Titre : Des surprises à la pelle.

Auteur : Patpat.

Bêta-lectrice : Mag-San.

Source : Gravitation

Genre : Yaoi, Shonen-aï, Mpreg

Rating : T

Paring : Yûki Eiri / Shindô Shûichi

Disclaimer : Les personnages ne sont pas les miens, ils appartiennent à Maki Murakami. Seule exception : Miri Johanson, rescapée de « Should I believe in Destiny ? » dans un rôle un petit peu différent…

Notes : Je suis trop contente ! Je sais pas pourquoi mais je suis en mode « surexcitée de la vie » depuis 10 minutes alors je me suis dit « Pourquoi pas reprendre sur le chapitre 6 ? ». Pour info notez juste que j'ai fini le chapitre 5 il y à peine trois heures. Entre temps j'ai pu lire quelques petits trucs intéressants dont « Four weddings and a funeral », une gravi fic taillée dans le scénario du film « Quatre mariages et un enterrement »… Donc je disais que j'avais envie d'écrire ce chapitre tant que l'idée était fraîche dans ma petite tête. En fait, je ne savais pas trop quoi mettre entre le chap5 et le chap7 où, si tout va bien, il y aura le mariage. Je vous prédis même qu'il sera assez long, j'veux dire encore plus long que mes autres chapitres. Sinon, bonne lecture à tous et rendez-vous pour la note de fin.

Ps : 10 reviews et je poste le prochain chapitre dont les idées fleurissent déjà dans la boite à petits pois qui me sert de cerveau. J'imagine déjà mon beau Yuki dans son kimono traditionnel… Vous savez, celui qu'il porte dans le tome 4, avec son chapelet de perles (Arrête de baver Patou, t'es pathétique…).

Pensées en italiques. Dialogues en gras.

Chapitre 6 : Derniers préparatifs.

Le jour J pour le couple le plus populaire, le plus controversé et le plus glamour du Japon approchait à grands pas. Shuichi venait de rentrer de sa laborieuse mais exaltante tournée de deux semaines et s'était aussitôt jeté dans les bras de son fiancé qui lui avait tellement manqué. Mais voilà, le temps des papouilles devait laisser place à celui des derniers préparatifs pour le 14 février. Yuki, ayant clairement laissé entendre qu'il avait déjà fini de préparer leur lune de miel et son cadeau de mariage, n'avait de cesse d'essayer d'espionner Shuichi et ses « assistantes » pour savoir ce qu'ils prépareraient pour le grand jour. Il avait même été jusqu'à venir par surprise au studio pour tenter de surprendre une conversation. Mais tout ce qu'il avait surpris, c'était Hiroshi et Miri en train de flirter (pour ne pas dire s'embrasser à pleine bouche) dans un petit coin sombre du studio réservé à Bad Luck mais déserté pour cause de pause casse-croûte.

Le soir du 3, Shuichi avait enfin fini la préparation de la salle de réception : les chaises, les tables, le buffet chez le traiteur, le gâteau (à la fraise bien sûr) et les décorations avaient été réservés. Il avait aussi trouvé le groupe idéal pour jouer pendant la fête… Les Nittle Grasper et Bad Luck faisant partie des principaux invités, il était hors de question que l'un d'entre eux loupe une seconde de la réception en leur demandant de monter sur scène. D'un autre côté, Shuichi voulait des personnes de confiance et pas des amateurs. C'est Ryuichi qui avait trouvé la solution : les Dark Saïans, le groupe de Miri. Il était composé de trois autres filles en plus de la blonde : la pianiste bisexuelle, Juliet Baker, la batteuse muette, Liza Schweigen et la chanteuse farfelue, Jane Winchester. Sans compter que cette dernière n'était autre que la petite sœur de K. Shuichi avait déjà entendu plusieurs de leurs chansons, toutes devenues des standards en occident, et il savait que bien que leur répertoire soit plutôt rock, elles étaient capables de jouer à peu près de tout. De plus, grâce aux talents de claviériste de Baker, Miri ne serait pas non plus obligée de jouer de la guitare avec elles. Il ne restait donc plus au jeune homme qu'à finir de s'arranger avec Tatsuha quant à la cérémonie au temple, à trouver les vêtements qu'il porterait pour l'occasion et surtout… Une façon d'organiser cette saloperie de salle pour que tout le monde soit disposé de sorte à éviter quelques conflits. Il ne savait toujours pas si ses parents viendraient, pareil pour le père de Yuki, alors il devait agir en se basant sur la folle et improbable idée qu'ils seraient tous les trois présents. Il devait alors les séparer le plus possible. Quoi que si je les mettais ensemble, ils pourraient trouver un terrain d'entente : leur totale désapprobation pour notre mariage… pensa le pauvre garçon désemparé, assis à la table de sa cuisine depuis plus de trois longues heures à essayer de résoudre ce casse-tête chinois. Il avait un plan de la salle montrant une estrade au fond pour le groupe, deux grandes baies vitrées de chaque côté avec de magnifiques doubles rideaux de soie blanc nacre, la longue table du buffet contre le mur à la droite de la grande porte et cinq tables rondes pour six personnes chacune du côté gauche de la porte, avec au milieu de la salle assez d'espace pour la piste de danse. Shuichi étudiait ce dessin avec sous la main la liste des invités :

Uesugi Tatsuha,

Uesugi Toru,

Seguchi Mika,

Seguchi Tohma,

Shindo Maïko,

Shindo Hikari,

Shindo Seichiro,

Shindo Kaede (sobo),

Shindo Shinji (sofu),

Nakano Hiroshi,

Johanson Miri,

Fujisaki Suguru,

Sakuma Ryuichi,

Ukai Noriko,

Ukaï Tetsuya,

Ukaï Saki,

Le regard de Shuichi se mit à briller lorsqu'il repensa à sa première rencontre avec le mari de Noriko et leur fille Saki. C'était à la fameuse émission culinaire qui avait changé sa vie, il y a deux ans. Tatsuha s'y était pointé avec les cheveux décolorés pour se faire passer pour Yuki et l'avait embrassé devant un public composé de centaines de personnes dont des photographes de presse. Après ça, Eiri avait admis en direct à la télévision que Shindo Shuichi, chanteur et leader du groupe montant Bad Luck, âgé alors de seulement 19 ans, était son amant. Quel scandale… Depuis, il ne pouvait presque plus sortir en couple tranquillement. Quoique, à bien y réfléchir, ils ne sortaient quasiment jamais en couple avant. Bah du coup ils sortaient ensemble encore moins…

Lorsque les yeux du chanteur s'arrêtèrent sur le nom de son producteur « Sakano-san », il ne put s'empêcher de sourire. Trois ans qu'ils se connaissaient et il ne connaissait toujours pas son prénom…

Winchester Claude "K",

Winchester Judy,

Winchester Michael,

Winchester Jane,

K et sa petite famille: sa femme Judy, grande actrice américaine, son fils et sa soeur chanteuse.

Baker Juliet,

Schweigen Liza,

Mizuki Fuyumi,

Mizuki Homura,

Si Shuichi avait écouté Yuki, ni Mizuki, ni son mari auraient été invités. Mais le chanteur aimait beaucoup l'éditrice…

Furokawa Akira,

Shuichi sourit de nouveau à l'idée de revoir le seul ami du lycée avec lequel il avait gardé contact, à part Hiro évidemment. Akira était parti étudier les beaux-arts en France et rentrait au Japon tout spécialement pour l'occasion.

Watanabe Atsuki,

Ancienne manageuse de Bad luck (c'est quoi son nom déjà ?)

L'avant dernier nom était celui de son coiffeur et maquilleur personnel. Le pauvre… Shuichi lui en faisait voir de toutes les couleurs parfois. Pourtant ils n'en étaient pas moi devenus amis car après tout, ils étaient tous les deux artistes, l'un sous la lumière des projecteurs, l'autre dans l'ombre des coulisses. Quant au dernier nom, c'était celui de l'ancienne manager de Bad Luck, avant que K n'entre dans la course. Malgré son affectation à un autre groupe, Hiro, Shuichi et elle étaient restés en contact. Quand Shuichi avait fait les réservations pour la salle, les tables et les chaises, il avait demandé à Yuki s'il souhaitait inviter des personnes supplémentaires, des gens que le blond ne lui avait pas encore présentés. Mais le romancier s'était contenté de bougonner que si les choses n'avaient tenu qu'à lui ils se seraient mariés en douce sans inviter personne. Pour Shuichi, c'était inconcevable ! Certes, il n'avait jamais rêvé d'un mariage à la Aniston / Pitt avec des centaines de convives, mais une trentaine d'invités, eux compris, c'était quand même pas le Pérou… En réalité, le jeune homme savait très bien pourquoi son amant avait réagi de cette façon : avant de connaître Shuichi, les relations de Yuki avec le monde extérieur se limitait à son éditrice, des séances de dédicaces (il avait toujours détestait ça…) et sa sœur qui venait lui prendre la tête tous les deux ou trois jours. L'écrivain n'étant pas quelqu'un de très sociable par nature, il évitait toujours les contacts avec les gens sauf en cas d'extrême urgence, alors forcément, il n'avait personne à invité. Et même si ça avait été le cas, il ne l'aurait pas fait… Mais le musicien devait admettre que malgré tout, depuis quelques temps, les choses avaient évolué et Eiri s'ouvrait chaque jour un tout petit peu plus. Mais aux yeux de Shuichi, c'était déjà beaucoup.

Alors qu'il voyait son jeune amant s'endormir sur la table à cette heure si tardive, Eiri ne put s'empêcher de sourire. Il se donne vraiment du mal… J'adore qu'il en fasse toujours trop. Mais à ce rythme là, il va se tuer à la tâche. Et moi je ne veux pas passer ma nuit de noces avec un sac de viande froide ! Le romancier se décida donc à rejoindre son amoureux pour le porter jusqu'à la chambre. Mais à peine eut-il pris son fiancé dans ses bras que celui-ci se cramponna à lui et murmura un petit « Yuki… » qui fit bondir le cœur de ce dernier. Le blond ne savait pas trop si Shuichi avait soufflé son nom avant de s'assoupir dans ses bras ou bien s'il était déjà endormi et qu'il l'appelait dans les affres de son rêve. Mais peu importait enfin de compte : il était l'univers de ce baka tout comme lui était le sien.

XXX XXX XXX

Il ne restait que huit jours avant la grande date et Shuichi n'avait plus qu'à trouver la tenue parfaite pour son mariage. Dans un fou rire, Fujisaki avait suggéré une jolie robe blanche avec traîne, paillettes et dentelles. Vu la violence et la force avec laquelle une boite de kleenex avait volé au travers du studio et lui était arrivée dans la tête, le pauvre ne regarderait sans doute plus jamais un mouchoir en papier de la même façon… La vérité c'était que Shuichi n'avait vraiment aucune idée. En fait, il savait déjà que pour la cérémonie au temple, il devrait porter, comme tout le monde d'ailleurs, un kimono traditionnel. Mais restait encore à trouver le bon. Puis il fallait aussi l'ensemble qu'il pourrait mettre ensuite pour la réception. Yuki semblait savoir qu'il était bloqué sur ce point là et riait bien de tout ça. Evidemment, lui il a déjà trouvé ! Mais heureusement pour Shuichi, ses assistantes ne le laisseraient pas tomber. Elles avaient organisé un après-midi spécial shopping et couture. C'est en se consolant avec l'idée qu'elles trouveraient forcément quelque chose qui lui irait que Shuichi alla rejoindre Yuki pour le petit déjeuner. Ce dernier était déjà habillé et visiblement prêt à sortir.

Tu vas où ? demanda le chanteur intrigué.

Finir ton cadeau de mariage, répondit le blond tout en restant évasif comme à chaque fois que le sujet était abordé.

Tu comptes rentrer vers quelle heure ?

Eiri haussa un sourcil agacé avant de répondre un peu durement.

Depuis quand tu veux que je te rende des comptes ?

Non, c'est pas ça ! se défendit aussitôt le jeune homme. C'est que Noriko, Miri, Maïko et moi… On sera sûrement ici pour préparer deux ou trois petites choses… Alors je ne voudrais pas que tu arrives par surprise pendant notre conversation.

Je ne sais pas quand j'aurais fini. J'ai aussi des trucs à régler en ville.

Un long silence s'installa entre les deux hommes tandis que l'un buvait son café en lisant le journal et que l'autre se gavait de toasts. Finalement, Shuichi demanda :

Hmmm… Tu… Tu as songé à quelqu'un pour être le témoin du mariage ?

J'hésite encore, répondit simplement Yuki sans lever les yeux du papier.

Ah, vraiment ? Entre qui et qui ?

Seguchi et Sakuma.

Sakuma ? Tu pensais vraiment à lui pour être le témoin ?

Oui, pourquoi pas… C'est pas comme si c'était un rôle à responsabilité.

Alors va pour Sakuma ! Il va vraiment être content quand je vais lui annoncer !

Yuki se mit à sourire derrière son journal.

Nanda ? s'énerva Shuichi qui ne comprenait vraiment ce qui pouvait tant faire rire son futur époux.

Tu n'as même pas pensé un seul instant à Seguchi, se contenta d'expliquer le blond.

C'est parce que je ne lui fais pas confiance. Il a toujours eu une dent contre moi, je le sais bien. Et de plus, il est contre notre mariage, et a toujours critiqué notre relation depuis le début.

Yuki se contenta d'acquiescer en avalant une autre gorgée de son café.

Dis-moi Yuki, pourquoi tu n'as pas songé à Hiro pour être le témoin ? Tu ne t'entends donc vraiment pas avec lui ? s'enquit soudain le chanteur.

En fait, j'avais d'autres projets pour lui.

Lesquels ?

Faudra bien un parrain pour le bébé quand on en aura un…

Shuichi regarda son amant un long moment, complètement abasourdi par ce qu'il venait d'entendre. Yuki lui-même suggérait que Hiro, pour qui il avait toujours ressenti une antipathie prononcée, soit le parrain de leur enfant.

Tu… Tu le penses vraiment ?

Oui.

KYAH ! YUKI ! T'ES TROP KAWAI ! ZE T'AIME ! s'exclama Shuichi en fixant un regard globuleux et larmoyant sur un Yuki désespéré.

Un nouveau moment de silence tomba sur la pièce et l'écrivain finit son café avant de poser son regard perçant sur son compagnon qui mangeait, sans même se rendre compte qu'il était devenu le sujet d'attention de son fiancé. Soudain, il lança :

Ghiro veut gon faze une choirée d'enderrment gue bie gue garchon bour moi.

Mais voilà, si on dit toujours de ne jamais parler la bouche pleine, ce n'est pas pour des prunes. Mais ça, Shuichi semblait l'oublier très souvent.

Espèce de gamin dégueulasse ! J'ai pas compris un traître mot de ce que tu viens de bavouiller, lâcha le blond d'un air dégoûté.

Son petit ami avala bruyamment ce qu'il avait dans la bouche avant de répéter.

Hiro veut qu'on fasse une soirée d'enterrement de vie de garçon pour moi.

Hors de question ! répliqua aussitôt Yuki d'un ton catégorique, voir même limite agressif.

Demo, Yuki, c'est qu'une fois dans sa vie ce genre de choses. Tu pourrais en faire une pour toi. J'y vois aucun inconvénient…

Honto ? s'étonna l'écrivain avec une expression étrange sur le visage qui n'annonçait rien de bon à Shuichi.

Ce dernier acquiesça, malgré tout un peu moins sûr de lui.

Dans ce cas, je pense que je vais accepter la proposition de Tatsuha de m'en organiser une. J'avais refusé en me disant que tu le prendrais mal étant donné qu'il y aura une strip-teaseuse. Mais puisque que tu me donnes ta permission…

Nani ! Une strip-teaseuse ! Non ! J'ai changé d'avis ! Pas d'enterrement de vie de garçon !

Trop tard.

Shuichi se renfrogna, une moue boudeuse sur son adorable frimousse.

J'vois pas pourquoi tu te mets dans tous tes états, Shu… Si tu as autant confiance en moi que tu le dis, alors tu n'as rien à craindre, n'est-ce pas ? le taquina Yuki.

Tu as raison, approuva finalement le chanteur avec un sourire machiavélique aux lèvres. Je pense que je vais bien m'amuser à ma soirée, moi aussi. Hiro avait justement proposé qu'on aille dans cette boite très sympa, tu sais, celle où je t'avais supplié de m'emmener la dernière fois. Il me semble que cet adorable barman travaille toujours là-bas.

Le regard de Yuki s'assombrit, comme s'y était attendu Shuichi. Il était jaloux et ça se voyait. Depuis toujours, le blond n'était pas prêteur, surtout quand il s'agissait de SON Shuichi. Et lorsqu'il y a quelques mois, il avait vu ce petit con de barman faire du charme à son amant, il s'était mis hors de lui. Si Shuichi ne l'avait pas embrassé passionnément pour lui prouver qu'il n'avait d'yeux que pour lui, il aurait certainement tiré le pauvre barman de dernière le comptoir pour lui régler son compte sur le champ. La simple idée que quelqu'un d'autre que lui, mec ou nana, pose les yeux sur SON Shuichi le rendait fou de rage. De son côté, le musicien n'avait jamais eu l'intention de flirter avec qui que ce soit d'autre que son cher et tendre. De plus, même si le barman était beau gosse, en dehors de Yuki, Shuichi ne regardait pas trop les hommes, mais plutôt les filles. Cependant, l'effet escompté semblait marcher. Son amant était sans doute un des hommes les plus jaloux et possessifs au monde, alors ajouté à son caractère de chien, ça ne pouvait que faire des étincelles. Jouant avec le feu, le jeune homme aux cheveux roses esquissa un sourire provocateur au blond qui le fixait désormais avec un regard assassin.

Allons, mon amour, se moqua Shuichi, si tu as un tant soit peu confiance en moi, alors tu n'as rien craindre, n'est-ce pas ?

C'est pas en toi que je n'ai pas confiance, Shuichi, grogna Yuki entre ses dents. Si ce gars te touche, ou qui que ce soit d'autre, je te jure que je le tue.

Voyant la lueur de haine dans les yeux de son amant, le chanteur se dit que finalement, il avait peut-être été un peu trop loin. Non, non, non, Shuichi ! Si tu le laisses avoir le dessus et te dicter quels endroits tu peux fréquenter, qui tu peux approcher ou pas, et tout le reste… Tu lui donnes raison. Il doit calmer ses ardeurs et arrêter de vouloir te garder pour lui tout seul. Tu es jeune, tu as des amis, tu veux sortir. Ce n'est pas parce qu'il est taciturne comme pas deux que tu dois vivre enfermé !

Eiri, je veux faire cette soirée. Ce n'est pas pour t'embêter que je le veux. C'est parce que j'en ai envie. Si tu as confiance en moi alors tu sais que je ne laisserai personne poser ses mains sur moi. Je ne suis réservé qu'à toi et à toi seul. Et si tu as peur qu'il m'arrive quelque chose, Hiro et Miri-san seront avec moi. J'ai déjà vu ta cousine coller une droite à Aizawa dans les couloirs de NG parce qu'il lui avait mis la main aux fesses et crois-moi, elle cogne sacrément fort. J'ai rien à craindre avec eux. Et puis, on sera certainement plus nombreux. Mon ami Akira viendra sûrement. De même que Fujisaki, Sakuma-san, Noriko-san et Maïko.

Yuki sembla hésiter un instant avant de prendre sur lui et de dire :

Bien ! Puisque tu insistes. Mais je ne veux pas que tu reviennes avec tes fringues infestées de l'odeur d'un autre !

Comme si j'étais du genre à flirter avec la première personne venue ! Et puis à t'entendre parler, j'ai l'impression d'être gay, alors que je ne le suis pas. Enfin juste un peu… Mais seulement avec toi !

Je t'aime, Eiri.

Moi aussi, Shu.

XXX XXX XXX

Depuis le retour de Miri, celle-ci passait quasiment tout son temps chez Nakano. C'était donc une chance pour Eiri qui pouvait continuer à profiter de l'appartement de sa cousine pour s'entraîner à danser avec sa future belle-mère. Ils avaient déjà abordé le slow, le tango et même la salsa lors de leurs précédents rendez-vous et aujourd'hui, qui était leur dernière leçon ensemble, Hikari finissait de lui apprendre… la valse. Les deux danseurs prirent enfin une petite pause après deux longues heures d'entraînement.

Vous avez fait de très grands progrès, Eiri-san. Vous êtes devenu un très bon danseur. Je suis sûr que Shuichi en sera très heureux.

Merci mais c'est grâce à vous.

Hikari sourit chaleureusement avant de s'asseoir sur le divan, un verre de thé glacé à la main.

Finalement, vous comptez venir le 14 ? demanda l'écrivain.

Je ne pense pas, non. Je n'ai rien contre vous Eiri-san, simplement, je n'aime pas l'idée que Shuichi ait renoncé à ses vœux d'avoir des enfants… Je veux dire, ses propres enfants. Depuis qu'il est tout petit, il a toujours rêvé d'une maison pleine d'enfants. Je ne doute pas que vous le rendiez aussi heureux que possible, simplement être avec vous le fait renoncer à un bien trop grand rêve. De plus, je crois que je n'arrive pas non plus à accepter son homosexualité pour le moment. Je me dis que peut-être, c'est de ma faute… Il y a peut-être quelque chose que j'ai raté dans son éducation…

Etre un homme et en aimer un autre n'est pas une tare. Votre fils m'a dit un jour, il a longtemps, alors qu'on n'était pas vraiment ensemble, qu'il ne savait pas lui-même pourquoi il était tombé amoureux de moi. Qu'il m'aimait, c'est tout. Personne n'y pouvait rien. Je me suis toujours demandé comment quelqu'un d'aussi gentil que lui, d'aussi innocent et confiant, pouvait m'aimer simplement pour ce qu'il y avait au fond de moi. Il n'était ni attiré par mon argent, ni par ma célébrité, ni par mon physique et c'était bien le premier. Il m'aimait tout simplement et vous ne vous imaginez pas combien je suis heureux avec lui. S'il n'avait pas tenu bon malgré mes fâcheuses tendances à le mettre à la porte de chez moi, à le traiter horriblement, à m'efforcer d'ignorer ses sentiments pour le faire fuir, je ne sais pas ce que je serais devenu. Je n'arrive plus à m'imaginer ma vie sans lui.

Une chose est sûre, vous l'aimez sincèrement.

Plus que tout au monde.

Il y eut un long silence entre Mme Shindo et son futur gendre.

Avec le temps je me dis que peut-être on été destiné à se rencontrer, et à s'aimer, dit Eiri en baissant les yeux. Je ne veux que son bonheur, et je me sens coupable de le priver de la joie d'être père. S'il ne m'avait pas proposé d'adopter, je n'aurais même jamais envisagé l'idée d'avoir des enfants. Mais maintenant plus que jamais j'ai envie de fonder une famille avec lui.

Shuichi s'est confié à Maïko qui m'a dit que vous aviez du mal à trouver un organisme qui accepte votre dossier de demande d'adoption.

J'imagine qu'ils pensent qu'un couple gay ne peut pas faire de bons parents.

Un nouveau silence s'imposa et Yuki se leva se resservir une tasse de café.

Vous m'aviez dit, le jour où vous avez accepté de m'apprendre à danser, que tout ce qui comptait à vos yeux c'était le bonheur de votre fils…

C'est vrai, oui.

Je crois qu'il ne sera vraiment comblé le jour de notre mariage que si Seichiro-san et vous veniez.

XXX XXX XXX

Shuichi, Noriko, Maïko et Miri rentraient tout juste du centre commercial où ils avaient fait plusieurs boutiques de vêtements pour trouver ce qui pourrait aller au chanteur pour la réception. Heureusement, elles avaient trouvé ! Shuichi en était vraiment soulagé. Ils avaient aussi dû chercher ce que porteraient les trois jeunes femmes. Puis, ensemble, ils avaient été dans une boutique spécialisée pour étudier divers models de kimono et avaient également emprunté plusieurs panels d'échantillons de tissu. En effet, Maïko avait conseillé à son frère de faire faire son kimono sur mesure plutôt que de choisir dans le prêt-à-porter. La cadette du jeune homme lui avait assuré qu'ils auraient une très bonne couturière qui le confectionnerait en un temps record. Mais elle avait dit que son identité resterait une surprise jusqu'à la fin de l'après-midi. Ce qui ne rassurait personne car le musicien et ses deux autres assistantes avaient appris à ce méfier de la nature douteuse des surprises de la benjamine Shindo. En parlant de surprise, celle que Shuichi avait décidé de faire à Yuki pour leur mariage venait de Miri. En effet, lorsqu'elle avait dû essayer diverses robes pour la réception, elle en avait profité pour montrer aux trois autres ses nombreux tatouages. Les trois japonais étaient restés admiratifs et sans voix devant les dessins qu'elle cachait soigneusement aux yeux du monde. Elle avait trois kanjis sur son flanc gauche qui représentaient de haut en bas l'amour, la valeur et la pureté. Elle avait également une petite croix égyptienne, symbole de la vie éternelle, derrière son oreille droite. Un dragon à l'encre rouge et verte entourait sa cheville droite et enfin deux petites ailes d'ange stylisées avaient été tatouées juste entre ses deux omoplates. Et le clou du spectacle : ses piercings. Elle en avait quatre à chaque lobe, qu'elle avait faits faire en même temps que Ryuichi (1), et un cinquième dans le cartilage son oreille gauche. Elle avait également fait percer sa langue mais n'y mettait plus de piercing depuis longtemps. « Une erreur de jeunesse de quand j'avais 14 ans » avait-elle expliqué. Mais sa plus grande fierté restait son double piercing au nombril. Tout ce qu'elle avait fait de son corps avait donné une merveilleuse idée à Shuichi qui lui avait alors demandé son avis sur la chose. Résultat, lui aussi était tout fier du cadeau qu'il allait faire à son petit mari… Et il avait également trouvé un excellent moyen de le lui cacher.

Je me demande quand même ce que Yuki-san va en penser ! se lamenta Maïko en passant le seuil de la porte de l'appartement que Shuichi et son écrivain partageaient. Qu'est-ce qui te dis que ça va lui plaire ?

Je le sais, c'est tout, se contenta de répondre son frère en déposant tous les sacs de leurs achats à coté du canapé avant de se laisser tomber sur ledit sofa.

Quelqu'un veut boire ? demanda Miri en faisant comme chez elle et en allant se servir un soda dans le frigo.

Bah, ramène plusieurs canettes, Miri-chan, dit Noriko en rejoignant Shuichi.

La Grasper se tourna vers lui avec une étrange sourire aux lèvres et lui demanda :

Juste par curiosité, ton nombril ne serait pas une de tes principales zones érogènes, Shuichi ?

Le jeune homme rougit comme une tomate avant de laisser un gloussement.

Haha ! J'en étais sûre…

Alors, Maïko, c'est quoi cette surprise ? C'est qui cette grande couturière que tu dois nous présenter ? demanda Miri en revenant dans le salon avec un plateau plein de canettes et de biscuits apéritifs.

Elle devrait arriver en taxi d'ici quelques…

Mais la lycéenne fut interrompue par la sonnette à la porte. Shuichi poussa un long soupir de fatigue avant de se lever pour aller ouvrir. Ce n'était pas Yuki qui sonnerait à sa propre porte donc il n'avait rien à craindre quant au fait de cacher ou pas leurs récents achats. Lorsqu'il ouvrit la porte, il se trouva nez à nez avec…

SOBO ! Kyah ! Ca faisait tellement longtemps ! s'exclama le chanteur en se jetant au cou de la femme qui se tenait devant lui.

Haha, mon petit Shu-chan, comment vas-tu ? Tu as bien grandi depuis la dernière fois. Mais je te vois tellement souvent à la télé que j'ai l'impression de te voir tous les jours.

Et toi ne tu t'es rajeunie !

Je me suis ratatinée tu veux dire ! plaisanta la femme.

Alors, c'est comment l'Australie ? J'y suis passé plusieurs fois pour des concerts mais jamais assez longtemps pour profiter du pays ou venir vous voir…

C'est merveilleux.

Mais je t'en prie, entre.

Shuichi s'écarta de la porte pour laisser passer son invitée avant de fermer et de verrouiller derrière lui, sans oublier de mettre la chaîne. Comme ça, si Yuki revient, on le saura et on aura le temps de tout planquer… En arrivant dans le salon, il trouva Maïko déjà dans les bras de la nouvelle arrivante.

Les filles, je vous présente Shindo Kaede, ma grand-mère, dit la jeune fille en s'écartant de la femme qui allait déjà vers ses 70 ans mais qui était vraiment bien conservée (2).

Sobo, voici Ukaï Noriko-san. Elle jouait avec nous au début de Bad Luck en tant que membre additionnel. Puis elle a rejoint Nittle Grasper et a été remplacée par Fujisaki, expliqua Shuichi.

Ah, oui, je vois, affirma Kaede en faisant chaleureusement la bise à la jolie trentenaire. Jeune femme, les murs de la chambre de mon petit-fils étaient recouverts de poster de vous et de votre groupe. Je suis contente de voir que vous êtes amis ; il vous admire tant…

Shuichi rougit une nouvelle fois devant le sourire amusé de la pianiste aux cheveux mauves. Puis il se tourna vers la blonde qui fumait tranquillement, adossée à un mur de la pièce.

Et elle, c'est Johanson Miri-san. Elle est guitariste dans un très grand groupe américain mais surtout elle est notre co-productrice : elle se charge d'exporter Bad Luck en occident grâce à sa compagnie de production. C'est aussi la cousine de Eiri et la petite amie de Hiro.

Fantastique ! s'exclama la vieille dame en s'approchant de la blonde pour lui dire bonjour également.

Celle-ci éteignit sa cigarette dans le cendrier qu'elle tenait à la main avant de faire la bise à son aînée.

Enchantée, Kaede-sama, dit-elle poliment.

Moi de même. J'espère que vous prenez bien soin de ce cher petit Hiro. Je le connais depuis qu'il est tout petit et je suis contente qu'il se soit trouvé quelqu'un.

Miri rougit un peu avant de retourner dans la cuisine pour préparer du thé. Shuichi savait bien que leur relation n'était pas tout à fait officielle pour l'instant car ils ne savaient pas encore très bien où ils en étaient tous les deux. C'était donc la raison pour laquelle elle avait simplement rougie puis s'était retirée dans la cuisine.

Alors c'était votre grand-mère la mystérieuse personne ? demanda Noriko à Maïko et son frère.

Et oui ! Sobo est une excellente couturière.

Mais qu'est-ce que tu fais ici si tôt, sobo ? s'enquit Shuichi.

Ah, votre grand-père ne viendra pas avant le 12 car il participe à un championnat d'échecs. Je n'avais pas vraiment envie de m'ennuyer pendant son petit voyage en Europe, alors j'ai décidé de venir plus tôt.

Tu viens, sobo, je vais te faire visiter rapidement la maison, proposa le chanteur.

Volontiers.

La femme suivit son petit-fils dans le couloir.

Ici, c'est la salle de bain principale… Là-bas, c'est la chambre d'amis, mais on ne l'utilise jamais…

Vous ne recevez jamais d'amis ?

Si mais disons que Yuki aime avoir son espace et n'aime pas qu'on empiète sur sa vie. Donc généralement, nos invités rentrent chez eux pour dormir, surtout qu'ils habitent tous en ville. Mais quand il s'agit de Tatsuha, le petit frère de Yuki et qui habite à Kyoto, lui il dort sur le canapé.

Pourquoi donc ? Il ne préfèrerait pas la chambre ?

Si, bien sûr. Mais Yuki se dit que s'il le laissait avoir la chambre, il viendrait « s'incruster » encore plus souvent, ricana Shuichi avant de poursuivre la visite. Là, c'est une chambre que Yuki utilise comme bureau. C'est un peu comme sa grotte, tu vois. Il s'y enferme parfois toute la journée juste pour écrire en paix. Mais moi j'adore aller l'y embêter… Là c'est aussi une chambre, mais c'est la plus petite de l'appartement. J'y mets toutes mes affaires, mes DVDs, mes CDs, mes posters, mes mangas et mes magazines… Et ici c'est notre chambre. Dedans il y a aussi une salle de bain, mais plus petite que l'autre.

Ils revinrent dans le salon et Shuichi guida sa grand-mère jusqu'à la salle à manger.

Ici, on mange bien avec la vue sur la ville et tout, c'est très agréable. Mais la plupart du temps on mange ici, dans la cuisine. Et là-bas, c'est le balcon qui est en fait assez grand pour être une petite terrasse.

Eh bien, mon chéri, je vois que tu as un bien joli appartement. Spacieux et confortable, mais la décoration et un peu… impersonnelle.

Si c'était moi, il y aurait plus de couleur. Mais en fait, même si j'habite ici, c'est Yuki qui a choisi l'appartement. Il a emménagé ici peu de temps après le début de notre relation alors je n'avais pas vraiment mon mot à dire…

Vous comptez déménager après votre mariage ? s'enquit Kaede.

Ca fait parti de nos projets, oui, confirma le jeune homme en retournant au salon.

Bien, et si tu enfilais ce que vous avez trouvé comme vêtements pour la réception pour me le montrer pendant que moi et tes charmantes assistantes papotons un peu, proposa sa grand-mère avec un large sourire aux lèvres.

Haï ! J'y vais tout de suite ! s'exclama Shuichi en se précipitant vers les sacs pour disparaître avec dans la chambre.

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Yuki marchait dans les rues de Tokyo, le visage en partie caché par le col relevé de son long manteau noir. Il sortait tout juste d'un rendez-vous avec son psy qui, pour une fois, lui avait annoncé une bonne nouvelle : s'il continuait sur cette lancée, sa thérapie toucherait bientôt à sa fin. Pas trop tôt, pensa Eiri. Depuis le temps que je me tape ces conneries de rendez-vous. Comme si j'avais encore besoin de me faire soigner alors mon petit Shu-chan est là pour veiller à mon bonheur ? Tsss… Ces psy à la con me font vraiment chier ! Mais alors qu'il s'approchait du grand parking où il avait garé sa voiture, son chemin croisa celui d'une des personnes qu'il ne voulait vraiment pas voir aujourd'hui : Seguchi Tohma.

Eiri-san, je suis content de te trouver. Justement, ta sœur et moi voulions te parler.

Pas envie, je rentre chez moi, répliqua Yuki sans même s'arrêter de marcher.

Il pénétra dans l'enceinte du parking mais le pianiste entra avec lui.

Ca tombe bien, c'est aussi le parking où nous sommes garés. Mika attend dans la voiture.

Quoi ? Elle s'est pointée ici ? Et puis d'abord, comment vous avez su où me trouver ?

Tu devrais savoir qu'il ne faut pas me sous-estimer, Eiri-san.

Ouais…

Les deux blonds marchèrent en direction de sa Mercedes. Mercedes qui n'était plus là. Yuki ferma les yeux, les poings serrés, les mâchoires contractées, comptant jusqu'à dix mentalement pour lutter contre l'envie de décalquer Seguchi pour avoir osé toucher à son bébé, à son trésor, à sa déesse…

Où est-elle ?

Qui donc ?

Ma-voi-ture, gronda le romancier en détachant bien chaque syllabes.

Oh, oui ! J'ai vu un camion de la fourrière l'emmener.

Bien sûr, tu n'y es pour rien.

Non, c'est Mika qui s'est amusée à faire ôter ta voiture. Elle a dit que c'était le seul moyen pour nous de pouvoir discuter dix minutes avec toi.

Je préfère encore prendre le bus que de monter avec vous dans ta limousine, Seguchi, refusa Eiri en voyant arriver le véhicule de Tohma.

Et risquer de te faire reconnaître, te faisant ainsi bloquer dans le bus par des dizaines de fans hystériques ? Ce serait trop dangereux.

Le pire, c'est qu'il a raison.

Très bien, je monte. Mais déposez-moi en vitesse, grogna Yuki en allumant une cigarette et en montant à l'arrière.

Comme il s'y attendait, Mika était déjà dedans à les attendre. Aussitôt que la portière se fut refermée derrière Tohma, la limousine démarra et Mika commença.

Eiri, écoute…

Tais-toi.

Nani ? Tu ne sais même pas de quoi j'allais parler.

Si je le sais. Et je ne veux pas t'entendre. Contentez-vous de me déposer chez moi et après tu t'occuperas de sortir ma voiture de la fourrière. Et prie pour qu'elle n'ait pas la moindre égratignure.

Je t'en prie Eiri, ce gamin est une source de problème ! T'attacher à lui, c'est une chose, mais aller jusqu'à l'épouser…

Je fais ce que je veux, c'est compris !

Depuis que Shindo-kun est entré dans ta vie, tu dois prendre encore plus de médicaments qu'avant. Pour ton ulcère, pour tes migraines, pour dormir et pour ta schizophrénie latente, intervint Seguchi.

Shuichi est sans aucun doute la meilleure chose qui me soit arrivée. Je n'ai pas besoin de vous, alors arrêtez de croire le contraire. Il s'occupe très bien de moi et le fait que vous avanciez des infos erronées montre bien que vous ne savez vraiment rien de ma vie. Je n'ai quasiment plus de migraines et je ne fais plus de cauchemars depuis longtemps. Mon traitement pour ma schizophrénie a été suspendu par mon psy qui a jugé que la thérapie suffisait amplement désormais. Quant à mon ulcère, il ne me dérange plus depuis un bon bout de temps, rétorqua le romancier.

Et tu penses que ça va durer, une fois que vous aurez adoptez un enfant, si vous y arrivez un jour ? s'exclama Mika. Un bébé ruinerait ta santé, sans compter que Shuichi n'est encore qu'un… un gamin. Tu ne peux sérieusement pas songer à te marier avec lui et à fonder une famille.

Détrompe-toi.

Eiri-san, reprit Seguchi, ne penses-tu pas que t'engager de cette façon avec Shindo est, de toutes façons, un peu prématuré ? Je veux dire… Ce n'est qu'un adolescent qui n'a connu que toi. Il ne sait pas vraiment grand-chose de la vie. Peut-être que cette espèce d'amour qu'il dit avoir pour toi n'est en fait qu'un entichement passager. Trois ans que vous êtes ensemble, certes… Mais ce n'est pas grand-chose dans une vie. Il pourrait tout aussi bien te quitter du jour au lendemain s'il venait à se rendre compte qu'en réalité, il n'éprouve rien de plus que de l'attirance pour un homme séduisant, riche et célèbre et qu'il considère son homosexualité comme une sorte de « phase ». Tu dois admettre qu'il sortait tout juste de l'enfance quand vous vous êtes rencontré… Il était dans une période de sa vie où il ne se connaissait pas très bien et se posait beaucoup de questions. Il s'est sans aucun doute laissé submerger par ses sentiments du moment. Il est loin d'avoir la maturité nécessaire pour ce genre de relation.

Yuki se sentait perdu. Seguchi, en merveilleux manipulateur qu'il était, était presque parvenu à lui mettre le doute. Mais la simple image de Shuichi lui souriant, le simple souvenir de ses lèvres contre les siennes, le murmure des mots d'amour qu'il lui chuchotait à l'oreille lorsqu'ils étaient dans les bras l'un de l'autre… Tout ça avait suffi à le rassurer. Il esquissa un sourire moqueur et dit :

Bien essayé. Me prendre entre deux feux et me pousser à douter, sachant que je suis le genre de personne à vite revenir sur son choix lorsqu'il s'agit de sentiments… Mais vous voyez, il y a une chose dont je ne douterai jamais, c'est de l'amour que Shuichi a pour moi. Et pour ta gouverne Seguchi, Shuichi en sait bien plus sur la vie que tu n'en sauras jamais.

A vrai dire, en ce qui me concerne, je n'en ai jamais vraiment douté moi non plus… affirma Mika. C'est bien pour ça que je sais que si je lui dit que rester avec toi, il ne pourra que te rendre plus malade que tu ne l'es déjà, il te quittera pour ton propre bien, parce qu'il t'aime.

Ose te mettre entre lui et moi et je te jure que tu regretteras de m'avoir pour frère. Shuichi est mon unique source de bonheur et je ne laisserai personne me l'enlever. N'essayez surtout pas de nous séparer comme vous l'avez fait déjà tant de fois. Je vous déconseille de me mettre en colère.

Eiri, tu…

Je descends ici.

Mais, tu n'es même pas encore chez toi… plaida Tohma.

Rien à foutre, je descends ici. Arrête cette putain de voiture.

Le claviériste fit signe au chauffeur de s'arrêter et Eiri sortit aussitôt de la limousine. Il se tourna vers sa sœur et son beau-frère et dit :

Vous êtes toujours invité parce que je ne veux pas avoir à faire de la peine à Shuichi en lui rapportant cette conversation. Donc, je vais faire comme si vous n'aviez rien tenté contre nous. Mais en ce qui me concerne, je n'ai pas l'intention d'oublier que ma propre sœur a essayé de ruiner ma vie soit disant pour mon propre bien. Ne vous attendez pas à ce que je vous le pardonne de si tôt.

Là-dessus, il claqua la portière et reprit son chemin à pieds. Ils voulaient le faire douter, et tout ce qu'ils avaient obtenu, c'était l'effet inverse : Eiri était encore plus déterminé à sa marier avec son jeune amant. Yuki ne put s'empêcher d'afficher un bref instant un sourire satisfait. En tout cas, Shuichi avait bien raison ce matin : on peut pas faire confiance à Tohma.

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Shuichi, ses assistantes et sa grand-mère papotaient joyeusement tandis que cette dernière prenait les mesures sur le futur marié.

Bien, maintenant, au moins, tu sais que tu peux te reposer sur tes deux oreilles, aniki, plaisanta Maïko.

C'est vrai, approuva Noriko. Tout est réglé, y compris ce que tu vas porter pour ton mariage. Profite donc de tes derniers jours de jeune homme célibataire.

Ah non ! Je reste fidèle à mon Yuki ! Mais vous avez raison, au moins maintenant, j'ai plus qu'à attendre, approuva le chanteur en écartant les bras pour permettre à sa grand-mère d'en mesurer la longueur. On a le model du kimono, le tissu, la couturière…

Haha, Shu-chan, tu pourras être fier du travail de ta vieille grand-mère ! Je suis si contente que tu te marie, mon petit ange, que je vais tout faire pour que ton mari te saute au cou en te voyant arriver devant l'autel.

Sobo ! Je préfèrerais qu'il attende la nuit de noces… pouffa le jeune homme.

En tout, t'as plus de soucis à te faire. Si y'a le moindre problème de dernière minute, les filles et moi on s'en chargera pour toi, affirma Miri en feuilletant un magazine de robes de mariée.

Merci de m'avoir aidé. Je ne suis pas sûr que j'aurai pu m'en sortir tout seul…

C'est normal ! On t'aime tellement qu'on ne pouvait décemment pas te laisser gérer ça tout seul.

Mais pourquoi ton fiancé ne t'a-t-il pas aidé, Shu-chan ? demanda Kaede.

Si, il s'est proposé, mais j'ai refusé… On a fait un marché : je me charge du mariage et lui de la lune de miel.

Bon compromis… approuva la grand-mère en rangeant son mètre-mesure.

Soudain, tous entendirent la porte d'entrer se déverrouiller et tenter de s'ouvrir. Heureusement que j'ai mis la chaîne, se dit Shuichi en soupirant de soulagement. Ses assistantes s'affairaient déjà à tout ramasser pour cacher les achats, les échantillons, les magazines et les models dans la pièce réservée aux affaires du musicien.

Shuichi ! Ouvre cette porte ! gronda Yuki.

Une minute, mon amour ! lança le jeune homme en aidant les filles.

Il verrouilla la porte de sa petite chambre et se précipita vers la porte d'entrée pour ôter la chaîne et faire entrer son amant. A peine celui-ci eut-il mis un pied dans l'appartement qu'il enlaça Shuichi et l'embrassa tendrement. Lorsqu'il libéra ses lèvres, son compagnon souffla :

Bienvenue à la maison, Eiri… Ton accueil m'a coupé le souffle…

C'était le but.

Là-dessus, il se pencha encore une fois sur son petit Shu pour l'embrasser de nouveau, mais il fut interrompu par un raclement de gorge qui venait de l'entrée du salon. En jetant un coup d'œil dans la direction du bruit dérangeant, Yuki découvrit les trois assistantes de Shuichi.

Vous pourriez attendre qu'on soit parties avant de vous peloter… se moqua Miri en tirant sur sa cigarette fraîchement allumée.

Surtout, faites comme si j'étais pas là, assura Noriko.

Oui, ne vous dérangez pas pour nous… approuva Maïko.

Toutes les deux semblaient zyeuter la scène avec avidité. Noriko parce qu'elle était à peu près aussi perverse que Miri, et Maïko parce qu'elle était très fleur bleue et trouvait cette embrassade tout ce qu'il y a de plus romantique…

Qu'est-ce que vous foutez encore là, vous trois ? demanda un peu rudement l'écrivain qui n'était pas vraiment d'humeur.

Shuichi avait encore besoin de nous, mais rassure-toi Eiri, il a tout fini. Tu nous verras beaucoup moins souvent… répondit la Grasper.

Snif… Ca veut dire que je n'aurai plus de bons prétextes pour m'incruster dans la maison de mon idole… gémit la lycéenne, ses grands yeux auburn tout humides.

Pas trop tôt, répondit Yuki en se détachant de l'étreinte de son amoureux.

Il passa entre les filles pour entrer dans le salon lorsqu'il trouva une quatrième femme, beaucoup plus âgée, debout près de la télé. Ils se regardèrent un long moment : la vieille dame avec un sourire chaleureux et Eiri avec un air dubitatif. Shuichi entra alors dans la pièce et se hâta de faire les présentations.

Eiri ! Je te présente ma grand-mère du côté de mon père, Shindo Kaede. Elle est venue plus tôt que prévue d'Adélaïde… Sobo, je te présente mon fiancé, Yuki Eiri.

Oai dekite ureshî desu, dit joyeusement la femme en s'inclinant légèrement.

Non, c'est moi, dit aussitôt Yuki dont les traits du visage s'était aussitôt adoucis. Shuichi m'a beaucoup parlé de vous, Kaede-sama.

En bien j'espère ! s'exclama la grand-mère tout en gardant le sourire.

J'ai l'impression de comprendre d'où Shuichi tire cette habitude de tout le temps sourire… remarqua le romancier pour lui-même.

En tous cas, une chose est sûre, Shuichi a bien choisi son mari… dit gentiment Kaede.

Je sens qu'on va bien s'entendre elle et moi… se dit Eiri, soulagé d'avoir quelqu'un de la famille de son amant qui soit enfin de son côté, autre que cette hystérique, mais néanmoins attachante, petite Maïko.

Ndla : (1) Dans le manga, Ryuichi à quatre piercings à l'oreille droite… C'est trop sexy, KYAH ! (2) Mon arrière-grand-mère à 89 ans cette année, bah elle ne les fait pas ! Gros bisous mémé !

Notes : Bon, alors si vous avez besoin de vocabulaire sur un thème particulier, par exemple la séduction, le sexe, la famille, l'argent, la cuisine… Envoyez-moi un PM et je vous répondrais avec le plus de détails possible. Sinon, j'espère que ce chapitre vous aura plu. La prochaine fois, l'enterrement de vie de garçon de Yuki et celui de Shuichi. Ambiance sensiblement différente mais ça reste un festival de fous rires car je les ai imaginé avec l'aide de ma chère Drudrue ! Puis aussi la cérémonie… Trop kawaï… REVIEW !

PS : Si vous trouvez mes chapitres trop longs, faites moi signe… Je demande parce que parfois j'écris, j'écris, mais une fois partie, je ne sais plus m'arrêter.

Lexique :

Sobo : Mamie (quand on parle de la sienne)

Sofu : Papi (quand on parle du sien)

Baka : Crétin, andouille, idiot, abruti...

Nanda : Quoi? Qu'est-ce qu'il y a ?

Demo : Mais.

Honto : Vraiment?

Nani : Hein? Quoi?

Oai dekite ureshî desu : Heureux de vous rencontrer.

Kawaï : Mignon, choupi, sexy (ça dépend de sens de la phrase… )

Aniki : Grand frère.