Désolée pour l'attente, mais maintenant les posts vont s'espacer beacause nouveau travail !!! alors je n'abandonne rien, j'y travaille, ne vous inquiétez surtout pas, mais on va plutôt partir sur 15 jours 3 semaines entre deux chapitres... Si je peux faire plus tot, je le ferais, c'est promis !
Je remerci Moulouchon qui lutte activement et courageusement contre mes innombrables fautes d'orthographe et Yvyleewoods, ma beta-reader qui me permet de rester sur les rails !!! merci à vous deux !!!!
ALLIANCE
L'après-midi, les gryffondors s'étaient donné rendez-vous à Pré-au-lard, près de la cabane hurlante pour organiser leur plan d'action. S'aérer un peu leur ferait à tous un grand bien. En allant les rejoindre, Ron restait prostré dans ses pensées. Une foule de sentiments se bousculaient en lui. Il déambulait tel un fantôme errant, les mains dans les poches, regardant les autres, rire et ressortir de chez Zonko les bouches pleines de confiseries, d'un air écœuré. Toute cette liasse le répugna. Il oublia le rendez-vous prévu avec les autres et s'éloigna du village pour s'isoler. Il avait besoin de réfléchir à l'erreur qu'il avait commis cette nuit avec Patricia… l'erreur ? et pourquoi cela après tout ?
Il avait rêvé de cet instant depuis qu'il avait remarqué qu'une fille avait certains atouts que ses meilleurs amis masculins n'auraient jamais. Evidemment, il aurait souhaité partager sa première foi avec Hermione, mais après tout, elle ne l'avait pas attendue elle non plus. D'accord son choix avait été limité, mais les faits étaient là, quel avenir auraient-ils ensemble maintenant que Malefoy l'avait touchée ?
« Alors chérie ? c'est qui le meilleur ? Malefoy ou moi ? ». Ron grimaça de dégoût à cette image. Il aurait aimé l'avoir en face de lui pour lui crier qu'elle le répugnait de s'être laissée touchée par Malefoy, mais il n'avait moralement pas le droit de le faire. Plus il y pensait, plus il sentait une haine indescriptible grandir à lui. Il voyait d'ici le visage victorieux de Malefoy… Et bien quoi ? lui aussi aurait de quoi riposter et ne pas se laisser rabaisser. Ils n'avaient pas le monopole de la perte de virginité !
Son esprit semblait aussi désordonné que le tas de feuilles mortes balayé par des rafales de vent. Il sentait son cœur se remplir d'une sorte de goudron gluant dans lequel il s'empêtrait un peu plus à chaque seconde passée à ressasser cette histoire. Il ne devait pas y penser plus que de raison. Pour l'instant, qu'elle ait couché avec Malefoy ou pas, il fallait la sortir de là. Elle n'en restait pas moins Hermione, sa meilleure amie et elle était dans une galère sans nom. Il ne pouvait pas la laisser là-bas. Quoi qu'il s'était passé avec Patricia, il fallait le mettre entre parenthèse.
Ah ! Patricia elle était
si… si belle. Il se sentait un autre homme à ses côtés.
Elle ne voulait pas épater la galerie par ses formidables
connaissances, ne cherchant rien à prouver à qui que ce
soit et surtout, elle ne s'extasiait pas devant le grand, le
merveilleux, le fabuleux Harry Potter. Pour la toute première
fois, elle l'avait remarqué lui, Ronald Weasley. Non pas
parce qu'il était l'ami du survivant, mais juste pour
lui.
Il s'emporta tout seul et frappa très fort dans un
cailloux ayant eu le malheur de se trouver sur son chemin, dérangeant
ainsi un couple de proctusbibes (sortes de petits écureuils)
en pleine récolte pour leurs provisions hivernales. Ses
derniers laissèrent tomber les quelques glands qu'ils
portaient tant bien que mal, maudissant ce grand machin à la
pelure horriblement rousse. Monsieur Proctusbibes aurait bien montré
à jusqu'où un membre de son espèce pouvait
mordre, mais Madame Proctusbibes jugea qu'ils avaient mieux à
faire et lui baragouina quelque petits mots pas vraiment doux dans sa
langue, avant de lancer un regard méprisant à leur
agresseur. Mais Ron ne s'en formalisa pas, se renfrognant un peu
plus.
« Même les animaux ont plus de chance que moi niveau amour ! ». A ce moment là ce n'est pas ce qu'aurait dit Monsieur Proctusbibes, dont la femme couinait toujours dans ses petites oreilles pointues. Il aurait adoré être célibataire, mais ça personne ne le saura jamais, surtout par Ron, toujours perdu dans ses pensées.
C'était vrai quoi, une nouvelle fois, il devait mettre ses désirs entre parenthèse et occuper le second plan au lieu de vivre pleinement sa vie et surtout sa nouvelle relation avec Patricia. Mais il n'eut pas le temps d'approfondir ses réflexions, deux voix familières lui parvinrent soudain très clairement au détour d'une formation rocheuse. Il s'immobilisa contre la paroi et tendit l'oreille, surpris d'entendre ces deux protagonistes ensembles. Minerva Mcgonagall « discutait » avec Lucius Malefoy.
-Je suis surpris que vous ayez accepté
cette rencontre ! décréta Lucius avec
véhémence.
-Auriez vous donc oublié de quelle
maison je suis ? lui lança-t-elle avec fierté et
détermination.
-Ho non ! Soyez-en certaine. Mais venons-en
au vif du sujet, cette conversation m'importune au plus haut point.
Ce fameux carnet indique bien que mon fils est vivant n'est-ce pas
?
-Vous êtes donc au courant ! s'indigna la
Directrice.
-Les nouvelles vont vite, cracha l'homme.
-Le
sort de votre fils vous inquiète donc. Ce sera bien la
première fois Monsieur Malefoy.
-Comment osez-vous ? J'ai
toujours consacré une énergie énorme pour que
son éducation soit parfaite.
-Alors nous n'en avons pas
la même conception, lui répondit fermement la
Directrice.
-C'est évident. Quoi qu'il en soit, mon
fils est coincé dans cette dimension avec cette sang de
bourbes et je compte bien l'en sortir.
-LES en sortir !
Surenchéri Minerva, sans relever l'insulte qu'il venait de
proférer contre l'élève de son ancienne
maison, ne voulant gaspiller son énergie inutilement.
-S'il
ne l'a pas tué… lança un Lucius plein
d'espoirs.
-D'après le journal que nous avons reçu,
ça n'est pas le cas, bien au contraire. Riposta fièrement
l'enseignante avant de rajouter : Votre fils semble se dissocier de
plus en plus de la formidable éducation que vous voulez lui
inculquer coûte que coûte. Il devient un homme et pense
par lui-même. Maintenant que le tribunal vient de le juger
innocent dans le meurtre de Dumbledor, peut-être se
rangera-t-il dans le droit chemin, lui lança-t-elle alors sur
un ton de défi.
-Et grâce à qui croyez vous
qu'un tribunal a fermé les yeux sur notre intrusion dans le
château en juin dernier ! Drago saura parfaitement à qui
il devra reconnaissance.
-Peut-être. Mais dites moi Monsieur
Malefoy, comment va Madame ? Lança-t-elle sur un ton de défi
méprisant.
Le visage de son interlocuteur se ferma
brusquement. Comment osait-elle le juger ? Après leur capture
lors de la perquisition au manoir, Lucius était parvenu à
s'enfuire, laissant sa femme derrière lui, assumer à
elle seule la totalité de leurs actes. Mais de quel droit
cette sorcière de bas étage le jugeait-elle ? Il était
bien plus utile au seigneur ici qu'en prison et Narcissa le savait.
Il avait échappé à ses gardes de justesse, ne
pouvant l'emmener. Mais elle comprendrait, oui, elle le savait.
De
toute manière, la question n'était pas là.
Aujourd'hui il avait besoin de son fils et devait le ramener. Il
savait comment activer le portail, mais devait connaître le
contenu de ce fichu journal pour mieux appréhender la
situation.
Ron était perplexe. Pourquoi Mcgonagall prenait-elle le temps de discuter presque cordialement avec ce mangemort ? En réalité, s'il avait jeté un cou d'œil à la scène, il aurait pu voir que l'un comme l'autre tenait sa baguette fermement devant lui pour parer un éventuel mauvais sort.
-Alors ? Repris Malefoy senior.
Que pensez-vous de ma proposition ?
-C'est très simple.
Je refuse. Débrouillez-vous pour ramener votre rejeton si vous
en avez tellement envie. Je sais pertinemment ce qu'il en coûte
de s'allier à l'un d'entre vous. Bluffa
Mcgonagall.
Lucius répondit par un sourire satisfait, repensant à la trahison de Rogue.
-Vous n'arrivez
jamais à actionner le portail vers l'autre dimension sans
moi.
-C'est bien ce que l'on verra. Affirma la Directrice,
déterminée comme jamais.
Lui lançant un dernier regard méprisant, il disparu en transplannant.
Ron entendit Minerva Mcgonagall souffler de soulagement et jaillit de derrière son rocher pour lui demander des explications, mais elle ne lui laissa même pas l'occasion d'ouvrir la bouche.
-Je ne retirerais pas de points à gryffondor pour cette fois-ci Monsieur Weasley, mais croyez bien que l'envie de vous botter les fesses me démange.
Les yeux de Ron s'exorbitèrent devant la familiarité de ce langage qu'il pensait impossible de la part de cette femme si respectable.
-Madame la Directrice je…
-Vous avez été
aussi discret qu'un magyard à pointe chez Fleury et Bott !
Mais je suppose que vous vous êtes simplement trouvé au
bon endroit au bon moment !
-Oui.
-Alors vous avez tout entendu
et compris la situation n'est-ce pas ? Ron affirma d'un signe de
tête. Gardez le pour vous, de mon côté, je vais de
ce pas prévenir l'ordre du Phénix. Et elle transplana
laissant un Ron gobeur de mouches en plein milieu de la forêt.
Il rebroussa le chemin pour aller en informer les autres et les trouva à l'endroit prévu. Ginny se blottissait dans les Bras de Harry et Neville faisait les cent pas alors que Patricia se reposait sur un rocher, l'esprit rêveur.
-Ron ! s'exclama Ginny, où étais-tu passé ?
Le jeune homme lança d'abord un regard inquiet à Patricia qui lui fit comprendre en un sourire qu'elle allait bien. Rassuré, il débuta le récit de son étrange rencontre. Mais quelques minutes après, des brindilles craquèrent. Tous sortir d'un mouvement leur baguette, prêt à parer une attaque et redoublèrent de concentration en voyant l'origine du bruit. Cinq serpentards se dirigeaient vers eux, leur baguette également prête à l'emploi.
-Dégagez
! leur cria Harry, vous n'avez rien à faire ici.
-On se
calme le balafré ! Attaqua Pansy Parkinson, entouré des
deux idiots de Crabe et Goyle, Millicent Bullstrode et d'une fille
de première année. Nous venons vous proposer une
alliance.
Les gryffondors échangèrent des regards perplexes et inquiets à la fois. Pansy prit alors les devants, n'ayant que peu de temps à perdre avec eux.
-Bon,
on sait maintenant que Drago et la sang de bourbe sont coincés
ensemble.
-Ne l'appelle pas comme ça ! hurla Ron en
s'avançant, l'œil menaçant, en direction de la
vert et argent.
-Stop ! Laisse-là parler s'interposa
Harry. Si elle arrive à se contenir, poursuivit-il en lançant
un regard mauvais envers la chef de la petite bande. Cette dernière
eut un sourire vicieux et reprit sans même prendre la peine de
s'excuser.
-Nous vous proposons de nous unir pour les sortir de
là. Lança-t-elle.
-Pourquoi nous ferions vous
confiance ? Questionna Ginny avant de rajouter : et qui vous prouve
que nous allions tenter quoi que ce soit.
-Allons allons
Weasley en jupons… Reprit Pansy sur un ton méprisant. Vous
et moi savons que vous allez tenter quelque chose. D'autre part,
nous avons certaines informations qui pourraient vous servir.
-Et
pourquoi cette bonté d'âme ? La coupa Harry.
-Nous savons comment ouvrir le portail vers les souterrains morgoliens. Répliqua fièrement Pansy sans même se soucier de la question de Potter.
Cette phrase tomba comme un stupefix général dans un match de quidditch. Désormais tous étaient suspendus à ses lèvres.
-Nous savons comment ouvrir le portail, mais cela ne nous avance à rien pour l'instant. Nous n'avons pas le fameux journal et nous savons que la Directrice vous l'a donné, enfin c'est ce qu'elle a laissé sous-entendre hier soir. Nous ne savons pas où les chercher ni comment se défendre face aux morgoles. Peut-être avez-vous pu obtenir des informations intéressantes de votre côté ?
-ça
se pourrait répondit Harry toujours la baguette levée,
plus suspicieux que jamais. Mais ça ne répond pas à
ma première question. Pourquoi devrions-nous vous faire
confiance ?
-Par-ce-que… commença à s'impatienter
Pansy avant de reprendre une bonne respiration pour reprendre son
calme, je veux retrouver Drago et que seuls, nous n'y arriverons
pas. Alors nous vous proposons une trêve. Mais attention, pas
de copinage, compris ? Une seule trêve jusqu'à ce que
nous les retrouvions et ensuite tout le monde reprend le cours de son
existence.
-Une seconde. Décréta le survivant.
Les gryffondors se ressemblèrent pour échanger leurs impressions. Il fallait admettre qu'ouvrir le portail, c'était tout ce qui leur manquait. Alors… au bout de quelques minutes :
-Très bien, reprit Harry, alors nous allons tous formuler un serment inviolable assurant de ne pas faire de coup bas, de tout faire pour tenter de sauver Hermione Et Drago quoi qu'il arrive et que tout ceci restera entre nous. Il attendit quelques secondes avant de rajouter : Alors ?
Pansy prit le temps de réfléchir sans consulter ses partenaires qui semblaient plus absorbés par le sac de friandises qu'ils venaient d'acheter que par l'instant présent.
-ça me semble correcte, lança-t-elle alors qu'enfin les deux gardes du corps semblaient vouloir se révolter, mais elle ne leur en laissa pas le loisir : « La ferme, si Drago apprend que vous n'avez pas fait tout ce qu'il faut pour le sauver, vous savez ce qu'il vous attend ». Ils baissèrent la tête et se laissèrent enrôler.
-Et
elle c'est qui ? interrogea Ron en montrant du doigt la première
année, impassible derrière ses aînés dont
le regard montrait une détermination sans faille, peu courant
pour une serpentard.
-C'est grâce à elle que l'on
sait ouvrir le portail. Alors on le prête ce serment ?
-Pas
maintenant. Répondit Ginny. Ici, ce serait trop risqué.
Ce soir, la salle sur demande. Vous connaissez ?
-22H ? ça
ira ? Interrogea le cerveau de la bande.
-22H. Affirma Harry.
Les
cinq serpentards firent demi-tour, laissant derrière eux des
gryffondors perplexes.
-Faire confiance à Pansy Parkinson
et s'allier avec elle, maugréa Neville… C'est de la
folie pure.
-Nous n'avons pas le choix. Lui répondit Ron
en les regardant s'éloigner.
Si un plan commençait à s'élaborer à Poudlard, dans les entrailles du monde, la situation était bien différente. Hermione n'osait plus regarder Drago et encore moins le fameux miroir qu'il contournait pour voir les dernières nouveautés.
-Alors
? lui demanda-t-elle anxieuse.
-Alors y'a plus personne. Vu la
lumière, ce doit être le milieu de la journée.
Puis
Drago revint à côté de son
amazone.
-Hermione…
-Oui ?
-Hermione je regrette.
La
jeune femme détourna un regard fataliste.
-Je sais.
Et oui, elle s'était attendue à cette phrase. Peut être pas si vite. Il aurait quand même pu en profiter un peu plus non ? Mais elle savait que Drago Malefoy n'était l'homme que d'une nuit.
-Non, attends. Je ne regrette pas d'avoir couché avec toi, c'était… très bien. Il remarqua alors une légère nuée rose sur les pommettes de sa partenaire. Non, je regrette car j'aurais dû te dire que la vengeance n'est jamais une solution. J'ai passé ma vie à vouloir me venger et regarde où ça m'a conduit. La haine que j'ai eue envers Potter, ça ne m'a rien apporté de bon. Et je suppose maintenant que tu ne te sens pas mieux.
« Moi je ne regrette rien », voilà
ce qu'elle aurait aimé lui dire. Mais à la place elle
ne bafouilla qu'un
-Exact.
Il fut évidemment déçu de la réponse et se rassit sur le lit.
-Mais dis-moi…
reprit Hermione. Pourquoi tu déteste tellement Harry ? Que tu
me détestes moi à cause de mes origines, c'est
inadmissible, mais même écœurante, c'est une raison…
mais d'après tout ce que tu m'as dis ici, tu ne tiens pas
profondément à entrer au service de Voldemort alors
pourquoi n'as-tu pas aidé Harry dans sa tâche ?
-Alors
d'un, je ne t'ai jamais détesté, de deux, c'est
la faute à Saint-Potter si nous en sommes arrivés
là.
-Tu ne me détestais pas ? S'étonna-t-elle.
Alors pour toi « sang-de-bourbe » et toutes les insultes
et humiliations que tu m'as fait subir, c'était de l'amour
?
-Ah mais merde enfin. J'ai déconné ok ? Tu
connais mes opinions… Dans chaque école, y'a un bouc
émissaire ! C'est comme ça, et toi tu étais
toute désignée pour ça. Tu étais
d'origine moldue et chez les serpentards, c'est une cible facile,
ensuite tu ne soignais pas particulièrement ton apparence, tu
ne jures que par les livres et tu fayottes devant les profs !
Remets-toi en cause deux secondes enfin.
-Et bien quoi ? Je ne
reviendrais pas sur le fait des origines, mais vouloir être une
bonne élève est si mal pour toi ?
-Non mais attends
! Entre vouloir étudier et vouloir répondre à
tout à un tel point que tu t'effondres lorsque tu n'as pas
un « optimal »…
-Il n'empêche que… elle
allait lui confier qu'il l'avait blessée, profondément
blessée, mais elle ne put tout de même pas aller jusque
là.
-Et puis à ton avis, pourquoi certains en
écrasent d'autres ? C'est tout simplement pour se donner
l'importance qu'ils n'ont pas.
Hermione lui lança
un regard complètement étonné. Drago Malefoy
venait-il de se rabaisser volontairement ?
-Pour répondre à
ta seconde question, changea-t-il très vite de sujet, c'est
Harry qui a refusé de saisir la main que je lui tendais. Moi
j'aurais été ravi d'être ami avec le célèbre
Harry Potter. Imagine s'il avait été à
serpentard… nous aurions pu faire la loi dans Poudlard. À
Onze ans, j'étais très loin de me douter que mon père
était un mangemort. Et oui, crois moi. Il jouait tellement
bien son rôle de repentir, même à la maison… que
ça en était troublant. Je pensais simplement que nous
étions une famille riche et puissante, influente et qu'il
fallait que je m'entoure des meilleurs pour réussir. C'est
bien tout.
-Et quand as-tu compris qui était ton père
?
-En fin de cinquième année.
-Quoi ? pas plus
tôt ? mais alors pourquoi as-tu servi Ombrage ?
-Pour nuire
à Potter, Weasley et toi ! et puis j'ai vite compris que
pour avoir des privilèges, il suffisait d'abonder dans son
sens. Lorsque Potter criait sur tous les toits que Voldemort était
de retour, franchement j'ai cru une nouvelle fois qu'il voulait
faire son intéressant et attirer l'attention sur lui. Et
puis je n'ai remarqué aucun changement au manoir… Je…
A cet instant, Drago prit conscience de la naïveté dont il avait pu faire preuve. Tout était sous ses yeux, l'anxiété de son père le soir de la finale du tournoi des trois sorciers, le voyage en Europe qu'on lui avait offert avant d'entrer en sixième année et l'interdiction de rentrer pour Noël…
-Mais quel crétin ! Il se laissa tomber en
arrière la main sur le front.
Hermione ne trouvait rien à
dire.
-Ensuite, j'ai été confronté
brutalement à la réalité lorsque mon père
a été arrêté. Et j'ai été
investi de cette fameuse mission pour prouver ma loyauté…
J'ai pas eu le choix. Dès lors j'ai subi l'entraînement
pour être mangemort. On m'a ensuite annoncé que je
devais épouser Pansy plus tôt que prévu. Et…
Hermione, je n'ai pas hésité à tuer Dumbledore
par ce que c'était « mal », mais j'ai
simplement été lâche. Crois-moi, si j'en avais
eu le courage, je l'aurais bel et bien tué pour tirer mon
épingle du jeu, mais j'ai été trop lâche
pour le faire. Et maintenant que j'ai disparu… je ne sais même
pas si ma famille a été punie pour ma lâcheté
ou pas… il ne put finir sa phrase. Son visage se figea dans une
expression de souffrance et un orage assombrit son regard,
l'obligeant à stopper toute conversation. Il se terra dans
le mutisme, rageant contre lui de se sentir si faible en ce moment,
mais parvenant malgré tout à sauver les
apparences.
Hermione fut touchée par toutes ses déclarations, pas de jeu, pas de masque, juste lui. Un homme avec ses erreurs, ses faiblesses à l'état brut, ses craintes et ses angoisses… lui. Elle se mit à califourchon sur ses genoux sans trop réfléchir à ce qu'elle faisait, après-tout, ils avaient coucher ensemble, elle pouvait se permettre un rapprochement non ? Elle put ainsi l'obliger à la regarder.
-Tu n'es pas un lâche Drago. Tu m'as sauvée, tu as décidé de te sacrifier pour ne pas que je reste seule ici. Tu n'es pas un lâche. Tu m'entends ? Et ta famille va bien. Avant la rentrée, ils n'avaient pas été victimes de Voldemort et ton père est même sorti de prison puisque les Détraqueurs nous ont trahis. Je ne vais pas faire l'hypocrite, je trouve ceci révoltant, il doit payer pour ses crimes, mais il est en vie. Alors tu es tout sauf un lâche et je ne te remercierais jamais assez pour ce que tu as fais pour moi.
Elle finit par l'enlacer pour le consoler du mieux qu'elle le put. Drago se laissa docilement faire, la tête calée sur la poitrine de son amazone. Il agrippa le dos d'Hermione pour la serrer contre lui et elle encercla sa tête dans ses bras, lui déposant un baisé sur le sommet du crâne. Jamais elle n'aurait pensée être si touchée par une telle confession qui n'était autre que l'expression de faiblesses et même de mauvaises pensées. Mais au moins, elle savait qui il était, indépendamment de tout ce qu'il pouvait dire et faire pour paraître le plus fort, il n'était vraiment pas sûre de lui, un enfant tiraillé entre l'amour qu'il portait à ses parents et le fils idéal qu'il ne voulait pas être, sachant ce que cela impliquait.
Drago se reprit quelques minutes plus tard. Il se rendit subitement compte qu'il était en train de se faire consoler comme un gosse par une gryffondor et chercha un moyen de se sortir de cette situation embarrassante sans trop de dommage pour son image. La position dans laquelle ils étaient sembla absolument parfaite.
Hermione sentit son amant se calmer petit à petit puis, étrangement, sa tête commença à bouger légèrement. Elle se rendit également compte de la position stratégique qu'il occupait mais ne voulut le lui faire remarquer, de peur de le vexer sur de quelconques intentions qu'il n'aurait certainement pas eues. Mais très vite, les mains de Drago se décrispèrent et commencèrent à caresser le dos nu de la rouge et or. Il frotta ensuite un peu plus sa joue contre le décolleter sur lequel il venait d'estomper sa détresse avant de dire :
-Hum… Granger tu es la meilleure épaule sur
laquelle j'ai pu pleurer !
-Espèce de raclure d'égout
lui lança-t-elle avant de le repousser si violemment en
arrière qu'il se cogna la tête contre le mur.
Alors que Drago se frottait le crâne en grimaçant, elle cala ses poings sur ses hanches, l'air très faussement courroucé. Pourquoi faussement ? Deux raisons essentielles : premièrement, elle savait parfaitement que sa réaction n'était qu'un mécanisme de défense, deuxièmement, c'est fou ce que ces simples caresses venaient de déclencher en elle. D'ailleurs, le serpentard ne mit pas très longtemps à remarquer son trouble. Il se redressa alors pour lui faire face et plaça son visage à quelques centimètres du sien. Hermione sentait son souffle chaud sur ses lèvres et n'avait qu'une envie, qu'il lui redonne un merveilleux baiser comme il savait si bien le faire. Une vague de frissons mêlée à un courant d'électricité statique fit naître de minuscules reliefs sur la totalité de son corps. Mais le petit démon voyait la situation bien autrement.
-Alors Granger ? Je te trouble ? Est-ce que par hasard, tu ne voudrais pas un baiser ?
Elle secoua négativement la tête. …videmment qu'elle en voulait un, mais pas pour satisfaire ses jeux malsains une nouvelle fois. Elle voulait qu'il l'embrasse pour l'aimer, pour lui exprimer un sentiment et non pour se vanter de l'avoir à sa botte.
-Tu en es certaine mon amazone ? Il se rapprocha encore et effleurait presque sa bouche entrouverte par le désir. Tu n'as que quelques centimètres à parcourir pour accomplir ton désir et qu'un seul mot à prononcer pour que je te refasse l'amour comme tout à l'heure… Il l'avait à sa botte, mais en même temps qu'il prononçait ces mots, il se haït lui-même. A quoi cela le conduirait de toute façon ? Et d'ailleurs, Hermione allait le lui faire payer et à la serpentard s'il vous plait !
Elle commença à glisser ses doigts dans la fine chevelure du beau blond, s'arrêtant la paume sur sa nuque…
-Et qui te dit que je te désire ? lui murmura-t-elle toujours aussi prêt de lui. Toi aussi tu crèves d'envie de m'avoir. Elle fit alors un petit mouvement en se soulevant de quelques centimètres avant de se rasseoir confortablement sur lui. Mouvement qu'il suivit presque en bavant.
-Alors Monsieur Malefoy, toujours pas tenté ?
Au diable la fierté se dit Drago, elle l'avait bien trop chauffé… Tel un taureau devant un tissu rouge, il voulut parcourir lui-même les derniers centimètres pour prendre possession de ces lèvres, mais des petits doigts se crispèrent à la racine de ses cheveux et entraînèrent sa tête en arrière lui arrachant un « aie aie aie aie »…
-Lorsque tu auras d'autres envies comme ça, rappelle toi ce que je t'ai dis tout à l'heure et pourquoi on a couché ensemble. Je ne suis pas celle que tu crois.
Et elle le lâcha en se relevant fièrement. Pas plus avancée sur la situation et toujours coincée dans cet enfer, mais par ce geste, Hermione avait repris le contrôle. Elle était fière d'elle, complètement frustrée, mais fière d'elle. Drago le prit avec humour. Décidément, elle le surprendrait toujours. Quel beau défit s'offrait à lui…
