Chapitre 4 : Tout reconstruire. [Changement de POV : POV Reita]

Le soleil me tire de mon sommeil. Un rêve se débat aux confins de ma conscience pour que je puisse m'en rappeler. Rien ne me revient, pourtant j'ai l'impression que ce rêve était magnifique, je me sens bizarre, comme si ce rêve m'avait comblé et que maintenant il ne reste plus rien à part des miettes. Ruki dort si près de moi sa tête posée sur mon épaule, une de ses mains agrippe mon débardeur. Il est si beau lorsqu'il dort, si paisible. Je lui caresse doucement les cheveux pour le réveiller. Il ouvre enfin les yeux, s'étire.

« Bien dormi, Rei ? »

Il me sourit, mais il y a quelque chose d'étrange dans ce sourire, un côté... pervers.

« Oui. »

Encore son sourire qui s'étire un peu plus. Qu'est ce que j'ai dit ?

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Tu ne te rappelles pas ? »

« Me rappeler de quoi ? »

« De tes rêves. »

« Qu'est-ce qu'ils ont mes rêves ? »

« Ils sont bruyants. Mais j'aime plutôt ça. Surtout ce genre de rêve. »

Je me fige, cette impression de bien-être lorsque je dormais, cette sensation de manque au réveil.

« Ce genre de rêves, pourquoi bruyant ? »

« Tu as parlé dans ton sommeil. »

Je me fige à nouveau.

« Qu'est-ce que j'ai dit ? »

« Ruki, je t'aime, embrasse-moi et... » me répond-il en imitant je ne sais quel personnage de film à l'eau de rose.

« Et ? »

« Prends-moi. »

Je sens le feu monter à mes joues. Des images furtives me reviennent en tête ne faisant qu'accentuer ce feu qui me trahit.

« Tu te souviens maintenant ? »

Je réponds par un timide oui. J'avais bien trop honte, comme si mes instincts avaient pris le dessus sur ma raison pendant mon sommeil. Je m'enfouis sous les couvertures pour cacher mon visage. Mais il me rejoint et retire toutes ces épaisseurs de mon visage empourpré.

« Tu sais que tu es à croquer quand tu rougis. »

« Tais-toi, moi j'aime pas. »

« Tu as tort mon amour. »

« ...Mon amour... Depuis quand tu m'appelles comme ça ? »

« Depuis cette nuit, depuis que je suis sûr et certain que tu m'aimes. »

« Parce que j'ai parlé dans mon sommeil. Tu te fondes sur ce que j'ai dit ! »

« Oui, parce que ces mots n'étaient dictés par rien d'autre que ton cœur. Alors maintenant que je suis sûr que tu m'aimes. Je vais pouvoir tout reconstruire. »

« Reconstruire... »

« Ma confiance en toi. Je vais arriver à te faire de nouveau confiance. »

Il sourit encore, il est tellement heureux. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. Je prends Ruki dans mes bras, embrasse son cou si doux.

Il se relève quelques minutes plus tard après m'avoir embrassé comme jamais il ne l'avait fait depuis plus d'un mois.

Je le suis des yeux avant de me lever à mon tour.

« Tu veux quoi au petit-déj' ? »

« Dis-moi ce rêve il était si excitant que ça pour que ça te change à ce point ? »

« Je peux pas te dire, c'est toi qui a rêvé pas moi. »

« C'est vrai. Je vais prendre ma douche, tu me fais des œufs, s'il te plaît. »

« No problem. »

L'eau chaude roule sur moi en cascade, me délasse. Dans ma tête, tout se chamboule. En un seul rêve, tout est revenu comme avant, peut-être pas comme avant. Je sais que ça n'effacera pas rien de ce que j'avais fait cette nuit-là. Mais bon sang, qu'est ce que j'avais fait ? Même Aoi ne savait pas. Nous nous étions réveillés tous les deux dans le même lit avec rien qu'un boxer pour pyjama. Certes, je dors toujours comme ça, mais avec Ruki pas avec Aoi. Et qu'est-ce qu'il faisait là aussi. L'alcool m'avait fait tout oublié et malgré le temps, rien ne me revenait. Il ne s'était sûrement rien passé, non Aoi et moi sommes sûrs qu'il ne s'est rien passé mais cette culpabilité qui me dévore ne veut rien entendre. Et même maintenant alors que Ruki est sûr et certain que je n'ai que lui dans ma vie, ce sentiment ne change pas. Es-ce trop récent pour qu'il change ? Mais, bon Dieu, j'aime Ruki, je suis à lui et à lui seul. Alors par pitié qu'on arrête de me tourmenter. S'en est assez. Je veux être avec Ruki comme je l'entends, brûlez ce sentiment, libérez moi.

« Rei, t'as fini ? ... Rei... Rei... »

« REITA!! »

« Ru...ki... »

Son visage apeuré, si près du mien. L'eau qui ne coule plus. Moi, prostré dans un coin de la douche. Et mes larmes à cause mon torse oui, mais mon cœur aussi.

« Ruki, je suis désolé... Je sais plus ce qui sait passé. Mais j'ai rien fait, je te jure que j'ai rien fait ! Je te le jure ! »

Et les larmes, toujours les larmes...toujours.

« Je te crois, mon amour, ne te mets pas dans des états pareils. Allez viens. »

Il me sèche, m'habille à moitié. Je suis ailleurs mais je reviens peu à peu à moi, mes larmes se tarissent. Je le prends dans mes bras, l'embrasse.

« Je t'aime... »

« Mon amour, regarde-moi ! Je te crois, je te fais confiance ; tu comprends ! Je te fais confiance ! »

« Oui, je comprends. Merci, mon petit ange. »

Un véritable ange qui veille sur vous, vous aime, vous fais confiance. Un ange que j'aime et que je ne trahirais jamais, ni dans le passé, ni dans le présent, ni dans le futur parce qu'il est tout ce que j'ai, c'est mon oxygène, ma raison de vivre.

« Je t'aime mon petit ange. »