Toujours ballottée, Hermione ruminait sa rage et cherchait un moyen de le faire payer Drago.
Le jeune homme avait cessé sa progression mais la gryffondore sentait toujours sa main en haut de sa cuisse et cela l'exaspérait. Cependant, bouger une nouvelle fois équivaudrait à la sentir directement sur son postérieur et elle le savait parfaitement.
Drago lui était particulièrement à son aise. La peau de la gryffondore était douce et cette sensation charnelle accompagnée de la vue imprenable sur la petite jupette très relevée ne l'aidaient pas à garder l'esprit lucide. Il fut tout de même content d'arriver à destination parce que même très mince, la rouge et or n'était pas aussi légère qu'une plume. Le serpentard avança un peu dans la grotte et la posa par terre, soulagé et à bout de souffle.
Hermione se redressa, un peu étourdie et du attendre quelques petites secondes que son sang redescende dans son corps. Au moment où la jeune femme se sentit mieux, ce fut instantané : PAF ! Elle donna une énorme baffe à Malefoy.
- Tu n'es qu'un gougea, je t'interdit de... PAF !
Drago avait été surpris et avait reçu la main d'Hermione en plein visage, mais la réponse ne s'était pas fait attendre, il l'avait giflé à son tour. Seulement là, il y était allé un peu violemment et la tête de la gryffondore était complètement tournée. Ne pouvant pas voir son visage, le vert et argent attendit qu'elle se retourne en larmes mais la jeune femme pivota à nouveau, une main sur sa joue endolorie et lui lança un regard noir de rage. De ce fait, il ne lui laissa pas l'occasion de riposter et lui cria dessus.
- C'est nos vies que tu as mises en danger
! Tu es inconsciente !
- Espèce d'immonde raclure
d'égout... comment oses-tu les laisser là-bas ?
La fenêtre qu'elle avait aperçut, donnait sur une des geôles collectives. Une cinquantaine de filles entassées les unes sur les autres pleuraient, ne sachant pas ce qui les attendait. Certaines dans les bras des autres, d'autres recroquevillées en boule dans un coin... En tout cas, toutes portaient l'uniforme de Poudlard.
- Et qu'est-ce qu'on y
pouvait dis moi ?
- Les ramener avec nous comme tu l'as fais avec
moi.
- Mais ça n'aurait servit à rien ils les
auraient reprises aussi vite... Nous ne pouvons pas les sauver enfin
! Je pensais que tu avais compris cela. Toi qui est si
intelligente.
Hermione fut blessée. Elle se mit à réfléchir. Ce qui lui permit de laisser reposer sa voix quelques seconde parce que, même sans baguette, l'un et l'autre auraient pu rivaliser avec une personne ayant pratiqué le "sonorus" sur la gorge.
- Et bien, il fallait faire
la même chose que pour moi ! Lui lança-t-elle très
sûre d'elle.
- Comment ça ?
- Be… tu sais
quoi...
Drago s'arrêta un instant sans voix sous le coup du propos de la préfet. Il avait les yeux exorbités et la bouche ouverte...
- Tu veux que je... mais... Granger...
elles sont cinquante !
- Et alors ?
Elle lui avait
répondu du tac au tac sur un ton de défit.
Hermione
se rendait compte de ce qu'elle disait, mais étant à
court argument à lui fournir, elle campa sur ses positions. Le
serpentard réfléchit un instant...
" Trois ou quatre, sans problème... Cinq ou six, passe encore... Si je suis en grande forme je peux en gérer sept ou même huit... Mais cinquante ! Même moi... d'autant plus que c'est des gamines…"
Hermione le vit grimacer de dégoût
sans comprendre pourquoi.
" Non, vraiment y a une limite
d'âge à ne pas dépasser, un an de moins que moi
ok, mais là "
Drago grimaça de plus belle en soupirant de découragement. Peu à peu le regard d'Hermione changea pour exprimer de la tristesse
- Je
connaissais certains visages... Dit elle des sanglots dans la voix.
-
Granger, soit réaliste. Mais pour le coup, c'est toi et moi.
Nous ne pouvons absolument rien pour toutes celles qui sont là.
Tu comprends ? Et l'un sans l'autre, on ne s'en sortira pas, il faut
qu'on se soutienne ou bien nous sommes condamnés.
Hermione baissait les yeux, elle ne voulait abandonner personne derrière elle.
- Ok ? Lui répéta-t-il.
- Mais je ne
peux pas les laisser comme ça... Je suis sure qu'il y a un
moyen je...
- Granger non ! Il n'y a aucun autre moyen. Lorsque
les Morgoles veulent des reproductrices, ils montent à la
surface et se servent et c'est ainsi. Nous deux, on ne peut rien pour
elles. La seule chose à laquelle nous devons nous raccrocher,
c'est l'espoir de remonter à la surface un jour ensembles. Ok
?
- …
- Ho ! Granger...
- Oui. Dit elle abattue.
Il y eut un grand silence, puis Hermione commença à détailler les alentours.
Ils étaient dans une grotte immense dont on ne voyait pas le plafond et avec un lac intérieur... Ou plutôt non, à bien y réfléchir, elle voyait une rive de l'autre côté et l'eau semblait défiler. Ce devait être certainement une source.
- Voilà, ici c'est la source. Notre seule eau potable et de l'autre côté.
Ils pivotèrent pour voir ce que Drago lui indiquait.
- Il y a une source chaude. Dans notre malheur, nous avons un peu de chance, on peut se laver dans des conditions correctes. Et il lui sourit timidement. Bon par contre, j'ai pas de savons, mais c'est déjà ça.
Hermione hocha oui de la tête.
- D'ailleurs, une toilette ne serait pas superflue... Dit-elle un peu gênée.
En effet, elle n'avait pas pu se rincer depuis leurs ébats et se sentait particulièrement sale et mal à l'aise.
-
Vas-y, je t'en prie.
- Ne regarde pas.
- Ecoute Granger, tu
commences à m'agacer sérieusement. On a fait l'amour
ensemble et tu ne supportes pas que je te regarde...
Bon, même lui n'était pas convaincu par cette phrase, mais le fait de la caresser l'avait mis en éveille au point de lui faire oublier la faim qui le taraudait.
- Non Malefoy, nous n'avons pas fait l'amour ensemble nous avons... nous avons... bon passons, tu n'a rien vu donc il n'y a pas de raison pour que ça change.
- T'es vraiment pénible quand tu t'y mets ! On est coincé là, au milieu de nul par. Y'a personne d'autre. Alors arrête avec ta pudeur mal placée. Bon si tu veux, je me beigne avec toi comme ça pas de jaloux. L'eau est trouble car le sol est argileux. C'est très bon pour la peau d'ailleurs, donc une fois immergés on ne verra rien. Alors tu n'as qu'à y aller en premier et je te suis d'accord ?
Hermione ne répondit rien. De toute façon, elle n'avait pas le choix. Ils se dirigèrent vers la source d'eau chaude qui formait une sorte de puit d'environ 5 mètres de diamètres et dont les bords n'étaient pas exactement circulaires. Sur la gauche, elle put voir une sorte de renfoncement anguleux. Elle demanda une dernière fois à Malefoy de se retourner et se déshabilla rapidement avant de se précipiter dans l'eau. Elle y rentra sans aucun problème puis qu'effectivement, la température était idéale.
- C'est bon tu peux te retourner.
Malefoy commença à se déshabiller, sans pudeur et elle du détourner le regard pour ne pas le voir déambuler complètement nu. Un instant après, ils étaient tous les deux dans l'eau avec seulement la tête qui dépassait.
-
C'est agréable non ?
- Oui, il faut avouer, lui
lança-t-elle gênée une nouvelle fois par la
situation.
Drago, lui, était comme un poisson dans l'eau. Il se détendait et profitait de cet instant de répit. Ils avaient pieds pratiquement partout et dès le bord on notait une profondeur d'un bon mètre. Il s'assit et s'appuya, les deux bras écartés. Les yeux fermés, il bascula la tête en arrière et laissa son esprit divaguer, tentant de se détendre un peu.
Hermione profita de ce moment pour s'écarter et se nettoyer du mieux qu'elle le pouvait dans cette eau. Puis elle revient au bord pour se reposer un peu.
Drago, sentant les remous de l'eau ouvrit les yeux :
- Alors Granger, on peut plus se passer de moi ?
En réalité, il fallait avouer qu'e la jeune femme n'aimait pas vraiment ne pas voir ses pieds et surtout le fond de ce bassin naturel. D'autant plus que des remous, ci et là, provoquaient des sensations inquiétantes. Instinctivement, elle s'était rapprochée de lui.
- Ne Rêve
pas !
- Tu sais, on est majeur maintenant tous les deux et
puis...
Il la regarda d'un air vicieux avec de nouveau son rictus de pervers.
- N'y pense même pas Malefoy.
Le serpentard se décolla du bord et commença à s'avancer. Décidément, deux mois d'abstinence... C'était trop. Sachant que pendant cette période, il avait cherché, dans ses rêveries, un souvenir heureux pour ne pas penser à cet enfer. La relation avec Hermione lui était revenue en détail faisant montrer en lui le désir, décuplé par le fait de la savoir nue à côté de lui.
- Je t'interdit Malefoy recule...
Hermione reculait d'autant qu'il avançait, mais elle était "coincée", si elle sortait, il la verrait sans vêtement et c'était certain, vu son regard, il ne fermerait pas les yeux, bien au contraire. Peut-être n'attendait-il que ça d'ailleurs !
- Aller, y a pas de
mal à se faire du bien Granger. Qui le saura après tout
? Je sais très bien que tu as pris du plaisir la dernière
fois.
- Non certainement pas Malefoy ! Il ne se passera plus
jamais rien entre nous... Même si tu étais le dernier
homme sur terre je ne coucherais jamais plus avec toi !
- Mais
rassure toi Granger ! C'est le cas !
- Quoi c'est le cas ?
- Je
suis le dernier homme "sous" terre pour toi !
A présent, Hermione était calée dans le seul recoin du bassin et ne pouvait plus bouger.
Drago se trouvait à moins d'un mètre d'elle, le regard perçant et la mine réjouie.
La gryffondore paniquait. Elle était prête à le repousser mais pour ça, elle savait qu'elle devrait le toucher et ils étaient en tenue d'Adam tous les deux. Dans ce cas, la meilleure arme serait la parole.
- Comment peux-tu penser à ça dans un moment pareil ? Et puis je croyais que je n'étais qu'une sang impur pour toi. Il n'y a plus d'urgence comme la dernière fois là.
Le serpentard stoppa sa progression et sembla réfléchir un instant. Il sortit alors une de ses mains de dessous l'eau et commença à énumérer les raisons qui le poussaient à agir ainsi en levant un doigt à chaque argument :
- Premièrement : le sexe est très important pour moi, vraiment TRES important. Deuxièmement : tu n'es pas franchement repoussante physiquement c'est le moins que l'on puisse dire. Troisièmement : je ne verrais probablement plus jamais de sang pur de ma vie. Quatrièmement : ici c'est tout ce qu'il nous reste pour nous évader un peu. Et cinquièmement : j'ai envie, tu es là et j'aime te sentir en mon pouvoir.
-
Méfie toi de ne pas te reprendre un coup de genoux mal placé
si tu t'avances encore.
- Tu es certaine Granger de ne pas avoir
envie...
- Certaine, le coupa-t-elle
- Hum... pas si sure. Tu
te souviens, mes mains sur toi. Rappelle toi, la sensation de mon
corps sur ton corps, la chaleur que tu as ressentie en toi, tu n'as
pas envie de sentir des baisés brûlants partout sur ta
peau ?
- La ferme Malefoy ! Lui cria-t-elle. Non je n'ai pas aimé.
J'avais peur, j'avais mal et je ne veux pas recommencer. Alors laisse
moi.
- D'accord ! Comme tu voudras, mais tu passes à côté
d'un grand moment. Tant pis pour toi.
Drago se redressa et sorti d'un seul coup de l'eau. Il resta un moment debout pour s'égoutter un peu, regrettant une nouvelle fois son petit confort et rêvant d'une serviette chaude.
Pendant ce temps, Hermione détourna le regard et souffla, soulagée de le savoir loin d'elle. Non, elle ne voulait pas recommencer avec lui. Il avait été brutal et si ce n'était les sensations du moment, elle était persuadée que le véritable plaisir devait être bien plus intense s'il était partagé et enrichi par les sentiments.
La rouge et or se mit alors à penser très fort à celui qu'elle aimait depuis des années : Ronald Weasley. Elle savait qu'il serait tendre et attentionné avec elle. L'amour partagé rendrait le moment de leur première relation bien plus intense. Mais son visage s'assombrit : elle devrait forcément lui dire la vérité. Qu'elle l'avait trompé avec son pire ennemi. Certes sous la contrainte, mais avec lui quand même.
- Ron. Souffla-t-elle, embourbée
dans ses pensées.
- Ah non ! Moi c'est Drago ! Aller sort
de là, mon amazone.
A la surface, les recherches s'organisaient.
Les parents
d'Hermione étaient repartis sans même dire un mot au
petit groupe, mais tout le monde avait compris.
L'école
devait fermer une semaine pour réorganiser les maisons avec le
nouveau manque d'effectifs, transférer les élèves
dans d'autres pays.
Beauxbâtons avait été
particulièrement touché et McGonagall était
convaincue que le pensionnat français devrait fermer ses
portes, renvoyant à Poudlard les élèves
restantes.
Cependant, le ministère avait fermement
expliqué sa volonté de ne pas se laisser envahir par la
panique. Voldemort était encore présent dans tous les
esprits et l'attaque des Morgoles ne devait pas le faire oublier.
La liste des disparues officialisée, tous savaient qu'il fallait aller de l'avant et que la prochaine razzia n'aurait pas lieu avant au moins une cinquantaine d'années. Les valises faites, le petit groupe devait se retrouver au 12 square Grimmaurd avec le reste de l'ordre.
Le comportement de Ron impressionnait tout le monde. Il était déterminé, lançait des ordres à tout le monde et avait fait un plan de recherche pour cibler les archives les plus intéressantes.
Harry l'avait pris à part, inquiet, mais il fut convaincu par sa réponse :
- Non, Harry, ça ne va pas. Mais je me focalise sur sa recherche, tant qu'il reste un espoir, un tout petit espoir... je m'y accrocherais. C'est ma seule et dernière raison de vivre.
Le survivant avait compris. Il était dans le même état d'esprit. Enfin pas tout à fait.
Le premier soir de son arrivée dans la maison des blacks, il avait été retrouver Ginny dans sa chambre. Elle pleurait à chaudes larmes la disparition d'Hermione, de Luna et d'autres de ses connaissances. Il l'avait prise dans ses bras et écoutée parler de longues heures, jusqu'à entendre sa petite voix se calmer et lui murmurer au petit matin.
- J'ai besoin de toi Harry
- Je
suis là Ginny
- Non, j'ai besoin de te sentir encore plus
proche.
Sans réfléchir un instant de plus, il l'avait embrassée, lui aussi désespérait de ne pouvoir la posséder. Les tendres baisés se transformèrent en caresses chastes, puis passionnées et enfin intimes. Leur étreinte exprimait à la fois la délivrance de se retrouver et la souffrance de la perte des êtres chers.
Ginny ne bougeait presque pas, profitant de chaque parcelle de son corps en contact avec celles d'Harry, et le jeune homme allait très, très lentement pour amplifier chacun de ses mouvements et profiter de chaque seconde. Ils voulaient se prouver tout simplement qu'ils étaient en vie.
Le lendemain matin, Madame Weasley entra dans la chambre de sa fille comme chaque jours. Elle vit deux âmes enlacées, trop fatiguées la veilles et trop amoureuses pour supporter d'être séparées. Figée sur le pas de la porte, elle ne put s'empêcher de sourire en voyant Harry se redresser et bredouiller quelque chose d'incompréhensible alors que Ginny disparaissait sous les draps. En temps normal, Molly aurait hurlé, puni sa fille et sermonné le jeune homme jusqu'à s'en époumoner, mais comment leur reprocher de s'aimer après tous ces drames ?
Ginny était un peu jeune, mais après tout Molly n'aurait pût rêver d'un meilleur gendre, elle le considérait comme son fils. Les réprimander ne servirait à rien. Elle garda alors son sourire attendrit, comme si elle avait compris la profondeur de la situation qui les avait conduit ici et referma la porte derrière elle, les laissant seuls.
- Je... qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Ginny, la bouche ouverte n'arrivait pas à répondre. Elle se blottit dans ses bras et ils profitèrent un instant de cette douceur. Environ Dix minutes plus tard, une voix hurlait en bas des escaliers. C'était la maîtresse de maison qui rameutait les troupes pour le petit déjeuner.
