Cette partie trace la fin du sujet "la mort de la grand mère de Newt" y'aura un petit sauf dans le temps juste après. Il reste seulement un ou deux (ou peut être trois) chapitre avant la fin de la fiction. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Disclaimer: J'aimerai tellement avoir la garde de tout ces gens mais malheureusement non. C'est la vie. Tout es à James, seuls les fautes d'orthographe et d'inattention sont à moi.


Minho balayait la pièce. Tant par son regard dirigé sur tous les débris de verres au sol, qu'avec le balais qu'il utilisait pour les rassembler en un gros tas. Il n'aimait pas particulièrement faire le ménage, mais son côté compétitif le rendait perfectionniste dans la moindre de ses actions. Aussi il ne pouvait laisser la moindre poussière échouée sur le parquet de la demeure de son ami.

Newt, assis sur un fauteuil du salon, buvait une verveine bien chaude que l'asiatique lui avait préparé. La maman de Minho lui préparait toujours de la verveine lorsqu'il allait mal, et ça lui faisait toujours beaucoup de bien. Il espérait que ce soit un tout petit peu le cas pour le blond. Bien qu'il ne s'agissait pas de s'être cassé le poignet ou de ne pas avoir eu la première place, cette fois. Le garçon avait encore les yeux rougies par les larmes, et quelques sanglots étouffés s'échappaient de temps à autres de sa gorge.

Il observait le sportif qui s'appliquait à arranger le désordre que Newt venait de mettre quelques instants plus tôt. Ça le désolait. Tout ça le désolait. Que quelqu'un soit obligé de venir s'occuper de lui. De prendre soin de sa petite personne. Il aurait aimé avoir la force de se prendre en charge, le courage de tout affronter seul, sans l'aide de personne. N'être redevable qu'à lui même. Pourtant, il savait que ça lui était impossible. Que cette épreuve bien trop pénible, il n'y survivrait pas en solo. Il posa son regard sur le miroir, accroché sur le mur, à côté du canapé sur lequel il reposait. Il détailla son reflet. Ses yeux bouffies de chagrin, son nez rouge par lequel il ne cessait de renifler. Les traces que les larmes avaient tracées sur ses joues. Jamais il ne s'était trouvé aussi hideux et morne. Il n'avait même pas pitié du gamin en détresse de l'autre côté de la glace. Aucune empathie, il le trouvait misérable, méprisable même. Peut être était-ce un effet tertiaire de sa tristesse. Après avoir passé sa colère sur celle qui était partie, puis sur le monde, il s'en prenait à lui même. Newt ne savait guère pour quelles raisons, il pensait de cette manière. Tout était encore trop embrumé dans son esprit pour qu'il y voit clair. Le brouillard à perte de vue l'empêchait de voir plus loin que le noir qui le couvrait tout entier.

Il détourna le regard de son image, profitant du doux breuvage que son ami avait préparé à son intention. La chaleur du liquide qui s'infiltrait dans son corps le détendit légèrement et il souffla de bien être. Sa grand-mère, raffolait de tisane, elle aussi. Accompagné de douces pâtisseries orientales, que Newt adorait particulièrement. Elles n'auraient plus la même saveur à partir de maintenant. Comme cette tisane dans ces mains, certes délicieuse et bénéfique, mais oh combien lourde de souvenirs douloureux des bons moments passés en sa compagnie. Est-ce que ça serait comme ça à présent ? Ou pendant un temps ? Est-ce que le moindre grain de poussière allait se transformer en amer rappel de ce qu'il avait perdu ? Si c'était le cas, il aimerait ne plus rien voir pour un temps. Que le désespoir qui obscurcissait son être voile également ses iris ténébreux. Le lâche qu'il était, n'avait même pas la simple force d'affronter la réalité. Trop dur à encaisser, trop dur à accepter. Pourtant il savait que c'était proche, que ce n'était qu'une question de temps. Le temps ? Celui là même qui défilait depuis maintenant des millénaires, celui la même qu'on ne prenait jamais le temps d'apprécier. Ce temps qui faisait oublier certaines choses futiles, ce temps qui atténuait les affres de l'existence. Ce temps qui s'était figé d'un seul coup.

Il sentit un poids s'affaisser à ses côtes et une main caressait doucement sa nuque. Il ronronna sous la caresse, et releva la tête en direction de Minho. Sauf qu'il ne s'agissait pas de Minho, c'était Thomas et il affichait un sourire triste et désolé. Ce genre de sourire qui voulait dire « je sais pas quoi faire pour que t'aille mieux, mais je suis là ». Newt fit abstraction de ce qui était advenu quelques heures plus tôt et posa sa tête contre son épaule. Ils auraient tout le temps de parler de ça quand ça irait un peu mieux. Si toutefois le brun en ressentait le besoin d'en parler.

Newt lui était reconnaissant d'être venu, de ne pas l'abandonner. Il avait besoin de lui, aujourd'hui plus que jamais. En un peu plus de six mois, il était totalement devenu dépendant de sa présence. Thomas était son antidote, et son poison en même temps. Celui qui avait le pouvoir de le sauver mais également de l'achever.

Ils observaient tous les deux Minho qui entassait des sacs de poubelles devant l'entrée. L'asiatique suait et essuyait quelques gouttes qui perlaient sur son front. Newt n'avait pas fait les choses à moité, il avait brisé un nombre incalculable d'objet. « De l'argent jeté par les fenêtre » l'aurait réprimandé sa grand-mère.

-Tocard, ça te dis pas de venir m'aider ? cria l'asiatique au brun

Thomas s'apprêtait à le rejoindre mais une pression sur son torse l'empêcha de se lever. Il observa le blond à ses côtés, ses yeux fixaient dans les siens. Ses prunelles aussi sombres que l'obscurité qui le suppliait de rester à ses côtés. Le coeur de Thomas fit un bond dans sa poitrine, ce regard le rendait tout chose. Pas seulement ses yeux. Newt tout entier. C'était quelque chose d'inconnu, de nouveau, une drogue intense à laquelle on l'avait rendu accro. Sans remède, sans aucune cure de désintoxication. Thomas se noyait complètement dans le gouffre sans fond des iris ténébreuses de Newt. Il n'essayait même pas de s'en échapper, la tentative serait vaine. Il n'avait aucune envie de délaisser ces prunelles.

Minho souffla, contraint de devoir continuer le ménage, tout seul. Il ne pouvait pas en vouloir à Thomas d'être aussi vital à Newt. Bien qu'il avait quelques inquiétudes quant à cette dépendance, Minho avait confiance en Thomas et il savait que ce dernier ne briserait jamais Newt. Du moins pas intentionnellement. Parce que le brun ne s'y connaissait pas dans ce domaine, les sentiments c'était nouveau pour lui. L'asiatique savait parfaitement ce qu'il vivait en ce moment, le changement dans son comportement, dans son regard. Quelques détails sans grande importances qui formaient un tout. Thomas tombait amoureux sans s'en rendre compte. Car il n'avait aucune idée de ce qu'être amoureux signifiait. Comme tout novice il finirait par comprendre, Minho espérait seulement que ça n'arrive pas trop tard. Il ne pouvait rien faire, seul le temps comptait cette fois ci. Son portable vibra dans sa poche, il avait reçu un message de sa petite amie, qui lui demandait des nouvelles de Newt. Sonya connaissait le blond depuis presque aussi longtemps que Minho. A l'époque, on les apparentait souvent à la même famille tout les deux, des cheveux blonds , un visage fin presque enfantin, des manières douces et délicates. Même l'asiatique avait pensé qu'ils étaient cousins pendant un certain temps. Cependant rien ne les liait par le sang. Ils étaient seulement deux être assez similaires. Pas totalement. Parce que de Sonya émanait une joie de vivre constante, une lueur d'espoir, une envie de se battre. De combattre les injustices du monde, de voler plus haut que les étoiles. Toute ces raisons qui faisaient que Minho en tombait un peu plus amoureux chaque jour. Tout ce que Newt avait perdu depuis bien longtemps. Ce garçon défaitiste, dont l'espoir n'était qu'une maigre illusion, destiné à rassurer son entourage, lui faire croire qu'il allait bien. Sauf que Newt ne trompait personne. Il ne se battait plus et se laissait abattre. Aussi semblable qu'opposé. Newt et Sonya étaient comme le croisement du jour et de la nuit. Formant tout les deux un crépuscule des plus fascinant. Minho ne cessait de les comparer, et lorsqu'ils passaient du temps ensemble. Il priait secrètement pour que la personnalité de sa copine influent juste un peu sur Newt. Qu'elle lui insuffle ce sentiment de foi.

Il répondit à son amour, ne mentant pas sur l'état du blond mais assurant qu'il était entre de bonnes mains. Effectivement il l'était.

Newt avait la tête posée sur les cuisses de Thomas, tout le reste du corps allongé sur le fauteuil Il jouait avec les mains du brun juste devant lui, comme un chat attiré par une pelote de laine.

Minho trouva ce spectacle des plus attendrissants. Tout comme le brun à en juger par son regard plein de tendresse. Se rendait-il seulement compte ? Jamais il n'avait posé un tel regard sur qui que ce soit. L'asiatique sourit, confiant. Il y avait de l'espoir.

- Je m'en vais d'accord, Newt ? annonça l'asiatique.

Newt se redressa et s'avança vers son ami qu'il étreint avec force. Lui soufflant un merci plein de reconnaissance aux creux de l'oreille. Il se sentait un peu mal d'avoir oublié Minho au profit de Thomas. Il lui était très reconnaissant pour tout ce qu'il faisait pour lui. Il ne voulait en aucun cas que son ami pense qu'il profitait de lui pour ranger son salon. Aussi, il lui annonça que sa présence ici ne le dérangeait pas. Que s'il le souhaitait il pouvait rester. Mais Minho déclina l'offre, pas seulement parce qu'il se sentirait de trop, mais également parce qu'il mourrait d'envie de voir Sonya. De la prendre dans ses bras, de lui dire à qu'elle point il en était fou, de caresser sa peau douce et de perdre ses doigts dans ses longs cheveux blonds aux reflets roux. La regarder avec la même tendresse que celle de Thomas lorsqu'il posait ses yeux sur le blond.

Newt le laissa donc partir, et Minho fit une accolade au brun avant de quitter la maison. Laissant Thomas et Newt seuls.

Le blond joignit ses doigts, se rendant compte de la situation. Le souvenir de leur baiser remontant en flèche. Maintenant qu'ils étaient seuls, ils étaient forcément confronté à la discussion fatidique.

- Pour tout à l'heure au lycée Tommy je...

- C'est pas important. le coupa le Thomas.

Pas important ? Newt sentit son coeur se fracasser en mille morceaux, en entendant cela. Alors donc pour Thomas ce n'était qu'un détail insignifiant qui ne méritait pas qu'on y prête la moindre attention ? Il croisa ses deux bras sur son torse, se sentant aller à une nouvelle crise de larmes. Ce qu'il était pathétique. Pitié que ça s'arrête parce qu'il en avait marre de fonctionner comme un arrosoir. Pourquoi avait-il fallu qui soit aussi faible en ce moment. Il n'était pas aussi vulnérable habituellement.

Aussi peu viril, aussi fragile. Des gouttes de larmes s'écrasaient contre le sol dans un petit clapotement. Il sentit les deux mains de Thomas se poser sur ses épaules mais il ne releva pas le regard. Trop honteux, trop triste, trop en colère. C'était de sa faute aussi, il ne cessait de le faire espérer, de lui faire croire qu'il y avait une possibilité. Un avenir pour eux deux, mais ce n'était que du rêve qu'il lui vendait ou bien étai-ce Newt qui se berçait d'illusions. Il avait déjà tellement mal, il souffrait assez de la perte de son gardien, il ne voulait pas également avoir le coeur brisé. Aussi il pressa son poing contre sa poitrine, comme pour empêcher à son organe de s'émietter.

- C'est pas important, dans le sens où tu n'as pas besoin de te justifier pour ce que tu as fait. Je ne te demande pas d'explications ou autre. On a tout le temps pour en parler. Tu n'es pas en meilleur forme et je préfère attendre que tu sois complètement lucide pour aborder le sujet.

Le soulagement qui envahit le blond à cet instant était indescriptible. Même si ça ne laissait pas sous entendre que Thomas l'appréciait aussi. Ça prouvait au moins qu'il ne considérait pas ce baiser, comme un simple acccient sans le moindre intérêt. C'était déjà beaucoup pour Newt, apaisé par les paroles du brun. Il comptait tellement pour lui. Penser le temps d'une seconde que Thomas s'en fichait de lui avait réussi à le détruire. Comment se faisait-il qu'il soit aussi amoureux ? Il ne savait même pas comment c'était arrivé. S'il l'aimait depuis le tout début ou si c'était arrivé comme ça d'un coup. Comme une flèche qui vous traversait en plein coeur. Cupidon, avait visé juste cette fois. Il releva la tête et croisa les pupilles couleur whisky de Thomas.

Tant de promesses se lisaient dans ses prunelles. Celle d'un avenir meilleur, d'une vie pleine de joie et de bonheur. Elles promettaient la guérison de Newt. Le remède qui l'empêcherait de sombrer plus profondément encore dans les abysses infinies du désespoir. Elles lui assuraient que tout finirait par s'arranger. Que rien n'était perdu. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Lui aussi avait le droit d'être heureux, de sourire à la vie sans qu'elle vienne lui jeter tous les malheurs du monde en pleine face. De croire, d'avoir foi. D'espérer. Le moindre instant de bonheur pouvait changer une vie. Thomas était l'instant de bonheur de Newt.

Son remède.


En espérant que vous n'êtes pas déçu. Je vous embrasse fort et laissez une review si le coeur vous en dit.