Titre : Des surprises à la pelle.
Auteur : Patpat.
Bêta-lectrice : Mag-San.
Source : Gravitation
Genre : Yaoi, Shonen-aï, Mpreg
Rating : T
Paring : Yûki Eiri / Shindô Shûichi
Disclaimer : Les personnages ne sont pas les miens, ils appartiennent à Maki Murakami. Seule exception : Miri Johanson, rescapée de « Should I believe in Destiny ? » dans un rôle un petit peu différent…
Notes : Haha ! On dirait que je suis productive en ce moment, niveau fics ! Non seulement j'ai déjà fini d'écrire « Pour toujours, mon Ange », mais en plus je suis d'hors et déjà en train de créer le troisième chapitre de « Des surprises à la pelle » alors que le premier chapitre n'est même pas encore posté, et que j'ai achevé le deuxième chapitre hier soir ! Je suppose que c'est ce qu'on appelle avoir une vague d'inspiration. Mais il faut dire aussi que j'avais cette fic dans la tête depuis un bout de temps, alors j'ai l'impression de libérer mon petit cerveau encombré en vous offrant la suite des aventures de Yuki et Shuichi. Alors voilà un chapitre qui ne sera certainement pas aussi drôle que les autres car, comme le titre l'indique, ils s'agit de prévenir les parents de du futur mariage. Ce chapitre sera un peu plus long que les deux autres, enfin j'espère… Bonne lecture et rendez-vous pour la note de fin.
Ps : Notez s'il vous plait que pour les noms des parents de Shuichi, je les ai purement repris d'une fic que j'ai trouvée sur ffnet puisque j'ignore comment ils s'appellent réellement.
Pensées en italique. Dialogues en gras.
Chapitre 3 : Allo, papa ? Je vais me marier.
Le lendemain matin était un lundi, donc jour de travail pour Shuichi, qui dût se lever tôt s'il ne voulait pas que K vienne le chercher par la peau des fesses en le menaçant dangereusement avec une de ses armes. Yuki s'était réveillé en même temps pour prendre le petit déjeuner avec son fiancé. C'était très rare que le romancier se lève tôt, et quand il le faisait, s'était toujours pour s'enfermer dans son bureau pour reprendre l'écriture de son livre. Alors évidemment, la gentille attention de ce dernier n'était pas passée inaperçue aux yeux de son amant qui profitait pleinement de ce premier petit déjeuner passé en tête à tête avec le blond. Tout en mangeant, c'est Yuki lui-même qui avait ramené la conversation au mariage.
Quelle date tu préfères ?
Nani ? Une date pour quoi ? demanda Shuichi.
Pour le mariage, baka.
Le chanteur cligna des yeux quelques instants, complètement abasourdi par le changement d'attitude de son amant. Malgré le fait que Yuki l'ait encore traité de crétin, Shuichi avait clairement senti de la douceur et de l'affection dans sa voix. Et puis, ça lui faisait également tout drôle que ce soit l'écrivain qui pose cette question. On dirait bien que Yuki a décidé d'être gentil aujourd'hui… Je pense que je ferais bien d'en profiter au maximum ! Et si je me débrouille bien, ça pourra durer jusqu'à ce soir… Shuichi eut un large sourire carnassier à l'idée de passer une nuit torride avec son amoureux.
Shuichi ? appela Yuki, de son côté très inquiet de voir s'afficher ce sourire dangereusement pervers sur la bouille du jeune homme qui lui faisait face.
Hmm ? Ah ! Euh… Et bien je pense que… En février ce serait bien. On est à la mi-octobre alors je pense qu'au moins trois mois c'est le minimum pour bien préparer notre mariage.
Euh, Shu, je ne sais pas si tu es au courant mais de octobre à février, il y a quatre mois.
Oui, je sais. Mais dans trois mois c'est janvier et c'est trop proche de Noël. Et puis, en février y'a la saint Valentin…
Shuichi rougit furieusement en baissant les yeux. Il savait à quel point ce qu'il venait de dire pouvait être guimauveux.
Alors va pour le 14 février.
Sur le coup, le chanteur crut qu'il avait halluciné ; Yuki ne pouvait pas avoir dit oui à cette proposition dégoulinante de romantisme. Pourtant, lorsqu'il leva les yeux vers le blond, il le trouva en train de lire tranquillement son journal, ses lunettes sur le nez, comme si de rien n'était. Remarquant l'étrange silence de son jeune fiancé, Eiri leva les yeux de sa lecture, l'air interrogateur.
Nanda ?
Tu… Tu veux bien qu'on se marie le 14 février ? Le jour de la saint Valentin ? Le jour de la fête des amoureux ?
Haï. Mais si tu préfères une autre date alors…
Non ! Non, le 14 février c'est parfait, mon amour ! s'exclama Shuichi en bondissant de sa chaise pour faire le tour de la table et sauter au cou de son romancier adoré.
Aargh ! Lâche-moi, baka. Tu vas renverser mon café ! s'énerva Yuki.
Gomen, s'excusa aussitôt le jeune homme à la tête rose. Mais je t'aime tellement.
Très bien, puisque tu as choisi la date, c'est moi qui choisirai la destination pour notre lune de miel.
XXX XXX XXX
Lorsque Shuichi arriva au studio ce matin-là, Hiro et les autres le trouvèrent étrangement joyeux. Il avait la tête dans les nuages, fredonnait « Shining Collection », ses joues étaient roses d'émotion, et ses yeux brillaient comme deux améthystes au soleil. Le guitariste en déduit aussitôt que, malgré la perte de l'alliance, les choses avaient dû bien se passer la veille au restaurant.
Shindo-san ! Faites attention où vous marchez ! s'exclama Fujisaki lorsque celui-ci fut percuté de plein fouet par un Shuichi complètement à l'Ouest.
Ah, gomen nasaï, Suguru-kun, s'excusa vaguement Shuichi en recommença à errer béatement dans la salle d'enregistrement.
Shuichi m'a l'air particulièrement heureux ce matin, remarqua Miri Johanson qui venait d'entrer dans la pièce.
Elle alla rejoindre Hiro et lui fit un petit sourire en coin. Celui-ci lui répondit :
Oui, on dirait qu'il est stone. Je crois bien que Yuki-san a accepté sa demande.
D'après mon cousin, ça ne s'est pas passé exactement comme ça…
Nani ? s'étonna le bassiste.
Regarde donc la main gauche de Shuichi et tu verras que Eiri avait aussi prévu son coup. La bague perdue de Shuichi n'était pas vraiment perdue, en fait. C'est Eiri qui l'a trouvé en faisant ses poches à la laverie. Du coup il a acheté la même bague, ou à peu près.
Comment tu sais ça ?
Parce qu'il m'a appelé pour savoir si je ne pouvais pas l'aider à trouver dans quelle bijouterie Shuichi avait trouvé son alliance. Ca aurait pu me coûter du temps et de l'argent de faire cette recherche, mais il a eut de la chance que j'ai vu de quelle bijouterie était sorti Shuichi…
Donc tu jouais sur les deux tableaux sans qu'aucun d'eux ne le sache ?
Exactement.
Les deux jeunes gens gardèrent le silence en regardant leur ami chanteur divaguer dans le bonheur le plus complet. Soudain, K entra dans la pièce en grands fracas.
Hey, guys ! Come back home !
Quoi ? s'exclama Sakano. Personne ne rentre chez soi tant qu'on n'a pas commencé l'enregistrement de la troisième chanson pour l'album américain ! Le président et Miri-san veulent que la maquette soit finie au plus tard pour demain soir.
C'est Seguchi lui-même qui m'a demandé de reporter l'enregistrement à mercredi, répondit le manager avec un large sourire au lèvres. Apparemment, Yuki-san lui a demandé de libérer Shuichi pour deux jours car ils doivent annoncer une grande nouvelle à tout le monde.
Bien évidemment, aussitôt que le jeune homme aux cheveux roses eut entendu le nom de son amant, il rappliqua, cette fois en complète possession de ses moyens.
C'est vrai ? Quel genre de nouvelle ? demanda le claviériste.
Et bien, Yuki et moi, on va se marier ! s'exclama Shuichi en bondissant partout comme une puce shootée au jus de fruits multi-vitaminé.
Miri et Hiro furent les premiers à l'applaudir et K les rejoignit. Suguru suivit de façon un peu moins enjouée, se disant que son cauchemar ne faisait qu'empirer étant donnée que Shindo passerait sans doutes le reste de sa vie avec l'écrivain et que donc, il continuerait à subir les sautes d'humeur du chanteur, liées à sa relation tumultueuse avec son amant.
Et bien, en voilà de l'agitation, dit Ukaï Noriko en rentrant dans la pièce avec Sakuma Ryuichi et son lapin rose, Kumagoro, sur sa tête.
Le chanteur et la claviériste des Nittle Grasper passaient par là quand des acclamations et des applaudissements venant du studio réservé à Bad Luck, avaient attiré leur attention.
Yatta ! Une fête ! Une fête, Noriko-chan ! On va danser ! s'exclama Ryuichi en rejoignant Shuichi dans sa danse du bonheur.
Et pourquoi toute cette bonne humeur ? demanda la Grasper aux cheveux lavande.
Je vais me marier avec mon Yuki, Noriko ! Il me l'a demandé hier ! répondit Shuichi en s'arrêtant pour exhiber son magnifique anneau de platine sous le nez de son ancienne claviériste.
Alors donc, c'est la raison pour laquelle Eiri-san m'a demandé de te donner deux jours de congé, dit froidement Seguchi Tohma, malgré son sourire en apparence chaleureux.
Tout le monde se tourna vers le troisième Grasper, cessant les festivités naissantes. Tous sauf Ryuichi qui se jeta sur Tohma en criant :
Tohma ! C'est génial, hein ? Shu-chan et Yuki-san vont se marier et avoir un bébé, et ils vivront heureux pour toujours ! En dirait un conte de fées !
Shuichi se mit à rougir furieusement lorsque tous les regards se tournèrent vers lui. Puis Miri intervint en passant devant Shuichi pour s'adresser à Tohma.
C'est pas magnifique ? dit-elle avec une voix étrangement douce et menaçante. Notre cher Eiri a enfin trouvé le bonheur. Et l'élu de son cœur n'est nul autre que Shu-chan. J'ai hâte d'être à la cérémonie !
Hiro voyait bien le petit jeu de la jeune femme : il était évident que le ton qu'elle venait d'employer insinuait « Que tu le veuilles ou non, c'est comme ça. Tu ne pourras plus t'immiscer dans leur vie, et si tu continues malgré tout, je veillerai à ce que ça ne dure pas. » Hiro savait d'après ce que Shuichi lui avait raconté, que Seguchi désapprouvait la relation entre son meilleur ami et le romancier. Mais il savait aussi que si le directeur de NG pouvait être un homme dangereux, Miri pouvait aussi se montrer très hargneuse et calculatrice. En s'adressant ainsi à Seguchi elle l'avait en quelque sorte mis au défi de séparer Shuichi et Yuki. Histoire de détendre un peu l'atmosphère pesante qui s'était installée, Hiro demanda :
Avant de rentrer retrouver Yuki-san, si tu nous disais pour quand vous avez prévu le grand jour… Enfin, si vous avez déjà fixé une date, bien sûr.
Shuichi lui fit un grand sourire en annonçant fièrement :
J'ai réussi à obtenir de mon Yuki qu'on se marie le 14 février prochain !
Et Yuki-san a accepté ? s'étonna Suguru.
Haï !
Génial ! J'adorerais organiser ça avec toi Shuichi ! s'exclama Noriko. J'ai toujours aimé les mariages…
Cool ! Moi aussi je t'aiderai ! J'ai envie de claquer mon fric en ce moment, et quel meilleur moyen de le faire qu'en préparant un mariage ? approuva Miri d'un air qui se voulait sobre et désintéressé, mais qui ne trompa personne sur sa réelle envie de mettre la main à la pâte.
C'est super gentil, à vous. Je pense que ma petite sœur Maïko voudra participer aussi, alors on pourra commencer les préparatifs tous les quatre.
Si vous avez besoin d'aide, je me ferais un plaisir d'aider aussi, proposa Hiro, heureux de voir son meilleur ami aussi épanoui.
Pareille pour Kumagoro et moi ! affirma Sakuma en brandissant son lapin en peluche.
XXX XXX XXX
Shuichi était rentré aussitôt la conversation terminée. Il ne savait pas exactement pourquoi Yuki avait voulu qu'il ait deux jours de congés mais il ne tarderait pas à le savoir. En effet, le chanteur était déjà sur le pallier de son appartement. Il glissa la clé dans la serrure et entra en lançant :
Tadaïma, Yuki !
Mais il n'eut aucune réponse.J'espère qu'il est là… Pourquoi il m'aurait fait revenir à la maison si c'était pour se barrer au moment où j'arrive. Il alla donc dans la pièce où il était certain de trouver son fiancé : le bureau. En effet, ce dernier y était, mais pas pour travailler à l'évidence puisque son portable était fermé. Il se tenait debout près de la baie vitrée et tournait le dos à la porte.
Oui, on va venir demain, dans l'après-midi, mais on repartira le soir même, dit-il en se tournant vers Shuichi.
Le jeune put remarquer alors que son amant était au téléphone. Mais avec qui ? Et où compte-t-il aller ? Il a dit « on », ça veut dire qu'il va m'emmener avec lui ?
Oui, et bien débrouille-toi pour que ce pervers soit là aussi.
Et là-dessus, le blond raccrocha. Shuichi lui lança un regard interrogateur avant de demander :
Pourquoi tu as demandé à Seguchi-san de me donner deux jours de congés ?
Parce que cette après-midi et demain on va avoir pas mal de trucs à faire. Et comme ce ne sera pas très joyeux, je pense qu'il vaut mieux que tu aies la tête tranquille et que tu ne penses pas au travail.
Yuki avança vers Shuichi et lui tendit le téléphone.
Appelle tes parents. Dis leurs qu'on va passer dans la journée.
Demo… Yuki…
Y'a pas de « mais » qui tiennent, Shu. Je te l'ai dis hier : il va falloir le faire et le plus tôt sera le mieux. Le plus tôt c'est cet après-midi. Alors vas-y, appelle.
A la vue de l'expression anxieuse de son fiancé, Eiri avait vite compris que celui-ci appréhendait beaucoup ce moment inévitable. Il le rassura en prenant délicatement son visage entre ses mains et se pencha pour embrasser un Shuichi visiblement surpris par ce remarquable changement d'attitude de la part de l'écrivain. Lorsque celui-ci libéra ses lèvres, il en profita pour poser une question qu'il brûlait d'envie de poser depuis le matin.
Yuki, pourquoi tu es si… gentil ? C'est pas que ça me dérange, hein ! C'est juste que c'est un peu… surprenant.
Je suppose que si on doit passer le reste de notre vie ensemble et si en plus on veut adopter un bébé, vaut peut-être mieux que je fasse un quelques efforts, expliqua Eiri en passant ses bras autour de la taille de Shuichi. Et je compte en faire bien d'autres une fois qu'on sera mariés, susurra-t-il d'une façon très suggestive.
Il commença à embrasser de nouveau le jeune homme qui glissa ses mains autour de son cou pour l'inviter à approfondir leur baisé. Profitant de l'occasion qui lui était offerte, le romancier commença à déposer des dizaines de baisés papillons dans le cou et derrière les oreilles de son amant. Alors qu'il s'apprêtait à faire davantage, il se souvint que Shuichi devait encore appeler ses parents.
Si tu veux que j'aille plus loin, tu vas devoir commencer par passer ce coup de téléphone… chuchota-t-il sensuellement, avec sa voix chaude.
Shuichi, qui avait plus qu'envie que son écrivain adoré lui fasse l'amour sur le champ, s'empressa d'acquiescer et s'écarta de lui pour retourner au salon, composant déjà le numéro de la maison des Shindo. Ca sonna deux fois avant que Shuichi ne reconnaisse, à l'autre bout du fil, la voix grave de son père.
Moshi moshi, Shindo Seichiro à l'appareil.
Papa ?
Shuichi ? Ca faisait longtemps. Comment vas-tu, mon fils ?
Bien, bien. Et à la maison ? Tout le monde va bien ?
Oui, évidemment. Mais dis-moi, pourquoi tu nous appelles ? Il s'est passé quelque chose ? s'inquiéta son père.
Non, pas du tout. C'est juste que j'appelais pour vous dire que… En fait on aimerait passer cette après-midi, c'est possible ?
Bien sûr ! Depuis quand il te faut notre permission pour venir nous voir ?
Je voulais être sûr que vous seriez là parce qu'on a quelque chose d'important à vous annoncer et…
Attends ! Pourquoi tu dis « on » depuis tout à l'heure ? Tu comptes venir avec cet homme ? la voix du patriarche Shindo c'était faite dure et presque agressive.
Oui, papa. Je vais venir avec Eiri parce que ça fait presque trois ans qu'on est ensemble et qu'il est plus que temps que vous le rencontriez et qu'on mette les choses au point.
On n'a rien à mettre au point avec cet homme, trancha Seichiro.
Au contraire ! Et puis, comme je te l'ai dis, on a quelque chose à vous annoncer. On va passer vers 15h30 je pense, histoire d'être sûr que Maïko soit revenue du lycée. Je veux qu'elle soit là aussi.
Ne mêle pas ta sœur à tout ça, Shuichi !
Mais ça la concerne aussi puisque c'est ma petite sœur.
Très bien, comme tu voudras. Nous serons tous là. Mais que ton… ton ami ne s'attende pas à la moindre sympathie de ma part !
Là-dessus, le père de Shuichi raccrocha, à l'évidence très en colère. Yuki, qui était resté sur le pas de la porte du salon, pouvait voir que le jeune homme était bouleversé. Il alla vers lui pour ensuite l'entraîner vers le canapé où ils s'assirent côte à côte, Shuichi blottit contre Yuki qui avait passé un bras autour de ses épaules.
Yuki, je sais que c'est pas dans ta nature mais, s'il te plait, promet moi que tu garderas ton calme. Ce sera déjà assez difficile avec mon père alors…
Promis, assura le blond en resserrant son étreinte.
XXX XXX XXX
A 15h30, comme prévu, les deux amants arrivèrent à la maison des Shindo. Tout le long du trajet, Shuichi avait été extrêmement stressé, au point même de se ronger les ongles, chose qu'il ne faisait jamais. Yuki avait même dû lui assener un coup sur le sommet du crâne pour qu'il arrête d'abîmer ses adorables petites mains. Ils sortirent de la Mercedes noire de l'écrivain et montèrent les quelques marches qui menaient au porche de la maison. Shuichi, qui tremblait comme une feuille, avait réussi à rendre Eiri nerveux, alors qu'il était parvenu la veille au soir à se faire à l'idée qu'il allait rencontrer les parents de celui qu'il aimait.
Shuichi, calme-toi, ok. On ne va pas se bouffer le nez, quand même.
Yuki, tu ne connais pas mon père… Il ne s'énerve pas souvent mais quand ça arrive… Et puis, toi aussi tu es quelqu'un de très impulsif et tu détestes qu'on te tienne tête… J'appréhende que vous vous retrouviez dans la même pièce.
Le chanteur respira un bon coup et se força à arrêter de trembler avant de presser le bouton de la sonnette. Au bout de quelques instants, ils purent entendre la porte se déverrouiller et s'ouvrir sur…
Maïko ! s'exclama Shuichi, un peu soulager de voir sa sœur.
Il savait qu'elle le soutiendrait quoi qu'il arrive et puis, avec Yuki à ses côtés, il se sentait prêt à affronter le pire.
Aniki ! Ca me fait tellement plaisir de te revoir. Ca fait trois semaines qu'on ne s'est pas vu.
Tu avais tes examens et moi une tournée, gomen. Mais quelque chose me dit qu'on va avoir l'occasion de se voir un peu plus souvent prochainement… dit Shuichi en repensant à la proposition de Noriko et Miri de l'aider à organiser le mariage.
Puis Maïko se tourna vers le romancier et lui adressa un salut plein de respect en s'inclinant :
Konnichi wa, Yuki-sensei.
Konnichi wa, Maïko-san, répondit celui-ci avec un petit sourire. Mais s'il te plait, arrête de m'appeler sensei, j'ai l'impression d'être vieux avant l'âge.
Très bien, Yuki-san. Je vous en prie, entrez, vous n'allez pas rester sur le pas de la porte toute la journée.
La jeune fille s'écarta pour laisser passer Shuichi et Eiri et referma derrière eux. Inconsciemment, le musicien chercha à attraper la main de son fiancé. Remarquant cela, Yuki la lui tendit, entrecroisant leurs doigts. Quel sentiment merveilleux et nouveau c'était pour le blond de se sentir ainsi lié à Shuichi. Ils étaient tous les deux dans la même galère, ils étaient ensemble. Ils dépassèrent les escaliers menant à l'étage et pénétrèrent dans le salon où ils trouvèrent le père de Shuichi, assis dans un fauteuil, en train de lire les pages économiques de son journal. Il leva la tête de sa lecture lorsque son fils entra dans son champ de vision. Il replia alors le journal et le posa sur la table basse pour se lever et saluer les deux arrivants. L'animosité qu'il vouait à Yuki était presque palpable dans le silence dérangeant de la pièce. Et le blond le ressentait également. Certes, ça ne l'impressionnait pas le moins du monde, mais ça l'agacé beaucoup du fait que ça vienne du père de Shuichi et qu'il ne voulait pas se disputer avec cet homme : il avait fait une promesse à son fiancé et il comptait bien la tenir. Le père de Shuichi, qui était presque aussi grand que lui, à quelques centimètres près, le toisa un instant avant de se tourner vers son fils.
Bonjour, Shuichi. Ca me fait plaisir de te voir. Je ne t'avais pas revu depuis… Depuis l'anniversaire de ta mère en juin dernier. Maïko et Hikari m'ont dit que tu étais passé en août mais que tu étais reparti aussi vite. (1)
Oui, mais je n'ai pas eu beaucoup de temps et…
Dis plutôt que c'est l'envie que te manquait, le coupa sèchement son père. En tous cas, je suis content de pouvoir te revoir.
Moi aussi, papa.
Il y eut un instant de silence puis Shuichi se tourna vers Eiri et lui sourit avant de se tourner de nouveau vers son père et de dire :
Bien, papa, je te présente Uesugi Eiri, mon petit ami. Eiri, je te présente mon père, Shindo Seichiro.
Heureux de vous rencontrer enfin, dit Eiri le plus poliment possible en serrant la main de l'homme qui lui faisait face.
J'aimerais pouvoir en dire autant, répondit froidement Shindo père.
Lorsque les deux hommes s'étaient serrés la main, Yuki avait pu sentir avec quelle force son hôte avait discrètement tenté de lui broyer les phalanges. Je dis bien essayer car le blond avait bien évidemment rendu la pareille à Seichiro.
Où est maman ? demanda Shuichi qui essayait à tout prix de ne pas laisser l'occasion à son père de passer à l'attaque avec des paroles qui provoqueraient à coups sûrs la colère de Yuki.
Elle est dans la cuisine, je crois qu'elle prépare du thé. Je vais la chercher, répondit Maïko avant de quitter le salon, laissant les trois hommes seuls, avec une tension monstre dans la pièce.
Le père finit par se rasseoir dans son fauteuil et Yuki et Shuichi firent de même, s'installant sur le canapé.
Bien, Uesugi-san, je pensais que vous vous appeliez Yuki… lança banalement Seichiro.
Je suis auteur alors Yuki est mon nom de plume. Uesugi est mon vrai nom.
Uesugi ? Je trouve que ça fait très… moine.
Dans ma famille on est moine de génération en génération. Mon père est à la tête d'un des temples de Kyoto.
Pourquoi, dans ce cas, avoir rompu cette tradition ?
Je n'ai jamais aimé la rigueur des ordres bouddhiques, se contenta de répondre Yuki, évitant largement de mentionner le fait qu'il ne pouvait pas supporter son père et sa manière de régenter sa vie ainsi que sa tendance à agir par esprit de contradiction. C'est vrai que c'est pas vraiment le genre de choses à sortir devant le père de Shuichi.
C'est alors que Maïko fit son retour dans le salon avec dans les mains une pleine assiette de cookies et un pichet de jus d'orange. La suivant de près, la mère de Shuichi portait un plateau où se trouvait une théière, un pot à sucres, un pot à crème et 5 tasses. Elles déposèrent tout sur la table basse puis le romancier et le chanteur se levèrent. Shuichi alla embrasser sa mère.
Shuichi ! Tu m'as tellement manqué ! Espèce de triple imbécile ! Tu n'as pas honte de ne pas rendre visite à ta mère plus souvent ! Tu veux me rendre malade et m'envoyer à l'hôpital, c'est ça ? Espèce de fils indigne ! s'exclama celle-ci en serrant son enfant dans ses bras tellement fort qu'Eiri eut peur qu'elle lui brise deux ou trois côtes.
Mais il vit Maïko, derrière elle, lui articuler silencieusement quelque chose qui ressemblait à « C'est son état normal ». A moins que ce ne soit « Ca doit vraiment faire mal »… Lorsque la mère lâcha son fils, elle se tourna vers Yuki, visiblement hésitante.
Maman, voici Eiri. Eiri, ma mère, Hikari.
Enchanté, Hikari-san, la salua Yuki qui se surprit à vouloir paraître à ses yeux comme le gendre parfait.
Moi de même, Yuki-san.
Les deux amants se rassirent et Maïko prit place à côté de son frère sur le sofa. Quant à la mère, elle s'installa dans le rocking-chair. Préférant ne pas faire traîner les choses, Shuichi prit son courage à deux mains et commença :
Mmmh… Papa, maman … Si on est venu aujourd'hui c'est pour deux choses bien précises. La première, c'est que je voudrais qu'on arrête de faire comme si tout allait bien, parce que ce n'est pas le cas. Je sens bien que vous ne comprenez pas notre relation.
Et comment veux-tu que nous comprenions quoi que ce soit ! Rétorqua sèchement son père. Explique-moi un peu comment des parents sont censé comprendre le choix de leur fils de s'envoyer en l'air avec un autre homme !
Shuichi sentait déjà les larmes lui monter aux yeux. Mais pourtant il devait continuer… Il s'apprêta à reprendre quand :
Le sexe n'est pas ce qu'il y a de plus important dans notre relation, Shindo-san, intervint Yuki, le plus calmement du monde.
Essayez vous de me faire croire, jeune homme, que vous ne baisez pas mon fils chaque fois que bon vous semble !
Seichiro ! s'exclama Hikari, clairement déçue et stupéfaite d'entendre de tels mots sortir de la bouche de son mari. Des mots qui concernaient leur propre fils par-dessus le marché…
Ce serait mentir que de dire le contraire, admit Yuki, ce qui ne manqua pas de faire rougir à la fois Shuichi et sa sœur. Mais ce qui compte vraiment, c'est que j'aime sincèrement votre fils.
La pièce resta silencieuse un instant. La déclaration de son amant devant ses parents avait rendu Shuichi fou de joie. Il aurait pu crier et chanter son bonheur sur le toit de la maison si les circonstances avaient été différentes.
Et c'est pour nous balancer ces niaiseries que vous avez fait le chemin jusqu'ici ? ricana le chef de famille.
Là, c'en est trop ! M'en vouloir et me mépriser pour avoir choisi d'aimer un homme, c'est une chose ! Mais mépriser l'amour que Yuki me porte, c'en est une autre. Déjà qu'il ne me dit pas souvent qu'il m'aime, et même quand il le fait, il le murmure. Mais là c'est carrément la première fois qu'il le dit haut et fort et en public ! s'énerva intérieurement le chanteur.
Que tu le veuilles ou non, c'est comme ça ! J'aime Eiri de tout mon cœur et de toute mon âme, et si tu n'es pas capable de comprendre cette simple chose, alors en effet, je ne vois pas pourquoi on perdrait davantage de temps ici !
Shuichi, chéri, ne pars pas… demanda Hikari Shindo. Vous venez juste d'arriver et je ne veux pas que tu quittes la maison sur une dispute.
Oui, ne partez pas tout de suite… approuva Maïko en regardant son frère droit dans les yeux.
Shuichi lui sourit puis se tourner vers Yuki.
De toutes façons, il y a encore une chose qu'on voulait vous dire. En fait c'est plutôt une annonce…
Hier soir, j'ai demandé à votre fils de m'épouser et il a accepté, le coupa Eiri qui, pour une raison inconnue, avait éprouvé le besoin de le dire lui-même.
QUOI ! C'est quoi ces conneries ! hurla Seichiro en se levant d'un bond. Quels genres de stupidités vous avez mis dans la tête de mon fils ?
Tu ne eux pas être simplement content pour nous ? Te réjouir de voir ton fils heureux t'es donc impossible ? répliqua Shuichi en se levant à son tour pour faire face à son paternel.
Mais enfin Shuichi, tu te rends compte au moins de ce que tu me dis là ? Bientôt tu vas me sortir que tu comptes adopter, aussi !
Et bien figure-toi qu'on y travaille déjà ! rétorqua le jeune homme, dans une colère noire.
Jamais Yuki ne l'avait vu dans un état pareil et honnêtement c'était assez impressionnant. Il était loin de se douter que son petit Shuichi pouvait crier aussi fort et être aussi hargneux. Note personnelle : éviter de mettre Shuichi en colère, ce serait trop fatiguant d'essayer de le calmer…
Ca suffit ! lança Hikari Shindo d'un ton autoritaire.
Shuichi et son père se fixèrent un instant avant de se rasseoir. Alors qu'elle s'apprêtait à parler, le téléphone sonna.
Je vais répondre, dit aussitôt Maïko en quittant la pièce.
Shuichi, Yuki-san, vous rendez-vous compte que... Enfin, le mariage homosexuel n'est pas légal, ici, au Japon.
Le problème n'est pas là, Hikari, intervint son époux.
Alors quel est le problème exactement ? demanda Yuki qui commençait à éprouver du mal à garder son calme. C'est parce que je suis un homme ? Parce que je suis plus vieux que lui ?
Un mélange d'un peu des deux, je pense, répondit Seichiro avec défi. A mes yeux, vous n'êtes qu'un irresponsable qui a abusé de la confiance d'un adolescent naïf.
Mais Yuki n'a jamais abusé de moi ! s'exclama Shuichi. Et comment tu peux lui en vouloir d'avoir quatre ans de plus que moi alors que tu es plus vieux que maman de huit ans au moins ! Je sais bien que je suis un idiot qui a tendance à faire confiance à n'importe qui, mais s'il y a une chose dont je suis absolument certain, c'est que donner ma confiance à Eiri est la meilleure chose que j'ai faite dans ma vie. C'est quelqu'un de bien, il m'aime, avec lui je me sens heureux et en sécurité. Alors je t'interdis de lui dire toutes ces horribles choses.
Eiri regardait Shuichi se battre pour lui et c'était un spectacle jouissif, outre le fait bien sûr qu'il se dispute avec son père et qu'il en serait malheureux en sortant de cette maison. L'écrivain entendait chaque jour son amant lui répéter combien il l'aimait, le lui montrer, le lui chanter. Shuichi avait même subi le viol d'Aizawa pour protéger Yuki. Et au fond de lui, Eiri se sentait tellement heureux d'être tombé sur cette perle rare que maintenant il était bien déterminé à se battre pour lui.
Jamais je ne pourrais faire de mal à votre fils car il est la plus belle chose qui me soit arrivée. Avant de le rencontrer, j'étais quelqu'un de totalement différent : j'étais égoïste, froid et parfois même mauvais. Mais Shuichi m'a fait changer. Et je sais qu'aujourd'hui, j'ai besoin de lui à mes côtés parce que sans lui, alors je n'ai pas de raison d'exister.
Shuichi se tourna vers son fiancé, complètement abasourdi par ce qu'il venait d'entendre. Alors ce qu'il ressent vraiment ? Je représente tant de chose pour lui ? A l'entendre on dirait que je suis son univers. Exactement comme lui est le mien. Alors qu'il s'apprêtait à répondre, Maïko, apparemment revenu du couloir après son coup de fil, s'exclama :
Kyah ! C'est la plus belle déclaration que j'ai jamais entendue !
Maïko, tu m'ôtes les mots de la bouche. Tu ne m'avais jamais dit tout ça, Yuki.
Tu ne me l'as jamais demandé, se contenta de répondre le blond.
Mais, vous êtes tout les deux encore très jeunes pour prendre un tel engagement. Le mariage n'est pas à prendre à la légère et c'est pareil pour cette histoire d'adoption dont tu m'avais déjà parlé Shuichi.
Quoi ! Tu le savais et tu ne m'as rien dit ? s'indigna Seichiro.
Je me doutais bien que tu réagirais comme ça alors je n'en ai pas vu l'intérêt, répondit simplement Hikari.
On a longtemps pesé le pour et le contre pour l'adoption et on en est venu à la conclusion que, malgré nos carrières respectives, avoir des enfants nous tient trop à cœur pour que l'on passe à côté de ça, répondit Yuki.
Quant au mariage, même s'il n'a aucune valeur devant la loi, il en a pour nous. Et là encore, on est sûrs de nous. C'est pas donné à tout le monde de rencontrer la personne qui nous est destinée, notre âme sœur. Et j'ai jamais était autant sûr de vouloir quelque chose de toute ma vie. C'est pour vous annoncer tout ça qu'on est venus. Notre mariage aura lieu le 14 février, vous y êtes invités. Et Maïko, je voudrais que tu m'aides à tout préparer.
Tout ce qu'il y avait à dire avait été dit. La conversation était close. Shuichi sentit un énorme poids lui tomber des épaules. Son père n'en avait pas supporté davantage et avait quitté la maison pour faire un tour. Maïko avait passé son temps à congratuler son frère et son futur beau-frère. L'idée d'être demoiselle d'honneur la réjouissait déjà. Et elle s'était littéralement extasiée devant leurs alliances. Quant à leur mère, elle s'était montrée encore un plus inquiète qu'avant mais semblait avoir malgré tout compris combien les deux jeunes hommes étaient heureux ensemble.
Dans l'ensemble, ça aurait pu être pire, pensa Shuichi en sortant de chez ses parents, cramponné au bras de son fiancé. Yuki et papa auraient pu en venir aux mains… Et demain, rebelote avec la famille de Eiri.
Yuki ?
Nanda ?
C'est vrai ce que tu as dit tout à l'heure ?
Je vois pas de quoi tu veux parler.
Nah, Yuki, fais pas le méchant ! Tu le penses vraiment, que je suis ta raison d'exister ?
Le blond s'arrêta soudain, étant arrivés devant la portière du côté conducteur de la voiture. Il se tourna vers Shuichi en fixant son pénétrant regard dans les grands yeux de son amant.
Tu en doutes ? demanda-t-il simplement.
Plus maintenant, lui répondit le jeune homme avec un grand sourire ravi.
Ils échangèrent un long baiser passionné avant de monter en voiture pour rentrer vers leur appartement.
Ndla : (1) Souvenez-vous, dans « Ze veux un bébé » quand Shuichi était passé chez lui avec Hiro pour récupérer son album photo…
Notes : J'espère que ce chapitre vous a plu. Moi, il m'a laissé un sentiment d'insatisfaction. En fait, si j'avais mûrement réfléchi à la demande en mariage, je ne m'étais pas imaginé comment le couple l'annoncerait à leurs proches. Du coup de je l'ai un peu fait au feeling. Mais je n'aime pas faire les choses sur un coup de tête, je préfère y avoir longtemps réfléchi. M'enfin vous me direz ce que vous en avez pensé dans une bonne petite review, n'est-ce pas ? A la prochaine.
Lexique :
Nani : Hein ? De quoi ?
Baka : Crétin.
Nanda : Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?
Haï : Oui.
Gomen (nasaï) : Pardon. Excuse-moi.
Yatta : Génial !
Tadaïma : Je suis rentré !
Demo : Mais.
Moshi moshi : Allo ?
Aniki : Grand frère.
Konnichi wa : Bonjour.
