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Chapitre 12
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« Alice… mon ange. » Sa voix glissa sur moi comme un ruban de soie sur ma peau.
Cette douce mélodie, ce son tout droit sorti d'un orchestre philarmonique était la plus belle chose que je connaisse sur Terre.
Jasper était debout à l'ombre d'un énorme chêne, ses cheveux d'un blond éclatant entourant son visage parfait. Derrière lui, je pouvais deviner les contours d'une immense prairie, nimbée par les rayons du soleil de ce matin de printemps. L'immense étendue verte était parsemée de minuscules points colorés, des centaines de fleurs sauvages reflétant chacune l'astre solaire en un arc-en-ciel majestueux. Pas un seul bruit ne nous parvenait aux oreilles, la forêt voisine pourtant grouillante de vie semblait si paisible en cet instant. Nous étions seuls au monde dans notre bulle de bonheur et rien ne pouvait nous perturber. On aurait dit un décor de cinéma tellement c'était beau. Néanmoins je n'avais pas la moindre envie de tourner la tête pour contempler ce paysage époustouflant. Non, parce qu'en cet instant le seul être qui comptait vraiment se tenait devant moi et me souriait amoureusement. Mon amour. Mon Jasper. Je m'étonnais toujours de voir tant de splendeurs rassemblées en une seule personne. Il s'avança et m'entoura de ses bras puissants, tandis que je ne cessais de le contempler. Il baisa tendrement mon cou tout en faisant courir ses mains délicieuses le long de mes hanches. Un frisson me parcouru, et je ne pus m'empêcher de goûter avidement ses lèvres. Il répondit à mes avances avec toute la tendresse que je lui connaissais.
Il m'étendit doucement sur le sol et… le téléphone sonna, me tirant de mes pensées.
C'était le service de chambre, encore une fois. Je laissais l'appareil émettre une troisième sonnerie avant de débrancher la prise, définitivement. De cette manière, j'aurais au moins un semblant de tranquillité avant leur prochaine incartade. Mon moral déjà au plus bas n'avait pas besoin d'un quelconque signal assourdissant pour l'achever. Je n'attendais d'appel de personne, et je n'avais besoin de rien si ce n'est de solitude ; et cela les services de l'hôtel ne l'avaient toujours pas assimilé. Je leurs avait bien précisé de ne pas me déranger mais ils n'en faisaient qu'à leur tête dans cette fichu auberge espagnole ; et mon accent plus qu'approximatif ne m'aidait pas vraiment à me faire comprendre. D'habitude, ce n'était pas moi qui me chargeais des détails linguistiques et je ne m'en plaignais pas. Mais à présent seule, ces dernières décennies à parcourir le monde se devaient de me servir à quelque chose.
Seule. Cela faisait longtemps que ce n'était plus arrivé…
A mesure que le temps filait, mes souvenirs me paraissaient de plus en plus réels, comme si cette scène venait de se jouer et qu'il était encore là, tout proche. Frustrant, très frustrant. Ce n'était même pas une vision, rien qu'un jeu tordu que ma mémoire me servait à chaque moment où je n'avais rien à faire, c'est-à-dire à longueur de journée. J'allais certainement devenir folle si la situation ne s'arrangeait pas très vite. Une semaine, une horrible semaine que les évènements de la plage s'étaient déroulés. Sept jours et sept nuits que je vivais sans lui, ou plutôt que je survivais. Dire que j'étais déprimée aurait été un doux euphémisme. Mon habituelle joie de vivre et mon optimisme avaient laissé place à une mélancolie chronique qui m'engourdissait le cerveau et m'empêchait de penser à autre chose. J'étais dans une brume constante, perdue dans mes sentiments trop confus. Il n'y avait qu'une seule constante : Jasper. Je n'étais plus moi-même sans lui, sans cette moitié essentielle et mes journées se résumaient à peu de choses qui suintaient toutes l'ennui le plus total. Comment pouvais-je espérer vivre sans sa présence ? Comment apprécier l'éternité quand on a perdu sa raison d'avancer ? Mon existence n'était plus qu'une nuit sans étoiles : Sombre, triste, amère, décevante… inutile.
Mais j'avais choisit cette situation. C'était mon choix de réfléchir au calme, mon choix aussi de me retrouver seule, mon choix encore de l'éloigner pendant un temps imprécis. C'était entièrement de ma faute si je me retrouvais à sangloter comme une perdue depuis des jours, ou si j'avais l'impression de mourir un peu plus, à mesure que les secondes s'égrenaient. Je lui avais demandé de partir et je devais en assumer les conséquences… ou toutefois trouver un moyen d'arranger les choses parce que je ne pouvais plus continuer sur cette voie. J'étais là, toute seule pour une bonne raison : penser à ce qui s'était passé en Asie. Raison qui, soit dit en passant, ne me semblait plus aussi judicieuse à présent. J'avais donc fait le tour des choses, je les avais tournées et retournées dans tous les sens, et à chaque fois ma stupidité effarante me sautait à la figure. J'en aurais ri si je ne me trouvais pas dans un tel état. Comment avais-je pu à ce point me laisser dépasser à ce point par les évènements ? D'habitude, je n'étais pas si sotte mais là j'avais fait fort quand même ! Je pensais pourtant savoir mieux gérer mes émotions mais c'est tout le contraire qui s'était déroulé. Je me souvenais de la scène que je lui avais faite, de la peine que j'avais ressentie et de l'amertume qui m'avait ensuite animée. Ridicule, tout simplement absurde ! Je me rappelais aussi, plus difficilement cette fois, de la tristesse qui avait emplit ses traits quand il avait compris que je devais rester seule, de la frustration que je ne comprenne pas sa logique et de sa colère contre lui-même…
Non, Jasper ne m'avait pas frappé intentionnellement.
Non, il n'avait pas aimé être dans les bras de cette créature.
Oui, il avait bien tué une humaine, mais il n'en avait pas eu conscience sur le moment.
Oui, il le regrettait amèrement et il devait sûrement souffrir le martyr.
Et enfin Oui, je devais le retrouver.
Cette dernière pensée était une évidence. J'avais eu tort et lui aussi sur certains points, mais rien ne pouvait nous séparer, même pas mon stupide caractère. Mais comment le retrouver ? Par où commencer à chercher ? Et surtout me pardonnerait-il mon geste ? J'étais sûre et certaine d'une seule chose : Jasper n'était plus en Thaïlande. Il avait sûrement fuit le pays comme moi pour oublier toutes les horreurs qui s'y étaient produit. Alors où ? Le reste du monde était assez vague comme réponse. Certes j'avais toute l'éternité pour parcourir le globe mais ma raison n'attendrais pas jusque là. Je devais être dans ses bras au plus vite, il en allait de ma santé mentale et physique.
On frappa à la porte, encore une fois. Mes nerfs déjà à bout n'allaient pas tarder à lâcher. Ils ne connaissaient donc rien de la tranquillité et de la solitude dans ce pays ? Ils ne pouvaient pas m'oublier cinq minutes ? Ce n'était pas faute d'avoir essayé de les éviter, mais ils revenaient toujours à la charge comme le claquement désagréable d'un élastique sur une peau déjà à vif. Je me levais du lit, mon lieu de supplice depuis je ne sais combien de temps, et traînais littéralement des pieds pour répondre aux coups incessants et étonnamment réguliers.
« Bonjour » me fît une voix nasillarde lorsque j'ouvris la porte. Un petit homme ventripotent d'une cinquantaine d'année, orné d'un affreux costume trois pièces et d'un nœud papillon à pois rouges, me fixait de ses petits yeux porcins. Le cliché type du séducteur désenchanté… charmant. « Je ne vous ais pas vu depuis quelques jours et vous ne répondez pas au téléphone. Je m'inquiétais. » Ajouta-t-il sur un ton un peu trop doucereux avec un accent qu'on aurait pu couper au couteau. Effectivement, il ne m'avait pas vu, j'avais bien fait attention de me tenir loin de ce Don-juan chevronné dans un rayon d'au moins cinq cents mètres.
« Désolé. Je suis une personne très occupée. »
J'entrepris de refermer la porte et je me languissais déjà de retourner à mon chagrin tranquillement, lorsqu'il eut l'audace de mettre son pied dans l'entrebâillement. Jamais un autre humain n'avait eu le courage de m'approcher d'aussi prêt : leur conscience, ou peut-être bien leur instinct de survie, leur intimait toujours de m'admirer à distance. Je devais bien lui reconnaître ça, il n'avait pas peur de mourir. Mais je me demandais aussi s'il voulait finir avec une jambe en moins…
Cette petite voie dans ma tête qu'on appelait conscience n'avait pas totalement tort. Je ne pouvais pas l'amputer d'un membre… mais je devais l'envoyer valser ailleurs au plus vite. Ma volonté de rester calme s'effritait peu à peu, comme une bombe à retardement.
« Oui, c'est une évidence. Une femme aussi belle que vous doit être très demandée. » Une femme oui, mais aussi un vampire, un horrible vampire qui a vraiment besoin de se lâcher en ce moment…
« Comme je vous l'ais dit, je suis en plein travail là et je n'ais… »
« Mais laissez-moi donc vous aider, je suis assez brillant et j'excelle dans bien dans des domaines, si vous voyez ce que je veux dire. » Oh mais je vois, je vois même trop bien ! Il me lança un coup d'œil appuyé, ne me laissant plus le loisir de supposer le double sens graveleux de sa phrase.
« Votre. Pieds. Tout. De. Suite. »
J'avais pris soin de détacher chaque mot pour ne pas laisser ma fureur contenue se déchaîner sur lui. Après tout, ce n'était pas après lui que j'étais en colère_ ou peut-être légèrement_ mais c'était principalement contre moi-même. Plus rien ne me plaisait ces derniers temps et ce n'était pas cet énième quart d'heure de séduction qui allait arranger les choses. D'habitude, je l'aurais gentiment remercié avec un de mes plus beaux sourires, mais cette piètre tentative de charme ne tombait ni au bon moment, ni sur la bonne personne.
Il ne prit pas en compte ma demande, ou plutôt mon ordre voilé, et s'avança encore pour n'être plus qu'à quelques centimètres de moi. Je pouvais sentir son souffle sur ma peau et son after-shave qui me picotait les narines, celui-là on pouvait le sentir à des lustres de là, à ne pas s'y tromper. Il leva la main et la posa sur mon bras, lui-même posé sur le montant de la porte, prêt à le pousser dehors… C'est à cet instant que tout changea. Mes yeux s'élargirent et s'égarèrent tandis que mon esprit s'en allait loin de cette chambre d'hôtel et de cet homme.
Cette lumière vive. Jasper… Une vision, enfin.
Ses mains expertes découvrant mon corps, dessinant parfaitement chacune de mes courbes.
Ses mains toujours… descendant le long de mon dos, pour mieux y remonter et me débarrasser de mon corsage.
Mes mains ôtant fébrilement ses vêtements, dernière limite à notre plaisir.
Cette danse exquise qu'engagent nos deux corps, cette symbiose parfaite.
Je revenais à moi pour découvrir que j'étais seule à la porte de ma chambre. Mon Casanova était sans doute partis en courant en ne me voyant pas réagir pendant de longues minutes ; ou plutôt avait-il pris peur en m'entendant répondre à ma vision d'une façon très peu subtile. Bien, une bonne chose de faite, je ne serais plus dérangé à l'avenir. Plusieurs visages inconnus étaient passés par les portes entre-ouvertes, et mes voisins de paliers me regardaient tous d'une façon des plus étranges. Je retournais au plus vite dans ma chambre, en tâchant d'ignorer ce qu'ils avaient bien pu entendre et repassais dans ma tête les détails de ma dernière vision. Je ne savais ni où ni quand mais j'étais persuadée d'une chose : J'allais retrouver l'amour de ma vie et de la plus agréable des façons. Je tentais de me souvenir d'un élément qui me permettrait de découvrir où se cachait Jasper, mais rien. Je ne pouvais que revoir nos deux corps, s'unissant encore et encore. J'étais frustrée pour bien des raisons… et autant que si je n'avais eu aucune vision mais au moins maintenant j'avais une motivation, un but. Je savais que j'allais le revoir et ce n'était pas en restant prostrée dans cette chambre d'hôtel que j'allais y arriver. Je me forçais donc à sortir, c'était bien là le meilleur moyen de me changer les idées et d'arrêter de déprimer. Et puis, une ballade me donnerait sans doute des idées sur l'endroit où le chercher.
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Je flânais dans la rue depuis moins de dix minutes, lorsque je débouchais sur un parc boisé qui devait bien être abandonné depuis des années. Au lieu des habituels parterres de fleurs réguliers, on ne distinguait que des mauvaises herbes. Les massifs de roses avaient laissé place à des buissons de ronces où j'aurais pu aisément me cacher, et la pelouse était tellement haute que des animaux devaient sans doute y avoir élu domicile. Je poussais le portillon en fer forgé pratiquement rouillé de toute part, et je me retrouvais à batailler contre un rideau de feuilles plus que volumineux. Après m'être débarrassée de mes assaillants, je parvenais à ce qui me semblait être l'allée centrale du jardin. J'étais accueilli par une avenue entière de bouleaux resplendissants sous lesquels paressaient des centaines de lilas. Leurs feuilles s'agitaient en une danse subtile au moindre mouvement du vent et m'invitaient à avancer plus encore dans ma découverte. La superbe de la scène détonait étrangement avec l'aspect extérieur du lieu. J'aperçu au loin une vielle bâtisse qui semblait tout aussi abandonnée et décidais donc d'aller y jeter un coup d'œil. Arrivé à l'intérieur, je pus aisément voir que le bâtiment avait servit de terrain de jeu à plusieurs tagueurs, mais toutes ces figures n'entachaient en rien à sa beauté. On aurait dit, un endroit éloigné de tout, perdu au fond d'un rêve et connu de moi seule. Je me mis à l'arpenter de long en large pour y repérer enfin quatre pièces au rez-de-chaussée et trois à l'étage, probablement des chambres. Mon enthousiasme me prît au dépourvu et je m'étonnais à rire toute seule depuis longtemps. Arrivée dans la pièce principale, je ne pus m'empêcher de me mettre à tourner sur moi-même encore et encore, comme dans un manège, goûtant avec joie aux délices de l'insouciance. Ici, je ne craignais rien. Aucune chose ne pouvait m'atteindre, même pas ma tristesse et mes doutes. Je ne savais pas pourquoi mais cette vieille maison me donnait le vertige, au propre comme au figuré. J'en avais même oublié mes problèmes, mes questions et mon Jasper. Quand soudain, une masse de cheveux dorés me ramenèrent à la réalité. Là… dehors. Je l'avais aperçu par la fenêtre, j'en étais certaine c'était lui.
Je me mis à courir le plus vite que me le permettait mes jambes, et en une foulée j'étais déjà sous les arbres à ratisser le moindre centimètre carré. Mais rien… aucune trace de lui ou d'une quelconque personne. Rien… si ce n'est cette odeur, son odeur. J'étais pratiquement sûre que c'était la sienne, mais… peut-être que je me trompais. Ma pirouette m'avait sans doute chamboulée plus que de raison. Il ne pouvait pas être ici, juste à côté de moi et se tenir si loin. Il ne pouvait pas être si proche et si éloigné en même temps. Non. C'est certain, ce n'était pas lui, mon cerveau me jouait des tours, encore. Jasper ne pouvait pas être ici. Cette illusion dorée n'était que cela : une illusion, rien de plus.
Mon moment de félicité brisé, la mélancolie revint au galop. Je décidais donc de laisser mon château enchanté et je me mis à déambuler lorsqu'au détour d'une rue, je tombais sur mon occupation favorite : les grands magasins. Rien de mieux pour remonter le moral d'une femme que des dizaines de tenues griffées. La vendeuse ne parut pas me voir débouler dans sa boutique, jusqu'à ce que je prenne en otage la moitié de sa collection dans l'immense cabine ; et que j'achète les trois quarts de celle-ci. La vie de vampire avait parfois du bon. J'en étais encore aux délibérations quant à mes autres essayages, lorsque ma raison me tourmenta de nouveau. Je le voyais distinctement à travers l'immense baie vitrée, il se tenait sur le trottoir d'en face et semblait ne pas me voir. Mes souvenirs étaient bien fades à côté de la réalité : Il était encore plus beau. Je ne pris pas la peine de récupérer mes paquets et m'engouffrais déjà hors du bâtiment… mais encore une fois, il n'était plus là. Je tournais la tête de tous les côtés pour tenter de me prouver que je n'étais pas folle et que mon amour avait bien été dans cette rue cinq secondes auparavant. Et là, je le vis à cinq cents mètres de moi, se baladant tranquillement entre les passants, ses boucles vénitiennes dansant sur ses larges épaules au moindre de ses gestes. Je ne pouvais pas le rater cette fois. Je me mis à sa poursuite et aperçu enfin qu'il enlaçait tendrement une jeune fille. Il ne pouvait pas s'être remis aussi vite de notre rupture, non ? Et ce n'était même pas une rupture, j'avais seulement demandé du temps ! Quel mufle il faisait, franchement ! J'avais passé ma semaine à déprimer et lui passait du bon temps avec une bimbo ? Une semaine, enfin ! Il ne pouvait m'attendre sept malheureux petits jours ? En un millième de seconde, j'étais arrivé à sa hauteur… ou plutôt à leur hauteur. Je l'empoignais violemment et m'apprêtais à lui crier toute ma colère quand il tourna la tête et que ma stupidité me sauta encore une fois au visage : ce n'était pas Jasper. Rien qu'un couple d'amoureux, comme nous.
C'en devenait ridicule. J'étais bonne à enfermer apparemment. Je le voyais partout, c'était la troisième fois de la journée que je me ridiculisais de la sorte et ça n'améliorait en rien mon moral. Après m'être excusée, je partis vivement en direction de l'hôtel, ma forteresse de solitude où je ne risquerais plus de commettre de tels actes.
Je ne pris pas le temps d'être aimable avec le service d'accueil quand je récupérais mes clés et montais en toute hâte me réfugier dans mon lit. Le seul réconfort qui m'y attendait était les questions qui me taraudaient l'esprit, mais tout valait mieux que les nombreuses déceptions que j'avais connues aujourd'hui. Je gravis les deux étages à une vitesse vampirique sans rencontrer âme qui vive, j'enfouis la clé dans la serrure et m'engouffrais dans ma chambre au un quart de tour. J'étais face à l'entrée et j'entrepris de me relaxer, ou plutôt d'évacuer toute ma tension en me tapant frénétiquement la tête contre la porte. J'en avais assez de cette journée et mes nerfs étaient vraiment à bout cette fois. Si seulement j'avais pu dormir et oublier. Un moment de sérénité, perdue dans mes rêves aurait été l'idéal, mais il ne fallait pas trop rêver justement. J'avais perdu cette liberté en même temps que mon statut d'humaine. Je décidais donc de retourner à mon exutoire préféré : mon lit et les doutes qu'il transportait avec lui. Quand un hoquet de surprise passa mes lèvres. De toutes les mirages que j'avais pu avoir ces dernières heures, aucun n'était aussi réel que ce qui se passait sous mes yeux : Jasper, assis en tailleur sur mon sommier et qui me fixait intensément. J'avais vraiment une imagination fertile… ou un esprit torturé, c'était au choix. Grotesque… j'étais tellement désespérée que j'imaginais mon amour avec moi dans ma chambre ! On ne faisait pas mieux comme compensation !
« Ben ça, c'est la meilleure ! » lançais-je dans un souffle.
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