A ces mots Ron recracha la gorgée qu'il était en train d'avaler et tous se retournèrent lentement. Harry et Ron bondirent de leur chaise pour aller la prendre dans leurs bras. Le trio était enfin reconstitué. Des larmes et des cris de bonheur retentirent dans la pièce à en étourdir l'amazone qui avait perdu l'habitude de tant d'agitation. Mais dès l'instant où elle se retrouva avec eux, tout était comme si jamais elle ne les avait laissés. Rassurée, elle profita de cet instant inestimable car elle savait que ce n'était qu'un moment de calme avant la tempête. Elle savait que leurs retrouvailles ne suffiraient pas à tout oublier.

Bientôt Ginny les rejoignit dans leur étreinte. Patricia, elle, restait en retrait. Elle était heureuse pour eux évidemment, mais constater le bonheur de Ron lui faisait atrocement mal. Les quatre amis semblaient soudés au point de ne former qu'un cercle très fermé. Pourtant, Hermione prit un peu de distance et remarqua la présence de la jeune femme. Son estomac se resserra alors atrocement. Mais comment lui reprocher ce qu'il s'était passé entre elle et Ron ? Si quelqu'un était à blâmer, c'était bien lui. Elle décida alors de faire le premier pas alors que Patricia semblait absente, les yeux rivés sur le sol.

- Hermione, entendit-elle, l'obligeant à relever la tête pour regarder la main qui lui était tendue.

- Je m'appelle Hermione, enfin tu dois le savoir, lui répéta-t-elle sur le ton le plus amical qu'elle put.

- Patricia, répondit-elle, un peu étourdie, en serrant la main de sa rivale. Je… je crois que tu as laissé tomber quelque chose.

Hermione se retourna brutalement constatant avec effroi qu'il ne lui restait plus que l'enveloppe vide dans les doigts ; mais avant qu'elle ne puisse se baisser pour récupérer la lettre destinée à Drago, Ron avait saisi le petit bout de papier.

- Non Ron, rends-le moi. Et d'un geste irréfléchi, Hermione le lui arracha des mains, provoquant des regards perplexes dans l'assistance et installant un blanc extrême gênant. Les joues de la rouge et or s'harmonisèrent avec les couleurs de sa maison et elle se sentit obligée d'apporter une « justification ». C'est… enfin c'est personnel, un courrier personnel.

Patricia attendait les réactions. Elle savait que, depuis son arrivée, tous les courriers partant de ce « repaire » de l'Ordre du Phénix devaient être approuvés afin de vérifier qu'aucune information, même déguisée, ne pouvait conduire les Mangemorts en ces lieux. Non pas que l'un d'entre eux ne soit suspecté de trahison, mais parfois une information pouvait filtrer involontairement : le nom d'une personne, un sentiment de déception, ou au contraire de joie après la destruction d'un horcruxe… Chacune de ses lettres destinées à ses parents, pourtant oeuvrant aussi pour l'Ordre en France, était validée par plusieurs personnes. Les membres les plus importants de l'organisation eux-mêmes se faisaient relire entre eux, pour véritablement aseptiser la moindre ligne. Alors il en serait forcément de même pour celle-là. Elle assista donc avec une certaine délectation au ping-pong des regards, tout le monde se demandant qui aurait le courage de lui expliquer que maintenant, la notion « d'intimité » était devenue bien relative.

- Hermione, ma chérie, débuta alors Madame Weasley de sa plus douce voix en s'approchant d'elle. Il faut que tu comprennes maintenant que la guerre est déclarée. Nous estimons que Voldemort ne va pas tarder à passer à l'action. Nous avons tous décidé, et ce à l'unanimité, insista-t-elle, de tout partager et aucun courrier ne part d'ici sans avoir été « validé » par un ou plusieurs membres de l'Ordre. Tu comprends ma chérie ? C'est important…

Hermione se rembrunit, écœurée d'être observée comme un rat de laboratoire, ses sentiments et réactions disséqués en public. Elle sentit alors déferler la colère et un fort sentiment d'injustice. Cette nouvelle épreuve eut pour seule conséquence de lui faire ressentir l'absence de Drago. Qui étaient ces étrangers qui la jugeaient ? Qu'avaient-ils donc fait de ses véritables amis ?

- Vous voulez lire cette lettre alors ? demanda-t-elle sur un ton si offusqué que personne n'osa lui répondre de vive voix. Cependant, leurs regards ne laissaient trahir aucune échappatoire possible. Elle se tourna alors vers Ron et le regarda bien en face : « Et bien c'est une lettre à destination de l'homme qui m'a sauvé la vie tellement de fois que je ne les compte plus : Drago Malefoy ! »

Sa voix, pleine de hargne et de frustration était soulignée par les larmes de rage lui montant aux yeux. Comment avait-elle pu oublier ce qu'il lui avait fait ? Comment ces retrouvailles auraient-elles pu gommer d'un geste tout le ressentiment qu'elle avait éprouvé envers Ron, mais également envers ceux qui l'avaient laissée mourir là-bas.

Plus personne n'osait prononcer un mot. Patricia était de nouveau invisible. Sa remarque était tout à fait anodine et jamais elle n'aurait espéré meilleur résultat. Ginny se tenait à côté de Ron, son regard allant d'Hermione à lui, attendant lequel des deux allait exploser en premier. Harry était atterré par ce qu'il venait d'entendre et imitait Ginny à la perfection. Les parents se reculèrent d'un pas, comprenant que ces histoires ne les concernaient pas et qu'Hermione cherchait délibérément à provoquer un Ron bouche bée.

- Hermione… balbutia-t-il du bout des lèvres, ne comprenant pas pourquoi elle le trahissait d'un coup, devant tout le monde. Elle qui était si discrète et n'aimait pas se donner en spectacle, surtout lorsqu'il s'agissait de ses sentiments, elle n'aurait pu choisir meilleure phrase pour provoquer un cataclysme.

- Et bien quoi ? vous voulez tout savoir c'est ça. Alors je vous le dis. D'ailleurs, il faut que je réécrive cette lettre. En y repensant, elle ne correspond pas du tout au fond de ma pensée. Elle est bien trop impersonnelle et Drago mérite toute mon attention. Et bien quoi ? s'emporta-t-elle un peu plus alors que personne ne pipait mot. Vous avez déjà tous lu mon journal intime n'est-ce pas ? Donc vous savez ! Alors s'il vous plaît, enlevez tout de suite ce masque de pitié sur vos visages. Je n'en ai absolument pas besoin.

- Hermione, nous savons que tu y étais obligée… que…

- Arrête Ron, cria-t-elle des sanglots dans la voix et les joues à présent ruisselantes de honte. Arrête. Tu ne sais pas, tu n'as aucune idée de ce qu'il s'est passé.

- Nous savons que tu as été contrainte… pour ta survie… et que… que ça se comprend, tu n'avais aucun choix.

Sans le savoir, il venait de prononcer la phrase de trop, le dernier petit tremblement provoquant l'éruption du volcan.

- Oui c'est vrai, Ron, je n'avais aucun choix, MOI ! Et elle insista fortement sur ce dernier mot avant de partir en courant vers sa chambre.

- Non, Ron, l'arrêta immédiatement et très doucement Ginny. Non, Ron, elle a besoin d'être seule. C'est un peu tôt. Laisse-lui du temps.

- Quelqu'un a compris quelque chose à la scène là ? demanda Harry, complètement perdu alors que Ron lançait un regard interrogateur à Patricia. Cette dernière niant, d'un geste d'épaule, avoir révélé quoi que ce soit.

- Allons, allons mes enfants, reprit Madame Weasley. Elle vient de revenir d'une épreuve terrible. Nous devons lui apporter notre soutien. Laissons-la se calmer et nous l'attendrons pour dîner. Le monde a changé en son absence et elle-même a évolué, nous devons nous adapter les uns aux autres, cela ne se fera pas en un jour. Maintenant Ginny, vient m'aider s'il te plaît.

La mère d'Hermione ne répondit pas et la suivit en lançant un regard de reproche à l'ensemble du petit groupe. Sa fille venait d'être jugée publiquement et à tort sur ses émotions. Il était normal qu'elle requière la présence de ce jeune homme qui avait tant partagé avec elle. Elle frappa à la porte de sa chambre mais, n'entendant aucun son lui parvenir, elle se permit d'entrer.

- Hermione, ma chérie. C'est moi…

Pour toute réponse, sa fille, rédigeant une nouvelle lettre assise devant son secrétaire, toléra sa présence d'un silence. Madame Granger s'assit sur le lit et attendit patiemment que le petit mot soit achevé. Lorsque Hermione plia le bout de papier dans l'enveloppe, elle se permit alors de rompre le silence du bout des lèvres.

- Tu sais ma chérie, ils ne voulaient pas te vexer. Tout le monde se plie à la règle. Et quant à ton journal, il faut que tu comprennes que chacun a voulu avoir la preuve que tu étais bien en vie. Ces écrits étaient le seul témoignage de toi, de ce qu'ils avaient perdu. Pardonne-leur. Et maintenant il faut retourner en bas. Nous allons manger, calmement, tous ensemble.

- Maman je…

- Non, Hermione, tu vas retourner en bas et manger. Je ne veux rien entendre.

- Mais oui, lui répondit-elle un peu embarrassée mais bien déterminée. Evidemment que je vais retourner en bas et leur faire face. Je n'ai jamais fui devant quiconque, ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer, et surtout pas devant des amis. Mais je veux que cette lettre parte rapidement. Ce que j'ai dit tout à l'heure, ce n'était pas une simple provocation. Je sais parfaitement l'effet qu'a provoqué ma phrase pour eux, et j'avoue avoir choisi les mots. Mais pour autant, je n'ai pas menti. Drago me manque maman. Je n'arrive plus à respirer, je suffoque ici sans lui. J'ai l'impression d'être en prison, une belle prison, mais une prison quand même. J'ai besoin d'air, d'espace et de lui. Tout ceci devient insupportable. Je… elle chercha un peu d'air en inspirant de toutes ses forces… c'est dur tu sais.

Sa mère lui sourit tendrement avant de la serrer fort dans ses bras. Elle savait dès à présent que rien ne pourrait plus la retenir. Son état de santé lui permettrait de retourner à Poudlard. Ou, tout du moins, de faire face au conflit qui l'avait happée malgré elle. Leur étreinte terminée, Hermione se dirigea dignement vers la salle à manger. Visiblement personne ne s'attendait à sa venue ce soir, si rapidement. Sans un regard pour Ron, elle alla donner le petit billet à Madame Weasley.

- Puisque tout le monde suit les règles, je vais en faire autant. Il suffisait d'être au courant. J'ai pas mal de retard à rattraper visiblement de ce côté-là. Et, fière d'elle, elle prit place autour de la table, juste en face de Ron.

Ginny comprit très vite la situation et lança un sujet de discussion quelconque qu'Harry s'empressa de relever. Madame Weasley se permit alors de décacheter le petit billet et put lire les quelques lignes non sans émotion.

« Drago,

Je sais que tu vas bien, on m'a donné des nouvelles. J'avais écrit un petit mot impersonnel et presque froid, de peur de te faire fuir. Mais après réflexion, lorsque je me replonge dans mes souvenirs, comment pourrais-je douter de toi ? Tu m'as sauvé la vie en te sacrifiant, et plus d'une fois. Je dois avoir confiance en toi. J'ai confiance en toi. J'ai confiance en tout ce que nous avons partagé, en tout ce que tu m'as avoué. Je garde tout ça au plus profond de moi.

Je ne sais pas pour toi, mais le retour ici n'est pas aussi doux que je ne l'aurais espéré. Tout est si brutal, si lumineux et blessant. Où allons-nous Drago ? Voldemort, les Morgoles, les autres simplement. J'aurai la force d'affronter tout cela si tu es à mes côtés. Il faut que nous parlions de notre sortie et de ses conséquences sur notre avenir. J'ai de nombreuses zones d'ombres, mais je me souviens tout de même de ce point-là.

J'espère revenir à Poudlard lundi, mon état de santé me le permettra. Mais une fois dans le château, que ferons nous ?

Je pense à toi Drago, plus que de raison.

Tendrement,

Ton amazone ».

Madame Weasley releva les yeux, émue de cette confession dont elle était le témoin privilégié. Son époux lui tendit la main pour avoir également son mot à dire, mais elle refusa de lui tendre la lettre.

- Je pense qu'une seule relecture sera amplement suffisante, avoua-t-elle. Il n'y a aucune information clé, même déguisée. Nous la ferons partir demain matin en la donnant à la Directrice.

Elle se leva et tendit la lettre soigneusement pliée à Hermione pour qu'elle la cachette dans l'enveloppe et la mette enfin à l'abri des regards indiscrets. Le repas fut poursuivi dans la bonne humeur d'une partie des convives au moins. Les Granger avaient bien du mal à masquer leur bonheur en dépit de la guerre qui se profilait et personne n'aurait pu le leur reprocher. Harry et Ginny affichaient une complicité marquée et les autres membres de l'Ordre en profitaient pour souffler, sachant parfaitement qu'ils étaient dans l'œil du cyclone.

Ron regardait Hermione sans oser dire un mot. Elle avait changé, l'altercation avant le repas ne lui ressemblait en rien. Pourquoi avait-elle délibérément tenté de lui faire du mal ? Et que pouvait à présent contenir cette fameuse lettre ? Une autre question lui vint ensuite à l'esprit. Pourquoi avoir lancé « j'étais obligée MOI » ? Qu'est-ce que cette phrase pouvait bien vouloir dire ? Il était absolument impossible qu'elle ait eu vent de son aventure avec Patricia. Evidemment, le petit groupe se doutait qu'ils étaient devenus proches, mais jamais aucun d'entre eux n'avait évoqué de près ou de loin la nuit qu'ils avaient partagée. Patricia avait toujours gardé le secret en dépit de leurs heurts, alors il n'y avait aucune raison pour que cela change.

- Hermione ? se permit une petite voix à côté d'elle.

- Oui ? s'étonna-t-elle.

- Je suis désolée… murmura Patricia. Je ne voulais pas t'attirer des ennuis avec cette histoire de lettre.

- Tu ne l'as pas fait Patricia, la rassura-t-elle d'un petit sourire. Tu sais, je pense être un peu à cran et je suis consciente que mon retour ne va pas se faire sans heurts. Mais je le sais à présent. Je suis là, parmi vous. C'était la seule et unique chose que j'ai souhaité depuis mon enlèvement. Alors toutes ces incartades, tous ces changements ne vont pas me gâcher mon plaisir. Et elle regarda Ron pour la première fois depuis leur altercation avant de rajouter dans un élan de remords : vous m'avez tous manqué.

Ce dernier lui renvoya son sourire et tous se levèrent pour la prendre dans leurs bras une nouvelle fois. Les retrouvailles n'étaient pas parfaites et même laborieuses, mais le temps arrangerait les choses. Hermione sentait que ses émotions jouaient dangereusement avec ses nerfs. Elle avait tantôt envie d'étriper Ron, tantôt envie de le serrer très fort contre elle. Alors elle prit le parti de prendre sur elle pour ne pas prononcer plus de mots qu'elle ne pourrait regretter. Agir maintenant, tirer les choses au clair et exiger des explications ne lui servirait à rien. Elle devait avant tout se stabiliser émotionnellement pour faire dignement face à toutes les révélations qui lui seraient faites.

Après le repas, tous prirent un dernier verre dans le salon. Les tensions s'apaisaient, les esprits se calmaient. Il faudrait simplement laisser du temps au temps. D'ailleurs personne ne la questionna sur son enlèvement, la survie en Morgolie ou d'autres aspects plus concrets. Ils s'étaient promis de la laisser aborder le sujet d'elle-même ou au moins d'attendre quelques temps. Ils auraient le week-end pour cela. Hermione apprécia l'effort et se plaça en spectatrice de la soirée. Elle se coucha tôt, décidée à récupérer des forces pour reprendre le contrôle de sa vie. La nuit fut paisible et sans émotion. Une nuit sans rêve et sans heure que l'on voit défiler doucement, de celles dont on se réveille avec des fourmis dans les jambes et des marques d'oreiller sur le visage.

Le lendemain, Pansy courait comme une dératée dans les couloirs de Poudlard. Au diable le concierge, au diable son pouilleux de chat auquel elle donna un coup de pied au passage. Il fallait faire vite. Le temps n'était plus à la réflexion, ils n'en avaient désormais plus le loisir. La lettre arrivée par l'aigle royal ce samedi matin en attestait.

Alors que la jeune femme s'apprêtait à le rejoindre, Drago tentait de se remettre. Il avait dormi pratiquement pendant deux jours, évitant ainsi de se poser trop de questions sur l'état de santé de sa dulcinée, mais il ne pouvait jouer la belle au bois dormant à vie ! Dehors, le soleil brillait et l'automne avait donné des couleurs enchanteresses à la végétation mourante, mais tout ceci lui importait peu. Il aurait voulu avoir envie de courir, de sortir pour crier sa joie d'être libre. Il aurait voulu se sentir léger et profiter du plateau repas qui lui était servi depuis plus de deux heures. Il aurait voulu avoir envie de connaître le nom des filles qui lui avaient fait livrer des bonbons en tout genre dans sa chambre pour lui souhaiter un bon rétablissement. Mais tout ceci lui paraissait appartenir à une autre vie, un autre Drago.

Son esprit restait focalisé sur les Morgoles, tout ne pouvait être fini, il le savait. Les créatures allaient contre-attaquer. A quoi bon s'enfuir alors ? Certes, Voldemort aussi était à ses trousses, mais partir à l'autre bout du monde ne suffirait pas. Où qu'ils aillent, il ne pourrait jamais mettre Pansy et Hermione en sécurité. Il devait devenir plus fort, il devait trouver un moyen de mettre un terme définitif à tout ça. A quoi bon vivre pour craindre le courroux d'un autre ?

Assis dans son lit, le Serpentard leva légèrement ses mains pour les fixer et y trouver une quelconque force. Il avait bu du santos, il avait bel et bien partagé la douleur de sa partenaire d'infortune, mais en quoi cela l'avait-il changé ? En quoi ses pouvoirs étaient différents ? A bien y chercher, il ne voyait aucune différence.

- Drago ! hurla Pansy, pratiquement à bout de souffle, après avoir fait une entrée fracassante dans l'infirmerie.

Face à ce vacarme soudain, le seul patient du moment sursauta et d'un réflexe de défense plaça ses mains déjà levées un peu plus devant son torse. Un halo de lumière verte l'entoura alors, provoquant des sortes de petites décharges électriques à la surface avant de se stabiliser. Pansy se figea à l'entrée de l'infirmerie, la bouche ouverte, en oubliant la raison de sa venue alors que Drago écarquillait les yeux sans comprendre ce qu'il se passait.

Au bout de quelques secondes, la jeune femme entra un peu plus dans la salle, refermant la porte derrière elle.

- C'est… c'est toi qui as fait ça ? bredouilla-t-elle en s'approchant lentement de la boule verte translucide entourant son ami.

- Je présume, lui répondit-il sans même la regarder, trop occupé à scruter cette sorte de barrière. Elle lui rappelait étrangement le mur invisible que Spanglorn avait dressé entre Hermione et lui, mais avec une couleur un peu plus prononcée.

Pansy tendit prudemment la main droite jusqu'à la boule lumineuse et l'effleura du doigt. Voyant qu'elle ne ressentait aucune douleur, elle se permit d'y poser la main, provoquant une sorte d'onde électrique se diffusant à la surface.

- C'est presque beau, murmura-t-elle. Fais-la disparaître avant que quelqu'un ne voit ça.

- J'aimerais bien !

- Comment ça tu aimerais bien ? Tu l'as fait apparaître alors fais-la disparaître, ce n'est pas compliqué !

- Tu en as de bonnes toi ! Je n'ai aucune idée de comment j'ai fait…

- Je sais pas moi, concentre-toi ! Essaye de penser à ce… truc… et fais-le disparaître.

Drago roula des yeux, mais Pansy insista également du regard. Sans prononcer un mot, il comprit qu'elle ne plaisantait pas et de, toute manière, elle avait raison. Autant ne pas attirer l'attention de trop. Il ferma les paupières, se concentra un maximum, puis rouvrit un œil prudemment… mais rien, la boule verte était toujours présente.

Au même moment, Hermione rejoignait le petit groupe déjà réveillé depuis longtemps. L'émotion provoquée par les retrouvailles l'avait éprouvée et elle avait encore dormi plus que de raison. Lorsqu'elle entra dans la cuisine en pleine effervescence, tout le monde se stoppa net, l'incitant à penser durant une fraction de seconde qu'elle avait désormais le pouvoir de suspendre le cours du temps. La maisonnée toute entière était aux petits soins pour elle et il fallait avouer que toutes ces attentions, qui en temps normal l'auraient exaspérée, lui allaient droit au cœur. Elle avait pratiquement perdu l'espoir de les revoir tous un jour. La jeune femme se délectait de chaque instant. Elle leur sourit timidement en poussant un petit « bonjour tout le monde » et alla s'asseoir pour prendre un peu de forces. Il lui était encore difficile de regarder Ron en face et elle sentait une certaine animosité venant de Patricia. Mais quoi de plus normal ? A chaque fois qu'elle croisait le regard de cette intruse, il n'y avait pas d'autre qualificatif qui lui venait en tête, elle ne pouvait s'empêcher de revoir la scène entre elle et Ron. Pourtant, le fameux infidèle n'avait aucune attention pour cette fille, il semblait même particulièrement froid à son égard. En temps normal, la curiosité naturelle d'Hermione l'aurait poussée à savoir exactement ce dont il retournait, mais elle avait bien d'autres préoccupations. Il lui fallait notamment arriver à ingurgiter la quantité énorme de tartines qu'avaient préparées sa mère et Mme Weasley. Leur intention était bonne certes, mais c'était à se demander si elle ne s'était pas inscrite au concours du meilleur gavage d'oie de l'année.

A cet instant précis, alors qu'une nouvelle fournée de Pancakes arrivait vers elle, Hermione, sentit son instinct de survie reprendre le dessus, il lui fallait trouver un moyen pour se sortir de là où elle risquait de succomber à une overdose de glucose. La seule échappatoire qu'elle trouva fut d'en glisser discrètement quelques-uns dans l'assiette de Ron dès qu'il avait le dos tourné, mais elle fut découverte très rapidement par Harry et Ginny qui, au lieu de la tirer de ce mauvais pas, pouffaient de rire à chaque fois que Ron engloutissait un nouveau pancake illégitime.

Le petit déjeuner se passait donc dans la bonne humeur, un peu comme avant, même s'il manquait un petit quelque chose pour que la mayonnaise ne prenne. Peut-être était-ce trop tôt ? Peut-être qu'Hermione en voulait finalement trop à Ron pour retrouver leur complicité d'antan ? Peut-être que l'intrusion de Patricia au sein de ce petit groupe les empêchait d'être comme avant ? Ou peut-être encore que la Gryffondor était trop faible pour profiter pleinement de ces retrouvailles. En effet, elle avait du mal à se concentrer sur les conversations ; depuis le milieu du repas, elle avait des bouffées de chaleur et quelques vertiges. Elle se leva d'ailleurs pour aller se passer un peu d'eau sur le visage, mais à peine avait-elle fait quelques pas qu'elle s'effondra, inconsciente sur le carrelage de la cuisine.

Alors que toute la maisonnée, sauf Patricia, se levait d'un bond pour voir ce qu'elle avait, un phénomène étrange directement lié à son évanouissement se produisait à Poudlard. En un instant, la bulle magique qui entourait Drago disparut, laissant Pansy, qui essayait d'appuyer physiquement sur la barrière en désespoir de cause, tomber de tout son long sur le malade dans une position compromettante. C'est ce moment précis que le reste des Serpentards choisirent pour faire leur entrée.

- Et bien je vois qu'il est bien remis ! s'exclama Goyle, faisant rougir Pansy qui tentait de se relever et exaspérant Drago.

Pansy cacha la lettre dans une de ses poches sans avoir eu le temps de la montrer à son ami et lui lança un regard interrogatif pour savoir par quel miracle la barrière avait disparu, mais il haussa légèrement les épaules pour lui faire comprendre qu'il n'en savait pas plus qu'elle. L'essentiel était qu'aucun simplet de ce groupe n'ait assisté à la scène.

Il était évident que Drago n'avait aucune envie de les voir, mais il ne savait encore pas à qui se fier. La donne avait changé depuis son retour ; Pansy lui avait bien dressé un bref topo de la situation depuis sa disparition, mais il était loin d'avoir toutes les cartes en main pour se faire une idée fiable de qui étaient ses alliés ou pas. Il ne savait d'ailleurs pas dans quel camp il était lui-même. Très rapidement, il sentit son espace vital envahi par ces morpions qui piquèrent sans aucun remords dans les paquets de bonbons envoyés par des admiratrices du jeune héros. Lorsqu'il vit Crabbe s'emparer d'un des paquets et s'asseoir sur son lit sans gène aucune, Drago le fixa dignement en rehaussant un sourcil, obligeant le pauvre bougre à se relever d'un bond et reposer le paquet.

- C'est bon, je les mangerai pas de toute façon, autorisa le prince de la clique, de nouveau de retour au rang qui était le sien.

Après une vague de froid, l'atmosphère se détendit légèrement. Drago fut obligé de prendre son mal en patience et de répondre un minimum aux questions toutes aussi stupides les unes que les autres de la part des deux lourdauds. Il fut cependant surpris par les remarques pertinentes de la petite Karina Folk, visiblement la nouvelle protégée de Pansy, dont il venait de faire la connaissance. Il eut parfois un peu peur en voyant à quel point la petite pouvait ressembler à Pansy, on aurait dit un petit clone, il n'aurait su dire si cela lui plaisait ou l'effrayait au plus au point. Mais une question de Goyle le sortit de sa torpeur, l'obligeant à faire appel à son légendaire self-contrôle.

- Enfin tout ça pour dire que t'as dû te taper la Sang de Bourbe, mon pauvre vieux ! Comment t'as pu faire pour… enfin tu vois quoi ? Moi j'aurais même pas pu…

- C'était ça ou la mort, répondit-il froidement, sans argumenter plus.

Seule Pansy put déchiffrer l'ombre passée devant son regard. Elle prit une inspiration, sachant parfaitement ce qu'il désirait à présent et exauça son vœu :

- Allez, tout le monde dehors, il a besoin de repos, ordonna-t-elle en se levant pour les raccompagner à la sortie.

- Tu restes, toi ? lui demanda Karina.

Pansy fut décontenancée par cette question. Evidemment qu'elle allait rester, il fallait lui montrer la lettre de Voldemort et vite. Mais elle ne pouvait pas en parler et, en invoquant le besoin de repos, il était sous-entendu que même elle devait sortir de la salle. Cette Karina était bien gentille mais parfois un peu trop présente et pertinente.

- Heu… Karine, c'est ça ?

- Non Karina, répondit-elle fièrement à Drago.

- Ah oui, Karina. Bon tu peux comprendre que Pansy et moi ayons envie de rester en tête à tête n'est-ce pas ? lui répondit-il en prenant sa pseudo petite amie par la taille, la forçant à se rasseoir près de lui sur le lit.

La jeune fille s'empourpra fortement ; comment avait-elle pu oublier le désir d'intimité d'un couple récemment réuni. Aussi fit-elle demi-tour sans demander son reste, les laissant tous les deux à leurs occupations.

Aussitôt la porte de l'infirmerie fermée et le calme revenu, Drago lâcha Pansy qui le regarda avec compassion. Ce sentiment était très rare chez elle et destiné à une seule et unique personne. Elle savait très bien qu'il s'était retenu pour ne pas parlerde son histoireet de ne pas avoir envoyer balader ces deux balourds.

- Comment tu l'as fait disparaître ? lui demanda-t-elle pour mettre fin au silence devenu gênant.

- Je n'ai rien fait ! C'était un peu comme si j'étais connecté à cette chose et que le lien s'était brutalement rompu. L'espace d'un instant, je me suis senti vide, sans force.

Tout en prononçant ces paroles, Drago se rendit compte de la portée de ses paroles.

- Le santos ! réfléchit-il à voix haute.

- Le quoi ?

- Mais oui, c'est évident. Je t'ai expliqué hier le pourquoi de ma blessure, le santos que Spanglorn m'a fait boire… Il regarda Pansy avec excitation alors que cette dernière ne comprenait pas un traître mot de ce qu'il tentait d'expliquer. Oui, ce que tu viens de voir, c'était l'union de mes pouvoirs à ceux d'Hermione… c'est évident. Mais, si le lien s'est rompu c'est que… Hermione… Infirmière ! se mit-il à hurler faisant pratiquement sursauter Pansy.

- Chut… ne l'appelle pas, je dois d'abord te parler d'une chose très importante il faut que…

- Infirmière ! s'énerva-t-il de plus belle.

- Drago ! s'indigna la Serpentard.

- Tu ne comprends pas, si le lien s'est rompu, c'est qu'il lui est arrivé quelque chose. INFIR….

- Oui, oui, j'arrive, prononça la petite femme en réajustant sa coiffe, qu'est-ce que vous avez à hurler comme cela, Monsieur Malefoy, vous devez vous…

- Comment va Hermione Granger ? la coupa-t-il aussi net, se moquant totalement de ses états d'âme. J'exige de la voir et tout de suite.

- Monsieur Malefoy, ne vous énervez pas, ce n'est pas bon pour vous. Vous verrez Miss Granger lorsque vous serrez sur pieds tous les deux.

- Vous ne comprenez pas, il lui est arrivé quelque chose ce matin. Je le sais, je le sens. Elle ne va pas bien. Dites-moi…

- Co… comment pouvez-vous savoir une telle chose ! Allons, allons, jeune homme, un peu de bon sens ! Votre aventure vous a remué certes, mais calmez-vous. Miss Granger est dans un des endroits les plus sûrs qui existent et moi-même j'en ignore l'emplacement alors ne vous inquiétez pas.

Alors que Drago allait riposter plus fermement encore, le bruit de la porte d'entrée les fit sursauter tous les trois.

- Comment savez-vous qu'il est arrivé quelque chose à Miss Granger ? demanda une voix calme et posée.

A l'audition de cette phrase, le sang de Drago ne fit qu'un tour. Merlin, ses soupçons étaient fondés. Qu'était-il arrivé à Hermione ? Bondissant hors de son lit pour rejoindre la directrice malgré les objections de l'infirmière, il perdit alors son calme légendaire.

- Qu'est-il arrivé à Hermione ? Où est-elle ? je veux la voir TOUT DE SUITE, s'emporta-t-il.

- Du calme, Monsieur Malefoy. Elle va bien et ne posez qu'une question à la fois si vous désirez une réponse.

- Très bien, répondit-il soulagé, mais sans se démonter. J'exige de la voir immédiatement.

La Directrice se redressa un peu plus si cela était possible et le regarda d'un air courroucé.

- Monsieur Malefoy, entama-t-elle d'une voix ferme et sans appel, je vous signale que vous vous adressez à la Directrice de cet établissement, et que votre position actuelle ne vous autorise aucunement à exiger quoi que ce soit. N'oubliez pas que votre situation ici est précaire et que nous ne savons pas quoi faire de vous, termina-t-elle en rehaussant un sourcil pour appuyer ses dires.

Cette attitude exaspéra Drago au plus haut point, mais il était vrai qu'il n'était pas en position de négocier. Il n'avait rien en échange et si la Directrice se braquait contre lui, il risquait de ne plus revoir Hermione du tout. Elle allait bien, mais son pressentiment était bon, il lui était arrivé quelque chose ce matin. Il devait la voir, ce contact était vital, ils devaient parler du santos et arriver à le maîtriser. Si chaque fois que l'un d'eux sursautait, l'autre était vidé de ses forces vitales ou quelque chose dans le genre, ils risquaient d'avoir de nombreux problèmes.

- Alors emmenez moi vers Hermione.

- Ceci est impossible Monsieur Malefoy. Vous savez parfaitement de quoi il retourne et les enjeux de notre situation à tous ici. Miss Granger est en sécurité, c'est tout ce que vous devez savoir.

- Mais si je me rallie à vous ? lança-t-il du tac au tac sans même réfléchir ni prêter attention à Pansy qui le fusillait du regard.

La Directrice écarquilla les yeux, surprise par cette réaction. Visiblement le jeune Malefoy ne semblait pas vouloir argumenter sa prise de position, il attendait simplement une réponse de sa part. D'après le journal de Miss Granger, cette prise de position n'était pas si surprenante que cela. Mais comment lui faire confiance ? Accéder à sa requête n'était-il pas introduire le loup dans la bergerie ?

Au même moment, les pensées déferlaient en vrac dans l'esprit de Pansy. Drago ne partirait pas avec elle. Elle le savait à présent. Il allait rejoindre l'Ordre. Il lui fallait se positionner. En aucun cas elle n'avait envie de prendre parti. Tous ses espoirs, tout l'argent même qu'elle avait investi dans leur escapade au bout de monde tombaient à l'eau. Il lui fallait s'adapter et vite. Si elle rejoignait l'opposition du Lord Noir, elle perdrait tout, sa famille, son statut social, ses amis, tout. Que lui resterait-il ? La dignité, elle la perdrait aussi, cela équivalait à reconnaître qu'elle avait tort depuis le début. La sécurité ? N'en parlons même pas. Elle n'avait donc aucun intérêt à le suivre sur cette voie. Mais s'opposer à lui était bien pire. Elle perdrait son ami, son frère… elle rejoindrait un camp où la mort, la torture et les humiliations étaient tout aussi présentes.

Drago restait statique. Il cherchait désespérément une monnaie d'échange. Il n'avait en aucun cas envie de se justifier, mais de toute manière, il savait ce qu'il devait faire. C'est alors que Pansy débloqua la situation :

- Je veux aussi me joindre à votre cause Madame la Directrice, prononça-t-elle haut et fort, provoquant un nouveau moment de stupeur dans la salle. J'ai de quoi vous prouver ma loyauté et celle de Drago.

Sans en dire plus, elle sortit la lettre de Voldemort de sa poche et la tendit à la Directrice sous le regard inquiet du Serpentard qui n'en avait pas encore pris connaissance. Minerva McGonnagall prit la petite enveloppe et la lut le plus attentivement du monde, sans laisser paraître la moindre émotion, avant de la refermer calmement.

- Nous pourrions vous servir d'espions, proposa Pansy, ne sachant quel rôle elle pourrait jouer. De toute manière, elle ne pourrait plus se cacher de Voldemort.

- Non, répondit sèchement la Directrice.

- Mais qu'y avait-il sur cette enveloppe ? interrogea un Drago en plein brouillard.

- Madame la Directrice, laissez-nous une chance. Nous sommes dans une impasse et…

- Taisez-vous, Miss Parkinson. J'ai un affreux mal de tête et vos jacasseries n'arrangent rien. Je ne vous laisserai pas jouer les espions pour nous. Vous n'êtes que des enfants bien trop impliqués déjà à mon goût dans un conflit qui vous dépasse. Nous sommes en guerre contre deux ennemis à présent. Votre sort n'est plus entre mes mains. Je dois en référer aux autres membres de notre organisation qui, visiblement, n'est plus un secret pour vous.

Mais devant les deux mines déconfites et effrayées, il fallait le dire, des jeunes gens en face d'elle, elle ne put s'empêcher de sourire.

- Dumbledore avait foie en vous deux, jeunes gens. Il vous a toujours fait confiance.

A ces mots, Drago détourna le regard.

- Monsieur Malefoy, nous savons ce qu'il s'est passé ce soir là. Je vous fais donc confiance à mon tour. Mais je dois bien l'avouer, une confiance toute relative. Je peux à présent vous offrir la protection de Poudlard, mais je refuse de vous conduire à Miss Granger, ainsi que de vous fournir de quelconques informations.

- C'est inacceptable ! s'emporta Drago. J'ai besoin de la voir. Nous sommes liés vous comprenez.

- Je comprends tout à fait vos états d'âme jeune homme, mais nous sommes en guerre, une amourette n'est en rien un priorité vous comprenez.

A ces mots Drago prit une bonne, grande et profonde inspiration pour ne pas lui déclamer le fond de sa pensée dans les termes appropriés. Il détestait, il haïssait d'être en position de faiblesse. Mais de ses réactions dépendait le sort de plusieurs personnes, dont Pansy qui s'en remettait à lui en toute confiance, comme elle l'avait toujours fait d'ailleurs.

- Il ne s'agit pas de ça, maugréa-t-il à travers ses dents. L'incident qui lui est arrivé ce matin est dû à la magie. Nos deux magies sont liées, de la même manière que sont liés les Morgoles entre eux. Je dois la voir pour lui en parler. Elle le sait, elle vous le dira.

- Liées ? s'étonna la Directrice avant de plonger dans ses pensées, se détournant des deux jeunes gens.

- Oui, liées… Je n'en sais pas plus, je vous assure. Mais il semblerait que nous partagions nos deux magies, ou plutôt que nous puissions les cumuler. Et puis d'abord, de quoi parlait cette lettre ?

Mais la directrice, le regard perdu dans les jardins de Poudlard que l'infirmerie surplombait, ne prit pas la peine de répondre.

- Je t'expliquerai, lui glissa Pansy à l'oreille.

- Madame la Directrice ? demanda-t-il une nouvelle fois.

- Très bien. Procédons par ordre. Vous ne pouvez pasrester à l'infirmerie et Miss Parkinson, si j'en crois la lettre et votre refus de coopérer, il se peut que votre cohabitation avec les Serpentards devienne problématique.

Tous deux parurent indignés de cette condamnation sans preuve de leur maison.

- Je vous en prie ! s'exaspéra-t-elle, vous savez aussi bien que moi ce qu'il se trame dans vos dortoirs. Alors stoppez tout de suite cette grimace et prenez enfin conscience de la réalité. Si je fais ça, c'est pour votre sécurité. Vous avez visiblement une semaine pour agir, Miss Parkinson, alors nous allons nous donner ce délai pour réfléchir à votre avenir à tous les deux. Mais vendredi midi, vous viendrez immédiatement dans mon bureau, et ce pour votre propre sécurité. Merlin, l'année scolaire va s'achever avant d'avoir pu véritablement commencer, réfléchit-elle à voix haute.

- Et pour Hermione ? demanda Drago.

- Il faut effectivement que vous la voyiez. Mais pas seul. Et nous allons devoir comprendre comment vos magies sont liées. Et vite. Pour l'instant votre état de santé à tous les deux est sur une bonne pente, nous allons attendre simplement demain soir. Je refuse toujours de vous conduire à elle. Mais sous bonne escorte, Hermione pourra venir vous rejoindre, l'espace de quelques heures et ce en notre présence. Est-ce bien compris ?

- Parfaitement, grimaça-t-il.

- Très bien, alors mettez ce temps à profit pour réfléchir et vous reposer. Et… une dernière chose : j'ai une lettre pour vous.

Elle lui tendit l'enveloppe cachetée par Hermione en poursuivant : je vous laisse une heure pour répondre, je repasserai avant de partir. Et tenez vous prêt pour une réunion dans la nuit de dimanche à lundi en ces lieux. Et je vous préviens, ajouta-t-elle à l'attention de Pansy, une seule entourloupe et je ne donne pas cher de votre avenir est-ce bien compris ?

La jeune femme acquiesça d'un signe de tête, offensée, mais résignée à suivre une nouvelle voie, celle que Drago allait lui montrer.

Le Serpentard saisit la petite enveloppe et lança un regard à Pansy qui en disait long. Elle l'embrassa alors sur la joue en lui murmurant un « repose-toi ». Et elle sortit, accompagnée de la Directrice, écoutant ses dernières recommandations sur l'importance de ne parler de ces courriers à personne.