Chapitre du point de vue d'Alice. D'ailleurs, les prochains chapitres seront pratiquement écrit de la même manière.

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Chapitre 4

Mon sang me brûlait, mon corps me brûlait, même mon âme me brûlait. J'avais l'impression de mourir à chaque secondes. J'aurais voulu que ça se finisse, mais l'incendie du moindre centimètre de mon pauvre corps perdurait depuis je ne savais combien de temps. Je pouvais aisément deviner que ce que j'appelais « mon corps » ne devait être maintenant qu'un tas de cendres en combustion. Je ne pouvais décemment plus avoir de membres, d'organes ou de muscles en état de marche. Mon cœur avait dû s'arrêter et je devais probablement me trouver en enfer. Je me souvenais à peine de ce qui avait bien pu se produire avant cette terrible douleur. Mon cerveau semblait avoir été envahi par tellement de souffrance, qu'il n'avait pu contenir rien d'autre. La souffrance, toujours la souffrance. Mais qu'avais-je bien pu faire pour mériter un tel châtiment ? Je voulais que ça s'arrête mais mes pensées étaient bien trop embrumées pour tenter de me sauver de cet état. J'étais impuissante et j'en étais réduite à attendre l'intervention du destin. Je ne voyais rien, mes yeux ne voulaient pas s'ouvrir de peur de souffrir encore plus. Cependant, j'entendais des sons bizarres, comme déformés… des cris, d'horribles cris de douleur à vous glacer le sang. JE criais, cette personne qui hurlait à la mort c'était MOI et je n'en étais même pas consciente. Mon corps et mon esprit semblaient ne plus être reliés que par ce mal qui me déchirait les entrailles. Les autres sensations, comme l'ouïe ou le toucher, en étaient distinctes, comme perçu par une autre personne. Je poussais à nouveaux des hurlements, si ça continuait à ce rythme-là, je n'aurais même plus la capacité de raisonner correctement. Quoiqu'à ce moment précis, je n'étais capable de penser qu'à cette brûlure qui emplissait tout mon être.

Soudain, avant que je ne puisse le comprendre, le feu s'arrêta. Non, mon esprit devait sûrement me jouer des tours ou mon corps était trop endolori pour ressentir quoique ce soit à cet instant. Il devait s'être anesthésié après autant de souffrance. C'était impossible que quelque chose qui me fasse aussi mal, me laisse tout d'un coup. Mon cerveau commençait à se reconnecter à mes sens, d'abord le toucher, puis l'ouïe. Je n'osais ouvrir les yeux, si j'étais vraiment en enfer, je préférais ne pas le savoir. Mais y'avait-il de vieux matelas défoncés en enfer ? Le diable avait quand même de meilleurs goûts, non ? Parce que, j'en étais certaine… j'étais allongée sur une couchette très usée, elle-même posé sur un lit en bois. Je pouvais sentir, à travers les renfoncements, les différentes lattes qui la soutenaient et les nombreux clous qui liaient le tout. Je pus aussi sentir l'insecte qui se promenait tranquillement entre les deux. Mes oreilles percevaient également de nombreux sons différents ; Le vent d'abord. Je ne me souvenais pas avoir entendu une litanie aussi mélodieuse avant. Cet air entraînant m'amena vers le chant d'un oiseau sur un arbre. Non loin de là, je pus ensuite déceler un brouhaha de paroles : des mères disputaient leurs enfants, des hommes parlaient affaires, des commerçants attiraient les passants… et bien plus encore. Je discernais chaque son dans ce qui semblait être une rue, et dans les autres qui la bordaient.

J'osais ouvrir les yeux, cette conscience partielle des choses ne me convenait plus. Je devais savoir où je me trouvais. J'étais face à un mur de briques rouges, elles étaient séparés entre elles par une infime couche de mortier. Celle-ci semblait être constituée par des milliers de minuscules alvéoles d'air, regroupées entre elles à la manière d'une ruche. Tout était clair, précis, défini. Je percevais tout, chaque moindre détails. Il y avait une fente d'environ deux millimètres au milieu de ce mur qui me permettait de voir ce qui se passait de l'autre côté : une autre pièce, une cuisine me semblait-il. J'étais posée sur le côté, et me décidais enfin à me mettre debout. En moins de temps que je n'y avais mis pour le penser, j'étais déjà relevée. Mais que m'arrivait-il ? Mes actions et mes pensées étaient maintenant reliées. Il suffisait que je pense à faire quelque chose, pour que je la fasse aussitôt. Confus, très confus. Je ne comprenais plus rien. Pourquoi étais-je dans cet état ? Pourquoi étais-je ici ? Mon cerveau foisonnait de questions. Mon corps était différent, ma manière d'agir aussi, et quant à mes pensées, elles semblaient être prise dans un maelstrom de doutes et d'hésitations. J'entrepris d'inspecter les lieux en quête d'une réponse, d'un indice qui m'expliquerait ce que je faisais à cet endroit et le pourquoi de cette douleur qui m'avait transpercée quelques instants plus tôt. En face de moi il y avait le mur, mais ma vision englobait plus que ça. Un bureau se trouvait sur ma gauche et une fenêtre sur le mur de droite, laissait entrer les rayons du soleil qui se séparaient en un magnifique arc-en-ciel. De minuscules particules de poussières voletaient à travers toute la chambre, la rendant étouffante. Avant même d'y avoir réfléchie, j'attrapais le tiroir de l'unique meuble de cette pièce et le tira vers moi. Celui-ci fut expulsé en quelques secondes sur le mur d'en face et se brisa sous le choc. Je ne saisissais rien de ce qui se passait. Je me mis à déambuler dans la pièce, avec une grâce que je ne remarquais même pas. Mon cerveau était trop embrumé pour stocker ce genre de détails. Je m'approchai de la fenêtre et l'ouvrit. La douceur du vent vint frapper mon visage. J'eus l'impression d'avoir plongé la tête dans un nuage.

Mais une sensation inconnue ébranla soudainement tout mon corps. Ma gorge se mit à brûler tandis que je me cambrais de désir. Je me postais en position d'attaque, prêt à bondir. Mon cerveau ne maîtrisait plus rien, seuls mes bas instincts primaires me dirigeaient. Plus bas dans la rue, une fillette jouait, le vent ébouriffant ses cheveux et me laissant le plaisir de découvrir sa nuque… sans protection.

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Le prochain dans quelques jours. Alors?? votre avis??