-Repose toi un peu Ron. Lui ordonna Harry.

Mais ce dernier n'eut en retour qu'un regard sombre accentué par des cernes noirâtres.

-Il a raison. On piétine, ça ne sert à rien de lire tous ces tomes sans avoir dormis. Nous n'enregistrons même pas les informations qui risquent de nous passer sous le nez. Appuya Ginny.

A ce moment là, Ron sorti de ses gonds. C'en était beaucoup trop. Comment ces amis pouvaient-ils la laisser tomber ainsi. Un flot de paroles ininterrompues se bouscula alors, scotchant l'ensemble de ses interlocuteurs.

-Vous devriez avoir honte. Après tout ce que nous avons découvert sur ces monstres, comment osez vous laisser Hermione, Luna et toutes les autres dans cet enfer ? Ce qui n'est qu'une sieste ou une petite nuit pour vous équivaut probablement à des heures de souffrance et d'agonie pour celle que j'aime. Il omettait toutes les autres, mais sincèrement personne, pas même Patricia , n'osa lui reprocher cet égoïsme presque légitime qu'ils partageaient tous. Alors non, reprit-il de plus belle, non je ne me reposerais pas et non je ne baisserais pas les bras comme vous le faites vous.

A ce moment là, Ron se pris un gifle de la part de Ginny, elle n'allait tout de même pas laisser passer cela, même si ces paroles venaient de son propre frère sous l'effet d'une fatigue intense.

-Comment oses-tu Ron ! Ça fait bientôt une semaine que nous cherchons ainsi et personne ne s'est jamais plaint. Harry alterne entre sa course aux horcruxes et les recherches. Luna était l'une de mes meilleures amies et Hermione la sœur que je n'ais jamais eu alors je ne veux plus jamais t'entendre dire que nous les abandonnons tu m'entends Ron, plus jamais.

Le visage de la rouquine était maintenant encore plus flamboyant que ses cheveux et son doigt pointé sur Ron relativement agressivement ne signifiait rien rien de bon pour lui. C'est Patricia qui coupa court à cette dispute en tentant une diversion.

-Bon, nous sommes tous épuisés et nous devrions effectivement faire une pause. Elle se tourna vers Ron et contempla son visage décomposé. Tu sais parfaitement à quel point ma sœur me manque et jusqu'où je suis prête à aller pour la retrouver, mais nous obstiner sur cette voix ne leur rendra pas service. Il ne nous reste plus qu'une dizaine de registres à éplucher et nous n'avons toujours pas le nom de la survivante. Alors imagine que la fatigue nous fasse passer à côté de son nom et qu'au bout des dix registres nous ne l'ayons pas. Il nous faudra reprendre le fond entier du début et la perte de temps sera double.

Ron du se résigner face à la demande générale et referma le dernier tome qu'il avait entre ses mains, provoquant un petit nuage de poussière. Tous repartirent au terrier, il ne leur restait plus que deux jours de répit avant la reprise des cours à Poudlard. Tous se demandaient comment ils pourraient poursuivre leur scolarité dans ces conditions là. Patricia les suivait, n'ayant pas d'endroit où aller, Madame Weasley l'avait bien évidemment hébergée en attendant qu'elle reprenne sa scolarité en Angleterre (Beauxbaton devant fermer faute de pensionnaires).

Au même moment, les gryffondors ne se doutaient absolument pas de la véracité des paroles de Ron puisqu'en dessous de leur pied, Hermione se trouvait dans une impasse totale.

Devant la vision du Morgole obstruant le passage son sang ne fit qu'un tour. Une foule d'idées se bouscula dans son esprit dont la première : partir en courant, mais il était entre elle et son seul espoir de s'échapper. Elle chercha désespérément des yeux une autre issue dans cette salle qu'elle savait pourtant hermétique. Devant elle, le monstre se tenait sans bouger, sans aucune expression sur le visage.

Encore accroupie, Hermione ne trouva qu'une seule solution : agripper la première arme qui lui tombait sous la main et se relever pour lui faire face. Elle saisit donc une sorte de dague dont le manche et la lame devaient mesurer environ une cinquantaine de centimètres et se releva en s'aidant du mur.

Le Morgole ne bougea toujours pas, elle ne fit aucun mouvement de plus. Drago allait revenir, et à eux deux, ils auraient peut être une chance parce que là, seule, avec une arme blanche, elle n'irait pas très loin. Hein ! oui, c'est sur Drago allait revenir. Il ne pouvait pas la laisser seule ici, il avait besoin d'elle. Mais comment faire confiance à ce serpentard qui avait toujours fuit devant de telles situation. De toute façon, là elle n'avait pas le choix, il fallait l'avouer, Drago Malefoy était son seul et unique espoir de s'en sortir.

Si encore elle avait pu avoir un pistolet ou quoi que ce soit d'autre qui lui permettrait de le toucher à distance, mais non, une dague se maniait certes avec un savoir-faire qu'elle n'avait pas, mais en plus, il lui faudrait user de la force, caractéristiques lui faisant totalement défaut. C'est donc la respiration saccadée et le cœur battant à lui provoquer des vertiges qu'Hermione resta plaquée contre le mur.

Elle se dit que la seule façon de s'en sortir était de l'esquiver. Elle perdrait une éventuelle confrontation à coup sur. Mais ses pensées furent interrompues par une voix terriblement roque.

-Rend toi.

-Jamais. Murmura-t-elle entre ses dents.

-Tu ne peux pas t'en sortir, alors laisse cette dague et rend toi. Je ne te ferais pas de mal.

-Jamais ! Lui cria-t-elle. Jamais, si tu me veux alors vient me chercher. Sa voix tremblait, mais exprimait en même temps une détermination telle qu'elle surpris la créature.

Le but de la manœuvre était de le faire avancer dans sa direction pour l'esquiver au dernier moment et foncer droit devant elle. C'était risqué, mais de toute façon elle n'avait pas le choix. Son cœur augmenta encore la cadence lorsque le monstre s'approcha lentement vers elle. Hermione releva la Dague à hauteur de son visage, faisant mine d'être prête à se défendre et son ennemi détacha une arme similaire de sa ceinture, la laissant nonchalamment suivre les mouvements de son corps, la pointe vers le bas.

A mis-chemin, le Morgole s'arrêta un instant.

-Où est-il ?

-Qui ? Lui répondit Hermione, ne voulant pas trahir la présence de Drago.

-Celui qui t'as permis de perdre ton aura.

-Y'a personne d'autre que moi ici. Parvint-elle à lui répondre, toujours très concentrée. Elle ne voulait surtout pas regarder en direction de la sortie pour ne pas trahir sa tactique.

-Quelqu'un t'as amené ici et t'as fait perdre ta virginité. Comment aurais-tu fait toute seule. Lui assura-t-il, prouvant qu'il ne la croyait pas un instant.

A sa plus grande surprise, un sourire narquois se dessina sur le visage de la lionne, toujours les yeux rivés sur son ennemi tout en lui répondant :

-Je me suis débrouillée.

Voyant qu'il n'obtiendrait rien d'elle, du moins pas sans utiliser la force, Dracard lui lança un dernier ultimatum :

-Pose cette arme, ne m'oblige pas à te faire mal. Et il repris sa progression vers Hermione. Une fois presque à sa portée, cette dernière tenta le tout pour le tout en lui lançant un :

"tu peux toujours courir" et elle s'esquiva sur la gauche le plus rapidement qu'elle le put mais malheureusement, s'il n'avait plus de pouvoir, le Morgole n'en avait pas perdu l'art de la guerre et, à la vitesse d'un félin, il lui serra le poignet tenant l'arme tandis que son autre main se fixa autour du cou de la gryffondor. Il serra tellement fort son avant bras qu'elle ne put que lâcher la dague très rapidement, et porter son autre main pour tenter de libérer son coup, sans aucun espoir d'y parvenir.

Le monstre la serrais suffisamment fort pour l'immobiliser, mais sans l'étouffer pour autant. Son but était clairement de la capturer sans lui faire de mal. Il avait lui-même laissé tomber son arme pour la retenir et tournait le dos à la sortie. Il n'entendit donc pas un serpent rentrer, ramasser l'une des deux armes et lui transpercer le ventre avec.

Hermione senti l'étreinte dont elle était prisonnière se desserrer peu à peu et vit les yeux de la créature exhorbités par la douleur. Drago retira la dague d'un coup sec, laissant Dracard s'écrouler sur le sol, haletant. Hermione, prise de terreur recula de plusieurs pas, les mains sur la bouche. Elle vit Drago s'avancer vers le monstre lever la lame pour s'en servir comme d'un pieux, mais alors qu'il allait la faire retomber pour achever son ennemi, Hermione cria un "NON" d'horreur.

Drago se stoppa net, lui lançant un regard complètement hagard !

-Quoi ? Lui dit-il déboussolé

-Ne te fait pas meurtrier Drago, attachons le et échangeons le contre notre liberté.

-Mais avec quoi Hermione ? C'est lui où nous.

-Non, il n'avait pas l'intention de me tuer...

Mais alors qu'elle prononçait cette phrase, le blessé avait repris ses esprits et se releva d'un bond, attrapa Drago par le col. Ce dernier, surpris par une telle vivacité n'eut même pas le temps de réagir et se senti projeté au travers de la pièce. Ce qui suivit échappa complètement au serpentard car sa tête heurta très violemment une pierre dépassant du mur et il perdit immédiatement connaissance.

Une fois de plus Hermione cria. La bête se dirigea vers le jeune homme à terre et retira une petite hache de son tour de taille. Ils n'avait visiblement pas du tout les mêmes hésitations qu'Hermione. Dos à elle, il s'approchait dangereusement de Drago. Sans réfléchir une seconde de plus, la gryffondor s'empara d'une des deux dagues restées sur le sol, et alors que le Morgole levait la hache en l'air, elle lui assainit un coup de toute ses forces, dans son dos mais à l'emplacement exacte de son cœur, réalisant ainsi ce qu'elle avait interdit de faire à son sauveur quelques secondes avant.

Leur rival s'écroula comme une masse au sol alors qu'Hermione laissait tomber son arme une nouvelle fois, comme pour s'innocenter. Dracard était bel et bien mort, plus aucun doute n'était alors possible. En revanche, Drago gisait également sur le sol.

La rouge et or se précipita vers lui, s'accroupissant près de son visage. En un réflexe, elle vérifia s'il respirait toujours et fut immédiatement rassurée. Mais son soulagement fut de courte durée en apercevant la légère trace de sang derrière son crâne. Un vent de panique submergea Hermione. Elle resta quelques secondes sans rien faire, cherchant désespérément dans ses souvenirs comment le soigner.

Evidemment, elle avait lu bon nombres d'ouvrages sur la profession de médicomage, mais sans baguette, sans magie et sans aucune possibilité de concocter une quelconque potion, tout ce savoir lui était inutile. Elle dû se replonger alors dans ses connaissances de la médecine moldue qui, il fallait l'avouer, était très limitées si ce n'est sur le plan dentaire en raison de la profession de ses parents.

Elle dû rapidement admettre qu'elle était totalement dépassée par la situation.

-Drago... lui murmura-t-elle... Drago...revient à toi s'il te plait. S'il te plait Drago me laisse pas ici toute seule. J'ai vraiment besoin de toi... Je ne survivrais pas ici sans toi, tu... Sentant ses conduits lacrymaux s'humidifier dangereusement, elle s'arrêta net et contempla le visage aquilin du serpentard. Il semblait paisible et détendu, aucune trace d'arrogance ou de méchanceté ne venait gâcher sa beauté presque parfaite. Pour la toute première fois de sa vie, Hermione ne put s'empêcher de penser que Drago Malefoy était particulièrement beau et touchant à la fois. Elle ne put non plus réfréner une main tremblante allant caresser cette peau translucide et Merlin qu'elle était douce !

"laisse moi une chance de te connaître tel que tu es réellement" murmura-t-elle avant de sursauter à cause d'un mouvement du blessé. Peu à peu, il reprenait connaissance, mais péniblement et pour l'instant, il plissait les paupières en cherchant à ouvrir la bouche.

"chut, ne bouge pas... y'a plus rien à craindre pour le moment". Expira Hermione, soulagée de voir qu'il se réveillait, même si cela devait être pénible.

Toujours sans ouvrir les yeux, Drago plaqua machinalement sa main sur son front en gémissant. Il lui semblait avoir un satané marteaux piqueurs moldu dans la tête. Lorsque enfin il ouvrit péniblement les yeux, il ne put s'empêcher de contracter l'ensemble de son visage face à l'agression procurée par la lumière ambiante. Hermione ne bougeait pas, le laissant se réadapter seul, il avait le temps désormais.

Encore quelques minutes plus tard, il essayait de se relever pour aller s'asseoir sur le lit, aidée par une gryffondor particulièrement inquiète. Lorsqu'il passa sa main derrière son crâne, il écarquilla les yeux, surpris de la retrouver en sang.

-Ne t'inquiète pas, lui murmura Hermione, je pense que ça n'est qu'une blessure superficielle.

Elle marqua une courte pose avant de reprendre, ce qui me tracasse plus, c'est le coup que tu as pris, il ne faudrait pas que tu ais une hémorragie interne.

-Super... arriva-t-il à prononcer entre deux grimaces. A quoi tu le voix miss-je-sais-tout.

Alors qu'elle allait s'indigner, elle se souvint que s'il était dans cet état, c'était à cause de sa stupidité... elle pris alors la décision de laisser momentanément sa fierté de côté pour passer outre sa remarque, non sans garder une pointe d'agacement dans la voix.

-Parce que tes pupilles sont complètement dilatées. Il faut que tu reste éveillé jusqu'à ce qu'elles redeviennent normales sinon tu risques de plonger dans le coma.

-Géni... il allait répondre, mais ses yeux se fixèrent sur le Morgole gisant face contre terre sur le sol du dortoir.

Hermione tourna automatiquement la tête, fermant les yeux. En bonne gryffondor, elle avait réagit devant le danger, mais l'idée d'avoir donner la mort avait provoqué un fêlure en elle qu'il serait difficile de rapiécer.

-C'est toi qui...

Mais en Guise de réponse, elle se leva, pris la gourde ainsi que son vieux chemisier roulé en boule dans un coin du dortoir et en déchira une manche. Telle une mère qui soignerait son enfant, elle y versa un peu d'eau dessus et revint s'asseoir près de Drago.

-Tourne toi, je vais nettoyer ta blessure.

Mais, sonné par le coup, Drago avait profité de la seconde d'inattention d'Hermione pour se reposer le yeux et commençait déjà à piquer du nez.

-Drago ! Lui hurla-t-elle lui faisant brutalement relever la tête

-Hein ? Quoi ?

-Interdiction de t'endormir.

-Mais je ne tiendrais pas Hermione, j'ai mal à la tête, j'ai les yeux lourds, j'arrive pas à résister.

-Raison du plus. Fait un effort et prend sur toi bon sang. Il en va de ta vie là. Il faut occuper ton esprit.

Le serpentard esquissa alors un sourire goguenard

-Ah ? Et comment vas-tu t'y prendre mon amazone pour occuper mon esprit ?

-Et bien en discutant avec toi tien ! Tout à l'heure tu voulais une heure de mon temps... et bien là je t'offre toute une nuit, ou du moins le temps qu'il faudra à tes pupilles pour redevenir normales.

-Avoue le, c'est uniquement parce que tu ne vois plus le bleu électrisant de mes beaux yeux.

-C'est tout à fait ça ! lui répondit-elle avec un sourire en coin tout en lui collant le tissu humide sur sa plaie.

-xssssssssssssssssss ! Drago inspirait comme il pouvait entre ses dents. Mais la douleur l'élançait tellement qu'il secoua la tête pour qu'elle retire le linge.

-T'es vraiment une petite nature Malefoy. S'indigna-t-elle en roulant des yeux.

-J'voudrais t'y voir moi, ça fait mal.

-Ouai, comme la fois où Buck t'avait à peine égratigné et que tu gémissais comme un enfant de cinq ans.

- Quoi ? comment ça à peine égratigné ? il avait faillit m'arracher le bras. S'indigna-t-il en lui lançant des éclaires avec les yeux.

Hermione sourit, elle avait gagné, désormais elle avait toute l'attention de son compagnon d'infortune. Piqué au vif dans sa fierté, il ne pensait plus à dormir.