Je tiens à m'excuser pour ce chapitre, j'ai mis beaucoup de temps à le poster. Mais bon, pardonnez-moi je suis en pleine pèriode de partiels! Et puis, j'ai pas mal galéré pour cette scène, j'espère que ça va vous plaire quand même! J'essaierais de poster le chapitre suivant le week-end prochain!

Merci pour votre soutien!

*

Chapitre 15

*

J'étais assise dans la neige, ne ressentant évidemment pas les effets du froid sur mon corps ou celui du vent sur mon visage. Jasper m'avait laissée seule encore une fois, le temps pour lui de mettre sur pieds une nouvelle surprise, et pour moi de venir à bout de cette énigme. Il faisait toujours aussi sombre, mais les affres de la nuit ne me dérangeaient plus autant. Mon esprit était trop occupé ailleurs pour s'en soucier.

« Je suis froid, mystérieux et solitaire mais pourtant je veille sur toi à chaque instant. Approche-toi de mon cœur et tu t'approcheras de la vérité. »

Pff… Mon amour avait fait dans le compliqué cette fois. Il avait des origines bouddhiste ou quoi ? Parce que cette phrase ressemblait étrangement à un proverbe tout droit issu du manuel du parfait petit scarabée. Cela faisait maintenant une bonne heure que j'essayais d'en venir à bout, mais rien. Aucun indice ou autre éclat de génie qui aurait pu me mettre sur la voie. Je désespérais de trouver une solution et, par la même occasion, de ne pas contrarier les plans de mon amour. J'avais déjà oublié notre anniversaire, je ne pouvais pas, en plus, me permettre d'échouer ici. Et, je devais l'avouer, j'étais très curieuse de savoir ce qui se passerait au bout de cette chasse au trésor. Un nouveau voyage ? Un spectacle magnifique ? Un cadeau somptueux ? Peut-être Jasper allait-il me chanter une chanson paillarde ou danser la conga à moitié nu? Ce n'était pas vraiment l'idéal comme cadeau, mais ça aurait été clairement une vraie surprise et une scène à ne pas manquer ! Peut-être qu'il allait me faire vivre un conte de fée ? Peut être... peut-être… Il y avait tellement de suppositions et si peu d'indices ! Je ne savais pas ce qu'il me réservait mais j'avais hâte de le découvrir. En attendant… j'étais toujours installée là, à même le sol, entourée encore et toujours de ces mêmes bougies. Celles-ci dansaient lentement, comme pour illustrer l'état apathique dans lequel j'étais plongée. Découragée de parvenir un jour à trouver l'issu de cette charade, je me laissais aller à m'allonger dans la neige. Le ciel était d'un noir de jais, encore. Le vent faisait frémir tout autour de moi le feuillage des arbres et je ne percevais que le son des idées qui fusaient dans mon cerveau. Si ça continuait, j'allais bientôt apercevoir de la fumée me sortir par les oreilles. Mon corps s'était limité à exécuter le moins de mouvements possibles, mais mes pensées s'entrechoquaient entre elles.

Soudain le cri d'un oiseau, suivît d'une insulte me sortît de ma torpeur. Mon cerveau n'avait pas pu émettre de tels sons.

Je me relevais rapidement pour voir que Jasper se démenait à enlever des plumes emmêlées à ses boucles blondes, lui donnant l'apparence d'un épouvantail. Il pestait contre le volatile et apparemment il avait tout oublié de ma présence. Je ne pus m'empêcher de rire devant le ridicule de la scène. Se souvenant enfin que j'étais là, il releva la tête avant de détourner les yeux : Il était embarrassé pour la première fois devant moi.

« Oh… je… je ne voulais pas te déranger. J'étais juste en train de… quand cette satanée volaille m'a… et je… argh… et ces plumes !! »

« Utilise des phrases mon amour parce que là je ne comprends absolument rien à la situation. Sinon que tu t'es fait attaquer. » A cet instant, je n'aurais pas dû rire. Mais je ne pouvais m'en empêcher en voyant mon vampire pourtant si fort et agile se faire agresser par une petite créature dont nous nous nourrissions d'habitude.

« Oh… excuse-moi. Mais explique, Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Je te le dis, si tu ne rigole pas. » Voir mon Jasper gêné était une expérience que je n'étais pas prête d'oublier. S'il avait été humain en cet instant, il aurait sans doute rougi comme une adolescente. Sa mine déconfite et ses yeux fuyants était une première pour moi qui était plus habitué à le voir digne et courageux. J'essayais de garder mon sérieux devant son mal-être, mais le duvet, vestige de la volaille, ne cessait de venir se coller à son visage, rendant mon amour encore plus fou de rage.

« Je ne peux rien promettre, mais je vais essayer. » Mais c'était peine perdue, le sourire naissant sur mes lèvres me trahissait déjà.

« J'étais sur la branche d'un arbre en train de t'observer discrètement quand cette bête m'a agressé. » ça je l'avais bien compris. En voyant mon air interrogateur, il continua. « J'étais à côté de son nid, là où il y avait ses petits. Elle a pensé que j'étais une menace et m'a volée à la figure avant de béqueter le haut de mon crâne. » Je ne pus m'empêcher de pouffer de rire, en n'imaginant que trop bien le déroulement de toute la scène.

« Après tout personne, n'est infaillible même pas toi mon amour. » Lui dis-je en le l'embrassant. Rien de mieux qu'un baiser pour calmer un homme bougon, et ce qu'il soit vampire ou pas. « Et maintenant, viens m'aider parce que là, je sèche carrément. » à mon grand étonnement, il consentît à m'aider.

« Je peux te donner un petit indice, mais n'oubli pas que tu me seras redevable. » Peu importe ce que ce serait, je le saurais bien assez tôt par mes visions, et puis j'avais hâte de me remettre dans le jeu. J'opinais donc rapidement et lui intimait de continuer.

« Alors… hum… tu ne peux pas toucher cette chose. Elle n'est pas palpable. Tu comprends ? Par contre, tu peux effleurer son reflet. » Mon cerveau se mit alors en marche sans que je lui en donne l'ordre. Jasper m'avait donné de nouveaux éléments qu'il fallait que je prenne en considération. Reflet… il me fallait donc un miroir, ce dont bien évidemment regorgeait une forêt déserte en plein hiver. Super. Ce n'était donc pas ça. Je reprenais alors toutes les informations depuis le début, essayant encore une fois de les rassembler par un connecteur logique.

Froid… solitaire… mystérieux… immatériel… reflet uniquement…

Apparemment ma logique et celle de Jasper étaient bien différentes l'une de l'autre.

Tout d'un coup, mes yeux s'égarèrent au loin pour m'accorder un aspect de mon avenir. Mon visage se figea sur une réalité qui ne s'était pas encore produite et qui n'était connu que de moi. Les évènements bien que flous m'indiquaient clairement ce que je devais faire. C'était bien la première fois qu'une de mes visions tombaient à un si bon moment. Je n'aurais pas pu rêver mieux, elles venaient me tirer de ce mauvais pas. Je me mis à me demander un instant si celles-ci n'étaient pas liées à mes émotions. Mais je n'eus pas le loisir d'approfondir cette théorie puisque je revenais à moi pour le plus grand soulagement de Jasper à mes côtés.

« Je n'aime pas quand tu t'en vas comme ça. Qu'as-tu vu ?» à chaque fois que j'avais un instant de clairvoyance, il me regardait avec ses yeux là : l'air de se dire qu'il était avec une folle mais qu'il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour elle. Et ce regard me faisait fondre… à chaque fois.

« Je n'étais pas très loin, tu sais. Et puis… je sais ce qu'il me reste à faire maintenant. » Je n'eus pas le temps de voir la tête qu'il faisait puisqu'à cet instant, je courrais littéralement, un sourire collé au visage, vers le centre du lac gelé non loin de là ; Lac gelé dont je n'avais même pas vu qu'il était là, tout absorbée que j'étais par ma précieuse quête. Et c'est celui-là justement qui allait m'offrir mon second indice. Je comprenais enfin toutes les trames de son énigme : Froid… solitaire… mystérieux… Tout cela désignait le ciel, que bien sûr je ne pouvais pas attraper. Je ne pouvais qu'effleurer son reflet, pour reprendre les termes exacts de mon apollon, en foulant le lac gelé. Ce dernier reflétant à merveille le ciel d'un noir corbeau. Jasper avait fait dans la poésie et le romantique ce soir. D'abord les étoiles, puis le ciel…

Avec mon dieu grec sur mes talons, je m'approchais doucement vers le cœur de cette grande étendue glacée, faisant bien attention à mes gestes et guettant plus que jamais ce qui se trouvait là-bas. J'arrivais enfin pour trouver un deuxième coffre en bois sombre et travaillé de longues arabesques. Cette fois, je savais ce que je devais faire. Je savais exactement comment procéder.

Troisième enveloppe. Troisième énigme. Troisième prise de tête.

« Rien n'est aussi grand, rien n'est aussi beau et personne n'a jamais pu m'attraper. Découvre qui je suis et je suis à toi, mais fais vite car je suis aussi fugace que le vent même si je suis éternel. »

Au moment, où je me retournais pour lui faire face, Jasper se jeta littéralement sur mes lèvres, m'offrant un tendre baiser aussi bref qu'inattendu.

« Félicitation, c'est presque terminé. Mais ce n'est vraiment pas du jeu. » Dit-il un peu bougon avant de continuer « C'est la dernière enveloppe et tu auras ensuite ton cadeau. »

« Mon cadeau ? Je pensais que c'était ça mon cadeau. »

« Non, je te réserve encore d'autres surprises, mais pour ça… un dernier mystère. Mais dépêche-toi. Je t'attends en haut de la montagne. »

Sans un mot de plus, il s'en alla aussi rapide qu'un souffle. Pourquoi me laissait-il en plant à chaque fois ? Et pourquoi allait-il en haut de la montagne ? Mes visions ne m'avaient pas tout montré apparemment. Bien… je n'avais qu'à me débrouiller toute seule encore une fois. Plus vite j'éluciderais cette énigme, plus vite j'aurais mes réponses. Alors, même méthode qu'avant : je devais trouver le lien qui unissait les différents éléments de la charade. Grand, beau, fugace… ça ressemblait à ne pas m'y tromper à mon Jasper. Mais ça ne collait pas… Jasper était déjà mien, officieusement du moins. Et puis, j'avais réussi à l'attraper il y avait un an de cela. Donc ce n'était pas lui.

Mais je comprenais tout d'un coup que toutes ces charades avaient un lien évident entre elles : Le ciel et tout ce qui s'y rapportait. C'était tellement flagrant que je ne l'avais même pas vu. Quelle idiote je pouvais faire parfois ! Donc, j'avais au moins une piste… et même un indice que mon amour m'avait donné sans le vouloir : le sommet de la montagne. Cette indice nécessitait donc un panaroma…

Donc… réfléchissons…

Grand, beau, fugace, éternel… hum… ces deux derniers termes étaient étrangement contraires. Quelle chose pouvait s'en aller rapidement mais pourtant être toujours là ? C'était tout simplement impossible… à moins que… Jasper m'avait dit de me dépêcher… que je devais le retrouver avant la fin de la nuit… Le levé du soleil !! C'était forcément ça ! Ça devait être cela parce que, franchement, je n'avais aucune autre idée.

J'étais allé plutôt vite pour ce secret… et je m'en félicitais moi-même ! Jasper ne devait pas s'attendre à ce que je le retrouve après seulement quelques minutes, je décidai donc d'aller l'épier en cachette, comme lui-même l'avait fait quelques instants plus tôt. Ce n'était pas très sport mais mon impatience était plus forte que ma conscience. Je suivis donc son parfum si envoûtant et entêtant pour le rejoindre finalement en haut de la montagne. Accroupie derrière un buisson, je pensais le surprendre en plein préparatif, mais pas du tout ! Monsieur était assis tranquillement au bord d'une falaise, ses pieds pendant nonchalamment dans le vide. Il était apparemment perdu dans ses pensées. Je décidais donc de le rejoindre, un peu douchée par son manque d'activité. Mais je devais l'avouer quand même, il en avait beaucoup fait pour ce soir…

Sans qu'il s'en rende compte, je m'étais installée à ses côtés et je lui pris délicatement la main dans un geste d'une extrême tendresse. Il me regarda délicatement, avant de me demander si j'avais résolu son charabia.

« J'adore mon cadeau. L'aurore et les premiers rayons du soleil sur ta peau. Très bonne idée. »

« hum… »

« Quoi ? »

« Tu t'es trompé. Le levé du soleil n'est que la cerise sur le gâteau. »

« Quoi ? » Apparemment, je ne savais plus former une seule phrase correcte. Moi qui avait pensé être plus que douée à ce jeu, je me retrouvais piéger. Je n'avais pas réussi. J'avais échoué et il devait sûrement être réellement déçu. Quelle gourde !

« Oh là… non, attend. Ce n'est rien et puis, j'aime à penser que je te suis indispensable. » Il avait toujours les mots pour me rassurer, son don pouvait être très utile parfois, à moins que ça n'ais rien à voir. Il devait juste me connaître parfaitement. Il continua alors…

« Le soleil viendra après. En fait, ce mystère concernait une aurore boréale. Tu as sûrement remarqué qu'il fait très froid, non ? C'est parce que nous sommes très proche du pôle nord et ces phénomènes magnifiques ne se produisent qu'au dessus d'une certaine latitude. »

Remarquant que j'étais figée par sa révélation, il me secoua doucement les épaules pour que je reprenne contenance. Je lui souris avant, bien évidemment, de lui sauter au cou.

« Oh… comment as-tu eu une telle idée ? » J'étais stupéfaite par son imagination et son inventivité.

« Eh bien, en fait, attend je vais tout t'expliquer. » Je ne bougeais pas, dans la perspective de son explication. Il sortit alors les trois enveloppes que j'avais précédemment ouvertes d'une de ses poches. J'allais alors lui demander comment il avait pu les récupérer, mais préférai m'en abstenir. Après tout, mieux valait conserver une part du mystère entière.

« Tu te rappelle la première énigme ? ''Nous sommes des milliards mais une seule fait la différence '' » Il cita l'extrait sans même prendre la peine de le regarder. Il plongea alors profondément ses yeux dans les miens, y cherchant une vérité qui m'échappait. « Mon ange, cette phrase parle de toi. Il y a des milliards de femmes sur Terre, mais une seule fait la différence pour moi, et c'est toi. »

Là, c'était beaucoup. Beaucoup trop d'émotions. Je regrettai de ne pas être humaine parce que si j'en avais eu la possibilité, j'aurais éclaté en sanglots.

« La seconde disait ''Je suis froid, mystérieux et solitaire mais pourtant je veille sur toi à chaque instant'' et… »

« Elle te concernait, toi. » achevais-je dans un souffle. Comment n'avais-je pas fait le rapprochement ? « Mais... et la troisième phrase ? »

« ''Rien n'est aussi grand, rien n'est aussi beau'' c'est tout simplement, nous deux. Notre amour, je veux dire. » Me dit-il alors.

Qu'est-ce que j'avais pu bien faire pour mériter un tel ange ? Je n'en avais pas la moindre idée. Mais une chose était sûre, j'étais très chanceuse.

« C'est notre anniversaire alors je voulais faire les choses en grand. Peut-être que j'aurais dû… »

« Shhh… tout est parfait. Absolument tout. » Je l'enlaçais alors avec tout l'amour dont j'étais pourvue, essayant par ce geste de lui montrer à quel point je tenais à lui.

Nous restâmes un long moment dans cette position, à l'abri du monde alentour, en bordure de falaise, étroitement lié l'un à l'autre. Juste nous. Dans notre petite bulle. Juste Jasper.

Il glissa alors ses mains dans mes cheveux pour me chuchoter doucement de me relever pour admirer mon ultime cadeau. Sans que je sache comment, un air de musique jazz terriblement romantique s'éleva derrière nous, rendant l'atmosphère encore plus agréable si c'était possible. Et à mesure qu'Ella Fitzgerald entamait les premières notes de Sentimental Mood (1), le ciel changea de couleur et prit une teinte mordorée, tranchant littéralement avec le noir de quelques minutes auparavant. Cette couleur me rappela facilement l'homme qui me tenait étroitement dans ses bras. On aurait dit qu'en cet instant, la Terre s'ouvrait pour se mêler lentement avec le Paradis. Des formes se dessinaient dans les lumières, conférant à la scène un caractère encore plus féérique. Mon état d'esprit à ce moment précis fût très loin de ce qu'il avait été lors de notre arrivée dans ces montagnes. Je prenais doucement le temps de graver chacun de ces moments dans mon esprit pour ne jamais les oublier, même dans trois-cent ans. Ce qui n'allait pas être très compliqué. Je relevais alors mon visage et tout naturellement mes lèvres trouvèrent celle de mon amour. Après plusieurs minutes, je repris ma position près de son cœur, et sans que je m'y attende, il prononça une phrase lourde de sens qui me remplît aussitôt de joie :

« Alice, tu veux m'épouser ? »


Tellement simple, mais tellement efficace cette demande! En tout cas, elle l'est dans mon esprit trés fertile! :)

(1) Sentimental Mood de Ella Fitzgerald, chanson que je vous recommande! Pour la petite histoire, je suis tombée sur ce classique en cherchant une chanson romantique des années 50/60 ( parce que je situe mon histoire à peu près à cette pèriode, en fait. Je pouvais pas, non plus, mettre un "tube" de Britney Spears hein! :) ) et j'ai vraiment adorée! Donc si vous voulez vous mettre dans l'ambiance... ^^