Titre : Des surprises à la pelle.
Auteur : Patpat.
Bêta-lectrice : Shizuka Kurai
Source : Gravitation.
Genre : Yaoi, Shounen-ai, Mpreg, Lemon.
Rating : M.
Paring : Yuki Eiri / Shindou Shuuichi.
Notes : Un nouveau chapitre sur lequel il n'y a pas grand chose à dire si ce n'est qu'il est encore plein de conneries, comme les précédents. Au menu, conférence de presse avec des journalistes trop curieux, petite balade en avion et emménagement dans un appartement qui tient plus du palace que du T3. Bonne lecture à tous.
Dialogues en gras. Pensées en italique.
Chapitre 12 : Le début du calvaire.
La condition de Miri et de Seguchi pour que Shuuichi obtienne son année sabbatique était que lui, et accessoirement Yuki, donnent une conférence de presse juste avant leur départ. Selon la productrice exécutive et le patron de NG, cette étape était plus que nécessaire pour expliquer au public et au média leur absence prolongée. Et jouant d'une pierre deux coups, cela leur ferait un peu de pub supplémentaire, ce qui, étant donné la durée de leur voyage, était non négligeable. L'annonce même de leur départ du Japon pour une si longue période avait déjà fait le tour du pays, créant une vague de rumeurs plus farfelues les unes que les autres. La conférence avait donc également pour but d'éviter ce genre de ragots tout en soutenant la curiosité du public et l'intérêt de tous quant à l'actualité de Bad Luck et de Yuki Eiri.
Il n'était pas vraiment nécessaire pour le romancier de venir à cette réunion de presse étant donné qu'elle était organisée par NG principalement. Mais Yuki refusait de laisser Shuuich faire face à tant de monde au risque de tomber dans des questions pièges ; déjà qu'en temps normal il avait tendance à carrément foutre les deux pieds dans le plat, mais étant enceinte, il risquait même de piquer une crise de nerf devant les médias, ce qui n'arrangerait strictement rien bien au contraire.
C'est pourquoi, quatre heures avant leur vol pour Paris, l'écrivain et son chanteur se dirigeaient vers la grande salle de réunion de NG Records pour cette fameuse conférence. Hiro, Fujisaki, Sakano, K, Seguchi et Miri étaient présents. Et même Maiko était venue. En effet, elle tenait à passer chacun des derniers instants de ses frères sur le sol japonais avec eux. La cousine de Yuki partait avec le couple pour les accompagner jusqu'à son pied-à-terre parisien alors la soeur Shindou resterait seule avec Hiro jusqu'à son départ pour Kyoto. Le guitariste avait même décidé de l'accompagner pour s'assurer qu'elle soit bien installée dans sa chambre d'étudiante.
J'étais vraiment obligé de venir ? demanda Shuuichi en se traînant jusqu'à l'ascenseur pour monter au sommet de la tour NG.
Evidemment, baka ! Comment donner une conférence de presse sans l'invité principal ? répondit Yuki en donnant une légère tape derrière la tête de son époux. En revanche moi, ma présence n'était pas nécessaire. D'ailleurs, j'ai bien envie de partir là, ajouta-t-il en faisant mine de rebrousser chemin.
YUKI !!! hurla Shuuichi, commençant déjà à trépigner, les yeux pleins de larmes.
Maiko, juste derrière le couple, grogna à son beau-frère :
Eiri-san ! Vous n'avez pas honte de lui dire ça ? Dois-je vous rappeler dans quelle condition il est ?
Le romancier n'avait cherché qu'à taquiner son jeune mari, comme il en avait toujours eu l'habitude, mais en effet, il avait oublié que les hormones du jeune homme jouaient contre lui. Ainsi, lorsqu'il se retourna pour faire face à son Shuuchan qui l'attendait maintenant dans l'ascenseur avec K et Miri - puisque les autres étaient déjà en haut - il remarqua l'expression peinée et d'énormes larmes rouler sur ses joues de bébé tandis qu'il reniflait bruyamment.
Le manager, lui était presque mort de rire. La productrice, quant à elle, était plus qu'agacée par le comportement du blond et les sautes d'humeur de son musicien. Et Maiko, qui venait de les rejoindre dans la cabine, arborait une expression des plus sérieuses. Poussant un soupir mêlé d'exaspération et de reproches vis-à-vis de lui-même, l'auteur entra dans l'ascenseur et passa un bras protecteur autour de son amoureux.
Arrête de chialer deux minutes ou les journalistes te prendront pour une femme battue s'ils voient tes larmes. J'ai pas envie de passer pour un homme violent, moi, bougonna-t-il sans adresser un regard à Shuuichi, fixant les portes métallisées qui venaient de se fermer.
En effet, il savait que s'il croisait les yeux de son amant, il ne résisterait pas au besoin de l'embrasser et se montrer aussi tendre qu'un nounours ce qui, devant les autres personnes présentes dans cet ascenseur, était simplement hors de question. Surtout devant Miri qui se ferait un plaisir de le taquiner plus tard à ce sujet, lui rappelant combien son caractère de cochon à pu se ramollir.
Mais pour Shuuichi, ce bras que son Yuki avait passé autour de ses hanches, dans une étreinte possessive et rassurante suffisait largement à son bonheur. Alors il leva ses grands yeux améthyste vers le blond, lui fit un large sourire et essuya son visage humide avec le revers de ses manches.
Bon, résumons, intervint Miri. Dans cette interview, on vous posera de nombreuses questions indiscrètes, comme toujours, alors contentez-vous d'y répondre avec naturel sans pour autant lâcher le morceau sur la grossesse de Shuuichi. Hiro et Suguru seront là pour le soutien moral, au même titre que Maiko-chan, ce qui rassurera Shuuichi et le mettra en confiance. Sakano est là car s'il n'entend pas en direct chacune de vos paroles, il aura un infarctus parce qu'il se sera stressé à mort en attendant le compte-rendu de la conférence. Seguchi sera également là en tant que président de la boîte.
Pourquoi ça ? C'est toi la productrice maintenant, non ? lui demanda Eiri.
Oui, c'est vrai. Mais on utilise les locaux de NG jusqu'à ce que ceux de BS à Tokyo soient finis. Et puis, c'est Tohma qui a découvert Bad Luck. Sans compter que l'une des conditions lors du rachat du contrat du groupe c'était que NG continuerait de percevoir un pourcentage de sept pour cent directs sur les ventes. Alors même s'il n'a pas vraiment son mot à dire, il doit quand même être présent pour la forme, expliqua la jeune femme.
Trop compliqué pur moi, ces conneries... songea le blond. Mais bon, il connaissait suffisamment bien sa cousine pour savoir que malgré son jeune âge elle pouvait être un requin en affaire tout en restant totalement loyale et honnête. Ainsi, les avantages de Shuuichi étaient vraiment en sécurité entre ses mains. D'ailleurs, le musicien pouvait se sentir heureux et chanceux d'être dans les bonnes grâces de la guitariste ou bien elle aurait pu profité de sa stupidité et de sa naïveté pour lui faire signer un contrat truqué. Cette nana était si douée qu'elle était bien capable de vendre un peigne à un chauve.
Au bout de quelques instants, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur le couloir du 27eme étage de l'immeuble, depuis lequel on pouvait entendre le murmures des journalistes présents dans la plus grande salle de cette étage, celle réservée aux conférences les plus importantes. K conduisit le petit groupe vers une entrée plus discrète afin d'éviter le brouhaha des médias et accéder plus directement aux tables préparées pour eux. Une fois dans la salle, l'agitation augmenta encore davantage : le couple le plus célèbre du pays, centre d'intérêt de tous, venait d'arriver.
Shuuichi s'installa à la place que lui indiqua K et Eiri s'assit juste à sa droite. Miri vint à gauche de Shuuichi. Hiro et Fujisaki restaient en retrait, hors du champ de vision des journalistes, de même que Maiko, Sakano et Tohma. Seul K était resté sur scène, debout juste derrière son chanteur. Le pauvre chanteur tremblait déjà comme une feuille à l'idée d'être face à tant de monde. Il redoutait plus que tout de dire une bêtise, quelque chose qu'il ne fallait pas. Habituellement, il n'était pas si mal-à-l'aise face à la presse et au public, mais là tout était différent : il n'agissait plus uniquement de lui ou de Yuki... Il y avait le bébé.
Eiri, qui avait remarqué la tension de son petit mari, glissa sa main sous la table et la posa sur cuisse. Ce simple geste fit sursauter Shuuichi qui finit par se calmer un peu, un petit sourire encore un peu stressé apparaissant sur ses lèvres. Alors la main de son époux trouva la sienne et la serra tendrement et fermement à la fois.
Si quelque chose ne va pas, dis-le moi et on s'en va, d'accord lui chuchota le romancier.
Shuuichi acquiesça d'un bref signe de tête avant de lui faire un nouveau sourire, cette fois plus déterminé et sûr de lui. Après tout, il avait toujours su que tant que son Yuki était à ses côtés, il était capable de traverser toutes les épreuves. Pourquoi en douterait-il maintenant ?
Du calme, s'il vous plait, demanda Miri de sa voix la plus sérieuse et autoritaire. Nous ne pourrons commencer la conférence que lorsqu'il y a le silence.
Etant tout naturellement le genre de femme qui en impose et qui obtient toujours ce qu'elle veut, la guitariste n'eut pas de mal à se faire obéir. Très vite, les murmures et autres bruits se turent. On n'entendait même pas une mouche voler. La productrice reprit alors.
Tout d'abord, merci à tous d'être venus. Cette conférence a pour but de répondre aux principales questions que vous vous posez tous quant à l'annonce du congé prolongé pris par Shindou Shuuichi. Je vous demande donc de poser des questions chacun votre tour et de ne pas harceler mon musicien et son compagnon de questions beaucoup trop indiscrètes. C'est compris pour tout le monde ?
Les hochements de tête évasifs dans le public lui firent comprendre qu'elle s'était bien faite entendre. D'un signe de la main, elle invita les journalistes à demander la parole et en choisit un parmi les bras levé. On se croirait à l'école, songea Shuuichi avec un petit sourire amusé.
Pourquoi quitter le pays pour un période aussi longue qu'une année entière ? demanda le premier reporter.
Le jeune chanteur se gratta le derrière de la tête, se demandant pendant un moment comment répondre à cet homme sans révéler que c'était parce qu'il était enceinte et qu'il voulait mettre au monde son bébé dans une clinique spécialisée en France. Alors qu'il ouvrit la bouche dans l'intention de commencer, Yuki le prit de court et dit :
Shuuichi et moi sommes ensemble depuis plus de trois ans maintenant et nous avons toujours été au centre de l'attention de tous, ce qui nous a beaucoup freinés. C'est pourquoi nous souhaitons nous éloigner un peu de toute cette sur-médiatisation.
C'est pas vraiment un mensonge non plus, se déculpabilisa le blond. Un autre journaliste posa sa question après y avoir été autorisé par Miri.
Si vous ressentez ce soudain besoin de vous éloigner maintenant, cela veut-il dire que votre couple bat de l'aile ?
La question était si inattendue et si saugrenue que Yuki lui-même eut du mal à cacher sa surprise. Miri fronça les sourcils, visiblement pas bien sûre d'avoir correctement entendue la question. Du coin de l'oeil, Shuuichi remarqua tous ses proches faire des yeux ronds comme des billes, à l'évidence tous choqués par ce qu'ils venaient d'entendre. Même le grand Seguchi Tohma en était abasourdi, ce qui fit pouffer de rire le jeune chanteur.
Les médias quant à eux étaient tous tenus à en haleine ; apparemment, ils considéraient tous cette hypothèse comme vraisemblable. Après tout, c'est bien normal. Aucun d'eux n'est au courant de toutes les bonnes choses qui sont arrivées dans nos vies ces derniers mois, songea Shuuichi en jetant un coup d'oeil à son ventre encore bien plat puis à la main d'Eiri qui serrait la sienne. Il lâcha la main de son blondinet de mari puis se décida à répondre avec un air grave :
En effet, rien ne va plus entre nous...
Tous retinrent leur souffle, stupéfaits d'une telle révélation, et une vague de murmures commença à se faire entendre, submergeant bientôt la salle entière. Yuki, lui même étonné de la réponse de son amant, se tourna vers lui et profita du brouhaha général pour lui demander tout bas :
Comment ça "rien ne va plus" ?
Ne prends pas la mouche, mon amour. Je trouve cette conférence plutôt comique finalement et tu devrais t'amuser un peu aussi, c'est très déstressant en fait, lui répondit Shuuichi tout aussi doucement avec un large sourire un brin sadique.
Sur le coup, Yuki ne comprit pas tout de suite où voulait en venir le jeune homme. Mais très vite, il sourit à son tour, cette même lueur moqueuse dans le regard.
Du calme, s'il vous plait ! gronda Miri avec fermeté, se faisant obéir presque aussitôt.
En fait, Eiri et moi nous nous sommes disputés d'assez nombreuses fois ces temps-ci, reprit Shuuichi d'un air dramatique. Il est très à cran du fait que mon travail envahisse de plus en plus notre vie privé et me prenne trop de temps.
C'est vrai que j'ai parfois tendance à me sentir parfois délaissé, approuva Yuki, jouant la femme au foyer désespérée. Il rentre tard, prend à peine le temps de me dire bonsoir car il tellement épuisé qu'il s'effondre sur le canapé dès son retour.
J'irai même jusqu'à dire qu'il est sexuellement frustré, mon Yuki... Comprenez-le, c'est dur l'abstinence forcée, rajouta le musicien.
Evidemment, les journalistes ne manquaient pas une seule miette de ce qui était dit, prenant en note ou enregistrant le plus détails possible. L'écrivain, quant à lui, était plutôt amusé par ce petit jeu mis au point par son amoureux, même s'il n'avait pas trop apprécié que celui-ci remette en cause ses performances sexuelles. Il savait que Shuuichi n'en pensait pas un mot, bien au contraire. Miri avait vite saisi leur petit jeu et plutôt que de les arrêter, elle avait décidé de s'en amuser. Pourquoi refuser un bon divertissement ?
En ce qui me concerne, j'ai aussi une part de responsabilité à tenir là-dedans. J'ai trop tendance à faire passer mon écriture avant notre couple, ce qui m'empêche de passer avec Shuuichi le peu de temps que nos emplois du temps respectifs nous permettent d'avoir de libre, renchérit-il.
Donc tant que c'est encore possible, nous voulons sauver notre relation, et nous éloigner de nos vies professionnelles pour un temps est notre unique solution ! finit le chanteur comme s'il annonçait de façon théâtrale la chute d'une tragédie.
Le silence studieux qui régna alors dans la pièce les rendit plutôt fiers de leur coup. Quelques sanglots se firent même entendre, échappant de certains journalistes émus aux larmes. Miri manqua de s'étouffer de rire mais se retint tant bien que mal. Pour Maiko, c'était une révélation : non seulement Yuki Eiri était l'homme parfait mais en plus il savait jouer la comédie avec excellence.
J'étais loin de m'attendre à ça de la part de Shuuichi, toujours trop poli pour se jouer des gens. En général, c'est plutôt les autres qui tirent profit de sa crédulité. Quant à Eiri-san, il est tellement renfrogné que ça ne lui ressemble pas du tout de jouer la comédie en public de cette façon, chuchota Suguru aux autres.
Détrompe-toi, Suguru-kun, répondit Maiko, Shuuichi a toujours eu beaucoup de gueule quand il était au lycée.
Et Eiri-san a toujours été un très bon comédien, ajouta Hiro. Comment crois-tu qu'il soit parvenu à convaincre le public qu'il est un grand romantique plein de tendresse ? C'est un mythomane charmeur, c'est inscrit dans ses gênes.
C'est vrai que son frère est dans ce genre-là aussi, approuva le claviériste.
De leur côté, sur l'estrade, K et Miri attendaient patiemment la suite des événements. C'est alors que Shuuichi prit un air très sérieux, un peu comme lorsque Ryuuichi quittait sa phase "adulte décérébré" pour entrer dans sa phase "dieu omniscient qui a réponse à tout", et dit simplement :
Honnêtement, je ne m'attendais pas à une question aussi stupide.
Tous les journalistes le fixèrent un long moment sans trop comprendre, ne laissant que les craquements des flash des appareils photo rompre le silence. Eiri sourit, plutôt amusé par le comportement de Shuuichi et l'effet que leur petite mascarade avait eu sur l'ensemble des personnes présentes.
Je crois que ce que Shuuichi veut dire c'est que non, notre couple ne bat pas de l'aile. En fait, tout est au beau fixe entre nous et sexuellement parlant, je suis et demeure une bête au lit et Shuuichi est toujours aussi insatiable. Il en demande toujours plus. Heureusement pour moi, c'est le meilleur coup du monde, fit l'écrivain, ayant tout retrouvé de sa suffisance et de sa classe naturelle.
Shuuichi rougit comme une pivoine en entendant son mari déballer ainsi certains détails croustillants de leur vie sexuelle. Mais qu'importait vraiment puisqu'ils étaient ensemble et que d'ici quelques heures, ils partiraient loin pour n'être plus que tous les deux.
Bien, question suivante, fit Miri avant d'inviter un autre reporter à poser sa question.
Celui-ci semblait un peu plus malin que celui qui avait posé la question précédente. Aussi demanda-t-il :
Je pense que tous ceux qui prête un minimum intérêt aux magazines les plus récents pourront dire que vous vous montrez de plus en plus souvent ensemble en public, contrairement au début de votre relation où rien n'indiquait franchement que vous vous reconnaissiez vous-même en tant que couple.
Où est la question ? s'impatienta Yuki.
J'ai pu noter une certaine complicité qui n'existait pas entre vous il y a encore quelque mois, et j'ai également aperçu que chacun d'entre vous portait un anneau similaire à l'annulaire gauche. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
Le chanteur et le romancier regardèrent en même temps leur main gauche puis se jetèrent un petit regard en coin avec un sourire tout juste perceptible.
Et bien, c'est vrai que le Japon ne reconnaît pas le mariage homosexuel mais, pour nous et nos proches, ces anneaux suffisent à eux seuls pour symboliser notre appartenance l'un à l'autre, expliqua Shuuichi.
Avec l'accord de Miri, ce journaliste se hâta d'interroger :
Devons-nous comprendre que, comme n'importe quel couple, vous avez fini par sauter le pas ?
Shuuichi m'a toujours démontré ses sentiments à travers ses chansons ou tout simplement dans notre intimité mais moi j'ai toujours été assez distant. La plupart du temps je restais même très évasif au sujet de mes véritables sentiments pour lui alors j'ai décidé qu'il était temps pour moi de rendre les choses définitives entre nous deux et de m'assurer que personne ne me prendrait mon amant, répondit simplement et nonchalamment Yuki. Ces anneaux, nous nous les sommes échangés en présence de nos familles et amis parce que nous n'avons besoin de la reconnaissance de personne d'autre que la notre et celle de nos proches pour exister en tant que couple. Alors oui, on peut dire que nous avons fini par sauter le pas.
La question suivante fut toute autre :
L'absence de longue durée que vous prévoyez aura forcément des répercussions sur vos carrières respectives. Comment pensez-vous que vos collègues et votre public le prendront ?
Shuuichi fronça les sourcils et répondit sur le ton de l'évidence.
Pour ma part, j'ai noué de profonds liens d'amitié avec les gens avec lesquels je travaille. Mon guitariste est mon ami d'enfance, comme mon frère. Mon pianiste est un garçon adorable et un ami cher. Mon manager est un peu effrayant mais c'est quelqu'un entre les mains de qui je remettrais ma vie sans hésiter. Mon producteur est un homme honnête et juste qui m'a toujours défendu. Ma patronne est une véritable confidente. Tous ces gens, je les aime, tout comme j'aime mon public. C'est pourquoi j'espère qu'ils comprendront que j'ai besoin d'un peu de repos pour me retrouver seul avec Yuki.
Il garda un instant le silence avant de reprendre.
Mais que personne ne s'inquiète : le fait que je quitte le pays ne veut pas dire que Bad Luck est fini, bien au contraire. Je vais écrire et composer de nouvelles chansons, et le groupe me rejoindra certainement pour enregistrer une ou deux chansons afin que la production continue. Cependant, il n'y aura aucune tournée, aucun concert, aucune promotion pendant un an, voilà tout.
Tous les journalistes prenaient soigneusement en note les paroles du chanteur. C'est bien la première fois que des gens font vraiment attention à ce que j'ai à dire. Finalement, j'aime beaucoup les conférences de presse, songea le jeune homme aux cheveux roses.
Bien, c'est assez pour aujourd'hui, intervint la jeune productrice en se levant. Pour répondre à toutes vos autres questions, un communiqué officiel vous sera proposé sous peu. Merci à tous d'être venus.
Elle se tourna vers le couple et leur fit signe de se lever pour partir. Eiri s'exécuta, bien content d'en avoir enfin fini avec ce qu'il appelait les "corvées publiques". Shuuichi en revanche, traîna un peu pour faire plein de grands signes de la main en guise de salut à toutes les personnes venues.
Ca suffit, crétin ! Allons-y ! grogna Yuki en le tirant par la main pour le conduire vers l'ascenseur.
Je vais vous accompagner à l'aéroport, affirma K. On descend vers le parking sous-terrain pour prendre le van.
On vient avec vous, affirma Hiro, avec Maiko à ses côtés.
Tandis que le petit groupe quittait la salle, Seguchi les rejoint en appelant :
Eiri-san !
C'est pas vrai, qu'est-ce qu'il me veut ce pot de colle ? bougonna Yuki pour lui-même en s'arrêtant à contre-coeur pour faire face à son beau-frère, sa main toujours "amoureusement" serrée autour du poignet de Shuuichi.
L'expression dure et agressive sur ses traits fit très vite comprendre à Tohma que, quoi qu'il ait à dire, il valait mieux pour lui qu'il le fasse rapidement.
Eh bien, depuis ton mariage avec Shindou-kun, nous n'avons pas eu beaucoup l'occasion de parler.
Il faut dire que je n'ai pas beaucoup apprécié ce que tu m'as dit lors de notre dernière conversation, répliqua froidement le romancier, faisant référence à la fois où, peu de temps avant leur mariage, Mika et Tohma l'avaient coincé dans leur limousine pour tenter de le dissuader d'épouser son amant.
N'étant pas au courant de ça, Miri, qui avait "malencontreusement" entendu ce qu'ils se disaient, tendit davantage l'oreille. Eiri et Tohma le remarquèrent très bien, mais aucun ne dit rien ; le premier parce qu'il ne cachait jamais rien à sa cousine, et le second parce qu'il n'était pas en position de force face aux deux blonds.
Allons, beaucoup de choses ont changé depuis. Le fait que Shindou soit... dans son actuelle condition y contribue beaucoup. Tu es un être très cher à mon coeur Eiri. Et Mika est ta grande soeur alors forcément, elle t'aime aussi. Or nous avons compris que l'unique condition pour nous de continuer à tenir un petit rôle dans ta vie est de faire un effort pour accepter les choses. Et les faits sont que Shindou et toi êtes mariés désormais et que votre couple va connaître très bientôt de nouveaux changements supplémentaires...
Tu peux arrêter de tourner autour du pot deux minutes et me dire directement ce que tu as derrière la tête ? fit Yuki, qui commençait déjà à perdre patence.
Hum... Et bien, je voudrais simplement que Shuuichi et toi sachiez que... Mika et moi sommes très heureux pour vous deux. Faites bien attention à vous lorsque vous serez là-bas.
A la fois Eiri, Shuuichi et Miri étaient stupéfaits. Non seulement le grand Seguchi s'était incliné devant un concurrent - en la personne de Shuuichi - mais en plus il avait eu une note d'hésitation dans la voix. Même K et Hiro, qui attendaient un peu plus loin avec Maiko, étaient abasourdis. Pour la petite soeur Shindou, en revanche, il n'y avait pas lieu d'être bien étonnée. Certes elle ne connaissait pas bien Seguchi mais, d'après ce que son frère lui en avait dit, c'était un homme intraitable et infaillible. Pourtant même en sachant cela, la jeune fille sourit. Quand il s'agit de Shuuichi, tout est possible. Je pensais que depuis le temps que Eiri-san connaît aniki, il s'y serait attendu. J'ignore moi-même comment il fait mais, Shuuichi parvient toujours à obtenir ce qu'il veut, même sans vraiment travailler pour, se dit-elle.
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Les au revoirs à l'aéroport avaient été émouvants, particulièrement pour Shuuichi qui, comme on pouvait s'y attendre de sa part, s'était mis à pleurer comme une fontaine. Il s'en voulait de laisser sa petite soeur faire sa rentrée à l'Université toute seule alors que leurs parents eux-mêmes lui avait tourné le dos. Il regrettait également de devoir laisser son meilleur ami derrière lui. Il avait même pleuré en songeant combien ça lui manquerait que ce psychopathe de K vienne le chercher chaque matin pour aller travailler. Tous lui avaient donc assuré qu'ils viendraient leur rendre visite.
Bien sûr, épuisé de tant de gros chagrins, Shuuichi était tombé comme une masse aussitôt arrivé à bord de l'avion. Cette fois, aucun problème avec la première classe. A dire vrai, avec Miri il n'y avait pas intérêt. Surtout que pour être sûre que ses cousins et elle seraient tranquilles pendant toute la durée du vol, elle avait acheté l'intégralité des places de la première classe. Du coup, ils avaient toute cette partie de l'avion pour eux tous seuls. Evidemment, c'était les hôtesses de l'air responsables de ce compartiment qui étaient contentes : moins de passagers à s'occuper.
Lorsqu'au bout de sa longue sieste de 5 heures, Shuuichi était allé au toilette et, éveillant la curiosité de son mari, y était resté près d'une heure.
Tu peux me dire ce qu'il fout là-dedans depuis tout ce temps gronda-t-il à sa cousine tout en gardant le regard rivé sur la porte des toilettes de la première classe.
Qu'est-ce que j'en sais... Je suis pas un mec. Et encore moins un mec enceinte, répliqua-t-elle sans lever les yeux de son magazine de manga.
Agacé par la réponse de la blonde, le romancier lui jeta un coup d'oeil meurtrier, prêt à lui envoyer une réplique bien cinglante à la figure. Mais il s'arrêta aussitôt lorsqu'il remarqua le gros titre sur la couverture du magazine.
Tiens ? Il y a trois nouveaux films de Neon Genesis Evangelion en préparation ? s'étonna-t-il.
Ouais, confirma la productrice. Encore une production BS.
Je croyais que tes locaux n'étaient pas encore bâtis au Japon.
C'est vrai. Mais j'ai racheté la boîte qui produit Evangelion, fit-elle en leva vers son cousin un large sourire satisfait. Au fait, j'ai réussi à obtenir les tomes 12 de Yami no Matsuei et de D.N.Angel, ajouta-t-elle en reprenant sa lecture.
Comment t'as fait ?
Je les ai acheté, tiens.
Est-ce qu'il y a un seul truc au monde que tu ne peux acheter ? demanda Eiri, blasé par les réponses de Miri.
Levant de nouveau les yeux, elle répondit avec un sérieux à vous faire froid dans le dos.
Avec de l'argent, on peut acheter le monde mais pas le coeur des gens.
C'est très cliché.
C'est vrai, approuva-t-elle en tournant la page pour continuer à lire.
Tu me les prêteras fit le blond en faisant référence aux inaccessibles volumes de manga que sa cousine avait en sa possession.
Bien sûr. Le tome 8 de Loveless aussi ?
C'est à ce moment que Shuuichi ressortit enfin des toilettes avec un je-ne-sais-quoi de différent.
T'as changé de fringues, Shuuichi ? demanda Yuki, ne parvenant pas à définir ce qu'il y avait changé chez son mari.
Nop, répondit le chanteur en se déhanchant entre les fauteuils pour rejoindre la banquette sur laquelle il avait fait sa sieste.
Tu t'es... maquillé ? tenta-t-il.
Tu vas me vexer, Yuki, avertit le jeune homme.
J'aime beaucoup ce que tu as fait à tes cheveux, lança Miri sans même avoir relevé les yeux vers son musicien.
Merci, c'est très gentil Miri-chan, s'extasia Shuuichi en se passant la main dans sa tignasse devenue... NOIRE !!!
Mais qu'est-ce que t'as fait à tes cheveux ?! s'exclama le romancier.
Je les ai teint en noir, ça se voit pas ? Franchement, que mon propre mari ne remarque même pas ça ! J'te jure, je suis... Je suis... Je suis... OUIN !!! hurla Shuuichi en se mettant aussitôt à pleurer à chaudes larmes. Mon mari ne fait déjà plus attention à moi au bout d'à peine deux mois et demi de mariage
Quel mec indigne ! fit mine de compatir Miri en fourrant une poignée de raisins secs dans sa bouche. (1)
Plus qu'agacé, à la fois par les pleurs incessants de son mari, l'attitude je-men-foutiste de sa cousine et sa propre stupidité, Yuki se leva pour rejoindre Shuuichi qu'il prit dans ses bras et installa sur ses genoux. Depuis l'annonce de la grossesse du jeune homme, l'écrivain ne cessait de s'étonner de la légèreté de son époux qui, bien qu'il s'empiffre de tout et de n'importe quoi à peu près tout le temps qu'il était réveillé, semblait ne peser toujours que 52kg. Faut dire que chialer à longueur de temps, ça requiert de l'énergie, se moqua-t-il.
Arrête de pleurer deux minutes, Shuuichi. Je suis désolé de ne pas avoir vu. Je suis un peu fatigué en ce moment, tu sais. Excuse-moi, mon coeur, lui susurra-t-il à l'oreille, s'assurant que sa foutue cousine n'entende pas les mots tendres qu'il lui chuchotait.
C'est moi aussi... J'arrête pas de t'énerver. Je suis désolé. Je fais que pleurer tout le temps, gémit Shuuichi entre deux reniflements.
Alors pour le consoler, Eiri lui fit un de ces nanoscopiques sourires dont il avait le secret et resserra son étreinte.
Tu l'as même pas regardé, comment tu savais ? souffla-t-il à sa cousine, dans le dos de son époux.
Et sans dire un mot, la guitariste pointa du doigt la poubelle à l'entrée des toilettes ; dedans, Eiri put y voir l'emballage vide d'une teinture pour cheveux. Il adressa à la jeune femme un regard mauvais en sifflant.
Sale traîtresse ! J'croyais que tu savais pas ce qu'il faisait au toilettes !
Mais qu'est-ce que tu marmonnes dans mon dos, Yuki ?! s'enquit Shuuichi.
Au lieu de lui donner une réponse digne de ce nom, le romancier lui ferma le claquet en l'embrassant. D'abord doucement, délicatement, ne faisant qu'effleurer les lèvres de son amant avec les siennes. Puis de plus en passionnément, approfondissant ce baiser en explorant avidement la bouche du chanteur. Si seulement on n'était pas dans ce putain d'avion, je le prendrais sur place... pensa Yuki, sans pour autant mettre un terme à leur embrassade et aux caresses qu'il procurait au jeune homme en glissant ses mains ci et là, tantôt sous son sweet-shirt pour sentir sa peau douce sur ses flancs, tantôt entre ses jambes, par dessus le tissu de son baggi.
Dites, vous pourriez pas attendre d'être arrivés pour faire vos cochonneries ? J'ai beau être fan de yaoi, ça n'empêche que j'ai pas forcément envie d'assister aux ébats de mon cousin et de son chéri, grogna Miri, rappelant ainsi sa présence aux deux amoureux.
Désolé, Miri-chan. C'est juste que... C'est assez excitant de faire ça dans l'avion, répondit Shuuichi, les joues en feu.
Eiri quant à lui, se leva et partit aux toilettes. Il lui fallait bien ça après avoir était interrompu de la sorte. Pourquoi Shuuichi est-il encore plus excitant qu'avant ? Depuis qu'il est enceinte, il est encore plus mignon. Ca devrait être interdit par la loi ! s'énerva-t-il en claquant la porte derrière lui.
Oh ! Miri ? C'est vrai que tu es fan de yaoi ?
Oui, bien sûr, se contenta de répondre la demoiselle.
Moi j'adore Gravitation, tu connais ? demanda naïvement le jeune homme.
Je me demande s'il sait que lui et Yuki en sont les héros... songea Miri, une grosse goutte sur sa tempe. Pfff ! Je sais pas pourquoi mais je sens qu'avec ces deux-là, le voyage va être très long...
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Lorsqu'ils firent leur première escale, Shuuichi, Eiri et Miri en profitèrent pour rejoindre le terminal de l'aéroport de Singapour et se dégourdirent les gambettes. Evidemment, le chanteur s'était précipité sur le premier kiosque qu'il trouva pour s'acheter tout un tas sucreries. Yuki et sa cousine quant à eux, étaient allés dans un coin fumeur du hall pour fumer une petite cigarette. Du moins, la guitariste Américaine fuma et le romancier Japonais la regarda avec envie.
Pas la peine de demander, je te filerais pas de cigarette, fit-elle, impossible, en expirant une bouffée de fumée.
Joue pas les avares, sale morveuse. T'es milliardaire, tu peux bien m'en passer une ! grogna le blond.
C'est pas en me parlant comme ça que t'auras ce que tu veux. T'as qu'à t'en acheter toi-même !
Putain mais je peux pas ! Si Shuuichi me surprend en train de fumer, c'en est fini de moi.
C'est pas comme s'il allait te tuer. Et puis il est même pas là, qu'est-ce que ça peut lui faire que tu fumes ou pas ?
Depuis qu'il s'est mis dans la tête que je devais arrêter de fumer pour le bien-être du bébé, le sien et aussi le mien, j'ai plus droit à une seule cigarette, expliqua Eiri, à la fois frustré et envieur. Je sais pas comment il fait mais il arrive a deviner quand je suis en train de m'en griller une et alors j'ai droit à une scène pas possible.
Et c'est tout ? Si y'a que ça, fume
Si y'avais que ça, ouais... Mais il m'a dit que s'il me prenait une cigarette à la bouche, je serais privé pendant une semaine. Et s'il trouve un paquet dans mes affaires, trois mois !
Privé de quoi ? demanda bêtement sa cousine.
De sexe, baka ! Faut te faire un dessin ou quoi ?!
Un court silence s'installa avant que l'écrivain ne reprenne :
Laisse-moi tirer une taffe. Juste une.
Qu'est-ce qu'on dit quand on est poli ? fit la productrice, bien décidée à jouer la chieuse jusqu'au bout, en imitant une maman qui enseignait les bonnes manières à son petit garçon.
Le blond grogna un peu avant de finalement ajouter :
S'il te plait Miri-chan, ma cousine adorée ?
Mmh... Non.
T'es vraiment une salope toi ! s'exclama-t-il alors, perdant toute patience.
Et toi tu es vraiment à cran, répliqua-t-elle. Shuuichi a bien raison de vouloir te faire arrêter. En plus, c'est du suicide à long terme ces fichues sucettes à cancer ! affirma-t-elle en tirant une nouvelle taffe de sa cigarette.
Dit celle qui fumait comme un pompier, se moqua cyniquement Yuki, agacé. Je suis sûr que t'as même jamais essayé d'arrêter.
Si. Même que j'ai pas fumé pendant près de deux ans, tu sais, dit-elle fièrement.
Et pourquoi t'as repris ?
Pour faire chier ma belle-mère. J'ai jamais pu me piffrer la nouvelle femme de mon père, elle en a toujours eu que pour le fric de ma famille. Elle a eu la moitié de la fortune de mon père quand il est mort et cette connasse a essayé de faire main basse sur ma part en même temps que sur ma fortune personnelle. Tu te souviens quand t'es venu à la veillée funèbre pour l'enterrement de mon père ?
Eiri acquiesça, la laissant continuer son récit.
Tu te souviens aussi que j'ai fumé clope sur clope, en entamant une avec le feu de l'autre ? Et bien c'est ce soir-là que j'ai repris la cigarette. Rien que pour cracher ma fumée à la tronche de cette arriviste, expliqua Miri.
Comment t'as fait pour tenir si longtemps sans fumer ? demanda Eiri.
Remplace une sucette par une autre. Les Chuppa ou les pipes ça marche bien, répondit-elle, comme toujours n'éprouvant pas la moindre gêne d'utiliser un vocabulaire si cru.
Un nouveau silence arriva et Miri le rompit.
Au fait, qu'est-ce que vous avez fait pour l'anniversaire de Shuuichi ? Hiro voulait lui organiser un petit truc mais Shuu lui a dit que vous n'aviez pas le temps.
On n'a rien fait. J'ai voulu l'inviter au restaurant mais il a refusé. Faut dire qu'il avait le moral à plat à l'idée de quitter le pays. Et puis, il était trop pris par les bagages pour le départ et les cartons puisque dès notre retour on emménagera dans notre nouvelle maison, expliqua Yuki.
Mais quand vous serez à Paris, offre-lui un petit truc. Y'a tout plein de bons restaurants et d'endroits romantiques.
Je suis sûr qu'il va adorer cette ville... Et que moi je vais la détester.
On ne peut pas détester Paris même si de nombreux aspects de cette ville ne sont pas franchement attrayants. Vous allez aimer y vivre, j'en suis certaine.
Eiri ne put s'empêcher d'exprimer un miniscule rikiki sourire en écoutant la jeune femme parler. Même si elle était à peu aussi avenante qu'une porte de prison - comme lui quoi - elle prenait vraiment à coeur son bonheur et celui de Shuuichi. Elle avait beau jouer les grosses radines, elle avait en réalité le coeur sur la main. Eiri mentait en disant détester sa famille, c'était juste qu'il ne pouvait pas les supporter. Tohma était toujours envahissant, Mika trop autoritaire, Tatsuha trop idiot, son père trop chieur. Miri était la seule qu'il pouvait à peu près vraiment apprécier. De toutes façons, s'il ne la tolérait pas, ça revenait à ne pas se supporter lui-même. Le côté désenchanté et froid de sa petite cousine lui donnait l'impression de se voir dans un miroir à l'époque où il ne connaissait pas encore Shuuichi. Il espérait sincèrement que la demoiselle finirait par être aussi heureuse avec Nakano que lui avec Shuu.
Soudain, interrompant le calme qui régnait entre les deux parents, Shuuichi surgit de nulle part en s'exclamant :
Mon Yukiki ! Je te naime fort !!!
Ajoutant le geste à la parole, il se cramponna à son mari comme un petit koala, ses jambes serrées autour de la taille du blond et ses bras encerclant sa nuque, et embrassa fougueusement le romancier. D'abord prit au dépourvu, Eiri se laissa finalement faire, acceptant cette soudaine invasion de sa bouche par la langue avide de son amoureux si puéril. Ils échangèrent ainsi un long baiser passionné et lorsque le besoin d'air se fit ressentir, Shuuichi s'écarta, un large sourire dessiné sur ces lèvres roses. Satisfait, il posa sa tête sur le torse de Yuki et le caressa affectueusement de sa main gauche, faufilant ses petits doigts entre les boutons de la chemise bleue nuit du blond pour sentir sa peau douce et chaude. Il remarqua alors un petit quelque chose dissimulé sous le tissu : le pendentif en cristal et en argent en forme de petit coeur qu'il avait offert à Eiri pour son anniversaire, à Venise. Il sourit, resserrant son étreinte sur son amant.
Quelle adorable petite bestiole, ricana gentiment Miri, en se baissant pour ramasser le sac plein de bonbons et de gâteau que Shuuichi avait fait tomber en se jetant sur son époux.
Elle en profita pour jeter sa cigarette et se dirigea vers la porte d'embarcation pour retourner à leur avion. Eiri la suivit, portant tranquillement son petit paquet déjà profondément endormi, ses doigts serrés autour du pendentif.
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Après de longues heures de vol, pendant lesquelles Shuuichi avait passé le plus clair de son temps à dormir ou à s'empiffrer - Au moins comme ça, il reste silencieux, avait pensé Eiri - les trois jeunes gens étaient finalement arrivés à Paris. A la sortie de l'aéroport les avait attendus un très joli coupé-cabriolet Ford rouge métallisé.
C'est ta voiture ? demanda impassiblement Yuki en voyant sa cousine se diriger vers le petit bolide.
Rectification. C'est votre voiture pour l'année à venir. Elle fait partie de ma collection et j'ai demandé à un de mes employés qui travaille dans l'Ile-de-France de la laisser ici sur le parking de l'aéroport. Elle est classe, facile à garer, avec direction assistée et surtout elle ne consomme pas beaucoup. Ca vous sera très pratique.
Pourquoi elle est rouge ? Tu pouvais pas la choisir en rose ? s'exclama Shuuichi qui tenait sagement la main de son petit mari, tandis que Miri, qui poussait le chariot à bagages, se contenta de l'ignorer.
Hors de questions que je conduise une voiture rose, espèce d'abruti ! cingla Yuki. Si t'as envie de crier sur les toits que t'es fier d'être gay, tant mieux pour toi. Moi je préfère éviter les regards curieux et profiter de nos vacances ici.
Une bonne vingtaine de minutes plus tard, le trio, conduit par la guitariste, traversait Paris centre. Shuuichi, qui était à l'arrière, observait avec admiration et fascination le paysage de cette ville réputée pour sa beauté et son romantisme. La nuit commençait à tomber sur la capitale française et les rues s'éclairaient un peu partout. En passant au bord de la Seine, Shuuichi put voir la célèbre cathédrale Notre-Dame. Dans le rétroviseur, Eiri pouvait quant lui se régaler de cette innocence dans le regard de son époux qui semblait découvrir monts et merveilles. Il ressemblait à un petit enfant à Disney Land, ébloui par la magie et la beauté des lieux.
Ils passèrent par les Champs Elysées, à cette heure-ci déjà illuminés par des centaines de réverbères.
C'est vraiment super beau... murmura-t-il pour lui-même, tirant ainsi un tout petit sourire bienveillant à Eiri.
Evidemment, étant en présence de sa cousine, il fit disparaître cette marque de tendresse presque aussitôt. Hors de questions que cette idiote le voit comme ça. Bientôt, ils arrivèrent à une petite rue qui donnait sur les Champs. En lisant la plaque annonçant le nom de l'endroit, le romancier put lire "Rue Montaigne - 8eme arrondissement" (2). Miri gara sa voiture dans la cour intérieure d'un immeuble, apparemment utilisé comme parking par les résidents. Tout était calme et silencieux à cette heure-ci, comparé à Tokyo qui était toujours très animée même en plein milieu de la nuit. Eiri et Miri prirent le plus gros des bagages dans le coffre tandis que Shuuichi se contenta des deux ou trois petits sacs.
La montée en ascenseur se fit dans le silence le plus total : Eiri était trop fatigué pour dire quoi que ce soit et le petit cerveau Shuuichi était occupé par sa totale admiration face à la tapisserie de velours rouge qui ornait les murs de la cabine. Finalement, ils arrivèrent au dernier étage et la guitariste les guida vers une des quatre portes.
C'est pas grand chose comme appartement... Juste un petit T3 avec balcon et parking, dit-elle en glissant la clé dans la serrure.
Quelque chose me dit qu'elle et moi, on ne partage pas la même notion du mot "petit", songea le blond en la suivant. Et en effet, aussitôt les lumières allumées, Shuuichi et Eiri furent surpris de voir l'entrée qui ressemblait plus à un mini salon qu'à un couloir. La décoration était simple et épurée, mais tout de même plus personnalisée que celle de l'appartement que le chanteur partageait avec son époux à Tokyo. Il y avait ça et là des bibelots, souvenirs des voyages de la musicienne, de jolies aquarelles. En jetant un coup d'oeil aux dessins affichés sous verre, Shuuichi remarqua qu'ils étaient tous signés par Miri elle-même.
En arrivant dans le salon, ils y trouvèrent une immense baie vitrée donnant sur la Tour Eiffel, à cette heure-ci illuminée de mille feux. Eiri remarqua avec un petit sourire aux lèvres les étincelles dans les yeux de son mari. Une chose était sûre, ils allaient se plaire à Paris. Jetant un coup d'oeil autour de lui, Eiri remarqua une pièce assez grande, mais pas autant qu'il aurait pu s'y attendre après avoir vu l'entrée. Les murs du salon étaient violet foncé et le sol était recouvert de parquet. Le canapé était blanc, tout comme la table basse, le petit buffet, le meuble de la télé, la table de salle-à-manger et les coussins des quatre chaises. Même le tapis était blanc. Ce qui n'était pas de cette immaculée couleur était en verre, comme le guéridon sur lequel était posé le téléphone, ou en bois, comme le rocking-chair. Il y avait aussi une petite étagère remplie de livres en tous genres (romans d'aventure, SF, fantaisie, grands classiques, quelques dictionnaires en différentes langues et bien sûr, des manga), une chaîne Hi-Fi, une console de jeux et un lecteur DVD. Là, des éventails japonais, des masques de théâtre de Nô (3), ou des photographies des paysages ruraux du Japon étaient accrochés aux murs.
Dans l'immeuble, tout le monde a le câble, le satellite, le téléphone illimité en France et certains pays étrangers. J'ai vérifié et le Japon fait parti de la liste. On a aussi la wifi, c'est pratique pour accéder à Internet partout dans l'appartement. Là-bas, c'est la cuisine, fit Miri en posant les sacs qu'elle portait au sol.
Suivant du regard la direction indiqué par la jeune femme, les deux jeunes époux remarquèrent une petite kitchenette équipée d'un frigo, d'un évier, d'une gazinière, de quelques placards et d'ustensiles de cuisine. Les murs étaient couverts de carrelage parme et le sol de lino noir et blanc. La petite pièce était approvisionnée en lumière par une fenêtre aux rideaux en voile rose clair, et était séparée du salon par un comptoir qui pouvait faire office de bar.
Puis là-bas, c'est les chambres, ajouta la blonde en guidant le couple vers un autre couloir, beaucoup plus petit que celui de l'entrée.
Elle leur montra d'abord une première chambre, pas bien grande mais suffisamment pour servir de bureau. D'ailleurs c'était à l'évidence ce qu'en avait fait la guitariste puisque que Shuuichi y trouva du matériel musical, un meuble de rangement et un bureau avec un pc dernière génération et du matériel de mixage et d'enregistrement.
J'avais songé à enlever tout ce bazar en même temps que les dossiers et documents dans le meuble mais j'ai pensé que laisser ça ici donnerait peut-être envie à Shuuichi de travailler quand il en aurait l'inspiration, expliqua-t-elle. Après tout, il ne faut pas oublier que tu devras me produire de bonnes paroles et quelques mélodies pendant ton année sabbatique, Shuuchan, ajouta-t-elle à l'attention de son chanteur.
Celui-ci acquiesça aussitôt, impressionné de découvrir cet intérieur si... Mirien. On pouvait trouver ici tout ce qui représentait la jeune femme, tout ce qu'elle aimait. Shuuichi était persuadé que personne avant lui et Eiri n'avait pu voir cet appartement. Ca ressemblait à un petit nid, un endroit tranquille, une immense chambre d'étudiant.
Miri les dirigea ensuite vers la seconde chambre, cette fois très spacieuse. Il y avait un lit gigantesque, en bois d'ébène pour aller avec les murs blanc crème et la moquette noire. L'immense armoire semblait faite du même bois, de même que la coiffeuse, le portemanteau, le meuble à tiroirs et les tables de chevet. Deux larges fenêtres aux double rideaux noirs donnaient sur la cour intérieure dans laquelle ils avaient garé la voiture quelques instants plus tôt. Dans cette pièce, la décoration était plutôt sobre : une ou deux plantes d'intérieur, quelques bouquins sur les chevets, un réveil, sur une étagère une mini collection de boîtes à musique et un cadre avec quelques photos dedans, accroché à côté de la coiffeuse. Poussé par la curiosité, Shuuichi s'en approchant et fronça les sourcils en apercevant des images de Miri accompagnée de personnes qu'il ne connaissait pas.
D'abord, il y en avait une avec une Miri d'environ 8 ou 10 ans, sur les genoux d'un homme plus âgé - Sans doute son père... - avec un large sourire aux lèvres. Une autre avec Miri sur scène, âgé de 15 ans au plus, jouant de la guitare électrique et toujours ce même homme, avec dans les mains une basse. Une troisième image montrait Miri avec trois garçons, tous plus jeunes qu'elle. Ca ressemblait beaucoup à un portait de famille sauf que, si les garçons se ressemblaient entre eux, aucun n'avait le moindre point commun avec la musicienne - Peut-être des cousins (4). Il y avait, une quatrième photo sur laquelle on pouvait reconnaître Miri, âgée de 12 ans environ, cramponnée à un garçon blond sur le dos duquel elle était montée. Tous deux riaient aux éclats et semblaient bien s'amuser. On dirait... Non, c'est quand même pas... Yuki ? Etonné de voir son amoureux aussi joyeux, Shuuichi en déduit que cette photo avait été prise du temps où il vivait à New York et que rien ne s'était encore passé avec Kitazawa. A côté, il y avait trois clichés où Miri était seul en compagnie d'un jeune homme brun d'environ son âge et avec qui elle semblait particulièrement proche. C'est son petit ami ? Et Hiro alors ?
C'était son fiancé, murmura Eiri en arrivant derrière son amant.
Shuuichi se retourna pour lui faire face et s'aperçut que la jeune femme avait quitté la pièce.
Où est Miri ?
Dans la salon. Elle aime pas se rappeler le passé alors quand elle t'a vu près des photos elle a préféré partir.
Et pourquoi elle ne s'est pas mariée avec lui ?
Je croyais pourtant t'avoir parlé de lui. C'est Ethan. Il est mort dans un accident de voiture il y a bientôt quatre ans.
Le chanteur demeura silencieux un instant. Eiri le lui avait déjà dit à la période de Noël, quand ils avaient découvert que Hiro avait des sentiments pour la guitariste mais il n'y avait plus vraiment repensé et maintenant il s'en voulait de sa stupidité.
Tu dis qu'elle n'aime pas vivre dans le passé alors pourquoi elle garde des photos de lui ? Elle devrait les remplacer par d'autres avec Hiro ! fit-il finalement remarquer.
Je suppose que tu as raison. Mais je crois aussi qu'elle ne vient pas souvent ici. D'après ce dont je me souviens, Ethan était étudiant ici, à Paris. Si elle avait pris ce pied-à-terre, c'était pour lui. Ils vivaient ici en couple. Si je me trompe pas, il est mort environ deux mois avant leur mariage.
C'est trop horrible... marmonna Shuuichi plus pour lui-même que pour Eiri.
C'est depuis ce jour-là qu'elle a changé. C'est aussi pour ça que je pense que, comme tu l'as fait avec moi, Hiroshi pourrait bien lui redonner le sourire.
Pour toute réponse, le garçon à la chevelure désormais noire esquissa un petit sourire amoureux avant de déposer un pitit bisou sur la joue de son chéri. Puis tous deux rejoignirent leur cousine dans le salon. Ils la trouvèrent au téléphone, parlant en français à Dieu sait qui... Lorsqu'au bout de quelques instants elle raccrocha, elle se tourna vers eux et dit :
Désolée de pas avoir fini la visite de l'appartement mais je dois partir. Je vais rentrer à l'hôtel me reposer un peu car j'ai une urgence à New York au siège de BS et je vais devoir rentrer prendre l'avion très tôt demain matin.
Quoi ? Mais tu as dit que tu nous ferais visiter les environs ! lui rappela Eiri.
Je sais, je sais. T'énerves pas, ok ? Je t'ai laissé près du téléphone le numéro de deux filles que je connais ici. Ce sont des étudiantes et elles parlent toutes les deux plutôt bien l'anglais. Elles se chargeront de vous faire faire un petit tour de la ville. Si vous avez le moindre problème, appelez-moi, ok ?
Mais... Tu peux rester ici cette nuit ! argumenta Shuuichi, déçu de voir la musicienne s'en aller si vite.
C'est gentil mais je préfère pas, répondit-elle simplement en prenant son sac. En plus je dois partir avant l'aube et je risque de vous réveiller. Puis honnêtement, l'idée de passer la nuit sur le canapé ne m'enchante guère. Allez, j'ai mon taxi qui attend en bas.
Avec un petit signe de la main par-dessus son épaule, la blonde quitta l'appartement, disparaissant aussi rapidement qu'un courant d'air. Eiri avait préféré ne pas insister davantage ; après tout, cette idiote était majeure et vaccinée, qu'elle fasse ce qu'elle voulait ! Il n'était ni son père, ni son mari pour lui demander des comptes. Ainsi, le blond choisit de jeter un coup d'oeil à la salle de bain. Un bain lui ferait du bien après toutes ces heures de voyage alors il y avait intérêt qu'il y ait une baignoire.
Shuuichi se retrouva donc tout seul dans le salon, fixant encore la porte d'entrée par laquelle venait de sortir sa productrice.
J'espère que c'est pas à cause de ces photos qu'elle est partie... Ou à cause de ce que j'ai dit... dit-il.
Le chanteur s'attendait à une réponse. Soit "Mais non, t'y es pour rien", soit "Laisse tomber". Mais rien. En regardant autour de lui, il remarqua que son petit mari adoré avait tout bonnement disparut.
Yuki ? appela-t-il doucement. YUUUKIIII !!!!!! ajouta-t-il en hurlant comme un damné.
Oh ! C'est quoi ton problème, sale mioche ? T'as vu l'heure qu'il est ?! Tu veux ameuter tout le voisinage ou quoi ?! gronda le romancier en revenant dans la pièce principale.
Mais t'étais parti ! chouina Shuuichi, pleurant déjà comme une fontaine. Tu m'as abandonné, fourbe époux ! Père indigne !
Arrête de monter sur tes grands chevaux, triple ramassis de crétinerie ! J'étais pas parti, je cherchais juste la salle de bain !
Alors tu nous as pas abandonné le bébé et moi ? demanda le garçon d'une toute petite voix, reniflant bruyamment en essuyant ses grosses larmes de crocodiles avec ses petits poings.
Evidemment que non, tu vois bien que je suis encore là, répondit le blond sur le ton de l'évidence. Bon, viens on va prendre un bain.
Là-dessus et sans laisser le temps à son Shuuchan d'argumenter, Eiri le prit par la main et l'entraîna à pièce d'eaux. Yuki savait déjà où c'était puisque qu'il n'y avait que cinq portes dans ce couloir : celle de leur chambre, celle du bureau, celle du cellier et celle des toilettes. Alors même s'il n'avait pas encore vu la salle de bain, puisqu'il avait ouvert toutes les autres portes, il en déduit que c'était forcément celle-ci. Et en effet, il ne se trompa pas.
Du carrelage blanc, tant au sol que sur les murs, une fenêtre au verre flou avec des rideaux bleu ciel s'accordant avec la faïence du large lavabo, du cadre du miroir et de la frise de petits carreaux qui tenait lieu de plinthe... Il y avait un petit meuble à serviettes et une étagère pour les produits de toilette, tous deux en pin tinté de bleu clair également. Mais ce qui surprit agréablement tant le musicien que le romancier fut la spacieuse cabine de douche toute en plexiglas avec jets de massage intégrés ET la large baignoire, assez grande pour deux ou trois personnes, avec option jacuzzi.
On dirait qu'on va bien s'amuser dans cette salle de bain, mon coeur, susurra Yuki en glissant sinueusement ses mains sous le pull rayé bleu et marron de son petit mari.
Gageons qu'ils ne firent pas que prendre un bain...
Ma mère m'a dit un jour, quand j'étais petit, qu'elle était enceinte de Tatsuha et que je lui avais demandé pourquoi il fallait faire des bébé : "Parce que c'est la nature qui fait que un plus un font trois." Bien sûr, il me fallut quelques années de plus pour comprendre ce qu'elle voulait dire par là exactement mais maintenant, je sais que j'aurais le loisir de donner la même réponse à mon enfant quand il me posera la question.
C'est avec cette pensée idiote mais touchante que Yuki s'endormit ce soir-là, son petit Shuu confortablement blotti contre lui, tous deux dans le confortable lit de leur appartement à Paris. Là où ils attendraient ensemble et patiemment l'arrivée dans leurs vies de leur petit bambinou.
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Ndla : (1) C'est trop bon les raisins secs et les ananas secs mais faites gaffe aux bananes sèches, j'me suis pété une dent dessus (heureusement, elle est bien cachée alors on voit rien et elle est dévitalisée alors j'ai rien senti ) (2) Je ne sais plus si c'est "rue Montaigne" ou "avenue Montaigne". Mais d'après le souvenir que j'en ai, c'était trop petit pour être une avenue... (3) Forme traditionnelle d'opéra japonais datant de l'époque Muromachi (14eme siècle) et qui est encore pratiquée par quelques initiés sur l'archipel Nippone. Si mes souvenirs sont bons, seuls les hommes peuvent en être les acteurs, d'où le principes des masques. (4) En fait c'est les fils de sa belle-mère.
Notes : Ooh ! Je suis trop désolée ! J'ai l'impression que ce chapitre ne sert strictement à rien. Pourtant quand je l'ai commencé, j'avais la sincère impression qu'il ferait véritablement avancer la situation... M'enfin, c'est pas comme s'il y avait une intrigue réelle dans cette fic. En tous cas, encore pardon de vous avoir fait attendre pour ce chapitre. C'est juste que j'ai dû réécrire plusieurs fois la dernière scène parce qu'elle ne me convenait pas et, honnêtement, là non plus je suis pas vraiment convaincue. Enfin bon, comme Shizu me l'a fait remarqué, c'était quand même important de faire un chapitre de transition pour situer le nouveau cadre d'évolution de notre couple adoré. Pour l'anecdote, sachez qu'à quelques détails près, la salle de bain décrite est celle de Rachel, la soeur de ma meilleure amie. Putain Rachel, ta salle de bon est une véritable source d'inspiration pour lemon... Je sens qu'il va y avoir bientôt une scène sous la douche . REVIEW PLEASE !
PS: Si y'en a que ça intéresse, j'ai réussi mes exams happy dance Je souhaite bonne chance à tous ceux d'entre vous qui passent un examen. Un conseil : restez zen, le stress n'amène à rien.
