Chapitre 1 : La violence s'inspire de l'amour...
- Ruki, je peux te parler.
C'est Aoi. Il m'a empoisonné avec son aide. Il sait que je les ai vu, il sait que je ne me vengerais pas, je n'en ai pas la force. Mais il sait qu'entre lui et moi, l'amitié s'est éteinte. Depuis ce jour. Il y a un mois.
- Qu'est ce que tu me veux ? J'ai rien à te dire !
- Mais moi, si. Ecoute moi, s'il te plaît, ça fait des jours que j'essaye de t'approcher mais tu me fuis comme la peste.
- Il y a de quoi, non ? Et t'arrive encore à me regarder dans les yeux après ce que tu as fait.
- Je n'ai rien fais du tout. Tu te trompes.
- Ah oui !! Je me trompe ! Alors tu vas me dire que j'ai rêvé de toi et Reita dans ce lit.
- Non, c'est pas ce que tu crois. On a rien fait.
- Rien fait, p'tain tu me prends pour un con. Vous étiez nu.
- Torse nu. C'est tout. Reita était bourré. C'est lui qui m'a sauté dessus en croyant que c'était toi. Il s'est endormi presque de suite, mais il voulait pas me lâcher. Alors je suis resté mais je me suis endormi à mon tour. C'est la vérité, Ruki, crois-moi.
- Fais chier ! J'ai jamais entendu un truc aussi stupide.
- Pourtant, tout est vrai.
Je me retourne, il est là dans l'embrasure de la porte, ce traître.
- C'est quoi ce coup fourré, pourquoi tu rappliques ici, t'es franchement pas le bienvenu, dégage.
- Ruki, il est venu s'expliquer, donne lui au moins une chance.
- S'expliquer ! Y'a rien à expliquer !
- Ruki, juste cette fois et après je ne t'adresse plus jamais la parole.
J'hésite, mais le meilleur moyen de m'en débarrasser, c'est d'accepter sa proposition.
- Bon c'est d'accord !
- Aoi, tu veux bien nous laissez, s'il te plaît.
- Oui, je suis dans le couloir si y'a un problème.
- Alors, ces explications, j'attends.
- Ce que vient de te dire Aoi, c'est la stricte vérité ; on a rien fait. C'est moi le fautif dans l'histoire, j'étais vraiment saoul. Je savais plus ce que je faisais. Mais je me suis endormi avant de faire quoique ce soit. J'étais aussi surpris que toi en trouvant Aoi à ta place. C'est après ça que je me suis rappelé ce qui c'était passé. Crois-moi. Jamais, j'aurais pu te tromper.
- Encore le même refrain. Tu veux savoir ce que j'ai ressenti quand je t'ai vu, quand je te vois même maintenant.
Il ne répond pas, et bien il verra quand même. Je lui colle mon poing dans sa figure, si fort qu'il recule. Il comprend alors un peu ce que ça m'a fait...Pas assez, je lui colle un autre coup de poing dans le ventre cette fois-ci. Il se penche à cause de la douleur. Je lui assène un autre coup dans le dos cette fois-ci. Il s'écroule à mes pieds. Encore, je veux lui faire encore plus mal. Mes pieds frappent son torse à plusieurs reprises.
- P'tain Ruki arrête. ARRÊTE !!!
Vas-y crie, ressent ce que ça fait d'avoir mal.
-Ruki, arrête maintenant.
Aoi me tire en arrière puis s'agenouille au pied de cet enfoiré.
- Tu peux te lever.
- Je crois.
Son visage se crispe en une grimace de douleur, il se tient le ventre.
- Je t'emmène à l'hosto.
Aoi se retourne vers moi, je ne fais rien, je ne le suivrais pas, je n'ai rien à regretter de mon geste. C'est ce que je voulais faire depuis des semaines de toute façon. C'est ce qui devait arriver s'il me parlait. Il n'y a rien à regretter...alors pourquoi les vannes de mes larmes se sont ouvertes, pourquoi suis-je de nouveau prostré dans un coin de mon appartement ? Pourquoi mon cœur s'est-il réveillé, pourquoi tambourine-t-il comme ça dans ma poitrine ? Pourquoi ça fait si mal, alors que je devrais me sentir soulagé d'avoir passé le « message » directement ?
Peut-être parce que en fin de compte, je l'aimais toujours ce traître.
