Titre : Des surprises à la pelle.

Auteur : Patpat.

Bêta-lectrice : Mag-San.

Source : Gravitation

Genre : Yaoi, Shonen-aï, Mpreg

Rating : T

Paring : Yûki Eiri / Shindô Shûichi

Disclaimer : Les personnages ne sont pas les miens, ils appartiennent à Maki Murakami. Seule exception : Miri Johanson, rescapée de « Should I believe in Destiny ? » dans un rôle un petit peu différent…

Notes : Le deuxième chapitre est enfin sorti de ma petite tête, alors j'espère qu'il vous plaira. Je l'ai écrit sur un coup de tête même si j'avais l'idée de base depuis un bout de temps. Contrairement aux notes que je donne en début de chapitre et dans lesquelles je laisse accidentellement échapper quelques indices sur ce qui va arriver, je vais me contenter fermer ma grande gueule et vous inviter à lire mon travail et celui de Mag-San. Juste un gros bisous et des remerciements à tous mes lecteurs toutes fics confondues, et surtout à ceux qui prennent le temps de me laisser une petite review pour m'encourager. Je vous assure que ça me fait toujours énormément plaisir de lire vos messages alors ne vous arrêtez surtout pas !

Pensées en italique. Dialogues en gras.

Chapitre 2 : Aï shiteru.

Les vendredi et le samedi qui suivirent passèrent extrêmement rapidement, même trop rapidement, et ce aux yeux des deux amants qui devenaient de plus en plus nerveux. Pour Shuichi, parce qu'il savait d'hors et déjà que la soirée ne se passerait pas comme prévue. Et pour Yuki, qui avait du mal à cacher son excitation. Il n'avait jamais autant eu hâte de faire quelque chose pour quelqu'un ; étant donné qu'il s'agissait de faire une surprise à Shuichi, le blond supposait qu'il était simplement pressé de voir l'expression ahurie sur le visage de son petit ami quand le moment serait venu. Mais pour l'instant, il se contentait de lire le journal avec une canette de bière à la main en attendant que Shuichi ait fini de se préparer. Il était déjà 18h30 et le chanteur lui avait dit qu'il devait être au restaurant pour 19h. Yuki s'impatientait depuis plus d'une heure. Il est pire qu'une fille quand il s'agit de se fringuer… se lamenta-t-il intérieurement (1). Alors que l'écrivain se levait du canapé pour aller piquer une de ses petites gueulantes habituelles, Shuichi sortit de leur chambre, enfin prêt. En le voyant habillé comme il l'était, Yuki ne put s'empêcher de sourire : il était vraiment très élégant ce soir. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'avait pas perdu autant de temps dans la salle de bain pour rien ; en effet, sa tignasse rose était à peu près bien coiffée, même si de petites mèches rebelles tombaient de-ci de-là, lui donnant un air nonchalant qui lui allait bien. Il portait un pantalon noir avec une veste assortie, et en dessous, une chemise de soie d'un rouge bordeaux presque rosé. Et les petits détailles qui le rendaient vraiment sexy, c'étaient le ruban de la même couleur rougeoyante, attaché autour de son cou par une boucle argenté et les trois premiers boutons de sa chemises qui étaient ouverts. Instinctivement, Eiri se rapprocha de Shuichi pour le regarder de plus près. Il passa ses bras autour des hanches du jeune homme et déposa un petit baiser furtif sur ses lèvres.

T'es vraiment mignon, ce soir…

Tu le penses vraiment ?

Le blond acquiesça en plongeant son pénétrant regard ambré dans les yeux lavande de son amant, ce qui eut pour résultat de faire rougir ce dernier jusqu'aux oreilles. Soudain, Yuki fronça les sourcils en remarquant quelque chose qu'il n'avait pas vu au premier coup d'œil : Il a mis du khôl ? Ce gamin est vraiment trop débile ! Mais putain pourquoi ça lui va aussi bien ? Finalement, le romancier passa outre. Shuichi lui dit alors avec un grand sourire baveux :

Toi aussi t'es trop beau mon Yuki ! En fait t'es toujours beau, mais là, c'est encore mieux…

Les yeux de Shuichi brillaient comme des fars d'auto et on pouvait presque voir les petits cœurs qui flottaient tout autour de lui. Il fallait dire aussi qui la classe légendaire de SON petit ami avait de quoi faire tourner les têtes. Yuki était vêtu d'un ensemble veste et pantalon brun foncé, avec une chemise vert amande, elle aussi entrouverte jusqu'au troisième bouton, qui mettait en valeur ses magnifiques yeux dorés ; ces yeux que Shuichi adorait tant. Tirant le chanteur de sa contemplation béate, Eiri dit simplement :

Bon, on ferait bien de partir si on ne veut pas arriver en retard à ton restaurant.

XXX XXX XXX

Pour une fois, Yuki avait accepté de laisser le volant d'un de ses « bébés » au danger sur pattes qu'était Shuichi étant donné que ce dernier avait catégoriquement refusé de lui dire où ils allaient manger. Lorsque enfin ils arrivèrent à destination, le romancier dût admettre que Shuichi avait fait tous les efforts pour que la soirée soit réussie. Après tout, il avait réservé dans le meilleure restaurant de Tokyo. Il sentait poindre une pointe de culpabilité aux creux de son estomac pour avoir laissé son petit ami paniquer pour rien ces deux derniers jours, mais il la réprima très vite, sous souvenant de la très agréable façon dont il comptait se faire pardonner… Dès leur entrée, une hôtesse d'accueil s'occupa immédiatement d'eux. Elle les conduisit directement à une table près d'une baie vitrée qui donnait une très belle vue sur la ville déjà illuminée à la nuit tombée. La table était un petit peu à l'écart car entourée de plantes en pot et légèrement masquée par un grand aquarium, ce qui leur donnait un minimum d'intimité. En leur tendant la carte des vins, l'hôtesse n'avait pas hésité à mettre en valeur son décolleté aux yeux de Yuki, mais celui-ci l'ignora royalement, trop occupé à dévorer son compagnon des yeux. Shuichi, qui avait remarqué le petit manège de la jeune femme, ne put s'empêcher d'exprimer un sourire moqueur qu'il lança à celle-ci, l'air de dire « Il n'a d'yeux que pour moi ! Toi, tu fais pale figure à côté de moi ! Mon Yuki est GAY ! Nananère ! ».

J'ai déjà commandé les plats, mais je ne m'y connais vraiment pas en vins alors je me suis dit que ce serait mieux si c'était toi qui choisissais… expliqua Shuichi tandis que Yuki examinait déjà le document.

Tout dépend de ce qu'on a au menu. N'importe quel vin ne va pas avec n'importe quel plat…

Mmmh, je suppose que maintenant qu'on est là je peux te dire ce qu'on va manger en entrée et en plat de résistance… Une salade de poissons et de fruits de mer et en suite de la bavette de bœuf à la française avec son bouquet de légumes. Me demande pas pourquoi ils appellent ça à « à la française », mais ça faisait très exotique alors je me suis dit qu'après y avoir goûté, on se coucherait moins bêtes ce soir… plaisanta le jeune homme.

Yuki laissa paraître un petit sourire amusé avant de répondre.

Pour le poisson, il faudrait du vin blanc pas trop sec ni trop fruité. Et avec de la viande rouge, il faut du rouge : un bourgogne ou un bordeaux devrait faire l'affaire… jugea Yuki.

Shuichi l'observa avec admiration. Les yeux pleins d'étoiles.

T'es trop intelligent mon Yuki !

Ca, je le savais déjà, se contenta de répondre le blond avec un sourire en coin.

Tu m'apprendras à reconnaître les vins, mon amour ? Onegaï ?...

Non.

Pourquoi ? gémit Shuichi.

T'es trop jeune pour l'alcool.

Nani ! J'ai bientôt 21 ans ! Ca va faire un an que je suis majeur, j'te signale ! s'exclama Shuichi. Et puis, que tu le veuilles ou non, ce soir je boirai du vin avec toi.

Pas si je bois tout avant… répondit Yuki, amusé de voir l'air de défi sur le visage de son amant.

Non ! Ce soir je te veux totalement lucide ! Parce que je voudrais… Enfin… Je voulais te demander quelque chose.

La bonne humeur de Shuichi semblait s'être dissipée. En effet, repenser à la perte de la bague qu'il comptait offrir à Eiri lui rappelait à quel point il était idiot d'avoir mis en l'air toutes ses chances et d'avoir gâché la soirée avant même qu'elle ne commence. Se rendant compte de cela, le blond se pencha par-dessus la table et caressa du revers de sa main le contour de son visage. Surpris de ce geste tendre en public, Shuichi leva vers lui ses grands yeux violets et sourit timidement. Très vite, on leur apporta l'entrée avec le vin blanc qu'ils avaient commandé : ils mangèrent leur salade dans un silence quasi-total. Puis quand vint l'heure du plat principal, les langues se délièrent, du moins celle de Shuichi se délia sous l'effet de son unique verre de vin blanc. Il commença à raconter à son écrivain adoré comment s'étaient déroulés ses derniers jours d'enregistrement au studio. Puis il lui parla de la rupture entre Hiro et Ayaka. Arrivant à la fin du repas, juste avant que le dessert ne soit servi, Shuichi prit un instant de silence avant de prendre un air beaucoup plus sérieux. Yuki sût immédiatement que c'était le moment que le jeune homme avait choisi pour faire sa déclaration. Baissant timidement les yeux, il commença :

Tu sais, Eiri, quand j'avais décidé de t'amener ici, j'avais l'intention de te demander quelque chose… Je voulais que tout ce passe bien, mais rien ne s'est déroulé comme je l'avais prévu. Cependant, je vais quand même te poser ma question parce que je pense que si je ne le fais pas maintenant, alors je n'aurais jamais le courage de le faire et…

Mais il s'arrêta et le leva les yeux pour regarder son amant droit dans les yeux. Yuki l'observait tranquillement, tentant de cacher qu'il se doutait déjà de tout, puis avant que Shuichi ne reprenne, il dit :

Au fait, Shu, j'ai trouvé quelque chose qui pourrait t'intéresser. Il me semble que c'est à toi, puisque… Il s'interrompit pour tirer de sa poche un petit écrin de satin noir que Shuichi reconnut aussitôt. … Puisque je l'ai récupéré dans une poche d'un de tes vêtements…

Le blond tendit l'écrin à Shuichi qui rougit instantanément en le prenant. Puis, l'expression du visage du chanteur passa à la colère.

Yuki ! Tu savais depuis tout ce temps ! Tu savais que c'était ça que je cherchais, et tu ne me l'as même pas rendu ! En plus, tel que je te connais tu as déjà dû l'ouvrir et tu as vu ce que c'était ! s'exclama-t-il.

Je dois avouer que j'ai pris beaucoup de plaisir à te laisser mariner jusqu'à ce soir, admit le romancier.

Puis, Eiri se pencha en avant et susurra :

Tu veux m'épouser, mon cœur ?

Non ! bouda Shuichi.

Complètement déstabilisé par cette réponse, Yuki cligna des yeux quelques instants, avant de demander :

Pourquoi ?

Parce que c'est pas juste !

Ah ! Et qu'est-ce qui n'est pas juste ?

Pleins de choses ! s'exclama Shuichi, attirant l'attention de quelques autres clients dans la salle, rendant par la même occasion Yuki plus nerveux (2). T'as pas le droit de me le demander ce soir alors que c'était à moi de le faire ! Et t'as pas le droit de le faire avec MA bague !

Tu vas la fermer deux minutes, espèce de débile ! s'énerva Yuki.

Shuichi ne répliqua pas. Au bout d'un instant de silence, Eiri reprit brusquement l'écrin des mains de Shuichi.

Hé ! s'indigna le jeune homme aux cheveux roses, comme un enfant à qui on venait d'ôter sa sucette de la bouche.

Nanda ? T'en as pas voulu, alors je la garde ! Je pourrais peut-être l'offrir à l'hôtesse de tout à l'heure… Je la trouve plutôt jolie, pas toi ?

C'est moi qui l'ai payé, cette bague !

Je l'ai trouvé, alors elle est à moi. J'en fais ce que je veux.

Tant que je ne t'ai pas demandé en mariage avec, elle ne t'appartient pas ! Peut-être que je devrais l'offrir à Hiro au lieu de toi ! Au moins il est gentil, lui ! Oh non, je vais l'offrir à Tatsuha ou à Miri ; c'est super, j'ai le choix entre une version de toi en brun et une version de toi en fille…

Même s'il savait bien que Shuichi plaisantait, Yuki sentit son cœur se serrer dans sa poitrine à la simple idée que Shuichi lui préfère quelqu'un d'autre et le quitte. Mais il ravala cet horrible sentiment et avec un sourire assuré, il tira de son autre poche un écrin identique au premier et posa les deux petites boites côte à côte, devant Shuichi, au centre de la table.

C'est… Yuki… Est-ce que…

Oui, dans une de ses boites il y a l'alliance que TU as acheté, et dans l'autre il y a celle que je voulais t'offrir. Et puisque tu n'as pas ouvert celle que je t'ai donné, rien ne te garantie que c'est bien la tienne. Si tu choisis l'écrin où il y la mienne c'est moi qui fait ma demande et si tu choisis celui où il y a la tienne, c'est toi qui me demande.

Kuso ! jura intérieurement Shuichi en regardant avec appréhension les deux écrins. Maintenant, il était tiraillé entre la volonté de montrer à Yuki qu'il était capable de faire le premier pas pour une fois. Pour la première fois il sentait grandir en lui un sentiment d'orgueil ; il voulait prouver son amour avec cette demande. Mais d'un autre côté, il avait tellement attendu que son amoureux lui prouve aussi son amour en faisant cette démarche… C'était comme si son rêve se réalisait déjà. Même s'il savait déjà qu'ils allaient se marier puisqu'il dirait oui et à l'évidence Eiri aussi (sinon il n'aurait pas acheté une bague dans l'intention de la lui passer au doigt) il ne voulait pas passer à côté du plaisir de ce moment… Shuichi se mit donc à hésiter entre les deux petites boites de satin. Finalement, il opta pour celle de gauche, celle que Yuki lui avait donné en premier lieu, se disant que de toutes façons, le bonheur serait le même. Il prit l'écrin et l'ouvrit, avide de savoir. Immédiatement, il reconnut l'alliance qu'il avait acheté. Il montra donc fièrement le bijou à l'écrivain avec un large sourire aux lèvres.

On dirait bien que c'est moi qui aie gagné !

T'en es sûr ? demanda le blond avec un sourire satisfait.

Bien sûr que oui ! répliqua le chanteur, vexé d'être pris pour un idiot au point de confondre SA bague avec une autre.

Puis, prit d'un doute, il la regarda de nouveau, de plus près cette fois. Mais je suis vraiment idiot ma parole ! En effet, si au premier abord l'alliance semblait être celle qu'il avait acheté chez le bijoutier, il s'avéra qu'elle était légèrement différente : c'était le même anneau de platine mais l'or jaune des liserés avait été remplacés par de l'or rose. De plus, l'inscription à l'intérieur n'était pas la même. Il s'agissait d'une formule aussi sobre que son auteur : « Aï shiteru Shu-chan ». Les joues de Shuichi s'empourprèrent tandis que Yuki reprit l'écrin des mains de Shuichi et se leva pour faire le tour de la table. Arrivant du côté de Shuichi, il mit un genou à terre et tira la bague de sa petite boite qu'il rangea dans sa poche.

Tant qu'à faire, autant faire les choses comme il faut, non ? dit-il en réponse au regard médusé de son amant. Alors, Shuichi, tu veux bien m'épouser ?

Evidemment que je veux ! répondit le jeune homme dans un murmure à peine audible.

Yuki s'était attendu à voir Shuichi sauter de joie et lui crier son « oui » à tue-tête. Mais cette réponse si douce, accompagnée d'un sourire si sincère (pas baveux comme d'habitude… ) l'avaient ravi davantage. Il prit donc la main gauche de son fiancé et lui passa la bague au doigt. Puis le jeune homme à la chevelure fuchsia prit le visage du blond entre ses mains et l'embrassa avec tendresse.

C'est le plus beau jour de ma vie, tu sais, Eiri… chuchota-t-il entre deux baisers.

Mais pour moi aussi, Shu, répondit l'écrivain avant d'aller retrouver sa place.

Il prit ensuite l'écrin dans lequel demeurait l'alliance qui lui était destinée et l'ouvrit.

Quand je l'ai trouvé j'ai eu envie de la mettre aussitôt, confia-t-il. Mais je voulais aussi te voir la porter. Alors je suis allé t'en faire faire une aussi. Maintenant que tu as la tienne, je suppose que je peux avoir la mienne…

Là-dessus, il tendit l'écrin à Shuichi et ajouta :

Puisque c'est toi qui en as eu l'idée le premier, c'est à toi de me la passer.

Le chanteur sourit tout en s'empressant de sortir la bague de sa boite. Il prit la main de Yuki et, tout comme ce dernier l'avait fait quelques instants auparavant, il glissa l'anneau à l'annulaire du blond.

Les deux amants se fixèrent un long moment avec le désir brûlant de s'embrasser à en perdre haleine. Mais il furent interrompus par l'arrivée d'un serveur qui leur apporta le dessert : chacun une grosse part de shortcake à la fraise, la pâtisserie préférée de Yuki.

Une dizaine de minutes plus tard, le romancier et son petit ami, que dis-je, son fiancé, avaient quitté le restaurant. Au passage, notons bien que Shuichi n'avait pas omis de bien mettre en évidence son alliance devant l'hôtesse qui s'était chargée de leur accueil et avait tenté de séduire Yuki. La jalousie avait été clairement lisible sur le visage de la jeune femme et le jeune chanteur s'en était délecté. Une fois rentrés à la maison, les deux amoureux s'étaient laissés tomber sur le canapé du salon, Shuichi tranquillement assis sur les genoux de son futur mari, la tête nichée au creux de son cou tandis que l'écrivain le serrait contre lui.

Tu penses que ça fera plaisir aux autres de l'apprendre ? demanda le musicien, rompant le silence qui régnait dans l'appartement depuis leur retour.

J'pense pas que ce sera très apprécié par ma soeur et Seguchi, mais on s'en fout. Pour les autres, je pense qu'ils seront contents. Tatsuha et Miri le prendront bien je pense.

Miri est déjà au courant.

Nani ? Tu veux dire que ma cousine le savait avant moi, le principal concerné ? taquina Yuki.

Bah en fait, elle m'a vu en train d'acheter la bague… J'allais pas dire que c'était un cadeau pour ma mère, répondit son amant. Mais, tu penses que ton père…

Il va en faire une attaque et je serais enfin débarrassé, le coupa le blond en tira de sa poche son paquet de cigarette et son briquet.

Yuki ! C'est ton père ! Je sais bien qu'il ne me porte pas dans son cœur, mais j'aimerais au moins que les choses ne s'aggravent pas davantage.

Sinon quoi ? Tu refuseras de te marier avec moi ? se moqua Yuki après avoir tiré sa première taffe sur sa cigarette fraîchement allumée.

Non, bien sûr.

Et tes parents ?

Shuichi ne répondit pas. Yuki savait très bien ce qu'il en était entre le jeune homme et ses parents depuis qu'il avait lui-même confirmé aux médias que Shuichi et lui étaient amants, près de deux ans auparavant. Ils n'avaient jamais abordé le sujet, et en fait, Yuki n'avait même jamais été présenté aux parents de son fiancé, même s'il avait déjà rencontré la maman de celui-ci quelques semaines après leur première rencontre. La seule qu'il connaissait maintenant très bien était Maïko, la sœur cadette de Shuichi. Il la croisait à chacune de ses séances d'autographe et parfois, elle passait voir son frère à l'appartement ou rentrait avec lui du studio après y avoir passé l'après-midi avec lui.

Shuichi, tu devrais aller leur parler.

Et toi ? Tu ne comptes pas aller parler à ton père que je sache ! S'énerva brusquement le jeune homme en s'écartant de son amoureux.

Non, je n'irais pas parler à mon père, je me contenterai de lui annoncer notre mariage. Mais la différence entre toi et moi, c'est que toi et tes parents vous entendiez très bien avant que je ne rentre dans ta vie ! Moi et mon père sommes en froid depuis des années déjà pour des raisons que tu connais très bien. Tu sais que tu n'en es pas responsable. Alors que moi je suis responsable de la situation entre toi et tes parents.

Non ! Tu n'y es pour rien, le détrompa Shuichi avec fermeté. C'est juste qu'ils n'acceptent pas que je sois gay. Voilà !

Tu dois quand même aller leur parler, Shuichi, et mettre les choses au clair, insista Yuki. Et puis, ma famille te connaît, mais tu ne m'as jamais présenté à la tienne, lui rappela-t-il. C'est quelque chose que tu devras faire tôt ou tard, et le plus tôt seras le mieux, crois-moi.

Même si tu n'es pas responsable si je suis tombé amoureux de toi, il faut que tu saches que ma mère et surtout, surtout mon père te juge comme seul coupable. A les écouter, on pourrait presque penser que tu m'as transmis une maladie ou jeté un sort !

Yuki eut du mal à réprimer le fou rire qu'avait provoqué la dernière remarque de Shuichi ; il en avait presque fait tombé la cigarette qui se consumait au coin de ses lèvres.

C'est bon. Il m'en faudra plus pour me faire peur. Maintenant que je t'ai, je te lâche plus.

Il resserra son étreinte autour de Shuichi en déposant un baiser sur la tempe de celui-ci. Pour la première fois depuis longtemps, il était heureux. Et ça c'était uniquement grâce à Shuichi. Le jeune homme avait toujours dit que tout ce qu'il voulait c'était le rendre heureux et il y était parvenu. En y réfléchissant, Eiri se sentait chanceux d'être tombé sur Shuichi : c'était la personne la plus sincère, la plus douce et la plus adorable qui lui ait été donné de connaître. Et malgré son abominable caractère, les méchancetés qu'il lui avait lancé pendant près de trois ans, son horrible habitude de mettre Shuichi à la porte dès qu'il voulait être seul alors qu'après tout, cet appartement était aussi celui du chanteur, et en dépit de tous ses autres défauts qui lui donnait l'impression d'être un monstre sans cœur, Shuichi était resté auprès de lui et l'avait aimé malgré tout. Mais maintenant, ça va changer. Je dois lui rendre tout ce qu'il m'a offert. S'il n'était pas entré dans ma vie je serais sans doutes resté un connard égocentrique et taciturne, vivant en autarcie. Il m'a réappris à aimer, alors autant lui montrer qu'il est celui que j'aime. Bien sûr, en se faisant cette promesse, Yuki n'avait nullement l'intention de se montrer gentil avec quiconque autre que Shuichi. D'ailleurs, il savait qu'il faudrait encore s'habituer à ses nouvelles résolutions vis-à-vis du jeune homme. Mais il fallait bien qu'il y ait du changement s'il voulait que ça marche… Et s'il voulait adopter un enfant avec Shuichi. Après tout ce n'était jamais bon pour un enfant d'entendre ses parents se disputer. Et puis, il voulait vraiment rendre son amour aussi heureux que lui l'était. Soudain, Shuichi prit sa main gauche avec la sienne, tirant ainsi Yuki de ses songes.

Tu sais que, maintenant, tu es Shindo Eiri ? demanda-t-il, amusé.

Alors là tu peux toujours crever pour que je porte ton nom !

Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a mon nom ?

C'est le tien.

Et alors ? Justement.

C'est les femmes qui prennent le nom de leur mari, et je ne suis pas une femme, c'est clair !

Pourtant t'as crié comme une fille l'autre soir quand Tatsuha et moi on s'était mis des masques d'extra-terrestres pour Halloween, lui rappela Shuichi avec un sourire malicieux aux lèvres.

Redis-moi ça ! le défia Yuki.

Tu as crié comme une fillerépéta le jeune homme en insistant volontairement sur le mot « fille ».

Aussitôt, le blond renversa Shuichi sur le dos, le plaquant sur le siège du canapé pour mieux lui faire subir le juste châtiment des profanes ! La séance de torture à la chatouille. Le chanteur était tellement mort de rire qu'il en pleurait presque. C'est en voyant qu'il allait manquer d'air qu'il s'arrêta un instant.

Implore mon pardon.

Nan, veux pas, répondit le garçon aux cheveux roses, le souffle court.

Supplie ou je recommence.

Nan, tu ne commenceras pas parce que tu sais que moi aussi je peux te faire mourir de rire. Tu as l'air d'oublier que tu menaces ton futur mari, or je connais tous tes points faibles mon amour, lui fit remarquer Shuichi en se redressant sur ses coudes.

Tsss… T'as de la chance que je t'aimes, se contenta de répondre Eiri en se penchant sur son fiancé pour l'embrasser amoureusement.

Pendant plusieurs minutes, ils échangèrent des baisers passionnés, puis Shuichi murmura :

Je sais que j'en ai de la chance que ce soit moi que tu aimes. D'abord parce que t'aimes pas beaucoup de monde, puis parce que quand tu aimes, tu aimes vraiment.

Il embrassa encore un peu son amant avant que ce dernier ne rompe leur baiser pour susurrer :

Aï shiteru, Uesugi Shuichi.

Ndla : (1) Clin d'œil à mon petit frère de 15 ans qui met toujours plus de deux heures à se faire tout beau, tout propre ! Pour aller qu'il aille au collège, je le réveille à 6h et il trouve encore le moyen d'être en retard pour 8h30 ! (2) C'est bien connu que Yuki n'aime pas être le centre d'attention…

Notes : Alors ? C'était choupi ? J'espère que ça vous a plu. Dans tous les cas, laissez une tite review pour me dire ce que vous en pensez, que ce soit positif ou non. Cette fic a une grande valeur sentimentale à mes yeux alors n'hésitez à e dire si je prends un mauvais chemin… Kissous a tous et rendez-vous au prochain chapitre.

Lexique :

Onegaï : S'il te plait.

Nani : Hein ? De quoi ?

Nanda : Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?

Aï shiteru : Je t'aime.

Kuso : Merde