Voici donc le premier chapitre... je n'en suis pas trés satisfaite, en tout cas, dites moi ce que vous en pensez!!!

enjoy!

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Chapitre 1

P.O.V. Alice.

Je suis dans le noir, attachée à mon lit encore une fois. Cela fait des heures que je suis dans cette position et mes membres sont engourdis. Je ne ressens plus aucune hostilité, ni aucune rancœur. Je ne ressens rien, en fait. Mon esprit est complètement vide, il se ferme petit à petit, et plus rien n'a d'importance ; Ni les coups que les infirmiers m'ont assénés pour me réveiller, ni les abondantes piqûres qu'ont subis mes avant-bras. Les nombreux hématomes et les rougeurs violacées des mes veines sont là pour me rappeler qu'ils n'ont pas réussi à me ramener, cette fois encore. Toujours le même rituel. Ils devraient pourtant s'être fait une raison depuis le temps… mais non, ils s'écharnent toujours sur mon pauvre corps pratiquement sans vie. Je suis tellement habituée à être dans cet état que s'en est devenu naturel.

Ma mère est passée me voir hier… enfin je crois. Ma perception des choses n'est pas très bonne. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vue. Elle m'a dit pourtant qu'elle passait me rendre visite chaque semaine. Papa, lui, ne vient pas. Il n'a jamais mis les pieds, à l'établissement. Cela fait presque dix années que je suis ici, et je me rappelle à peine son visage ou les moments passés ensemble. Il me manque terriblement. Il ne supporte pas ce que je suis devenue, cette malade que tout le monde traite de folle. D'après ce que ma mère m'a dit, mes crises sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus longues. Les instants de lucidité, comme celui-ci, se font rare. Je ne me souviens pas vraiment de ce qui se passe dans mes sombres moments. Je me rappelle uniquement que mon corps se fige et que mon esprit s'en va ailleurs, loin de cet institut et de toutes ses méthodes drastiques. A cet instant je me sens enfin sereine, loin des médicaments et des traitements cornéliens, dans mon monde à moi. En fait, je n'ais vraiment en tête que mes réveils douloureux, mon retour à la normale après, ce qui me semble être, des séances prolongées d'électrochocs. J'en ressors toujours hébétée et abasourdie pendant des heures. Tout n'est alors que confusion. Toutes mes réalités, s'en trouvent chamboulées. Je déteste ces « réveils » difficiles.

Aujourd'hui cependant semble être une bonne journée. Je ne pressens venir aucune crise. J'ai les idées claires. Tout à l'heure, je pourrais enfin m'éloigner de ma chambre, de mon enfer personnel et me balader… dans le couloir adjacent, uniquement. Je ne peux pas aller plus loin, les gens de l'hôpital ont trop peur de moi. Ils disent que je suis instable et incontrôlable. Je connais ce passage et les autres résidents, par cœur. Mon voisin de chambre s'appelle Benjamin Parkles, il partage son corps avec un dénommé Jude. Le personnel dit que Ben souffre de dédoublement de la personnalité. Moi, je pense qu'il est juste trop gentil, et qu'il prête son corps à Jude, parfois. Il y a aussi Maria, une vieille dame, qui est ici depuis plus longtemps que moi. Si on en croit ses longs monologues, elle descend des premiers colons. Christophe Colomb est, d'ailleurs, l'un de ses proches cousins et elle lui parle souvent. Maria me ressemble un peu mais elle ne parle à personne à l'hôpital. Elle vit dans son monde, coupée de la réalité. Le personnel ici est toujours hostile et ne nous adresse pratiquement jamais la parole. Ils sont froids, condescendants, désagréables… une horreur. Je déteste cet endroit, pas d'air frais, pas de chaleur humaine. Aucun rayon de soleil ne semble vouloir s'engouffrer à travers les épais rideaux bleuâtres, à croire qu'il fait nuit constamment dehors. Je suppose que nous somme à des années lumières de toute civilisation. Je n'entends jamais aucun bruit provenant de l'extérieur. Je me demande même parfois, si l'extérieur existe réellement. Peut-être somme-nous juste dans une bulle de solitude.

Heureusement, il y a Elias, mon rayon de soleil dans ce tourment. Il n'y a qu'avec lui que je peux décemment parler. Il me comprend et parfois, j'ai l'impression qu'il est aussi fou que moi, si ce n'est que lui est infirmier et pas résident permanent de cet institut. J'aime nos longues discussions, il me rapporte des nouvelles de ce qui se passe en dehors et m'aide à me changer les idées. Son étrange beauté me subjugue à chaque fois que je le croise. Ses mèches d'un noir de jais recouvrant habilement son visage d'une pâleur angélique, annihile tous mes pensées et mes lèvres s'étirent en un grand sourire, malgré moi. Je ne me lasse pas de le regarder et de plonger mes yeux dans ses pupilles d'un ambre profond.

Un bruit m'arrache soudain à mes pensées… des pas résonnent à l'entrée de ma chambre. D'ordinaire, on me laisse toujours seule. La rare personne qui se permet de s'aventurer dans ma chambre, c'est Elias. Mais même lui sait que après mes crises, j'ai besoin de solitude. Etrange.

« Elias ? C'est toi ? » Aucune réponse.

P.O.V. Elias

Alice est étendue sur son lit d'hôpital, encore inconsciente. Cette fois, sa crise a été intense, elle ne semblait même pas ressentir les coups que lui portaient les autres infirmiers. J'aurais voulu les arrêter, leur dire de ne pas frapper son visage si parfait. Elle semble sereine cependant, comme juste endormie. Pourtant dix minutes plus tôt, elle était agitée par de nombreux soubresauts, proférant des paroles incohérentes, ses yeux s'agitant dans leur orbite. Certains disent qu'elle est possédée par un mauvais esprit. Les croyances d'un autre temps sont tenaces et subsistent encore à notre époque. Si je n'avais pas été le pire des prédateurs, j'aurais presqu'eu peur de son comportement, moi aussi. Aucune des personnes présente dans cette chambre auparavant n'avait semblée avoir de remords pour ce qu'ils lui infligeaient. Apparemment, ils faisaient ça depuis assez longtemps pour que toute compassion laisse place à de la révulsion. Je ne comprends pas ce qui peut bien les repousser à ce point : un visage d'ange, des traits fins, un corps si gracieux, une voie mélodieuse, un univers bien à elle… elle est parfaite. Parfaite mais enfermée dans cette prison, je ne supporte plus de la laisser ici.

Alice est mon amie et je tiens à elle… Dans ses moments d'inconscience, je veille sur elle autant que possible. Quand elle est réveillée, nous discutons de choses et d'autres, appréciant le temps passé ensemble. Elle est charmante et, en sa compagnie, mon état de vampire s'efface complètement, je redeviens un homme. Son sang ne m'attire pas outre mesure, l'influence qu'elle a sur moi, ajoutée à mon contrôle de moi-même, suffit à réduire à néant toute pulsion meurtrière. Mais cette même pulsion se réveille quand l'un d'entre eux la gifle ou lui inflige ces horreurs d'électrochocs. Si je ne me retenais pas, je leurs briserais la nuque. Je ne peux pas la voir souffrir, je n'en suis plus capable. L'idée de l'enlever et de l'emmener loin d'ici m'a souvent effleurée l'esprit, mais ma raison a toujours pris le dessus : ses parents enverraient toute l'armée à nos trousses. De plus, mon statut de vampire ne m'autorise guère à m'attacher, ma race a toujours vécu en solitaire, et je ne déroge pas à la règle. Mais les sentiments qui m'unissent à elle, me troublent cependant. Mon envie de la voir est souvent oppressante. Mon cœur, si j'en avais encore un, se serait mis à s'exalter à sa vue. Quand à elle, son visage se parait d'un sourire radieux à chaque fois que je viens à sa rencontre. Pourtant, ses yeux ne reflètent jamais la même joie. Ils sont constamment tristes, voilés d'une souffrance qu'elle ne m'avoue jamais. Elle m'étonne toujours par son enthousiasme et son entrain, qui selon moi, ne constituent qu'une façade. Depuis que je suis ici, j'ai appris à la connaître. Avant ses crises, elle reste prostrée dans sa chambre, ne voulant parler à personne, même pas à moi. Elle n'avale rien, si ce n'est de l'eau plate. Je ne sais vraiment pas comment réagir à ce calme avant la tempête. J'aimerais pouvoir l'aider, mais j'en suis réduit à l'impuissance. Pendant ses crises, à ce qu'elle m'a raconté, elle perd pieds et entre dans un état de léthargie total, un moment d'intense quiétude où son esprit s'en va loin de cet institut. Après ces moments, elle reste dans sa chambre pour reprendre le contrôle d'elle-même, avant de complètement se réveiller et d'aller à la rencontre des autres résidents. J'ai l'impression qu'elle les apprécie vraiment, surtout la vieille espagnole.

Aujourd'hui est une journée calme. Dehors, il pleut, rien de nouveau pour cette région. Après mes habituelles visites aux autres patients, je laisse Alice seule, reprendre une certaine contenance. Elle viendra vers moi quand elle sera prête, comme à chaque fois. J'entends son cœur s'apaiser, dans sa chambre, à l'autre bout du couloir. Je peux également entendre sa respiration… son souffle est une mélodie dont je ne peux me passer. Mes sens particulièrement aiguisés sont parfois une bénédiction quand je veux l'écouter discrètement. Ils sont toutefois vraiment gênants quand je perçois les discussions salaces de mes collègues de travail à mon sujet. Je peux également reconnaître l'odeur de chaque personne dans ce bâtiment. Alice, elle, sent le chocolat, la tulipe, et les premières neiges. Personne d'autre n'a un arôme comparable, un pur ravissement. Une autre odeur me ramène soudain à la réalité, je la reconnaîtrais entre mille... un autre vampire : James !

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Reviewsez, reviewsez!! :)

Le second chapitre trés bientôt... si ça vous plaît! ++