Avant tout, je suis désolée pour le temps que j'ai mis à poster ce chapitre. Mais bon, l'inspiration n'était pas au rendez-vous. Comme je l'ais dit à certains, je ne voulais pas poster un chapitre qui ne me plaisait pas. J'ai dans l'idée que si je n'ais pas de plaisir à écrire un chapitre, vous n'en aurez pas non plus à le lire. Donc voilà. :)

Ensuite (et comme promis! =p ), j'aimerais vous faire part de mon coup de coeur du moment: Faire comme si écrite par F'sS. C'est une FF trés bien écrite et centrée sur le perso de Rosalie. Vous trouverez le lien dans mon profil, dans la section "favorite story". Vraiment allez y jeter un coup d'oeil (et même deux!) et aidez la à atteindre les 100 reviews! :)

Enfin bref, voilà le chapitre 21.


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Chapitre 21

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Je ne sais pas à quoi je m'étais attendue. A un moment de grande complicité entre filles ? À une après-midi tout en guimauve et en rose bonbon ? À un moment que je voulais spécial ? A briser les barrières de Rosalie ?

Peut-être bien que oui.

Mais le moins que l'on pouvait dire était que je m'étais trompée sur toute la ligne.

Rose n'avait fait aucun effort durant toute cette escapade en ville. A aucun moment, elle n'avait amorcé un geste, si ce n'est gentil, au moins agréable. Elle était restée froide, dure et revêche… même quand nous avions déniché des soldes immanquable ! J'avais été plus qu'aimable et excessivement sympathique et pourtant elle était restée de marbre.

Je ne comprenais pas.

Je pouvais pratiquement toucher du bout des doigts le ressentiment qu'elle éprouvait contre moi. Mais la question qui me taraudait était pourquoi ? Depuis que j'étais chez les Cullen, j'avais bien essayé de m'intégrer. Et cela avait fonctionné au-delà de mes espérances avec tout le monde, sauf avec elle. Cette blondasse décolorée commençait vraiment à m'exaspérer ! J'en avais plus qu'assez d'essayer de la satisfaire.

Nous étions en route pour Forks, et rien, à part le bruit du moteur du coupé ne se faisait entendre. La nuit était tombée et il n'y avait pratiquement aucune voiture en vue sur cette petite route. J'avais abandonnée depuis au moins dix kilomètres de faire la conversation. Aussi, seules mes pensées pouvaient me distraire. La nuit filait à toute allure par les vitres de la voiture qu'Edward m'avait prêtée. L'air froid de l'hiver vint me chatouiller le visage, sensation qui aurait pu me gêner si la température de mon corps ne se situait pas dix degrés en dessous de celle de la neige au dehors. Je ne m'en souciais donc pas et mon cerveau eut la possibilité de dériver encore une fois sur les raisons du ressentiment de Rose.

Colère ? Que lui avais-je donc fait ?

Jalousie ? Quelle chose absurde une femme magnifique comme elle pouvait bien m'envier ?

Agacement ? Peut-être que mon enthousiasme débordant l'avait refroidie.

Inquiétude ? J'avais, sans le vouloir, dérangé son équilibre personnel ?

Non, décidément, je ne voyais vraiment aucune raison valable à sa rancœur.

J'en arrivais vite à une horrible conclusion : Rosalie ne m'aimait pas. Point, barre. Je n'y pouvais rien. Je pouvais bien tenter par tous les moyens de l'amadouer, je ne parviendrais qu'à accentuer son hostilité.

Elle pouvait bien cracher son venin… ce n'était plus mon affaire.

Après tout, peut-être que mes visions d'une vie parfaite dans la grande villa blanche ne prenait pas en compte la belle blonde. Peut-être que j'étais destinée à vivre avec les Cullen mais à faire comme si Rosalie n'existait pas puisque c'était ce qu'elle semblait vouloir. Peut-être que je m'étais imaginée toute cette complicité avec elle. Peut-être que je m'étais trompée, tout simplement. Rose et moi n'étions pas faites pour nous entendre apparemment.

Quoique… si Rose n'arrivait pas à me voir, je ne pourrais pas vivre avec les Cullen. Jamais je ne pourrais être heureuse en sachant qu'elle me détestait. Cette évidence me fît très mal. Mon rêve de belle et grande famille s'envola aussitôt.

Un soupir de ma voisine me ramena à la réalité. Quoi ?! La princesse n'avait pas tout ce qu'il lui fallait ? Que voulait-elle de plus ? Argh… elle m'agaçait au plus haut point.

Mes yeux se voilèrent dans la seconde, ne me laissant plus le loisir de m'interroger. Mon corps se figea, tandis que mon esprit accueillait à bras ouvert une réalité qui ne s'était pas encore produite. Je profitais pleinement de ce moment, assimilant le plus possible d'informations ; Alors qu'une petite partie de mon cerveau me signifiait qu'avoir une vision et conduire une voiture en même temps, n'était pas une bonne idée.

Mais je n'y pouvais rien, indépendamment de la morale et du code de la route. Je me laissais donc porter dans ce monde chimérique qui, pour le moment, n'appartenait qu'à moi.

Les personnes, la situation, les détails… je m'efforçais de tout retenir.

- BON SANG, MAIS QU'EST-CE QUE TU FOUS ALICE !!

La voix criarde de Rosalie me ramena brutalement à la réalité.

Qu'est-ce qui se passait ? Pourquoi Rose criait-elle comme une hystérique et pourquoi tenait-elle le volant à ma place ? Et surtout… pourquoi est-ce que j'étais encore en train de penser à tout ça ?

Je me ressaisis à temps et repris les rênes du bolide d'Edward juste avant que celui-ci ne fasse une embardée sur le bas-côté. Rose me lança un regard noir et je ne pus rien lui répondre tellement j'étais sous le choc. Elle souffla un grand coup, et je lui lançais un faible « désolé ».

Ma maigre tentative pour m'excuser n'eut pour effet que de la mettre encore plus en rogne. Elle pivota alors sur son siège, pour me faire face.

Je m'efforçais de regarder la route, même si cela ne m'étais pas nécessaire. Du coin de l'œil, je l'aperçu cependant. Ses boucles dorées étaient éparpillées autour de son visage, lui donnant presque un air de harpie en colère.

- Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris de t'accompagner aujourd'hui. Siffla-t-elle.

Rosalie ne criait pas. Mais sa voix, presqu'un chuchotis, me glaça le sang. Tout en elle suintait l'agressivité et le ressentiment. Elle souffla son mécontentement avant de continuer sa tirade en montant dans les octaves.

- Toute cette journée était horrible et maintenant ça ! Si tu ne sais pas conduire, tu n'avais qu'à me laisser le volant ! Tu es une incapable ! Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire au ciel pour qu'il me…

- MAIS BOUCLE-LA, ROSALIE ! BOUCLE-LA !!!

Je n'en pouvais plus. Je saturais. J'en avais ras le bol de Rose et de toute son attitude. Elle ne pouvait pas me traiter de cette façon. Je ne méritais pas ses paroles. Elle n'avait aucun droit de me parler de cette manière… personne ne l'avait.

Rosalie me regarda d'un air ahuri, ne sachant plus que dire. Hurler n'était pas dans ma nature… et encore moins crier des paroles de ce genre là. Mais là c'en était trop, je ne pouvais plus la supporter. Avec son ton sournois et antipathique, elle avait miné le peu de self control que j'avais encore.

Ma voix qui était montée dans les aigus retentissait encore dans l'habitacle, lorsque je stoppais la voiture au plein milieu de la chaussée.

Je ne parvenais plus à parler, encore moins à conduire et ma colère assourdissait mes oreilles. Elle m'avait mise hors de moi, alors que d'habitude je savais très bien me contrôler. Mes doigts se crispèrent sur le volant, tandis que je me retenais pour ne pas me mettre à hurler encore une fois.

- J'en ai plus que marre que tu me traites de cette façon, Rose.

Elle ne me regardait plus. Son regard était fixé sur le paysage qui nous entourait. Je ne savais même pas si elle m'écoutait. Si elle ne m'écoutait pas, elle allait au moins entendre parler du pays. Il était temps de mettre les choses à plat et de régler cette affaire. Je ne pouvais plus vivre dans cette ambiance et cette après-midi shopping m'avait ouvert les yeux.

- Mais enfin qu'est-ce que je t'ais fait ? Dis le moi.

Aucune réponse. Pas même un geste, ni un battement de cil.

- Depuis que je suis arrivée ici, tu m'as à peine adressé la parole. J'ai la peste ou quoi pour que tu m'évites à ce point ? J'ai l'impression qu'il n'y a que quand tu oublis ma présence que tu te sens bien à la villa. Si je t'ais blessée, j'en suis désolée. Mais franchement, je ne vois pas ce que j'ai bien pu commettre d'aussi horrible. Emmett, lui m'aime bien je crois. Tous les autres aussi d'ailleurs. Est-ce que c'est pour ça ? Parce qu'ils m'apprécient tous ?

Je ne pouvais pas concevoir l'idée que Rose puisse être aussi futile. Etait-elle en colère à cause de ça ? À cause de ce regain d'attention qui n'était plus tourné vers elle, mais vers Jasper et moi ? Etait-elle vraiment à ce point superficielle et naïve ?

Tous les Cullen adoraient Rosalie. Ce n'était plus à prouver. Même Jasper l'appréciait… et moi, quoique je puisse en penser à l'instant, je voyais en elle ma future sœur. En dépit de son attitude hostile, j'avais vu dans mes visions une autre facette de Rose. J'avais entraperçu une personne chaleureuse et aimante, avec qui j'allais beaucoup partager. Une personne sensible mais avec des barrières hautes comme des montagnes.

Non. Décidément, non. Rosalie n'était pas ce genre de fille stupide.

Me sortant littéralement de mes pensées, la jeune femme ouvrît la porte à la volée et s'engouffra dans la forêt environnante. Elle était partie sans un mot, dans un souffle, comme portée par le vent.

Elle n'allait pas s'en tirer comme ça. Je sautais à mon tour hors de la voiture et suivît tant bien que mal, ses traces. Elle me devait une explication. Son odeur me frappa alors de plein fouet. Je m'élançais alors entre les pins, évitant aisément les branches sur mon passage. Tous les sens en alerte, c'était comme quand je chassais… sauf que la proie était cette fois une personne, un membre de ma famille.

Je la repérais enfin à deux kilomètres de là. Elle s'était arrêtée au beau milieu de la forêt. En moins de temps qu'il n'en fallait, je sautais de branches en branches pour être à ses côtés.

Rosalie me tournait le dos et je ne pouvais pas voir son visage.

- Rose…, appelais-je gravement.

Elle était appuyée à un arbre et soudainement, elle se laissa tomber sur le sol, la tête entre ses mains. Ma colère et mon besoin d'explications s'évapora aussitôt. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Rosalie d'habitude si forte, si digne… pleurait à quelques mètres de moi.

Je m'approchais alors doucement, et passai un bras autour de ses frêles épaules. La belle blonde n'avait plus rien d'une furie en ce moment. Son corps secoué de sanglots silencieux, n'avait plus rien d'intimidant ou de violent. Non, Rose ressemblait plus à une petite poupée de porcelaine qu'il fallait protéger.

Ce retournement de situation me laissa interdite et je ne savais plus quoi penser.

- Rose…, répétais-je alors dans un chuchotement.

Aucune réponse.

- Parle-moi, je t'en pris. Qu'est-ce qui t'arrive ?

J'apercevais enfin la véritable Rose. Torturée, fragile et délicate. Diamétralement opposé à son personnage de tous les jours. Elle avait enfin abaissé les barrières et elle me laissait voir une petite partie d'elle-même. Mais je regrettais qu'il avait fallu en arriver là. Je n'appréciais pas de voir la peine des gens autour de moi, et celle de Rosalie me brisait le cœur.

- Rien, absolument rien. Me dit-elle en se calmant.

- Oui, je vois ça. Lui répondis-je sur un ton qui se voulait léger.

Rosalie se dégagea de mon étreinte et aussi prestement qu'elle était tombée à terre, elle se releva. Remettant en place ses magnifiques boucles blondes et plus majestueuse que jamais, elle prît la peine de ne pas croiser mon regard.

- Bon sang, qu'est-ce que j'ai l'air pitoyable ! Excuse-moi, Alice.

- Tu n'as rien à te faire pardonné. Mais je t'en pris, dis moi ce qui vient de se passer.

Parce que c'était déjà terminé. Rosalie avait de nouveau revêtu un visage fermé et c'est avec toute la classe que je lui connaissais qu'elle me répondit.

- Oubli tout ça, fait moi plaisir. Et… s'il-te-plaît, n'en parle à personne.

- Mais Emmett devrait sans doute…

- Surtout pas à lui. Ajouta-t-elle aussitôt.

Décidément, je ne la suivais plus. Rose était une véritable girouette et ses humeurs jouaient apparemment aux montagnes russes.

Elle me fît enfin face, et vrilla ses yeux dans les miens en retrouvant son air hautain.

- Maintenant, allons-y.

- Quoi ?!! Tu rigoles ? Lui dis-je en lui barrant le chemin.

La belle me regarda comme si j'étais une demeurée.

- Non. Si tu ne viens pas, tu n'as qu'à rester. Moi je rentre à la maison.

- Non, Rosalie. Tu vas m'écouter une bonne fois pour toutes et arrêter de te cacher derrière ce masque idiot.

Parce que c'était cela. La jeune-femme se cachait derrière son mauvais caractère. C'était l'occasion ou jamais de percer sa carapace et j'étais décidée à ne pas laisser passer ma chance.

- Je suis là pour t'écouter. Dis-moi ce qui te bouleverse à ce point. Lui dis-je en plaçant ma main sur son bras. Tu peux te confier à moi, laisse-moi t'aider.

Elle souffla un grand coup et le masque se brisa encore une fois.

- Je… je ne sais pas quoi te dire. Ecoute Alice… tu es gentille, mais tu ne comprendrais pas. Personne ne le peut.

- Rose… essayais-je, encore. Ma voix s'était faite comme une supplique.

Son regard devînt plus tendre et quand elle reprît la parole c'est avec une douceur que je ne lui avais jamais connu.

- Je veux te présenter mes excuses. C'est vrai que je me suis comportée comme une garce depuis votre arrivée. Mais… enfin… je ne suis plus moi-même depuis quelques semaines et… enfin, je vais essayer d'arranger tout ça.

- Ecoute, si ça a quelque chose à voir avec moi ou même avec Jasper…

- Non, non, non ! Me coupa-t-elle de suite. Ce n'est que moi… Ne t'inquiètes pas, tout va bien.

Je n'en étais pas persuadée. Pas du tout, même.

- Tu en es sûre ? lui dis-je en levant un sourcil.

- Non. Tout ne va pas bien pour moi, mais je m'en sortirais toute seule. Il le faut.

- Ecoute, Rose. Je me répète mais je veux t'aider. Je ne veux pas insister, mais je pense que si c'était moi qui avais des problèmes, j'aimerais avoir quelqu'un à qui me confier.

Elle ne me répondît rien mais me fixa longtemps, jaugeant apparemment si j'étais digne de confiance.

- Très bien. Je vais tout te raconter.