- Plus tard les questions, lança Drago d'un ton ferme.

Il saisit le poignet d'Hermione et l'entraîna vers le mur du fond, lui arrachant un regard interloqué. Que cherchait-il au fond d'une cellule close ? Et surtout : Comment Merlin était-il arrivé ici ? Elle était certaine de ne pas l'avoir vu à son réveil !

Loin de toutes les interrogations qu'elle se posait, le Serpentard semblait chercher une ouverture en tâtonnant le mur. Hermione le regardait toujours, complètement incrédule. Elle ne réalisait pas où elle était, mais l'atmosphère ambiante était à la limite du respirable et une odeur de souffre particulièrement insupportable lui rendait la bouche pâteuse. Une foule de questions déferlait dans son esprit, l'empêchant de les organiser pour y voir plus clair.

Et Malefoy n'avait rien de... Malefoy ! Il avait maigri, si cela était encore possible, était habillé de vêtements de cuir un peu trop grands et sa peau avait dangereusement viré de blanche à translucide.

- Suis-moi, lui ordonna-t-il avant de traverser le mur comme si de rien n'était.

Hermione n'avait pas vraiment le choix : rester dans cette cellule et supporter les cris des autres détenues ou bien suivre son pire ennemi.

Elle resta quelques instant sans bouger, mais un nouveau cri la fit sursauter. Elle se retourna alors vers la porte et comprit immédiatement que sa curiosité naturelle ne militait absolument pas pour être assouvie. Dès lors, ses idées s'organisèrent très rapidement. Entre un ennemi dont elle ignorait tout et qui parvenait à extirper des cris comme ceux-ci à ses victimes et Drago Malefoy… Le choix était très vite fait. Elle avait déjà eu le dessus physiquement sur lui et vu son état, cela ne devrait pas être très compliqué.

Ni une ni deux, elle franchit le mur pour se retrouver dans une sorte de couloir très étroit et au plafond particulièrement haut, encore plus sombre et plus froid que sa cellule.
-Mais qu'est-ce que tu attendais Granger ! lui murmura-t-il très énervé

-Ca va deux minutes ! cria-t-elle pratiquement provocant une peur visible chez le Serpentard.

-Chuuuuuut ! Ici nous sommes en sécurité, mais tais-toi, lui répondit-il le plus bas possible.

Alors qu'elle ouvrait la bouche pour protester, il lui plaqua la main sur les lèvres, le visage particulièrement dur.

-J'ai dis tais-toi. Tu apprendras qu'ici la notion de « sécurité » est très relative. Alors s'il te plaît, tais-toi et suis-moi le plus silencieusement possible.

Entendre Drago Malefoy dire « s'il te plait » la paralysa. Que lui était-il donc arrivé ? Sans plus réfléchir, la lionne lui emboîta le pas, comprenant que la situation était non seulement sérieuse, mais critique. Rapidement, il l'emmena dans un dédale de couloirs tous identiques les uns aux autres. Elle avait du mal à le suivre, ne sachant pas où il l'emmenait, mais il ne s'en préoccupait guère, progressant à grandes enjambées, d'un pas sûr et déterminé.

De temps à autre, elle voyait des portes ouvertes sur des pièces vides pour certaines. A quelques moments elle crut déceler des ombres mais son guide ne lui laissa pas le loisir d'approfondir ses constatations. Il avançait encore et toujours, écartant des toiles d'araignée dont il valait mieux ne pas rencontrer l'architecte, dévalant des pentes, montant des escaliers et se heurtant à des anges abrupts les obligeant à changer de direction.

Ce n'est qu'une bonne dizaine de minutes plus tard qu'ils atteignirent une petite salle, enfin un renfoncement d'une trentaine de mètres carrés.

Hermione put distinguer un lit, une table, une couverture un peu miteuse, quelques cahiers et… et plus rien.

- Mais qu'est-ce que… Où sommes-nous ? Qui sont ces créatures… Qu'est-ce que tu…
- Stop Granger, j'ai déjà mal à la tête alors n'en rajoute pas, lui cracha-t-il en s'asseyant sur le lit de fortune, la tête dans les mains, se massant les tempes. Deux minutes, lui demanda-t-il comme une faveur, pour se remettre de l'effort physique qu'ils venaient de faire.

Hermione décida de respecter sa demande. Il avait une mine épouvantable, des cernes particulièrement marqués virant sur le violet, et les joues creusées. Les os de ses pommettes ressortaient, rajoutant à l'aspect anguleux de son visage. Puis elle détourna le regard pour scruter un peu plus son environnement. La pièce avait tout de spartiate. Mais quel était cet endroit ? Et pourquoi était-il là ? Et Merlin ! D'où venait cette lumière, sans ampoule, sans fenêtre, sans rien ?

Avant que la jeune femme ne puisse approfondir sa réflexion, Drago se décida enfin à lui fournir quelques éléments d'information.

- Ces créatures sont des Morgoles.

Elle resta interdite… des Morgoles… elle n'avait jamais entendu ce nom ni même lu une quelconque allusion à ce peuple ! D'ailleurs dans le « Grand Recensement Mondial des Créatures Magiques Sur Terre » il était clairement indiqué que toutes les espèces vivantes étaient inventoriées et répertoriées et elle en était certaine, aucune allusion à ces Morgoles !

- Mais les Morgoles n'existent pas enfin ! C'est impossible, dans le « Grand Recen…
- Oh que si, ils existent ! la coupa-t-il, trop fatigué pour écouter les leçons de cette Miss-je-sais-tout qui ne savait rien du tout en réalité. Mais qu'est-ce que tu fais là toi ?
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question ! lui répondit-elle du tac au tac.
- Granger tu m'exaspères… ferme-là où plutôt, non : répond-moi.

Elle n'avait surtout pas envie de discuter avec lui et encore moins de lui répondre s'il le prenait sur ce ton. Mais vive d'esprit comme elle l'était, elle comprit rapidement que, si elle ne lui répondait pas, ses interrogations à elle aussi resteraient en suspens.

- Des créatures ont attaqué l'école, on entendait des tambours et le sol vibrait.

Elle frissonna en se rappelant la vague de froid et de terreur qui avait envahi Poudlard.

- J'ai voulu aider une première année qui était coincée dans les toilettes. En sortant, nous avons rencontré une de ces créatures… ensuite… c'est le vide.

- C'était Emy Johnson ?
- Oui ? Tu la connais ? Mais elle était en première année… réfléchit-elle à voix haute, tu ne l'as jamais rencontrée.
- Si, j'ai voulu la sortir de sa cellule, mais à peine arrivés dans les couloirs, ils l'ont retrouvée et tiré à eux avec leur magie. Je n'ai rien pu faire.

Hermione fut prise de terreur. Comment avaient-ils pu la repérer à travers le mur ?

- Mais comment ? bredouilla-t-elle alors.
- Ils ont dû enlever des premières années en majorité alors… Et toi, comme tu t'es trouvée avec l'une d'elle, tu as été prise avec.

Il avait murmuré cela en se parlant à lui-même, pensif et cherchant à analyser la situation.
- Quoi ? Mais je ne comprends rien…
- Bon, les Morgoles étaient un peuple de puissants guerriers. Le problème, c'est qu'ils ne peuvent pas rester longtemps à la surface de la terre, ils vivent dans les sous-sols où ils ont construit une série de galeries. Leur magie dépasse tout ce que l'on peut imaginer, crois-moi, je les ai vus à l'œuvre, prononça-t-il d'un ton amer. Ils ont même la possibilité d'influencer les astres sur une courte durée. L'autre difficulté, c'est, d'après la légende, que leur espèce a subi de lourdes pertes après une épidémie qui a décimé leur population féminine. Enfin quand je dis la légende, c'est surtout ce que j'ai cru comprendre en les observant depuis deux mois.

-Deux mois ! le coupa Hermione ! Tu es là depuis deux mois ? s'étonna-t-elle sans faire le rapprochement avec le moment de sa disparition présumée de Poudlard.

Pour l'instant, toutes ces informations brouillaient ses facultés de raisonnement.

-Oui, deux mois, je suppose. Tu as ton uniforme de Poudlard. Quand est-ce que cela s'est passé, vous aviez repris les cours ?

-… oui, enfin c'était le lendemain de la rentrée, se hasarda-t-elle, surprise d'avoir une conversation presque « normale » avec lui.

-Alors cela fait deux mois, soupira-t-il.

Elle comprit alors qu'il était enfermé ici depuis tout ce temps et ne sut quoi lui dire. Pour rompre le blanc devenu pesant, il reprit son récit comme si de rien n'était.

-Donc depuis cette épidémie, ils ont du mal à retrouver leurs forces, j'ai cru comprendre que plus ils sont nombreux, plus leur magie est puissante. Pour palier à cette « pénurie », ils vont régulièrement, tous les 30 ou 40 ans environ, à la surface de la terre pour trouver des femmes afin de perpétuer leur espèce.

Hermione restait sans voix ! On nageait en plein délire. Mais visiblement, Malefoy ne plaisantait pas et son état physique ne laissait planer aucun doute de son sérieux.

- Par contre, je sais aussi qu'ils doivent pratiquer un rituel pour que les filles qu'ils ont enlevées deviennent un peu comme eux… Je ne sais pas bien quel est ce procédé… Et il faut absolument qu'elles soient vierges pour ça ! Pourquoi je n'en ai aucune idée, mais je les ai entendus préparer l'attaque. Ils disaient qu'une fois à la surface seules celles qui posséderaient un halot rouge devraient être ramenées. Les autres n'étant plus vierges. Cela paraît ridicule ! Heureusement que tu ne l'es plus parce qu'ils arrivent à voir l'aura des filles grâce à ça... ils les « sentent » en quelque sorte...

Hermione blêmit aussitôt rendant ses pensées si claires que Drago s'affola alors au plus haut point.

- Non ! C'est pas vrai, je rêve ! paniqua-t-il en se plaquant la main sur le front. Granger t'as 17 ans ! Hé ho réveille toi !!!
- Mais va te faire voir Malefoy, je ne te dois rien d'abord !
- Si… Parce qu'ils vont te chercher dès qu'ils verront que ta cellule est vide et si tu as encore ta… pudeur de jouvencelle effarouchée, prononça-t-il sur un ton mêlant le comique et l'énervement, ils te repéreront à dix km !
- Oui et bien, c'est comme ça, je n'y peux rien, nous n'avons qu'à nous échapper.
- T'es débile ou quoi ? paniqua-t-il alors totalement. Tu crois que je m'amuse là ! Si y avait une possibilité de partir, crois-moi je ne serais plus là. Cela va faire deux mois, deux très longs mois que je suis seul, coincé dans cet enfer. J'ai faim, je suis crevé, j'ai mal partout à force de dormir sur ce matelas miteux, j'ai une hygiène plus que douteuse malgré tous mes efforts pour maintenir la classe naturelle des Malefoy et tu crois que je reste là par plaisir ?

-La classe naturelle des Malefoy, fais-moi rire… murmura-t-elle l'air pensif et peu convaincue par son discours. Tu te planquais c'est tout.

-Co.. Comment peux-tu dire ça ? s'emporta-t-il complètement à bout de nerfs, bondissant dangereusement dans sa direction, mais sans l'effrayer le moins du monde pourtant. Durant tout le temps où je suis resté là, j'ai observé, écouté, et repéré la sortie. Il faut être deux pour activer un portail ! Et … Mais pourquoi je me justifie devant toi ! se rappela-t-il à l'ordre de lui-même. La poisse ! Il fallait que ce soit toi… mais c'est pas vrai ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

-Hé ho ! Je ne suis pas plus ravie que toi d'être ici je te signale. Mais il faut faire avec et pour ta gouverne, moi aussi je préfèrerais avoir un autre interlocuteur.

-Rien que de t'entendre parler ça me donne mal à la tête, soupira-t-il. Bon, revenons en au principal. J'ai besoin de toi et dans ton état, tu ne vas pas faire long feu ici… réfléchit-il à voix haute.

- Mais arrête enfin avec ça ! Ce n'est pas la peine de te morfondre, nous n'avons plus qu'à chercher une solution, de toute façon sur ce plan, c'est ainsi et je n'y peux rien.
- D'après les rumeurs, tu l'aurais fait au moins cent fois avec Potter ou Weasley. J'avais même parié sur les deux en même temps… poursuivit-il songeur, et réalisant qu'il devait un certain nombre de pièces d'or à Pansy.

Mais ses quelques réflexions furent brutalement interrompues par une gifle monumentale lui redonnant instantanément un joli teint rosé d'un côté du visage.

- Non mais ça va pas ! T'es malade ! lui cria-t-il immédiatement dessus.
- Je ne te permets pas de m'insulter, lui répondit-elle, les bras croisés sur le ventre et l'air extrêmement vexé.

-Mais arrête de faire ta mijaurée enfin ! C'est insensé ta réaction. Décoince-toi un peu Granger.

-…
- Oui, bon, de toute manière, fini les enfantillages. Il va falloir faire quelque chose et vite, c'est une question de minutes pour qu'ils découvrent ta fuite.
- Et quoi hein ? A part faire du cheval, je ne vois pas bien comment perdre ma…

Elle s'arrêta aussi sec, réalisant que, malgré son inexpérience dans ce domaine, elle connaissait fatalement un autre moyen, et voyant le regard malsain qu'il lui lançait, lui aussi le connaissait !

- Tu es certaine que tu ne vois pas ?

En prononçant cette simple phrase, le Serpentard esquissa un rictus vicieux qui fit frissonner Hermione.

- Ah non Malefoy, n'y pense même pas.
- Tu crois que ça me fait plaisir ! dit-il en arborant une mine un peu dégoûtée.

Quoi qu'en y pensant bien, elle n'était pas laide et deux mois d'abstinence… c'était… dur !
- Non, mais ça va pas, tu es… tu es… un grand malade ! s'époumona-t-elle, réalisant qu'il était réellement sérieux.
- On n'a pas le choix, j'ai déjà repéré la sortie, il faut être deux pour activer le portail je te l'ai dis… et sans toi, je n'y arriverais pas. Et avec ce que tu as encore à ton âge, lui reprocha-t-il du regard, et bien tu ne tiendras pas une heure de plus ici ! Tu es une balise ambulante.

- Et bien j'aime mieux me retrouver entre leurs mains que de... Enfin avec toi… c'est… C'est… c'est répugnant !

-Répugnant ? Répugnant ? REPUGNANT ? prononça-t-il de plus en plus fort. Je rêve ! toutes les filles de Poudlard se damneraient pour obtenir un simple regard de moi et toi…

-Et moi je préfère me damner et affronter les Morgoles ! lui répondit-elle très sûre d'elle en commençant à se retourner.

- Ah oui, t'es sûre ? Tu sais ce qu'ils leur font aux vierges ? Ils leurs infiltrent une substance dans le bras qui les font devenir de vrais zombies et elles passent leur vie à assouvir leurs partenaires et à leur pondre des bébés monstres… crois-moi, j'ai eu le temps d'observer ! Elles n'ont plus d'âme, leur regard est vide de toute émotion, ce ne sont que des enveloppes vides. La mort serait préférable, mais non ! Elles doivent endurer cette torture toute leur vie durant, prisonnière de la plus petite prison qu'il soit : leur propre corps.

Il lui laissa quelques secondes pour réaliser la portée de ses paroles et les conséquences qu'un coup de tête pourrait avoir pour elle. Se retrouver entre les mains des Morgoles était certainement la pire torture qu'il soit au monde. Même s'il ne la connaissait pas très bien, les yeux de sa compagne d'infortune trahissaient ses pensées. Toute Gryffondor qu'elle était, il avait su employer les termes nécessaires pour lui faire prendre conscience de l'horreur de la situation.

-Alors ? Tu préfères quoi maintenant ? la défia-t-il.

Hermione resta sans voix, elle sentait les larmes lui monter au visage. C'était complètement fou. Mais elle n'eut pas le temps d'approfondir ses réflexions, une corne de brume résonnait dans toute la structure, quelle qu'elle soit.

Les yeux de Drago s'assombrirent alors :
- Ca y est ! Ils ont vu que tu t'étais sauvée et ils vont commencer à sonder les murs.
- Mais pourquoi ils ne pénètrent pas dans les couloirs où tu m'as fait passer ?
- Je n'en sais rien, visiblement quelque chose les en empêche, en revanche, ils vont venir te reprendre par magie Granger… Ne réfléchis pas plus, c'est soit eux, soit moi !

Elle commença alors à respirer très vite, cherchant de l'air et une éventuelle sortie dissimulée quelque part. Mais rapidement, la réalité la frappa de plein fouet : elle était au pied du mur. Devait-elle lui faire confiance ? Il était Serpentard certes, mais il ne ruserait jamais pour la mettre elle dans son lit à lui. Et puis très vite, elle se remémora les cris de la fille que l'on emmenait on se savait trop où…

-Granger ? Toujours parmi nous ? Nous n'avons pas franchement le temps, là…

Elle releva alors les yeux et, dans un élan de courage infini, lui fit oui de la tête. Ce dernier resta totalement impassible. Décidément, il avait le don pour séduire !

- Bon déshabille-toi et allonge-toi.
- Non, c'est hors de question !
- Je suis peut être sorcier, mais je ne fais pas de miracle… il va bien falloir que tu enlèves…
- J'ai une jupe, tu ne verras rien !

Décidée, elle s'assit sur le lit et ôta ce qu'elle avait en trop.

Il vint alors s'allonger à côté d'elle et mis la couverture sur lui. Elle le sentit se tortiller pour enlever tout ce qui l'empêcherait d'accomplir sa « mission ». Le regard en déroute, la jeune femme semblait comme anesthésiée. Aucune larme ne lui venait aux yeux, elle était bien au-delà de ce stade maintenant ! Merlin… dans quel enfer était-elle tombée, tout s'enchaînait vite, trop vite pour qu'elle analyse la situation et trouve une meilleure solution. Mais l'odeur de la peur avait imbibé les murs, le sol et même l'air de cette prison.

Non, elle ne tomberait pas entre leurs mains, elle ne tomberait pas dans les mains de ces monstres. La mort certes, mais la soumission et la perte de conscience… non, jamais elle ne se soumettrait. Entre une vie d'esclave et quelques secondes de honte, elle avait tranché. Mais pourquoi fallait-il que ce soit avec lui !

-Alors, tu es prête ? lui demanda-t-il en réalisant la stupidité d'une telle question à un moment pareil.

Hermione ferma les yeux comme pour affirmer. Elle n'entendait plus que les battements de son propre cœur et la respiration de son « partenaire ». Plus les secondes passaient et plus elle fermait fort les yeux, crispant ainsi son visage en une sorte de grimace coincée, attendant fatidiquement de le sentir contre elle mais… mais rien ! Elle rouvrit un œil ! Interrogative… Drago était aussi rouge qu'un coquelicot !

- Bon, va falloir que tu m'aides un peu là ! Ce n'est pas à la demande… Surtout avec toi.
- Quel tact Malefoy !
- Ha ça va, on est pas là pour ça… ouvre ton chemisier. Ça m'aidera peut être…
- Non, tu ne verras rien.

Et sans qu'il puisse s'y attendre, elle prit les devants d'une main hésitante et totalement novice, mais cela sembla tout de même assez… efficace ! Cependant, elle stoppa net lorsqu'en retour elle sentit sa main monter le long de sa cuisse très rapidement pour atteindre...

- Malefoy, enlève tes sales pâtes !

Il la regarda d'un air amusé et poursuivit son chemin
- Tu sais Granger, si tu n'es pas excitée toi non plus, ça nous fera mal à tous les deux ! Laisse-moi faire, tu n'es pas la première que je dépucelle.

Et au même moment, elle sentit son doigt venir titiller un endroit que jusqu'à présent elle seule avait effleuré. Hermione ferma les yeux malgré elle et se laissa faire en se mordant les lèvres d'écœurement, mais très vite, ce sentiment se transforma en un léger plaisir.

- Et ben tu vois, c'est pas si horrible, jubila-t-il en constatant les effets physiques de ses caresses.
- La ferme Mal... Hum…souffla-t-elle de surprise alors qu'il explorait un peu plus son intimité.

Toutes ces sensations nouvelles la submergeaient malgré la gravité du moment, l'empêchant de poursuivre sa phrase.
C'est à cet instant précis que des bruits de voix, particulièrement glauques, se firent entendre.

- Bon, accélérons, on n'a plus le temps ! Décréta-t-il autoritairement.

Il bascula sur elle et se plaça aux portes interdites ! Hermione ne voulait pas le montrer, mais à présent ses sens s'affolaient. Elle n'avait pas l'appréhension de ne pas être à la hauteur, là n'était pas la question aujourd'hui.

Les voix étaient toutes proches à présent et on put entendre « dans le secteur, je perçois son aura ».

Sans attendre plus, Drago ne réfléchit pas et donna un grand coup de bassin, obligeant Hermione à écarquiller les yeux tout en gémissant de douleur. Lui-même avait du faire preuve de maîtrise pour ne pas exposer son plaisir. Il recula alors légèrement et recommença à plusieurs reprises jusqu'à être totalement dans l'intimité de la jeune femme. Drago avait parfaitement conscience d'être brutal et de lui causer plus de douleur que de plaisir, mais le temps leur était compté et au diable les roses et les violettes… là c'était l'efficacité qui comptait. Il n'avait qu'une seule chose à l'esprit, sortir d'ici. Et sans elle, il savait que c'était impossible. Mais pour être très honnête, ce qu'il n'était pas, le contact humain lui manquait tellement que même une Sang-de-Bourbe était précieuse à ses yeux.

Hermione, la tête sur le côté, fermait toujours les yeux en se mordant la lèvre inférieure de plus en plus fort, espérant que cet instant finirait vite… Drago, en elle, ne bougeait presque plus, attendant de voir si les créatures pouvaient toujours la repérer.

Les voix s'éloignèrent « non, elle doit se déplacer ».
Le Serpentard avait réussi sa mission, mais c'était moins une ! Il poussa un soupir de soulagement avant de sentir le besoin d'aller jusqu'au bout de ses envies.

- Bon, c'est bon retire-toi maintenant, arriva à bredouiller une Hermione au comble de son trouble.
- Quoi ! Tu veux ma mort ? Tu ne peux pas me demander d'arrêter maintenant ! Ça fait au moins deux mois que j'ai pas…
- Je m'en fiche retire…

Mais en parlant, Drago avait continué à faire de lents va-et-vient, comme pour l'inciter à continuer. Lui-même ne savait pas trop pourquoi il ressentait cette terrible et profonde envie d'aller plus loin, mais un désir indescriptible le consumait et s'arrêter là n'était pas simplement une question de renoncement au plaisir charnel, mais un élan vital. La nécessité d'obtenir un peu de chaleur humaine.

- Malefoy ce n'est pas…

Mais décidément, elle n'arrivait pas à faire abstraction de son plaisir. Il avançait et reculait lentement, mais avec fermeté. Son bassin se déhanchait de gauche à droite histoire d'explorer tous les recoins et de bien faire sentir sa présence en elle, ce dont il n'avait absolument pas à douter !

- Alors Granger, on a du mal à parler ? fanfaronna-t-il avec beaucoup de sérieux tout en accélérant la cadence.
-...

- Tu veux toujours que j'arrête, Granger ? se permit-il, voyant bien que la lionne commençait à éprouver des sensations nouvelles.

Sa victoire lui donna un sourire narquois, sachant qu'elle commençait à s'élever sur l'échelle du plaisir. Il voyait son visage se décrisper progressivement et toujours les yeux fermés, il comprenait qu'elle se laissait envahir par le désir.

- Non… arriva-t-elle à peine à souffler, sans toutefois ouvrir les yeux, un peu honteuse de ses propres envies.
- Comment Granger ? Je n'ai pas entendu ?

Drago Malefoy savourait ce moment, il était tout puissant sur Hermione Granger. Il la tenait et le savait parfaitement. Elle consentait à cette étreinte en parfaite connaissance de cause. Il était son ennemi et le caractère d'urgence écarté, elle accédait tout de même à sa demande. Elle devait réellement être au bord de la jouissance pour se laisser aller avec lui et cette prise de conscience étourdit le Serpentard. Au bord du frisson ultime occasionné par la domination qu'il exerçait sur elle, il s'arrêta en attendant sa réponse définitive histoire de se reprendre, de la faire languir et d'être certain d'avoir son approbation. Jamais il ne pourrait accéder au plaisir suprême sans ce dernier point.

- Continue, murmura-t-elle alors en ouvrant à peine les paupières.

Il se permit alors un geste qu'il ne contrôla pas vraiment en raison de l'excitation, il arracha les pressions de son chemisier, laissant apparaître une poitrine durcie par le plaisir et à peine cachée par une fine dentelle. Hermione ne le regarda pas, la tête de nouveau tournée sur le côté, mais à ce mouvement, elle fit mouvoir légèrement son torse malgré elle, également commandée par le désir.

Drago n'en pouvait plus, deux mois d'abstinence, avaient eu raison de lui. Et c'est comme un chien fou qu'il replongea en elle, non pas avec douceur, mais avec la fièvre au corps. Il commença alors à augmenter le rythme de ses va-et-vient en elle, l'obligeant à chercher une prise à quoi s'agripper d'urgence. Ses mains ne trouvèrent rien d'autre que les poignets de son partenaire, de chaque côté de son visage, sur lesquels il avait pris appuis.

Elle se haïssait d'éprouver tant de plaisir avec lui et à un moment pareil. Cependant elle n'arrivait plus à réfréner ses gémissements même s'ils étaient légers. Devant cette marque d'intérêt, Drago n'eut plus qu'une idée en tête : la faire jouir. Ses yeux se plissèrent, il avait la rage d'achever sa tâche, plus elle gémissait, plus il accélérait… Cette sensation de toute puissance lui montait à la tête, et plus il accélérait, plus les gémissements et les mouvements d'Hermione s'intensifiaient. Ils étaient entraînés dans une spirale de désir et de jouissance… Elle ouvrit alors les yeux, sans tourner la tête, pour le regarder en coin, un peu fiévreuse et la bouche légèrement entre-ouverte, haletante.

Drago ne pouvait plus tenir face à la chaleur qui l'accueillait, il allait la faire crier comme jamais elle n'aurait pensé le faire, foi de Malefoy. Il donna tout ce qu'il avait dans les derniers coups de reins. Toute sa rage, sa frustration, sa solitude et son désespoir prirent forme dans une volonté intense de partager son malheur.
Hermione atteignit enfin la jouissance suprême, l'orgasme était tellement fort et puissant qu'elle poussa un cri de plaisir en gonflant sa poitrine, immédiatement suivie par Drago qui se laissa aller jusqu'au bout du désir. Il avait crié comme un athlète arrivant en tête de la course après une lutte acharnée. Mais, malgré sa volonté de domination, il était grisé par les foudres d'un plaisir qu'il n'avait jamais connu si intense.