Titre : Des surprises à la pelle.

Auteur : Patpat.

Bêta-lectrice : Mag-San.

Source : Gravitation

Genre : Yaoi, Shonen-aï, Mpreg

Rating : T

Paring : Yûki Eiri / Shindô Shûichi

Disclaimer : Les personnages ne sont pas les miens, ils appartiennent à Maki Murakami. Seule exception : Miri Johanson, rescapée de « Should I believe in Destiny ? » dans un rôle un petit peu différent…

Notes : Bon alors ce chapitre est assez space, je trouve. En fait, je voulais ramener l'histoire au point de départ abordé dans « Ze veux un bébé », à savoir l'adoption. Je n'en dis pas plus et vous laisse le plaisir de découvrir le petit chapitre que je vous ai concocté avec amour. Et oui, parce que je vous aime tous ! Alors bonne lecture et rendez-vous à la fin pour la dernière note.

Ps : Pareille que pour la dernière fois c'est-à-dire 10 reviews et je poste le chapitre 6. Il est déjà écrit depuis un bail. Alors un petit effort, vous l'avez déjà fait, vous pouvez le refaire !

Avertissement : Bien que cette fic ne contienne aucun lemon, lime ou autres, ce chapitre est concentré en allusions au sexe et certaines scènes de la fin décrivent deux hommes (c'est un peu le principe du yaoi) dans une situation très éloquente. Je pense que tout le monde aura compris.

Pensées en italique. Dialogues en gras.

Chapitre 5 : Une petite tache dans sur le paysage.

A peine les fêtes de fin d'année terminées, chacun retourna à ses occupations habituelles. Yuki avait beaucoup pris sur son temps de travail pour passer Noël et le jour de l'an avec Shuichi, sans compter le nombre effarant d'heures passées en recherches Internet et en coups de téléphone pour faire toutes les réservations nécessaires pour que leur nuit de noces et leur lune de miel répondent à ses moindre exigences, sans oublier les cours de danse avec Shindo Hikari. Il avait donc pris énormément de retard sur son dernier roman et alors que sa deadline était à la fin de la première semaine de janvier, il avait tout juste écrit la moitié de son livre. Ainsi donc il passait la quasi-totalité de son temps enfermé dans son bureau à taper frénétiquement sur le clavier de son ordinateur portable. Il n'en sortait que deux ou trois fois par jour pour se chercher quelque chose à boire et à grignoter et pour répondre à ses besoins naturels (1). La nuit, il s'accordait cependant quelques petites heures de pause pour rejoindre son amant au lit, juste histoire de pouvoir le prendre dans ses bras. Mais lorsqu'il allait se coucher avec lui, le chanteur dormait déjà profondément, et le matin, le blond se réveillait bien trop tôt pour rejoindre son bureau. Les deux fiancés ne se croisaient même plus. Shuichi commençait à s'habituer à ce genre de situation. Avec le temps il avait accepté, même difficilement, les conditions de vie d'un écrivain aussi demandé que Yuki. Sachant qu'en plus le romancier faisait traîner son travail jusqu'au dernier moment, ce genre de périodes pendant lesquelles ils se voyaient à peine arrivaient assez régulièrement. Mais Shuichi était mal placé pour critiquer son fiancé puisque lui aussi s'y prenait au dernier moment pour écrire ses chansons…

De son côté, Shuichi aussi était très occupé au studio. Comme à chaque fois après les fêtes, NG cherchait à booster les ventes de tous ses artistes. Ainsi donc, Bad Luck avait était contraint d'écrire, composer et enregistrer en un temps record une chanson complètement inédite qui ne paraîtrait même pas sur leur prochain album et ne serait disponible qu'en CD single édition limitée. Quoi de plus vendeur que les éditions limitées ? Les fans se les arrachent ! De plus, Seguchi et Miri avaient organisé une tournée de sept minis concerts pour promouvoir la sortie très proche de leur troisième album. Cette tournée commencerait le 16 janvier et s'achèverait le 31 après une date à Séoul, une à Sydney, ainsi qu'une à Paris, une à Londres, une à New York, une à Los Angeles et pour finir, une dernière à Tokyo. Shuichi ne verrait pas son amant pendant 15 jours et ça le bouleversait déjà.

A la fin de cette terrible première semaine de janvier, Eiri avait finit son manuscrit juste à temps et l'avait même rendu avec un jour d'avance à Mizuki, son éditrice, qui était littéralement stupéfaite par la nouvelle ponctualité de son auteur à succès. Ainsi donc, le romancier profitait de son vendredi après-midi pour faire une longue sieste, histoire de récupérer de toute cette fatigue accumulée. Shuichi, comme chaque jour de cette semaine, ne rentra que vers 21h. Trouvant l'appartement sombre et silencieux, il alla vérifier dans la chambre pour voir si Yuki dormait encore. En ouvrant la porte de la pièce plongée dans l'obscurité, il remarqua la silhouette de son amant étendue sur le lit. Avec un petit sourire attendri, il referma et décida d'ouvrir le courrier qu'il avait remonté avec lui tout en buvant une tasse de thé bien chaud. Quelques minutes plus tard, c'est installé à la table de la cuisine, un mug fumant à la main, qui commença à ouvrir lettre par lettre. Quelques factures, une lettre de ses grands parents qui répondait positivement à l'invitation pour le mariage le 14 février, les meilleures lettres de fan que NG avait sélectionnées pour lui afin qu'il y réponde, des propositions de scénarios envoyé par la maison d'édition de Yuki pour son prochain livre et enfin, un courrier du dernier organisme d'adoption en date auquel le couple s'était adressé. Le cœur battant à rompre, Shuichi regarda longuement l'enveloppe. Est-ce que je dois l'ouvrir maintenant ou attendre qu'Eiri se réveille. Non, je ne pourrais jamais attendre plus longtemps… D'un autre côté, je peux toujours le réveiller… Hmmm… Nan ! Il a besoin de repos ! Je vais l'ouvrir maintenant ! décida Shuichi en décachetant ladite enveloppe. Il en tira la lettre, la déplia et la lut aussitôt.

« Monsieur Uesugi, Monsieur Shindo,

Après analyse de votre demande d'adoption et de votre dossier complet, nous avons le regret de vous annoncer que nous ne pouvons pousser plus loin votre procédure. En effet, selon nos critères de jugement, bien que vous ayez à votre disposition des revenus plus que confortables pour prendre soin d'un enfant, vos carrières respectives monopolisent beaucoup trop de votre temps. Et c'est autant de temps dont sera privé l'enfant auprès de sa nouvelle famille. Nous vous prions d'accepter nos humbles excuses et espérons que vous parviendrez malgré tout à accomplir votre vœu d'avoir des enfants.

Cordialement, Mr Yamasaki Osawa. »

Shuichi resta immobile un instant, les yeux toujours rivés sur le papier. Puis soudain, il se sentit tout faible ; ses mains se mirent à trembler et sa tasse lui échappa, allant se fracasser contre le carrelage. Le thé encore brûlant éclaboussa ses pieds mais la douleur dans son cœur était bien trop forte, bien trop sourde, pour qu'il ne sente les picotements de l'eau bouillante sur sa peau. Il porta sa main à sa bouche, tentant désespéramment de contenir les larmes qui menaçaient de couler le long de ses joues. Il n'arrivait plus à penser, ni à bouger : ce refus était bien trop dur à supporter. Il avait eu à faire de nombreux refus dans sa vie, pour tout genre de choses. Jusqu'à maintenant, les pires à ses yeux avaient été les rejets répétitifs de Yuki au début de leur relation. Mais même là, il savait qu'il pouvait gagner le cœur du blond à force d'amour et de persévérance. Hors là, il n'y avait rien qu'il puisse faire. La décision ne lui appartenait pas, ni à Yuki, ni à personne qu'il puisse tenter de convaincre par des larmes ou des sourires. Non, la décision appartenait à des hommes en costume cravate qui n'avait probablement jamais vraiment connu la véritable signification des mots « amour » et « famille ». Soudain, comme si son cerveau venait de refaire surface après une mise en veille prolongée, il se dit : Oh Kami-sama ! Mais comment Eiri a-t-il pu tenir face à de telles lettres ? C'est abominable… Voir notre rêve s'éloigner un peu plus de notre portée à chaque rejet… C'est comme on se moquait de nous, comme si on nous agitait une carotte sous le nez pour mieux nous la reprendre ensuite… C'est jouer avec l'espoir des gens ! Yuki, comment fais-tu pour être si fort ? Comment fais-tu pour, après avoir lu ces lettres, trouver le courage de me dire qu'une nouvelle chance pour nous d'avoir un bébé vient de s'envoler en fumée ? Shuichi ne tremblait plus. Il était tellement choqué, triste et submergé par le désespoir, que son corps lui-même ne semblait plus avoir la force de bouger un seul muscle, un seul nerf.

En effet, il venait de réaliser que c'était Yuki qui avait ouvert chacune des précédentes lettres de refus. Que c'était son amant qui avait pris sur lui de lui annoncer ces mauvaises nouvelles. Et qui après tout ça, trouvait encore la force de consoler le chagrin du chanteur. Mais c'est toujours un fardeau vraiment lourd à porter que de devoir briser le cœur de celui qu'on aime. Maintenant qu'il avait ouvert la lettre et connaissait son contenu, il savait qu'il devrait en informer l'écrivain, ou au moins lui donner le papier. Mais comment trouver le courage de lui présenter ce refus, de quelque manière que ce soit ?

Shuichi se leva soudain, se précipita dans le couloir où il enfila ses baskets et quitta l'appartement en trombe. Il fallait qu'il coure, qu'il oublie… Ne fusse que pour quelques heures. En ce début de mois de janvier, même si la tempête de neige de Noël s'était arrêtée depuis plusieurs jours, il continuait de tomber de gros flocons blancs et glacés. Le froid à l'extérieur était mordant et lui brûlait le visage et les mains. Maintenant qu'il était déjà à plusieurs pâtés de maisons de chez lui, il se rendit compte qu'il ne portait rien d'autre qu'un jeans, un tee-shirt et un sweat. Mais il ne pouvait pas rentrer maintenant ! Il avait besoin de parler…

XXX XXX XXX

Pendant ce temps, chez Hiro…

Elle se préparait tranquillement une tasse de chocolat chaud, une cigarette à la bouche, tout en fredonnant la mélodie de la dernière chanson de Dark Saïan, le groupe dont elle était la guitariste. Elle avait bon avoir l'air insouciant à cette instant précis, son esprit restait préoccupé par quelque chose… En réalité, ses pensées étaient toutes tournées vers un certain jeune guitariste qui s'était endormi quelques minutes plus tôt. Il était encore tôt dans la soirée pourtant Nakano Hiroshi était épuisé. Et pour cause ! Lui et Miri Johanson, l'étrange musicienne et productrice américaine, venait de faire l'amour passionnément. Une fois, une seule, et maintenant la jeune femme commençait à prendre ses distances. Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Je viens de bousiller mon amitié avec un garçon adorable, qui vient de traverser une rupture douloureuse, tout ça pour une partie de jambes en l'air ! La blonde ne portait pour seul vêtement qu'un grand tee-shirt appartenant à son amant occasionnel. Etant donné qu'elle n'était pas très grande contrairement à ses cousins les Uesugi, le vêtement lui tombait presque jusqu'aux genoux. Elle alla s'asseoir sur le canapé, son mug en main. Avec un long soupir de frustration, elle se passa la main dans ses boucles dorées avant de tirer une dernière taffe de sa cigarette et d'en écraser le mégot dans le cendrier devant elle sur la table basse. Je dois partir. Il ne doit pas se faire de fausses idées sur ce qu'il s'est passé. Parce qu'il ne s'est strictement rien passé. Juste un gars et une fille qui se sont donné du plaisir le temps de quelques petites heures… Profitant de son soudain élan de détermination, elle avala d'une traite son chocolat et se leva pour rejoindre la salle de bain et se rhabiller avant que Hiro ne se réveille. Elle devait partir, après quoi, il lui serait bien plus facile d'agir comme si rien ne s'était passé. Elle ne pourrait pas faire face à ce garçon pour lui dire sans remords que ce n'était que du sexe. Habituellement, ça ne lui faisait pas peur de briser les illusions de ses soupirants. Mais pour une raison inconnue, Hiro était différent à ses yeux. Il méritait mieux que sa froideur et n'aurait jamais dû se retrouver piégé entre ses pinces de « mante religieuse », comme Miri aimait à s'appeler elle-même. Pour la première fois depuis un bout de temps, elle sentait poindre en elle un lourd sentiment de culpabilité : elle regrettait sincèrement de devoir briser le cœur du guitariste qui venait déjà d'être salement malmené par cette garce de Ayaka.

Elle venait de se doucher et avait presque fini de se revêtir lorsqu'on tapa à la porte d'entrée. Intriguée, Miri finit de remonter la fermeture éclaire de son pull noir avant d'ouvrir la porte. Devant elle se trouvait un Shuichi à bout de forces, ses cheveux roses recouverts de flocons de neige. Il avait le souffle court et paraissait étrangement pâle, lui qui avait toujours les joues roses. Mais Miri s'inquiéta vraiment lorsqu'elle constata que son chanteur ne portait ni manteau, ni blouson, ni même une petite liquette. Sur ses joues, elle pouvait voir des traces humides, signe qu'il avait pleuré il y a peu. Et ses yeux étaient remplis de peine et de chagrin. D'un pas chancelant, le pauvre garçon avança vers elle et la blonde dut le retenir pour éviter qu'il ne s'écroule à ses pieds.

Ola ! Shuichi ! Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-elle d'une voix douce à laquelle Shuichi n'était pas habitué.

Elle le fit entrer puis le déposa sur le canapé avant de retourner fermer la porte. Elle revint avec une large serviette chaude qu'elle enroula autour de lui. Le musicien grelottait mais ignorait totalement son mal-être physique, complètement concentré sur la nouvelle qu'il venait de recevoir. Il remarqua à peine sa co-productrice s'asseoir devant lui sur la table basse. Elle prit doucement son visage entre ses mains et l'obligea à fixer son regard dans le sien. Il n'était pas sévère ni agacé mais uniquement plein d'inquiétude.

Est-ce qu'au moins tu as conscience qu'avec le froid qu'il fait dehors tu aurais pu mourir d'hypothermie, espèce de débile ? demanda-t-elle sans hausser la voix de manière hystérique comme elle le faisait d'habitude dans ce genre de circonstances. Tu veux boire quelque chose de chaud pour te réchauffer ?

Shuichi acquiesça brièvement et Miri se leva pour revenir dans son champ de vision quelques instants plus tard avec une tasse de chocolat chaud qu'elle lui tendit.

Maintenant dis-moi. Qu'est-ce qu'il y a ? J'espère qu'il ne s'est rien passé entre toi et Eiri…

Non, c'est pas par rapport à Yuki, répondit faiblement Shuichi qui sentait déjà les larmes remonter dans ses yeux, battant contre ses paupières déjà alourdies par la fatigue.

Alors pourquoi tu es là, dans un état pareil ? A te voir on dirait que vous venez d'avoir une dispute… Mais puisque tu me dis que ce n'est pas ça alors qu'est-ce que c'est ?

Je… Je…

Mais le jeune homme ne put terminer sa phrase. Il explosa en larmes et commença à être secoué de sanglots incontrôlables. Ses joues blêmes étaient soudainement redevenues roses. En fait non, elles étaient rouges, comme en feu. Et le pauvre garçon tremblait comme une feuille. La blonde le prit dans ses bras et le serra contre elle en lui murmurant :

Ssshhh… Calme-toi, Shuichi… Bois ta tasse et je vais chercher Hiro. Tu vas pouvoir parler avec lui, d'accord ?

Doucement, elle poussa le chanteur contre le dossier du sofa pour qu'il puisse être plus à l'aise et se décida à contrecoeur à aller réveiller le brun. Moi qui voulais partir sans un bruit, c'est raté. Mais je suppose que je n'ai pas trop le choix…

De son côté, Shuichi se sentait vraiment faible. Il était parcouru de frisson et de sueurs froides. Il se blottit un peu plus dans la serviette chaude que Miri lui avait donné et commença à boire le chocolat. La boisson lui donnait un sentiment de chaleur en lui qui le soulageait un peu, mais il était épuisé et il voulait dormir. Il n'avait plus aucunes forces en lui et ça l'inquiétait. Il voulait Yuki à ses côtés pour le rassurer. Pourquoi diable avait-il quitté la maison ? Et sans son manteau en plus ! Miri avait bien raison de le traiter de débile. Et même à lui, en cet instant, le mot lui semblait trop faible pour décrire la stupidité de sa réaction. Certes, il ne se sentait toujours pas de taille à annoncer la mauvaise nouvelle à son fiancé, mais il aurait dû réagir avec plus de sagesse et moins d'impulsivité. Quelle idée aussi de courir sous la neige, par un temps pareil, traversant la moitié de la ville pour trouver du réconfort auprès de son meilleur ami, alors que son amant aurait sans aucun doute était tout disposé à lui en donner. Yuki… J'ai besoin de toi…

Soudain, se précipitant vers lui, Hiro vint pauser sa main sur son front et grogna.

Bordel, Shuichi ! Qu'est-ce qui t'a pris ? Tu es brûlant de fièvre maintenant ! s'alarma le guitariste.

Je te l'avais dit qu'il était dans un sale état. Occupe-toi de lui, je vais appeler Eiri pour qu'il vienne, dit froidement Miri à l'adresse du brun avant de partir pour appeler depuis la cuisine.

Le jeune homme aux cheveux longs la regarda un instant avec confusion avant de se tourner de nouveau vers son meilleur ami. Malgré sa fatigue et sa difficulté à se concentrer sur ce qui l'environnait, Shuichi avait cru percevoir une lueur de peine dans les yeux de Hiro lorsqu'il avait entendu le ton distant de la blonde. Mais celui-ci fit mine de rien et lui demanda :

Shu-chan, qu'est-ce qui t'arrive ?

C'est trop dur, Hiro… J'en peux plus… Ils sont tous contre nous. Ils ne veulent pas qu'on soit heureux.

Qui ça « ils » ?

Les gens des organismes d'adoption, se contenta de répondre le garçon aux cheveux roses en tendant à son frère de cœur la lettre qu'il avait gardé en main.

Hiro la prit et il ne lui fallut que quelques secondes pour tout comprendre. Il soupira avant de prendre son ami dans ses bras.

Il y a d'autres organismes, Shu. Il y en a bien un qui acceptera votre demande.

On les a presque tous fait, Hiro ! Il n'en reste plus qu'un…

Et alors ? S'il refuse vous n'aurez qu'à vous tourner vers des organismes étrangers : la Corée du Sud, la Chine, le VietNam et même les Etats-Unis ou le Canada… Faut pas perdre espoir comme ça.

Shuichi se remit à pleurer tout bas dans les bras de son meilleur ami avant de s'évanouir sous les coups cumulés de la fatigue,de la fièvre, du froid et surtout de la douleur au plus profond de son cœur.

XXX XXX XXX

Pendant ce temps, Yuki venait de se réveiller dans son appartement étrangement silencieux. Il jeta un d'œil au réveil sur la table de nuit : il indiquait 23h passées. Il se glissa hors du lit et alla enfiler un pantalon et une chemise avant d'entreprendre de vérifier chaque pièce de la maison pour trouver son amant. Il commença par le salon mais ne trouva personne. Pas plus qu'à la salle de bain. Il alla à la cuisine qui était la seule pièce dont la lumière était allumée. Il n'y trouva qu'une pile de courriers ouverts sur la table et au sol, la tasse préférée de son amouren mille morceaux au milieu d'une flaque de thé. Il fronça les sourcils, ne sachant pas s'il devait se mettre en colère contre Shuichi pour avoir laissé son bordel ou s'il devait s'inquiéter pour son étrange absence à une heure si tardive. Soudain, le téléphone sonna et il alla répondre, espérant que ce soit son amant qui l'appelait pour le rassurer. Mais la voix féminine à l'autre bout de la ligne le détrompa vite.

Eiri ?

Nanda ?

Je t'appelle de chez Hiro, il faut que tu viennes vite, dit Miri.

Elle ne paniquait pas, non. Miri Johanson ne paniquait jamais. Mais Yuki la connaissait suffisamment pour remarquer la note d'inquiétude qui pointait dans sa voix.

Pourquoi ?

Shuichi est ici et il ne va pas bien. Il s'est pointé ici sans manteau ni rien alors je crois qu'il a dû attraper froid ou quelque chose dans le genre. Sans compter qu'il était en pleurs.

Quoi ! s'exclama Eiri, maintenant complètement inquiet lui aussi. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Hiro est en train d'essayer de le découvrir. Mais contente-toi de venir. Shuichi a besoin de toi.

J'suis là dans dix minutes.

Les deux cousins raccrochèrent en même temps et le romancier se hâta de s'habiller chaudement avant d'embarquer son portefeuille et ses clés avant de quitter son appartement en trombe pour sauter dans sa Mercedes.

XXX XXX XXX

En attendant l'arrivée de son cousin, Miri resta dans la cuisine pour fumer une nouvelle cigarette. Elle ne pouvait pas à se résoudre à retourner dans le salon et à faire face à Hiro, même si pour l'instant, le jeune homme était loin de se douter de ce qui l'attendait. Hélas pour elle, ça aurait été trop facile si elle n'avait qu'à attendre tranquillement l'arrivée d'Eiri pour s'échapper silencieusement sans avoir à croiser le regard de son dernier amant en date. En effet, ce dernier entra dans la cuisine avec sur le visage une expression de profonde inquiétude. Pas besoin de demander ce qui le préoccupait car c'était plus qu'évident : son meilleur ami et l'état dans lequel il s'était mis. Miri se sentit encore plus coupable de devoir imposer au jeune homme un autre choc émotionnel en plus de sa plus ou moins récente rupture et de Shuichi. Pourquoi faudrait-il que je lui brise le cœur ? Après tout, avec lui, je me sens bien… pensa-t-elle en voyant Hiro s'effondrer sur une chaise, la tête dans les mains. Sur une impulsion soudaine, la blonde s'approcha et passa ses bras autour de ses épaules par derrière, comme pour le réconforter, le rassurer. Elle voulait qu'il sente qu'il n'était pas seul. Et le sentir se détendre contre elle lui faisait plaisir. Elle n'avais jamais réussi à consoler qui que ce soit, car il faut bien le dire, rares étaient les personnes qui trouvaient grâce à ses yeux. Elle rassurerait volontiers Eiri car il était le membre de sa famille duquel elle se sentait le plus proche, en dépit de leur froideur respective. Elle consolerait également Shuichi ou Ryuichi car ils étaient bien les seuls à pouvoir la faire sourire pleinement à gagner d'elle un peu de douceur. Par leur caractère infantile et naïf, ils parvenaient souvent à la faire sortir de ses gonds et au fond, elle adorait ça car ça la faisait se sentir en vie. Mais Hiro, il était le genre de personne qui n'avait pas besoin d'être consolé. Pourtant, depuis sa séparation d'avec Ayaka, il s'était montré plus vulnérable qu'il ne le laissait paraître d'habitude et ça avait profondément touché la jeune femme. Elle ne voulait pas faire souffrir Hiro comme cette sale gamine de Usami Ayaka venait de le faire.

Elle voulait rester enfin de compte. Elle était presque reconnaissante à Shuichi d'avoir débarquer ici et mis en l'air tout ses plans de fuite. Elle aurait pu commettre une erreur irréparable si cette petite boule rose n'avait pas fait irruption…

Il s'est évanoui, lâcha enfin Hiro, tirant sa compagne de ses songes.

Eiri va venir le chercher, il est déjà en route.

Ils gardèrent un long moment de silence avant que Miri ne demande d'un ton hésitant qui étonna Hiro. Elle pourtant pas le genre de femme à être hésitante… pensa-t-il.

Après ce qui s'est passé, que penses-tu de moi ?

Nani ? Je ne suis pas sûr de comprendre…

On vient de coucher ensemble, Hiroshi. Maintenant, je vais reformuler ma question : « Comment me considères-tu ? Me vois-tu toujours comme ta co-productrice et patronne ? Ou me vois-tu comme ton amante ? »

C'est une question piège ? se demanda aussitôt le brun qui leva vers la jeune femme un regard surpris. Elle restait fidèle à elle-même : son visage aux traits fins et merveilleusement beau exprimait une totale impassibilité digne de celle de son cousin. Ses cheveux blonds légèrement ondulés, dégagés de son visage par un bandeau, révélaient alors un regard noisette franc et imperturbable. Pourtant cette fois, Hiro y décelait quelque chose de différent, mais il ne savait pas quoi…

J'aimerais que tu sois plus que ma simple patronne, Miri, répondit-il simplement.

Elle se pencha pour déposer sur les lèvres du guitariste un petit baiser. Ce n'était un baiser passionné, ni un baiser tendre en langoureux. Ce n'était qu'un baiser. Le genre que l'on donne à son petit ami au réveil après une longue nuit d'amour. La jeune femme s'écarta et plongea son regard dans ses yeux chocolat tout en murmurant :

C'est aussi ce que je veux.

D'un geste, Hiro attira Miri sur ses genoux et l'embrassa amoureusement. Il était loin de s'attendre à ce que sa nouvelle petite amie en titre agisse de cette façon. Leur étreinte était chaleureuse et les sensations que l'un et l'autre éprouvaient à cet instant étaient grisantes. La mystérieuse et distante Miri Johanson s'ouvrait pour Hiro et celui-ci en était très heureux. Maintenant plus que jamais il comprenait pourquoi Shuichi s'était battu avec tant d'acharnement et de détermination pour Yuki. Et il comprenait aussi ce qu'il pouvait ressentir à l'idée d'être le seul pour qui cet homme froid se montrait sous un tout autre jour. Alors que leur échange de baisers et de caresses s'approfondissait, on frappa à la porte. Sursautant légèrement, ils s'écartèrent l'un de l'autre et pour la première depuis qu'il la connaissait, Hiro eut le plaisir de voir Miri rougir. Mais cette rougeur sur ses joues disparut très vite tandis qu'elle se levait pour rejoindre le salon. Hiro quitta lui aussi la cuisine et alla ouvrir à Yuki. Celui-ci affichait une expression inquiète tandis qu'il entrait sans un mot dans l'appartement du guitariste.

Yuki se dirigea directement vers le canapé où il trouva son fiancé endormi, le corps de temps à autres parcouru de frissons. Il était recouvert d'une chaude couverture polaire et avait sa tête posée sur un gros coussin. Miri était assise à ses pieds, écrasant sa cigarette dans un cendrier. Le romancier s'accroupit près du sofa pour être à la hauteur du visage de son amant qu'il caressa du revers de sa main.

Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi il est venu ici ? demanda-t-il un peu brusquement.

Hiro se contenta de lui donner la lettre que Shuichi lui avait montrée. Le blond s'en saisit et la parcourut en quelques secondes. Le cœur de Yuki se serra. Shuichi n'aurait jamais dû être celui qui ouvrirait cette lettre. Ce devait être lui. Il avait toujours sût que si son jeune amant tombait sur un de ces courriers de refus, il en serait anéanti. Et voilà le résultat. Pour Shuichi, avoir des enfants, au moins un, lui tenait tellement à cœur… Eiri lui aussi sentait son cœur se briser un peu plus à chaque rejet de leur dossier, parce que ce bébé, il le voulait aussi. Pourtant il avait pris sur lui d'être celui qui annoncerait les mauvaises nouvelles son petit ange, tentant pour le mieux d'adoucir les choses. Jusqu'à présent, ça avait marché. Mais c'était sans compter sur la possibilité que le jeune homme puisse tomber sur un courrier tel que celui-ci.

Poussant un soupir de peine et de colère, il froissa le papier en boule dans sa main avant de serrer Shuichi contre lui.

Cousin, je sais que c'est dur pour vous d'adopter mais, peut-être que je pourrais vous aider… proposa Miri. Si vous décidez de faire des demandes aux Etats-Unis, j'ai un de mes actionnaires qui travaille pour un organisme très sérieux.

Eiri tourna vers elle un regard étrange, à la fois mêlé de gratitude et de tristesse. Elle et Hiro furent aussi surpris l'un que l'autre de voir l'écrivain si affecté. Il était maintenant clair et irréfutable que ses sentiments pour Shuichi et sa volonté de fonder une famille avec lui étaient sincères et profonds. De son côté, Hiro croyait halluciner. D'abord Miri qui devenait sa petite amie et se laissait aller à un pur moment de tendresse dans ses bras, puis maintenant Yuki qui laissait choir son masque d'homme insensible. Le guitariste, qui n'avait pas vraiment porté le blond dans son cœur jusqu'à maintenant (et c'était réciproque) se sentait désormais éprouver de la sympathie pour lui.

Vous devriez le ramener, Yuki-san. Shuichi se remettra vite : un peu de repos et de quoi faire baisser sa fièvre arrangeront son état physique. Et vous sentir auprès de lui devrait suffire à le rassurer, dit gentiment le brun qui était resté debout.

Eiri leva vers lui un regard d'abord intrigué et interrogateur avant d'esquisser un nano sourire en coin en voyant l'expression chaleureuse sur le visage de ce garçon qu'il n'avait jamais pu supporter. Peut-être bien qu'après tout, il pourrait faire un effort envers Nakano. Après tout, ce dernier avait toujours été présent pour Shuichi et comme lui, il n'avait de cesse de vouloir le protéger…

Merci, souffla Yuki avant de se lever et de prendre dans ses bras la touffe de cheveux roses emmitouflée dans sa chaude couverture.

Avant de partir, il lança un regard à la fois désapprobateur et menaçant à Miri. Le sourire amusé qu'elle lui rendit lui fit comprendre qu'elle avait bien saisi le message. Ce qui faisait souffrir les proches du chanteur faisait souffrir ce dernier et ce qui faisait souffrir Shuichi mettait en colère le romancier. Ainsi donc sa cousine n'avait vraiment pas intérêt à briser le cœur de Nakano.

XXX XXX XXX

Le lendemain matin, alors que le soleil pointait le bout de son nez, Shuichi se réveilla. Il reconnut très vite son environnement comme étant la chambre qu'il partageait avec son amour. Il sentait un poids peser sur son torse alors qu'il était allongé sur le dos. En baissant le regard, il tomba sur la tête blonde de Yuki qui reposait au niveau de son estomac. Les bras puissants de son fiancé l'entourait à la taille et le serrait fermement. Même si son amant n'éprouvait plus vraiment de gêne à se montrer affectueux avec lui, il était tout de même très rare que le blond l'étreigne de cette façon. C'était pourtant très agréable. Shuichi ne put s'empêcher de passer sa main dans la chevelure de l'écrivain. Celui-ci gémit et poussa un petit grognement avant de lever vers son petit musicien adoré un regard ensommeillé et ronchon.

Baka ! gronda-t-il. J'peux savoir pourquoi tu as agi aussi stupidement ? Il aurait pu t'arriver quelque chose dehors. Tu aurais pu attraper plus qu'un simple coup de froid. Tu as une tournée dans une semaine et tu prends le risque de tomber malade…

Je vais bien, chouina Shuichi qui se sentait vraiment coupable d'avoir fui de cette façon.

Eiri se redressa pour regarder son fiancé dans les yeux. Le chagrin y était encore visible alors il s'approcha pour l'embrasser. Ils échangèrent un long baiser après quoi Yuki le prit dans ses bras.

J'avais peur que ça arrive un jour, murmura-t-il à l'oreille du chanteur. Je ne voulais pas que tu tombes sur un de ces courriers. Mais maintenant que c'est fait…

Le romancier fut coupé dans ses mots par un petit baiser de Shuichi.

Je suis désolé, souffla-t-il contre ses lèvres.

Pourquoi ? demanda Yuki, ne comprenant pas très bien la raison pour laquelle le jeune s'excusait.

Pour m'être enfui hier soir, pour t'avoir inquiété, pour t'avoir laisser tout prendre sur toi et faire face à ces horribles courriers, dit Shuichi d'une toute petite voix.

Eiri prit son visage entre ses mains, caressant avec ses pouces les adorables joues de son petit Shu et lui répondit :

Tu as été stupide de t'enfuir mais je ne suis pas en colère. Quant à ses lettres, c'est moi qui aie décidé de tout faire pour éviter que tu tombe dessus car je savais dans quel état ça te mettrait. Et tu sais que s'il y a bien quelque chose que je déteste, c'est de te voir triste et en larmes. Je suis prêt à tout, même à supporter ces refus, même à donner ma vie, pourvu que tu souris.

Il embrassa son amoureux et ajouta d'un air moqueur :

Et comme je tiens à la vie, t'as intérêt à arrêter de chialer pour oui ou pour un non. Souris-moi.

Et bien sûr, comme à chaque fois qu'il demandait un sourire à Shuichi, celui-ci lui sortit le plus baveux (mais néanmoins trop mignon) des sourires stupides et forcés.

Tsss… T'es vraiment incapable de me sourire sur demande, hein ?

Demo, Yuki, je… ZE T'AIMEUUUH ! s'exclama le garçon aux cheveux fuchsia en se jetant au cou de son futur mari, le plaquant sur le dos.

Ils restèrent un long moment enlacés dans les bras l'un de l'autre. Shuichi avait blotti son visage dans le creux du cou d'Eiri qui lui, profitait de cette agréable promiscuité avec son amant pour respirer le parfum de fraise de sa chevelure rose. Instinctivement, il glissa ses mains sous le haut de pyjama dont il avait revêtu Shuichi la nuit dernière. Il aimait caresser sa peau douce et la sentir frissonner à son contact. Tandis qu'il remontait doucement ses mains le long du dos du jeune homme, relevant lentement le tissu en même temps, le chanteur poussa un gémissement appréciateur. L'écrivain eut un petit sourire en coin alors qu'il devenait un peu plus entreprenant et débarrassait totalement son amant de son vêtement qui ne portait plus alors qu'un caleçon. L'écrivain et le chanteur échangèrent de longs baisers passionnés. Le plus jeune commença à déboutonner la chemise de Yuki qui ne s'était pas changé depuis son retour de chez Hiro. Ses petites mains fines parcouraient avidement le torse finement musclé du blond tandis que celui-ci jouait déjà avec l'ourlet du caleçon de Shuichi. Il pouvait sentir l'excitation et le désir croître en lui, et à en juger par ce qu'il sentait contre son bas ventre, son petit ami, qui était désormais à califourchon sur lui, était dans le même état. L'écrivain resserra son étreinte pour pouvoir profiter pleinement de la peau douce et chaude de Shuichi contre son torse nu. Et alors qu'il s'apprêtait à aller plus loin dans les préliminaires, le chanteur se redressa d'un coup avec sur le visage l'expression de quelqu'un qui vient de se rendre compte qu'il a oublié quelque chose sur le feu.

J'peux savoir ce qui te prend, baka ?

Dis-moi, Eiri…

Nanda ? grogna le blond qui avait hâte de reprendre les choses où elles en étaient.

Pourquoi tu t'étais agrippé à moi comme ça cette nuit ? Quand je me suis réveillé ce matin, tu me serrais comme si j'étais ton ourson en peluche.

Yuki rougit un bref, mais alors très bref instant avant de répondre un peu agressivement.

T'as pas arrêté de grelotter toute la nuit à cause de ta fièvre. Je me suis souvenu qu'à Noël, pendant la tempête, ça m'avait bien réchauffé que tu me serres comme ça. Alors j'ai tenté le coup.

Shuichi esquissa alors un petit sourire lubrique tandis que dans ses yeux brillait une lueur de gourmandise, de luxure et d'envie (2).

Avoue que ça t'as adoré me sentir tout contre toi, hein !...

Yuki haussa un sourcil, amusé. Voir son amant le tenter de cette façon lui faisait toujours énormément d'effet. Et il faudrait qu'il soit totalement stupide pour nier qu'il ADORAIT serrer ce petit corps menu dans ses grands bras forts… Il aimait chaque parcelle du corps de son amant pour avoir eu le temps et plusieurs occasions de l'étudier à loisir ; il en connaissait chaque détail et chaque défaut, autant de petites choses que le rendait si parfait à ses yeux. Il se souvenait de l'emplacement exact de chaque grain de beauté, de chaque petite marque et il trouvait même adorable cette étrange éruption de taches de rousseur sur la hanche gauche du musicien. Shuichi était d'une beauté pure, le genre de beauté qui vient à la fois du corps et du cœur. Et Eiri aimait chaque partie de son fiancé. Il était fou de l'être qu'il était dans son ensemble mais aussi de chaque petit détail qui faisait qu'il était Shindo Shuichi, l'homme de sa vie.

Avec un sourire carnassier, le chanteur se pencha sur le romancier, plaquant ses poignets contre le matelas et lui vola un baiser passionné. Se libérant des poignes de son fiancé, Yuki attrapa celui-ci par la taille et le fit rouler sur le côté de sorte à se retrouver au-dessus de lui.

Prépare-toi à supplier Shuichi, parce que je ne m'arrêterai qu'à cette condition, gronda-t-il, la voix voilée de désir.

Alors j'espère que tu te sens en forme, mon amour, parce que je pense que tu vas pouvoir t'en donner à cœur joie ! ricana le jeune homme en se trémoussant sous son amant.

XXX XXX XXX

Après plus de quatre longues heures passées à faire l'amour (3), les deux hommes étaient tranquillement étendus sur leur lit, l'un contre l'autre. La tête posée sur le torse de Yuki, Shuichi fredonnait la mélodie de Glaring Dream, tout en dessinant du bout de son index des petits cœurs invisibles juste au-dessus du nombril du blond. Celui-ci fumait une cigarette, adossé à la tête du lit avec un oreiller derrière son dos.

Tu crois qu'on y arrivera ? demanda soudain Shuichi.

A quoi ?

A avoir ce bébé ? A fonder notre propre famille ? J'en ai tellement envie.

Oui, on y arrivera.

Mais comment on va faire si le dernier organisme du pays refuse aussi notre dossier ?

J'ai déjà ma petite idée. Mais pour l'instant arrête de te prendre la tête avec ça. Ce n'est qu'une petite tache dans le paysage de ce qui nous attend. Je vais m'occuper de la demande pour le dernier organisme et s'ils refusent encore, on avisera une fois qu'on sera mariés et qu'on aura dûment consommé notre union, répondit le blond avec une évidente allusion à leur nuit de noces et à la lune de miel.

Shuichi leva vers lui ses grands yeux violets et brillants d'amour, un magnifique sourire s'étira sur ses lèvres.

Tu ne m'as toujours pas dit où on partait pour la lune de miel…

C'est pas maintenant que je vais le faire, rétorqua Yuki en tirant une longue taffe de sa cigarette avant de l'écraser dans le cendrier.

Onegaï, Yuki… gémit Shuichi en se glissant le long de son torse d'une façon très sensuelle pour arriva à la hauteur du visage du blond et lui soutirer un baiser. Faut au moins que je sache dans quelle région tu m'emmènes pour pouvoir préparer mes bagages.

Rien du tout, c'est sensé être une surprise et ça le restera jusqu'au jour du départ. Tes bagages, c'est moi qui les préparerai de toutes façons parce qu'il est hors de questions que tu ramènes tes abominables fringues fluo avec toi, trancha l'écrivain, essayant de son mieux de résister à la tentation.

Eiri, mon amour, susurra le chanteur, plus que jamais déterminé à obtenir ce qu'il veut. Si te me le dis, je serais très TRES gentil avec toi…

Y'a quelque chose qui t'échappe dans le concept de surprise ?

Non, mais je me disais que je pourrais te soudoyer en te montrant à quel point tu me rends fou…

Dommage pour toi, Shu, ta corruption ne marchera pas. Comment tu pourrais être plus gentil que tu ne l'es déjà ? Tu ne sais pas être méchant. Encore moins avec moi.

Mais si tu as envie que je sois un méchant garçon, je peux essayer, souffla Shuichi à l'oreille de Yuki qui rougit furieusement en sentait la chaleur du souffle de son amant contre cette zone très sensible de son anatomie. Je pense que j'en ai marre de jouer les soumis…

Cette dernière remarque empourpra davantage le visage du romancier qui faisait mine de ne rien remarquer malgré les gloussement de son compagnon. En effet, le désir en lui remontait à une vitesse hallucinante malgré la fatigue résultant de ces dernières heures passées à faire l'amour à son fiancé. Shuichi, comme emporté par une soudaine pulsion animale, grimpa à califourchon sur Yuki et commença à parcourir le torse de ce dernier, s'attardant sur ses pectoraux et taquinant parfois du bout des doigts ses tétons durcis d'excitation. Puis il alla embrasser sauvagement le blond, pressant ses lèvres contre les siennes avec une force qui aurait suffi à les faire bleuir. Eiri appréciait grandement cette partie surexcitée et dépravée de la personnalité du timide garçon aux cheveux roses qui d'habitude rougissait pour un rien. Rares étaient les fois où il prenait les devants et passait outre ses inhibitions. Mais à chacune de ces quelques occasions, le blond était sûr de passer de purs moments de plaisir et tous ces désirs en matière de sport de chambre étaient comblés. A croire que la libido de Shuichi avait des sautes d'humeur, au même titre que le jeune chanteur. Mais Yuki n'allait pas s'en plaindre, loin de là. Faire l'amour à Shuichi en temps normal lui apportait toujours énormément de plaisir : il avait à chaque fois l'impression d'être au sommet du monde et d'être libéré des entraves de la vie de simple mortel. Il avait l'impression de faire l'amour à un ange. Mais quand le jeune homme passait en mode « bête sauvage », c'était lui qui menait la danse. Et même si Yuki restait celui qui dominait dans le rapport sexuel en lui-même, il avait l'impression lors de ces quelques occasions que c'était Shuichi qui LUI faisait l'amour. Et honnêtement, il adorait ça.

Ndla : (1) Et oui, même les dieux vivants vont aux toilettes ! (2) Que de pêchés ! Les fans de FMA verront la un petit clin d'œil aux trio de choc d'Homonculus : Gluttony, Lust et Envy. C'est aussi un clin d'œil à Shindell, fan de FMA qu'elle est ! (3) Quand Shuichi est en forme, ça vaut la peine, hein Yuki !

Notes : Bon alors voilà, j'aime beaucoup la fin ! Les quelques personnes parmi vous qui me connaissent personnellement ou qui ont eu l'occasion de tchater avec moi sur msn savent qu'en moi se cache une grande perverse (niakniak !). On n'a de cesse de me répéter que j'ai l'humour lourd et l'esprit tordu d'un mec alors je pense que ça peut expliquer mon intérêt pour les passages coquins ! MDR. Ca et aussi le fait que ma chère Drudrue m'ait initié aux joies de la lecture du yaoi… M'enfin bon, j'ai tout de même essayé de mêler le romantisme à tout ça et j'espère y être parvenue. Comme je vous l'ai dit précédemment, mon seul but avec cette fic est de montrer les aléas de la vie d'un couple gay et célèbre. Et honnêtement, Yuki et Shuichi sont parfaits dans le rôle ! Bon, je me tais ! Une petite review et à bientôt pour le chapitre 6…

Lexique :

Kami-sama : Seigneur Dieu.

Nanda : Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?

Nani : Hein ? Quoi ?

Baka : Idiot, crétin, abruti, andouille.

Demo : Mais.

Onegaï : S'il te plait.