Chapitre 5 : On retrouvera nos jours d'antan.
« Bébé, t'es où ? »
Je souris. Encore un autre surnom après le 'mon amour'. Je le rejoins dans la chambre, il est toujours allongé sur le lit emmitouflé du drap et lui dépose un baiser sur le front.
« Je suis là, mon petit ange. »
Il ouvre les yeux, me souris en retour avant de libérer ses bras du drap et de m'enlacer. Je caresse doucement sa tête posée contre mon torse. Son souffle régulier me réchauffe. Nous restons ainsi quelques instants avant qu'il se lève enfin, vêtu du son boxer d'un de mes T-shirt. Il reste collé à moi, dans une semi conscience, encore embrumé dans le sommeil. Je le soulève doucement, le prends dans mes bras et je l'amène jusqu'à la cuisine.
« Ruki, tu peux me lâcher maintenant. Allez, tu sais qu'on a des repèt' aujourd'hui. »
Il s'assoie sur la première chaise qui se présente à lui tandis que je lui sers son petit déjeuner, à son plus grand étonnement. Au moins, il est un peu plus réveillé.
« Qu'est ce qu'il y a ? »
Il jette un coup d'œil perplexe à la nourriture qui s'étale devant lui. Il doute toujours de mes talents de cuisinier, bien évidemment très en dessous de la moyenne, mais en même temps mon ange ne sauvait pas la mise sur ce point. Nous sommes aussi nul l'un que l'autre en cuisine. Même les minis cours express de Kai pendant les tournées n'y ont rien changé. Zéro pointé pour nous deux. Enfin, Ruki n'a pas l'air d'être très confiant.
« Ruki, je sais cuisiner, c'est pas la première fois que je te fais ton petit dej' ! T'as peur de quoi ?»
« D'une intoxication alimentaire. »
Répartie cinglante... Il a pas aimé que je l'abandonne seul dans le lit pendant que je lui préparait à manger. Et dire qu'il voulait que je sois un peu attentionné à son égard... Faudrait savoir ce qu'il veut à la fin.
« T'es bête. Mange dont au lieu de dire n'importe quoi, sinon je te donne la becqué ! »
Un large sourire se dessine sur ses lèvres. Qu'est-ce qui m'a pris de dire ça ? Il va me « harceler » jusqu'à ce que je cède. Et bien non, je ne cèderais pas. Non, Ruki, désolé mais je suis pas ton domestique !
« Bonne idée ! »
« Rêve ! »
Non, Ruki, pas ce regard, par pitié. Arrête... Pitié... Faut que je résiste. Non, t'approche pas. Pas ces yeux de chien battu. Résiste, Reita. Oh, non ! Ca y est, je craque. Je résiste jamais à ce regard. C'est horrible, je lui cède tout à chaque fois qu'il fait ça. Je m'empare d'une paire de baguette, pique dans un plat au hasard et lui enfourne dans la bouche sans qu'il ait le temps de réagir.
« Content ? »
« Oui. »
« Tu peux manger tout seul. Je vais me doucher. »
« Et si je m'étouffe ? »
« C'est que t'es vraiment pas doué ! T'auras qu'à tambouriner à la porte, ça te va ? »
Il ronchonne un peu mais me laisse m'éclipser dans la salle de bain.
.
***
Mon souffle s'accélère encore. Cela fait combien de temps que nous n'avons pas fait l'amour.
Sa peau me brûle, son haleine qui descend dans ma gorge. Toutes ses sensations que je redécouvre. Cent fois plus exquise qu'avant. Il me fait l'amour comme un forcené, comme s'il risquait de me perdre à chaque seconde. Mais dans ses bras, je veux être encore plus prêt de lui, je veux le sentir en moi, qu'il me prenne tout entier. Je me laisse aller à ce paradis qui m'enivre. Je me presse un peu plus contre son corps bouillant. Mes râles de plaisir sont de plus en plus puissants et incontrôlés.
« Mon ange...caresse-moi. »
Instantanément, l'une de ses mains se retrouve sur mon ventre mouillé de sueur et frôle timidement mon sexe avant de s'en emparer. Sa main glisse, lentement d'abord puis de plus en plus vite. De nouveaux râles se font entendre, c'est si entêtant cette douceur, ce désir, ces gémissements, ces va et vient saccadés.
J'ai l'impression que jamais je n'aurais pu retrouver ses sensations. Mes ongles griffent son dos, je me cambre un peu plus, tête penchée en arrière. Je me libère dans un nouveau râle. Quasiment à l'unisson, un autre pousse dans la gorge de Ruki avant qu'il ne retombe doucement sur moi, à bout de souffle, tout aussi en sueur que moi, et bien plus qu'heureux d'avoir retrouver nos sensations. Je lui caresse le visage tendrement.
« Bébé, c'est la plus belle nuit depuis bien longtemps. »
« Pour moi aussi, mon ange. »
Il m'embrasse, enfin dévore mes lèvres serait le terme le plus exact. Il repose sa tête contre mon torse et s'endors. D'ailleurs je ne tarde pas à le rejoindre dans les bras de Morphée.
***
Kai annonce enfin la fin de répétition. Bien qu'elle finisse une bonne heure en avance, dû à un rendez-vous que notre leader ne pouvait manquer pour rien au monde, nous étions tous ravi de pouvoir poser nos instruments sur leur socle. Mais avant même de bouger le petit doigt, Miyavi fait irruption dans le local.
« Hey, salut les mecs ! »
« Salut, myv. Ca va comme tu veux ? Qu'est-ce qu'il t'amène ? » s'exclame Aoi.
« Bah voui que ça va. Aujourd'hui, j'ai un rendez-vous super important avec quelqu'un de super important alors je pète la forme. Vous venez de finir ? »
« Ouais, Kai a un rendez-vous à pas manquer. »
« C'est vrai mon Kai. T'es trop chou de sacrifier de ton temps de repèt' pour moi. »
Et ce cher myv saute dans les bras de notre leader... Attends, quoi ? Euh, c'est pas normal là ! Pourquoi il l'embrasse ? Je veux bien croire que Miyavi embrasse tout le monde, mais là...c'est un peu trop passionné.
En tout cas, je suis pas le seul que ça choque.
« Myv, tu m'as grillé là. Ils étaient pas au courrant. »
« Bah maintenant, c'est fait. »
Uruha et Aoi se laissent tomber sur le canapé. Ou plutôt Uruha s'entrave dans la table basse et entraîne Aoi dans sa chute mais ils atterrissent parfaitement côte à côte.
« Vous êtes ensemble. Kai pourquoi t'as rien dit ? »
« Ben, j'allais vous en parler mais il a débarqué. »
« Et moi qui croyait que je te ferrais plaisir en passant te chercher. »
« Ca me fais plaisir, myv. Mais maintenant faudrait qu'on y aille, non ? »
« Ouais, t'as raison, mon cœur. Bon, les mecs, je vous l'embarque. A plus. »
« Y'a répèt' demain, Kai ? »
« Ouais, disons à 9h30. Allez à demain. »
Puis ils disparurent aussi vite que Miyavi avait irruption dans la pièce.
« J'ai pas tout suivi là. »
« Et bien, on dirait bien que Kai a trouvé le bonheur dans les bras de myv. »
« Kai et myv, c'est quand même incroyable, ils sont tellement différents. »
« C'est vrai. »
« Vous pouvez parler, vous aussi vous êtes assez différents et pourtant vous êtes ensemble. »
« Ouais, mais Ruwa, j'veux pas dire, mais entre Reita et moi et Kai et myv y'a une différence. »
« J'avoue. »
« Bon, c'est pas tout les mecs mais on va pas rester planter ici pendant 107 ans. »
« Ouais, on fait quoi ? Une pause boisson au bar d'en face. »
« Bonne idée. »
Uruha sort de la pièce à grandes enjambées, ravi de retrouver sa petite boisson favorite.
« Euh, Reita, Ruki avant d'y aller, faut que je vous parle de quelque chose. »
« Quoi donc ? »
« Je...je me souviens de ce qui c'est passé cette nuit-là. »
Et tout se brise.
