Titre : Des surprises à la pelle.

Auteur : Patpat.

Bêta-lectrice : Mag-San.

Source : Gravitation

Genre : Yaoi, Shonen-aï, Mpreg

Rating : T

Paring : Yûki Eiri / Shindô Shûichi

Disclaimer : Les personnages ne sont pas les miens, ils appartiennent à Maki Murakami. Seule exception : Miri Johanson, rescapée de « Should I believe in Destiny ? » dans un rôle un petit peu différent…

Notes : Super productive que je suis, j'entame mon 7eme chapitre juste après avoir clos le 6eme. Sachant qu'alors je venais de finir le 5eme… Hihi ! Je crois que j'ai des lecteurs contents ! Mais bien sûr, à l'heure où vous lisez ces lignes, ça fait déjà 3 semaines que j'ai écrit ! Et oui, je fais la mise en page directement ainsi que les notes… lol. Donc bon bah comme promis, dans ce chapitre, vous retrouverez les fameuses soirées d'enterrement de vie de garçon et la cérémonie de mariage. Vous pourrez aussi voir combien j'aime Ayaka… (ironie). Bonne lecture !

Pensées en italique. Dialogue en gras.

Chapitre 7 : Ce qui peut se passer en 24 heures.

Après des mois d'attente, le jour du mariage était arrivé. Enfin presque. L'après-midi du 13 février, Shuichi était dans la petite pièce qui lui était réservée et préparait ses affaires pour la nuit. En effet, comme le veut la tradition, les deux fiancés ne devaient plus se revoir jusqu'à la cérémonie. Il était donc prévu que le chanteur aille passer la nuit chez Hiro avant de se lever extrêmement tôt pour prendre l'avion pour Kyoto afin d'être là-bas pour 10h30 le matin étant donné que la cérémonie commençait à 14h pétantes et qu'il lui faudrait du temps pour se préparer. Yuki, quant à lui, partait le soir même. Après sa soirée dans un club de billard avec Tatsuha, K et à son grand dam, Tohma, il dormirait au temple, même si son père devait tirer un peu la tronche. Il était 16h passées et c'était l'heure des séparations jusqu'au lendemain après-midi… Les deux amants étaient maintenant serrés l'un contre l'autre, étendus sur le canapé, s'embrassant comme s'il n'y aurait pas de lendemain.

Yuki, j'ai pas envie qu'on soit séparés, gémit Shuichi, ses lèvres toujours contre celles de son fiancé.

C'est que jusqu'à demain 14h, baka. Tu pars souvent en tournée pour des périodes bien plus longues que ça, répondit l'écrivain en glissant ses doigts dans la tignasse rose du chanteur.

Oui, mais cette nuit qui va me paraître vraiment très longue. En plus je vais devoir la passer sans toi.

Console-toi en pensant à ce que je compte te faire demain soir. Une nuit de noces doit toujours rester mémorable.

Et dire que c'est la veille du jour que j'attends depuis l'instant où tu m'as embrassé pour la première fois.

T'attendais depuis si longtemps que ça ?

Bah contrairement à toi, moi je suis amoureux depuis le premier jour !

Vexé par la réflexion, Yuki se renfrogna avant de marmonna :

Je t'aimais moi aussi…

Oui bah t'avais une très étrange manière de me le montrer.

T'as pourtant lu mes poèmes, non ! Tu sais qu'après t'avoir vu ce soir-là, je n'ai pas arrêté de penser à toi et…

Et ?

Dis-le !

Yuki !

Le jeune homme sentait les larmes lui monter aux yeux. Pourquoi était-ce si dur pour cet homme d'avouer ce qu'il cachait au fond de lui ? Il avait eu beaucoup moins de difficultés à lui balancer qu'il avait tué des gens quand il avait 16 ans… De son côté, Eiri se sentit totalement coupable lorsqu'il vit une première larme rouler sur les joues roses de son amant. Pourquoi fallait-il qu'il soit toujours la principale cause de ses chagrins ? Il enlaça un peu plus fort le musicien contre lui et au bout d'un moment il murmura :

C'est vrai, j'étais amoureux… Mais j'étais trop bête pour m'en rendre compte. Ou peut-être que je le savais mais que je refusais de l'admettre… Mais le plus important reste quand même qu'aujourd'hui, on est bien ensemble, non ! Alors arrête de geindre, tu m'énerves.

Je t'aime tellement, mon amour, tu vas me manquer ce soir…

J'aurais ma strip-teaseuse pour me tenir chaud alors pour moi, ça ira.

Pourquoi il faut toujours que je dise des trucs stupides qui lui font de la peine alors que je sais très bien qu'il finit toujours en larmes. Et en effet, Shuichi venait d'éclater en sanglots, son corps secoué de hoquets.

Pourquoi t'es méchant avec moi alors qu'on va se marier demain ? Je croyais que tu étais devenu un peu plus gentil avec moi…

J'ai pas été si méchant que ça, quand même !

Si ! répliqua Shuichi en se redressant d'un bond pour se détacher de l'étreinte de son fiancé, dans l'intention de sa lever totalement du canapé.

Shu ! Reviens ! Je suis désolé…

Le chanteur le fixa avec son regard lavande et encore trempé de larmes. Eiri s'approcha de lui et lui tira un petit baiser avant de susurrer :

Tu es le seul…

Le petit sourire amoureux de son amant le rassura, lui faisant comprendre qu'il était tout pardonné.

XXX XXX XXX

En partant pour Kyoto, Yuki avait déposé Shuichi chez son meilleur ami. Là-bas, il avait opéré à quelques changements. En réalité, il s'était teint les cheveux en châtain, sa couleur d'origine et ce pour deux raisons : le châtain irait mieux avec la couleur de son kimono et de cette façon, il pourrait passer sa lune de miel sans se faire harceler par des fans qui l'auraient repéré au fuchsia de sa tignasse. De plus, ça ferait une bonne surprise à Yuki le lendemain. Après tout, Shuichi n'avait pas porté ses cheveux comme ça depuis près de trois ans : il avait opté pour le rose quelques semaines après avoir rencontré son grand amour.

Maintenant, le chanteur et le guitariste était en route pour… Disney Land. En effet, Shuichi n'étant pas du genre à vouloir de strip-teaseuse, ni de cassettes porno, ni d'alcool, Hiro avait pensé que passer la soirée dans un parc d'attractions serait le meilleur moyen pour lui de s'amuser un bon coup et de se détendre avant le grand jour. Shuichi avait accueilli l'idée avec enthousiasme. Lorsqu'ils arrivèrent à destination, ils retrouvèrent devant l'entrée Suguru, Maïko, Ryuichi et Noriko, ainsi qu'un ami de longue date.

Miri ne vient pas ? s'enquit le jeune homme aux cheveux nouvellement châtains.

Elle n'aime pas trop les parcs d'attractions ; elle a dit que si elle devait y aller un jour, ce serait rien qu'avec moi…

En entendant cela, Shuichi pouffa de rire ce qui fit sensiblement rougir Hiro qui reprit :

Et puis, elle s'est aussi dite que ça te rassurerait sûrement si elle veillait à ce que Yuki-san ne voit pas de strip-teaseuses…

Donc elle est à Kyoto ? s'étonna le chanteur.

Oui, depuis hier soir. Tatsuha, Seguchi-san, K et elle sont les invités de la soirée d'enterrement de vie de garçon de Yuki-san, répondit simplement le guitariste.

Hé ! Shuichi, Hiro ! Ca fait un bail ! lança un jeune homme brun, aux cheveux très courts, en venant à la rencontre des deux musiciens.

Akira ! Ca fait plaisir de te revoir ! s'exclama le guitariste en faisant l'accolade à son ami de longue date. Depuis le lycée !

Ouaip !

Merci d'avoir fait le chemin depuis Paris pour venir à mon mariage, dit Shuichi en le prenant dans ses bras.

Bah, c'est normal ! Qui aurait pu croire que tu serais le premier à te caser ? Je voyais plutôt Hiro en jeune marié… Alors, il est comment ce Eiri ?

Quoi ? Tu connais pas Yuki Eiri ? s'étonna Hiro.

Si bien sûr ! Comme tout le monde au Japon. Mais depuis que je suis parti, je ne suis plus vraiment au fait des infos ici…

Pourtant tout le monde sait que lui et moi on est ensemble, affirma Shuichi.

Bah si tu voulais que je sache qui étais ton futur mari, t'aurais peut-être dû marquer Yuki au lieu Uesugi…

Mouais…

Les trois garçons furent très vite rejoints par Noriko, Ryuichi, Suguru et Maïko.

Hé ! On a pas le temps pour les autographes, les mecs ! râla Fujisaki.

On ne signe pas d'autographes, on salue un pote, expliqua le guitariste.

Akira, je te présente Noriko-san, Suguru-kun et Ryu-chan, enfin je veux dire Sakuma-san. Et tu connais déjà Maïko-chan… présenta le futur marié.

Haï. Heureux de connaître vous autres, salua Akira.

Les gars, je vous présente Furokawa Akira, un de nos meilleurs amis au lycée à Hiro et moi, dit le jeune chanteur.

Bon, ce soir, on fait tout ce que tu veux, Shu-chan, alors par quoi on commence ? demanda Noriko.

Space Montain ! s'exclama le futur marié.

Kyah ! Sugoi ! cria Ryuichi en brandissant son lapin en peluche rose. T'entends ça, Kumagoro ? On va aller dans le Space Montain !

Les deux rock-star se mirent à sauter comme des gamins de 4 ans à la simple idée de monter dans le manège.

Alors allons-y avant que ces deux-là ne nous fasse repérer… grogna Fujisaki.

Ah, ne soit pas rabat-joie, Suguru-kun, le réprimanda gentiment Maïko en le prenant par le bras. Tu vas finir vieux avant l'âge sinon…

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Il était 18h passé quand Yuki était arrivé au domaine familial. Là, Tatsuha et Miri l'avaient aussitôtkidnappé pour l'emmener jusqu'à un bar où on pouvait trouver à peu près tout ce qu'on voulait : une salle banale au rez-de-chaussée où on pouvait consommer toutes sortes de boisson alcoolisées et regarder des matchs de foot ou de rugby à la télé, une salle de billard au premier étage, une piste de danse avec ambiance night-club au second. Et enfin une salle un peu plus petite mais sans doutes celle qui intéressait le plus Tatsuha : la salle de strip-tease. Bien sûr, le garnement s'était bien gardé de le dire à sa cousine ou à son frère, sachant qu'ils auraient fait demi-tour. Mister K avait été invité par Tohma et ça, le moine appréciait beaucoup. Même si l'américain lui foutait toujours les pétoches avec tous ses flingues planqués sous ses vêtements, quand il se lâchait un peu, c'était un vrai fêtard.

J'comprends pas du tout pourquoi t'es venue… bougonna Yuki à sa cousine. C'est un enterrement de vie de garçon…

Vue que Maïko et Noriko sont à celui de ton fiancé, je ne vois pas le problème au fait que je sois ici, répliqua-t-elle.

Shuichi c'est différent.

J'vois pas en quoi. En plus, j'ai promis de veiller à ce que tu ne te bourres pas la gueule et que tu n'aille pas voir de strip-teaseuses.

Et à qui tu as fait cette promesse ?

A Hiro.

Qu'il se mêle de ce qui le regarde ! Shuichi me fait confiance.

Pas moi.

Les deux cousins se fixèrent un long moment avant que Miri ne dise :

Tu peux faire ce que tu veux, je m'en fous complètement. Mais c'est pas le cas de Hiro qui voudrait que tu sois en forme pour demain et surtout que tu n'ais pas eu d'aventure de dernière minute comme beaucoup de futur mariés en ont… Il pense à Shuichi et c'est normal.

Moi aussi je pense à lui.

Il te manque ?

Tsss…

Eh, vous deux là-bas ! Arrêtez de traîner ! On n'aura plus de tables pour jouer ! les appela Tatsuha, loin devant avec K et Seguchi.

Eiri avait pu noter un sérieux changement d'attitude de la part de son beau-frère à son égard depuis « l'incident » survenu la semaine précédente. En effet, il essayait de se faire pardonner en montrer plus d'intérêt à Shuichi et en faisant l'effort de se montrer bien plus respectueux à son égard. Yuki avait même pu le surprendre en train de s'excuser auprès de son amant pour avoir était un peu trop dur en critiquant la tournure d'une des phrases de la chanson qu'il venait d'écrire. Peut-être était-il sincère, ou peut-être cherchait-il uniquement à trouver grâce aux yeux du romancier. Peu importait en fin de compte. Le blond avait décidé de tenir sa parole et d'agir comme si de rien n'était, même s'il avait du mal à oublier de quelle façon sa propre sœur et son beau-frère avait essayer de le séparer de Shuichi à peine quelques jour plus tôt.

On ferait bien d'entrée avant que monsieur « Je suis moine mais je fais la tournée des bars » ne pique une crise de nerfs.

Mouais, approuva Eiri qui aurait sincèrement préféré rester auprès de Shuichi.

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De leur côté, le chanteur et ses amis avait eut le temps de faire les attractions les plus folles et les retournantes qu'ils avaient trouvé avant d'aller casser la croûte dans une pizzeria du parc.

Un petit tour de karting juste après, ça vous dit ? proposa Akira avant d'avaler une nouvelle bouchée.

Pourquoi pas ! approuva Noriko.

Neh, j'ai peur des voitures ! gémit Ryuichi en mordillant l'oreille de Kumagoro.

Tu monteras avec moi alors…

C'est une bonne idée, ça ! Et si on montait tous par deux… On pourra faire la course… dit joyeusement Shuichi.

Ouais, pas bête, seulement on est sept, un nombre impair, fit remarquer Suguru.

Pas grave ! J'veux être tout seul ! J'suis meilleur en solo ! affirma Akira.

Alors je monte avec toi ! s'empressa de lancer Maïko en s'agrippant au bras de Fujisaki.

Il n'échappa pas au leader de Bad Luck que son pianiste avait furieusement rougi et que le sourire niais de sa sœur annonçait un coup de foudre. A l'évidence, il n'était pas le seul puisque Hiro, assis à sa droite, se mit à pouffer de rire. Noriko lui lança un petit clin d'œil entendu tandis que Ryuichi, comme d'habitude complètement à l'Ouest, jouait aux billes avec les olives.

Bon et bien, je suppose que Shu-chan et moi devrons nous mettre ensemble, en déduit Hiro qui tentait vainement de cacher son sourire à un Fujisaki encore plus mal à l'aise.

Il nous restera plus qu'à essayer les barques du monde des poupées et à monter dans les fameuse tasses tournantes, dit Shuichi en évitant de lancer un regard meurtrier au pauvre claviériste.

Ah, Shu-chan, les tasses qui tournent, on aurait mieux fait de les faire avant de manger… se plaignit Ryuichi. J'ai mal au cœur…

C'est normal, t'as pas arrêté de t'empiffrer de pepperoni, fit remarquer la Grasper aux cheveux mauves.

Je me demande ce que fait Yuki… pensa Shuichi en engouffrant une énorme bouchée de pizza dans sa bouche.

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C'est vers 20h que Yuki et les autres eurent fini de papoter autour de leurs bières. Enfin, Tatsuha, K et Seguchi avaient papoté. Yuki s'était contenté de boire ses deux pintes de blonde en écoutant plus ou moins leur conversation, alors que Miri s'était contentée d'une petite bouteille d'eau en enregistrant des notes dans son PAD. Toujours à jouer les femmes d'affaires overbookées. Tenant extrêmement mal l'alcool, elle avait préféré éviter de se retrouver saoule la veille du mariage de son cher cousin. Surtout qu'elle avait de sérieuses tendances agressives quand elle avait un coup dans le nez. Désormais, les quatre hommes et la jeune femme étaient autour d'une table de billard, jouant par équipe de deux, tandis que Tohma servait d'arbitre.

Héhéhé ! Elle était chaude la Ginger, en haut ! s'exclama un homme bourré comme pas deux en descendant de l'escalier qui menait aux étages un peu plus chaud du bar.

Wééééé ! hurla un de ses camarades ivrognes en lui donnant l'accolade.

De quoi ils parlent, ces deux abrutis ? se demanda tout haut Yuki en les regardant d'un air soupçonneux. Tatsuha, qu'est-ce qu'il y a à l'étage ?

Rien, rien… Et si on allait boire une ou deux bières en plus ? tenta le moine.

J'ai l'impression qu'il me cache quelque chose ce con… pensa l'aîné Uesugi.

Hé, ma belle ! Toi aussi t'es une des chaudasses qui trémoussent leurs petits culs au troisième étage ? demanda un troisième homme saoul qui s'était faufilé derrière Miri pour lui mettre la main aux fesses.

Seulement voilà, le pauvre ignorait complètement que la demoiselle avait une espèce de réflexe psycho-morphologique (1) qui faisait que dès qu'une main étrangère la touchait, elle réagissait au quart de tour de façon souvent inattendue. Là par exemple, elle avait saisi une boule de billard et l'avait balancé dans la tronche du mec. Tatsuha était mort de rire, K applaudissait, Tohma esquissait un petit sourire amusé et Yuki manqua de s'étouffer.

Recommence, tête-à-claques et je te donne un bon coup de queue entre les jambes, menaça la blonde, au bord de l'hystérie (2).

Le jeu de mot, qu'il soit volontaire ou non, avait fait son effet sur le gay et le bi qu'elle avait pour cousins. Les deux frères pouffaient de rire ; Yuki lui-même ne cherchait plus à s'en cacher.

Tu te fous de ma gueule, blondinet ? s'énerva l'homme saoul, l'arcade sourcilière entaillée et ensanglantée, très vite rejoint par ses deux compères et quelques autres qui venaient aussi de descendre des escaliers.

Ouvertement, répondit Yuki en retrouvant presque instantanément son sérieux.

Eiri-san, nous ferions peut-être bien de partir afin d'éviter un conflit, proposa Tohma qui s'était lui aussi recomposé une figure stricte voir autoritaire.

Non, pourquoi ? Ca commence à devenir intéressant, répondit l'écrivain. C'est sans doute la dernière occasion qui s'offre à moi avant mon mariage de pouvoir me battre dans un bar avec une bande de mecs tellement bourrés qu'ils ne se sont même pas rendus compte que deux d'entre eux avaient déjà vomi sur leurs chaussures.

J'dis pas non à une petite bagarre mais faut éviter les coups… Faudrait pas que Shuichi te trouve en piteux état demain, accepta Miri.

Wouais ! Yatta ! J'adore les bagarres ! C'est mieux que les strip-teaseuses ! s'exclama Tatsuha.

Le romancier et la guitariste de tournèrent vers lui avec un air ahuri.

Espèce de dépravé ! On avait bien dit pas de strip-teaseuse ! hurla Miri, de nouveau en mode hystérique psychotique, en balançant une boule de billard en direction de son cousin qui l'évita de justesse.

Hé ! T'aurais pu me tuer ! se défendit le brun.

Ohoh ! On existe nous aussi ! interpella un des mecs saouls en remuant les mains pour attirer l'attention du groupe sur eux.

Ah yeah ! Of course ! I just forgot you ! s'exclama K en riant comme un maniaque. Ce soir, je ne sortirai pas mes bébés : je compte bien vous en coller une à l'ancienne !

Vraiment, K ? Pas de pistolets ? s'étonna Tohma.

No ! Mwahahahahahahahahaha !

J'suis vraiment entouré de malades ! se lamenta intérieurement Eiri. Soudain, un des mecs aussi pleins que des barriques s'approcha de l'écrivain et lui demanda en hoquetant :

Euh… hic… Jolie jeune fille… hic… Tu prends combien pour… hic… La nuit ?

Trop c'était trop. Aimer un garçon et accepter d'être gay, c'était une chose. Se faire prendre pour une fille, c'en était une autre. Avait-il vraiment une tronche de pute ? Quoi qu'il en soit, il venait d'en prendre un sacré coup à son orgueil et la suite ne tarda pas à suivre : un bon crochet du gauche dans la mâchoire du gars qui tituba quelques instants avant de s'effondrer comme une loque. Bien sûr, ce fut l'étincelle qui déclancha l'incendie…

XXX XXX XXX

22h, chez Hiro…

Shuichi et Hiro avait dit au revoir aux autres qu'ils retrouveraient le lendemain matin avant l'aube, à l'aéroport de Narita, pour prendre l'avion : un jet affrété par BS Prod, la boite de production de Miri, à destination de Kyoto. A bord, il y aurait également les trois autres Dark Saïans.

Alors, Shu ? Pas trop stressé pour demain, ça va ?

Oui… Non ! Rah, je sais plus. C'est pas pareil que quand je monte sur scène. Avant un concert, j'ai un bon trac qui me donne envie de me donner à fond. Mais pour demain, ce sera différent. Il ne faudra pas que je fasse la moindre erreur, parce que ma vie en dépend. En plus, si le père de Yuki décide de venir finalement, je vais me sentir tout piteux…

Ne te traumatise pas pour ça. Tout ce passera bien, assura Hiro en lui donnant un oreiller et des couverture pour la nuit afin qu'il s'installe sur le canapé converti en lit. Au fait, tu ne sais toujours pas si tes parents viennent ?

Ca y'a aucune chance ! T'aurais dû voir comment mon père s'est comporté avec Eiri. Il a été odieux.

Et qu'a fait Yuki-san ?

Rien. Il ne s'est pas énervé, il a pris ma défense et a tenter de faire comprendre à mes parents qu'on s'aime vraiment…

Maji ? Il n'a pas bronché ?

Nop. Il m'avait promis qu'il garderait son calme et c'est qu'il a fait.

Le guitariste en resté stupéfait un moment avant de reprendre.

Ecoute, Shuichi, je suis sûr que tes parents viendront. Tu es leur fils unique après tout, ils ne peuvent pas boycotter ton mariage simplement parce qu'il déteste l'idée que soit gay !

Si ils le peuvent. Aucune loi ne les obligent à quoi que ce soit. D'ailleurs je suis quasiment sûr que mon père s'opposerait volontiers à notre mariage s'il venait. Alors peut-être bien que ce n'est pas plus mal s'ils ne viennent pas…

Ne commence pas à penser comme ça. Toi et moi, on sait que tu ne veux que ça que tes parents soient présents le jour le plus important de ta vie.

Shuichi garda le silence tandis qu'il s'installait sur son lit fraîchement fait. Voyant que son meilleur ami ne voulait plus aborder le sujet, Hiro n'insista pas davantage.

Oyasumi, Shu-chan.

Oya', Hiro.

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Lorsque Yuki se réveilla le matin du 14, il était déjà 11h du matin. Relativement tôt comparé aux heures habituelles aux alentours desquelles l'écrivain se réveillait. Ainsi donc il se demandait pourquoi Mika venait le réveiller à coup de gong sur le crâne (3).

Réveille-toi, Hibernatus ! Il est plus que l'heure que tu te lèves pour te préparer ! lança Mika.

Laisse-moi dormir, j'ai mal au crâne… marmonna-t-il dans son oreiller.

Evidemment que t'as mal au crâne ! Fallait moins boire, ne pas te battre et te coucher plus tôt ! T'as même de la chance de ne t'être pris aucun coup ou bien tu aurais de sacrés bleus. Le summum de l'élégance le jour de son mariage… le sermonna sa sœur.

Ouais… Ouais… Mmmmh… Encore deux ou trois petites heures…

Deux ou trois petites heures ! hurla Miri en attrapant l'oreiller sous lequel son cousin avait enfoui sa tête pour le frapper avec. Baka ! Tu te MARIES dans trois heures ! Maintenant tu te lèves et plus vite que ça, triple andouille !

Notons qu'elle avait ponctué chacun de ses mots par de violents coups de coussin, l'explosant à moitié sur la tête de Yuki. L'écrivain s'assit sur son séant et trouva son lit ensevelis sous les plumes de feu son oreiller. Il s'étira dans tous les sens en baillant à s'en décrocher la mâchoire, puis se gratta le derrière de la tête en bougonnant :

C'est malin, espèce d'hystérique… Maintenant j'ai encore plus mal à la tête…

Espérons que quand tu seras marié tu arrêteras de faire la java toute la nuit ! répliqua Mika d'un ton cinglant en lui balançant au visage un peignoir. Va prendre ta douche et commence à te préparer.

Mais d'abord, bois ça, ordonna Miri en lui tendant un verre rempli de…

C'est quoi ? demanda Eiri en regardant le contenu un peu gluant d'un air mi-dégoûté, mi-apeuré.

Vaut mieux pas que tu saches ce qu'il y a dedans… se contenta de répondre la guitariste. Bois et après tu verras que ta gueule de bois ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Tu seras frais et dispo et Shuichi ne remarquera rien.

Shuichi ? Il est déjà arrivé ? s'enquit-il, essayant de repousser l'échéance avant d'être vraiment obligé de boire ce machin à l'odeur d'œuf pourri.

Y'a une demi-heure, oui, répondit Mika. Il est dans une autre aile du temple avec Tatsuha.

Pendant ce temps… Un peu plus loin…

Shuichi ? Qu'est-ce que t'as fait à tes cheveux ?

Une teinture, répondit le chanteur au jeune moine qui venait d'entrer dans la pièce qui avait été mise à sa disposition pour qu'il se prépare.

Pourquoi marron ? Noir ça aurait été mieux je trouve…

C'est pas marron, Tatsuha-san, le détrompa Maïko qui prenait le déjeuner avec son frère et Noriko. C'est châtain automne, numéro 56 de la collection Coloréal (4). Et s'il a choisi cette teinte c'est parce que c'est ce qui se rapprochait le plus de sa couleur d'origine.

Parce que t'étais châtain avant, Shu-chan ? s'étonna le jeune moine.

Oui, pourquoi ? Tu croyais peut-être que j'étais né avec les cheveux roses ? se moqua gentiment Shuichi.

Bah, t'as bien les yeux violets…

Oui mais y'a des limites quand même ! En fait, j'ai commencé à me teindre les cheveux en rose très peu de temps après avoir rencontré Yuki.

Et puis s'il a repris son ancienne couleur, c'est pour aller avec ça ! s'exclama Noriko en ouvrant la housse à vêtement pour révéler le kimono fait main et avec amour par Shindo Kaede.

Mon frère va te sauter dessus en te voyant arriver comme ça !

C'est justement ce que je voulais éviter…

Un kimono n'a rien de sexy en règle général sauf quand il est vraiment bien fait et qu'il correspond parfaitement à la personnalité de celui qui le porte. Et celui-là, il est parfait pour toi ! s'exclama Tatsuha.

Soudain, il se jeta aux pieds du musicien en suppliant :

Epouse-moi à la place de mon frère ! On se ressemble tellement que tu ne verras pas la différence ! Je suis un dieu au lit et je cuisine à la perfection ! Avec moi tu seras comblé !

Une tong en bois vola à travers la pièce et vint percuter son crâne de plein fouet. Miri, qui venait juste d'entrer dans la pièce, lança :

Si Eiri t'avais entendu dire ça, je ne donnais pas cher de ta peau, mon vieux. Et puis, il me semble que tu oublies un peu vite Ryuichi…

Tatsuha, qui était en train de se masser la tête sur l'énorme bosse qui ne tarderait pas à montrer le bout de son nez, se releva aussitôt en criant comme une collégienne.

KYAH ! Mon Ryu-chan est là ! Et il va être en kimono, lui aussi ! Miri-chan, pitié, dis-moi où il est !

Nah.

Pitié ?

Lèche-moi les orteils et je verrai ce que je peux faire.

A peine la blonde avait-elle fini sa phrase qu'elle se retrouvait les quatre fers en l'air, déjà débarrassée de ses chaussettes, avec un moine dépravé en train de lui lécher, voir même sucer les orteils. N'importe quelle personne aurait hurlé de rire du fait que ce genre de pratique chatouille énormément. Mais Miri, prise par surprise, lâcha un gémissement de plaisir. Noriko se mit à pouffer de rire, se souvenant alors de la fois où Tatsuha avait revêtu une tenue sadomaso, lui jurant une soumission totale en échange du numéro des parents de Ryuichi. Ce garçon était vraiment prêt à tout pourvu que ça le rapproche de son idole et fantasme…

Surtout, dites-le si je dérange, grogna Hiro en entrant à son tour.

Miri ouvrit des yeux écarquillés de terreur en entendant la voix de son petit ami. Et c'est alors que le cadet Uesugi ramena sa fraise pour dire ce qu'il ne fallait pas (évidemment !).

Mon vieux, je crois que je viens de trouver un des principaux points érogènes de ta copine !

Shuichi explosa de rire, se tenant les côtes de peur d'en perdre une. Maïko ricanait pas mal elle aussi, de même que Noriko. Miri rougissait un peu plus à chaque seconde. Tatsuha se mit à se rouler de rire par terre en voyant la tronche de Hiro. En effet ce dernier était passé de l'agacement à la colère, puis à l'étonnement pour finalement exprimer un air intéressé.

C'est bon à savoir, ça… lâcha-t-il finalement avec un sourire lubrique.

XXX XXX XXX

13h45… Yuki n'en pouvait plus d'attendre. Il mourait d'envie de voir Shuichi… Le fait que ce dernier ait eu tant de mal à trouver ses tenues pour leur mariage et qu'il ait finalement trouvé « la perfection » comme il le lui avait dit, avait poussé sa curiosité au sommet et il avait hâte de voir à quoi pouvait bien ressembler Shuichi. Soudain, la plus abominable des idées lui vint à l'esprit. Mais non, tu te fais des idées… Il est peut-être timbré, et un brin efféminé, mais il n'irait jamais jusqu'à… Porter une robe de mariée !

Pris d'une soudaine anxiété, Yuki sortit une cigarette, l'alluma et tira une longue taffe. Il se tenait debout, près d'un petit étang dans le parc du temple, non loin de là où devait se dérouler la cérémonie. Il ferma les yeux, laissant la brise encore glacée de février glisser sur son visage et dans ses cheveux. Il pouvait se remémorer le jour où Shuichi était venu déguisé en fille pour l'obliger à rompre ses fiançailles avec Ayaka. Il pouvait se rappeler que c'était à l'endroit exact où il se trouvait, près de l'étang, lorsqu'il avait révélé à Shuichi qu'il était un meurtrier, tentant de le faire fuir, espérant qu'il cesserait de l'aimer. Et le voilà aujourd'hui, à espérer qu'il l'aime pour toujours. Sa cigarette touchait à sa fin alors il la jeta au sol et l'écrasa d'un coup de talon, jetant un coup d'œil à sa montre qui indiquait 13h52.

Huit minutes…

Un sourire, un vrai, s'étira sur son visage. Il y a près de neuf ans, quand sa vie venait d'être brisée par la personne qu'il pensait aimer, il ne croyait plus en rien et surtout pas en l'amour. Shuichi est arrivé dans sa vie et alors, il a essayé de fuir l'amour incarné par le jeune homme. Mais Shuichi, à force de patience et de détermination, a su soigner son cœur blessé. Entrant sous le vaste porche bien abrité qui faisait office de chapelle, il retrouva la plupart des invités : sa sœur, sa cousine, son beau-frère, les Ukaï, la cadette Shindo et ses grands-parents, Sakuma, Nakano, Fujisaki et les autres. Tous en kimonos (5). Tatsuha était déjà à sa place et il ne manquait plus que Shuichi. Mais en bonne mariée qui se respecte, il se faisait désirer. Et puis, il n'était pas tout à fait 14h…

Quelle sobriété, Eiri-san ! fit remarquer une voix familière derrière lui.

Avant même de se retourner, Yuki savait de qui il s'agissait.

Konnichi wa, Hikari-san, dit le blond en s'inclinant très légèrement.

Je suppose que bientôt vous pourrez m'appeler okâ-san, répondit la mère de Shuichi avec un chaleureux sourire.

Est-ce que je dois comprendre que vous m'acceptez volontiers comme gendre ? demanda Eiri avec un petit sourire au coin des lèvres.

Comment ne pourrais-je pas après ce que vous m'avez dit l'autre jour. En revanche, mon mari est très loin de partager mon avis. Il est aussi à Kyoto, mais il est resté à l'hôtel. Je suis désolée. J'aurais aimé qu'il soit là.

Vous êtes là, c'est déjà beaucoup. Merci.

Non, merci à vous. Bien, je vais rejoindre ma fille et mes beaux-parents, annonça Hikari en désignant Shindo Maïko, Kaede et Shinji.

Eiri alla à la place qui lui était attribué en tant que futur époux, c'est-à-dire devant l'autel. Sakuma, tout excité à l'idée d'être le témoin, sautilla quelques secondes avant de se laisser tomber à sa place, juste derrière l'écrivain avec un large sourire. Tout le monde était en train de s'installer sur des fauteuils sans pieds (6) quand Tatsuha fit un petit clin d'œil à son grand frère. Celui-ci ne comprit pas tout de suite pourquoi jusqu'à ce qu'il remarque que le regard de son benjamin était tourné vers quelqu'un derrière lui. Se retournant pour voir de qui il s'agissait, il vit Shuichi le rejoindre avec un grand sourire aux lèvres. Le cœur battant la chamade, Yuki ne put que se contenter de fixer avec admiration son fiancé qui arrivait vers lui. Il n'avait jamais été aussi beau que dans ce kimono. Il était fait de soie de couleur rose foncé, tirant sur le bordeaux et brodée de lotus au fil noir et or. L'obi qui serrait sa taille (7) était de la même matière à ceci près qu'il était noir et brodé de fleur de cerisier au fil rose pale et argenté. Et enfin, une longue étoffe de satin rouge aux reflets dorés tombait en drapé sur son côté droit, effleurant le sol au rythme de ses pas. Les deux grand miroirs d'améthyste qu'étaient ses yeux brillaient d'une étrange lueur que Yuki n'avait encore jamais vu chez Shuichi et ses cheveux nouvellement châtains, comme lors de leur première rencontre, tombaient dans sa nuque, sur son front et encadraient son visage. Ainsi vêtu, il donnait l'impression à Yuki d'être une créature divine tombée du ciel pour son plus grand bonheur.

Lorsque le chanteur s'assit à côté de l'écrivain, Hiro, qui était juste derrière lui, ne put s'empêcher de les trouver vraiment bien assortis. Si Shuichi avait opté pour des couleurs rougeoyantes, Yuki était vêtu tout de noir, à la manière des moines du temple, à ceci près qu'il avait ajouté une toge de soie, elle aussi rouge, ce qui allait très bien avec sa chevelure blonde comme les blés.

Les deux fiancés se prirent la main et firent face au maître de cérémonie : Uesugi Tatsuha, haut moine de son état.

Bien, je pense que tout le monde est là et vue qu'il est 14h pile, on va pouvoir commencer…

Mais Tatsuha s'interrompit, jetant un nouveau regard vers l'entrée de la chapelle. Tous se tournèrent dans la même direction pour voir entrer d'un pas hésitant Uesugi Toru, le père de Yuki, qui alla rejoindre sa fille et son gendre dans l'assemblée. Le visage du blond était resté impassible mais Shuichi avait clairement reconnu dans son regard une petite étincelle qu'il était heureux d'avoir aperçue. Alors qu'il allait retourner son attention vers Tatsuha, l'attention de Shuichi fut attirée par un visage qu'il n'aurait jamais espéré voir ici, et pour cette occasion.

Maman… murmura-t-il pour lui-même.

Eiri l'entendit et lui adressa un petit sourire en coin tout en serrant un peu plus la fine main du musicien dans la sienne.

Bon, fit Tatsuha. Nous sommes ici aujourd'hui pour célébrer l'union de deux êtres, de deux âmes, par le lien sacré qu'est celui du mariage. Si quelqu'un dans cette assemblée souhaite s'y opposer, qu'il parle maintenant où qu'il se taise.

Un instant de silence s'imposa durant lequel tous jetèrent de petits coups d'œil anxieux en direction des époux Seguchi. Vu le regard meurtrier et menaçant que Yuki leur adressait, il valait bien mieux pour eux de ne rien dire. Finalement, le jeune moine reprit.

Dans ce cas, avant de commencer la cérémonie, nous allons prier pour que leur union soit bénie.

Et dans le silence, tous baissèrent la tête, les yeux clos tandis que Tatsuha récitait les anciennes prières. Après de longues minutes, le moine reprit son office. Il prit un ruban blanc qu'il enroula autour des poignets de Shuichi et Eiri et dit :

Uesugi Eiri, acceptes-tu d'épouser cet homme à tes côtés ? De le chérir et de le protéger contre tous les obstacles que cette vie mettra en travers de votre chemin ? Jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

Oui, répondit l'interrogé.

Shindo Shuichi, acceptes-tu toi aussi d'épouser cet homme à tes côtés ? De le chérir et de le protéger contre tous les obstacles ? Jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

Evidemment que je le veux ! s'empressa d'approuver le chanteur avec un peu trop d'excitation. Euh… Enfin, je veux dire… Euh… Oui, je le veux, se reprit-il avec plus de sérieux.

Vraiment bon à jeter, baka ! pensa Yuki, amusé.

Dans ce cas, par l'autorité qui m'est conférée par ce temple et l'Etat, même si l'Etat n'est pas vraiment d'accord, je vous déclare mariés et gays ! Félicitations frangin, tu peux embrasser ta petite femme !

Shuichi s'apprêtait à répliquer, outré, mais son mari lui cloua le bec par un baiser passionné sous les applaudissements et les acclamations de l'assistance.

XXX XXX XXX

Après avoir reçu les félicitations de tous les invités présents sans exception et avoir échangé en vitesse leurs kimonos pour des tenues plus confortables mais non moins élégantes afin de participer au traditionnel banquet d'après mariage, tous les convives arrivèrent à la salle de réception, magnifiquement décorée. Yuki était stupéfait par le travail de Shuichi qui avait réussi à transformer un simple jardin d'hiver en un endroit magique. Les tables étaient nappées de blanc et décorées de petites bougies rose pale et des pétales de roses rouges et blancs. Au centre des assiettes, une petite boite d'une demi-douzaine de chocolats suisses (8) chacune marquée du nom d'un invité indiquait les places. Yuki sourit en repensant aux nombres d'heures que son jeune époux avait mis à trouver un moyen de placer tout leurs invités selon leurs personnalités et leurs affinités afin d'éviter d'éventuelles disputes. Les rideaux de soie blanche étaient attachés par d'épais cordons couleur rose foncé et s'accordaient parfaitement bien avec les chandeliers de cristal rose suspendus au plafond. Bien qu'ils ne soient pas encore allumés car il n'était que 15h, leurs reflets colorés se répandaient dans la salle grâce aux rayons du soleil qui les baignaient de lumière.

J'aime bien, je crois que finalement, j'vais te laisser faire la déco de notre prochain appartement… murmura l'écrivain à l'oreille de son amant.

Pourquoi pas une maison ? Avec un jardin ?

Si tu veux.

Et ils s'embrassèrent encore tandis que tout le monde s'installait en s'émerveillant de la beauté de la pièce. Avant d'envisager d'aller s'asseoir, Yuki s'écarta et prit le temps d'apprécier la nouvelle tenue de son mari. Il portait un simple pantalon blanc sur lequel tombait une longue et très jolie tunique de la même couleur pure, au col bateau et au longues manches fendues des épaules jusqu'aux poignets. Il n'y avait pas de boutons ni de fermeture éclair. Seulement des ficelles qui liaient les manches au niveau des épaules et des poignets, maintenant le haut en place. Il avait également attaché un large ruban autour de son cou qu'il avait noué dans sa nuque par un gros nœud comme s'il voulait s'offrir en cadeau. La couleur mauve du ruban rappelait très bien son regard lavande. Le seul truc pas très classe dans tout ça, c'était les Converses blanches. Mais c'était Shuichi, alors forcément, il était habitué. Eiri, lui, portait un pantalon à pince également blanc avec la veste assortie et une chemise couleur crème qu'il n'avait boutonnée jusqu'en haut et qui s'accordait à merveille avec ses yeux ambrés et ses cheveux dorés. Tous deux étaient si bien assortis que Hikari ne put s'empêcher de les prendre en photo tandis que Hiro filmait.

Votre attention s'il vous plait ! appela Maïko dont la voix était amplifiée par un micro.

Lorsque les deux époux se tournèrent vers l'estrade, ils y trouvèrent la cadette Shindo, vêtue d'une longue robe bleu ciel dont le haut était un corset blanc. Derrière elle Noriko s'installait aux synthés, habillé d'une robe chinoise en satin vert jade. Et Miri, qui portait un pantalon et des bottines de cuir noir avec une chemise rouge et cintrée se saisissait de la guitare électrique.

Voilà, en fait, Noriko-san, Miri-san et moi, on s'est souvenu que chaque couple marié devait avoir SA chanson. On s'est concertées et on s'est dit que n'importe quelle chanson ne pouvait pas faire l'affaire. Il en fallait une qui reste dans les mémoires et qui vienne du cœur. Alors on s'est mises à chercher parmi les plus belles chansons répertoriées de la musique japonaise. Et c'est finalement Seguchi-san, qu'on remercie de son aide, qui nous a trouvé la bonne. En plus elle est chantée par un groupe, donc ce sera plus facile pour nous de vous la jouer. Il s'agit de « Open up your mind » de Mirai. Alors si les jeunes mariés pouvaient s'avancer jusqu'au centre de la piste…

Tout content de pouvoir enfin danser avec son amour, Shuichi tira ce dernier au cœur de la salle tandis que les invités, assis, attendaient le spectacle. Au passage, Eiri et Hikari échangèrent un sourire à peine perceptible. Le moment de voir si les leçons de danses allaient payer était venu.

Si c'est ta sœur qui chante, j'espère qu'elle n'a pas une voix de crécelle… se moqua Yuki.

J'en sais rien… Je ne l'ai jamais entendu chanter. Mais je pense qu'elle se débrouille bien, sinon Noriko ne l'aurait jamais laissé monter sur scène… plaisanta Shuichi en se serrant contre son mari, passant ses mains derrière sa nuque, tandis que le blond enlaçait sa taille de ses bras.

Les premières notes de synthé sonnèrent, suivit de la voix de Maïko qui chanta la première partie du couplet. La guitare et la voix de Miri s'y ajoutèrent pour la partie anglaise du complet. Puis un solo piano et voix de Noriko. Dansant au rythme du refrain chanté à l'unisson par les trois demoiselles, le couple fut bientôt rejoint sur la piste par des invités. Mais peu leur importait : ils étaient comme dans leur petite bulle, dans leur petit univers. Plus rien d'autre ne semblait exister à part eux.

Ton cadeau te plait ? souffla Eiri à l'oreille de son cavalier.

Nani ?

La danse.

Shuichi leva un regard confus vers son compagnon qui esquissa un petit sourire avant de répondre :

Ta petite crise de jalousie à Noël… Si je n'étais pas avec Mizuki, c'est parce que j'ai passé la journée avec ta mère qui m'apprenait à danser.

Tu… Tu ne savais pas danser… et tu appris rien que pour moi ?

Ouais.

Et tu as été jusqu'à demander son aide à ma mère ?

Oui…

Et elle a accepté ?

Oui…

Alors, oui ! Mon cadeau me plait énormément ! Et après ça tu veux me convaincre que tu n'es pas romantique ? Tu crois que tes livres tu les écris comment, hein ? répondit Shuichi avec un sourire avant d'embrasser son mari.

C'est quoi mon cadeau à moi ? demanda le blond après leur baiser.

Tu le sauras ce soir ! gloussa Shuichi avec une lueur coquine dans le regard qui garantissait à Yuki que son cadeau était vraiment trop personnel pour être offert en public.

Les deux époux dansèrent encore sur cette musique jouée pour eux. Ce fut un pur moment de bonheur. Shuichi se sentait si bien dans les bras de son Yuki. Et oui, maintenant il pouvait vraiment le revendiquer comme sien. Il était son mari et plus ne pourrait plus séparer. « Jusqu'à la mort » ? Non, même au-delà. Ce qui les liait désormais était plus fort que tout. Une larme de joie glissa le long de sa joue tandis qu'il reposait sa tête contre le torse de celui qu'il aimait.

Je t'aime, Shuichi, lui susurra celui-ci.

Moi aussi je t'aime, mon amour.

La dernière note sonna et des applaudissements retentirent dans toute la pièce. Il fallut quelques instants aux deux mariés pour redescendre de leur petit nuage et s'écarter l'un de l'autre. Eiri caressa la joue de Shuichi avant de déposer un petit baiser sur ses lèvres.

Je vais remercier ma sœur, tu viens ? demanda le chanteur.

Je le ferai plus tard, mais vas-y toi.

Tu veux aller lui parler ? A ton père, j'veux dire…

Pour toutes réponses, le jeune homme n'obtint qu'un baiser sur le front de la part du blond qui s'éloigna pour retrouver Uesugi Toru, jusqu'alors resté à l'écart. Mais il ne resta pas seul longtemps car presque aussitôt, sa mère, sa sœur et ses grands parents virent le trouver.

De son côté, Yuki sortit une cigarette qu'il alluma et lança banalement à son père :

Finalement t'es venu ?

En effet.

Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis ?

Je n'ai jamais dit que je ne viendrai pas, que je sache.

C'est vrai.

Tu me l'as dit toi-même : « Que nous le voulions ou pas, c'est comme ça. » Si je ne peux rien faire pour l'empêcher, autant faire de mon mieux pour vivre avec. Ca ne veux pas dire que je l'accepte, détrompe-toi.

Evidemment, ça aurait trop beau que tu acceptes mon homosexualité et celui qui m'a rendu gay. Mais je suppose que je dois m'en contenter.

Je n'aime pas ce garçon car, qu'il s'en soit rendu compte ou non, il t'a éloigné de nous, ta famille.

C'est lui ma famille maintenant, répliqua froidement Yuki.

Je dois au moins lui reconnaître le mérite d'avoir réussi à te changer en mieux, admis le chef de la famille Uesugi, choisissant d'ignorer la remarque de son fils.

Il n'y avait plus rien à dire. Un observateur externe aurait jugé cette conversation comme étant limitée et primaire, mais ceux qui connaissaient un minimum le père et le fils savaient que pour eux ce fut un effort surhumain.

Un peu plus loin, Hiro avait été rejoint par Miri et tous deux dansaient dans les bras l'un de l'autre. Il s'agissait de leur première fois où ils se montraient officiellement ensemble et devant autant de monde. C'était un peu pour eux une façon de s'affirmer en tant que couple. Mais tandis que Hiro passait ses mains sur les hanches de sa petite amie et que celle-ci encerclait son cou de ses bras blancs, le jeune homme murmura :

Je suis heureux d'être avec toi, tu sais.

C'est tout ?

Non… Y'a aussi que je t'aime.

Miri appuya sa tête contre le torse du guitariste et répondit :

Quelle coïncidence… Parce que moi aussi je t'aime.

Hiro déposa un baiser sur le front de la demoiselle en resserrant un peu son étreinte. La chanson toucha à sa fin et les Dark Saïans en commencèrent une nouvelle lorsqu'une voix que Hiro ne connaissait que trop bien l'interpella.

Hiro-chan ?

Le jeune homme relâcha son étreinte sur l'Américaine pour faire face à…

Ayaka ?

Miri se raidit en entendant ce nom et le garçon le sentit clairement. La blonde s'écarta de lui et le regarda fixement. Visiblement elle attendait quelque chose de lui et c'était clair : elle voulait qu'il repousse Ayaka. Mais honnêtement, il en était incapable. Même s'il aimait sincèrement Miri, la brune restait son premier grand amour. Qu'est-ce que je dois faire maintenant ? Ayaka d'un côté, Miri de l'autre. J'ai longtemps prié pour que Aya-chan revienne mais je suis tellement bien avec Miri… Seulement pour la blonde, l'hésitation du guitariste n'avait pas lieu d'être.

Tsss… siffla-t-elle avec un regard froid. Cette garce revient et tu te sens tout chose. Je commence à me rendre compte que le temps que j'ai passé avec toi n'a été que pure perte.

Sur ces mots totalement dénués de la chaleur qu'elle montrait habituellement à Hiro, la musicienne s'éloigna. Shuichi, qui avait vu la scène, ne put s'empêcher de se sentir déçu par son meilleur ami. D'accord il aimait Ayaka, mais il était évident aux yeux de tous que ce qu'il éprouvait pour Miri était bien puissant que ce qu'il avait pu ressentir pour l'ex-fiancée de Yuki. Le chanteur suivit son amie à l'extérieur de la salle.

Miri ?

L'interpellée venait d'allumer une cigarette et expirait lentement la fumée.

Qu'est-ce que tu veux ? répondit glacialement la blonde.

Je suis désolé que Hiro ne t'ait pas empêché de partir… Je ne comprends pas sa réaction.

Ne t'excuse pas pour lui, il n'en vaut pas la peine.

Ne sois pas si dure. Hiro est quelqu'un de bien ; il a juste fait une erreur…

Moi aussi je suis persuadée que c'est quelqu'un de bien. Mais je ne tolère pas les erreurs de la part de ceux qui m'entourent. Surtout quand il s'agit de ma vie amoureuse. Tu sais, le jour où tu es venu chez Hiro après avoir reçu cette lettre vous annonçant à Eiri et toi que votre dossier d'adoption était refusé… Je m'apprêtais à partir sans un au revoir au moment où tu es arrivé. D'une certaine façon, j'étais heureuse que tu aies contrarié mes plans. Mais voilà, aujourd'hui, j'aurais préféré avoir franchi le seuil de la porte sans regarder derrière moi. Au moins, maintenant, je ne serais en train d'envisager de commettre un double meurtre…

Un long silence s'imposa pendant lequel Miri finit sa cigarette avant de l'écraser pour en allumant aussitôt une autre. Wouah… Elle a l'air super énervée ! Mais pourquoi elle ne réagie pas ? Si elle veut Hiro, il faut qu'elle se batte pour lui. Je me suis battu pour Yuki, elle peut faire un effort elle aussi. Ayaka n'est pas une si grande adversaire.

Tu te plains mais tu ne fais rien pour l'empêcher de commettre d'erreurs. Pourtant vous êtes un couple maintenant. Tu dois te battre pour lui et de démontrer à Ayaka qu'il t'appartient maintenant…

Miri se tourna vers lui, un sourcil haussé de surprise et de réflexion. Puis elle jeta sa cigarette et l'écrasa de la pointe du pied. Elle se dirigea vers l'intérieur de la salle et lorsqu'elle passa auprès de Shuichi, elle lui ébouriffa les cheveux avec un sourire amusé et dit :

Arigato, Shu-chan. Et encore désolée de t'avoir causé du souci le jour de ton mariage. Mais tu as raison : Hiro est à moi et il faut que cette idiote le sache. Tu diras à Eiri que je suis désolée pour ce que je vais faire.

Nhh !... Comment ça « ce qu'elle va faire » ? My my ! J'ai peur… Pourvu qu'elle fasse rien de trop grave. Yuki va pas être content. Shuichi suivit Miri des yeux et entra à sa suite dans la salle de réception. Repérant son époux désormais assis seul à leur table où il fumait tranquillement, observant d'un œil distrait les invités qui se trémoussaient sur la piste de danse. Le chanteur s'assit à ses côtés et posa sa tête sur son épaule. Comme si le romancier avait ressenti son anxiété, il demanda :

Qu'est-ce que t'as ?

Je crois que Miri est en colère…

Et là, Yuki qui s'apprêtait à poser davantage de question à son mari, eut les réponses sous le nez, tout comme l'ensemble des invités…

Un claquement puissant retentit dans la salle, couvrant presque le fond sonore de la musique jouée par les Saïans. Les trois musiciennes s'arrêtèrent de jouer, les invités cessèrent de danser, tous les regards étaient tournés vers Usami Ayaka, la joue en feu, et Miri Johanson, le regard provocateur.

Tu crois que tu peux plaquer un garçon qui t'aime pour aller en retrouver un autre parce que tu penses l'aimer davantage, puis revenir vers celui dont tu as brisé le cœur après t'être faite larguée toi aussi ? Tu prends les gens pour tes bouche-trous ou quoi ? gronda froidement Miri.

Comment oses-tu venir devant moi et me gifler après t'être comportée comme un vautour, n'attendant qu'une chose, que Hiro soit libre pour lui mettre le rapin dessus ! répliqua Ayaka, furieuse, la main sur sa joue douloureuse.

Fallait pas le laisser tomber pour un abruti fini. T'as joué ton tour et t'as perdu. Maintenant Hiro est à moi. Et je n'ai pas l'intention de te laisser me le prendre. Maintenant tu dégages, t'es pas invitée.

J'ai toujours ce que je veux, et ce que je veux c'est Hiroshi, siffla la brune d'air menaçant qui ne lui ressemblait pourtant pas.

Miri restait impassible, un simple sourire satisfait aux lèvres.

Ca tombe bien, moi aussi. Et les gens intelligents savent qu'il ne vaut mieux pas se mettre en travers de mon chemin. Alors je te le répète encore une fois gentiment ; casse-toi !

Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Ayaka qui se tourna vers Hiro et demanda :

Et toi Hiro-chan ? Avec laquelle de nous deux tu veux être ?

C'est vrai Nakano. Tu préfères Ayaka, qui t'as blessé et reviens te reprendre par dépit, ou Miri, qui tiens profondément à toi et qui se bat pour te garder… Sachant pertinemment qu'elle n'a jamais fait ça pour qui que ce soit, pas même son fiancé il y a 4 ans… demanda Yuki entre deux taffes de cigarette.

Tous le monde fut pour le moins surpris par le romancier qui d'habitude avait une politique non-interventionniste, un peu comme la Suisse. Ce n'était pas dans son habitude de se mêler des affaires des autres. Mais il avait implicitement menacé Miri, lui défendant de briser le cœur du guitariste… Ce n'était pas pour que ce baka aux cheveux longs détruise le cœur déjà fragile de sa cousine… Hiro réfléchit quelques instants, tenant toute la salle en haleine, comme un groupe de desperate housewives devant les Feux de l'Amour. C'est vrai ce que Yuki-san a dit. Miri se bat pour moi, elle veut me garder donc elle tient à moi. Ayaka, elle, m'a laissé tomber pour un autre avant de finalement se faire plaquer de la même façon… La plus enclin à me trahir c'est encore elle. Mais je l'aimais tant et j'étais tellement obsédé par l'idée de la récupérer que je ne m'étais pas aperçu que ce que j'avais gagné avec Mi-chan était bien mieux…

Aya-chan… Je suis désolé, mais Miri est celle que j'aime désormais… Tu ne peux pas revenir en espérant que je te reprenne alors qu'il y quelques mois, tu m'as brisé le cœur sans plus de remords que ça. Et honnêtement, Miri me comble bien plus que tu ne le pourras jamais. Excuse-moi mais mon choix est fait…

Hiro baissa les yeux, un peu honteux de devoir la rejeter et surtout de le faire devant tout le monde.

Alors c'est ça ?

Oui, c'est ça ! s'exclama Maïko. Bon, maintenant, je voudrais pas être méchante mais tu as un peu pourri l'ambiance alors si tu pouvais partir tant qu'il est possible de récupérer notre joie et notre bonne humeur ce serait sympa.

Shuichi ricana le plus silencieusement possible alors que Yuki se contenta d'esquisser un sourire amusé. Certains, comme Tatsuha, n'avaient pas eu autant de retenu. Ayaka, vexée comme un poux, s'en alla. A en juger par l'expression sur son visage, Mika semblait un peu triste pour elle ; après tout, elles étaient amies. La pauvre n'avait pas de chance. Elle n'avait pas pu avoir Yuki parce qu'il aimait déjà Shuichi. Il avait stupidement perdu Hiro à cause d'un de ses caprices. Elle s'était faite jeté par un idiot. Puis ridiculiser par Miri…

En parlant du loup, à peine Ayaka avait-elle quitté la salle qu'elle gifla Hiro. Tout le monde sursauta et elle expliqua :

Ca c'est pour avoir hésité entre elle et moi.

Puis elle déposa un baiser sur sa joue rougie et ajouta :

Et ça c'est pour m'avoir choisie malgré tout.

Hmmm… Et si on remettait la musique ? lança Noriko.

Excellente idée ! s'exclama Shuichi en se levant d'un bond, tout content pour ses deux amis.

Il tira Yuki de sa chaise et voyant ses réticences il lui murmura, alors que tout le monde était déjà retourné à ses occupations :

J'espère que ton cadeau ne se limitait pas à notre première danse, mon amour. Parce que le mien est valable pour toute notre vie… Alors si tu le veux, tu vas devoir te montrer un peu plus anthousiaste…

Pour appuyer son argument, il embrassa passionnément son époux qui lui rendit son baiser brûlant en l'enlaçant. Puis il se résigna et se laissa guider vers la piste.

Ndla : (1) Clin à Gad Elmaleh et son sketch des chocolats à la liqueur… Lul', on t'a repéré ! (2) Et oui, la canne utilisée au billard s'appelle en réalité une queue. Alors « queues », « boules » et « trous », ça un fait un peu trop de mots tendancieux pour décrire un seul jeu, vous ne trouvez pas ? (3) Track 5 tome 2, Mika qui vient marteler le crâne de son beau gosse de petit frère avec un gong pour qu'il réponde au téléphone… J'adore cette nana ! (4) Coloréal, parce que je le vaux bien… Vous avez saisi ? lol. (5) J'aimerais trop y être, j'ai une passion incongrue pour les kimonos ! (6) Pour ceux qui savent pas, c'est un fauteuil, sans pieds… J'vois pas ce qu'on peut dire d'autre à par que ça se pose par terre et que c'est assez confortable. (7) « Obi » est le nom de la large ceinture serrée à la taille et qui maintient le kimono fermé et croisé sur la poitrine. (8) Vu que c'est de l'import, ça a du coûter les yeux de la tête, mais on s'en fout, Shuichi est riche !

Notes : Je m'attendais sincèrement à ce qu'il soit plus long que ça ce chapitre, mais le principale c'est qu'il reste plus que satisfaisant à mes yeux. C'est la première fois que je fais le détaille d'une cérémonie de mariage alors pardonnez moi si vous trouvez les descriptions incohérentes ou trop longues et ennuyeuses. Deux petites notes ! La première, je ne sais absolument pas à quoi ressemble un mariage religieux au Japon alors j'ai fait au feeling. La seconde, la fameuse chanson « Open up your mind » est tirée de l'anime de Saiyuki. Je la trouve vraiment très belle… Voilà, maintenant laissez votre review pour me donner votre avis sur ce chapitre. Etant donné que j'ai déjà les idées pour le 8, je vais m'y mettre de ce pas . Mais je ne sais pas quand je le posterais car mes cours ont recommencer et apprendre le japonais va me prendre beaucoup de temps. KISSOUS !

PS : Pour le dernier chapitre, j'ai complètement oublié de chercher le nom de la manageuse de Bad Luck… Encore désolée…

Lexique :

Bâka : Crétin, andouille, abruti, idiot.

Sugoi : Super !

Yatta : Génial ! (aussi dans le sens « J'ai réussi »)

Maji : Sérieusement ?

Oyasumi : Bonne nuit.

Konnichi wa : Bonjour.

Okâ-san : Mère.

Nani : Hein ? Quoi ?

Arigatô : Merci.