Drago attendait patiemment le plan d'Hermione qui semblait avoir du mal à rassembler ses esprits. Une fois qu'elle eut terminé son explication, le serpentard resta un moment sans bouger.
-Alors ? T'en penses quoi ? lui demanda-t-elle un peu anxieuse.
Il pivota son regard sur elle, hésitant entre plusieurs options : rire de sa blague, lui dire que c'était de la folie, fuir loin de cette malade ou bien applaudir de son audace.
-T'es
sérieuse là ? Arriva-t-il tout juste à
bafouiller.
-…videmment, lui rétorqua-t-elle vexée.
C'est un très bon plan et je suis certaine qu'il pourra
marcher.
Ok… elle était sérieuse. Il fallait donc trouver une solution pour l'empêcher de mettre en œuvre son idée. Drago réfléchit le plus rapidement qu'il le put : la ligoter… oui, c'était effectivement une alternative. Mais les « festivités » ne débuteraient que le lendemain. Alors supporter ses hurlements toute une nuit… Eh oui, maintenant il la connaissait et savait que s'il la ligotait, elle ne se laisserait pas faire et lui casserait les oreilles… à moins qu'il ne la bâillonne également…
Drago, perdu dans ses pensées et les yeux levés sur le plafond de la grotte commençait à esquisser un sourire malsain, ce qui ne passa pas inaperçu. Mais comment résister à l'image d'une amazone ligotée et bâillonnée ? toute entière à sa merci quoi !
-Alors ? Tu vas me dire ce que t'en penses
oui ou non ? S'impatienta-t-elle.
-C'est de la folie Hermione
; de la folie pure. Ça ne marchera jamais enfin !
-Ok, si
tu as mieux à me proposer d'ici demain matin je suis
preneuse.
Mais un blanc s'installa. Malgré toute sa bonne volonté, Drago devait admettre que, même farfelu, ce plan était le seul plausible.
-T'as toujours des
idées comme celle-là ? lui demanda-t-il marquant ainsi
son approbation.
-Et pire encore, lui répondit-elle avec un
regard diabolique. Si tu savais tout ce qu'on a pu faire avec Harry
et Ron ! Rogue et Rusard ne s'en relèveraient certainement
pas.
-Ces gryffondors, ils se croient toujours au dessus du
règlement ! Soupira-t-il.
-He ! Mais c'était pour
la bonne cause. Jamais nous n'avons enfreint le règlement
gratuitement. C'était toujours pour sauver la vie d'Harry
voire d'autres personnes.
-Alors tu crois que tu es au-dessus
des lois uniquement parce que tu penses agir justement ?
-Oui,
évidemment ! Hermione riposta du tac au tac sans trop savoir
où il voulait en venir. Enfin non, nous ne nous sommes jamais
cru « au dessus des lois » mais…
-Mais dis moi miss
gryffondor… où est le bien et où est le mal ? Tu te
bases sur tes principes et ton éducation. Mais qui te dis que
tu détiens la bonne conception de ces deux préceptes ?
Qui te dis qu'en agissant à ta guise, tu n'as pas servi le
mal ? Peut-être que sans vos agissements inconsidérés,
Voldemort n'aurait pas retrouvé son enveloppe corporelle
!
-Je te défends de dire ça ! lui hurla-t-elle le
visage crispé et sérieux. Sans nous Voldemort se serait
emparé de la pierre philosophale, Ginny Weasley et d'autres
seraient morts et …
-De la quoi ? l'interrompit-il
incrédule.
-Ah de rien ! Laisse faire. C'est inutile de
discuter de nos actes à Poudlard car nous ne serons jamais du
même avis.
-J'en ai bien peur, abonda-t-il dans son
sens.
Il y eut un blanc de quelques minutes où chacun s'abandonna à ses pensées sur leurs anciennes vies. Hermione frissonnait, mais leurs vêtements n'étaient pas encore sec et il lui faudrait patienter au moins une ou deux heures. De toute manière, ils allaient devoir attendre le lendemain matin pour mettre leur plan à exécution, alors autant se reposer et essayer de fignoler les détails. Mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Son esprit subissait l'attraction grandissante du jeune blondinet à ses côtés. Il venait bel et bien lui reprocher la matérialisation de Voldemort. Depuis qu'ils étaient ici tous les deux, Drago avait semblé honnête en tous points. Pourquoi ne pas en profiter pour avoir son sentiment.
-Drago
? Se hasarda-t-elle.
-Oui ?
-Le fait que Voldemort soit de
nouveau « actif »… je veux dire, qu'il soit revenu à
la vie… ça te… Hermione ne savait pas trop comment
formuler sa phrase pour ne pas le vexer.
-A ton avis ? La
coupa-t-il ! Tu veux savoir… ma famille est divisée, par sa
faute, nous sommes en guerre contre des personnes qui ne demandent
que la tranquillité et nous devons sans cesse faire face à
sa cruauté. Il n'a aucune indulgence même envers ses
plus fidèles mangemorts.
Alors que le jeune homme avait le regard perdu dans le vague, Hermione savait qu'il parlait de son père. Puis il reprit son récit, comme si ce dernier pouvait le libérer d'un trop lourd fardeau.
-J'aime mon père, mais si tu savais comme je lui en veux. Nous, les Malefoy, une famille noble avec une fortune incalculable, nous ne sommes rien d'autre que les elfes de Voldemort. Nous ne pouvons disposer de notre argent ou encore de notre temps comme nous le souhaitons. Nous sommes complètement asservis. Ce n'est pas digne de notre rang et de notre prestige, surtout que lui n'est qu'à demi-sorcier.
Il s'arrêta de nouveau et la fixa plutôt durement.
-Ne te méprend pas. Je n'ai en aucun cas changé d'avis sur la supériorité du sang. C'est… c'est ainsi. Mais notre fortune nous assure une domination certaine sur le monde des sorciers. Je ne suis pas pour l'extermination !
Hermione bouillonnait intérieurement. Il n'était pas aussi horrible que l'autre face de serpent, mais ses idées et principes lui donnaient la nausée. Cependant, elle ne voulait pas l'interrompre et le laisser aller au fond des choses.
-Les familles comme la mienne sont supérieures parce qu'il existe des familles inférieures… des sang de… je veux dire des moldus et des sorciers peu fortunés. Si on suit le plan de Voldemort, nous ne serons plus rien. De simples sorciers comme tant d'autres, tous égaux et lui au dessus. Ça ne me convient absolument pas.
La gryffondor sentait son sang ne faire qu'un tour. Mais à quoi bon ? Ils avaient déjà eu des discussions à ce sujet et elle savait qu'elle n'arriverait pas à lui faire voir les choses autrement. Il était abject de ce côté-là mais le contredire risquait de les diviser à nouveau et à la veille d'un plan comme elle avait eu, ça n'était pas souhaitable. Elle décida alors de ne relever qu'un seul point, prenant énormément sur elle-même :
-Tu
oses prononcer son nom maintenant ? Le questionna-t-elle sur le ton
d'une pseudo rigolade.
-Ouais ! Et alors ! Qu'il vienne me
chercher pour me botter les fesses et m'inculquer le respect s'il
l'ose. Je n'attends que ça ! Et il termina sa tirade avec
le sourire le plus charmeur qu'Hermione eut l'occasion de lui
voir, uniquement car il venait du fond du cœur.
Elle lui sourit en retour et baissa les yeux pour ne pas montrer le plaisir qu'elle avait à le regarder. Pourtant c'était trop tard. Le serpentard avait déjà observé depuis un certain temps le changement dans les yeux de son amazone. Elle n'exprimait plus la haine et le dégoût, mais la sympathie et parfois même l'envie. Mais jamais il ne lui fit remarquer ce changement par galanterie, voyant bien les efforts qu'elle mettait en œuvre pour le cacher.
Ils passèrent
le reste de la journée à des activités
quotidiennes : la collecte de nourriture ainsi que l'entrainement
physique. Drago lui expliquait comme esquiver au mieux les coups.
-Un
adversaire peut te faire du mal uniquement s'il te touche, lui
répétait-il.
-C'est bien une tactique de
serpentard ça ! répondait-elle blasée.
Puis ils travaillèrent les moindres détails des étapes à suivre pour réussir leur projet. Hermione avait remarqué que chaque matin, une procession de filles se dirigeait de la salle des cérémonies à celle du trône pour assister au lever du roi. Chacune des esclaves portait une torche éternelle. Le procédé était simple. Hermione devait se fondre dans la masse dans l'une des cellules, faire en sorte d'être sélectionnée pour la procession et porter une de ces flammes. Arrivée au niveau d'une fenêtre convenue avec Drago, il devait l'activer pour qu'elle n'ait pas à chercher la pierre plus chaude que les autres et elle pourrait ainsi traverser le mur sans encombre.
Au cours de la soirée, ils raclèrent les murs du dortoir pour récolter le plus possible d'Apnaya. Alors qu'Hermione exécutait sa tâche avec sérieux, Drago ne pouvait s'empêcher de la regarder pour tenter de comprendre comment une fille si sérieuse pouvait disjoncter à ce point. Il y avait tellement d'inconnus. Tout d'abord, il faudrait espérer qu'aucun garde ne la reconnaisse, ensuite, si jamais elle ratait la fenêtre… elle se retrouverait directement dans les appartements du roi. Et puis s'enduire d'apnaya pour avoir le teint vert comme les autres filles… fallait y penser quand même !
Il ne put s'empêcher de sourire. Elle était incroyable ! Finalement, Potter et Weasley n'avaient aucun mérite. Elle était sans aucun doute le cerveau de la bande. Et dire qu'il pensait qu'elle était trop amoureuse de Weasley et s'était laissée entraîner dans toutes leurs galères à cause de ça, mais non, elle n'était pas le wagon, mais la locomotive.
Certes Saint-Potter avait accomplit quelques petits exploits grâce à une chance inouïe, mais il ne serait certainement arrivé à rien sans elle. Si Voldemort savait qu'une sang-de-bourbes avait permi de déjouer ses plans…
Cette nuit là, le sommeil des deux jeunes
gens fut léger. Hermione repassait en boucle chaque détail
dans son esprit, cherchant à analyser toutes les possibilités
et Drago, lui, cherchait un moyen de l'en dissuader, mais en vain.
Ils se réveillèrent très tôt et Hermione,
comme prévu, s'enduit le corps d'apnaya pour obtenir un
joli teint verdâtre. Au bout d'un petit moment, elle lui
tendit le paquet de mousse et se tourna…
-Quoi ? lui
demanda-t-il.
-Je ne peux pas m'en mettre dans le dos…
-Tu
me demandes sérieusement de te toucher ?
-Ah vas-y bon
sang… on ne va pas y passer la journée.
Drago accomplit sa tâche avec difficulté. Effleurer sa peau était vraiment divin. Mais il mit tout son sérieux dans l'acte pour ne pas le lui montrer. Cependant, à l'instant où il eut fini sa tâche, le corps d'Hermione fut parcourut d'un froid intense et de la chaire de poule apparut sur ses bras et ses jambes.
-Qu'est-ce que tu as ? Le légendaire
courage des gryffondors serait-il surfait ? ou bien ce sont mes
caresses qui t'on fait cet effet ? Lui demanda le serpentard dans
l'espoir qu'elle renonce.
-Non, mais l'apnaya, je te le
rappelle, absorbe la magie. La chaleur procurée par
l'ensorcellement de ma tenue ne fonctionne plus. J'ai vraiment
froid.
-Tu vas encore choper un rhume. Renonçons ! Le feu
n'est pas essentiel à notre survie Hermione, c'est prendre
des risques pour rien.
-Non ! Je ne renoncerais pas. Il nous
permettra bien plus de choses que tu ne le penses. Allez, arme toi,
on ne sait jamais et on y va.
Il pestiféra encore quelques mots incompréhensifs en attrapant une dague et une petite hache qu'il accrocha à sa ceinture et ils s'engouffrèrent tous deux dans les couloirs. Depuis un mois, Hermione avait suffisamment observé les filles pour savoir comment elles réagissaient aux ordres et surtout comment elles se tenaient. Devant la cellule voulut, elle lança un dernier regard à Drago et se tourna pour pénétrer dans la citée nouvelle, mais au moment où elle se mouvait, il la retint par le bras. Lui-même ne savait pas pourquoi. Elle le regarda, attendant une instruction, quelque chose, mais rien. Il hocha simplement la tête et relâcha son étreinte.
Sans avoir prononcé un seul mot, toutes les pensées du serpentard avaient été captées par la jeune femme. Il lui recommandait d'être prudente et elle le serait, mais il lui fallut agir sur le champ. Les filles dormaient encore et elle devait en profiter pour éviter que son intrusion ne soit remarquée.
Drago la regarda s'allonger dans un coin et faire semblant de dormir. Malheureusement pour eux, comme ils n'avaient pas de montre, ils s'étaient complètement trompés d'heure. Il restait encore plus de trois heures avant le levé officiel. Le serpentard s'assit alors et laissa ses pensées divaguer en observant son amazone préférée. Malgré ses cheveux en bataille, son teint verdâtre et ses joues légèrement creusées par la male nutrition, elle avait quelque chose de plus que les autres. Son regard l'effrayait parfois, elle était intelligente, entière et si… mordante. Ce qu'il aurait aimé lui dire avant qu'elle ne pénètre dans la cellule… hum ! En y réfléchissant, il aurait aimé la serrer dans ses bras et goûter à ses merveilleuses lèvres si parfaites et attirantes, une dernière fois, au cas où.
Depuis qu'il lui avait fait l'amour, elle l'obsédait. Il avait éprouvé tant de plaisir alors qu'elle n'avait pas répondu à son ardeur… son cœur n'osait même pas imaginer ce que des ébats partagés pourraient donner. Il n'avait plus envie de se contenir. C'est vrai quoi ! ici la morale, les classes sociales, la pureté du sang… tout ceci n'était que foutaises. Pourquoi ne pas lui avouer qu'il la désirait. Ce sentiment, Drago Malefoy l'avait éprouvé un bon nombre de fois. Pas mal de filles à Poudlard lui avait inspiré cette envie et en général, ce désir disparaissait dès l'instant où il avait atteint son but. Que ce soit avec des sang-de-bourbes ou des sang purs… peu importait. Il voulait, il prenait, il jetait et chassait de nouveau. Mais pourquoi n'était-il pas aussi offensif avec elle. Il avait décelé le désir à quelques reprises dans son regard alors pourquoi n'en avait-il pas profité ?
Au bout de quelques minutes de réflexion, il en conclut qu'il avait peur de voir disparaitre ce désir. Et si avec elle tout se passait exactement comme avec les autres. Après tout, ils étaient coincés ici tous les deux, il ne pourrait pas passer à autre chose si facilement. Mais pourquoi ne pas…
-Debout ! hurla un garde Morgole à l'entrée de la cellule. En rang, deux par deux… Plus vite ! ordonna-t-il de plus belle.
Hermione jouait son rôle à la perfection, le regard vide, les épaules basses, elle se plaça à côté d'une fille qu'elle ne connaissait pas. Visiblement les pauvre prisonnières de ce « dortoir » n'appartenaient pas à Poudlard. Elles prirent chacune une torche à la sortie et marchèrent comme une armée bien rodée. Dès l'instant où la porte se referma, Drago ne l'avait plus dans son champ de vision et c'est là qu'il regretta fortement de ne pas l'avoir ligotée et bâillonnée pour la garder auprès de lui, en sécurité.
Il devait agir, de toute façon reculer n'était plus envisageable. Elle devait pouvoir compter sur lui. Il courut alors le plus vite qu'il put et se posta devant la fenêtre convenue. L'attente lui parut durer des heures… toujours rien… rien… encore rien… et puis une lueur plus intense apparut dans un angle en face et enfin la première fille avança d'un pas assuré. Son cœur bondit en apercevant son amazone. Tout se déroulait comme sur des roulettes. Elle était là. Ouf ! Il plaça alors un petit bout de bois dans l'ouverture pour qu'il ne dépasse que de quelques centimètres. Le passage restait ainsi accessible et Hermione pourrait le localiser facilement. C'était ce qu'ils avaient prévu.
Le serpentard arrêta de respirer lorsqu'elle se rapprocha de la fenêtre. Le sang qui irriguait ses tempes avec ferveur lui troublait l'esprit et il n'osa plus bouger d'un pouce jusqu'à ce qu'elle passe devant le bâton. Allait-elle le voir ? Il le fallait, pour elle, pour eux, pour leur survie, pour son cœur à lui. Et là, les yeux de la gryffondor se baissèrent en un instant et elle sauta à travers le mur provocant les cris des gardes qui virent immédiatement la supercherie. Une fois de l'autre côté, elle resta une demie-seconde sans rien faire puis Drago lui prit la torche et lui fit signe de le suivre.
Mais Hermione se sentit « happée » en arrière, son corps pivota sur lui-même et se dirigea lentement vers la citée nouvelle.
-Drago ! Implora-t-elle.
C'était comme si ses pieds et ses jambes ne lui répondaient plus, elle luttait de toutes ses forces, mais les gardes devaient utiliser leurs magie pour la retenir. Ils ne la voyaient pas, mais sachant dans quel secteur elle se trouvait, ils avaient utilisé tous leurs pouvoirs communs pour se focaliser sur les couloirs derrière la fenêtre et cela fonctionnait. Les morgoles avaient senti une âme et ils l'attiraient à eux, se concentrant sur elle.
Drago se retourna. Un instant paniqué, il ne su quoi faire. Il la par la main pour la tirer dans l'autre direction, mais les pouvoirs des Morgoles semblaient trop puissants. Cependant, le corps d'Hermione ne fut pas tiré aussi violemment que celui de la première fille qu'il avait sauvé. Ce devait être grâce à l'apnaya dont elle était enduite. Elle n'en avait pas en quantité suffisante pour contrecarrer l'ensemble de leurs pouvoirs. Cela suffisait simplement à les ralentir.
La
panique gagnait la gryffondor qui utilisait toutes ses ressources
pour lutter physiquement contre l'attraction et elle n'arrivait
plus à réfléchir. Drago cala alors la torche
dans un coin et se tourna vers son amazone. Il se positionna devant
elle, tournant le dos à la fenêtre et la prist dans ses
bras, la plaquant contre lui. Il commença alors à
pousser de toutes ses forces en avant pour l'éloigner du
danger alors qu'Hermione devait, elle, reculer.
D'abord
surprise, Hermione se ressaisit vite et unit ses forces à
celles du serpentard, luttant ainsi contre la magie qui ne cessait de
s'accroître. Elle était désormais très
proche de la fenêtre qu'elle venait de franchir et son seul
rempart était le corps de Drago.
-Drago !
Implora-t-elle de nouveau.
-Je suis là… je ne te
lâcherais pas. Aller pousse sur tes jambes de toutes tes forces
Hermione, Recule, allez… lui murmura-t-il à l'oreille.
Il resserra ensuite son étreinte autour d'elle et poussa encore plus fort. Petit à petit, ils stoppèrent la progression négative et purent même inverser la tendance. Hermione l'entendit murmurer entre ses dents « vous ne l'aurez pas, elle est à moi ». Pas à pas, ils pénétrèrent un peu plus dans la cité ancienne. Tous deux étaient à bout de force et Drago se sentait faiblir. C'était un peu comme le tire à la corde dont le prix n'était pas un bain de boue, mais son amazone et il ne la lâcherait pas ! Ho non ! En aucun cas.
Du coin de l'œil, il put voir qu'ils arrivaient en face d'un couloir perpendiculaire.
-Allez ma
belle, encore un effort, on y est presque.
-J'en peux plus
Drago, supplia-t-elle.
-Courage, fais mois confiance, un dernier
effort, pousse sur tes jambes…
En quelques secondes ils arrivèrent au croisement et Drago, à bout de forces, se jeta sur le côté, entraînant avec lui la gryffondor complètement exténuée. Les Morgoles ne surent alors vers quel point diriger leur magie, ils avaient perdu le contact avec la future reine ! Les sons des cors retentirent dans toute la structure une nouvelle fois et l'agitation morgolienne se fit sentir de toute part. Hermione, allongée sur le côté, face à Drago tentait de rependre son souffle.
-Allez, ce n'est pas fini, nous ne sommes pas à l'abri, relève toi, lui murmura-t-il le plus doucement possible.
Elle s'exécuta, aidée une fois de plus par son sauveur et se laissa conduire, peu consciente de l'endroit où il l'emmenait. Arrivés à la source, ils purent enfin se reposer. D'un même mouvement, ils se laissèrent tomber à genoux et complètement essoufflés. Au bout de quelques secondes, Hermione retrouva ses esprits.
-Et la
torche, haleta-t-elle.
-Elle est dans les couloirs, nous irons la
rechercher lorsqu'ils se seront un peu calmés.
-Alors on
a réussi ! S'extasia la rouge et or.
-Oui, mon amazone,
on a réussi, mais tu sais que t'es une grande mal…
Le
serpentard n'eut pas le temps de terminer sa phrase, la jeune femme
lui sauta au coup avec un tel enthousiasme qu'elle le fit basculer
en arrière et se retrouva allongée sur lui, le serrant
dans ses bras.
-Merci Drago merci ! cria-t-elle, au bord des
larmes de joie.
-He ho ! Rigola-t-il ! Du calme. Je sais que tu
rêvais de me sauter dessus depuis un moment mais j'suis vanné
là ! Le serpentard plaisantait, mais pris dans l'euphorie du
moment, il la serra contre lui, trop heureux de la savoir en
sécurité.
Réalisant ce qu'elle était en train de faire, Hermione se recula et plongea son regard dans celui de Drago en lui murmurant un nouveau « merci » venant du fond du cœur et se releva sans rencontrer de résistance.
Elle avait les pommettes des joues de la même couleur que leurs petits fruits et baissa les yeux un peu gênée. Ce n'est pas tant la proximité de leurs deux corps qui l'avait émue, mais plutôt ce qu'il venait de faire pour lui sauver la vie. En la prenant dans ses bras, il avait risqué de se faire happer en même temps qu'elle et puis surtout, malgré le danger de la situation, elle s'était sentie tellement en sécurité que ç'en avait été déroutant. Il n'était pas si lâche qu'elle le pensait finalement.
Ils s'allongèrent à même le sol, côte à côte et se remirent de leurs émotions petit à petit. Puis Drago se tourna vers son amazone :
-T'es dingue !
-Alors, tu crois
encore qu'on ne peut pas sortir d'ici ? lui rétorqua-t-elle
sur un ton mêlant le défit et l'autosatisfaction
?
-Hum ! Avec toi, tout est possible, reconnut-il.
-Alors, j'ai une info pour toi. Demain, on ne sera plus dans cet enfer !
Alors que les yeux de Drago s'exorbitaient, il ne se doutait pas de ce qu'il se tramait à la surface, aussi bien dans sa famille que dans celle d'Hermione.
Pour Lucius Malefoy, il n'y avait aucun doute possible, son fils n'était pas un lâche et n'avait pas fui. Il tentait de tout mettre en œuvre pour convaincre son maître dont le scepticisme ne semblait pas vouloir changer.
-Ton rejeton n'a pas accompli
sa mission obligeant Rogue à se démasquer. Le vieux fou
est peut être mort, mais il n'empêche que le jeune
Potter est encore en vie et représente toujours une
menace.
-Mais maître, je suis persuadé qu'il est
tombé dans le monde des Morgoles, minauda Lucius. Ses traces
disparaissent là où le portail a dû être
activé. Il faut négocier.
-Et pourquoi
négocierais-je pour obtenir la libération de ton fils !
C'est un lâche et je ne suis pas certain de le vouloir dans
mes rangs.
-Mon fils n'est pas un lâche, Maître. Il
est simplement un peu jeune. Laissez-lui une chance de vous prouver
sa loyauté.
-Il suffit Lucius ! Je ne t'ai pas sorti de
ta sordide prison pour t'entendre geindre à tout bout de
champ. Pour l'instant je n'ai pas besoin de lui. Nous devons
rester discrets vis-à-vis des Morgoles je te rappelle. Tant
que je n'aurais pas vaincu Potter, nous ne serons pas en mesure de
les affronter. Je veux leur collectif ! Hurla Voldemort à bout
de patience. Je le veux et je l'aurai quoi qu'il en coûte.
Pour l'instant continuons à leur donner ce qu'ils
demandent. Nous aviserons par la suite pour ton peureux de
mioche.
-Bien Maître.
Au même moment, à Poudlard, Ron et Harry rédigeaient une lettre aux parents d'Hermione pour leur expliquer l'avancement de leurs recherches et leurs espoirs évanouis. Dès la disparition de leur fille, les Granger avaient émi le souhait d'organiser des funérailles pour faire leur deuil, mais Ron les en avait dissuadé, leur demandant un peu de temps pour la retrouver. Aujourd'hui, le rouquin rédigeait les phrases les plus difficiles de toute son existence. Il leur demandait d'organiser l'enterrement de celle qui avait emmené son cœur au fin fond des enfers.
Cet acte, même s'ils ne disposaient pas du corps, semblait primordial pour que chacun puisse retrouver la paix de son âme. C'était le moyen de lancer un dernier adieu, tous réunis, autour de la mémoire d'Hermione Granger, enlevée par des Morgoles et disparue à tout jamais dans les profondeurs abyssales des mondes engloutis. Seul ce rituel leur permettrait d'aller de l'avant. Ron s'était laissé convaincre par l'ensemble de ses amis et surtout par la fameuse lettre reçue quelques heures plus tôt. Ginny, sa petite sœur, avait besoin de tracer un trait sur la complicité avec sa meilleure amie, les parents d'Hermione méritaient de trouver le repos, ça n'était pas une vie de rester dans l'attente d'une nouvelle extraordinaire qui ne viendrait jamais. Et la mémoire de la jeune femme elle-même s'en trouvait entachée, son âme ne bénéficiait pas du repos et du respect qu'elle méritait tant qu'ils ne la laisseraient pas partir.
La date fut fixée pour le soir même. Pourquoi une telle précipitation ? Parce que tous en avaient besoin. Les grands-parents d'Hermione allaient repartir dans leur …cosse natale et il fallait qu'ils puissent eux aussi dire au revoir à leur petite fille.
Le cortège funèbre suivit donc un cercueil vide. La cérémonie se déroula dans le respect des coutumes moldues pour la famille d'Hermione. Ron et Harry déclamèrent un poème très émouvant, le survivant finissant les dernières lignes de Ron qui se laissa submerger par l'émotion et ne pût continuer. Les Weasley au grand complet étaient présent et tous lancèrent une rose blanche dans la fosse où Hermione ne reposera jamais. C'était peut être le plus dur, de savoir qu'en réalité son corps était encore en vie et torturé quelque part alors que son esprit, asservi, n'existait plus.
A la fin de la journée, tous se séparèrent et les sorciers se regroupèrent au terrier pour finir le rituel à la façon « sorcier ». Des petits lutins enchantés écrivirent dans le ciel le nom d'Hermione Granger et finirent en dessinant sa silhouette qui s'évapora peu à peu dans les airs en leur faisant un signe de la main accompagné d'un sourire chaleureux. L'émotion fut à son comble à ce moment là. Hermione venait définitivement de sortir de leur vie. Il leur fallait désormais aller de l'avant.
