pensant à la rencontre entre Smilirace et Hedwige, sa chouette beaucoup trop possessive, quand il reviendrait dans son temps. S'il y revenait. Harry étouffa un sanglot de désespoir.
Harry courut quasiment jusqu'au comptoir pour ne pas faire d'autres rencontres qui l'obligeraient à adopter un animal potentiellement dangereux.
Qui savait ce qu'il se cachait derrière ses piles d'ordures mal entretenues ?
Une fois devant le vendeur, Harry paya rapidement sa pensine en cachant soigneusement le petit reptile endormi dans sa poche.
Il n'allait tout de même pas payer pour un serpent qu'il n'avait pas voulu ! ( Nda : le vol, c'est mal)
Il quitta donc cette boutique rapidement pour regagner le chemin de travers le plus rapidement possible sans paraître suspect. Avant de rentrer à Poudlard Harry fit un saut chez un ophtalmologiste sorcier, qui n'existait pas à son époque, et s'acheta des lentilles magiquement modifiées pour s'adapter à sa vue.
Il quitta pour de bon le chemin de travers alors que le soleil commençait à décliner. Le directeur Armando Dippet l'avait prévenu qu'il serait présenté à ses futurs camarades au dîner avant le repas pour lui laisser le temps de sympathiser avec ses nouveaux colocataires. Il avait beau aimer ses amis de tout coeur, la socialisation n'était vraiment pas son point fort. En fait, il haïssait ça, que des inconnus posent des questions dérangeantes sur des sujets qui ne les concernaient en rien était exaspérant. Il avait eu une très mauvaise expérience avec Rita Sketter. Cette foutue journaliste.
Il déposa donc ses achats dans le hall où un elfe de maison viendrait les chercher et attendit patiemment que Dumbledore le rejoigne pendant que Dippet annonçait à toute la génération de 1940 qu'un nouvel élève venait d 'arriver à Poudlard pour finir sa scolarisation.
Plus le temps passait, plus Harry angoissait. En tant que Survivant, il aurait dû être habitué à être dévisagé, mais non, les Dursley s'étaient assurés de détruire la moindre once de confiance en soi qu'il aurait pu avoir. Il tenta malgré tout de réguler sa respiration discrètement, appréhendant sa rencontre avec des centaines d'étrangers qui étaient les parents ou grand parents de ses futurs camarades de classe.
Il stressa encore plus quand il réalisa qu'un seul faux pas de sa part pourrait " tuer" un des élèves de son époque.
Autant dire que lorsque les grandes portes s'ouvrir, Harry était près d'étrangler le professeur de métamorphose qui n'avait pas arrêté de chantonner en croquant dans ses foutus bonbons aux citrons.
La grande salle était semblable en tout point à celle de l'époque de Harry.
Les quatre mêmes longues tables et le même ciel bleu étoilé avec les mêmes bougies flottantes qui rendaient cet endroit magique.
Les élèves aussi étaient relativement semblables à ceux de l'avenir. Les Gryffondors étaient bruyants et exubérants, les Poufsouffle affectueux et paisibles, les Serdaigles discutaient des devoirs à rendre et les Serpentards parlaient de politique.
Harry évita d'ailleurs de trop regarder à la table des verts et argents de peur de tuer accidentellement un certain fourchelangue qui le regardait bien trop intensément à son goût. Il n'avait pas encore décidé comment il allait traiter avec le Serpentard.
La traversée de la grande salle parut prendre des heures, les élèves et même quelques-uns des professeurs chuchotaient, le regardant de travers en croyant être discrets. Un de ses sourcils tiqua. Il détestait vraiment toute forme d'attention.
Quand enfin Dumbledore se mit sur l'estrade et appela son nom, Harry était prêt à hyperventiler.
Marchant droit, sans regarder autour de lui, Harry s'assit rapidement sur le petit tabouret, le même qu'à son époque, et pria Merlin, Morgana, Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle, et même Serpentard que sa répartition se fasse rapidement, sans attirer plus d'attention non voulut.
'C'est ce que l'on verra, jeune voyageur temporel' retentit la voix râpeuse du Choixpeau dans sa tête.
Et Harry commença à hyperventiler pour de bon.
La suite au prochain chapitre ...
