Le voilà... le tout dernier... le chapitre 24 qui conclut L'histoire d'Alice. Chapitre très long, le plus long de tous!

Je vous laisse le lire et l'apprécier, je ferais tout mon blabla à la fin! :)


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Chapitre 24

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- Suis-moi.

Les doigts de mon amour étroitement liés aux miens, je le guidais vers la forêt. J'avais une confession à lui faire et je devais le faire maintenant. Et pour cela je devais l'emmener loin de tout. Il devait être au courant, je ne pouvais plus lui cacher qui j'étais vraiment. Plus maintenant. Nous nous marions demain et je ne voulais plus avoir de secrets. J'étais enfin prête à partager avec lui toute mon histoire.

- Tu dois savoir, Jasper. Tu dois tout savoir avant demain.

- Alice…

Il m'attira à lui interrompant notre course parmi les arbres. Ses bras vinrent encercler ma taille au moment où ses yeux se perdaient dans les miens. J'étais hypnotisée et ma main trouva de suite le chemin vers sa joue, que je me mis à caresser doucement. Il ferma les yeux un instant, puis les rouvris m'offrant un accès direct vers son âme.

- Tu n'es pas obligé.

- Si, je dois le faire. Non… je veux le faire. Je veux que tu saches tout de moi.

- Quittant ses bras, je me remis à marcher d'une allure plus lente, presqu'humaine, en veillant toutefois à ne jamais lâcher sa main.

- Et puis… repris-je plus légèrement, si tu dois t'enfuir, mieux vaut que ce soit avant la noce.

Il m'offrit un regard appuyé et plissa son nez.

Nous arrivâmes à un endroit dégagé dans la forêt où les pins se poussaient pour laisser passer les rayons du soleil. Nous étions comme couper du monde, dans notre cocon à nous. L'herbe dansante sous l'effet d'une légère brise, m'invita à m'assoir en son sein. Je m'accroupis et ferma les yeux une seconde pour profiter de la douce chaleur que je ne ressentais plus sur ma peau gelée. Sans un bruit, Jasper s'assit face à moi. Je plantais mon regard dans le sien et prît une inspiration avant de commencer.

- Comme tu le sais, je ne me souviens plus de ma transformation. Je ne sais pas qui m'a faite comme je suis, je ne sais pas non plus pourquoi. Et tu n'es pas sans savoir que les débuts en tant que nouveau-né sont très délicats. Contrairement à toi ou à tous les autres de notre famille, je n'ais pas eu de mentor. Je n'ais pu me reposer sur personne pour me guider. Je ne t'ais jamais raconté mon réveil et je pense qu'il est temps maintenant que tu apprennes toute la vérité.

Jasper m'écoutais attentivement et acquiesça d'un signe de la tête.

- Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais dans une chambre sordide. Au premier étage d'un petit immeuble miteux. Je n'ais pas compris ce qui m'arrivait. Je n'ais pas saisit pourquoi tout était si étrange et pourquoi j'agissais de façon si bizarre. Je n'ais pas compris non plus pourquoi ma gorge était en feu et la raison qui faisait que j'étais attirée par cette petite fenêtre. En bas, la rue grouillait de vie et d'humains.

Imperceptiblement, Jasper se raidit. Mon ton était monocorde, déterminé, comme si je m'étais entraînée à dire cette histoire. Ma voix ne tremblait même pas et mon esprit était à des années lumières de là. J'étais perdue dans mes souvenirs, de nouveau dans cette chambre.

- Je voyais les gens s'affairaient à différentes tâches dans la rue. Je les voyais comme s'ils étaient tout proche. Je les entendais parler, rire et même se disputer. Un instant, je fus étourdie par cette nouveauté de sensations et je me mis même à me demander si je n'étais pas en train de rêver. Mais ce n'était pas un rêve, plutôt un horrible cauchemar. Je n'ais même pas eu le temps d'avoir peur tant tout s'est précipité.

Je m'arrêtais un instant pour reprendre mes esprits. Jasper me prît la main et ancra son regard dans le mien. Je le regardais mais c'est comme si je ne le voyais plus. Ce n'était pas une vision, juste un horrible poids dont je me libérais.

- Je n'arrivais pas à me concentrer, mes sens me donnant des vertiges. Puis tout d'un coup, j'ai vue une enfant… isolée, dans une petite rue. Tellement innocente, tellement belle. De longs cheveux blonds tombaient en cascade sur ses petites épaules. Mais je n'ais pas réalisé tout ça. Tout ce qui m'importait c'était le sang chaud que je voyais pulser dans sa jugulaire. Je n'ais pas pris le temps de réfléchir, que déjà j'étais dans la rue à courir entre les passants. Ma gorge me serrait atrocement et quand je suis arrivé près d'elle… je n'ais pas pu… Je n'ais pas réussi à me…

Ma voix se perdît dans le lointain. Jasper allait intervenir mais je le fis taire. Je ne pouvais pas être interrompu. J'avais commencé… je devais finir.

- Après avoir commis un tel crime, j'ai eu ma première vision. Je venais d'enlever la vie à une enfant, et en plus, j'avais l'impression de devenir folle. Je ne comprenais plus ce qui se passait. Ma gorge s'était calmée mais je n'arrivais toujours pas à saisir ce qui m'arrivait. Ce que j'ais vu dans cette fameuse vision… me glace encore le sang aujourd'hui. Je me suis vue en train de tuer… non, pas tuer… d'assassiner sauvagement, des dizaines d'autres personnes. Alors, c'est comme si je m'étais enfin réveillée de ce cauchemar. J'ai compris que je devais fuir. Pas fuir ces personnes, mais me fuir moi-même. J'étais devenue une abomination qui ne pouvait plus rester en contact avec les autres. Je suis allée dans la première forêt que j'ai trouvée. Là, j'ai compris qui j'étais enfin devenue. Je m'en suis voulu et je suis restée prostrée pendant je ne sais combien de jours jusqu'à ce que je décide d'en finir.

Jasper laissa échapper une exclamation d'horreur.

- Je ne pouvais plus supporter celle que j'étais. Je ne savais pas ce qui m'était arrivé. Je n'avais plus de repères, pas de passé et encore moins d'avenir. Je ne voulais plus vivre en sachant que j'avais fait tout ce mal. Alors, j'ai cherché l'endroit approprié. Au moment fatidique, j'ai eu une nouvelle vision et c'est cette vision qui m'a sauvé la vie.

Je revenais à moi pour appréhender la réaction de l'homme en face de moi. Je stoppais mon débit de parole et ne pus m'empêcher de chercher une réponse dans ses yeux mordorés. Allait-il s'en aller en courant comme je l'avais imaginé ? Sans que j'y comprenne quoique ce soit, il s'avança doucement, pris mon visage en coupe et m'embrassa. Je ne méritais pas une telle récompense, je venais de lui avouer une chose affreuse.

- Je t'aime Alice, pour toujours et à jamais. Tu n'es pas responsable de ce qui s'est passé.

- Non, je ne veux pas d'excuses. Maintenant, si tu ne veux plus de moi…

- Tu m'as bien entendu ? Me coupa-t-il. Je viens de te dire que je t'aime. Peu importe ce que tu as fait, mais je comprends que ça te fasse mal. Je suis heureux que tu ais assez confiance en moi pour me faire partager un tel poids.

Vraiment, je n'en méritais pas tant. Je lui sautais au cou et mon humeur remonta en flèche. Nous restâmes longtemps dans les bras l'un de l'autre, sans parler ni bouger.

- Tu sais Jasper, cette dernière vision… elle parlait de toi.

Il défit notre étreinte et leva vers moi un sourcil interrogateur.

- C'était la première fois que je te voyais et tu étais dans ce petit café de Chicago. Alors quand je t'ais dit que tu m'avais sauvé, c'était tout à fait juste.

Il resta pensif un moment, avant de fondre sur mes lèvres et de me serrer contre son cœur.

*

- Oui… je le veux… oui… oui… OUI, BORDEL !!!!

Cela faisait maintenant dix minutes que je répétais ce petit mot apparemment anodin sur différents tons.

- Je le veux…

Bien sûr que je le veux ! Pour quelle raison ne le voudrais-je pas ?

- Oui, je veux t'épouser Jasper… Oui, je te veux comme époux… Bon, Jasper c'est maintenant ou jamais !!!

Argh… je n'aurais jamais pensé être aussi anxieuse le jour de mes noces. C'était ce que je voulais le plus au monde. J'allais devenir madame Jasper Withlock… mais j'angoissais horriblement.

- Oui…

Et quelqu'un frappa à la porte de ma chambre, interrompant ainsi mes répétitions.

- Je peux entrer ? Glissa Edward sur le pas de la porte.

- Bien sûr. Lui dis-je avec un sourire.

J'étais installée devant mon miroir, déjà revêtue de cette robe de princesse. Rose avait fait du très bon boulot en m'aidant à dompter mes cheveux en un chignon parfait, ce qui n'était pas chose facile. Esmée, quant à elle, m'avait prêté un bracelet d'argent et de saphirs. J'étais fin prête. J'allais me marier.

Remarquant mon bracelet, Edward s'avança vers moi et me leva la paume de la main pour l'admirer.

- Il est à Esmée, n'est-ce pas ?

J'opinais rapidement, avant qu'Edward ne continu.

- La robe aussi, c'est bien ça ?

Qu'est-ce qu'il pensait ? Que j'avais dépouillé le dressing de notre mère ? Il sourit.

- Elle me l'a léguée… comme à sa fille, déclarais-je d'un ton abrupt, en lui tournant le dos.

- oh là… calme-toi. Ce n'est pas le moment de nous faire une crise, madame la mariée.

Il se plaça face à moi et, à ma grande surprise, me tendît un écrin de velours bleuté, ainsi que son sourire en coin.

- Qu'est-ce que…

- Il te manque quelque chose de neuf… me coupa-t-il. Le bracelet est emprunté et bleu, la robe est ancienne, et au passage tu es magnifique… déclara-t-il d'une traite.

Je ne pus m'empêcher de sourire. Edward avait tellement de petites attentions, il était si délicat et prévenant que je ne comprenais pas comment il pouvait être encore célibataire.

Reportant mon attention sur la précieuse petite boîte, je découvris alors une magnifique chaîne argentée. Le bijoux était simple et discret, mais d'une telle finesse que les mots me manquaient. Si un simple cadeau me submergeait d'émotions, qu'en serait-il de l'homme et de toute la cérémonie qui m'attendait en bas ?

- Laisse-moi te le passer. Dis alors Edward.

- Oh, c'est sublime. Merci. Vraiment…

Après qu'il m'ait paré de son cadeau, je lui sautais dans les bras, ne me souciant même pas de froisser ma tenue. Brisant notre étreinte, celui qui était devenu mon frère posa un baiser chaste sur mon front.

- Si je suis là, c'est pour te parler.

Il voulait me parler, mais ce n'était pas vraiment le bon moment, à mon avis. Je me mariais… aujourd'hui… dans quelques minutes en fait. J'allais devenir madame Whitlock, madame Jasper Withlock… que j'aimais mon nouveau nom! Et que j'allais aimer d'autant plus la pierre qui ornerait bientôt mon annulaire.

- Alice !! Edward claqua des doigts devant mon visage pour me ramener à la réalité. Tu veux bien te concentrer ?

- Quoi ? Râlais-je. Si tu n'es pas au courant, il y a quelqu'un qui m'attend en bas devant l'autel.

Mon Jasper… J'irradiais de bonheur. J'étais impatiente de le rejoindre. Aujourd'hui, je n'étais qu'amour… mais il ne fallait pas pousser non plus. J'adorais Edward mais il avait pile choisit le mauvais moment. Je devais me concentrer et m'assurer que tout se passerait bien. Mais bon, Edward avait des circonstances atténuantes qui lui permettaient de me voler un peu de mon temps.

- Alors ? Dépêche-toi, mon vieux. J'ai un mariage sur le feu là.

- Dis-donc, tu n'es pas très reconnaissante je trouve ! Protesta-t-il.

- Eddy… Ma voix monta aussitôt dans les aigus.

- Non, coupa-t-il aussitôt en levant les mains au ciel, ne m'appelle pas comme ça !

Je ne pus m'empêcher de rire. Un rire nerveux et stressé certes… mais qui m'aida à relâcher la pression.

- Ecoute, je ne vais pas t'occuper très longtemps. Reprit-il avec un air plus sérieux. Mais je voulais discuter avec toi avant la cérémonie. Je sais bien qu'après, tu seras très occupée alors…

Un petit pli s'était formé à la base de son front, signe qu'il était concentré. Qu'avait-il donc à me dire de si important ?

- Edward, tu me fais peur. Qu'est-ce qu'il se passe ? Jasper est parti, c'est ça hein ?!!!

Oh mon dieu… et si c'était le cas ?! S'il avait réalisé qu'en fait il ne voulait pas de moi ? S'il avait pris ses jambes à son cou ? Non… il ne pouvait pas me faire ça, non ?

Jasper m'aime… oui, c'est ça, il m'aime. Rien à craindre.

- T'es une vraie bombe à retardement, toi ! Souffla le jeune-homme à mes côtés. Ne t'inquiètes pas, tout va bien. Ton prince charmant est bien en bas et il ne compte pas s'en aller… enfin pas à ma connaissance.

Je lui offris mon regard le plus noir, aussitôt suivi par un grand soupir de soulagement.

- Je t'écoute dans ce cas.

Il se passa la main sur la nuque plusieurs fois, avant de se planter devant moi.

- Bon… tu sais Alice, quand vous êtes venue à notre rencontre dans cette forêt, pendant un instant, j'ai vraiment cru que vous étiez dingues tous les deux. Jasper avec ses grandes cicatrices et ses pensées surprotectrices… et toi, petite fée brune très bizarre. Pour tout t'avouer, tu m'as même fait peur pendant un millième de seconde !

- Pff… c'est ça… Sifflais-je.

- Mais je dois dire que vous avez trouvé votre place dans notre famille. Reprit-il. J'étais sceptique au début mais tu as apporté de la joie et de l'optimisme chez nous. Les parents sont fous de joie, Emmett me fiche la paix avec ses paris et Rose est même devenue souriante. Et d'ailleurs je te dois un grand merci pour tout ça. Quant à moi, j'ai trouvé quelqu'un qui me ressemble et qui compte beaucoup à mes yeux…

J'étais suspendue à ses lèvres. Si seulement je m'étais attendue à ça.

- Je t'aime comme ma petite sœur, Alice. Et je voulais juste te dire bienvenu dans la famille… avec un peu de retard. Je vous souhaite tous le bonheur possible, tu le mérites vraiment. Acheva-t-il avec un sourire.

- Oh… Edward… lui dis-je en retombant une nouvelle fois dans ses bras.

L'émotion était à son comble, et heureusement que je n'étais plus humaine sinon mon maquillage s'aurait fait la malle depuis longtemps.

- Je t'adore Alice… mais je nierais tout ça en bloc si tu le dis à quelqu'un, tu m'as compris ?

Et nos deux corps furent soulevés par nos rires, une nouvelle fois.

- Bien maintenant, je te laisse pour que tu finisses de te préparer. C'est que j'ai une marche nuptiale à jouer, moi.

Il s'en alla en refermant doucement la porte derrière lui. Presqu'instantanément, Carlisle apparut à sa suite.

- Tu es prête ?

- Dans deux secondes.

Deux secondes. C'était ce dont j'avais besoin pour me concentrer et pour ne pas m'évanouir. C'était impossible, bien sûr, mais mes nerfs étaient tellement à fleur de peau que je m'inquiétais pour tout.

Inspirez… expirez… doucement….

Ce qui m'attendait en bas de cet escalier… ou plutôt, celui qui m'attendait allait changer ma vie à jamais. Une seconde de plus n'était donc pas de trop pour faire le point. Et puis après tout, c'était moi la mariée, je pouvais bien me permettre d'arriver en retard, non ?

Inspirez… expirez… encore…

Les premières notes jouées au piano par Edward retentirent à mes oreilles, signe que je devais y aller moi aussi. Une dernière inspiration, un dernier coup d'œil au miroir et j'ouvrais la porte de ma chambre pour m'engouffrer dans l'arène.

Carlisle m'attendait patiemment, accoudé à la balustrade de l'escalier. Arrivée à sa hauteur, il m'offrît son bras et un sourire radieux.

- Prête ? me chuchota-t-il.

- Plus que tout au monde. Avouais-je sans difficulté.

Nous descendîmes les escaliers pour nous rendre au salon. Le mariage était en extérieur et la journée touchait à sa fin. Les rayons du soleil baissaient doucement à l'horizon et une lueur rosée surplombait la pièce vide de toute présence. Tous nos convives étaient dehors et ils attendaient tous mon entrée.

N'ais pas peur, tout va bien se passer… un pas après l'autre…

Comme s'il avait senti mon trouble, celui que je considérais comme mon père pressa doucement ma main et me regarda avec une tendresse infinie, avant de pousser les grandes portes. Dans un timing parfait, Edward entama la marche nuptiale. Tous se levèrent pour accueillir la future mariée et il me fallut une seconde pour réaliser que cette personne, c'était moi. Il me fallut une seconde aussi pour remarquer le travail splendide qu'avait fait Rosalie, ma demoiselle d'honneur qui avait ouvert la marche. Des centaines et des centaines de lys blancs avaient été parsemés à tous les endroits possibles. Des chaises en fer forgé au charme bucolique étaient rehaussées d'un nœud de satin blanc. De minuscules bougies à la flamme dorée structuraient l'allée principale et des lampions surplombaient les invités offrant ainsi une atmosphère chaleureuse malgré ce crépuscule frisquet. Enfin un long tapis de pétales de roses rouges menait à l'autel.

Et c'est à ce moment que je le vis.

Jasper.

Un tourbillon m'emporta et je me retrouvais à mille lieux de là. Mon regard se perdit dans ses yeux mordorés et je compris enfin qu'elle était ma place sur Terre. J'étais là pour l'aimer infiniment pour le reste de l'éternité.

A cet instant, Jasper et moi ne faisions plus qu'une seule et même personne. Et c'est sans le comprendre que Carlisle m'amena à mon amour. Je ne perçu pas le vent de cette fin d'hiver qui balayait mon corps. Je ne compris même pas que la nuit était pratiquement tombée et que les luminaires dansaient lentement au-dessus de nos têtes telles de petites étoiles. Je ne vis pas non plus, les regards de tous nos proches fixés sur moi qui avançais tel un pantin désarticulé. Je ne remarquais même pas ce géant d'Emmett qui était pourtant à moins de vingt centimètres de mon amour, encore moins Rosalie et Esmée placées non loin de là. En fait, je ne voyais plus personne.

Non.

Tout ce que je voyais, c'était Jasper et cette étincelle qui illuminait son regard. Il me fallut toute ma volonté pour ne pas lui sauter immédiatement au cou. Jamais il n'avait été plus beau. Il avait l'air de pouvoir exploser de bonheur. Il me sourit quand nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Pendant un instant, notre amour, cette symbiose si parfaite qui nous unissait, sembla rayonner sur tous les invités. Nous partagions nos sentiments avec toutes les personnes présentes autour de nous, cet amour qui me transcendait et qui me donnait l'impression de pouvoir voler.

J'étais là, face à lui. Là où je devais être.

Sans savoir comment je me retrouvais à ces côtés, à l'entendre prononces ses vœux.

- La vie m'a appris à ne rien regretter et à ne rien espérer. Elle m'a aussi appris à avancer sans m'attacher, à établir des barrières et à ne rien laisser filtrer. L'amour est un sentiment auquel je pensais ne jamais avoir droit. Je pensais qu'il ne pouvait exister de lien aussi fort, ni de personne aussi spéciale pour me faire aimer à ce point. Je me trompais. Quand nous nous sommes rencontrés, Alice, tu m'as ouvert les yeux. J'ai compris la réalité de cette émotion et à la minute où mon regard a croisé le tien j'en ai saisi la force. Tu m'as fait renaître, mon Alice. Avec toi, je brille de milles feu et mon cœur mort bas plus fort de secondes en secondes. Je t'aime plus que ma vie.

Ne pas fondre en sanglot… tenir le coup… ne pas fondre en sanglots…

Ses paroles m'étaient apparues comme voilées par l'intensité de nos sentiments. L'entendre prononcer de tels mots me faisaient perdre pieds et je tombais tête la première dans un vertige de sensations à la force encore inconnue.

C'était à mon tour. Je pris une petite inspiration et m'efforça à ce que ma voix ne tremble pas.

- Je te regarde Jasper, et ce que je vois me transporte de bonheur. Je t'ais longtemps cherché. Pendant des dizaines d'années, je t'ais attendue ; et ce jour d'automne, quand je t'ais aperçu assis dans ce café, mon cœur a su avant moi que c'était toi. C'était toi l'homme de mon existence. Je ne l'ais pas compris de suite mais quelque chose en moi avait changé. Tu m'as transformé, mon amour. Tu m'as donné une famille, un but, et une raison d'avancer. Ma main tremble encore parfois quand je te touche et mon cœur s'emballe sous chacune de tes caresses. Je suis sûre que cette sensation ne s'en ira jamais. Je ne m'habituerais jamais à être à tes côtés parce que tu es quelqu'un de si spécial. Tu es tout pour moi. Je t'aime tant.

Puis une connaissance de Carlisle, pasteur d'une ville voisine, prononça son discours habituel et énonça d'une voix claire la demande fatidique.

- Oui, je le veux murmurais-je sobrement, tellement j'étais emportée par mes émotions.

- Oui… bien sûr que je le veux ! Déclara fièrement mon amour.

L'ecclésiastique nous déclara mari et femme, et je m'emparais avidement des lèvres de mon Jasper. Peu m'importait les dizaines de personnes rassemblées autour de nous. Non, j'étais avec Jasper, mon mari. Il était mien, à jamais. Nous étions dans notre bulle, savourant notre bonheur. Déconnecté.

Après un long moment, il brisa notre baiser et posa son front sur le mien. Dernier moment d'intimité avant de nous confronter à notre famille et à leur joie. Doucement, il m'amena à lui et me serra dans ses bras, avant de se pencher vers mon oreille.

- Je vous aime, madame Withlock.

Oui, il m'aimait. Et j'en étais persuadée, jusque la fin des temps. Je n'eu pas besoin de lui répondre. Les mots n'étaient plus nécessaire, lui, mieux que quiconque, savait à quel point je l'aimais. Je me laissais aller dans ses bras, profitant encore sous les yeux ébahis de nos invités de mon mari, ma fierté.

Pour toujours.


J'ai presqu'envie de verser une larme... Voilà la boucle est bouclée et l'histoire de ma chère Alice s'arrête là pour le moment. Je ne pense pas que ça aurait été bien de trop traîner en longueur et je pense que cette scène de fin vous convient, non? En tout les cas, moi je la trouve parfaite. J'ai mis beaucoup de plaisir à écrire ce dernier chapitre (même pas un jour pour l'écrire! pfff!!!) et toute cette FF, en fait!

Je ne vais pas faire mon discour des oscars et remercier mon chien, ma voisine qui sent le chou, et mes parents... non, non, non... tout ce que je vais dire, c'est merci à vous de m'avoir lu et soutenue par vos reviews! Un grand, un énorme merci à ceux qui étaient là depuis le début (juliette, dansmabulle, clarocque, athenaïs, cynthisa, tata grimma... et tous les autres!) et à ceux qui ont pris l'histoire en cours de route.

Je tiens juste à ajouter que 'normalement' deux bonus viendront s'ajouter par la suite (le mariage du point de vue de notre très cher (très beau gosse aussi!!) Jasper et la nuit de noce... bon je ne vous cache pas qu'il y aura du lemon. Ils vont pas jouer aux échecs non plus, hein!). Une autre idée est en train de germer dans mon esprit concernant Alice, mais ce ne sera pas pour tout de suite. Pour le moment, je vais me concentrer sur mon autre FF (Le diamant) et sur ma traduction d'un OS anglais.

écrire c'est ma drogue, donc je pense que je reviendrais très bientôt...

à bientôt!